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REVUE 



DES 



ÉTUDES JUIVES 



VERSAILLES — IMPRIMERIES CERF, 59, RUE DDPLESSIS 




REVUE 



DES 



ÉTUDES JUIVES 



PUBLICATION TRIMESTRIELLE 
DE LA SOCIÉTÉ DES ÉTUDES JUIVES 



TOME QUARANTE-CINQUIÈME 



PARIS 

A LA LIBRAIRIE A. DURLACHER 

83 bis , RUtë LAFAYETTE %%L>**~ 



o5 



1902 -ru** 



101 
t. '1+5 



MÉLANGES JUDÉO-ARABES 1 



XIII 

LES SERMENTS DES JUIFS. 

1 . La plus ancienne règle de la loi musulmane concernant le 
serment à déférer aux infidèles (et, par conséquent, aux Juifs) est 
le principe suivant, énoncé dans la vieille littérature de l'Islam : 
« Faites-les jurer d'une manière qu'ils considèrent eux-mêmes 

w 

comme sacrée : yy&xj ci**^ 2 . » Cela se rapporte aussi bien à 
la formule du serment qu'aux différentes conditions dans les- 
quelles on le prête. 

Dans les premiers temps on se contentait, comme pour les 
Musulmans, de l'invocation du nom d'Allah, quand on défé- 
rait aux Juifs le serment devant le tribunal des Mahométans 3 , 
et il va de soi que les Juifs considéraient ce nom divin comme 
aussi sacré et le serment comme aussi strict que s'ils s'étaient 
servis de formules hébraïques 4 . Lorsque la loi se fut développée 
systématiquement et que les choses judiciaires furent plus sévère- 
ment réglées, on établit pour les Juifs et les autres non-musul- 
mans, de môme que pour les musulmans, des formules plus 
étendues, et l'on s'attacha au principe précité en fixant les 

1 Les caractères arabes employés dans cet article viennent de l'Imprimerie Natio- 
nale. — Voir Revue, t. XLIII, p. 1, et t. XLIV, p. 63. 

* Usd al-ghâba, III, p. 391, 1. 5 : *âj.> J-a! J-c *iàJL> U s^-LUsLuw yi. 

3 Encore au temps du Gaon Hay (x-xr 9 siècles) les Musulmans n'exigent des 
Israélites, au lieu du serment juif, que la formule : ">biS:Pn ïlbbiX^. Ceci est 
sans doute le texte primitif des mots incompréhensibles : fcÔipbN ïlbbNS dans 
D^")Nà!"7 D"Dl\Dn, Lyck, n° 40. On prend alors la décision suivante : ïl3J")Dtf312J 

np^ br> «mb^p m "peti &on ïi-nfcfi. 

* Cf. les passages réunis dans une dissertation hongroise de Leopold Lœw sur 
l'histoire du se.rment juif (Pest, 1868), note 115, et Steinschneider, PolemiSche und 
apologetische Litteratur, p. 312. 

T. XLV, N" 89. 1 



2 REVUE DES ETUDES JUIVES 

formules d'après ce que « (les dissidents) eux-mêmes tiennent 
pour sacré ». 

Dans les manuels de procédure judiciaire on traite générale- 
ment aussi des serments prononcés par les infidèles. La question 
est exposée soigneusement dans l'un des ouvrages les plus 
anciens et les plus considérés de cette littérature, dans YAdab- 
al-Kâdi (conduite du juge), rédigé par le juriste hanéfite Abou- 
Bekr-al-Kliaççâf (mort en 874) et que nous possédons dans le 
remaniement de Al-Djaççâç (mort en 980 '), au chapitre intitulé 

fji£) u»y$iï) ^LaXJIj à^Jî y àLiiM Jaî ^Xk^p. W+£ « Sur le 
serment des adeptes des hérésies, comme les Juifs, les chrétiens, 
les mages et les autres. » 

Les dispositions concernant le serment des Juifs sont les sui- 
vantes : « Les Juifs jurent : Ji*) ^^ J^ ï\^y.\\ Ail ^JJî *)Jb 

(-UJUî a*X&2 ti^j par Allah, qui a révélé la Thora à Moïse. » 
Gomme exemple traditionnel pour ce serment des Juifs on cite la 
formule que fit réciter le prophète au Juif Ka'b 2 b. Çouriyyah, 
lorsqu'il l'interrogea, au sujet de la loi mosaïque relative aux dé- 
bauchés 3 . « Si l'on se bornait à. la formule par Allah, ajoute al - 
Djaççâç, cela serait à la vérité suffisant ; mais l'extension de la 
formule du serment doit servir à le fortifier, de même qu'on étend 
aussi dans le serment des Mahométans la simple formule : BU" 
lâh . . . Celle-ci est aggravée, pour que l'accusé invité à prêter 
serment ne le prenne pas trop à la légère ; il en est de même pour 
les infidèles. » 

On ne s'en tint pas à ces courtes formules. On voulut fortifier 
de plus en plus le serment. On composa, non seulement pour les 
Juifs, mais pour les dissidents de tout genre, de longs formulaires 
dans lesquels ils renoncent à tout ce qui leur est sacré, pour le 
cas où leur déclaration serait fausse, et consentent à se séparer 
de la communauté des fidèles et à être considérés comme des gens 
accomplissant des actes odieux, au sens où l'entend leur propre 
religion. Nous possédons, dans un traité de paix conclu par les 
représentants de la République de Gênes, en 1290, avec le sultan 
d'Egypte, un spécimen des monstruosités que l'on dictait aux 
infidèles dans de telles formules de serment. Le serment imposé 
aux Juifs ne faisait donc pas exception sous ce rapport. 

Dans un formulaire datant du xiii c siècle et rédigé par le Kâdi 

1 Ms. de la bibliothèque de Leyde, Warner, n° 550, f° 46 b. 

2 Ailleurs 'Abdallah; par exemple Ibn Hischâm, p. 394 ; cf. J. Horovitz, dans 
Z.BM.G., t. LV, p. 524, note 9. 

* Cf. Revue, t. XXVIII, p. 79, et les passages de la traduction qui y sont cités. 



MELANGES JUDEO-ARABES 3 

égyptien Schihâb al-dîn ibn al-'Omari l , pour le gouvernement 
des contrées des sultans mameluks, on trouve la formule suivante 
pour le serment judiciaire des Juifs. 

« Par Allah, par Allah, par Allah, le Grand, l'Eternel, l'Infini, 
l'Unique, l'Immuable, l'Un, l'Atteignant* : le Punissant, qui a envoyé 
Moïse, avec la vérité, et a fortifié ses bras et ses flancs par son frère 
Aron; par la Tora vénérée, par ce qui est en elle et ce qu'elle con- 
tient, par le décalogue, qui a été envoyé à Moïse sur les tables 5 de 
pierre précieuse, et par ce que contenait la tente d'assignation 
[houbbàt at-zamân). — Si je ne dis pas la vérité, que je sois un ser- 
viteur de Pharaon et de Haman et que je sois détaché d'Israël; que 
je me convertisse à la religion chrétienne, que je reconnaisse pour 
vraie la déclaration de Marie et que je justifie le charpentier Joseph; 
que je renie la parole (adressée par Dieu aux Israélites), que je 
m'approche du mont Sinaï avec des malpropretés; que je déclare le 
rocher (al-ça/ihra, dans le temple de Jérusalem) impur; que je sois 
le compagnon de Nabuchodonosor dans la destruction du temple 
saint et dans le massacre des enfants d'Israël; que je jette des 
ordures sur les endroits dans lesquels les livres sacrés (al-asfâr) se 
trouvent; que j'appartienne à ceux qui ont bu dans le fleuve 4 , qui 
ont été du parti de Djàlouth (Goliath) et se sont détachés de la 
société de Tâlût (Saùl) ; que je renie les prophètes, que j'aie livré 
Daniel (à ses ennemis), et dénoncé au puissant de l'Egypte le lieu de 
séjour de Jérémie; que je me sois mis du côté des femmes dé- 
bauchées 5 au jour de Jean; que je sois comme celui qui dit que le 
feu qui a brillé dans le buisson ardent était trompeur ; comme ceux 
qui interceptèrent le chemin de Midian (à Moïse) 6 et qui ont dit du 
mal des filles de Jethro (Schou'ayb) 7 ; que je me sois ligué avec les 

1 Al-ta'rîf bil-tnouçtalah al-scherîf (Caire, 1312), p. 151. Ci'. Revue, t. XXX, 
p. 9, note 2. 

2 dk»>itl , c'est-à-dire qui atteint le pécheur et auquel celui-ci ne peut échapper. 

' . ù *• 

1 Dans le texte : uLssJi, par quoi on entend sans doute £^JJ ; sur cette pierre 
précieuse, matière des tablettes de la loi, voir Z.D.M.G., XXXII, p. 349. Cette 
idée remonte à des sources juives (voir les passages dans les dictionnaires, s. r., 
^■"PDttD, Sifrè t Nombr., § 101 : mmb bïï TBOÏT- Dans un poème de 
Saadia les paroles de l'alliance sont mniin UÏTC *0"OÏ ""b^, Liber Responsionwm, 
éd. S. G. Stern (ûri2fc ^Tttbn), p. 72, 1. 11. 

4 Juges, vu, 5 et suiv. La légende musulmane rapporte cette histoire au temps 
de Saûl. 

3 A savoir, la femme et la mère d'Hérode, qui ont fait tuer Jean. Sur les tra-> 
ditions musulmanes concernant cette histoire, voir M. Grunbaum, Nette Beitràge zur 
ècmitischen Saijenkunde (Leyde, 1893), p. 239. 

6 Qui guettèrent Moïse, pendant qu'ils fuyaient vers Midian ; celui-ci fut sauvé du 
danger par le pieux Hazkil, qui lui montra un autre chemin ; voir Tha'labî, 'Arais 
al-madjâlis (Caire, 1312), p. 103. 

7 Cela se rapporte sans doute à la médisance dirigée contre la femme de Moïse et 
qui fut punie de la lèpre (Nombres, xn, 10). 



4 REVUE DES ETUDES JUIVES 

magiciens contre Moïse 1 et me sois séparé de ceux qui croyaient en 
lui; que j'appartienne à ceux qui ont poussé à poursuivre les fugitifs 
(à la sortie d'Egypte) et qui conseillèrent de laisser le cercueil de Joseph 
en Egypte 2 ; que j'aie salué comme ami le Sâmiri (qui poussa les Israé- 
lites à adorer le veau d'or) et me sois établi à Jéricho, la ville des géants ; 
que j'aie approuvé l'acte des habitants de Sodome et désobéi aux lois de 
la Tora ; que j'aie déclaré le sabbat profane et que j'en aie transgressé 
la loi 3 ; que j'aie dit que la (fête des) Cabanes est une erreur 4 et que 
Hanoucca est un non-sens; que je dise que Dieu est indifférent à 
l'égard des lois et que je reconnaisse l'abrogation des lois comme 
permise ; que je professe que 'Isa fils de Maryam est le Messie prédit 
par Moïse fils de 'Imrân ; que j'aie abandonné le judaïsme pour une 
autre religion 5 ; que je considère la chair du chameau, sa graisse, 

1 Au lieu de o^J-^I^, lire o*^J.^.ij. 

2 Les Mahométans connaissent la légende de TIZ5N nD JntiJ, qu'ils appellent 
'adjoûz bani Isra'îl « la vieille femme des enfants d'Israël » (voir Abhandlungen zur 
arabischen Philologie, II, p. xli). Les Juifs d ; Ispahan croient posséder le tombeau 
de cette femme biblique dans leur voisinage [Revue des Ecoles de l'Alliance Israélite, 
I, p. 187). Mais je ne trouve rien dans les légendes sur les gens qui voulaient em- 
pêcher d'emporter le cercueil de Joseph. 

3 9^5 oy^jsxj ov^-JI (^*jS3wU«Ij, où il faudrait plutôt lire d'après la Soura 2, v. 61 . 
*^i cw>*£l). — ey.>.«*Jl i ^vX^ci paraît être l'ancienne désignation pour la trans- 
gression du sabbat. Nous noterons encore les termes suivants. De même que bbn 
dans ses différentes acceptions, est traduit par Jio, Saadia, Gen., xux, 4 ; Lév., 
îx, 8; *&\ {J m\sj>\ JJo ; ib., xix, 12 : <OJl ^wl oJio ; Deut., 6, bh, Lév., x, 10 : ^ 
JjyJl^ , wt xiJl , î"îbbn, ibid., xxi, 7 : aJÔ^.* , de même on rend aussi l'idée du 
D3U3 b^bn par ^>a-J! J^ « profanation » (Kirkisûnî, Steinschneider-Festschrift, 
p. 205, 1. 26); Saadia, Exode, xxxi, 14, JTbbrtTp = ^^'o. On emploie aussi par- 
fois la deuxième forme JivJ et, par suite, J^j, L^J^x^ , Z. D. M. G. , XLVII , 
p. 640, et il faut corriger ainsi le texte de Wreschner, Samaritan. Traditionen, p. 14, 
note 1, et lire J^Oy.!', J<x».j, l$Jiy..«. — Parfois le mot hébreu est littéralement 
arabisé : uaj^-«J| JJ^., par exemple dans l'écrit d'un caraïte contre Saadia, chez 
Harkavy, Studien und Mittheilungen, V, p. 225, 1. 18, et aussi la quatrième forme, 
cyj.A*JJ *&k>J, chez Harkavy, ibid., p. 227, 1. 5, et o.^~ -U ^^y-J^s* chez Kirkisânî, 
Zapiski de la Société archéologique de Saiat-Péterbourg, VIII, p. 310, 1. 13, 26, et 
p. 311, 1. 10. — Je rencontre encore le verbe y~*j « briser » dans le même sens, 
chez l'écrivain musulman Ibn al-DjaUzî, Kitâb al-azkiyâ (Caire, 1304), qui parle 
d'un juif craignant de violer le sabbat en s'occupant d'affaires d'argent : y! ciLk.^ 

* jLs: a&JÎ ^!_5 J^Uà ïXûaW (j\ oJij. Ici on fait un jeu de mots à l'aide de la 
confusion du Jb et du là. La fête des Cabanes est appelée *Jiô4I «>^£. Cf. sur le 
nom arabe de la fête de Soukkot, M. Grùnbaum, Gesammelte Aufsâtze zur Sprach- 
und Sagenkunde (Berlin, 1901), p. 137, 396 et suiv. Aux matériaux réunis dans 

cette note en peut ajouter encore un nom rare de la fête des Cabanes : aI^-JJI .x^£ 
employé par Aboulhasan al-Djudâmî (Grenade); voir M. J. Mûller, Beitrmge zur 
Geschichte der westlichen Araber, I (Munich, 1866), p. 145, note 5, où il est question 
de la fête juive des Cabanes. 

5 Tandis que dans cette formule la conversion au christianisme est désignée 
evpressis verbis, la conversion à lislamisme est indiquée seulement par l'expression une 
autre religion et par des périphrases sur des différences touchant les lois alimentaires. 



MELANGES JUDEO-ARABES 5 

ses intestins et ce qui est mélangé avec un os comme une nourriture 
permise l ; que j'interprète [ta'awiraltu) la loi en ce sens que celui qui 
jouit du prix du rachat des choses interdites n'est pas considéré 
comme celui qui jouit des choses interdites elles-mêmes 5 ; que 
j'approuve ce que les gens de Babylone disaient d'Abraham. — Si 
je ne dis pas la vérité, que je sois atteint par un anathème 3 que 
l'ensemble des rabbins lancera sur moi et pour lequel les nattes de 
la synagogue seront retournées 4 ; que je sois ramené dans le désert 
(al-tih) et que la manne et les cailles me soient refusées ; que je sois 
exclu de toutes les tribus d'Israël [àb-asbât) 5 et être comme ceux qui, 
malgré leur force et leur santé, se sont retirés de la guerre contre 
les géants (de Canaan). » 

2. Nous trouvons également sur les conditions du serment des 
Juifs certaines dispositions spéciales concernant le lieu et le temps. 
On a tiré de nombreuses conséquences de l'ancien principe qu'il 
faut leur faire prêter serment d'une manière solennelle pour eux. 

Le Code de la loi n'exige pas qu'on conduise à cet effet les infi- 
dèles dans un endroit qui leur soit particulièrement sacré. 

Al-Khaççâf dit : « Que l'on ne fasse pas venir les infidèles pour 
leurs serments dans la synagogue, l'église ou le temple du feu, de 
môme que le Musulman n'est pas conduit dans la mosquée ; car le 
serment vise uniquement le nom d'Allah, et non autre chose 6 . » 

1 C'est une allusion textuelle au Coran, Sura, vi, v. 147, où sont énumérées les 
parties des animaux interdites aux Juifs : « Nous leur avons défendu la graisse des 
bœufs et des moutons, excepté celle du dos, et les entrailles et (la graisse) qui est mêlée 
avec des os » (selon l'exégèse de notre auteur). 

2 Ceci fait allusion à la controverse reproduite dans la Revue, t. XLIII, p. 4. — La 
règle rituelle des Musulmans est : xoc *J<*c -y^. tLà r«y> <J-c [•"*»* !o>! jlxj' aMJ y! 
« Lorsque Dieu défend quelque chose à des gens, il étend aussi l'interdiction aura- 
chat de la chose défendue (Damîrî, i, p. 328, s. v. hamâm). A cette occasion je men- 
tionnerai que "l'on peut trouver aussi un exemple de la controverse mahométane et 
juive chez Al-Yâfi'î, Raud al-rayâkîn (Caire, Castelli, 1297), p. 146, n° 101. 

3 ^UXJi yaA. Ifoi-c <-JJ-'S ^U=wi)i tfcJja t*?^" ^r*- Ulsî y> 5l îïjj . Pour Q"in 
on a employé ici le mot homophone en arabe et qui était sans doute employé en 
judéo-arabe (cf. Friedlânder, Sprarh'jebranck des Maïmonides, s. v.). A cette nomen- 
clature appartient encore le mot c^ùw, autrement inconnu en arabe dans ce sens, et 
que les Juifs écrivant l'arabe ont formé d'après le talmudique NnifàD. Ainsi dans 
les Œuvres de Saadia, t. VIII, p. \b&(Liçf/outim, n° 8) : Ï173DND n^ttO îlftTb"^ 
NmTv2J72; dans la bulle d'excommunication de David b. Zakkaï (Studien und Mit- 
theilungen de Harkavy, V, p. 234,1. 12): nNÏÏObtf -]\\On bfirWl Nrn»t53 
Nn"lS*ÎM N5 ; chez Kirkisâni {Zapiski, l, c, p. 300, 1. 26) : pHSrP ]"û 5DD 
nN730bN3 l-O" 1 - 

* Sur cette particularité de l'excommunication je n'ai pn trouver aucune indica- 
tion dans la littérature juive : elle n'en paraît pas moins provenir d'un usage réel 
(peut-être local). 

5 Cf. Geiger, Was kat Mohammed aus dem Judcnthume aufgenommen ? (2° éd., Leip- 
zig, 1902), p. 139. 

6 Adab al-Kndàt, l. c, f° 47 a. 



6 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Mais déjà pour un temps bien plus ancien nous avons une donnée 
établissant que la pratique était autre : à l'époque du Calife 
Merwân I, nous raconte-t-on incidemment, le juge régla le ser- 
ment pour un homme qui avait quitté l'islamisme, de la manière 
suivante : Amenez-le devant l'autel l et mettez la Tora (devant 
lui) et déférez-lui le serment « par Allah » 2 . Il s'agit là sans doute 
d'un converti juif, qui était retourné à sa première religion. Le 
fait même que l'on proteste en théorie contre la nécessité de 
faire prêter le serment à la synagogue est l'indice d'un usage 
contraire répandu dans la pratique judiciaire. Même entre Ma- 
hométans c'est une habitude générale de prononcer les serments 
dont les deux parties intéressées veulent être sûres à des en- 
droits particulièrement sacrés, les tombeaux des patrons pro- 
tecteurs, qui puniraient le parjure de peines sévères, et avec 
lesquels on est certain que le plus audacieux menteur ne ferait 
pas de faux serment. Pour les Juifs on avait réservé au Caire 
un endroit tout à fait merveilleux: le prétendu tombeau de Sem, 
fils de Noé. Al-Makrizi 3 , le topographe du Caire au moyen âge, 
parle d'une mosquée portant le nom du lecteur pieux du Coran 
Ibn-al-Bannâ et située à environ 150 mètres au nord du Bâb 
Zuweyla, dans la rue Al Sukkariyya. Le peuple lui donnait, au 
temps de Makrizi, le nom de Sam b. Noûh. « Ceci, dit-il, ap- 
partient sans doute aux fables sans fondement, car Sem, fils de 
Noé, ne peut avoir foulé le sol de l'Egypte... On m'a raconté 
que cette mosquée était autrefois une synagogue des juifs ca- 
raïtes et était comme telle dénommée d'après ce patriarche; 
le calife fatimite al-Hâkim, la transforma en mosquée, quand 
il détruisit la synagogue. Encore maintenant (première moitié du 
xv e siècle), les Juifs d'Egypte croient que Sem y est enterré. C'est 
pourquoi 071 fait prêter serment en cet endroit aux juifs cou- 
vertis à V islamisme. Ainsi m'a rapporté le kadi des juifs, Ibra- 
him b. Faradj-Allâh b. Abd al-Kâfî al-Dâwoûdî, l'Ananite (Ka- 
raïtej. En vérité, ce n'est pas la seule sottise que le vulgaire ait 
imaginée. » 

1 Comme ici le mot ■&<*>* est mis en rapport avec la Tora, Harawi en a conclu que 
ce mot signifie dans ce passage : ^La-JL-M i^j ^^\ c'est-à-dire sans doute Tar- 
moire pour les livres d'église (pour les Juifs, l'arche sacrée). Mais on peut comparer 
«.jL^JI "f.^- employé dans un poème de 'Omar b. Abî Hebi'a (Uahâsin, éd. Van 
Vioteu, p. 328, 1. 6) pour désigner un endroit où se trouvent dos images de saints. 

a Al-Harawî, Kitâb algharibeyn dans le Lisân el 'Arab, s. v. , gi , III , 
p. 224; Tâdj al 'aroûs*, s. v., II, p. 13S : ôb ; l J^ $\}j* £\ JX£\ ^) ^^l 
anU «yLJÛ^ sl^xJi Ij-juô} ^J4I a»JU~>i ^x.S jL-ï-â &-éL& t-*-*^ piU^I ^c 

8 Chitat, II, p. 409. 



MÉLANGES JUDEO-ARABES 7 

Que l'on choisissait une date ' déterminée et solennelle pour le 
serment, afin d'être sûr de la véracité de celui qui le prêtait, c'est 
ce dont j'ai trouvé un exemple, à propos de Juifs qui prêtèrent 
serment devant des juges musulmans. Le Kadi de Saragosse, 
Mohammed b. 'Adjlân al-Azdî, élève du célèbre juriste malékite 
Sahnoun (mort en 854), faisait toujours prêter serment aux juifs 
le samedi, et aux chrétiens le dimanche. « Il avait appris, dit-il, 
qu'ils craignent plus ces jours-là de faire un faux serment. » Il 
se référait en cela au principe que nous avons mentionné dès 
l'abord d'après lequel il faut faire jurer les dissidents d'une 
manière qu'ils considèrent eux-mêmes comme importante 2 . 

3. Jusqu'ici nous n'avons parlé que de serments reçus des juifs 
par des juges musulmans. Nous allons donner ici quelques notices 
tirées de la littérature arabe sur les formules de serment spontané, 
qui étaient d'un usage journalier. 

Un serment emprunté à la vie pratique nous paraît être la 

formule: Q?.àà\ ji$ « par la religion » ; c'est ainsi que jure un 
contemporain juif de Mohammed, Aus b. Koureyza, dans un petit 
poème, dans lequel il refuse d'accepter l'islamisme 3 . Nous trouvons 
le même serment au xn e siècle chez un juif égyptien (dans une lettre 
à R. Hanan'el b. Samuel) : 13*1 pm 4 . Dans une vieille tradition on 
fait jurer une juive ainsi : ^> j3JÎj (— baniï^ nba) 5 . Le serment: 

SIjjjaMj aàîL càk « je jure par Dieu et la Tora » 6 , qu'on rencontre 
dans une vieille poésie, est probablement imité du mode de serment 
des Juifs. Les Juifs d'Emesse prêtèrent serment « par la Tora » aux 
conquérants musulmans. 7 . Dans un épisode juif du roman d'Antar 
les juifs jurent ordinairement en disant f\jJ\ £a-j (OÇi?) , à quoi 
s'ajoute le serment « par les dix commandements (eytfc5^ûj*)lj) » s . 

1 C'est à un tout autre point de vue qu'on s'est placé pour choisir le lundi et le 
jeudi comme jours de serment, comme le montre le contexte de la consultation 
adressée à R. Hay Gaon : Ù^lfitth m^TOn, é( *. Lyck, n° 9. 

2 Ibn Farhoun, al-Dibâdj al-moudhab (Fez, 1311), p. 225 : m>*-JI -jj ^$Ji u^Ls- 
JL.S q.* ois S.>.iJ ^jÎ ^p» J JLx_3 dLJi y^-iô^-j *.$XjI^ jil vXi^l -^.j ^UaÂJÎ^ 

3 Selon la leçon exacte que présente Nôldeke, Beitrâge aval. Poésie, p. 76 [Aghâni, 
XIX, p. 97, 1. ult. : £1 ^pJl c^j^i). 

* Chez Horowitz, Zeit&chrift fur hcbr. Bibliographie, 1900, p. 156, 1. 4, il faut 
l'expliquer ainsi. 

s Kàmil, p. 152, 1. 1. 

6 Houdeyl, p. 264, 1. 22. 

7 Chez de Goeje, Mémoire sur la conquête de la Syrie (1900), p. 101. 

8 Edition Schâhin, XVIII, p. 74-144. Cf. là -dessus mon article dans la Monats- 
schrift, 1880, p. 360 et suiv. J'y ai indiqué les passages en question. 



8 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Le juif Mêschâ ' jure aussi « par celui qui s'est entretenu avec 
Dieu (Moïse) et par ce qu'il a publié (^Làî Uj &X&\ &^}) ». 

De même que les Mahométans des différentes contrées de 
l'empire islamique jurent par leurs patrons locaux 2 , de même les 
juifs dans les différentes parties du monde oriental où ils sont 
dispersés jurent par des hommes saints. Le serment par R. 
Siméon paraît être répandu de longue date. D'après ce que 
rapporte Râghib Ispahânî (mort en 1108), on fait dire aux juifs 

dans le serment de renonciation : ^ ^^ g^i U>*^ &* ^y?ï 
o^gJi « et que je renonce à Schim'on et Schim'ay (?) et au 
jour du sabbat » 3 . On y fait allusion probablement à R. Simon 
b. Yohaï, par lequel les juifs du Maroc ont encore aujourd'hui 
l'habitude de jurer en disant: «B'rabbi Schemoûn » 4 . Dans le 
Nord de l'Afrique les juifs célèbrent une fête annuelle, complè- 
tement inconnue en Europe, en l'honneur de R. Simon 5 , et il est 
facile de comprendre que cette vénération particulière se mani- 
feste aussi dans le choix de son nom pour les serments. 

A Tripoli on emploie habituellement le serment : par mon père, 
par cette lampe (ou « par la lumière », ce qui doit se rapporter à 
Gen., I, 4), je dis la vérité ». Au Caire on jure par le nom du 
saint Hayyim (Capûsî), rabbin du xvn e siècle (mort en 1631) auquel 
Azoulaï donne l'épithète d'homme merveilleux (osn byz) et au 
tombeau duquel les Juifs du Caire vont en pèlerinage avec un 
pieux respect. Le serment judiciaire leur est demandé aussi au 
nom de ce rabbin 7 . On attribue de très fâcheuses conséquences au 
parjure que l'on ferait sur son tombeau s . 

1 Li^*. Sur cette prononciation du nom ^3.* voir Schreiner, dans la Zeitschrifï 
de Stade, VI (1886), p. 246; Fraeukel, Wtener Zeitschrift f. d. K. d. M., IV, 
p. 333. Le nom judéo-persan miD^E s'y rattache. Dans l'Arabie méridionale les 
Juifs d'aujourd'hui prononcent Mêschèh, Yêsef, Mêri — (More, mon maître), voir 
Maltzan, Èeise nach Siidarabien, p. 177. Dans la prononciation ji-^pour t5~p3 
(Tabari, I, p. 291) il y a sans doute une influence grecque. Dans la désignaton du 
nom du père de Monsa, qui a accompagné Chidr » (chez Al-Souyoûti, It/iân, éd. 
Castelli, II, p. 162), lu** est une faute pour Ifci* ; cf. Z.D.M.G. ,' LIU, p. 600. 

2 Muhammed. Studien, II, p. 339. 

3 Mouhâdarât aloudabâ, I, p. 303. 

* Mouliéras, Le Maroc inconnu, II, p. 215 et 638 (« Par le Dieu de Simon »). 

5 Voir la description de cette fête dans le Happort annuel de l'Alliance isr. univ., 
1888, semestres 1 et II (édition allemande, p. 111). 

6 Revue des Ecoles de VAlliancs isr. univ. (Paris, 1901), p. 157. 

7 Voir Sappir, ""pDD "J^tf, 1, P* 10 /». C'est l'auteur d'un commentaire sur la 
Mekhilta, le Sifrû et le Sifrê; voir la Chronique de Joseph Sambari, él. Neubauer 
[Anecdota Oxoniensia; Semit. Ser., I, P, iv), p. 160. 

8 Cf. Azoulaï, Û^TT}!""» Û'JJ, I. s. v. Mc'ir Gavison. 



MÉLANGES JUDÉO-ARABES 



XIV 



Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob dans les prières 
des mahométans. 



Dans quelques rares notices sur les prières de Mahométans on 
donne comme introduction la formule d'invocation suivante : 

<_yujj ^1^5 (Oj^jÎ J>1}) *)lj ^$31 b « mon Dieu et Dieu de 
mes pères Abraham, Isaac et Jacob ! » Lorsque le pieux Haçan 
al-Baçri, qui s'était révolté ouvertement contre le gouverne- 
ment de iïaddjâdj, fut mandé devant ce souverain pour rendre 
compte de ses actes et que tout était déjà préparé pour l'exécution 
de l'homme pieux et courageux, il fut gracié malgré la franchise 
de ses paroles, et, d'après ce que l'on rapporte, il attribua ce 
succès merveilleux à une prière qu'il avait prononcée en entrant: 
« mon armure dans ma détresse, mon compagnon dans ma 
peine, ô dispensateur de ma grâce, ô mon Dieu et Dieu de mes 
pères Abraham, Isaac et Jacob, accorde-moi ta faveur et 
détourne de moi ton dommage, etc. » Une version de cette nar- 
ration intercale encore entre Abraham et Isaac le nom d'Ismâ'il ! . 
Dans le livre de dévotion d'Abou-Bekr ibn al-Sunnî (mort en 974), 
qui, sous le titre de ' Amal al-yawn wal leyla, « exercice du jour et 
de la nuit» 2 , contient des prières ramenées à des traditions pour 
toutes les circonstances de la vie, on fait remonter au prophète 
l'enseignement suivant : « L'homme n'étend pas les mains pour la 
prière après avoir terminé le calât légal, et il dit : « O mon Dieu, 
et Dieu d'Abraham, Isaac et Jacob, et Dieu des anges Gabriel, 
Michael et Isrâfil, je te prie que tu exauces ma prière, car je suis 
dans la détresse etc. » et Dieu ne trouverait pas admissible de 
laisser revenir vides les mains d'un homme qui prie ainsi » 3 . 

Autant que j'ai pu parcourir les recueils traditionnels recon- 
nus, qui, pour la plupart, contiennent un chapitre étendu sur 
les textes de prières {da'awât) 4 , aucun n'a accueilli de prière 
contenant cette formule. Même al-Na\vawî, dont la principale 

1 Ali-al-Mourtadâ, Ghourar al- fawaid wadourar al-kahVid (Téhéran, 1272), 
p. 63 (ave? Ismâ'îl) ; Ahmed b. Yahya al-Mahdî, Al-Moutazilah } éd. T. W. Arnold 
(Hyderabad, 189S, et Leipzig, 1902), p. 15. 

2 Brockelmann, Arab. Litteraturgcschichte, I, p. 165. 

3 Al-Ahdal, Dissertation sur l'élévation des mains pour la prière, en appendice à 
Al-Tabarânî, Ifou'djam, çaghîr (Dehli), p. 280. 

4 Principalement al-Tirmidhi, Sounan, II 7 p. 242-281. 



Ki REVUE ORS ETUDES JUIVES 

source est l'œuvre précitée d'Ibn al-Sounuî, n'a pas admis dans son 
livre, qui poursuit le même but, cette formule de demande estimée 
si efficace ; et cependant il a un chapitre spécial sur les prières 
de sollicitation qui peuvent être récitées après que les prières 
régulières et canoniques sont terminées 1 . Bahâ al-dîn al-'Amilî 
n'a pas davantage inséré l'invocation du « Dieu des patriarches 
Abraham, Isaac et Jacob », parmi les nombreuses da'awât qu'il a 
réunies dans son « sac à fourrage » pour les circonstances les 
plus variées et parmi lesquelles beaucoup visent à produire un 
effet au moyen de formules et de noms mystiques 2 ; et pourtant 
il y a donné une place au « Dieu de Gabriel, Michael et 
Isrâfil 3 ». 

Il semble que l'invocation des patriarches des juifs n'ait pas 
été approuvée par les théologiens. Elle est basée sans doute 
sur le Coran, Soura 12, verset 37 et 2, verset 128 (dans ce 
dernier passage se trouve le nom d'ismâïl) 4 , où le patriarche 
Jacob et Joseph dans la captivité se servent de ce moyen de 
communication avec la divinité. Mais on a dû s'apercevoir facile- 
ment que l'invocation du Dieu « de nos pères Abraham, Isaac et 
Jacob » , n'avait de sens que dans la bouche des juifs. 

Nous ne croyons pas nous tromper en considérant l'usage de 
cette formule au début des prières mahométanes comme un em- 
prunt 5 à la formule d'introduction du rituel juif (^r&Kn i3tib« 
'idi i^maa). Elle se présentait d'autant plus facilement qu'elle 
pouvait s'appuyer sur les passages précités du Coran. Mais elle 
ne put pas, comme nous l'avons vu, obtenir l'approbation des 
théologiens, et, pour cette raison, elle ne s'est maintenue que 
dans des notices isolées. 

1 Kitàb aUAdhkâr (Caire, 1312), p. 34. 

2 Michlât (Caire, 1317), p. 127-138. A ce point de vue les formules de demande 
qui s'y trouvent présentent un certain intérêt pour l'étude des noms magiques 
[schêmôt). 

3 Ibid., p. 132, 1. ult. Parmi les recueils de prières de sollicitation je mention- 
nerai encore le Kitâb al-aurâd dans le Moufîd al- l ouloûm wa-moubîd al-houmoûm de 
Djemàl al-dîn al-Kazwînî (Caire, 1310), p. 58-65. Là on mentionne aussi les prières 
des prophètes bibliques ; dans aucune de ces formules on ne trouve l'invocation dont 
nous parlons. 

4 Cf. Geiger, Was hat Mohammed ans dem Judenthume aufqenommen ? (2 e édition), 
p. 134-136. 

, s Comparer, pour l'emploi de noms divins juifs dans les formules mahométanes, 
mon article : Hcbràische Elemeate in muhammedanischcn Zaubersprùchen, Z.D.M.G., 
XLVllI, p. 358 et suiv. 



MÉLANGES JUDÉO-ARABES 11 



XV 



LA PRIERE NAÏVE DU BERGER. 

Dans les légendes monacales du moyen âge, on revient à plu- 
sieurs reprises sur le thème suivant : Des hommes saints, mais 
ingénus, emploient par ignorance et innocence des expressions 
inconvenantes dans leurs prières : ils sont censurés par des gens 
qui sont plus exercés dans la discipline théologique ; mais Dieu 
manifeste sa satisfaction pour les prières naïves et il avertit les 
censeurs sévères de ne pas troubler l'esprit naïf des bonnes 
gens ' . 

La littérature arabe nous présente des récits parallèles aux 
récits chrétiens. Les œuvres philologiques reproduisent volontiers 
sous des formes variées le type de la naïveté avec laquelle les 
Bédouins parlent à Dieu dans leurs prières et s'adressent à lui 
comme à l'un des leurs. Aussi bien par le choix des expressions 
qu'on leur prête que par le fond des prières qu'on leur attribue, 
on démontre qu'ils n'ont aucune idée de la majesté ineffable de 
Dieu. Dans mes Etudes mahontélanes, I, p. 39, j'ai cité pour cela 
une série d'exemples qu'il serait facile d'augmenter. Al-Açma'i 
rapporte une jolie anecdote sur un Bédouin qui refuse d'adresser 
une prière à Dieu aussi longtemps que celui-ci n'aura pris soin de 
le vêtir 2 . 

A ces narrations appartiennent aussi la suivante, quoique dans 
sa forme présente, elle ne soit pas une anecdote de Bédouins, mais 
se rattache au groupe des Isrciiliyyât (cf. ci-dessus, n° IX) : 

Le prophète aurait raconté une fois l'anecdote suivante : 
« Jadis vivait dans une cellule isolée (çauma'a) un homme qui 
s'était consacré au service de Dieu. Le ciel lui accordait une pluie 

1 Mon collègue, M. le professeur Louis Katoua de Budapest, connaisseur distingué 
de la littérature narrative du moyen âge, a été assez aimable pour me signaler les 
passages suivants qui présentent ce ca r actère : Anecdotes historiques, légendes et apo- 
logues, tirés du recueil inédit d' Etienne de Bourbon (dominicain du xm e s.), publiés... 
par A. Lecoy de la Marche (Paris, 1877), p. 179, n° 206. — Sermones Pomerii Fratris 
Pelbart de Tkemcswar, divi ordinis S- Eransisci de Tempore (Haguenau, 1501), Pars 
aestiva, Sermo, XXIX, E. — Joannes junior Qobii (dominicain français du milieu du 
xiv e siècle), Scala cœli (éd. d'Ulm, 1480, in-f°), folio 136 b. — Pauli, Schimpf und 
Ernst, éd. de Hermann Œsterley (Bibliothèque de la Société littéraire de Stuttgart, 
vol. LXXXV; Stuttgart, 1866), n» 332. 

2 Al-Schirwânî, Hadîkat al-afrâk (Boulak, 1282), p. 2; Al-Souyoûti, Michlât 
Caire, 1317), p. 56. 



12 REVUE DES ETUDES JUIVES 

abondante et à ses prairies un frais pâturage. L'ermite voyant, un 
jour, son âne brouter gaiement, s'écria : Dieu, si toi tu avais 
un âne, je le ferais brouter volontiers avec mon âne. » Cette 
exclamation fut rapportée à un des prophètes des Banoû-Isra'îl 
qui voulut le maudire (à cause de sa parole blasphématoire). Mais 
Dieu se révéla à lui et lui dit : « Je récompense mes serviteurs 
selon la mesure de leur intelligence », c'est-à-dire : laisse-le donc 
prier comme il l'entend *. 

Je ne crois pas que nous ayons ici la forme primitive de la nar- 
ration. Un examen superficiel nous montre là une situation 
quelque peu contradictoire. L'animal qui broute nous fait sup- 
poser pour son maître un berger, et non pas un ermite. Ensuite, la 
naïve prière de berger qui lui est mise dans la bouche ne convient 
pas du tout à un homme qui consacre sa vie au service de Dieu, 
comme notre solitaire. 

Notre histoire s'appliquait, en fait, primitivement à un Bédouin 
ignorant, et c'est par suite de sa transformation en une histoire 
Israélite racontée par Mahomet qu'un pieux ermite a été substi- 
tué au berger. 

Ce trait primitif du récit s'est conservé, mais sous une forme 
juive, dans le Se fer ha-Hasidim, n° 5-6, qui, à l'appui de la 
maxime va aab attfcrn, « Dieu demande le cœur », rapporte qu'un 
berger (mttïia ïw-î) priait ainsi : « 'Dieu, tu sais bien que je 
ferais paître gratuitement ton troupeau, si tu me le confiais; car 
je t'aime ». La réprimande que lui adresse pour cette parole un 
talmid haktiam et la leçon que celui-ci reçoit en songe ne sont 
que l'adaptation juive de ce récit étranger. L'emprunt se trahit 
par le besoin d'ajouter la phrase : ï-Pfj ^xcwm « c'était un Israé- 
lite », à la prière du berger. 

I. Goldzihek. 

1 Tiré du Kâmil d'Ibn 'Adî (890-970) et du Hilyat al-auliyâ de A.bou-Nou'eym 
(947-1012) et cité par Damîrî,s. v., himâr ahlî, I, p. 314. 



DU TOTÉMISME CHEZ LES HÉBREUX 



Suivant d'aucuns, le clan totémique représente la première 
phase de l'organisation sociale. 

Chaque clan, sous le nom de totem ! , a pour génie protecteur 
un animal ou une plante, quelquefois même un objet inanimé, qui 
donne son nom à la tribu. De ce totem tous les membres du groupe 
sont censés descendre. On est parent, parce qu'on porte le même 
totem. Tous les individus de la tribu du Loup s'appelleront Loup 
et regarderont le Loup comme leur totem. Il est à noter que 
l'homme n'est pas en rapport avec une puissance individuelle, 
mais avec une classe : tous les Loups sont parents de celui qui a le 
Loup pour totem. 

Le totem est immanent au clan ; c'est un seul et même sang cir- 
culant dans un même groupe. Il y a entre l'homme et son totem 
une identité substantielle. 

Le sang du clan étant tabou, un homme de la tribu du Loup ne 
peut pas épouser une femme qui porte le nom de famille de Loup, 
mais doit chercher sa compagne parmi les Castors, les Cygnes, etc. 

Nul ne pouvant avoir deux totems à la fois, l'enfant doit appar- 
tenir ou au totem du père ou à celui de la mère. A l'origine, le 
totem se transmettait seulement en ligne utérine, en sorte que, si 
un homme des Renards se mariait avec une femme des Gazelles, 
l'enfant portait le nom de Gazelle. 

1 Le mot est emprunté aux Indiens Objibway de l'Amérique du Nord ; il signifie : 
* famille », « tribu ». Les Australiens, au lieu de totem, disent kobong. — Sur le 
totémisme, voir J.-F. Mac Lennan, The toorship of Animais and Plant dans The 
Fortnightly Review (1869 et 1879) ; Tylor, Primitive Culture (Londres, 1871) ; Girard 
de Rialle, La mythologie comparée (Paris, 1878); H. Spencer, The Principles of So- 
ciology, I (Londres, 1876); Max Mùller, Anthropologische Religion (Leipzig, 1894) ; 
F. r B. Jevons, An Introduction ofthe History of Religion (Londres, 1896); A. Lang, 
Mythes, Cultes et Religions, trad. Marillier (l'aris, 1896) ; Marillier, dans Revue de 
l'histoire des Religions (1897 et 1898); Grant Allen, The Evolution of the Idea of God 
(Londres, 1897); Fra2er, Le Totémisme, traduit par A. Dirr et Van Gennep (Paris, 
1898); Durkbeim, Année sociologique, cinq années. 



U REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Ainsi, premier caractère du totémisme : on ne peut pas épouser 
une femme du même clan, c'est-à-dire : exogamie. 

Un autre caractère du totémisme, c'est que le totem n'est ni tué 
ni consommé par les membres du clan, sauf pour les sacrifices 
sacramentaires. 

Un troisième trait, c'est que les membres d'un groupe totémique 
pratiquent le tatouage, c'est-à-dire impriment sur leur chair la 
figure de leur totem. 

C'est par le totémisme qu'on explique le culte des animaux, la 
forme animale de beaucoup d'idoles, la distinction entre animaux 
sacrés et autres, la domestication des animaux, les sacrifices, etc. 

Telle était, jusqu'à ces derniers temps, la caractéristique du 
totémisme, quand les observations de MM. Spencer et Gillen, dans 
leur ouvrage The native trïbes of central Ans traita (Londres, 
1899), forcèrent à modifier l'ancienne définition. 

En effet, les Aruntas d'Australie, chez qui il existe un système 
incontestablement totémique, ne connaissent pas les deux inter- 
dictions dont nous parlons plus haut : celle de tuer et de manger 
l'animal totémique, ni celle de se marier entre porteurs du même 
totem. Le totem peut être mangé, le groupe totémique pratique 
l'endogamie, les rapports sexuels entre membres d'un même 
groupe sont parfois obligatoires. La véritable fonction du toté- 
misme est magique ! . 

Quelques savants, à la suite de \V. Robertson Smith % ont sou- 

1 Voir Frazer, The origin of Totemism, dans The Fortnightly Eeview i avril et mai 
1899; Durkheim, Sur le totémisme, dans l'Année sociologique (Paris, 1902). 

Le groupe totémique chez les Aruntas est une association religieuse, il n'est pas 
un groupe domestique. L'enfant ne naît pas dans le totem de la mère, il naît dans le 
totem de l'esprit qu'il est censé incarner. A la naissance, on détermine quel est l'es- 
prit totémique, l'ancêtre (à la l'ois homme, animal, Dieu) de VAlcheringa, qui a repris 
corps dans l'enfant. Cet ancêtre est censé résider dans certains lieux, où il s'est éva- 
noui autrefois, où l'on trouve encore des parties de son corps. La femme qui vient 
d'accoucher indique l'endroit où elle croit avoir conçu, et l'enfant porte le nom et le 
totem de l'ancêtre ressuscité ; il est cet ancêtre lui-même. Ainsi, une femme Emou 
croit concevoir près d'un arbre nanja, où réside un esprit totémique, Celui de la 
chrysalide : l'enfant est du groupe de la chrysalide. Il devient l'associé de toutes les 
chrysalides, hommes et bêtes : il est identique à elles, a les mêmes vertus reli- 
gieuses qu'elles, a les pouvoirs, les droits et les devoirs que lui donne sa nature. Il 
traite toutes les chrysalides comme il se traiterait lui-même. Aussi ne mange-t-îl pas 
d'ordinaire de son totem, quoique la chose ne lui soit pas absolument interdite : il 
n'en mange que rarement (d'après B. Spencer et F. Gillen, Année sociologique, 
1898-1899, p. 205 et suivantes). A l'issue des cérémonies sacrées, le totem est mangé 
solennellement par les membres du groupe totémique. . . Non seulement ils ont le 
devoir d'en manger, mais encore ils doivent être les premiers à en manger, après 
quoi les autres groupes totémiques ont le droit d'en manger autant qu'ils veulent 
(ibidem). 

2 La voie avait été ouverte par Mac Lennan, dans The Fortniqhthj Review, 1870, 
p. 207. 



DU TOTÉMISME CHEZ LES HEBREUX 15 

tenu que les Sémites ont passé par un stade totémique J . Cepen- 
dant on est d'accord pour reconnaître qu'on doit borner ses pré- 
tentions à ne retrouver que des traces, des survivances d'un état 
préhistorique. « Au degré de développement, dit W. Robertson 
Smith, qu'avaient atteint même les plus grossiers des peuples 
sémitiques, il serait absurde d'espérer trouver des exemples de 
totémisme pur 2 . » 

Sur quels indices s'appuie-t-on pour conclure à l'existence d'un 
culte totémique chez les ancêtres d'Israël ? 

On fait état des noms d'animaux et de végétaux que portent 
certaines tribus. Il y a les Bachrites et les Ghemalites (chameaux);, 
les Calébites (chiens), les Arôdites (ânes sauvages), les Schafanites 
(lapins), les Tolaïtes (vers), les Zimrites (antilopes), les Çorites 
(guêpes), les Soussites (chevaux), les Hamorites (ânes), les Elonites 
(chênes), les Schoumatites (ails), etc. Les tribus qu'on estime être 
parmi les plus anciennes sont Rachel (brebis) et Léa (biche) 3 . 

Beaucoup d'individus ont également des noms d'animaux ou de 
plantes, tels Térah (bouquetin), Hamor (âne), Tola (ver), Débora 
(abeille), Elon (chêne), etc. Achbor (mulot) est un nom d'homme 
(Gen., xxxvr, 38; II Rois, xxn, 12) et le nom d'une divinité (Is., 
lxvi, 17; cf. I Sam., vi, 4); de même, Nahasch (serpent), comp. 

I Sam., xi, 1, et II Sam., xvn, 25, avec Nombres, xxi, 4-9, et 

II Rois, xviii, 4; de même, comparez H'zir (pourceau), ponctué 
ÏÏ^zirdans IChr.,xxiv, 15, etNéh.,x, 20, avec Is., lxv, 4, et lxvi, 
3, 17. A côté des noms d'homme, il faut signaler les noms de ville : 
Ayyalon (de Ayyal = biche), Schaalbin (de Schoual = renard), 
Efron (de Ofer = gazelle), Eglon (de Eghel = veau), Beth Nimrah 
(de Namer = panthère), Ir Nahasch (= ville du serpent), etc. 4 . 

1 Cf. W. Robertson Smith, Animal worship and animal tribes among the Arabs 
and in the Old Testament, dans The Journal of Philology, vol. IX, 1880; Die Religion 
der Semiten, traduit par H. Stùbe (Fribourg en B., 1899); Joseph Jacobs, Are therc 
totem-clans in the Old Testament, dans The archaeological Review, mai 1889 ; 
A. -H. Sayce, The ancient Empires of the East (1883), pp. 344 et 418, et Social 
life among the Assyrians and Babylonians (1893), p. 108; T.-K. Cheyne, The Pro- 
pheaes of Isaiah (Londres, 1899), I, 99, II, 123, 303; Wildeboer, lahvedienst und 
Volksreligion (Fribourg-en-B., 1899), p. 27. La théorie est combattue par Fr.-Vinc. 
Zapletal, Der Totemismus îind die Religion Israels (Fribourg, 1901). 

2 W.-R. Smith, Die Religion der Semiten, p. 100. 

3 Fr. Delitzsch : Uâh — assyr. lêtou = biche; d'après Haupt, = assyr. li'at — 
maîtresse, forte (Goett. Gelehrte Nachr., 1883, p. 100) ; Bail : Uarabe = "nb= être 
laide (The Book of Genesis, Leipzig, 1876, p. 83). Lévi, fils de Léa (Gen., xxix, 34), 
ce serait Léa; voir Wellhausen, Prolegomtna z. Gesch. Israels (Berlin, 1886), p. 144 ; 
Budde, Die Religion des Volkes Israël (Giessen, 1900), p. 103; Baudissin, Die Gesch. 
des alttcst. Priestertums (Leipzig, 1889), p. 72. 

4 Sur les Arabes, Sabéens, Palmyréihens, Phéniciens, etc., voir R. Smilh, Kinship 
and Marriage in early Asabia, p. 192 etsuiv.; Noeldeke, Z. D.3I.G., 1886, p. 157 
etsuiv.; Wellhausen, Reste arubischen Heidcntums (Berlin, 1897), p. 2 et suiv. 



16 REVUE DES ETUDES JUIVES 

La généalogie des Horites et des Edomites offre un intérêt par- 
ticulier; on y relève de nombreux noms d'animaux, et certains de 
ces noms se retrouvent chez des individus de clans différents ; 
ainsi Anali est fille de Cibon(Gen., xxxvi, 2), fils de Gibon (ib., 24), 
d'où R. Smith conclut à une parenté par les femmes chez les 
Horites. De l'existence d'un sous-clan Anah parmi les Cibonites 
aussi bien que chez les Séirites il tire une preuve en faveur de 
l'exogamie, en sorte que les membres du clan Anah ne pouvaient 
pas se marier entre eux. 

Voici le tableau des généalogies horite et édomite que j'emprunte 
à Joseph Jacobs ». 

» X. e„ p. 150. 



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DU TOTEMISME CHEZ LES HEBREUX 10 

Contre l'argument tiré des noms d'animaux et de plantes, nous 
ferons valoir : 

1° Que la grande majorité des tribus arabes et israélites ne por- 
tent pas des noms d'animaux i ; que, pour ce qui concerne parti- 
culièrement la généalogie des Horites, beaucoup de ces noms ne 
sont pas des noms d'animaux, et que plusieurs qu'on allègue 
comme tels sont très douteux 2 ; 

2° Que quantité de ces noms de tribus ont pu être à l'origine des 
noms d'individus, qu'il n'est pas impossible que certaines tribus 
descendent réellement de l'ancêtre dont elles se prétendent issues 3 ; 

3° Qu'il est naturel que des groupes adonnés à la chasse et à 
l'élève du bétail usent de noms d'animaux comme de caritatifs, 
pour marquer le désir de voir les enfants posséder les qualités 
de force, d'agilité, d'adresse, de ruse, de douceur, de tel ou tel 
animal ; que des peuplades toujours en guerre donnent à leur fils 
des noms de bêtes fauves exprimant le vœu que l'enfant soit doué 
contre l'ennemi de la vigueur et de la férocité du lion, de l'hyène, 
du loup, etc. 

4° Que si les dieux égyptiens portaient une tête d'épervier, de 
chien, d'ibis, cela signifie qu'on attribuait aux dieux des qualités 
qu'on avait observées et admirées chez ces animaux 4 . 

5° Que si certaines localités ont des noms d'animaux, cela peut 
s'expliquer par la présence fréquente de ces animaux dans ces 
lieux. 

6° Qu'il est beaucoup de noms d'animaux qui, donnés à des 
individus, ne sont pas taboues, tels Zimri (chamois), Jonas 
(colombe), Efer (cerf), Rachel (brebis), etc. 

7° Qu'enfin, comme l'avoue R. Smith lui-même, dans des ques- 
tions d'histoire religieuse les arguments tirés des noms propres 
sont peu probants 5 . 

1 « Il n'y a pas lant de clans arabes, dit Noeldeke, qui portent des noms d'ani- 
maux; au reste, cela ne serait pas une preuve de totémisme. Il n'est pas nécessaire 
de faire remonter les Banou Asad et les Banou Laïth à un temps où l'on regardait le 
lion comme un ancêtre divin du clan », Z. J). M. Gr., 1886, pp. 157 et 161. Cf. 
Wellhausen, Reste aval. Beidentums, p. 200; Dillmann, Die Genesis, p. 388. 

2 Tels Schobal (voir Noeldeke, Z. D. M. tr., 1886, p. 168), Cibon (voir Gesenius, 
Baudwoerttrbuch, Leipzig, 1890, p. 710), Anah (v. G. Buchanan Gray, Studies in 
Hebrew proper namcs, p. 110); Yeousch signifie plutôt : f il aide » (cf. Joël, iv, 11); 
cf. Zapletal, op. c.\ Fr. Buhl, Gesch. der Edomiter (Leipzig, 1893), p. 50. 

3 Cf. Basset, Notes de lexicographie berbère (Paris, 1883-1888); Ph. Le Bas et 
W.-H. Waddington, Voyage archéologique en Grèce et en Asie Mineure (Paris, 
1847-70), n. 2065. 

* Paul de Lagarde, Mitteilungen, II (1887), p. 72; cf. P. -G. Mahoudeau, Z'on- 
gine de l'homme d'après les traditions de V antiquité [Revue mensuelle de l'école d'an-* 
thropologie, Paris, 1898, p. 234). 

5 Religion der Semiten, p. 29. 



20 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Un autre argument qu'on invoque en faveur d'un totémisme 
préhistorique chez les Hébreux, c'est qu'ils ont adoré des animaux: 
le cheval \ le serpent 2 , Béelzeboub (dieu-mouche), le porc, le 
mulot, les Seirim (Lév., xvn, 7) 3 , le veau d'or : « Voilà tes dieux, 
ô Israël, qui t'ont fait sortir du pays d'Egypte. » (Ex., xxxn, 4) ; 
Jéroboam fait fabriquer deux veaux d'or et dit au peuple : « Voici 
tes dieux, ô Israël, qui t'ont tiré du pays d'Egypte » (I Rois, xn, 
28). On cite le passage d'Ezéchiel, vin, 7-12 : « Il me conduisit à 
l'entrée du parvis. Je regardai et j'aperçus un trou dans la paroi. 
Et il me dit : « Fils de l'homme, perce la paroi ! » Lorsque j'eus 
percé le mur, il y avait là une porte. Il me dit : « Entre et con- 
sidère les détestables abominations qu'ils pratiquent en ce lieu. » 
J'entrai et je vis toutes sortes de figures de reptiles et de bêtes 
répugnantes et toutes les idoles de la maison d'Israël gravées sur 
le mur tout autour. Et il y avait là 70 hommes des anciens de la 
maison d'Israël, et Iaazania fils de Schafan se tenait au milieu 
d'eux, chacun leur encensoir dans la main, et l'encens s'élevait en 
fumée épaisse. Et il me dit : « As-tu vu, fils de l'homme, ce que 
les anciens de la maison d'Israël font dans les ténèbres, chacun 
dans les mystères de son image ? Car ils disent : « Iahvé ne nous 
voit point, Iahvé a abandonné le pays. » 

En réponse à cet argument, nous ferons remarquer qu'on ne dit 
nulle part que les Israélites aient adoré des animaux vivants, 
comme l'exigerait le totémisme et comme cela se pratiquait en 
Egypte 4 : on ne signale que des images d'animaux. Le serpent d'ai- 
rain était une sorte d'amulette collective. — Les chevaux (qui, du 
reste, ne furent introduits qu'assez tard chez les Sémites) étaient 
consacrés au soleil (II Rois, xxm, 11). — Certains, sans doute, 
offraient des sacrifices de porc (Is., lxv, 4; lvi, 3, 17), mais on ne 
voit pas qu'ils aient adoré cet animal. — De ce que plusieurs man- 
geaient des mulots et autres abominations (Is., lvi, 7) et les appor- 
taient en offrandes expiatoires (I Sam., vi, 5), il n'en résulte pas 
qu'ils en pratiquassent le culte. — Pour ce qui est de Béel-Zeboub, 
Zeboub, dans l'espèce, ne signifie pas « mouche », c'est le nom 
d'une localité, comme dans Baal'Hermon, Baal Peor, etc. 5 . — Dans 

1 II Rois, xxm, 11. 

2 Nombres, xxi, 4-9; Il Rois, xvm, 4. 

3 Cf. II Chr., xi, 15; Is., xm, 21; xxxi, 14. 

4 Maspero, Histoire ancienne des peuples de VOrient classique, I, p. 51 1< 

5 D'après les tablettes cTEl-Amarna; voir J. Halévy, Revue sémitique, I (1893)^ 
p. 23 ; Benzinger, Zeitschr. d. deutsch. Palaest. Vereins, XVII (1894), p. 161. Cepen- 
dant d'autres lisent : Sdpouna : cf. Cheyne, Encyclop. biblica, I, p. 407. D'après lui, 
le dieu se serait appelé Baa\-Zeboul (dieu de la haute maison), et les Israélites, par 
mépris, auraient déformé le nom. 



DU TOTEMISME CHEZ LES HEBREUX 21 

le passage d'Ezéchiel, il est question de cultes que les Israélites 
avaient empruntés aux peuples avoisinants, à l'Egypte le culte 
des animaux, à Babylone le culte de Tammouz (v. 14) et le culte 
du soleil (v. 16), etc. Quant au nom de Iaazania, fils de Schafan, 
où Robertson Smith découvre une preuve de totémisme, il est à 
remarquer que Iaazania implique la foi en Iahvé puisque ce mot 
signifie « Iahvé m'entende » et que Schafan se rencontre comme 
nom d'individu (II Rois, xxn, 3). Que si ce nom est un nom 
symbolique, le prophète aura voulu marquer ironiquement la 
dépravation de Iaazania qui, se nommant d'après Iahvé, est déchu 
au point d'adorer un simulacre d'animal (Schafan = lapin), et ben 
Schafan serait analogue à Ben Beliaal '.Ence qui concerne le veau 
d'or, il faut noter, ainsi que nous le faisions plus haut, que ce 
n'était pas un veau vivant, mais un veau en métal, où les Israélites 
voyaient un symbole du soleil ou de la lune 2 . D'ailleurs, si haut 
que nous remontions, nous constatons qu'Israël apportait des tau- 
reaux en sacrifices, et cependant nous ne découvrons pas trace 
que cette espèce ait jamais été tabouée 3 . — Quant aux Seirim 
(Lév., xvii, 1) 4 , ce n'étaient pas, semble-t-il, des animaux, mais 
des démons à forme animale. Les animaux de ce nom tenaient 
une place importante dans le cérémonial du Kippour (Lév., xvi, 5 
et suiv.), ce que le législateur de Iahvé, appliqué à purger le culte 
de tout élément païen, n'aurait pas permis, si le bouc avait été une 
divinité aux yeux du peuple. 

On aperçoit aussi une survivance du totémisme dans la dé- 
fense faite aux Israélites de consommer la chair de certains ani- 
maux. Si la classe des animaux prohibés est si nombreuse, dit-on, 
c'est que plusieurs clans, s'étant fondus en un seul groupe, les 
différents totems ont été comme naturalisés et sont devenus tabou 
pour tous. Lorsque l'organisation totémique eut disparu, on perdit 
le sens de l'origine de ces abstinences ; mais l'horreur sacrée 
subsista et donna lieu aux interdictions de Lév., xi, 2 et suiv., et 
Deut., xiv, 3 et suiv. 5 . 

Nous objecterons : 1° Que en temps ordinaire il est défendu aux 

1 Cf. J. Jacobs, Studies in Biblical Archaeology (Londres, 1894), p. 84 et suiv.; 
Zapletal, op. cîV., pp. 72 et 73. 

2 Cf. Fritz Hommel, Der G-estirndienst der alten Araber und die altisraelitische 
Ueberlieferung (Munich, 1901), p. 22. 

3 Cf. R. Kittel, Die Bûcher der Koenige, p. 110. 

4 Cf. II Chr., xi, 15; Is., sm, 21; xxxiv, 4. 

5 Stade, Geschichte des Volkes Israël, I, p. 485 et suiv.; W.-R. Smith, Die Reli* 
gion der Semiten, p. 114; Benzinger, Hebr. Archaeologie, p. 484. 



22 REVUE DES ETUDES JUIVES 

membres du clan totémique non seulement de manger, mais de 
hier l'animal- totem. Or, si l'Ecriture interdit de consommer la 
chair de certains animaux, elle ne défend jamais de les tuer; 
2° Que certains groupes, dont nous savons pertinemment qu'ils 
sont à base totémique, sont tenus à un moment donné de manger 
de leur totem *. Or les animaux prohibés par la loi israélite le sont 
d'une manière absolue ; 3° Que dans ces prohibitions sont compris 
les poissons dépourvus d'écaillés et de nageoires -. Or, les Hébreux 
n'apportaient aucune espèce de poissons en sacrifices. 

Malgré qu'on dise, nous persistons à croire que les prohibitions 
alimentaires de Lévitique, xi, et Deutéronome, xiv, sont des 
prescriptions établies sur l'observation scientifique. La distinction 
entre animaux purs et animaux impurs est fondée sur des carac- 
tères généraux. Il y a une classification d'après des signes naturels, 
donc un effort scientifique. « Tout ce qui, a le pied corné et divisé 
en deux ongles parmi les animaux ruminants, vous pouvez en 
manger » ; — « tout ce qui, dans les eaux, mers ou rivières, est 
pourvu de nageoires et d'écaillés, vous pouvez en manger » ; — 
« tout insecte ailé qui marche sur quatre pieds vous sera une abo- 
mination; toutefois, vous pouvez manger, parmi les insectes ailés 
marchant sur quatre pieds, celui qui a au-dessus des pieds des ar- 
ticulations au moyen desquelles il saute sur la terre ». Nous esti- 
mons que des prescriptions ainsi formulées ne sont pas dues à des 
superstitions totémistiques ou autres, mais sont le résultat d'ob- 
servations objectives 3 . Ces prescriptions, en même temps qu'elles 
sont hygiéniques, sont religieuses, car dans les anciennes civilisa- 
tions la différenciation ne s'est pas effectuée entre le religieux, le 
social, le sanitaire, etc; toutes les lois sont alors religieuses, mais 
cela ne les empêche pas d'être dictées en même temps par des 
motifs d'ordre politique, social, sanitaire \ etc. 

1 « C'est généralement quand la nouvelle génération de l'animal totémique com- 
mence à être grande, ou quand la plante, si c'est un végétal qui sert de totem, paraît 
mûre pour être récoltée. Alors les produits de la chasse sont apportés au camp, et les 
membres du groupe totémique en mangent cérémoniellement, s'ils s'abstiennent, le 
lien de parenté qui les unit à l'espèce totémique serait rompu et ils perdraient du même 
coup les vertus et les pouvoirs sui generis qui sont censés résulter de cette parenté, i 
Durkheim, Sur le totémisme, dans V Année sociologique (1902), p. 114. 

* Lév., xi, 9 et suiv. ; Deut., xiv, 9, 10. 

3 Cf. l'interdiction de manger une bête morte d'elle-même ou déchirée par uno 
autre bête (Lév., xxn, 8). 

* La législation israélite se présente elle-même comme « rationnelle » et « natu- 
relle ». « Observez -les (ces commandements) et pratiquez-les! ce sera là votre sa- 
gesse et votre intelligence aux yeux des peuples, car lorsqu'ils auront connaissance de 
toutes ces lois ils diront : t Elle ne peut être que sage et intelligente cette grande 
nation ! » (Deut., iv, 5). — « Vois, je te propose en ce jour, d'un côté la vie avec le 
bien, de l'autre la mort avec le mal » (Deut., xxx, 15). « Vous observerez donc mes 



DU TOTÉMISME CHEZ LES HEBREUX 23 

Assurément, il y a d'autres religions que celle d'Israël qui ont 
prohibé des aliments ! . Mais pourquoi assigner une seule et même 
cause à ces prohibitions chez des peuples de pays, de nature, de 
génie si divers ? Le principe que « les mêmes faits impliquent les 
mêmes causes », s'il a une valeur universelle et nécessaire en phy- 
sique, est loin de présenter ce caractère en matière morale, où il 
arrive que des phénomènes pareils se rattachent à des antécédents 
différents. 

Une autre preuve qu'on allègue à l'appui du totémisme, c'est le 
sacrifice communiel. 

W. R. Smith fait remonter le sacrifice des animaux chez les 
Sémites à des coutumes totémiques. Le sacrifice primitif était un 
acte de communion entre le dieu et ses adorateurs, qui se croyaient 
unis à la divinité et les uns aux autres par les liens du sang. 
« Cette tendance à se représenter le dieu sous l'apparence d'un 
animal, dit Marinier 2 , expliquant la pensée de Smith, a déterminé 
l'adoption générale du sacrifice. Le sacrifice primitif consiste en 
l'immolation de l'animal divin et la consommation de sa chair par 
les membres du clan. C'est un renouvellement de l'alliance qui 
unit à ses adorateurs leur protecteur surnaturel ». Dieu et mem- 
bres du groupe continuent d'être « une chair et un sang »; ainsi se 
maintient la consubstantialité. 

Mais, observerons-nous avec Marillier, « si l'union est naturelle 
entre le dieu et ses adorateurs, s'il fait originairement partie 
du clan, il n'est pas besoin de cérémonie pour maintenir effecti- 
vement leur alliance... Eternellement la destinée des membres 
humains et animaux du clan demeurera solidaire 3 . » 

Le sacrifice communiel s'explique mieux si l'union entre 
l'homme et la divinité n'est pas naturelle, mais conventionnelle. 
L'homme, au moyen de ce sacrifice, conclut un pacte avec le dieu. 
Et ce contrat s'établit par les procédés usuels pour créer un lien 
de parenté artificielle : la fraternisation par le sang 4 , la commen- 
salité, le passage entre les pièces du sacrifice. 

11 est à noter que ce n'est pas n'importe quel animal qu'on ap- 
porte en sacrifice, mais un animal pris parmi ceux qui rendent le 
plus de services et le meilleur parmi ceux-là, le premier-né mâle 

lois et mes statuts, parce que l'homme qui les pratique s'assure ainsi la vie » (Lév,, 
xvm, 5). 

1 Voir Dillmann, Hxodus und Zcviticus, p. 482. 

2 Revue de V histoire des religions, 1897 et 1898. 

3 lb., 1897, pp. 243 et 245. 

4 Par la projection du sang sur l'autel. 



24 REVUE DES ETUDES JUIVES 

(Ex., xin, 12). A l'origine, les Sémites n'immolaient pas seulement 
les premiers-nés des animaux, mais des hommes ' ; et pourtant 
l'homme n'était pas totem ! Ajoutez encore que les animaux inter- 
dits ne peuvent pas être offerts : il faut les racheter ou leur briser 
la nuque (Ex., xm, 13). Enfin, à côté du sacrifice animal, il y avait 
l'offrande végétale, la minhah, et cependant aucun végétal n'est 
prohibé. 

Si haut que nous remontions, nous rencontrons des sacrifices 
dont le caractère est d'être un don ou un rachat, en vue de se con- 
cilier la faveur ou d'apaiser la colère de la divinité. Plus le don est 
précieux, plus il aura coûté d'effort et de peine, et mieux on dis- 
posera le dieu à son égard. De là vient qu'on offre les prémices de 
toutes choses et que l'offrande la plus méritoire et la plus efficace, 
c'est, aux yeux du primitif, le premier-né et le fils unique. Ce 
qu'il y a de meilleur en ce monde, au sentiment des peuples jeunes, 
c'est la vie, Fénergie vitale. Or, c'est dans les prémices que, selon 
la conception antique, elle se manifeste avec le plus d'intensité et 
de pureté. Le premier-né est appelé « prémice de la force pater- 
nelle » (Deut., xxi, 17). C'est ce qui explique aussi pourquoi le 
sang doit être répandu sur l'autel, car « le sang c'est la vie » (Lév., 
xvii, 10 et suiv.; Deut., xn, 23) 2 . 

On cite encore en preuve du totémisme le tatouage, qui avait 
pour objet de faire reconnaître les membres d'un même clan 3 et de 
les réunir les uns aux autres en temps de guerre. Chez les Arabes, 
le tatouage consistait à s'imprimer la marque de la tribu (wasm). 
Nous voyons les Philistins, les Moabites, les prêtres de Baal, se 
pratiquer des incisions dans la chair (Jér., xlvii, 5; xlviii, 37; 
I Rois, xviii, 28). De même, les Israélites (Lév., xix, 28; xxi, 5) 4 . 

1 Gen., xxn, 1-19; Lév., xviii, 21 ; xx, 2-5 ; Il Rois, m, 27; xvi, 3 ; xvn, 31 ; 
xxi, 6 ; Jér., vu, 31 ; Ezéch., xvi, 20; xx, 26; Deut., xn, 31, etc. Sur les immola- 
tions d'enfants en Assyrie, voir Zimmern, Goelt. gelehrte Nach. (1899), p. 250. Plus 
tard, on racheta (Ex., xm, 13 ; xxxiv, 20) le premier-né de Thomme, lequel appar- 
tenait à Dieu (Ex., xxm, 29). 

2 Se rappeler aussi le rôle du premier-né dans la Pâque, la fête la plus ancienne. 
— Sur le sacrifice, voir Baehr, Symbolik des mosaischen Cultus (Heidelberg, 1839), 
II, 373; Kurtz, Der alttest. Opfercultus (Mitau, 1862); Wellhausen, Prolegomena 
nur Gesch. lsraeïs (1895), p. 71 ; Benzinger, Archaeologxc, p. 438; Nowack, Archaeo- 
logie, II, p. 213; Tylor, Die Anfaenge der Cultur, II, p. 376; Hubert et Mauss, 
Essai sur la nature et la fonction du sacrifice, dans V Année sociologique, 1899 ; Fra- 
zer, Golden Bough (Londres, 1901), III, p. 407 et suiv. 

3 « Quiconque me rencontrera me tuera, dit Caïn » (Gen., iv, 14). C'est la pers- 
pective du nomade, s'il n'est pas garanli par l'empreinte qui le fait reconnaître aux 
membres de sa tribu et lui assure la vendetta. « Et Iahwé le marqua d'un signe, 
pour que personne, le rencontrant, ne le frappât » (Ib., 15). 

4 Ex., xm, 16; Deut., xiv, 1 ; Jér., xvi, 6; xli, 5; Is., xnv, 5; Ezéch., ix, 4; 



DU TOTÉMISME CHEZ LES HEBREUX 25 

En premier lieu, il ne faut pas confondre les passages où il 
est question de se taillader le corps en l'honneur d'un mort ou 
d'un dieu avec le tatouage. Ces taillades, on se les infligeait pour 
marquer soit le sacrifice de sa personne (le sang, c'est la vie), soit 
pour se rendre méconnaissable aux esprits. 

Ensuite, le tatouage n'a pas un rapport nécessaire avec le toté- 
misme. Quiconque, dit Cari Marquardt \ aeu à faire d'une façon 
suivie et approfondie avec les populations sauvages sait. quel rôle 
la vanité joue dans leur existence. Pour y satisfaire, ils inventent 
les usages les plus extraordinaires et les plus douloureux. Sup- 
porter la douleur, c'est faire acte de courage ; or il n'est rien qui 
en impose davantage au primitif. Le tatouage a lieu le plus sou- 
vent à l'époque de la puberté ; la souffrance qu'il cause est l'épreuve 
et le sacrement de la virilité. Il sert en même temps d'ornemen- 
tation : l'homme se tatoue pour plaire aux femmes, et récipro- 
quement 2 . 

On a prétendu encore découvrir un indice de totémisme dans les 
bénédictions de Jacob (Gen., xlix) et de Moïse (Deut, xxxm), où 
Juda est comparé à un lionceau, Issachar à un âne musculeux, 
Dan à un serpent, etc., ainsi que dans les bannières des tribus 
(Nombres, i, 52; n, 2; x, 14), sur lesquelles auraient été figurés 
ces animaux 3 . 

Nous remarquerons qu'on relève entre les deux bénédictions des 
divergences sur les emblèmes : ainsi d'après Gen., xlix, 17, Dan 
aurait eu pour totem le serpent, tandis que suivant Deut., xxxm 
23, ce serait le lionceau. On dira que Dan a changé de totem; mais 
d'une part, un clan a l'habitude de garder jalousement son totem 
et, d'autre part, nous savons que Dan conserva le serpent 4 . Puis 
toutes les tribus ne sont pas représentées par des animaux. Il 
semble que nous soyons en présence de simples comparaisons qui 
ici expriment un trait de caractère et là un vœu. Pour ce qui 
est de Gad et d'Asser, nous savon? que ces noms désignaient 
la Fortune, que, par conséquent, ils ne peuvent être d'origine 
totémique. 

Os., vu, 14; cf. Àpocal., -vu, 3; xm, 16. Les phylactères (Ex., xm, 9), vraisem- 
blablement, dérivent de la coulume du tatouage. 

1 Die Taetowirung beider Gescklechter in Samoa (1899), p. 15 et suiv. 

2 Chose digue de remarque, à Samoa, aucun des animaux jadis sacrés n'est un 
sujet de tatouage, ib. 

3 Nombres rabba, 2 : b* ^H5 Tnïttl TBDb 111211 TMD îlDtt J>2£1 WOb p 
U3H3 "p " 1 !"P Û1Z5, « Sur le pectoral du grand-prêlre Dan avait la pierre appelée 
léschem. Sa bannière était bleu saphir et portait comme armes un serpent, confor- 
mément à la parole de l'Ecriture : Dan sera un serpent. » 

* Voir Friedlaender, Der Antichrist in den vorchristlichen jûdischen Quellen (Goet- 
tingue, 1901), p. 144 et suiv. 



20 RKVUK DES ÉTUDES JUIVKS 

Nous conclurons donc que, d'une façon générale, on n'a pas pu 
démontrer jusqu'ici que le totémisme lut un moment nécessaire de 
l'évolution sociale-religieuse. Rien, au reste, n'autorise à croire 
que cette évolution ait été la même dans les différents milieux et 
chez les diverses races. « Il n'existe pas, dit justement M. Tarde, 
d'évolution unilinéaire et fatale ! . » A la vérité, le totémisme n'a 
été constaté en certitude qu'au sein de quelques tribus d'Amérique 
et d'Australie. Et, là même, le totémisme ne constitue pas la forme 
exclusive ou prépondérante du culte religieux 2 . De plus, il fau- 
drait prouver que ces tribus en sont restées à leur mode premier 
d'organisation. Mais il serait contre toutes les données de l'histoire 
et de la psychologie que des groupes fussent demeurés identiques 
à eux-mêmes depuis les origines jusqu'à nos jours. « Le système 
social des sociétés inférieures, déclare M. Durkheim 3 , s'il ne se 
développe qu'avec une certaine lenteur, est pourtant capable 
d'évoluer et de se transformer autrement que sous l'influence des 
peuples plus civilisés... On sait aujourd'hui que ces peuples ne 
sont nullement stationnaires ; ils ont une histoire. » 

Pour ce qui concerne plus particulièrement le totémisme en 
Israël, nous nous sommes attaché à prouver qu'aucun des indices 
invoqués n'est probant. «Plus j'y réfléchis, dit Noeldeke au sujet 
du totémisme chez les Sémites, plus je deviens sceptique 4 . » On 
peut, au premier abord, se laisser séduire par certaines analogies ; 
mais quand on les examine de près, on se rend compte qu'elles 
sont purement apparentes. 11 n'y a donc pas lieu d'attribuer au 
totémisme un rôle quelconque dans la préhistoire hébraïque 3 . 

Louis-Germain Lévy. 



1 Cf. Steinmetz, in Année sociologique, 1898-1899, p. 53 : t Le sociologue doit ap- 
prendre qu'il y a des espèces sociales ditlerentes, que l'humanité n'est pas une 
abstraction homogène ». 

2 Marillier, Revue de Vhist. des religions, 1S9"*, p. 247, 

3 Sur le Totémisme, dans l'Année sociologique, 1902, p. 89. 
* Oesterr. Monatss. f. d. Orient, 1884, p. 301. 

3 J'ai laissé de côté les arguments tirés de la filiation utérine et de Tcxogamie, 
car après les dernières observations de B. Spencer et F. Gillen, op. cit., ces argu- 
ments tombent d'eux-mêmes. Voir aussi E.-J. Eyre, Journal s of Expéditions of 
Discoverg into C tnt r al- Aus traita, Il (Londres, 1845), p. 328; Salomon Heinach, 
Revue scientifique, 1900, pp. 449-457. 



ANTIOGHE 



L'article de Neubauer ' sur Antioche , venu à peine quinze 
années après celui de Rapoport 2 sur la môme cité, n'en marqua 
pas moins un important progrès dans l'étude de ce point particu- 
lier de la science juive. Hamburger 3 a repris le même sujet quinze 
ans après Neubauer, mais sans rien apporter de nouveau. Je sai- 
sis l'occasion d'un article que j'ai donné sur Antioche dans la 
Jewlsh Encyclopédie!, pour réunir ici en un tableau d'ensemble 
les traditions juives se rattachant à la célèbre cité. 

1. Fondation de la ville. Antioche fut fondée en 300 (ou 301) 
par Séleucus 1 er Nicator. Séleucus l'a dénommée d'après son père 
Antiochus, général de Philippe 4 . Ce fait est aussi connu des 
sources juives ; il est dit dans le Midrasch : Antioche tire son nom 
d'Antiochus 5 . On peut être certain que le Midrasch désigne ici, non 
le véritable Antiochus, père de Séleucus, mais un roi quelconque 
de ce nom. Dans deux sources plus récentes on dit dans le même 
sens : Antiochus bâtit Antioche G . 

Si Antiochus figure sans surnom dans ces passages, cela vient 
de ce que les sources juives réunissaient fréquemment ceux qui 
portaient le même nom en un seul et même individu, si bien que 
pour elle il n'y avait qu'un Antiochus 7 . Cette particularité se re- 

1 Géographie du Talmud (Paris, 1868), p. 311. 

2 Breck Millin (Prague, 1852), p. 148. 

3 Heal-Encyclopaediefar Bibelu. Talmud (Strelitz, 1883), 11, p. 57. 

4 Justin, Hist. Pkilîpp., XV, 4. D'après Suidas, s. v. 'Aviiô/eta, elle fut nommée 
d'après le fils du fondateur. Voir l'article Antiochia de Benzin^er dans l'Encyclopédie 
de Pauly-Wissowa, 1, 443, article d'ailleurs insuflisant, comme ledit avec raison 
Mahaiï'y, Greek civilisation (Londres, 1S97), p. 282. 

5 Gènes, r., 23 : WPEpK 0*3 23> HJODILHN. Yalkout, Ps., § 758, de même. 

6 Midr. Tehillim (éd. BuberJ, 9, 8 : r^TOlEaSK ÏT33 DDTûIîKi de même Yal- 
kout, Ps., § 642. — L autre source est le Sédef Olam Zouta (voir Monatsschrifc, 
XXXIX, 26) : 5^31838 -23 t*rn (lire ^) "{-pLDDN"!. Dans l'édition de Prague, 
1795, p. 24 5, et chez Neubauer, Afediaev. Jeta. Chron., II, 71, il y a ^p-^Dtf 
(= Antiochus) ; plus exactement dans un ms. de M. Epstein (Hebr. Bibliogr., nou- 
velle série, V, 59) : 'jvï m'y® Kin D*Q"pa3N"|. 

7 Seul fait exception le Seler Olam R. (ch. xxx) et Z , où un ^VÛD2N c ^ dis- 
tingué d'un D"D"Pl33N ; voir Uapoport, 146. Dans mSO^bN nVïbin, éd. Israël 
Lévi (Kobez, II, 52), le mot est orthographié D1Ï"PL35N. 



28 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

trouve dans de soi-disant ouvrages historiques ; ainsi dans le 
Rouleau d'Antiochus *, dans la Chronique de Yerahmeel a , et 
dans le Yosippon 3 . Le pseudo-Hégésippe 4 , qui a servi de modèle 
au Yosippon, présente la chose à peu près de la même façon. A 
vrai dire, c'est le premier livre des Maccabées qui a commis 
l'erreur ; car c'est ce livre qui servit — directement ou indirecte- 
ment — de sourceaux compilateurs précités. Or, dès le début, après 
une revue sommaire des exploits d'Alexandre le Grand, cet écrit 
nous parle immédiatement d'Antiochus IV Epiphane, en sorte qu'il 
semblerait qu'Antiochus IV fut le successeur immédiat d'Alexan- 
dre. Ce qui dans le livre des Maccabées n'était qu'apparence devint 
réalité historique pour les compilateurs. 

Toujours est-il qu'il faut se demander pourquoi les sources 
juives s'occupent de la fondation de la ville ? La question se jus- 
tifie d'autant plus que le premier livre des Maccabées ne con- 
tient pas d'indication là-dessus. Mais tout le moyen âge a été 
dominé par cette idée que les grandes villes mondiales furent bâties 
par les diadoques. C'est ainsi qu'on dit dans les grandes annales 
géorgiennes 5 : Antiochus bâtit Antioche, Hromos Rome, Bizintos 
Byzance. L'écrit apocryphe intitulé Apocalypse de Daniel 6 an- 
nonce qu'après la mort du dernier roi, ses quatre fils régne- 
ront, le premier à Rome, le second à Alexandrie, le troisième à 
Byzance, le quatrième à Thessalonique 7 . 

Le pseudo-Méthodius s a quelque chose d'approchant. L'armé- 
nien Jean IV Katholikos (835-925) dit que la ville d'Amasia fut 
fondée par Amasia , neveu de Nectanébo , donc un cousin 
d'Alexandre 9 ; on reconnaît là clairement les traces du Pseudo- 
Callisthène. On trouve chez Droysen ,0 d'autres sources orien- 
tales qui reproduisent le même trait. 

1 Beth ha-Midrasch de Jellinek, VI, 1 ; cf. ma note dans la Revue, XXX, 218. 

2 The Chronicles of Jerahmeel, éd. Gaster (Londres, 1899), ch. lxxxv, p. 257 : 
[Alezander] made Antiochus, the great enemy of the Jews, King of Asia (î^Oy). 

3 Dans l'éd. de Bâle (1599?), p. 10 : S^ ilb-HA WHE nD2 Ï1T OWESÉTl 
K^TUUN !lb t*<np1 Û^ïl Clin. L'exemplaire que j'ai utilisé appartient au musée 
national de Budapest. Gaster, p. c, dit de cette édition qu'elle est inconnue des 
bibliographes. Il ne faut pas la confondre avec l'éd. de Bâle de 1527. Dans d'autres 
éditions du Yosippon ce passage manque. 

* Egesippi De excidio Hierosolym. (éd. Cologne, 1530], III, 5 : Urbs... condita 
ab his qui Alexandro Magno bellanti adhaesere, conditoris sui nuncupata vocabulo. 

8 Brosset, Hist. de la Géorgie, I, 35, cité par Sackur, SibylL Texte u. Forschungen 
(Halle a. S., 1898), p. 32. 

6 Klostermann, Analecta sur Septuaginta, Hexapla u. Patristih (Leipzig, 1895), p. 1 1 8. 

7 Thessalonique, à cause de la future importance de cette ville ; le nombre quatre, 
à cause des quatre cornes de Dan., vm, 8. 

» Ed. Sackur, p. 75. 

9 A. Wirth, Aus orient. Chroniken (Francfort-sur-Mein, 1892), p. 106 

*• Gesch t d. Hell., III, 392. Cf. Lazarus dans Jahrbûcher de Briill, X, 13. 



ANTIOCHE 29 

2. Noms bibliques. Suivant une habitude chère au Talmud, au 
Midrasch et au Targoum 1 , Antioche est identifiée avec quelqu'une 
des villes nommées dans la Bible. Les deux Targoums de Jérusa- 
lem remplacent Tittn (Gen., x, 18) par le nom du peuple '•aroBas 
(•wicmh) -. Gomme il n'y a pas de ressemblance entre les noms de 
Hamat et d'Antioche, il faut supposer comme fondement de cette 
identification la similitude de la situation des deux villes, toutes 
deux situées au bord de l'Oronte. Harnalh, en grec 'A^àO-rj, dési- 
gnée également ainsi sur les monuments égyptiens et assyriens 3 , 
avait été appelée Epiphanie par les Macédoniens, du nom d'un des 
épigones 4 . Cependant chez les indigènes, c'est-à-dire probablement 
chez les Syriens, le nom de Hamath se conserva dans la suite, comme 
l'observe Josèphe. Le Talmud de Jérusalem 5 connaît aussi la ville 
sous le nom de Hamath, et ce nom s'est maintenu jusqu'aujour- 
d'hui. Donc l'identification avec Antioche est une erreur ; mais 
nous sommes à même de deviner en partie la naissance de cette 
erreur. Zonaras 1, 5 (p. 30, Bonn), tient pour fondateur d'Antioche 
Ptolémée Epiphane, à tort selon Gutschmid 6 , car Josèphe ne 
nomme qu'un épigone d'Alexandre qui s'appelait 'E7ui<pàv7jç. Déjà 
peut-être Josèphe, mais sûrement les Juifs postérieurs, pensaient 
à Antiochus Epiphane, par conséquent au soi-disant fondateur 
d'Antioche ! De là, pour les Juifs, l'équation Antioche-Hamath- 
Epiphanie. C'est dans Gen. rabba, 37, que pour vittn on met exac- 
tement *^£pd, Epiphanie 7 . Cependant il est à noter qu'un quartier 
d'Antioche construit par Antiochus Epiphane s'appelait positive- 
ment Epiphanie 8 , et ce quartier avait l'étendue d'une véritable 
ville. De même Hamath-Rabba d'Amos, vi, 2, est identifié avec 
Antioche 9 . Il y a là une allusion à la diaspore d'Antioche (voir 
plus loin). 

1 Cf. mon article sur Die Bibl. Vôlkertafel im Talmud, Midrasch u. Targum 
[Monatsschr., XXXIX, 1 et 49 et suiv.). 

* Dans le Targoum fragmentaire il y a î-vrOlL^N, mais c'est une faute, car au- 
paravant il n'y a que des gentilicia. Intéressante est l'addition : ^33 "J73 ; par là An- 
tioche est marquée comme un siège éminent de la puissance romaine. 

3 Dillmann,Z)îè Genesis, 5 e édition, ud locum. 

4 Josèphe, Antiq.^ I, 6, 2. 

8 Meguilla, I, 79 b : n?2n Vlftn, ce qui signifie que le nom subsiste encore 
(M onatsschr., XXXIX, 62). 

* Kîeine Schriften, V, 601. 

* Là aussi où Hamath désigne là frontière nord de la Palestine (Nombres, xxxiv, 
8) le Targoum fragmentaire met Antioche. Dans le Targ. Yerousch., I, *lhy)2 
Î^'-Dûb est inexact (cf. Neubauer, p. 8). 

8 K. O. Mùller, Kleine deutsche Schriften, I (Breslau, 1847), p. 98. 

9 Yalkout Amos, § 545, éd. Venise : 'fvï ^r Snm T)J2Tl ; dans Lév. r., 5, 3, 
moins bien : 'j**t btf5 n»n; dans Nombres r., 10, 3 : 'N nttn. Au reste, 'r< n^fi 
rappelle l'expression '^ bVÛ ""SËl. 



30 REVUE DÈS ÉTUt)ES JUIVfcS 

R. Abahou établit une autre identification avec Ribla, à propos 
de II Rois, xxv, 6 '. Dans le récit analogue de xxm, 33, comme 
dans les passages parallèles de Jérém., xxxix, 5, et lu, 9, Ribla 
est situé dans le pays de Hamath ; or, cette désignation conduisait 
tout naturellement à l'identifier avec Antioche. Jérôme connaît lui 
aussi cette tradition (sur Ezéch., xlvii, 17, m^n Vinai). Ce père 
de l'Eglise use à cette occasion d'un pragmatisme étonnant, en ce 
qui concerne Daphné, faubourg d'Antioche : « Dapline. . . [locus], 
a Cneo Pompeio, qui primus Judaeam subegit Romano imperio, 
militari manu conditus est 2 . » Ce passage nous paraîtra logique, si 
avec la tradition Ribla-Antioche nous combinons l'autre tradition 
dont nous allons parler, et d'après laquelle Daphné-Antioche fut 
le théâtre de l'exil juif. A la suite de la prise de Jérusalem par 
Pompe*e, les Juifs furent exilés à Daphné. 

Dans l'histoire légendaire du judaïsme rabbinique Antioche, 
ou plutôt Daphné, figure comme une station de l'exil babylonien. 
On raconte au nom de R. Samuel b.Nahman (j.Sanh., 29c) : « Israël 
a subi trois exils ; l'un en deçà du fleuve Sambation, un autre à 
Daphné d'Antioche, un troisième dans lequel ils furent couverts 
par une nuée (mott *aa). Ils reviendront un jour de ces trois 
exils (Daphné est nommé ici en troisième lieu) » 3 . Dans la PesiMa 
routait, ch. 31 (p. 146 & de Téd.Friedm.), nous trouvons [i] (i) 2sn 
nhbai bra; on a donc, comme nous le voyons chez Eusèbe et 
Jérôme, distingué nnbm de rttt"!, et l'on a pris Reblatha pour la 
ville de Daphné. Dans Yalkout Rois, § 331, il y a [1. rttD'ib] rtnnnb 
nrtai btt), avec cette addition : ûus ftt^asi « cette diasporea disparu 
pour toujours là, à Daphné ». Ces relations forment le noyau du 
petit Midrasch connu plus tard sous le nom de ïnvba *W2 et imprimé 
déjà par Munster (avec le Yosippon), p. 280, comme nvba "no*, 
sans uni», puis en deux versions dans Jellinek, Beth ha-Midrasch, 
IV, 133-136 ; V, 113-116, et remanié dans la Chronique de Yerah- 
meel (éd. Gaster), ch. 60 (où il y a huit exils : quatre par Sen- 

1 Sahb., 966; Yalkout Rois, § 231, 'î**î 1T ftnbai. Dans j. Schekalim, vi, 50 a, 
Qen. r , 94, 9, et Lév. r., 19, 6, il y a seulement 'c^ï b"Ç3 "OSIS. 

2 Dans Onom. sacr.< éd. Lagarde, 147, 16, il est dit : « Rebla in terra Emath « 
(de même en grec 289, 31); puis ligne 22 : « Reblatha (nnbm, II Rois, xxv, 6) 
regio Babyloniorum (de môme en grec 289, 36) sive urbs quam nunc Antiochiam 
vocant. » Ce qui est en dernier est la tradition juive, et elle n'est connue que de Jé- 
rôme. Mais pourquoi cherchait-on Rebla en Babylonie, si ce n'est parce que Nabu- 
cbodonosor y régnait?. C'est pourquoi Rebla est regardée comme une des stations 
où s'arrêtèrent les exilés babyloniens, comme nous allons le montrer. Peut-être faut- 
il expliquer ainsi le Î322 "JE du Targoum fragmentaire [voit plus haut). 

3 Cf. Echa Rabba, n, 10, p. 58 (éd. Buber) ; Tank., nbtB, appendice 6; Tank., 
f-JUin, 33 (où cependant il n'est pas question de l'exil) ; Gen. r., 73, 6 (D^3S7 
1VLÛ2720 1Ï"I5 "J»); Pesikta, ch. xxi ; Sckeeltot, n^^N"!^. 



ANTIOCHE 31 

nachérib et quatre par Nabuchodonozor). Le troisième exil de 
Nabucbodonosor, celui de Ribla, correspond, dans Yerahmeel, au 
deuxième chez Munster awiasa bu ïtSùTb îi^(3)uj uys iibsn, et c'est 
là le sixième exil; chez Jellinek, c'est le cinquième *. 

L'identification de Ribla avec Antioche eut donc pour consé- 
quence de faire regarder Antioche comme une station de l'exil 
babylonien, où les exilés, tout comme les dix tribus en Assyrie, 
furent censés avoir été absorbés dans la population. Déjà ce der- 
nier trait s'applique mieux à la diaspore de l'époque grecque, où il 
est fort possible que des fractions juives aient disparu dans An- 
tioche. Mais plus encore, la désignation constante de Daphné là 
où Antioche aurait suffi indique clairement qu'on est en présence 
d'événements de la période hellénique, en premier lieu de la mort 
du grand prêtre Onias III, qui se produisit à Daphné 2 , événement 
qui rappelle la destinée des rois Joachaz et Sédécias à Ribla. Chez 
Josèphe 3 , il est vrai, les faits sont différents : Onias, qui s'appe- 
lait aussi Ménélas, fut traîné par le roi à Antioche. Mais alors, 
encore Antioche est le théâtre d'un événement important 4 . 

3. La Gola à Daphné. Sous ce titre, Hugo Winckler a publié 
une étude 5 , qui aurait peut-être pris une autre tournure, s'il avait 
connu ou reconnu les passages signalés plus haut du Talmud °. 
Winckler mentionne bien II Macc, îv, 33 (p. 418); mais sa « Gola 
de Daphné » n'est pas la fuite d'Onias à Daphné, c'est « Jahvé qui 
est conduit dans un pays étranger, à Antioche » (ipsissima verba) ; 
cela résulterait de I Macc, i, 20-25, où, à la vérité, tous les objets 
du sanctuaire, tout l'argent ettoutl'or emportés par Antiochus sont 
minutieusement énumérés, mais où l'on ne déplore pas l'enlè- 
vement d'une seule âme juive. Deux années après, lors du 
nouveau pillage de Jérusalem (168), on fit des prisonniers (i, 32); 
mais des enfants et des femmes vendus ou donnés par le vain- 
queur ne présentent pas le caractère d'une Gola, pas plus que le 
bétail, que Winckler classe dans une même catégorie avec les 
femmes et les enfants (« les femmes et les enfants furent emme- 
nés prisonniers de même que le bétail »). Cependant le texte 
porte : « Jl fit prisonniers les femmes et les enfants et il donna le 
bétail » (xoù rà xtyjvt! èxXY)pov6|rriffav). Encore moins la Gola est-elle 

1 Cf. Hebr. Bibliogr., nouvelle série, V, 57. 

4 11 Macc, îv, 33 et suiv., cf. n^ft rï"D*, Dan., ix, 26, et Graelz, Gesch. d. 
Judcn, II, 2" éd. p. 303, note i. 

3 Antig., XII, 9, 7, § 383. 

w Cf. Bùchler, Die Tobiaden und Oniaden, p. 15 et suiv., p. 117 et suiv. 

8 Altoricntalisrhe Forsrhmgcn, III, fasc. 1 (Leipzig, 1900). 

6 J'avais écrit ces mois longtemps avant d'avoir lu les remarques semblables de 
M. A. Marx dans Orient. Litteraturmtung, 1901, IV, n° 6. 



32 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

constituée par l'enlèvement des objets sacrés, ce que Winckler 
appelle l'enlèvement de Jahvé. Pour ce qui est de la localisation à 
Daphné, Winckler écrit (p. 416) : « Il va sans dire que les cap- 
tifs ont été conduits en Syrie-Aram et que la capitale, Antioche, 
en a reçu la plus grande partie. A partir de ce moment 1 , Antioche 
eut une forte communauté juive (orthodoxe), comme jadis Baby- 
lone en avait reçu une par Nabuchodonozor. » Pourtant sous 
Nabuchodonozor, les captifs ne furent pas transportés dans la 
capitale, Babylone, et il est peu vraisemblable qu'Antiochus IV, 
qui voulait faire d'Antioche une seconde Athènes, ait voulu 
déshonorer sa résidence par une Gola juive et, par-dessus le 
marché, une Gola orthodoxe ! 

Nous n'en sommes qu'à Antioche 2 , comment arrivons-nous à 
Daphné? Winckler part du Psaume cxxxvri, dont il explique, non 
sans raison, les mots û^nn^b* par «myrtes », et, que, partant, il 
rapporte à Daphné (8à<pv7), laurier). Ce chant aurait été demandé par 
les Juifs, à l'occasion de jeux tenus à Daphné. Mais de nouveau 
Winckler ne fournit pas la preuve qu'une troupe d'individus pro- 
fondément affligés aient pu former un chœur. Sans doute, Euripide 
mit les Phéniciennes à la scène, mais, en réalité, les captifs 
ne font que figurer dans la procession triomphale. Je crois donc 
qu'une « Gola à Daphné », dans le sens où Winckler l'entend, n'a 
jamais existé. 

Par contre, les passages du Talmud, quoique confus, parlent en 
faveur d'une Gola à Daphné, qui y était probablement venue avec 
le grand prêtre légitime Onias III, au moment où Thellénisant 
Ménélas gouvernait, et où, par conséquent, d'après la concep- 
tion talmudique, le judaïsme orthodoxe se trouvait à Daphné ■. 
Sans doute Buchler (L c, p. 275) cherche à prouver, dans une 
note assez longue, qu'Onias n'a pas dû séjourner longuement à An- 
tioche ; mais cela n'est pas conforme au II e livre des Maccabées, 
dont les indications, du moins pour ce qui concerne la punition 
d'Andronicus, sont à peu près confirmées par Jean d'Antioche 4 . 

1 Willrich et Wellhauseu datent également l'établissement des Juifs à Antioche 
de l'époque d'Antiochus IV (voir Monatsschr., XLIV, 149). Je crois n'avoir pas 
besoin de m'arrêter sur ce point, attendu que les récentes recherches du cardinal 
Rampolla (voir plus loin), donnent aussi sur ce point raison à Josèpbe. 

* A l'occasion des louanges sur les Macchabées, saint Chrysostome (voir plus 
loin) parle aussi d'un exil des Juifs en Egypte, en Babylonie et à Antioche. 

3 On trouvera la littérature y alférente dans une note de Driver, Cambridge 
Bible, Daniel (Cambridge, 1900), p. 140. Sur la supputation de 490 ans depuis la 
ruine de Jérusalem jusqu'à la mort d'Onias 111(171), voir ib., p. 147. 

* Fragmenta Eist. Grœc, éd. Millier, IV, 558; voir Buchler, p. 355. Willrich, 
Judaica (Goettingue, 1900), p. 144, s'appuie également sur Jean d'Antioche, lorsqu'il 
soutient que le fait du meurtre du fils de Séleucus IV par Androuicus a été tout 



ANTIOGHE 33 

Comme ce n'est pas ici le lieu de trancher la question, je me con- 
tente d'observer que la diaspore d'Antioche, sans même être mise 
en rapport avec Onias, était assez importante pour être citée 
comme un exil à part. 

4. Histoire politique jusqu'en 10 après l'ère chrétienne. Jo- 
sèphe dit que la Syrie fut le pays le plus peuplé par la diaspore 
juive. Là aussi, c'est la capitale Antioohe, « à cause de la grandeur 
de la ville », qui était particulièrement habitée par des Juifs *. 

Les successeurs d'Antiochus les laissèrent tranquilles. Tandis 
qu'en effet, Antiochus Epiphane avait pillé Jérusalem et souillé le 
sanctuaire, les rois qui lui succédèrent déposèrent des objets en fer 
dans la synagogue d'Antioche et accordèrent aux Juifs des droits 
civils égaux à ceux des Hellènes (Josèphe, ib.). Les Juifs helléni- 
sants, partisans de Jason à Jérusalem, voulant eux aussi posséder 
des droits civils, désiraient se faire inscrire comme Antiochiens 
(IIMacc, iv, 9). Niese 2 rapproche ce fait de l'information d'après 
laquelle sous Antiochus plusieurs villes s'appelaient Antioche. En 
Palestine, sous Antiochus IV et Antiochus VIII, les citoyens de 
Ptolémaïs se nomment sur leurs monnaies 'AvnoysTç ol h IlxoXe- 
[Aoefôt 3 . Gomme conséquence de cette égalité furoTtoXiTeia) des Juifs 
d'Antioche, Josèphe cite ceci, que, sur l'ordre du roi, les gymna- 
siarques remettaient aux Juifs qui ne voulaient pas se servir 
d'huile païenne une somme équivalente (Antiq., XII, 3, 1, § 120). 
Cette concession fut-elle déjà consentie par Séleucus Nicator? J'en 
doute, attendu que l'huile païenne fait partie des 18 prescriptions 
des Schammaïtes et Hillélites (Ab. Zara, 3Qb). Verrait-on plus 
qu'une légende dans la parole de Rab (ib. 35 b) que l'huile avait 
été interdite par Daniel ? Pourtant on lit dans le Talmud (ib. t 36 a) 
que l'interdiction de l'huile n'était pas observée partout. Pour ce 
qui concerne Antioche, il faudra donc descendre à l'époque la plus 
récente. On n'a pas pu encore établir si, à côté de cette particula- 
rité, des privilèges plus considérables se trouvaient attachés au 
droit de bourgeoisie antiochienne. 

Bientôt il vint un temps où les Juifs, non d'Antioche, mais de 
Palestine, furent violemment aux prises avec les Antiochiens. 

simplement transposé et explique le meurtre d'Onias. Ce genre de critique a déjà 
été apprécié comme il le mérite. 

1 Bell. Jud., VII, 3, 3, § 43. Cf. Schùrer, III, 3« éd., 8. Apion prétendait que 
les Juifs étaient venus de Syrie à Alexandrie (C. Apionem, II, 4). A cette occasion 
Josèphe remarque que c'est à bon droit que les Juifs s'appellent Alexandrins ou 
Antiochiens. Cependant Neubauer produit deux passages du Talmud (p. 203 et 
403) d'où il appert qu'il n'y avait que peu de Juifs en Syrie. Peut-être en fut-il 
ainsi plus tard. 

s Kritik der beiden Makkabâerbilcher, Berlin, 1900, p. 30. 

3 Schûrer, II, 3° éd., 113. 

T. XLV, n° 89. 3 



: I REVUE DES ETUDES JUIVES 

Ceux-ci détestaient profondément Démétrius II Nicator (146-138) 
pour ses méfaits, ainsi que pour ceux de son père. Ils prirent les 
armes et assiégèrent le roi dans son palais. Ayant que la situation 
fût devenue aussi dangereuse, Jonathan avait envoyé au secours 
du roi 3.000 Judéens '. Ils vainquirent les Antiochiens et tuèrent 
dix myriades de révoltés. Ce chiffre énorme donné par le livre 
des Macchabées manque dans Josèphe. Cependant chez lui aussi 
cette donnée transparaît, — car il prétend que les rebelles avaient 
été plusieurs myriades (iroXXat yàp v^av [xuptàosç). Selon Josèphe, 
les troupes royales avaient déjà été battues par les Antiochiens, 
quand l'intervention des secours judéens détermina l'issue du 
combat en faveur du roi. En général, Josèphe rapporte quelques 
détails importants : pendant ce temps, raconte-t-il, les maisons de la 
vi lie furent incendiées , et , comme elles étaient serrées les unes contre 
les autres et en bois, les Antiochiens ne purent pas maîtriser le 
feu et prirent la fuite. Mais les Juifs allèrent de maison en maison 
et poursuivirent impitoyablement les Antiochiens, qui dès lors ne 
se battirent plus, mais songèrent uniquement à sauver leurs 
femmes et leurs enfants. Et comme, à son tour, le roi se mit à 
repousser les rebelles, ceux-ci durent déposer les armes et se 
rendre au roi. D'après le livre des Macchabées, les Juifs s'empa- 
rèrent eux-mêmes du butin, tandis que, selon Josèphe, c'est le roi 
qui leur fit de larges distributions. Josèphe essaie ainsi de 
pallier la conduite des Juifs. Les « soldats mutinés » que, au dire 
de Graetz, le roi eut à combattre ne se rencontrent dans aucune 
source. Diodore, II, 592, fait également allusion aux troupes 
auxiliaires juives : ^evixr, ouvajju? k%v6\*yoç t On ne nous renseigne pas 
sur l'attitude des Juifs indigènes dans ce combat. Je suppose que 
ce sont eux qui provoquèrent l'incendie, car ils tenaient natu- 
rellement pour le parti auquel Jonathan, le prince de leur peuple, 
s'était rangé. Josèphe ne passe cette circonstance sous silence 
que pour ne pas rendre les Juifs odieux aux Antiochiens contem- 
porains, déjà suffisamment mal disposés à leur égard. 

Pendant les désordres qui eurent lieu sous Hyrcan II un certain 
Ophellios se fit remarquer à Antioche comme ami de Phasaél. 
L'Antiochien Saramallas (ou Samarallas, peut- être = HaA^avàç 
= Ifcbta), l'homme le plus riche de Syrie 2 , dont Hérode fit un 
ambassadeur 3 , se montra utile aux fils d'Antipater. Cependant 

1 lie chifîie ne se trouve que dans le I er livre des Macchab. (xi, 44). Chez Jo- 
sèphe [Ant., XIII, S), 3, §§ 137-142), il n'est question que de Juifs envoyés par 
Jonathan. 

* Antiq., XIV, 13, 5, § 345; cf. Bell.jud., 1, 13, 5, § 259. 

3 Antiq., XV, 2, 3, § 19. 



ANTIOCHE 35 

les paroles de Josèphe n'indiquent pas clairement si ces deux per- 
sonnages étaient juifs ' ou païens (Ophellios un Grec, Saramallas 
un Syrien, à en juger d'après le nom). Remarquons que Saramanna 
était aussi le nom d'une source dans le magnifique aqueduc 
d'Hadrien â Antioche 2 . A Antioche, le dernier roi asmonéen, 
Antigone, fut d'abord fustigé, puis décapité sur l'ordre d'Antoine 
(37 avant l'ère chrét.), selon le vœu d'Hérode 3 . Hérode le Grand 
fit construire en payés de marbre à Antioche, que la fange ren- 
dait impraticable, une route longue de vingt stades et, pour ga- 
rantir de la pluie, une stoa de même longueur 4 . Dans le plan de 
la ville, qui a été dessiné par K. 0. Muller dans un précieux 
travail rédigé en latin sur Antioche [Ges. Schr., V) et qui a passé 
dans l'Encyclopédie Britannique (9° édition), la route hérodienne 
(stoa Herodis) traverse la ville de Test à l'ouest, où elle débouche 
à la « Porta Cherubim » (voir plus loin). Il est étrange que Malala, 
qui, en sa qualité d'Antiochien, devait être bien renseigné, ait 
attribué presque les mêmes constructions au futur empereur Ti- 
bère (Chronogr., 300, p. 232, Bonn). Les travaux d'Hérode et ceux 
de Tibère tombent à peu près en l'an 20 avant l'ère chrét. ; il y a 
donc là une confusion 5 . Pour ma part, j'estime que Malala pensait 
à de tout autres constructions ; il les décrit comme étant hors la 
ville et les appelle IpâoXooc oûo jjisyàXouç (deux grands portiques), 
tétrapyles et statues, et non pas route et stoa. Les écrits rabbi- 
niques connaissent aussi des tétrapyles 6 ; il est probable que ceux 
de Palestine, par exemple, à Césarée, étaient imités de ceux 
d'Antioche ; il en doit être de même pour « la voûte » (xa^àptov) 
des textes rabbiniques 7 . Du temps de Malala une statue d'airain 
de Tibère rappelait encore les constructions de Tibère ; les Antio- 
chiens tenaient déjà moins à se souvenir de celles d'Hérode. Un 
légat romain, Q. Marcius Rex, bâtit à Antioche un cirque et un 
palais 8 , ce qui rappelle un trait particulier d'un épisode raconté 
par Malala et dont nous allons parler. 

Comme les Tyriens et les Sidoniens, les Antiochiens reçurent 
du triumvir Marc- Antoine l'ordre de restituer aux Juifs tout ce 
Qu'ils leur avaient enlevé 9 . Nous apprenons ainsi que les Antio- 

1 Graetz, III, 4 e éd., p. 193. 

1 Millier, Kleine deutscke Schriften, I, p. 118. 

3 Strabon chez Josèphe, Antiq., XV, 1, 2, § 10. 

4 Bell, jud., I, 21, 11, S 425 ; cf. Antuj., XVI, 5, 3, § 148. 
3 Muller, l. c, 116, 

6 Krauss, Leknwoerier, II, 262. 

7 lb., il, 551. Cf. mes remarques, Jewish Quarterh/ Rcview, XIV, 718. 
s Muller, ÎU'L 

9 ^«>., XIV, 12, 6, § 323. 



36 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

chiens, malgré les droits reconnus, s'attaquèrent aux Juifs, ce 
qui d'ailleurs n'est pas pour surprendre de la part de la populace 
hellénistique. 

L'Antiochien Malala (Chronogr., 315, p. 244) nous parle, au 
vi e siècle, d'un événement extraordinaire qui se serait passé dans 
la troisième année de Caïus Caligula (40 ans de l'ère chrét.). A 
Antioche une dispute éclata entre les différents partis du cirque. 
Pendant ces troubles, le peuple se jeta sur les Juifs, en massacra 
beaucoup et incendia leur synagogue. A cette nouvelle, le grand- 
prêtre Phinéas accourut de Tibériade à Antioche avec 30,000 
Judéens et Galiléens, surprit la ville, tua beaucoup d'habitants, 
puis retourna à Tibériade. Au su de cet événement, l'empereur 
Caïus entra en fureur contre les deux sénateurs Pontus et Varius, 
qui se trouvaient à Antioche, les fit jeter dans les fers, confisqua 
leurs biens et leurs maisons (qui encore plus tard s'appelèrent 
basiliques, c'est-à-dire impériales), parce qu'ils n'avaient empêché 
ni l'émeute ni l'incursion de Phinéas. Ensuite il envoya à Tibé- 
riade, fit décapiter Phinéas et égorger de nombreux Judéens et 
Galiléens. On fixa la tête du grand-prêtre à une perche dans 
Antioche au delà de l'Oronte ; quant aux dommages causés par 
l'incendie, l'empereur les répara de ses propres deniers. L'éditeur 
de l'œuvre de Malala, Dindorf observe : « Unde vero historiolam 
hanc petierit Auctor non habeo dicere ». Effectivement il faut être 
circonspect et dire : fides pênes auctorem. 

Lorsque la guerre juive éclata et que Juifs et Grecs se massa- 
crèrent réciproquement, les Antiochiens, Sidoniens et Apaméens 
n'épargnèrent les Juifs vivant au milieu d'eux que par pitié, dit 
Josèphe ', puisqu'ils n'avaient à craindre des Juifs aucune hosti- 
lité. Il faut comprendre ces mots en ce sens que dans les villes 
mentionnées, principalement à Antioche, l'élément païen prédo- 
minait à ce point qu'il n'y avait rien à redouter de la part des 
Juifs, nombreux, mais en minorité 2 . Cependant la bonne intelli- 
gence des deux partis fut combattue de la façon la plus abominable. 
Un Juif apostat, Antiochus 3 , fils du président de la communauté 
antiochienne 4 , accusa, devant le peuple assemblé au théâtre, ses 

1 BelLjud.,11, 18. 5, § 479. 

8 Au reste, il n'est pas exact qu'à ce moment-la Agrippa et Bérénice se fussent 
trouvés chez Cestius à Antioche (Bell.jud., II, 18, 6) : c'était à Béryte {Vita, ch. xi). 

3 J'ai signalé (Lehnwoerter, II, 599) un rabbi Antouchya, d'après le Bothe Mi- 
draschoth, éd. Wertheimer, IV, 4. L'apparition de ce nom, surtout, comme dans le 
texte, à Antioche, n'a rien d'extraordinaire. 

4 C'est par là seulement que nous connaissons l'organisation communautaire d' An- 
tioche. Josèphe l'appelle àp/tov tàiv itt 'Avxioy^ia; 'IouSoucuv, ce que Graetz (III, 4° éd. 
462, 545) rend exactement par « président •. Je crois cependant qu'on peut appeler 



ÀNTIOCHE 37 

coreligionnaires et jusqu'à son propre père de préparer un incen- 
die, et il persuada aux Antiochiens de forcer tous les habitants à sa- 
crifier selon la coutume des Hellènes. Peu de Juifs sauvèrent leur 
vie en consentant aux offrandes païennes ; d'autres, qui résistèrent, 
furent massacrés; d'autres qui échappèrent à cette épreuve furent 
empêchés par les soldats romains qu'Antiochus avait obtenus du 
gouverneur romain ! d'observer le sabbat ; et même, on contraignit 
pendant quelque temps les Juifs des environs à violer le sabbat 2 . 
Peu de temps après un incendie éclata à Antioche, rédui- 
sant en cendres l'Agora, la maison de justice, les archives et 
quelques basiliques. Aussitôt Antioche se mit en devoir d'accuser 
les Juifs. Csesennius Pœtus, nommé gouverneur de Syrie par Ves- 
pasien, n'était pas encore arrivé à Antioche ; l'administration 
était entre les mains d'un légat, nommé Cn. Pompeius Collega, 
qui eut toutes les peines à empêcher les Antiochiens de massacrer 
les Juifs. L'enquête qu'institua ensuite Collega conclut à la com- 
plète innocence des Juifs; ceux-ci n'en vécurent pas moins désor- 
mais sous la terreur 3 . Lorsque Titus eut réprimé la révolte juive, 
les Antiochiens, femmes et enfants, accoururent à sa rencontre, 
et, formant la haie, réclamèrent l'expulsion des Juifs. Titus garda 
le silence et ne resta pas à Antioche, mais il se rendit à Zeugma. 
Lorsqu'il revint, le conseil et le peuple lui présentèrent la même 
demande. Titus répondit : « Leur patrie, qui devrait recevoir les 
expulsés, est ruinée ; et ailleurs on ne les accueillerait point. » 
Alors les Antiochiens réclamèrent l'enlèvement des tables d'ai- 
rain sur lesquelles — probablement depuis Séleucus Nicator — 
les droits des Juifs étaient inscrits. Mais Titus ne voulut rien en- 
tendre et ne modifia pas l'ordre des choses 4 . 



ce fonctionnaire « ethnarque », tout comme il y en avait un à Damas (Graetz, III, 
4 e éd., 371). Renan {Les Apôtres, p. 223) l'appelle également ainsi. Les Juifs for- 
maient une TToXtxeîa et jouissaient de l'autonomie. De même les Juifs de Bérénice se 
disaient un -icoXiTeuixa (Th. Reinach, art. Judaei, Dict. des Antiq. gr. et rom., 
p. 624); ainsi le mot î^Lûbs, 7ro),iT£ia, dans le Midrasch (Lehnwoerter, JI, 1G5) 
reçoit une nouvelle illustration. Encore trois siècles plus tard la communauté juive 
d'Antioche est appelée Tzolixeia. (Chrysostome, Oratio I. c. Judœos). 

1 Graetz, III, 4° éd., p. 545, tient ce yiysjxwv anonyme pour Licinius Mucianus, 
qui, lorsque éclatèrent les troubles (66). fut nommé gouverneur de Syrie (•#., 494). 
Pour les événements qui suivirent, Mucianus ne devait plus être à Antioche. Pour 
ma part, je n'ai pu trouver dans la Prosopographià de données chronologiques ni 
sur Mucianus (II, 386) ni sur Caesennius Pœtus (I, 265). La succession des gou- 
verneurs syriens reste à déterminer. 

* Bell, jud., VII, 3, 3, §§ 47-53. 
3 /£.,§§ 54-62. 

* lb., 5, 2, §§ 100-111. Il faut porter au compte des Antiochiens païens l'assertion 
qu'eux et les Alexandrins raillèrent l'empereur Alexandre Sévère en le traitant de 
syrien et d'archisynagogue (Lampr., ch. xxvm). 



3S REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

J'ignore comment Renan ' a pu interpréter le passage de cette 
faron : « Titus se contenta de supprimer les tables de bronze où 
étaient gravés leurs privilèges », car Josèphe dit : où ^v oùoè touto 
Tito; èttsvsuctsv aùxolç. Ce que raconte Malala 2 ne s'applique pas à 
Titus, mais à Vespasien. Malala dit : « Vespasien, avec le butin 
juif, fonda dans la grande Antioche les Chérubins, hors la porte 
de la ville. C'est là qu'il éleva les Chérubins de bronze, que son 
fils Titus avait trouvés dans le Temple de Salomon (!) ; lorsqu'il 
détruisit le Temple, il les enleva et les apporta à Antioche avec 
les Séraphins (!), en célébrant la victoire sur les Juifs dans un 
triomphe. Il érigea aussi une stèle d'airain avec quatre taureaux 
tournés vers Jérusalem en l'honneur de Luna, parce qu'il la prit 
(la ville) la nuit, au clair de lune. Il bâtit aussi un théâtre à 
Daphné avec cette inscription : « Avec le butin juif. » Jadis, 
à la place du théâtre, s'élevait la synagogue. Pour les humilier, 
il détruisit leur synagogue et construisit un théâtre, qui existe 
encore aujourd'hui. » C'est le moine chrétien qui parle ici : il a 
probablement ajouté de son crû à l'histoire. Principalement l'his- 
toire de la synagogue est de date postérieure et fut la suite des 
disputes à propos des cirques, comme on le verra plus loin. 

5. Informations tirées du Talmud. Josèphe 3 nomme, à côté 
de Rome et d'Alexandrie, comme troisième ville de l'empire 
romain, Antioche ; de même le Ps. Hégésippe (III, 5, 23); celui-ci 
ajoute qu'après la fondation de Constantinople, elle occupe la 
quatrième place \ De même, les docteurs juifs observent que 
Rome, si orgueilleuse, n'a que quatre cités qui soient véritable- 
ment royales : Ephèse, Alexandrie, Carthage et Antioche 5 . Etant 
donné qu'Antioche se trouvait plus rapprochée de leur horizon 
que les autres capitales, ils se sont accoutumés à citer Antioche 
pour marquer une grandeur énorme. Une fois même, conformé- 
ment à leur habitude d'écrire, ils devaient placer cette expression 
dans la bouche de Tyrannius Rufus, gouverneur résidant à An- 
tioche 6 . 

Depuis l'an 64 avant l'ère chrétienne, date à laquelle Pompée 
s'empara delà ville, Antioche était le siège du gouverneur romain. 

A cet état de choses il est fait une fois allusion d'une manière 

i L'Antéchrist, 2 e édit., p. 526. 

2 337, p. 261. 

3 Bell, jud., III, 2, 4, § 29. 

k On a depuis longtemps remarqué l'indépendance de Ps. Hégésippe dans la des- 
cription d'Antioche; cf. Vogel, De Hegesippo, p. 9 (Erlangen, 1880). 

5 Sifré, Nombres, § 131, p. 47 à, éd. Friedmann; cf. Monatsschrift,XXXlX. 9, note 2. 

6 Tanhouma, f<'£n, 33, 'îO ïb"*D« bl*l5 inN *l2fcri3. Cf. Tosscfta Eroub., 
III, 12, p. 142, éd. Zuckermandel; babli, 614. 



ANTIOCHE 39 

fort instructive. Les hommes (les sujets ou conseillers), est-il dit 1 , 
insinuèrent un jour au roi 2 (juif, un des hérodiens), qu'il serait 
prudent qu'il allât avec eux auprès du souverain à Acco. Arrivé 
à Acco (il ne rencontra pas le souverain), il alla à Tyr, de là à 
Sidon, de là à Antioche. Arrivés à Antioche, les gens se mirent à 
murmurer contre le roi de ce qu'ils étaient tout à fait rompus 
de fatigue à cause du voyage 3 , et cependant c'était au roi de mur- 
murer contre ceux-là, car c'était à cause d'eux que lui était 
rompu de fatigue. Quelle description exacte ! Combien de fois les 
princes juifs, vassaux de souverains étrangers, ont dû gravir ce 
calvaire ! 

Les Juifs appelaient le gouverneur syrien établi par Rome, ou 
bien en grec vjysf^ov Cjtoïi), ainsi que le titre officiel est donné par 
Josèphe dans un passage déjà mentionné, ou bien du terme bibli- 
que « tafsar » (nDDta) 4 . Le patriarche Rabban Gamliel dut une 
fois se rendre auprès de ce tafsar en Syrie \ 

Les environs <T Antioche sont appelés 'a rva 6 . Il est question de 
chèvres qui avaient de gros pis ; on les enveloppait de sacs pour 
qu'elles ne se fissent point de blessure à la mamelle en paissant. Il 
semble qu'il s'agisse du rivage d'Antioche dans l'expression obs- 
cure '«nbin. Rapoport, p. 148, pour appuyer son opinion que nbin 
(ou nbin) est une dépression, se réfère à Parchi dans Kaftor wa- 
Phérach, ch. 11 7 , qui, entre Hamath et le mont Hor, place la 
description d'un désert qui, en arabe, s'appellerait uitxn bs* pfctta*, 
Neubauer, entre autres objections, fait valoir que nbin ne peut 
pas signifier « vallée » ; lui-même (à cause de nbin avec vav) tra- 
duit : « Endroit sablonneux », de bin. Pour ma part j'estime que 
le sens véritable est « dépression », de la racine bbn ; voir Payne 
Smith, Thés. Syr., col. 1271, où Nnbn ou anbn a le sens de : 
1) vagina ensis, 2) dolium aquae s . Or, nous avons de même (en 
araméen) dans Deut. rabba, 4, 8, 'a Va anbin 9 ; dans les éd. 
ordinaires, il y a îinbTi, ce qui donne un mot mb^n. Mieux vaut 
lire nbin, comme dans les passages parallèles : j. Horay., iii î 

1 Sifré sur Nombr., § 84. Voir l'observation de R. Hillel, ad locum. 

% Dans Yalkout, § 729, les stations sont : Acco, Siddon, Beri, Antioche. — An- 
tioche dans Lékah Tob pour Bithynie des sources plus anciennes ; voir Monatssckr . , 
XXXIX, 10. 

3 En termes classiques : 17 "pT 5JP "IBSbnMD- 

* J'ai réuni plusieurs exemples de ces d-ux expressions dans Revue, XXIX, 40. 

5 M. Edouyot, vu, 7. 

6 Sabb., 53 b. 

? P. 46a, éd. Berlin, 1852. 

s '?< nbin serait-il identique à 'Avxtôxou cpàpayl chez Josèphe (XIII, 5, 3, § 394; 
Bell, jud., I, 4, 8, § 105) ? Cf. Schlatter, Zut Topographie, p. 315. 
9 Voir Jastrow, Dictionary, 435. 



40 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

48 a, 45 ; Lév. r., 5, 4 (mVin, 1. Hym) ; Yalk., Prov., § 956. On 
raconte que R. Eliézer, R. Josué etR. Akiba se rendirent au port 
d'Antioche en vue de ramasser des secours pour les docteurs ». 
Il en résulte que, par suite du grand développement commercial, 
il devait y habiter des Juifs nombreux et jouissant d'une certaine 
opulence. L'un d'eux, dont on cite le nom, Abba Juda, s'occupait, 
il est vrai, d'agriculture. C'est probablement la dépression autour 
d'Antioche, laquelle s'étendait jusqu'à la mer, qu'il faut entendre 
par les mots de anbnm aw 2 ou anVin bu) att* 1 3 , c'est-à-dire mer 
de la dépression. Cette mer fait partie des sept lacs ou mers qui 
entourent la Palestine 4 . Vient ensuite la mer d'Apamée, qui dé- 
signe la même région et également un port. Or, en fait, Apamée 
est le port d'Antioche 5 . Dans les terres basses d'Antioche on cul- 
tivait du riz 6 . De même, les épices d'Antioche étaient célèbres ' . 
— Pour les environs d'Antioche nous avons encore l'expression 
'k *&*! s ; comme dans les passages parallèles, il y a 'a biz) ^s% on 
peut voir dans *&*\ un mot corrompu. 

L'information suivante jette une vive lumière sur la situation 
des Juifs d'alors à Antioche. On raconte que R. Aha ïtpmi "na et 
R. Tanhoum, fils de R. Hiyya, de Kefar-Acco, rachetèrent des 
captives juives amenées d'Arménie 9 à Antioche 10 . Durant les 
siècles où l'Arménie fut la pomme de discorde entre les Romains 
et les Perses, il a dû arriver souvent que des Juifs, qui vivaient 
nombreux en Arménie, aient été faits prisonniers, puis conduits sur 
le marché d'Antioche. Dans le cas cité ci-dessus, les propriétaires 
étaient Romains, attendu qu'Antioche appartenait à l'empire. Une 
qualification surprenante est celle qui fait de R. Aha un « seigneur 
du fort » h. Comme il n'a pas commandé l'imposante place d'An- 
tioche, il faut penser à quelque fort des environs. Le même R. 
Aha, seigneur du fort, rapporte un cas halachique que R. Isaac 



* Neubauer à tort trouve l'expression obscure. 

2 Y. Kilaïm, ix, 32 e. 

3 B. Batra, 74 b, ms. Munich ; Yalkout, Ps., § 697, par erreur "Û2. 

4 A. Kohut, J.Q.R., IV, 695, traduit « Lake of Chiltha » : roundness; il explique 
différemment aussi la questions que nous examinons. 

5 A côté de Laodicée, plus proche d'Antioche. 

6 'N nbimiû m«ï"7, ?'oss. Bemal, n, 1 ; j. 22 rf, 11. 

7 Ketoub., 67 a. 

* Yalk., Rois, § 249. 

9 Neubauer, p. 371. Cf. l'opinion de quelques exégètes sur *p?2^!"î dans Amos, 
iv, 3. Différemment Kohut, I, 293 a, l p73 , -)N 2. 

10 Ainsi ms. et Haschi, Parchi (l. c, p. 46 a) et Zacuto dans Youhasin, éd. 
Londres, 109 a. Les éditions ont t-onn^, erreur semblable à celle signalée plus 
haut dans le Targoum j. Bâcher (Ag. d. pal. Am., III, 636, note 7) tient Tibé- 
riade'pour exact. 

11 Sur d'autres rabbins dits STTOÏ1 E'W on 'a!"! T£, voir Bâcher, l. c, I, 58. 



ANTIOCHE 41 

eut à trancher à Antioche '. Cette ville était donc un centre de 
docteurs ; nous rencontrerons encore plus loin des docteurs à 
Antioche. Antioche était devenue le type des marchés d^esclaves, 
ainsi qu'en témoigne la parole talmudique : « J'ai vendu mon 
esclave N. N. à l'Antiochien N. N. 9 » Ailleurs, il y a : « Moi, 
N. N., je vends mon esclave l'Antiochien 3 », ou : « Moi, N. N., 
je vends mon esclave à l'Antiochien N. N. », ou « à l'Antiochien 
N. N., qui habite Lydda 4 ». 

6. Le christianisme. Malgré la haine des Juifs qui régnait à 
Antioche, les Juifs faisaient de nombreux prosélytes, ce que Jo- 
sèphe nous apprend d'une façon un peu voilée 5 . Les Actes des 
Apôtres, vi, 5, nous font connaître le nom de plusieurs Juifs qui, 
avec le prosélyte Nikolaos, s'étaient convertis au christianisme. 
De bonne heure (déjà avant l'an 43), il se constitua à Antioche 
une communauté chrétienne composée de Juifs et de païens 6 . 
C'est dans cette communauté, et probablement du côté des païens, 
que fut employé pour la première fois le nom de « chrétien » 
(^picmavoi) ; c'est dans son milieu que se forma l'apôtre des gentils 
Paul \ si bien qu'Anfcioche fut le centre du christianisme de la 
gentilité, comme Jérusalem fut celui du christianisme judéen. 

L'apparition de Simon le Magicien, que les pères de l'Église 
nomment l'archi-hérétique s , a, pour le judaïsme, une importance 
plus grande qu'on ne l'admet généralement. Une nouvelle étude, 
celle de P. Lugano 9 , nous donne l'occasion de relever les élé- 
ments juifs qui entrent dans la légende de Simon le Magicien. Luc, 
originaire d' Antioche 10 , raconte, dans son histoire des apôtres, 
que Simon égara les Samaritains par de fausses doctrines. Déjà 
ce qui concerne les Samaritains n'est pas indifférent pour l'his- 
toire juive ; cela est encore plus vrai de la personne de Simon le 
Magicien, attendu que dans la « Vie de Jésus » (Toledot Yeschou), 
telle que se la figuraient les Juifs, la traversée des airs opérée 

1 Ketoub., 88 a. R. Aha, le seigneur du fort, rapporta une autre halacha devant les 
sagas à Ouscha (Ketoub., 22.»). Il est probable que c'est à ce passage que fait allu- 
sion Youhasin, i. c. : s>*n£D"inn 3"s3 î^mina fTïiatt nu: t^ntf '"I UJ"n, où, 

chose curieuse, le nom du traité manque. 

* Gitl,, 44 £, ^aiX, respectivement W»058. 

3 Y., iv, 46 a, 24, et Tos. Ab. Z., m, 8. 

4 D'après la Tossefta. 

» B. /., Vil, 3, 3, § 45. 

« B., XI, 19. Voir Winer, Bibl. R.W.B. 

1 Actes, xiv, 26; xv, 35, Paul et Barnabe; xvin, 22. 

8 Ib., vin, 9-24. 

9 Le memorie leggendarie di Simon Mago e délia sua volata, dans Nuovo Bull, di 
Arch, crût., Rome, 1900, p. 29-66. 

>° Eusèbe, H.E.,\U, 4. » 



12 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

par le Magicien fut attribuée à Jésus ! . Dans la forme syriaque de 
la légende de Simon 2 , qui s'élabora dans des milieux ébionites, 
c'est-à-dire judéo-chrétiens, Antioche est précisément le théâtre 
des opérations de Simon. Mgr. Duchesne, que cite Lugano, dit à 
ce sujet : « Les événements se passent sous le règne de Tibère, 
peu après la Passion du Sauveur; leur théâtre est à côté de Syrie, 
depuis Césarée jusqu'à Antioche. Dans cette ville, Simon est vic- 
time d'un tour burlesque que lui joue saint Pierre; il est confondu 
et s'enfuit vers la Judée 3 . » Or, il est étrange que dans un ms. 
du Toledot Yeschou appartenant à M. E. Adler 4 et que j'ai édité 5 , 
l'adversaire de Jésus est un Antiochien 6 . Je passe les autres 
aspects de la légende de Simon, qui ne se rapportent pas à 
Antioche. Pour montrer l'intérêt que prirent les Juifs à Simon, 
nous citerons encore, d'après Lugano (p. 56), le détail suivant : 
« Dicesi che ail' Aricia 7 si conservi ancora il sepolcro di Simon 
Mago... È pur tradizione che gli Ebrei che seguiano il mago, 
fermassero in Aricia la loro dimora e che anzi i loro discendenti 
vi perseverassero fino al 1600. » Les Juifs d'Aricie auraient été 
de connivence avec Simon. 

Outre ces obscures réminiscences relatives à Simon le Magi- 
cien, il n'y a plus que l'ouvrage polémique de Simon b. Cémah 
Duran s qui, parmi les auteurs juifs, mentionne la fondation de 
la communauté chrétienne à Antioche. 

Sur d'autres faits concernant les judéo-chrétiens d'Antioche, 
nous sommes renseignés par des entretiens polémiques entre 
Juifs et Chrétiens dont il est question çâ et là. Il en est ainsi de la 
polémique de R. Tanhouma ° et de plusieurs polémiques de R. 
Simlaï, où, il est vrai, Antioche n'est pas nommée, mais où cepen- 
dant il faut placer la scène, attendu que nous savons qu'effec- 
tivement R. Simlaï rendit des décisions à Antioche 10 . Pour la 



1 Voir mes observations, Revue, XLII, 35, La chute du Magicien l'ut copiée sur 
le Ps. li (hébr., lu); voir Strzygcwski, Bilder des griech, Physiologus (Leipzig, 
1899), p. 89. 

2 Lugano distingue les formes justinienne (de Justin Martyr), syriaque et romaine 
de la légende. 

3 Ps. Clem., Horn., XX, 17-22. 
* Voir J.Q.E., X, p. 594. 

5 Voir mon ouvrage, Das Leben Jesu (Berlin, 1902), p. 119. 

6 "«D^wN nïïttl "inK DIS, une fois aussi "^fJSN p. 

7 Aricie,' près de Rome, avait une forte population juive. Voir Lipsius, Apocryph. 
Apostelçeschichten tt. Apostel-Ler/enden , II, 1, 274. 

8 p73T FTOp, i u "4' P- ^ a. Le même dans le recueil !"mn P^ïlb^ (Constan- 
tinople, 17110, p. 39 : t-^IttïKb N3 d"MTlbWtt "iriN "O, etc. Il y est fait un court 
extrait du contenu de rbistoire des Apôtres. 

« Gen. rabba, 19, 4. 
«o Voir Kidd., m, 64 d, 70. 



ANTIOCHE 43 

curieuse homélie qui se trouve dans le miel ras ch de Tanhouma, je 
ne l'attribuerai point, avec Epstein 1 , à l'influence des écoles chré- 
tiennes de Césarée, mais à l'influence de l'homélie chrétienne 
d'Antioche, où il y avait une célèbre école chrétienne d'exégèse 2 ; 
il est d'ailleurs établi que Tanhouma enseigna dans cette ville. 
Puis, la polémique que Tanhouma soutint avec un empereur 
chrétien 3 n'est concevable qu'à Antioche, car cette cité vit sou- 
vent des empereurs romains dans ses murs. 

Bientôt les polémiques stériles n'eurent plus lieu de se pour- 
suivre : le christianisme victorieux disposait de moyens plus 
efficaces. C'est d'Antioche qu'Ursicinus 4 persécuta les Juifs pales- 
tiniens (351). Dix ans auparavant le premier synode antiochien 
se réunit ; son premier canon était ainsi conçu : « Maxime Pascha 
cum Judaeis non tenere \ » Les premiers siècles de l'ère chré- 
tienne ne connurent guère de plus violent ennemi des Juifs que 
l'évêque d'Antioche, Jean Chrysostome 6 . Vers 370, il prononça 
six discours contre les Juifs. Tout en répandant sa colère contre 
eux, il rend, sans le vouloir, un éclatant hommage aux Juifs 
d'Antioche. Les synagogues étaient très fréquentées par des 
chrétiens, surtout par des chrétiennes; les chrétiens célébraient 
leurs fêtes avec eux, ils s'adressaient parfois aux tribunaux juifs ; 
bref, cela était insupportable au gré de Chrysostome 7 . Aux « pa- 
triarches » juifs, c'est-à-dire aux docteurs, jl reprochait, entre 
autres, de battre des mains pendant leurs discours comme au 
théâtre s . 

Jean Chrysostome nous a, dans ses discours, conservé encore 
d'autres souvenirs importants qui se rattachent à Antioche. Un 
des faits les plus intéressants, c'est qu'au iv e siècle et au delà, les 
frères maccabéens, non les héros de la guerre d'indépendance, 
mais les sept fils de la mère dont il est question dans II Macc, 
vi, 18; vu, 42, furent honorés comme des saints chrétiens. 
Celui qui dans ces derniers temps a jeté le plus de lumière sur 
cette question, n'est autre que le secrétaire du Pape, le cardinal 
Rampolla 9 . Au iv e siècle s'élevait au-dessus des soi-disant tombes 

1 Dans Bâcher, Ag. d. pal. Ani., III, p. 514. 

8 J. Philippe de Barjean, Déçois exégétique d'Antioche (Paris, 1898). 

3 Sanh., 39 «,- Bâcher, l. c, p. 467. 

* Graetz, IV, 3» éd., p. 314. 

5 Mansi, Supplément, I, p. 51 . 

6 K. Werner, Gesch. d. apologet. u. polem, Liti. der ckristl. Théologie (Schaffhau- 
sen, 1861), p. 60. 

7 Graetz, IV, 3° éd., 357. 

8 J'ai cité la source dans J Q.R., VI, p. 235. 

9 En italien dans la revue Bessarione, 1897 ; en français dans la Revue de l'Art 



M REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

des frères maccabéens une basilique chrétienne, qui se trouvait 
sur l'emplacement d'une ancienne synagogue (Rampolla, p. 331). 
On célébrait leur commémoration le 1 er août *, et le terrible en- 
nemi des Juifs, Jean Chrysostôme, fêtait leur souvenir, en l'hon- 
neur de l'Église, il est vrai. Ainsi le culte des frères maccabéens 
était fixé à Antioche. C'est un des plus beaux résultats de la re- 
cherche historique que d'avoir pu établir que le martyre des sept 
frères et de leur mère (que l'Église vénérait aussi comme une 
sainte) a eu lieu positivement à Antioche. Le réveil des souve- 
nirs glorieux des Maccabées à Antioche n'a pu être déterminé 
que par l'action des Juifs établis à demeure dans cette cité ; là 
encore leur influence sur les chrétiens se fait sentir. 

Une influence (qui n'est pas à l'honneur des Juifs) fut celle que 
les Juifs exercèrent sur les chrétiens dans le domaine de la magie. 
L'homélie De Magis, Incantoribus et Divinis, attribuée à Ephrem le 
Syrien et reçue comme telle par Lamy (II, 393-426), mais qui, en 
réalité est d'Isaac d'Antioche, place les Juifs et les magiciens au 
même rang, et l'orateur se plaint que les chrétiens pénètrent dans 
l'église munis de noms de diables. Dans l'Ancien et le Nouveau 
Testament il n'y aurait que deux noms d'anges : Gabriel et Michel ; 
mais des prêtres pécheurs invoquent sous le nom de Roufaël et 
Roufoufaël les démons et les implantent dans l'église. « Quiconque 
mange avec les magiciens ne doit pas consommer le corps de notre 
Seigneur. Quiconque boit avec des sorciers ne doit pas boire le 
sang du Messie. Et quiconque mange avec les Juifs ne doit pas 
avoir de part au monde futur. Ces trois partis seront la proie des 
flammes, et celui qui se joint à eux héritera avec eux l'enfer, Juifs 
et magiciens ensemble en compagnie de Satan, leur maître *. » 

Au point de vue littéraire, notons que c'est l'Antiochien Théo- 
phile qui nous a conservé les plus anciens fragments des sibylles 3 . 
Dans les éditions, ces morceaux sont d'ordinaire en tête du re- 

chréti en, 1899, 209-305, 377-392,457-465 : « Martyre et sépulture des Macchabées ». 
Cf. M. Maas, Monatsschr., 1900, XLIV, 145-158; W. Bâcher, Jahrb. der ung. isr. 
liter. Gesellschaft (Evkônyv), 190I, 18-35, et Jahrb. d. deutsch. jûd. Literatur- 
Vereine pro 1901 (IV, 70). 

1 Acta sanctorum Augusti, tome I, édité par les Bollandistes, 1733. Je ferai re- 
marquer pourtant que dans Surius, Vita Sanctorum, 5 e éd. allemande (Cologne, 
1708), 1° 590, la fête des Maccabées au 1 er août est indiquée sans aucun rapport avec 
Antioche. Voir cependant Martyrol. Hieronymianum, éd. J. B. de Hossi et L. Du- 
chesne, p. lix et p. 99. M. Bâcher a démontré que le mois d'août correspond au mois 
juif Ab et que la triste commémoration des martyrs coïncide avec le deuil pour la def- 
truction du Temple. La coutume de commémorer les martyrs maccabéens au jour du 
9 Ab est encore en vigueur dans l'Afrique du Nord ; voir Benjamin (II), i^D"^ 

bania^ (Lyck, 1859), p. 127. 

» F. C. Burkitt, in Proceed. ofthe Society of Bihl. Arck., 1901, XXIII, p. 78. 
» Ad Autolycum, II, 3, 36. 



ANTIOCHE 45 

cueil *. La sibylle (livre IV) contient, entre autres, une lamentation 
sur Antioche. Dans l'esprit de la sibylle, le jugement s'exerce par 
suite d'excès contre les Juifs. C'est ainsi que la chute de la Rome 
orientale (Antioche) par Néron revenu d'au-delà de l'Euphrate 
(IV, 117-124) est donnée comme un châtiment pour venger le 
malheur des Juifs pieux 2 . Nous plaçons également ici le fait très 
intéressant que Grégoire Barhebraeus 3 , Aboulfarag, célèbre chro- 
niqueur syrien (mort en 1286), qui vécut un certain temps à An- 
tioche, donne plus en détail que les autres sources 4 l'information, 
remontant à Africanus, sur l'origine philistine — et non idu- 
méenne — de la dynastie d'Hérode. Cf. Yosippon (Varsovie, 
1877), p. 48 : Hérode, fils d'Antipater d'Ascalon. Nous voyons des 
histoires maccabéennes, des traditions sur Hérode et des prédic- 
tions sibyllines abonder à Antioche avec une profusion qui nous 
laisse soupçonner la position centrale qu'Antioche occupait dans 
la littérature. 

7. Période byzantine. A considérer les choses du dehors, la 
réduction de l'empire romain au monde oriental n'apporta au- 
cune modification pour Antioche. Comme devant, la cité demeura 
un poste avancé de la puissance romano-grecque 5 . Mais bientôt le 
changement des temps se marqua en ce que les Perses réussirent 
à pousser jusqu'à Antioche. Déjà Schapour I er menaça Antioche ; 
mais ce fut seulement Chosroès-Anouschirvan (531-578) qui s'em- 
para de la ville. Mirkhond raconte que la ville lui plut au point 
qu'à proximité de sa capitale, Ctésiphon, appelée Madaïn sous la 
période arabe, il en fit bâtir une nouvelle sur le modèle syrien, où 
il transplanta tous les habitants de l'Antioche syrienne et partant 
aussi les Juifs 6 . Au temps d'Alboulfarag, la ville se nommait Al- 
Mahouza; elle occupait l'emplacement de la localité bien connue 
par le Talmud et presque entièrement habitée par des Juifs, 
Mahouza 7 . Si un écrivain juif avait consigné l'événement, il n'au- 
rait pas manqué d'observer que la mesure d'Antioche était comble 
et que la punition devait s'ensuivre. La mesure était comble, en 

1 Frag. I-III, éd. Rzach ; E. Fehr, Studia in Oracula Sibyllina (Upsal, 1893), 
p. 12 ; Schùrer, III, 3 e éd., 439. 

* Kneucker, Das Buck Baruch (Leipzig, 1879), p. 52. 

3 11 était fils du médecin juif converti Aaron ; selon d'autres, ses aïeux seulement 
avaient été juifs. Voir J. Gœttsberger, Barhebraeus und Seine Scholicn zur 
H. Schrift (Frib. en Br., 1900), p. 6. 

4 H. Gelzer, Sextus Julius Africanus,l (Leipzig, 1880), 258, note 4. 

5 C'est ainsi que Saadia nomme Antioche la source de Timperium de Byzance 
(Comm. sur Ban., vu, 6). 

6 Ritter, Erdkunde, X,171. 

7 Cf. Berlinefj Beitr. zur Geoyr. u, Ethnogr. Babyloniens, p. 42. 



'.» KEVUE DES ETUDES JUIVES 

effet. Une innocente facétie des Juifs à l'occasion de Pourim à 
Imnestar, petite ville syrienne entre Chalcis et Antioche * , fit 
accuser les Juifs d'avoir cloué un enfant chrétien à la croix. 
Là-dessus une lutte éclata entre Juifs et chrétiens, -et l'em- 
pereur Théodose II punit les coupables, ce qui signifie les Juifs 
(vers 415). Les Antiochiens vengèrent le soi-disant crime d'Imnes- 
tar en arrachant à leurs concitoyens juifs la synagogue. Le pa- 
triarche d' Antioche était alors Jean ; mais ce ne fut pas lui, ce 
fut le chef politique de la ville, le préfet Asclépiade ou Asclépio- 
dote, cousin de l'impératrice, qui fit des démarches auprès de 
l'empereur, lequel contraignit les Antiochiens à restituer la syna- 
gogue aux Juifs. Mais un saint bizarre, Siméon le Stylite, qui non 
loin d'Antioche se préparait à la vie d'outre-tombe, en fit de vives 
remontrances à l'empereur, si bien que Théodose II, lui-même 
ennemi des Juifs, rapporta son édit, laissa la synagogue aux ban- 
dits et rappela le préfet (vers 423) 2 . Lorsque l'empereur Léon 
voulut conduire le cadavre du saint à Gonstantinople, les Antio- 
chiens ne permirent point qu'on les privât de leur mur, comme ils 
disaient 3 . 

Une fois, les deux partis du cirque, les bleus et les verts, se 
battirent dans Antioche, et les verts égorgèrent beaucoup de Juifs. 
L'empereur Zenon aurait dit, à cette occasion, que les verts ne 
méritaient d'être punis que parce qu'ils n'avaient brûlé que les Juifs 
morts et non en même temps les Juifs vivants 4 . En 507, sous 
Anastase, des Antiochiens, venus à Daphné pour les jeux olym- 
piques, y incendièrent la synagogue et la remplacèrent par une 
chapelle en l'honneur de saint Léonce. Ils se livrèrent au pillage 
et massacrèrent de nombreux Juifs dans la synagogue 5 . En 608, 

1 Socrate, Hist. Eccl., VU, 16 : 'Ev 'Ip-vaciécp ["Eu.u.a var.] ...[terftÇù XaXxtôo; 
y.at 'Avxtoxtîa; Iv Supia... Cf. Cod. Theod., XVI, 8, 18. A signaler encore Theo- 
phanes, Chronoffraphia (Migne, Patr., vol. cvm, p. 227), sur l'année 408, où la lo- 
calité s'appelle lmmum. 

* Euagrius, H. E., I, 13. Théodoret, dans Philothée, ch. xxvi, dit seulement : 
« nunc [Sitneon] Judaeorum frangens contumaciam. . . ad Imperatorem de his litte- 
ras mittens... », d'après Assemani, Bibl. Orient., I, 254, où dans les actes syriens 
on appelle les Juifs NniDD ÉOmiT; cf. Nicéphore, S. E., XIV, ch. li. 

3 Surius, l.c, p. 18. 

4 Malala, Chronogr., p. 389. 

5 Ib., 111, p. 396. Chrysostome mentionne à plusieurs reprises un barathre ou 
spelaïon de la matrone à proximité de la synagogue de Daphné. Peut-être est- 
ce identique au temple d'Hécate construit par Dioclétien avec trois cent soixante- 
cinq marches souterraines (Muller, l. c, I, 122). Un écrivain arabe mentionne aussi la 
synagogue à Antioche. Selon lui, la synagogue était transformée en église, dite Santa 
Asmûnît (c'était la mère des martyrs maccabéens), lors de l'établissement du chris- 
tianisme à Antioche. Cette localité s'appelait auparavant synagogue des Hébreux 
(TlPPbN ÏTlbïE rTVa) ; elle était située près du sommet d'une montagne, à l'ouest; ici 



ANTIOCHE 47 

sous Phocas, les Juifs tombèrent sur les chrétiens, les tuèrent et 
les jetèrent au feu. Ils traînèrent par les rues Anastase Sinaïtes, 
patriarche d'Antioche, jusqu'à ce qu'il mourût. Le nouveau gou- 
verneur, Bonose, et le général Kotys ne purent enrayer l'émeute 
que grâce à de nouvelles troupes ; les Juifs furent cruellement 
punis '. Probablement ce renseignement remonte à Jean Malala, 
chronographe originaire d'Antioche, dont nous avons cité plus 
haut le merveilleux exploit qu'il attribue au grand prêtre Phinéas. 
Malala passe pour un historien peu digne de foi ; cependant en ce 
qui touche particulièrement sa ville natale, il mérite quelque 
créance, et il a pu, en sa qualité de moine, s'intéresser spéciale- 
ment aux choses juives. Dans la description de l'image du Christ 
à Panéas 2 , Malala remarque : « J'ai trouvé cette information 
(u7cd(xvT|{ji.a) dans la même ville de Panéas auprès d'un certain 
Bassus, qui a passé des Juifs aux chrétiens (-rcapà Bàcaco xtvt, 

yEvop-évco aTcb 'Iouooaiov /-ptoriavto), OÙ (c'est-à-dire dans le Û7rovr,{jt.a), 

était contenue la vie de tous les rois ayant régné en Judée, a 
C'est de cette source que peuvent être tirés l'histoire de Phinéas et 
les quelques renseignements que nous avons signalés plus haut 
pour compléter Josèphe. J'ignore si l'on a traité de cette source 
historique dans la littérature juive moderne. 

La ville, qui en 540 fut complètement détruite par Chosroès et 
qui, en outre, souffrit beaucoup au \i e siècle de tremblements de 
terre, fut restaurée par Justinien sous le nom de Theupolis. En 
629, Antioche fut prise par les Arabes. On ne nous apprend pas si 
les Juifs jouèrent un rôle dans la circonstance. Mais, comme à 
Césarée, les Juifs ne virent probablement pas sans plaisir le gou- 
vernement détesté de Byzance céder la place à la domination 
arabe, qui s'annonçait comme plus tolérante. 

8. Période arabe. On ne parle pas non plus des Juifs, lorsque 
en 700 les Grecs firent un affreux massacre des Arabes d'Antioche 3 . 
Avant et après les croisades il se livra entre chrétiens et maho- 
métans de violents combats pour Antioche, sans qu'apparemment 
les Juifs y eussent quelque part. D'une façon générale, à partir 



sont les tombes d'Ëzra, d'Asmûnît et de leurs sept fils. On montre ici l'habit de Moïse, 
le bâton de Josué avec lequel il fendit le Jourdain, un fragment des tables de la loi ; 
dans un autre trésor se trouvent le couteau de Jephtéet les clefs du coffre saint (Guidi, 
Una descrizione araba di Antiochia, R. Acad. dei Linci, Rome, 1901, p. 26). Le 
même écrivain donne à quelques localités d'Antioche des noms hébreux inintelligibles. 
Rappelons que Malala fait porter plusieurs objets du culte juif de Jérusalem à An- 
tioche. 

1 Theophaoes, I, p. 456 ; Chron. Pasch., I, p. 699. 

2 Voir Eusèbe, Eut. EccL, VII, 18. 

3 Weil, Gesch. der Chalifen, I, p. 472. 



48 REVUE DES ETUDES JUIVES 

de ce moment les informations nous font défaut sur les Juifs à 
Antioche. Signalons que Saïd ibn Batrik (Eutychius), dans la 
division de la terre (Sta^spic^ôç tyjç yïjç), compte Antioche parmi 
les descendants de Japhet 1 . A côté de cette répartition conven- 
tionnelle on peut ranger la distribution par ordre de climats. Les 
astronomes arabes plaçaient la Palestine, Antioche, Chypre et 
Rhodes sous le quatrième climat (&">bpa) ; Parchi 2 dit la même 
chose au nom d'Abraham ibn Hiyya et Abr. ibn Ezra. Antioche se 
trouvait sous le quatrième climat, au 34 me degré de latitude 3 . 

Lors des croisades, Antioche fut pendant quelque temps en la 
possession des chrétiens . A cette époque aussi les Juifs concou- 
rurent à la prospérité commerciale de la cité 4 . Pendant la période 
chrétienne 5 , vers 1163, Benjamin de Tudèle visita la ville. 11 dit 
que c'était une ville très forte, alors fief de ceux de Poitou (il parle 
de Boémond III de Poitou 1163-1200, surnommé « le baube »). Il y 
avait là un « minyan » de Juifs qui étaient fabricants de verre. 
A leur tête étaient R. Mordechaï, R. Hayyim etR. Ismaël 6 . Ainsi 
l'ancienne puissante communauté juive d'Antioche s'était réduite 
à dix familles juives! Qu'était-il advenu des autres? Avaient-ils 
été décimés par les guerres ou bien embrassèrent-ils les religions 
régnantes, à l'instar du médecin Aaron qui devint chrétien et 
donna un Bar-Hebraeus à l'Eglise? Au reste, lorsque la ville fut 
arrachée aux chrétiens et complètement détruite par les Mame- 
lucks de Beibar en 1269, Antioche tomba à l'état insignifiant où 
elle est demeurée jusqu'à ce jour. 

9. Antahieh, comme s'appelle la ville actuellement, compte 
environ 21,000 habitants ; parmi eux il y avait (vers 1850) 150 fa- 
milles juives, qui vivaient tranquilles et qui n'étaient pas sans 
posséder quelque savoir 7 . Je veux mentionner seulement que le 
lieu de pèlerinage le plus célèbre d'Antakieh est le tombeau d'Abib 
Nedgar, c. à. d. le charpentier Joseph, l'époux de Marie, que la lé- 
gende islamique appelle le prince des apôtres (ryyîs-al-hawarian 8 ). 

1 Gutschmid, Kleine Schriften, V, 691. 

* L. c.,24*. 
3 Jb., 25 a. 

* La vie à Antioche à cette époque est magistralement décrite par G. Schlumber- 
ger, Benauld de Chatillon (Paris, 1898). Les Juits sont mentionnés p. 42. 

5 C'est ainsi que je comprends *pifi ta )D nblI27J72 ; j'espère montrer ailleurs que 
■pSTHD signifie « chrétiens ». La correction dans Benjamin, Itiner., éd. Asher, II, 
p. 36, que Graetz, VI, 3 e éd., 386, approuve, ne me parait pas exacte. Pour l'expli- 
cation de la fin de la phrase, je suis Graetz. 

6 Benjamin (Lemberg, 1847), p. 6. 

T Voyages d'Israël b. Joseph Benjamin (en hébreu), Lyck, 1859, p. 14. 
8 HalWsckôJEncyclopaedie, s. v. Antioehia. 



ANTIOCHE 49 

Dans l'histoire des Arsacides de Mirchond 1 , il est dit que, « sous 
Enous b. Balas, Sadik et Sadouk vinrent à Antioche pour exhorter 
les habitants à embrasser la religion de Jésus, et que le charpen- 
tier Habib se joignit à eux 2 . » Et ainsi l'antique Antioche est 
le lieu d'un culte en l'honneur d'un saint chrétien qui naquit et 
mourut juif. 

Dans un écrit récemment publié par A. Epstein 3 , il est question 
d'un Israël Jacob Hayyim à '*o*B5« (p. 33, 43). Cela correspond 
exactement àAntakieh. Mais Epstein le corrige en Mantoue, bien 
qu'au moins une fois dans Nathanel *nm (p. 43, N. 19) l'addition 
de larfri indique assez clairement le Levant. 

S. Kràuss» 



1 Eq allemand par Gutschmid, Kl. Schriften, III, p. 10. 

1 Cf. les Commentaires sur la soura 36, 13. — M. I. Lévi a bien voulu m/indiquer 
Tabari, t. II, p. 51 de la trad. de Zotenberg, mais ce livre ne se trouve pas dans notre 

ville. 

3 Nmb nnDU)7J (Vienne, 1901). 



î. XLV, n° 89. 



ANAN ET SES ECRITS 

(suite *) 



IV 



Les considérations exposées dans le paragraphe précédent 
montrent, selon moi, sinon toutes les causes, du moins les princi- 
pales pour lesquelles on passe très vite sur Anan, en insistant 
toujours sur la distinction entre les Ananiya et les Caraïtes pro- 
prement dits -. Bien plus, elles expliquent la perte si rapide de 
ses écrits et de ses doctrines. Il est vrai que l'exemple de Daniel 
al-Qoumisi, qui florissait environ 120-150 ans après Anan 3 , est 
unique à cet égard. Il paraît avoir tenu d'abord en grand hon- 
neur le fondateur du Caraïsme, puis l'avoir méprisé au point de 
l'appeler « le prince des sots » 4 . Au contraire, partout ailleurs, 
on parle d'Ànan avec le plus grand respect, comme d'un homme 
qui a été le restaurateur du judaïsme, qui a indiqué le chemin de 
la piété et de l'intelligence véritable de la loi de Dieu, et qui a 
éclairé les yeux d'Israël 5 . Mais, en dépit de cette vénération, ses 

1 Voit Bévue, tome XL1V, p. 161. 

* Voir les documents sur l'acuité de cette divergence chez les auteurs caraïtes 
dans Pinsker, p. Ni, sqq. A l'époque de Qirqisâui il y avait encore des Ananiya, mais 
fort peu et ils devenaient chaque jour moins nombreux, voir Qirqisàni, p. 317, 1. 4 : 

"ÎNspu ie tort ifcô f<tt bas r^rn ibp ipc rnssNjb» t**»»&. 

3 Voir J.Q.R., VIII, 681. 

* Voir Qirqi>âni, p. 280, 1. 16 : baîs"» ÏTlttN bl« ^D (b^DT i«) "JfiO Tpi 

■jya yn an d^b'oujwrï ii^n nsa d?n anvé naro ^s ma'i'n imn* 

^bt* tZPb^Oaï-T '£Nn i-UN blp^ 182 ^5*7. Cf. Harkavy chez Graetz, l. c, 
421, et Otscherki, p. 60-61. 

8 Dans la prière pour les morts (rnST-DT), par exemple, qui est récitée à chaque 
sabbat dans les synagogues caraïtss, il est dit d'Anan [Siddour, éd. Guzlow, 1836, 

i"voi., fo 137 a) : pn nnD i^n nbiafi i»*n D^bisn utn &oîi)3fi "p* van 
îni^53i 1^73 n^n &a-n î^npt: "oa w* TWn Hmnn ^pn 



ANAN ET SES ECRITS 51 

opinions ne sont produites qu'avec ménagement. Des grands 
auteurs et docteurs caraïtes, Qirqisânile cite assez souvent, mais 
presque toujours pour le contredire 1 , Yéfet le fait déjà moins 
fréquemment, et ses successeurs encore bien moins. Ainsi, dans 
l'œuvre si étendue d'Hadassi, il n'est mentionné que six fois 2 , pas 
une seule fois dans les commentaires bibliques d'Aron ben Joseph, 
quelquefois dans le Gan Eden d'Aron ben Elia 3 , et une fois dans 
son commentaire du Pentateuque Kéter Tora*, enfin quelquefois 
seulement chez Elia Baschiatschi 5 . Encore moins avons-nous de 
citations textuelles des œuvres d'Anan. Nous voulons cependant 
examiner de plus près ces œuvres autant que le permettent les 
matériaux qui sont connus jusqu'aujourd'hui. 



V. 



L'œuvre capitale d'Anan, la magna charta du Caraïsme, comme 
l'appelle Harkavy, est son « Livre des Préceptes » (msMsrr ^idd) 6 
écrit en araméen talmudique. Jusqu'en ces derniers temps, nous 
ne connaissions de citations originales de cet ouvrage que chez 
les quelques auteurs caraïtes dont les noms suivent : 

1) Yéfet b. Ali est le seul auteur caraïte connu qui donne le 
titre du livre d'Anan. Il le cite dans son Commentaire sur Lév., 
xviii, 18, à propos des degrés de parenté interdits. Ce pas- 
sage a été publié par Neubauer 7 , mais non intégralement; c'est 
pourquoi je donne le passage de Yéfet in extenso, au chapitre 
suivant. 

2) Yeschoaa b. Yehoada, appelé Aboulfaradj Fourqan ibn Asad» 

1 Voir Stcinschneider-Festschrift, 208-209; Semitic Studies en mémoire de Kohut, 
437-438; Monatsschrift , XL'I, 208, etc. C'est encore plus souvent le cas dans les 
nombreux fragments de son ouvrage, dont j'ai eu l'occasion d'étudier les mss. au Bri- 
tish Muséum. Cf. aussi plus bas, § V, B, sur le lévirat; Appendice, n 8 7, etc. 

* Alphab., 23 T ; 147 73 ; 236 n ; 256 S (voir infra) et 301 p et y. 

3 n3^ 'pî*, ch. xm (fol. 31 b sqq.), xvi (33 d) ; mSEîl ^n p?,ch. m (46«)j 

n-Dûn anp*, ch. i (65 a); n^rma py, ch. m (90 a) ; mîroi ïTN^rj p*, 

ch. 11 (99* sqq.], v (101 a); J-j^» p3>, ch. iv (162 b). En outre les \iy rV7 1U33N, 
les « Ananiya », sont cités : fol. 124 c, 127 a, 161 c, 163 d. 
« Sur Lév., xi, 13 (III, fol. 25 a). 

5 Voir Adéret, nnU5 p3>, ch. v, xm et xvn ; m £73 fi ^fi p?, ch. vi, et py 
fiLDTWJ, ch. vi. Les D^33^, c'est-à-dire les « Ananiya », sont cités : fiN?3L3 ""HO 
nnnîûT, ch. i et xix. Cf. Harkavy, /. c, 61, note 3. 

6 Le gaon Nalronai montionne déjà ce nom. 

7 Ans der Petemburger Bibliotheh, p. 106. Cf. aussi Munk dans les Annakn de 
Jost, 1841, p. 176. 



52 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

cite, dans son livre sur l'inceste *, un long chapitre d'Anan sur le 
même sujet, sous le titre : k"t p* fisn Tison pne>. Pinsker 2 a pu- 
blié les deux premiers paragraphes de ce chapitre, Neubauer 8 les 
huit premiers, Harkavy 4 , les $ 6, 11 et 17. Enfin Markon a récem- 
ment édité le chapitre tout entier 5 . Mais, comme nous le montre- 
rons plus loin (chap.Vl), tout ce chapitre appartient probablement 
à un autre ouvrage d'Anan, le Fadhâlika (rob^s), qui sera men- 
tionné plus bas. 

3) Yehouda Hadassi, dans son Eschhol, Alphab. 256, lettres s 
et b, a une courte citation d'Anan, concernant le droit de succes- 
sion, mais il l'a quelque peu altérée pour les besoins de la rime : 
: ban»** t^iûs nbian ©an y"z p* iinm nab^©» naaii» -ien p ... 
nt; : ïTttVpa o-»^mp tsnb : ^asb djht bm nai p ns^ni N3T»ya 
î-fâTi ppsa bm iwina ï^sn "prro-m ppsai nai p t^o^bi 
^did 1^ STWr ppsai aaa soan : ï-norm. Encore cette citation est- 
elle peut-être empruntée également au Fadhâliha. 
. 4) Moïse Baschiatscki, arrière petit-fils d'Elia Baschiatschi, a 
laissé, malgré la brièveté de sa vie, des ouvrages importants 6 . 
Au cours de ses nombreux voyages, il a eu l'occasion d'étudier 
d'anciens écrits caraïtes, dont ses contemporains connaissaient 
encore à peine les noms. En Egypte, il put trouver quelques 
pages anciennes du livre d'Anan, et il en a rapporté un fragment 
sur le sacrifice pascal. Jusqu'ici on ne connaissait que le com- 
mencement de la première phrase de cette citation 7 ; c'est pour- 
quoi je donnerai infra § G, le passage tout entier, dans l'original 
et dans la traduction. 

Mais il va sans dire que ces citations peu nombreuses et qui, 
d'ailleurs, ne sont pas encore entièrement connues, ne suffiraient 

* Cet ouvrage ne s'est conservé que dans la traduction hébraïque sous le titre de 
n*P13>n 1DO, et il se trouve en manuscrit à Saint-Pétersbourg et à Leyde. Voir 
Steinschneider, Cat. Lei/d., p. 190 sqq. ; Schreiner, Stuiien iiber Jeschua b. Je- 
huda, p. 68 sqq.; Markon, dans *pîl (suppl. de yÔTaîl), Saint-Pétersbourg, 1899, 
p. 190. (L'introduction de l'ouvrage a été imprimée par Schreiner dans un appen- 
dice séparé ; une grande partie en avait déjà été publiée par Neubauer. Letterbode, 
IV, 56 sqq.) 

1 P. 65 (d'après ms. Firkowitsch, maintenant ms. Pétersb., 641). 
3 L. c.; p. 105-106. 

* Dans Graetz, V, 3 e éd., p. 425. 

B \XT\i p. 191-95. Voir Kaufmann-Gedenkbuch, p. 173, note 1. 

6 D'après un renseignement tiré d'un manuscrit, il est mort en 1555 à l'âge de 
vingt-huit ans. Voir Neubauer, Aus der Petersb. Bibliothek, p. 63 et 121. Fùrst 
(G-eschichte des Karâerthums, II, 316) dit, d'après "OTI73 11, fol. 9 b, que Baschia- 
tschi serait mort en 1572, âgé de dix-huit ans. Mais dans ce cas comment aurait-il eu 
le temps de faire ses grands voyages, sans même parler des nombreux livres qu'il 
a écrits ? 

7 Voir Steinschneider, Catal. Leyd., p. 14. 



ANAN ET SES ÉCRITS 53 

pas pour donner une idée, même approximative, de l'ouvrage 
capital d'Anan. M. Harkavy est le premier qui ait été assez heu- 
reux pour en trouver des fragments. Pendant un voyage qu'il fit 
en Egypte, en 1886, il découvrit six feuillets de cet écrit, où il est 
question des règles de pureté 1 . Depuis, il a commencé à chercher 
de nouvelles citations textuelles dans les nombreux manuscrits 
caraïtes dont il dispose à Saint-Pétersbourg, et il en a trouvé dans 
les autres ouvrages de Yeschoua, l'auteur déjà mentionné, puis 
chez Yaschar b. Hesed *, Salomon le Prince 3 etc. M. Harkavy a 
l'intention de donner une édition complète de tout ce qui nous 
reste d'Anan. En attendant il a déjà publié des spécimens de ses 
écrits en plusieurs endroits à savoir : 

1) Trois citations dans le Magazin de Berliner, XX (1893), 
p. 225 226, reproduites dans son travail bantr^a fnnbïi i-Yvnpb 
(supplément à la traduction de Graetz par Rabbinowitz, vol. III, 
Varsovie, 1895), p. 13. 

2) Dix passages dans le travail déjà cité Zur Entsiehung 
des Karâismas (dans Graetz, V, 3« édition, Leipzig, 1895, p. 424- 
427). 

3) Quatre passages dans le û^ur tw triznn, IX (imprimés dans 
la revue ï-ttODln, 3 e fascicule, "Wilna, 1896, p. 51-52). 

4) Neuf passages, en partie les mêmes que les précédents, 
dans le travail en langue russe souvent cité, qui a paru dans 
le Woshhod, année 1896 et suivantes. 

5) Enfin, deux passages dans ses notes sur la traduction russe 
du VI e volume de Graetz (Saint-Pétersbourg, 1902), p. lxxxviii. 

Ces citations portent sur tous les préceptes de la législation 
juive, sur la pureté et l'impureté, sur le droit matrimonial, le 
sabbat, la circoncision, les lois alimentaires, etc. Le plan de l'ou- 
vrage, d'après M. Harkavy, était à peu près semblable à celui des 

1 Pendant que j'écris ces lignes, j'apprends par les revues que M. Schechter au- 
rait également trouvé dans la Gueniza des fragments du Livre des Préceptes d'Anan. 
Sur ma demande, M. Schechter, par une lettre du 23 janv. 1902, a bien voulu me 
répondre que ces fragments consistent en dix-huit feuillets, dont il n'a pu encore 
reconnaître exactement le contenu. Chaque chapitre commence par les mots "J^lpDT 
ND73m. Entre autres choses, on y trouve l'opinion d'Anan, citée et combattue par 
Samuel b. Hofni, que la dîme est également due sur les métaux (v. Appendice, 
ii» 5). Ces dix-huit feuillets doivent paraître sous peu en un volume spécial, avec 
d'autres fragments qui ont été trouvés dans la Gueuiza et où il est question de sectes 
juives. Il est curieux que les fragments de l'original connus jusqu'ici viennent tous 
d'Egypte. 

* Voir sur cet auteur Monatsschrift , XLII (1897), p. 189. 

3 L'époque de ce Caraïte n'est pas connue d'une façon certaine ; cf. Pinsker, 
P- D5""|. Les citations d'Anan se trouvent dans son nT""l3> '0, voir Mogazin, 
XX, p. 224. 



iii REVUE DES ETUDES JUIVES 

Halakhot de Yehoudaï Gaon (dont Anan était le disciple). Il était 
donc rangé par ordre de matières, et chaque prescription était 
appuyée sur l'interprétation des passages bibliques y relatifs et 
sur les règles habituellement employées. Nous verrons aussi qu'à 
l'instar du Talmud, Anan fait des digressions dans les domaines 
voisins. 

Comme les citations originales des ouvrages d'Anan sont encore 
maintenant très rares, il ne sera pas inutile d'en donner ici même 
de nouvelles, tirées de différents manuscrits. Je les donnerai 
d'abord dans le texte puis les traduirai, en me bornant aux expli- 
cations nécessaires. 



A. Fragments tirés du Ms. Brit. Mus. or. 2494 n. 

La partie du manuscrit qui nous intéresse comprend les fol. 31 
à 80 et contient un morceau d'un commentaire arabe détaillé sur 
I.év., xi, 37-44. La date de la rédaction est indiquée en un endroit, 
c'est le 5 Rédjeb 442 de l'hégire (±= 23 Novembre 1050 »). J'en ai 
déjà publié récemment un long passage, qui contient un fragment 
hébreu de Daniel al-Qoumisi-. Une description minutieuse du 
manuscrit a été donnée par G. Margoliouth 3 et l'hypothèse émise 
par lui, que nous aurions là une partie d'un plus long com- 
mentaire (uiDnttbN *pDDnba) sur le Pentateuque de Yeschoua b. 
Yehouda, peut être acceptée comme certaine. Yeschoua ajoute 
aux paroles araméennes d'Anan sa propre traduction arabe, qui 
permet d'écarter quelques difficultés de l'original, mais ne peut 
pas les lever toutes. En effet, l'idiome talmudique étant tout à fait 
étranger aux copistes caraïtes, il s'est glissé un grand nombre de 
fautes que l'on ne parvient pas toujours à corriger. Yeschoua cite 
deux passages relatifs l'un et l'autre aux lois de pureté 4 . Le pre - 
mier (fol. 39 a) est ainsi conçu : 

N^ïn tr:np nnmn aï y^ ■^sn irra* ï-rbba *£*) [39 a] •p? bwp 

1 Fol. 75$ : ifi *ib§ bVh$ 5S1^ ''fi ÏTM toSttfâ N3ND5» JN ibs... 

rtiMB y anan ■pjan&n "prune* rrio ajn ï?a "jibb o»bba ny'riba tav 

'■pN- Cf. Steinschneider-Festschrift, p. 215. 

2 J.Q.R., VIII, 682. 

» lbid., X, 209sqq. Catalogue, I, n°318. Cf. Revue, XLI, 307. 

*■ Je suis redevable de ces deux passages à l'amabilité bien connue de mon ho- 
norable ami, le Rév. G. Margoliouth, conservateur au British Muséum, que je re- 
mercie ici cordialement. C'est à lui aussi que je dois quelques corrections du texte 
araméen. 

8 Ms. -or 



ANAN ET SES ÉCRITS 55 

irrri liaa ^73 s ^M"i 3 t=\nT ^brr "jeep» » t«<3N73a d^a fUmb* 
t<b i^iira c^tb^ r-ma "pas 3 baN amtioi Sa * ■prpE'm n^iai 
6 [Q*>?: ]m *ai >>ï73N 'vn] anî hy û^73 im "Oi a^rr^a a^nai ielp» 
t**b*i ->nsN îab^i 'piiNb jht t**»Ni n^p dm fnp»» 7 n«bn "jjmNb 
«m •prrïi 8 ^d ùm vb* dnba573 r^73&o j>-it b^ N73N taî-wp ^nf» 
bj>73 ir iTirng 10 -3>a >r>73 "pn ^an on tar^T 9 "»2n bs i-rbaa t—îbna 
•'namna Nbi r^i^a y-na r^-inn nba^ jî 3>:p3*ï •ps" 1 ^ ^ "«♦to'VHï 
s^na^ •prîb ,8t 7r3jjn na £^î373a a^ntb "parinn Nb\s "«an r«in ^a 
■^a tziab NttN ^STJg sht t^inn ^?.p1 aoîl î«<>2"j N73&n i-ibTinab 
niïi ferm ^pit ï* V"iuî "Kinrrr îibas [nbia] js^fêl ^nab ?*r 

S-iwa 
NlrV'b* birn mb« a-ianbN im^t aa\x ia aîbN on» r*n*N b«p 
Sn» in ï-r&wbp vîsn t*nm aianbN ^bn oà^ i»3 fON 19 ï^73 
naanbN bn73 i«a N73 ntond snr N7373 wansiara» njei n^ron S^in 
i^a"ina73 14* t^73 irt ^bn *b3> ,8 bNnbîo 17 oâs" 1 t^ba antri s*b TbN 
fiENttm 3HT b* aa"<73 in 1 ' "«si s-ibnp 173 [39*] tar^-uabN bsrs *a 
î-npn ^73 ia o*b bipba tsin in 'pb^b cap» }rn ^i ana bxp 
^"iTn "jn ama drr« «b nsan *ph D^b ï-isn -jan^b anT bxpi in 
r-ibni^N N^a ri3$o *jn rrça "pn^b -pb* dnbaa» bapn riT b? b^pi 
a->anbN v>j> nbsn Ptfipfcba Ni:\s H3N5 19 1^ aTanbN ï— r^irr ^b^ n^pn 
psâbN N^rr nah^ t^bn îo (?) nid bab N»b« ^b^b y-uabN nbas i-iDNai 
Sngna N3N573 N'rnaN t^nb b73^ "jp i"id^ in iriba ^s man ^a >ôn 
Di\3 np anbx ^bi* ïïb72à ^s in -1 t^iii N7:L] bapi rib^b^a ïiyn^ jnsn 
y-ipbN nb7^ nb^n ip ri3N dab awibytt l^a n^n "in^n dab bapn 

.oàin ^i^na aianbN ^bn *>hy 

AnaD (Dieu lui soit en aide!) dit : uQuaod un homme atteint de 
gonorrhée touche, pendant son flux, des graines plongées dans l'eau 
d'un vase, ces graines deviennent impures 21 . Toutefois c'est seulement 
le cas pour le froment, l'orge et les espèces semblables de blé, princi- 

1 Ms. N3Ntta, cf. l'arabe N3N «s< 

2 Ms. d^"ip. — • Ms. isïti. — k Ms. imam. — 5 Ms. bdtf. 

6 Ajouté daprès la traduction arabe. — 7 Ms. ■'fctb*!. 

8 ^atl dïl signifie chez Anan et dans la langue de Gueonim la même chose que 
"'733 "Oïl, cf. Harkavy, Stud. u Mitt.,l\ r , 353. Dans ce cas ^an dM ...^à d!l 
signifie peut-être : « de même que... de même aussi ». Comparer aussi la traduc- 
tion de cette phrase. 

9 Ms. "OH. — 10 Ms. ^aî073. — " Un mot illisible.— 12 Ms. y^^i ^dïl. 

»« Ms. nan^-'Tj. — n Ms. «314. — » 5 Ms. n*a*n. — 16 m s . xm^. — 17 Ms. &m. 

J » Lire peut-être b^b*tb«1. 

« 9 11 faut sans doute lire IN. 

î0 Ici le ms. n'est pas sûr et le texte paraît ne pas être exact. 

11 Peut-être Anan veut-il dire par là que l'eau doit être répandue sur les graines 
pendant que la personne atteinte de gonorrhée ou le cadavre les touchent. L'inter- 
prétation talmudique est différente, voir Raschi, a. I. 



S6 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

paiement pour tout ce qui se sème; mais les fruits qui ne sont pas 
semés ne deviennent pas impurs. Il est dit, en effet, à propos des 
reptiles (Lév., xi, 38) : « Mais si de l'eau a été répandue sur des 
graines et qu'il tombe une partie de leur cadavre sur elles, elles sont 
impures pour vous. » Les mots : « mais si de l'eau a été répandue » 
montrent qu'il ne s'agit pas ici d'un réservoir d'eau. Le mot « se- 
mences » montre qu'il n'est pas question ici des fruits, qu'on ne 
sème pas. Les mots : « sur des graines » et « de leur cadavre sur 
elles » veulent dire que, de même que le cadavre tombe sur les 
graines, de même l'eau doit monter jusqu'au-dessus des graines, de 
façon que le cadavre du reptile touche l'eau *. Mais cette condition 
ne peut être remplie que si les graines se trouvent dans un vase ou 
si un endroit analogue a été désigné à l'avance pour les recevoir a . 
Les mots : « elles sont impures pour vous » signifient que toutes 
les graines deviennent impures 3 , enfin le mot « pour vous », que 
c'est seulement dans les cas où vous savez que le cadavre tout entier 
a touché les graines, que les graines deviennent impures 4 . » 

Le point capital de cette démonstration paraît être que des 
graines qui ont été prédisposées à l'impureté par l'eau (^ttîaitt 
ïiatoia bapb) deviennent impures, non seulement par le contact 
d'un reptile (ynû), mais aussi par celui d'un homme atteint de 
flux (at). Mais le verset d'où Ton pourrait tirer cette analogie (mw 
ïtnd) manque. Chose curieuse, Saadia, qui dit la même chose, est 
combattu par un ancien auteur caraïte. En effet, le ms. Br. Mus. 
or. 2495, fol. 47 a, contient un commentaire caraïte sur Lév., xi, 
35, où l'on lit 5 : ikik 172$ "pbip aab vît a^ttai 'ip yo ^VDba b^pi 
KÊ^a oàr yiro nbaa 'yh oà^ ï-wn bxsba ann "«d "laS ne -pno in 
yaba nMNB ^n Dfcopbaœ rmirn ^Vii fr-rrraaiûNi n^ibi-n nan aT \a 
"jbN ^bn i£npi ûb « Le Fayyoumite dit : Des mots de la Bible « et 
ils seront impurs pour vous » il résulte deux choses. Première- 

1 D'après l'arabe : que le cadavre touche la semence ou que l'eau dépasse la se- 
mence et que le cadavre touche l'eau, c'est la même chose. Cf. Ibn Ezra, ». /. : N'^l 

D"»»n by vby. 

s Ici la traduction arabe ajoute avec raison cette explication : « c'est-à-dire un 
endroit qui peut renfermer les graines comme un vase ». 

3 C'est-à-dire : si même l'eau seule ( m une partie des graines ?) est touchée, toutes 
les semences deviennent impures. 

4 Au dire des auteurs caraïtes, Anan enseignait que le mot Î"jb33 est employé 
seulement pour un cadavre tout entier, voir pour le détail G an Eden, fol 99 ^ sqq. : 

tzvn anpn ïia^aaa r^n niaaa nbaaïi ^a a>"a }ay la^an aann r\yi 
i«aii û^nn yaaâ niïiiû îie ^a rrbaa aaa i&op^ wb mpbm ttbaa 
tobio tpa imrpia ïnnbaaa yaian hy ejtdi nbaa anpn &r>n a^nn 

iTOnan )12 pbn anbaiW NU313H by JBTfil (dans notre verset, à la vérité, il 
est dit Dribn^TO !) De même Adercth, FHÏIBI !lN731tJ *pj?, ch. i. 

5 M. Margoliouth (Cat. y n° 306) voudrait attribuer ce commentaire à David b. Boaz, 
mais cette attribution est très douteuse, voir Revue, XLI, p. 306. 



ANAN ET SES ÉCRITS 57 

ment, que tout ce qui, d'après ce paragraphe [de l'Ecriture], de- 
vient impur par le cadavre d'un reptile, le devient aussi par des 
hommes ou des femmes atteints de flux, par des femmes en 
couches et dans des cas semblables. Mais c'est évidemment la 
conclusion d'une analogie ', car on ne peut pas le tirer de la 
lettre de l'Ecriture, etc. » D'ailleurs, Anan se range à l'avis des 
Talmudistes, à savoir que les graines doivent ne plus être atta- 
chées au sol (c'est-à-dire snbn). Cf. à ce propos, Eschhol, Alphab., 
286 d sqq. ; Mïblxar et Kêter Tora sur Lév., xi, 38, etc. 

Le deuxième passage cité par Yeschoua (ms. fol. 50 a) a déjà 
été publié plusieurs fois par Harkavy d'après un autre manus- 
crit 2 . Mais j'ai trouvé qu'il n'était pas superflu de le reproduire 
encore ici, ne serait-ce que pour la traduction arabe qui y est 
jointe. Le voici : 

-n? nbbs 'm iibip p nna-i nsd ip rft* ï-ibba ?sh ^y bî*p 
tNtE Id^N ba !Tn*N Nb N7D fittlnNtt m^ Nttïï NUÎlibN ^d d&ôdba 

"jNbN my n^dn n?33 pbjm 
t^pn awn^a rtomb nb rrrnz) 3 ^frn rwaimn [pj nw ^ai bap 
'■pYiNb ndî jiui ba rhÉn wjn ^dan diidwi N v n rrba^ ^a *n»^ 
nb •parnzn i-i73na hy «b^N d"wp n»^ an'w i-namn b* isb*i 
riNî n^n Np"i 6 &onp\N mpa iTttîbn î-rarm a n Np 5 rjrpfc *p^a 
8 -ONn diiûe crnaun ndT "«n 7 ï-rcrrai b^irt ibdan "im îmanan 
nn fimm 9 i3>T [n!t] ma ?du rramn s^eni ibî "praba nw nt:n 
ba^ftb 12, jb ntt) Nbi ao-ira ab ->E3 "î-ib^dabi N^a*»» Nb w 10 N^?an 

f 

1 Les Caraïtes se servent de l'analogie depuis Anan, mais Saadia Ta combattue 
avec la dernière énergie, voir les paroles de Moïse ibn Ezra chez Steinschneider, 
Cat. Bodl., col. 2166 : ...SfcTpbK ^D KJrnp ONabN Cuba ip *|N &b?Nl 

"n^na ^ b&wd an tambr m *rpi ...ï-ïnmoi "py apo nîïii 

^bfc* ÎTD^bNin ^72 • Cf. aussi Lévi b. Yéf'et, »£., col. 2163, et Pinsker, p. 89, puis 
Hadassi, Alphab., 168 Tl : ICp^M "pN ^d mttdna *"|E&* m'IJd "^W^SÏT 
'idl 'lina. De même Yéfet, dans son Commentaire sur Ex., xxxv, 3 (chez Pinsker, 
p. 20) reproche à Saadia de combattre le Qiyûs et d'en l'aire usage lui-même. Mais 
un grand nombre de docteurs caraïtes éminents n'ont pas toujours admis le Qiyûs, 
tels Benjamin al-Nahavendi, au témoignage de Qirqisàui. p. 285, 1. 3 : Ï12N "V3. . . 

î^j rra w& ba DN"»pb« mer t^b yatarab» yyi ^ Cpa^a ■*«) 

^bN, et Joseph b. Noah (voir sur lui Bâcher, Revue, XXX, 251); ci'. Hadassi, 

Le, i: 'iai mina «^ t «b ^a nfcNi ri"3> ns p rpv d* njmtt ma n;m. 

2 Maqazin, XX, 225 = b&niû"^ nindH nmpb, P- 13, et chez Giaelz 
Le, p. 424. 

3 Ms. ian. 

* Harkavy complète m»[b Sia"Hp1 "pV^a. 

8 Ms. np^ïï. — 6 Ms. navip -»n. 

7 Chez Harkavy rtLÛ^nUJT b"WÏ"n. — 8 Ms. ->2NÏ1. 

9 Ms. n^n«n. — 10 Ms. rp:ana, — u Ms. nb^a^bi. — M Ms. -jbi. 



•8 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

rvrnabN mi *jn in nttïian fa nw 1 "*5H ïibipa Iniia ^Np 

fntrr-nbN ifcr o^b hSK ^ftVjnb n^nb^ *jNoba nw bNp ssir. 
ï«b nah Nnn): npn ^d r-rmmftbN >by ba &nn nan nn^ *»nbN 
ûsb nm v^ wi ï-i^nan rw fw*W pw nnps ^u&a ï-wa 
wWblI l^oba hf^ bNp ^bibc :rriN\in hôt htPPDS àsbi nnitP 
ï-raï-rnbb pi ab in ï-isn rnn p ^n l"P* ™ T ^nan bsp wobi 
bsx *ob pbos* Dbi arw baabb pbasn «m Bisri «b û&rn SrPHKon 

•û^riabN 1» "p^fcn o^b km tfta 

Anan (Dieu lui soit en aide) dit : (J'ai déjà mentionné son opi- 
nion sur ce sujet, lorsque j'ai parlé de l'homme qui porte une cha- 
rogne (v. 25) et je ne veux pas la répéter ici. Mais je veux rappeler 
ce qui a rapport à ce que j'ai déjà cité de lui. Il dit ! j : Les paroles 
de l'Écriture (Lév., xi, 39) : « s'il meurt quelqu'un des animaux » 
veulent dire que, si l'on tue un animal à l'agonie, il est considéré 
comme une charogne. C'est pourquoi aussi le mot « mourir » est ici 
au masculin (MJji), pour montrer qu'il ne s'agit pas d'un animal 
mort [de mort naturelle], mais de celui qui a été tué pendant qu'il 
mourait. [Dans le premier cas, le mot « mourir » aurait été au fémi- 
nin], car « animai » en hébreu (!i?3ïia) est du genre féminin, voir, par 
exemple, Deut., xiv, 3V Mais comme l'abatage est fait par un 
homme 3 , le mot << mourir » est ici au masculin (mtt*). D'autre part, 
le ïi [quoique superflu] est ajouté au mot « bête » (c'est-à-dire avec 
l'article, fpatiaïr), pour montrer qu'une bête qui n'a pas encore huit 
jours ne peut pas être impure et que la jouissance n'en est pas per- 
mise. De même, on ne peut [comme il a été dit] se servir que d'une 
bête qui n'est pas malade. 

Ainsi du verset Lév., xi, 39, Anan tire deux prescriptions : 
Premièrement que l'on ne doit pas faire usage d'une bête tuée au 
dernier moment, pendant l'agonie, mais avant la mort. Cette dé- 
fense est précisément un des points sur lesquels divergent Ca- 
raïtes et Rabbanites et, comme l'on voit, elle remonte encore à 
Anan, qui regarde un animal tué dans ces circonstances comme 
une charogne (nban). Au contraire, le Talmud (Iloidlin, 3^ 

1 Toute celte phrase est une parenthèse, après laquelle Yeschoua en vient aux pa- 
roles d'Anan. 

* La traduction arabe ajoute ici : « car nNT est féminin ». 

3 il paraît qu'Anan n'a permis l'abatage qu'à un homme. Les Caraïtes postérieurs 
le permettent aussi en cas de besoin à une femme et ils allèguent pour cela I Sam., 
xxviii, 24 [mais la plupart traduisent lïTTDflrVl « elle fit égorger le veau», comme 
"1106^1, Gen., xlvi, 29; irtbaH, I Rois, vi, U]. Cf. Gun EJen< HU*m» *p3% 
ch. xvi (fol. 92 o) ; Adéret, rTfiflpIÏÏ 1*33*, ch. xiji, in init. 



ANAN ET SES ECRITS S9 

permet, comme on sait, la jouissance d'une telle bète, qu'il appelle 
n»nofc (« en danger ») ou o*D D"û (« égorge, égorge! » c'est-à-dire 
égorge la vite, afin qu'elle ne meure pas auparavant) », et dit que 
le prophète Ezéchiel s'est fait un mérite particulier de n'avoir 
jamais mangé de cette viande *. 

Il est seulement plaisant de voir comment Anan a tiré cette 
défense de cette simple circonstance, que notre verset a nw au 
lieu de mfcn. Aussi bien cette dérivation est-elle déjà rejetée par 
Daniel al-Qoumisi et Qirqisàni 3 . Mais il semble que leurs objec- 
tions ne portent que sur la déduction de cette défense du mot 
mai, mais fort peu sur la défense elle-même, sur laquelle tous les 
docteurs caraïtes sont d'accord. Bien plus, cette défense existe 
également chez les Samaritains 4 , et il est probable que nous 
avons là, encore une fois, une tradition de la plus haute antiquité 
qu'il faut aussi de l'avis de Geiger 3 considérer sans aucun doute 
comme une opinion sadducéenne. Anan n'a donc fait que chercher 
dans l'Ecriture un appui pour une prescription qui était courante 
parmi les sectes. 

D'autre part, Anan infère du rt du mot httîiaïi qu'un animal âgé 
de moins de huit jours n'est pas impur et ne peut pas être mangé. 
Il traite donc ici, comme Harkavy en fait la juste remarque 6 , le n 
comme un n, ce que font aussi, on le sait, quelquefois les Talmu- 
distes 7 , et l'on voit de nouveau combien Anan était profondément 
imbu de talmudisme. Je ne saurais dire jusqu'à quel point les 
Caraïtes postérieurs suivent Anan sur ce point, mais ils déduisent 
également la défense de manger ces sortes d'animaux, de Lév., 
xxii, 27 8 . 

» Il cite aussi notre verset : Y'D &*b n3510E lï^Srç HbfiS Ij^ÏI KttVn... 

!*rnba3:i awrr rrbsNb ûib t^n -na» rroiinn 173 nw 151 TVQF 1 
nbas "npN Nb ûnna nban t*«73m nn-ipi Nïn nmtt nrfêrè- 
51 ûbi^t: di=> o-o ivi inb^N Nbia "nua» inb^N Nb hdtji rpaai. 

3 Cf. les paroles de Daniel [J.Q.R., VILI, p. 683) : a^rDïl *S "IttNitf; U5i*l 
N1!l p Nbl mbm naniaan fcrïl mai ^ ; et les paroles de Qirqisàni, 
ibid., note 5. 

* Cf. din-D n&Otëi I (P- 33 > éd - Kirchheim) : ppfcljg &Ô .. .Ù~b "p-O^ "p^ 

b^buJT 5i3©ip vb=nN b{T)^T9 b"j>n b^bra abi. Voir ym?Q ipip, p. 2S - 

3 Z.D.M.G., XVI, p. 717; XX, p. 550 [Nachgel. Schr., III, p. 302); yibnîl, 
VI, p. 20sqq. [= Ûin73tf?3 rflTDp, p. 1 49 sqq.); Jûdische Zeitsckr., II, p. 21-22. 
Cf. encore Drahkin, Fragm. comm. ad Pentat. samar.-arab. sex, note 9; Kohn, 
Z.D.M.G., XLVII, p. 677. 

6 Otscherki, p. 54, note 7. 

7 Cf. Yerouschalmi Sabbat, vu, 1 (fol. 9 J) : ^m 1i3t272n73 ÎÔ Ni'TjP 'ïl 
n"inb N"M *p2 'plD'")'!. Harkavy indique d'autres passages dans AUjiid. Dnk- 
màler, p. 120 et 283. 

8 Voir Gan Hden, l. c, en. n (fol. 83 a). 



60 REVUE DES ETUDES JUIVES 



B. Fragments tirés du Ms. Brit. Mus. or. 2497 m. 

Ce manuscrit (folios 19 à 26) contient une partie d'un Livre 
des Préceptes caraïte ou d'un ouvrage sur l'inceste, écrit en 
arabe. Le fragment conservé a pour objet la défense d'épouser 
la femme du frère (na mm nru) et contient, dans les folios 
19 <2-21 a, les citations d'Anan qui vont suivre, avec la tra- 
duction arabe, et, fol. 21a-26/, le commencement d'un cha- 
pitre intitulé : 'm ^NopnpbN rpT isn ^piaba rib^p t^tt ^d bits 
^bi *b îibbN. Ce chapitre contient, après quelques mots d'intro- 
duction, le chap. 26 de la xi e partie du Kitâb aV-anwâr de 
Qirqisâni traitant du lévirat et immédiatement suivi d'une réfu- 
tation qui examine un point après l'autre 1 . Du chap. 21 de 
Qirqisâni il ne reste que les premiers mots. M. G. Margoliouth, 
qui a décrit en détail ce manuscrit 2 , croit y trouver une partie 
de la section III de l'œuvre de Yeschoua b. Yehouda sur l'inceste. 
Il se fonde sur la description qu'a donnée Fùrst de la traduction 
hébraïque de cette oeuvre sous le titre de nvwi idd 3 . Mais dans 
cette traduction, que Steinschneider 4 a minutieusement décrite, 
il y a un chapitre d'Anan sur l'inceste, et c'est celui qui a été 
mentionné plus haut, p. 52. De même, Qirqisâni y est cité à plu- 
sieurs reprises, mais un chapitre entier de cet auteur n'est ni cité, 
ni réfuté. L'auteur de ce fragment est donc encore à trouver, 
bien que Yeschoua ne puisse pas être écarté à priori 5 . 

Il s'y trouve trois passages d'Anan et chacun est suivi d'une 
traduction arabe. Malheureusement il ne reste que les trois der- 
nières lignes de l'original araméen du premier fragment. Tous ces 
passages sont relatifs au lévirat (d-irr) et à la dispense du lévirat 
(îwbfi) ; ils complètent les fragments du Livre des Préceptes d'Anan 
que Harkavy a déjà publiés sur ce sujet 6 . Pour en faciliter l'intel- 
ligence, je dois jeter un rapide coup d'œil sur le développement 
de ces deux institutions chez les Caraïtes. Je remarque, à ce pro- 
pos, que cette question est souvent agitée dans la littérature exé- 
gétique et législative des Caraïtes et j'espère pouvoir publier sous 

1 Voir Steinschneider-Festschrift, p. 201 ; chaque passage est suivi d'une réfutation 
commençant par ces mots : 'rb'i ">D fpbi' ÛNbsbtt* 
» J.Q.R., XI, p.213sqq. (cf. ib. t 214, note 1) ;Catalog., I, n° 314. 

3 G-eschichte des Karœrtums, II, p. 181-184. 

4 Cat. Leyde, p. 190 sqq. 

s Cf. Revue, t. XLI, p. 307. 

• Dans Graetz, l. c, p. 426-427. 



ANAN ET SES ÉCIUTS 61 

peu des matériaux manuscrits qui sont entre mes mains et qui 
sont relatifs à ce point. 

D'après Anan, la loi de Lév., xvm, 16, qui défend d'épouser la 
femme du frère est absolue et, partant, n'est en aucune façon res- 
treinte par la prescription du lévirat (Deut., xxv, 5). Anan paraît 
avoir enseigné surtout qu'une défense biblique (niû3>n ab) ne peut 
pas être écartée par un précepte positif (nu:^) qui l'abolit en partie, 
et qu'il doit y avoir, par conséquent, un commentaire spécial de 
ce dernier, surtout lorsque, comme c'est le cas ici, le précepte 
positif est postérieur au commandement négatif 1 . Il faut donc, 
ici aussi, chercher une autre interprétation pour Deut., xxv, 5, 
et elle consiste en ce que Anan étend le terme ïrna et l'explique 
par « parents » . Anan lui-même est l'auteur de cette interpréta- 
tion, d'après ce que dit Qirqisâni dans le chap. 26 de la xi e partie 
de son ouvrage (Ms. Br. Mus. or. 2578 fol. 11 a) : ymx Tpi 
^NbN "hy ûia^bN dnnn 'hy **nn awisy ">d *pNip f» -nroi laow 
•j» ïtqn .ï-D "iêtin ?>i?ûïn xhrv taTia -nu^ ^ t— ibip ini ^piziba 
c<tb ^pna nuJN mny \n m^' \xmrvp n?:3 ^bri iq ibnyai r-ïnDttttbN 
rr^nba ^ ^y» xwi fcwnnn nvn^b^ y^ni t=mnn "jnt r-iban 
hhb* nà" 1 va n^nsbN fioi ^b-b ^bi fao nind wni m»b«i 
t**» t-imyi2 mn* cphn "niai id ribip \i£p \n aân HtepaottbN 
^•ba ïnb-»npbN i» ïïiSn sna T&na ï-b« b^p « Anan et beaucoup 
de Caraïtes de son temps s'accordent à dire que l'accomplisse- 
ment du lévirat est interdit au frère germain et que ù*na dans 
Deut., xxv, 5, signifie « frères de sang ». Ils se fondent sur 
ce que nous avons déjà dit à propos de la défense d'épouser la 
femme du frère, à savoir que tous les degrés de parenté interdits 
le sont d'une manière absolue et sont valables aussi bien du vi- 
vant qu'après la mort [de la personne intéressée]. Or, s'il en est 
ainsi, et comme l'Ecriture ne peut pas se contredire elle-même, 
il faut que la prescription de Deut., xxv, 5, ait la signification 
indiquée, c'est-à-dire que par d">na on entende ici des parents, 
etc. » Anan expose aussi en détail la cérémonie du lévirat. Celle- 
ci doit avoir lieu en présence de dix personnes, mais si le plus 
proche parent qui peut épouser la veuve sans enfreindre la loi 
des unions illicites refuse de consommer le mariage, on procède 

1 Cf. infra C, au sujet de l'offrande du sacrifice pascal et de la circoncision le 
jour du sabbat. Contrairement au principe talmudique niï53Tl &Ô ïim^ ÏTIÏÎSN 
Hadassi, par exemple, Alphab., 367 }£, s'exprime ainsi en parlant justement aussi 
du lévirat : tfb ni^^l filD* mXH ÛU5 IStnpilÛ Ûip?2 b33ttJ WHK 

■paya ï-\"y arttnïr "itt^ ma* msswb rrarn Nb mit» rrrrn ï-nzjyn 
n©* mswa bso n^bm ûiTn ...nnuîn ^b» noort nmizî nos-n 
n"b mit» aon rrn* ^iba bas ...ïifcm mb* an^ n^m '$vn aon 
'•di îrn* mbab npn aô '3ia. 



69 REVUE DES ETUDES JUIVES 

à la Haliça, qui doit se faire en présence d'un tribunal fonction- 
nant partout où il y a des Juifs '. 

Cependant l'opinion d'Anan ne s'est pas implantée immédiate- 
ment chez les Caraïtes. C'est ainsi que Benjamin al-Nahavendi 
interprétait trrtN par « frères germains » ; mais, d'après lui, la 
prescription n'est valable que si le frère mort s'est fiancé avec la 
femme ^ana), mais non s'il Ta épousée (nain») 2 , opinion qui, 
comme on sait, est donnée dans le Talmud 3 comme samaritaine. 
Qirqisâni réfutait Anan en détail, en objectant que dans les 
parties législatives na désigne toujours le frère et, en tout cas, 
n'exclut pas ce dernier, comme dans Deut., xx, 20; xxn, 1. Il se 
ralliait donc complètement à l'avis des Rabbanites; mais il 
exigeait que les frères demeurassent en réalité « ensemble » 
(THm) 4 . Toutefois l'opinion d'Anan fut peu à peu adoptée et 
Sahl alla encore plus loin en interprétant ùtin par « coreligion- 
naires 3 . Mais le plus grand pas fut fait parles Caraïtes postérieurs, 
qui abolirent entièrement le Yibboum et la Haliça. Car, disaient- 
ils^ lé but essentiel de ces prescriptions étant, comme il ressort 
de Ruth, iv, 5, la conservation du patrimoine du mort, elles 
n'avaient aucune raison d'exister pendant l'exil G . C'est peut-être, 
avec la suppression des Tefilin, le seul précepte que les Caraïtes 
aient aboli en usant d'une argumentation rationnelle et même 
réformatrice à la manière moderne. Mais on sait qu'ils n'ont 
jamais eu le sens d'un rationalisme de ce genre, encore moins 
d'une réforme aussi radicale. Il faut donc chercher une cause 
plus profonde pour expliquer cette attitude changeante à l'égard 
du lévirat, puis l'abolition totale de ce précepte : c'est que l'institu- 
tion du lévirat n'a jamais été populaire, n'a jamais jeté de pro- 

1 Dans Graetz, l. c, p. 426. D'après le Talmud il ne faut nullement pour la cé- 
rémonie de la Halîça des juges qualifiés, voir Mischna Yebamot, xn, 1. Cf. aussi 
Geiger, Jûd. Zeitschr., 11, p. 91 sqq. 

2 Voir, par exemple, Qirqisâni, p. 314, 1. 6 : KSWbH "JN CjOTa "W) Û3T1 
ïïsbwttb 3iP t*»t?23N; de même Gan Eden, fol. 149* etc. 

3 Yerouschalrai Yebamot, i, 6 (f'o!. 3 a, 1. 29); Babli Kiddouschin, lob. 

*■ Dans les chapitres déjà cités de son ouvrage. CI. aussi Gan Eden, l. c. 

5 Gan Eden, fol. 168 b. 11 est assurément difficile de comprendre comment Sahl 
s'est représenté l'accomplissement de la prescription du lévirat. 11 croyait semb'.e- 
t— il, que la veuve devait se remarier dans tous les cas. Quand donc se faisait la 
Haliça? 

6 Voir par exemple, Gan Eden, fol. 149 ô : h$ DEft DU5 Û^pîlb "lElNl... 

tznrrrr bu2 p b*i -pan nbn: fcoma i-xbnaa aw kiïTO mbn: 

'"Û"l mb^3. De même encore fol. 160 a et Jderetk, QiEJa "HO, ch. v ; cf. aussi 
Eschkol, Alphab., 324 }. Le Yibboum étant aboli, la Haliça n'a plus de raison d'être, 
comme le dit le Talmud ; voir Eschkol, Alphabet, 367 D [d&ns un sens un peu dif- 
férent) : Qui *pN rt£">bn taa ni2-> diû "pro» ûipE bsaiz? 12 m d, puis Ade- 
reth, 1. c. : ûaittin tfbis yibm ab "O. 



ANAN ET SES ECRITS 63 

fondes racines dans le peuple. On était choqué de ce qu'elle en- 
traînait la violation d'une loi formelle. Elle pouvait d'autant 
moins être en honneur que la Bible elle-même indique déjà le 
moyen de la tourner, par le refus du beau-frère. Geiger l a fort 
bien reconnu et établi lumineusement que la prescription du 
lévirat est en étroite relation avec le droit d'héritage et de posses- 
sion des tribus, et comme ce droit dut disparaître très rapidement, 
le lévirat n'a jamais été bien populaire. Nous avons vu que les 
Samaritains l'avaient borné au cas d'une femme fiancée et qu'ils 
avaient trouvé dans l'Ecriture un appui pour cette opinion, en 
détournant un mot de son sens 2 . Mais les Talmudistes eux-mêmes 
cherchèrent à l'annuler complètement et dirent qu'il fallait dans 
tous les cas donner le pas à la Haliça 8 . Nous ne savons pas quelle 
était l'opinion des Sadducéens sur ce point. Geiger admettait 
qu'ils tranchaient la question comme les Samaritains, surtout 
parce que Benjamin Nahavencli et, croyait-il, tous les Caraïtes 
postérieurs, enseignaient la même opinion. Or, d'après sa théorie 
bien connue, l'accord des Samaritains et des premiers Caraïtes 
sur une loi est toujours une preuve de l'origine sadducéenne de 
cette loi. Mais nous avons vu que Benjamin est le seul de son avis 
parmi les Caraïtes 4 . Par suite, Geiger est obligé aussi d'inter- 
préter d'une manière forcée le récit connu des Evangiles 5 , d'après 
lequel les Sadducéens, qui ne croyaient pas à la résurrection, 
auraient adressé à Jésus la question suivante : Si parmi sept 

1 Jiid. Zeitschr., I, p. 19sqq. ; cf. yibnn, VI, p. 36 sqq. [= Ù"n£N72 n£l3p, 
p. 159). Wechsler, dans la même revue, p. 253 sqq., a fait des objections à quelques 
arguments de Geiger, mais elles ne sont pas toutes plausibles. 

* Dans le passage de Yerousch. cité plus baut, p. 62, note 3, il est dit : 'II^^T 
rT31^nrt ri£in TOTt, de même dans le Babli. 

3 Voir la Mischna connue de Bekhorot, i, 7 : m^ftb nttTlp ïlSt^bn filïfcfa... 

ûiai. S'a est dit, Yebomot, 39 b : n^-ib viïn prw n"N t<m nn "W TÏÏN 

ïl^bn mSt7ab n?jnip QID^ mS£73, c'est une décision tbéorique de l'école, qui 
n'avait aucune valeur dans la pratique (voir Wechsler, p. 263). Cependant il y a eu, 
à l'époque talmudique et au moyen âge, quelques cas isolés de lévirat; voir j. Yebà- 
mof, 2ô,l.29, sur R. Yosséb.Halafta; Lamporonti (pn^ -1 ^Wù.s.v., ïl^'bn vol. III, 
24 c) pour l'aunée 1530 (cf. Kaufmann, Revue, XXVII, p. 207), enfin ce qu'a publié 
Neubauerdans la Bévue, XIII, p. 233, d'un commentaire d'un Provençal sur Raschi 

'■Ol niOS b? l"\y buî p[l]bn NUT12) nsnifc ^sn. Sur des tentatives faites 
pour accomplir la loi du lévirat, voir la réponse de Çémah b. Salomon citée dans 
Or Z avoua, I, n° 646 (cf. Muller, Maftéah Liteschoubot Hagueonîm, p. 141, n° 3) ; 
Consultations de Salomon b. Adret, I, n° 1165; |ST~I 7133*3 de Isaac b. Yehouda sur 
Deut., xxv, 9 : pnif 171D, 5. v. Ù*i:p, vol. IV, 26 d (cl. à ce propos Kaufmann, 
Revue, XXXV, p. 298). Cf. aussi le commencement d'une réponse du gaon Aron 
iba Surdjalo dans J.Q.R., IV, p. 101. 

* Geiger parait avoir iginré que les Caraïtes postérieurs ont complètement aboli 
le lévirat; cf. aussi Wreschner, Samarit. Tradit., p. vu, note 3. 

5 Math., xxn, 23; Marc, xu, 18; Luc, xx, 27. 



64 RKVUK DES ETUDES JUIVES 

frères, le premier a épousé une femme et est mort sans laisser 
d'enfant, si le second frère l'a prise à titre de beau-frère et est 
également mort sans enfant, si le troisième a fait de même et ainsi 
de suite* jusqu'au septième, duquel de ces frères cette femme 
sera-t-elle l'épouse, lors de la résurrection? Cette plaisanterie vise 
évidemment la croyance à la résurrection, mais comme Geiger 
l'a bien vu, le lévirat est aussi attaqué. 11 était donc naturel de 
supposer que les Sadducéens l'avaient entièrement rejeté et fait 
d'une pierre deux coups, en posant leur question à Jésus. 

Quoi qu'il en soit, les sectes juives qui s'appuyaient sur d'an- 
tiques traditions doivent avoir aboli le lévirat, tel que le prescri- 
vaient les talmudistes, qui avaient encore une idée confuse de la 
connexité de cette loi avec le droit de possession, et c'est ce qu'on 
voit apparaître plus tard chez les Caraïtes qui ont effleuré cette 
question. Il est remarquable qu'aujourd'hui encore le lévirat est 
aboli chez les Falaschas d'Abyssinie, en partie pour la même 
raison ' . 

Après cette digression je vais reproduire les quelques passages 
qui l'ont provoquée - en les accompagnant d'une traduction et de 
courtes remarques. Le premier, qui, nous l'avons dit, ne s'est 
conservé qu'incomplètement, est ainsi conçu : 

SNtirr [f°i9«] 

■>*a * nb^ai nb tra->m nnab 3 \s baN -iïïn Nb ïtotïmo T2în 
.a^Oi ba ^a mn-na naoa nb wirn mai-iab 

-rVia rrê-ti f&oa 

aanabN anb ûbo* ï-taab ima» i-mbron wa frin bapi bap 
bateF [?}« npi i?a] IN aaoa Nii^i nma» bapi rima f» tâtiftirn 
Nïib r-iana^ i^ban rrma -«a "pan arma aanabN obo 11 ]N ^n $11112 
Ta -n»N 5 mm isba nm rwaba nàiTn i^ba pat *jaba ">atf 
*nnttn vna "j? 2 NnnJna&n rï^'jNptt aa a^na Nrrb nanai terrai 
•^nba ûia-ibs b^p i-»«b l^ba pN fNbai i^bs pN i^ba NHpNba 
p^baba* ^a btfp nsab in n>ïba ^d an riàiî ba Dion bn» rrxja^b 
t^fipbB» anpNbu tn-in &Hn rtpïban ûia^bjs izn }n Sa bp^ Db 

: aaiba ba bntj rry-jNp» aanaa 

Il dit (c'est-à-dire Anan) : Il est dit ensuite dans l'Écriture 
(Deut., xxiv, 3) : « et qu'il lui donne (le libelle de répudiation) dans la 

1 Voir Epstein, "imïT Ylbfit, p. 168. 

* Je dois à l'obligeance du Rév. G. Margoliouth une deuxième collation de l'ori* 
ginal araméen et une copie du texte arabe. 
3 Ms. in. 
k Lire sans doute : ïlb Vwi Û3"W- 

5 Ms. rmr\. 



ANAN ET SES ÉCRITS 65 

main et la renvoie de sa maison ;>. Le dernier mot signifie peut-être 
qu'elle (la femme) doit rester dans la maison (du mari) pendant tout 
le temps qui s'écoule entre la répudiation et la réception de l'acte de 
divorce f . La formule de cet acte est la suivante : « Moi A. fils de B. 
ai épousé G. fille de D. Il s'est passé certaines choses entre elle et 
moi \ [à la suite de quoi] je lui ai écrit un acte de répudiation et l'ai 
renvoyée de ma maison. Les témoins de sa répudiation sont V. fils 
de X. et Y. fils de Z. » En effet, les prescriptions touchant la ï"Pû:t se 
rapportent comme toutes les prescriptions matrimoniales en géné- 
ral, au mariage, mais non au divorce 8 . Si donc (le lévir) veut, après 
avoir accompli le lévirat et eu des rapports avec sa yebama, se 
séparer de celle-ci, il doit le faire au moyen d'un acte de divorce, 
comme pour toute autre femme. 

Comme on le voit, la digression sur le divorce est provoquée 
parla loi du lévirat. La formule primitive de l'acte de divorce, 
qui ne contient même pas l'indication de la date est curieuse. 
Les Caraïtes postérieurs en donnent une autre plus détaillée, et 
rédigée en hébreu 4 . 

Le second passage, qui suit le précédent, est ainsi conçu : 

t^iaab &O03TQ 5 abîK Mb ta^aw i»ptt ">ki rnbba 'm bap ton 
r-ib -pon anaa snb îanatt "w «atbn Nbi s-naatt rrb "jrpstt tfb 
tonrr 'toi n»n mûN i-rnn ab i^an 'na-i innprn ^aa nnï-pfcb 
«rr ï-naNa nTnrj "pmn "pbnb yrxïhn nna œ*»ab nmrn i-iabm 
*<n!i na 7 ï-iuj\n i-mbun nnab à*nn N^nm 6 "pa^n "Oi û^n 
■■ni i-naa» ppiD«b Nnwi i-pb rrw ro^N Nb ia ns-imn s^-iaab 
[foi. 19*] t^b 'nan riN7ap î-naab -\innb r-ib -pdn 8 maa nb iD*na73 
rTwa*H arnn ^n 9 e]n r-mnpb aniab innbio n^N •p^Nin inb3»a bav 
Nmian ib m» r*o NanriN Nnaab s^aio^N") NbTNi s-itta^ 10 Npara *^N 
rr^a-" ^aab Tinab n-pon 12 maa nb wmu *ni t! maa» r-rpnswb 

1 Cette phrase ne peut avoir que ce sens ; conformément à cette traduction j'a 
ajouté quelques mots au texte arabe. 

* Comme l'original manque, il est difficile de dire à quelle « chose » (**H73N), Anan 
fait ici allusion. Songeait-il au "iai m "137 biblique qu'il interprétait comme une 
* action honteuse » ? Cf. Eschkol, Alphab., 335 S sqq.; Gan, Êden, C^IES TïD> 
ch. xxiv (fol. 154 d)\ Adereth, tPtfJ3 "HO, ch. xn. D'autres sectes ont également ap- 
porté des aggravations à la loi du divorce, comme les Isawites> voir Qirqsâni, p 311* 

3 Cette phrase n'est pas bien claire ; toutefois le sens paraît être celui-ci. Comme le 
contexte l'indique, Anan ne parle pas ici du divorce en général, mais du divorce de 
la Ïl72a"\ cas où il n'y a pas de prescriptions particulières ad hoc et où l'on procède 
Comme dans toute aulre répudiation. Ce n'est que pour le mariage de la ïlTSa^ 
qu'il y a des prescriptions particulières, mais non pour la répudiation, après que le 
lévirat a déjà été consommé. 

K Voir par exemple Gran Eden, fol. 155^. E. N. Adler a publié dans le «/.Q.JK., 
XII, 684, un acte de divorce caraïte rédigé en Egypte en 1030. 

5 Ms, Nb^N. — 6 Ms. *pa"rs. — 7 Ms. nm. — 8 Ms. N-iaa. 

9 Ms. DN. — 10 Ms. Npaïa^N. — ll Ms. N^aa» iipiBNb. — " Ms. mroÀt 
T. XLV, N° 89. 5 



M KEVUE DES ETUDES JUIVES 

13331 * )H12 "ittrob nb ma Nb nïtj Nirbn Nbi » Irj^brî ■pbtf tel 
fr^-na * Nbw [rros ")]ai i-ib 3 «bûan r-rby rrw co^-n •py Sn« 
iéti it» i-rb* n\s r<b «irî rrxtoii ani 5 s-nn Nb h* rrao3T 
ïtdji iidn teîa nriN b* 'rôl «ni "p* ïrb* m» i-noai r-p mn 

.m i-rftttNb 

à-or ï^bs bâ-D àiTnm ij&an &mnn in bnp "jns in*i bNp 
tainttB «ïnàiT t^npb-j 'jn-i nsb-in ïwi in mbi Nb-i kï-hit 173 
nôH frttn Nb N3riNn annao insab s-rani ib« ii^n 1» • Nïrb* 
■^nbr» "priNfib pb?D nriN «s^Kb î-Tnvn i-pbm ûri mn^tn nkn 
1» i^n rirpîbN '■jbn "jn ^733 in *p -inmtnd rrN-iENbNa i^nà^TbN 
nN373 "psi *jn -np-n B**b in nDN bànb i-imo nhn nïtht Nrrpbai 
■jn rs*irb* ûnnws nï-ûtï . 7 r^npbrj ini nh^t }£) NHJNnsNb nb 
mœb i-mbo -i^n ïitt&nh nbja ter Nb 'roi 't^bN NnJiïb wn 
i — isr7ûi !-ro^ nyin "jn ï-rcnibb ■nbN rrpïbN eur« Nins nnnpb 
Nnpba ini c^rniT V 2 anâN-DN r-ob nN3?2 D^bo --on bànb ninîm 
MarK ^b-iDi ïrasi ibN Tîj'n fN «mb* ûnn^s écriant [fol. 20 «] 
ns'ibN pb 13331 9 'i«53 bipnjN r<nb 01b natbinbN fNb 8 n^bnbN 
i-ibN bànbN "jn NbN imsttbN ïnb-jsN Nn:Nb «mb* 331 yN^pbNi 

"JN3 1NT *W rtîb^ O^bD ïlïaai NH3N 10 £5.bN3> 1H pi ûb N*JN ^SSlâlïn 

-ïujn bD>3 nnN ba> 'roi ympbœi ayrba !-rte aro t**nàîm ûby 

,ï-ra nttttNb îhioji 

Puis il dit (que Dieu aie pitié de lui !) : Si donc la yebama, avant 
que le lévirat ait été cousommé avec elle, a épousé un autre homme, 
on ne la force point à divorcer et la Haliça même est supprimée. Si 
ensuite cet autre la répudie, elle ne doit plus revenir à son lévir. 
En effet, aussi bien pour la prescription du lévirat que pour celle 
du divorce, on emploie le verbe :rn qui se rapporte dans les 
deux passages à la femme (Dent., xxv, 5, rrnn Nb, et xxiv, 2, ï"Dbm 
ttiVîTi). Or, de même que dans le second cas, le mari, après avoir 
répudié sa femme et que celle-ci a épousé un autre homme, n'a pas 
le droit de lui faire quitter son second mari, et qu'il est défendu à la 
femme, dans le cas où le second mari la répudie, de revenir au pre- 
mier, ainsi qu'il est dit (xxiv, 4) : le premier mari qui l'a renvoyée 
ne peut pas la reprendre ; — il en est de même pour la yebama. 
Si celle-ci, dédaignant son lévir, a épousé un autre homme, nous 
n'avons pas le droit de la séparer de ce mari, et, si cet homme l'a 
répudiée, elle ne peut pas retourne? - à son lévir. Encore moins 
peut-il y avoir Haliça, car la femme ne peut pas dire : mon lévir 
refuse de m'épouser (Deut., xxv, 7 11 ). Toutefois elle a commis 

1 Ms. NiTlbn. — a Us. I^NW. — 3 Ms. Nb^m. — 4 Ms. gbut. — 5 Ms. N17! SblN- 
9 Ms. !-pb3>. — 7 Ms. pbO- — 8 Ms. N^bnbN- — 9 Ms. *pN?D. — 10 Ms. ûb*. 
11 Car ce n'est pas le yabim, mais la yebama qui refuse le lévirat. 11 faut aussi re- 
marquer que d'après l'ordre arrêté par Anan pour la Haliça (Graetz, l. c. t 426), la 



ANAN ET SES ÉCRITS 67 

Une faute et encourt de ce fait une punition, pour avoir enfreint [de 
propos délibéré] une prescription. Quant au mari qui Ta épousée, 
s'il ne savait pas que cette femme attendait le lévirat, il n'est cou- 
pable d'aucun péché. Mais s'il le savait et qu'il Ta épousée cependant, 
il est coupable et encourt une punition, conformément à Lév., v, 26. 

Cette démonstration paraît être dirigée spécialement contre 
Yehoudaï Gaon, dont Anan avait été le disciple. Yehoudaï en- 
seignait, en effet, que si une ûa^ mtt'ws, sans attendre la Haliça, 
a épousé un autre homme, celui-ci doit la répudier et le beau- 
frère doit, de plus, faire la Haliça, après quoi elle ne peut épouser 
ni l'un ni l'autre. C'est seulement dans le cas où des enfants sont 
nés de cette union, que l'on fait la Haliça et le mariage reste va- 
lable, afin de ne pas laisser planer un soupçon sur ces enfants. 
Mais si ceux-ci sont morts dans l'intervalle, il faut agir comme 
dans le premier cas, etc. l . Mais, si Anan s'efforçait de se mettre 
en opposition avec ses maîtres et avec le Talmud, ce passage 
montre combien peu la tentative lui a réussi. L'analogie (ïtw 
ïtkd) entre les deux mm, comme il dit, et toute la méthode qu'il 
emploie sont aussi talmudiques que possible. 

Le troisième et dernier passage, enfin, est le suivant : 

iw ib^3 inttni i-7-6 i-iitbm anaai r-ibba 'm bap bn 
n^au: irp72p 'pbrn s^-n ma anniia imn» «bi i-piaaaa ■«mD-na 
rrasa p-p pn^ î-naai ann avoi wsa rip-m Kart a^na^ w 
i^anss dnm 3 in^aa p^-> p")i t^fift h3a t=w n*aia ûban r^bn 
8 !-T7^ba Na-nit rom risa Mp-p min cjn vqv n:>ara «ï-nrba 
HiM D^pr i^n pi 6 y^Nb a^pm -wb san ara an w* rr^affl 
t^3 ^aa 'na*î awn maa iramn a-opî s-rpzjjn ^bam« ^psn 
-non [Nin] «n maa T^ai wn "^pïTa û-t)3« mio* (T*a) np^ 
Hmafth bsn ïHbifitttt by îraa a\nai i^-nsn "Wi Fa] f-nnbTa 
San^a mvnh nan itfrib ïrtl "ib^a u^k qbtfj -qt ba trpb 
rrb ^d mn rrwnn nan won 7 t^b w nm ba tappb K73N 

femme, conformément au texte de Deut., xxv, 7-8, doit prendre linitiative : "H 1^721 

mab nn»ai abT» Dia^b m*»» nab anp Na^ nb-\ in^a^ ^na-«b iast ta 
■mosab arnnM mm ms^a mb ap-m ma» mb asbia mb -npi wn 

'lai !lb NÎVm bab. Si elle a omis de le faire, il ne doit plus y avoir de Haliça (cf., 
au contraire, Mischna Yebaniot, xu, 6 : Y'ab in^a^l N1FT N3 ïlS^bn ftl2CW). 

1 Voir Halakhot Guedolot, éd. Hildesheiraer, p. 285. Dans l'autre texte des 
Halakhot il manque le mot Yehoudaï, mais voir D^aifiMÏI 173 mplÛB mabïl, n» 103 
(éd. Mûller, p. 57). On trouvera les preuves chez Freimann, mnTm, »ur Lév., 
fol. 80a, note 9; Mûller, D"^m72 "^Dlbn nrnB!l, VIII, p. 424, n» 34) et nriDTJ 
D^SlN^n maïUJnb, p. 69, note 25; Buber, 3TQ baO U5")173, I, p. 232. 

* Ms. NniDT PD3 TH. Je dois cette correction ingénieuse à mon savant ami, 
M. H. Bornstein de Vasovie. Cf. aussi Mùéd Katan, 16 a. 

s Ms. vaea rrpm - * Ms. aT^ba. - « Ms. rnsba «an». - « Ms. -tyità. 
- 7 Ms. Nbiaa ' 



68 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Knbfc Nina Ta>a Tnan bai ^amNb rniynn nNti ana *>ôta n^n 
rma»nbi rmnb [foi. 20 b] 'nai ss-ri «nims i-ma>m *7aa> Nn^mN 17a 
Sa in r-man **rna rprnai in rmanb ite "paron Sa h ybV , rt 
s-nnanb îrb w« ï-rao» t|biï) s-rnan ■nm uj^n Taan f<p33» 
r^pn s-mnm ^n "pwi iawa Nbn -^n i» ?aNp variai taa^a* ^p 
inai nba>a ffi^N cjbiii nai ba a^pb *-m»nn ban ttViNan ba> **«3N 
a-ppn ^amab nan ba a^pb nïïnï pn bN-iicn s-ro*nïi nNn nrwnS 

♦'Nirr r:D7a qbiaa^ -m ba 

^b^i ^a rima i^a 
•aàab&o nabN Hpttb 1 * nba>a insaa^ î-ib ybnn -nbN bà-ibNi bNp 
ên^n rn^aa arvaNip ybn *ib» 1^ n*»a a&np -irÊn Nbi ïhdds ^s 
Î-P3D3 P^ pi 1 irmai an aina»n vasa i-ip-pn «ansn ana rrcNb 
ton "nbN *ST*3pa J-rp^Tb^ ^bn }n t^aas aw na>a£> taban *Nbïi 
rib» "naaa ^p^bN fwn n:tnd aN^N .Sa>aa bàâbN ^bN nàNnnN 
fcnapïîi ^a>b j^an^rt b«pi dn^n r7a>ao bââ ^ba riàNnn?a NarîNrj 
iHEianbNi 5 bââbN ^bN àNnnja in ^-nrabN t^bir: "je in 'pbanb 
(Ta» a) np*n îa>a ^a ainaTa }Nb aanbN oba?a ^d "ppbKâ ^-pra rnwi 
■nbNa ï-i»Nbaa aban *pn n^a ia Ti^ai T^fi ->apT?a a^3N m«y 
tjbtt)] nai ba a^pb îrn»nïi San 'Nan ba> 6 i-n»N ^d 'nai s^a-o 
na^ Sa a^pb bNp [Sêniz^a ïrmnfi nNn irsmb "jnan iban tzpn 
î-raNna tnî f<bN maa*' fNa îtiwiïi nNn Sap "jNa 7 Nb r<bNi 
Xn ^-i^aNbN éhïi ^a îa>a Sa»© n» Sa *;n "pabyb 8 î-rnamn nNTi 
ba ^b'iba mirnbi îrninb 'aT H"nnbN ^ïi mnynbN "jNb ba»s n-nnbN 
nba>£p n?:N Sa in rtanNir 3>?a r]bân7a in n^us rianNiab ya-« ^a 
mrrffi aN^p rianNirb nb aba^i i— rbi>a ba^ ï-ranNi: a>?a iNa^NbN 
manNai p nnNibN T"3nbN ^ba> i-i^p^ Nbi Nnn ^^ win ^p"» 9 ^bnai 
,0É în3i iba>a uj^n B|btt3 ha^i] Sa a^pb mn»nn bri nbNan ba» rrbipb 
y&yô nai Sa a^pb S^pi -iaND SNnuj^a mvnn nNn nna>nb 

,in b^abN Saa nttN Sa n^ann *{N 

Puis il dit (que Dieu ait pitié de lui !) : Quand une yebama a 
déchaussé son lévir [dans la cérémonie de la Haliça], celui-ci doit 
se considérer comme banni et ne doit pas se montrer pendant sept 
jours au tribunal, en présence duquel la Haliça s'est faite. Il est 
dit, en effet, ici [à propos de la Haliça]: « et elle lui crachera au 
visage » (Deut., xxv, 9) ; d'autre part il est dit [au sujet de Miriam] : 
« Si son père lui avait craché au visage, ne devrait-elle pas être hu- 
miliée pendant sept jours? » (Nombr., xn, 14). Ainsi, partout où l'on 

1 Ms. ivnn «a*». — 2 Mb. NimaoE. — 3 M«. bn. 

* Ms. Va&a- Dans le ms. il n'y plus les rcots pi" 1 fpaNI an a"ina?3T, mais ils 
sont surponctués pour indiquer qu'ils sont dus à l'erreur du copiste. 
e Ms. baabb. — 6 Ms. rsN-)73N. — 7 Ms. ib. 

8 Suivent dans le ms. les mots : fc<bN ï-pDa" 1 *JNa, mis par erreur et surponctués. 

9 Ms. *jnvi. — 10 Ms. ibian. 



ANAN ET SES ECRITS 69 

crache au visage, il y a réclusion pendant sept jours. D'autre part, 
des mots : « en présence des anciens » (Deut., id.) y il résulte que c'est 
seulement par rapport à ces anciens qu'il doit se regarder comme 
humilié, c'est-à-dire reclus. Or, un tribunal doit so composer de dix 
anciens, car il est dit pour Boaz : « et il prit dix hommes parmi les 
anciens de la ville » (Ruth, iv, 2). Et Boaz a exposé son cas à un 
tribunal, comme nous l'avons déjà expliqué'. C'est de Boaz aussi 
qu'il est dit : « Pour un rachat, uq échange, généralement pour la 
validation de toute chose, l'un ôte son soulier et le donne à l'autre, 
et c'est une loi en Israël » (ib. t v. 7). Cette loi est donc applicable à 
toutes les affaires 2 . Les mots « et c'est une loi en Israël », qui sont 
à vrai dire superflus, signifient que dans cette affaire Boaz s'est entiè- 
rement conformé à la Tora, car [le mot] rm^n représente la Tora, 
v. Is., vin, 20. Par conséquent, tout homme qui vend quelque chose 
à un autre ou qui fait un échange avec lui, ou qui conclut une 
affaire quelconque avec lui, doit ôter son soulier devant témoins et 
le donner à l'autre, formalité par laquelle l'affaire est validée, de 
telle sorte qu'aucun des deux ne peut se dédire. Il est dit, en effet : 
« Pour un rachat ou un échange, en général pour la validation de 
toute chose, l'un ôte son soulier et le donne à l'autre et c'est une 
loi en Israël. » Les mots ini b^ trpb, qui sont ici formellement 
ajoutés, signifient que la validation de toute affaire doit se faire au 
moyen du déchaussement 3 . » 

La prescription si bizarre d'après laquelle le lévir, dans le cas 
de la Haliça, doit se considérer comme mis au ban pendant sept 
jours, est un nouvel exemple des analogies (ïtiid mw) extrava- 
gantes imaginées par Anan en si grand nombre. A la fin de sa 
démonstration nous avons encore une fois une digression dans 
le domaine du droit civil et il va de soi qu'il faut attribuer à l'in- 
fluence du Talmud cette difficulté qu'il éprouve â rester dans le 
sujet qu'il traite. 

(A suivre.) S. Poznanski. 

1 II s'agit du passade publie par Harkavy (chez Graetz, l. c.) : T^DI Nfàtf NpT 

"•dpt^d D^taaN mus* np"n nïjn Npi bw "pi mabi vnKb n^ian nb* 

"pnb "Hp Np-i 'prrb^ T-1?3N (c'est-à-dire D^'H) TT"! TOpl 'pTlNb "PJtt 
'1DT ïlin bTian "pi mn 1ttb*7 Û"^3N. Ainsi un tribunal ordinaire doit se com- 
poser, non de trois, mais de dix juges. Benjamin al-Nahavendi dit de même (nfcMUTa 
fTO'rça, fol. 1 a) : ^pïtt Û^3N ÏTI1D* Hp^l $"r>5 BlSiai ÎO STniB*» 10m 
btf r\iyn DS£3 d"<nbN "DUT"! riD "DUS ""ittiOl ""PJÏ-J. Même ici les Caraïtes 
n"ont pu se soustraire à Pintluence du Talmud, comme le prouve la citation de 
Psaumes, i.xxxii, 1, voir Mischna Sanhédrin, i, 1. 

* C'est ce qu'indique la répétition des mots *"im blD Û^pb N72N- 
3 Anan exige donc le déchaussement dans toutes les affaires. Benjamin al-Naha- 
vendi n'est pas de cet avis (L c, fol. 1 d) : ^a'ba ÏTTlEnîl bjH ï"ïb*lfiCïl b^l 

ïtt inab ornas poj> \m ^ap m ai-.m nau; ban ïwbo ris-nx 
'isi bw ^nw tjh aintt os 'tmwb. 



UNE 

NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 

(suite *) 



•rçrtoDrt m& 3890 *|5 

ï-rnan -o imb ©itfb im na d-id ^b» oiti npb ft-Dn rit 
napsi û-na-T &-oœ trm rnabœ nrj?27: *i iMm n'mbn ûibna nan 
iy*oum FnDVipïi y-iNb 1*1*01 intzîNi ain *>in 0*0 1 û*-*ai vitwi nrt« 
bnpn *p d-ô-oid û*n93 i*ab*n n«Tn y-iwsn b^ aaïaa ûn^'ûn m* 
tra i«a im ois fb» *hd*j8i 113m incu nai r-ran la nx lairrn 
rrw ûimrriï-i iab*n nn-nab iaa tjsn tieni la? bai *jn3 DTEiab 
qo-p 135 hy tpatpii tin» nb nm nrn TO^ron ba na dit*i "fbrob 
d^tiïwt n&< arw^i liât» n^ a^ai epu^n arra mm ttbttîii Dnroœïi 

[24 3890] Amram 111. 

Le fils de ce prêtre épousa la fille de Darius, roi de Perse 5 , parce 
que celle-ci avait vu son image dans un rêve. Il eut d'elle trois 
enfants, deux fils et une fille. Longtemps après, il se rendit avec sa 
femme et ses enfants dans la Terre-Sainte 3 . Lorsque la commu- 
nauté samaritaine eut appris leur arrivée, quelques jeunes fous 
d'entre les Samaritains firent périr le fils de Hanania, sa femme, 
ses enfants, les Persans qui formaient leur escorte et leurs servi- 
teurs et servantes qui les accompagnaient pour les servir. Alors 
les Juifs informèrent le roi Darius de ce fait, et le roi, s étant mis 
en colère contre les enfants de Joseph, les Samaritains, en fit tuer 
un très grand nombre. Depuis lors le roi témoigna une grande ami- 
tié aux Juifs. 

1 Voyez tome XL1V, p. 188. 

2 Taulidf, p. 18, 111238 "p 73 - D ' a P rès Aboul-Fath, p. 79, ce roi est Darius 
Ochus. Les Samaritains attribuent au Gis de l'un de leurs prêtres la légende con- 
nue de Bostenaï. 

3 Aboul-Fath raconte que le fils du grand-prêtre ayant eu la nostalgie de voir 
ses parents, le roi lui permit d'aller leur rendre visite. 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 71 

V^ttiû ïtttûn bNittï-' ^uaœ ba bj> n;b?a ana dnp^ î-ibT-D ïiarrN73 
nia* 1 *! wrrtr *ia i^i dnaiûrt bjoi^ ^a ■pa ïnb-na irwett wn 
tomba» 172^1 tan^n pn •mm npsa ta-n^r? m» enwti 
na>D?a pi tarma nn nnaïbïi tnpfcttb issm "jM tama usa* ta"nra 
vîrn swîFWitt a^rt ynan «bîam tar^àhttrt w n?a^a?a tamw 
dnb wa'n a^aian Snp ))2 û^an tarias^ inEP piTHmin na» ^a 
taa-nttujn Sirna^ ^:a mna> i» fcaran û^n tarrnna lab^i tarroa 
taaït^a •wa'n Saa ynaa mNtf):n aamnN ba Sn S|0*p rça" nana'n 
t^pai M^nai t]«a ïabn hnff rça ba> iaam ibnp'n a^an tariaaN 
ï*n«n n^a n&o wh nN îoiïTn fcabtn-p arîi ona^ Ta» b« S^j 
taniah n^ ianît*i tawiirii ma* ima iunn nuJN "-uajnïi San 
■»©jN ba n&n tapTimn k-w ï?a "ia>aa tun ^aa n&n Samba* nm 
lab^T la uas Nbn tamas>33 ma iaamnrrn ^b» ■pariai Labwp 
n'ptt'n i-iban a-nain Sa nN fbasib rao'n !-mm ■aaa tar^N 
itisttî^i an tfair tanaran tp-p ^a mj ba» ï-mm 13a ma» nîa*b 
•piajciïi taaaart "ja an S-na aan dioam ■prâfiC.M na-fà tamba* 
^Dsa rrnab taaïï rnaaaa s-npa rp'p ^na Ês"»nai»ïi ma» "uaa»^) 

Le roi établit l'un d'entre eux, nommé Siméon, comme roi sur 
toutes les tribus d'Israël 1 . Une grande hostilité régna alors entre 
les enfants de Joseph, les Samaritains et les enfants de Juda. Ces 
derniers imposèrent aux Samaritains des corvées, leur rendirent la 
vie amère, leur imposèrent des chefs et les empêchèrent d'aller 
vers le lieu d'élection, le mont Garizim. Ils les empêchèrent éga- 
lement d'observer les fêtes, et la terre fut remplie de violence du fait 
des Juifs. Ces derniers subornèrent beaucoup de Samaritains et les 
attirèrent vers leur communauté; ainsi beaucoup de Samaritains 
suivirent les Juifs. 

Les fils de Joseph écrivirent alors à tous leurs frères qui étaient 
restés dans le pays de Babylone. Beaucoup se rassemblèrent et 
firent ia guerre eux enfants de Juda. Ils attaquèrent avec fureur 
Jébus, qui est Jérusalem, démolirent la ville, la maison de l'arche 
et l'édifice tout entier qu'avaient restauré les Juifs. Ils tuèrent 
les officiers qui leur étaient préposés, tous les Juifs qu'ils rencon- 
trèrent ainsi que les habitants de Jérusalem. Siméon, le roi des 
Juifs, s'enfuit devant eux et ils ne l'atteignirent pas. Un certain 
nombre de Juifs allèrent raconter au roi ce qui était arrivé, et il en- 
voya une grande armée pour aider les Juifs contre les Samaritains. 
Les Juifs firent comme précédemment, ils agirent encore avec plus 
de violence que la première fois. 

Les Samaritains se réunirent dans la synagogue de Sichem et dé- 
cidèrent de s'enfuir devant les Juifs. Ils apportèrent un vase en argile 

1 Abcul-Fath, p. 80, ajoute : • Et il leur donna la permission de bâtir leur 
temple >. Ce roi désigne probablement le prêtre qui était l'intermédiaire entre le 
peuple et le souverain ; ce Siméon est Siméon Macchabée. 



72 REVUE DES ETUDES JUIVES 

V"iNn Saa û^rwn ^d*d ima-n tarifa **nna taip-na nb i^a-n 
t*4bi pn "îrcjn "îbav «b ta'w» a^ESK taaiû wa an» n&uaij '■ja 
mina t^-iptt Nbi umn 12 an î^bi nsntt t^bi naia N*bi asuj?: 
■jbn i^aia na snbNrj a-na-in 'nna wi ^nnosa Nb&* naa 
v»aai î^on -na-np p uj">k îna* *p ia« "îErrv r<b 'i ta^iï-pn 
mm a-nasn û-aban a->n:i h*a isa-n i-rpbn û^wn b* ^nba^ 
ta^a la-na-n paa yn^a uns îbyn a^an a^aa r-mîT ^aa 
♦s-nzmpn ynab y-iatt Saa a-man tan-i^n rvr* la fcafin 

ï*i 3923 [j&] fÎ3 

nw taau) «np3T ta^a^rr m* "pa ta-naaa nbnaa insna wa 
la o^bNaiaonN iauîT oisib^D taan Nitaa tarcn n^rai i^no^n 

.t^nriNao» ^a 

et, y ayaat mis le livre de notre seigneur Abisué 1 , ils le cachèrent 
dans un endroit connu d'eux seuls. Puis ils s'enfuirent devant les 
Juifs, dans tout le pays ; il en resta seulement quelques hommes à 
Sichem qui ne pouvaient observer la loi, ni le sabbat,, ni les jours de 
fête, ni les néoménies, ni faire la lecture de la loi de Moïse, sinon en 
cachette. Après ces événements, Siméon, le roi des Juifs, mourut — 
que Dieu n'ait pas pitié de lui. — Il fut tué ainsi que ses enfants 
par un de ses proches parents', et à sa place régna Hilkia 3 . A cette 
époque, les rois étrangers vinrent, tuèrent beaucoup de Juifs et les 
exilèrent du pays de Canaan. Alors beaucoup de Samaritains qui 
avaient émigré revinrent dans la Terre-Sainte. 

[33 3923] Hanan" 

Pendant son pontificat, beaucoup de Samaritains se séparèrent 
et formèrent une communauté à part 5 qu'ils appelèrent Dastan. A 
cette même époque vivait un philosophe nommé Aristote, originaire 
de Stagyre. 

1 Le Pentateuque, que les Samaritains prétendent avoir été écrit par Abisi é, li!s 
de Phinée. Cette anecdote rappelle un peu celle de 11 Macchabées concernant le feu 
de l'autel. 

2 Ce fait n'est pas mentionné dans Aboul-Fath. Il s'agit du maître de Siméon Mac- 
chabée et de ses deux fils par son gendre Ptolémée. 

3 Aboul-Fath ajoute « son fils ». Quant au nom, les différents mss. d'Aboul-Fath 
portent Arkia, que Vilmar identifie à Hyrcan, Hizkia et Azkia. De Sacy, Chresto- 
rnathie, I, 335, a ce dernier nom. 

* Ce nom dans les différents mss. d'Aboul- Fath, affecte les formes suivantes : 
Hanania, Haïn et Haban. De Sacy, op. laud., I, 337, a : Hal'z, et pour la durée de 
son pontificat, vingt-quatre ans. 

5 Aboul-Fath rapporte cet événement au temps de son père Amram. Aboul-Fath, 
p. 82, dit : « On le nomma Dastan parce qu'ils abolissaient les lêtes légitimement 
établies. » De Sacy remarque avec raison qu'Aboul-Fath lisait probablement Daras- 
tan, de darasa « effacer ». Il est question ici des Dosithéens^ 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 73 

ïrpîn 3944 K2 

"jb» tt»on abaa dwn n^m ferlin nson d^mro dît ûtoi* *pî-: 
■»b mppïn bilan "jn^n ^sb S-iara iinrnarr tosn ni m ï-ranDfc 
taibm inN i-i&n ^ û^-i»u5!i nm* ■wnoa bm &in insnpb t*w 
■nm ban tan» nit ï^bi ^pma r-i^nb^b n^ ib i»&n ïrbibn 
ra-> b^ wn dwn nsDai ù^ipd un r-ivy nœai "-naDow ^ban 
nra* i-raiTauî NDdrr b^ Y 573 tDri ' 3 tn3 ' tt3 û^ibttîi i-iujtt i^n ^aia 
J-i^nuj mx T* by '-îan i^asoN i-rantt Nn fcairrs dwm i-rati) 
t=pn LarantftnrT "pyii ^ana na ^b^ 1 snTnaoi i-rna maab^i taarmn 
nv na nnaajD» *T>hm *ob tzs^rs n«n pi taarn ba> wn dn ynam 

.S-m* bD nai mT3 

rrVi 3986 2£ 

owbraa ieiûi maoa^N "jb7an ^natt ois^a ^a ï-nn i^n 
1 rmn a27aan tpdïi bs hN s-t»Vi bin^n fron ^ iDvnb nbi^i 

[24 3944] Hizkia 

C'est sous son pontificat qu'apparut la secte de Dastan. Tout ce 
qu'ils firent est écrit dans le livre des annales. A cette époque appa- 
rut Alexandre, roi de Macédoine. C'est lui qui se prosterna devant 
le grand prêtre Hizkia, qui était sorti à sa rencontre avec les chefs 
de la communauté samaritaine. Le roi Alexandre avait vu en rêve 
le grand prêtre qui lui disait : « Va faire la guerre à tes ennemis, 
n'en aie pas peur» 1 . Tous les actes du roi Alexandre sont écrits 
dans le livre des annales. Alexandre vécut trente-six ans et régna 
dix-huit ans. 

A cette époque, les troupes d'Alexandre vinrent et assiégèrent la 
ville de Tyr pendant sept mois. Puis, l'ayant prise, les soldats jetèrent 
les anciennes pierres de la ville dans la mer; ainsi la ville atteignit 
la mer. Le roi Alexandre prit aussi en ce temps la ville de Beyrouth 
et toutes les villes voisines. 

[42 3986] Dalia 

De son temps était un roi philosophe*, frère du roi Alexandre, 
nommé Ptolémée. Il envoya un de ses officiers nommé Héro - 
dios 3 , demander au grand prêtre Dalia tout l'argent qui se trou- 

1 Transposition du récit de Josèphe et de la Meguiliat Taanit. 

s Aboul-Fath, p. 93. Vilmar prenant ie mot pilifus pour un nom propre, traduit : 
Philippe Plolémée. Il est possible que telle était l'idée d'Aboul-Fath, confondant les 
deux rois; mais le texte de notre auteur montre clairement que, dans sa pensée, pili- 
fus ici veut dire « philosophe ». 

3 [Héliodore, II Macch., m, 7. Que de confusions! Héliodore ayant été envoyé 
par Apollonius, il se peut que ce soit ce personnage qui soit visé iei. /. Z.) 



74 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

•jnan "m p s-nbi bi^an pars ib nbizn dâ-ii» "rts^tt t b^ 
Y5a~ VflN -naa n^a nn^?3 û*rai S-jrçsa pan mx pi *nam« 
vr n« aa-nnb on tin n^bttsb nx Tairii oia^baa ribu^i T-aaoN 
fcîWfi riNTa- pi '■jb^ "^ ^ 2 '^^ ta^TaiBtt b&rua^ *aa nu Sy?3 
s-iran n.xi î-iaann n« yism rrrri ï-iaaba ^bari taïai ^iba ^ba 
&p imabab mTWin J-au^i aaipa baa D^anan Sa nN tpo&m 
rrnîT aa ni* ■pat iamaran bNT^ an m? ï">a tjjn p-narr S* 
■jb."H taapn tzraan a-maN tai-iarctt pi tamrrri p «in^ 
krnp "ott» ia priM iaian t=an id-n t^Tatari bN-ni^ aa nv« 
la ^b->-i a^aan n^tia» taasn KOTiir narai ■ara aan lay-i ina-io^ 
bab p^i a^aan ca^uaN nasn TrrbN na^i tasan uî^n dnwn ffw 
S-iba"> tjjn nn&io b^ s-mntt dn Tinab fcaisen nab cipa tarta 
stn ^ban a-ron p "-îfifitt n^a^ nrabœ n^ïtïi nra ynan -juînm na 
ûson^ ï-mm aa rw ^aan nNi anaian Sniiiî^ aa r-n? ^aan 
■^aart j-in wam canaai tdn pnarr by mpnb lar^b thn rnpaa 
ï-wnpn s-mnn nsaa a\x£a3!i an^n *-in anaian ^nt^" 1 aa 

vait dans la maison de Dieu. Le grand prêtre envoya son cou- 
sin, le prêtre Ithamar, et son neveu, le prêtre Manassé, porteurs 
d'une lettre d'alliance, écrite de la main de son frère Alexandre. 
Ptolémée donna l'ordre à Hérodios de cesser d'opprimer les Sama- 
ritains, et il Et ainsi. 

A cette même époque régnait le roi Phaltama *, qui aimait la 
science et la sagesse et qui rassembla tous les livres de tous les 
pays. Dans la dixième année de son règne, il voulut étudier la dif- 
férence qui était entre les Samaritains et les Juifs. Il demanda à tous 
les deux partis de lui envoyer des hommes instruits*. Les Sama- 
ritains lui envoyèrent deux savants dont l'un s'appelait Aaron et 
habitait la ville de Jasucha et l'autre Jahurta, et avec eux beaucoup 
d'autres hommes instruits s . La communauté juive envoya aussi un 
savant, nommé Eléazar, à la tête de quelques hommes instruits. Le 
roi assigna à chacun un endroit particulier et leur donna l'ordre de 
traduire le Pentateuque dans la langue qu'il parlait 4 . En ce temps-là, 
le monde s'obscurcit pendant trois jours 5 . 

Puis le roi réunit tous les savants, tant samaritains que juifs, 
daus un seul lieu pour discuter les divergences qui les séparaient. 

1 Aboul-Fath, p. 24. Vilmar croit que c'est Ptolémée, ce qui est peu probable 
parce que Ptolémée est toujours transcrit Batlimus. Je vois dans Phaltama le nom de 
Phiiométor, confusion avec Philadelphc. 

1 [Mélange du récit de la Lettre dAristée et de l'histoire de la controverse rap- 
portée dans Josèphe, Ant., XIII, 4, 4, et qui aurait eu lieu sous Ptolémée Philo- 
métor. I. L.} 

3 Aboul-Fath, p. 95, ajoute : • Entre lesquels était le savant connu, Symachos. » 

* Abou'-Fath ajoute : « Chaque savant était accompagné d'un traducteur grec. » 

a [Peut-être ce détail doit-il être rapproché de Meguilla, 3 a, où l'un dit que 

lorsque Jonathan b. Ouzziel traduisit les Prophètes, la terre se mit à trembler. I. L.] 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 7S 

■o 3>Tn p b? ^bttrt -npmi T«b3> tarobiï-in on *)U5N nttNïi tzppï-rs 
tonb au""! tottip-s nN tvn frnMïi btniD"> ^3 r\*iy ira m^n 
caîTT ^b^n t-np»3 ï-mm ^a f»ai tara vu nizja tzp^^n bai 
■»33 ba îpnwrn nb^n ianain "ifiN wi ia^rn ^coa ta^wa 
r»npn« '3 û^nsBrt s-flo© finpn» 'k ta m trpns i-iu:b;a Snto^ 
êoïi r-ipncn nati ta^ronn înauï anpna '5 tartfJinsrt j-teus 
nNtt)» tasrb» Époao w on:s -^ai rp-p "rça ta m ta^nwi^ïi my 



3ip3> 



4026 'fi 
4061 ffi 
4102 Mb 
4146 *Jû 
4182 V? 
4221 ûS 
4262 K» 



Les savants samaritains présentèrent alors au roi les témoignages 
qui se trouvent dans le livre de la sainte loi pour établir qu'ils étaient 
dans le vrai. Le roi fut alors convaincu que la vérité était avec les 
Samaritains, et il éleva leur rang et leur fit du bien. Toute la dis- 
cussion qui eut lieu entre les Samaritains et les Juifs dans l'as- 
semblée du roi est dans le livre des annales. 

Après ces événements tous les enfants d'Israël se divisèrent eu 
trois sectes : les Sadducéens, les Pharisiens et les Hasidim. Cette 
dernière secte était composée des Samaritains, enfants de Joseph et 
de Phinée et de quelques hommes des autres tribus qui avaient 
adopté leur rite l . 

Acub 
Acalia 

Lévi 
Eléazar 
Manassé 

Jcbir 
Nathaniel 



[40 


4026] 


[35 


406 1] 


[41 


4102] 


[44 


4146] 


[36 


4182] 


[39 


4221] 


[41 


4262] 



1 Aboul-Fath, p. 102. 



76 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

trpev 4294 & 

na ta» *a Tat p ib pan dvd-h ^bm r-itt pan ï-it wa 
ï-PTriaotf -i^y &rrj T45N iin T'y a s-pa» nnn *pbttm ynasnba ïwbi 
5K«i©i ^a m? pn arram îhmd a^-uayi ta^io nmaba w ba ■•iim 
*a fcaPTonïi npns taxsTpr^n p^atn tpv ^a am tpn»»n 
npna mîanbtt ^y nry tanb ^m ta*na n72^n t-mfi "«a s— ipn-i 
ai^T b^na jarsa ^n nin-ren pm s-rnm ■»» my Dm tawitin 
ïnwpai oay^ ittun \a-in ^b» tan a via by nb?: rtmaba wai 
ta^an any iab t*nn ^ai yvaaiba î-rab^n ia y^ram Tr*p 
"ipiD y-i^siba nab^n i-rb û^pm nb nm tin» Ty isfctt nimi 
tûn yn^Diba ipia hN ans-rn tarna -p 53 Dî ^ N N " l3n " 1 tD^nSTaa 
y»i8m s-rnab»» t>4aa mpfc pN Ty ba p i-ma ^b^n cns»a 
ta^Ti» y-iN ba ria ouya ^btt^i mwm pn awim "îaaaa nabfctt 
Nim oiY-rïi T^auD"i T*psj ta^niabaai tam^a ib cap^ psa y-iao 
r-ny"i ta*n73iz3n nv Sntu"" "m ^aaia ba nx asicn ' — itTa^a e^k 
-naa» *pK "«a Tiaob bnn ^a iy a^an a^taa» tarna a-iïm ta^Timn 
tznnn rpT nu:** tan» p yi^ «baa r-rban canaTn nns ijrn 
TTiyn ima»M Nirs "»a "uasa by yiic tûèo Tb' 3 * 1 Érn y ^ 112 N1!l "^ 

[32 4294] «/0^m 

A l'époque de ce prêtre mourut le roi Disios ', qui n'avait pas de 
fils et laissait une fille, nommée Cléopâtre. Celle-ci régna à sa place 
dans la ville d'On, qui est la même qu'Alexandrie. La durée de son 
règne fut de vingt-deux ans. Elle témoigna une grande amitié pour 
les Samaritains, qui sont les enfants de Joseph le juste et qui 
forment la secte des Hasidim, parce qu'elle avait compris que les 
Samaritains avaient la vraie loi. Elle les aida dans leur guerre 
contre les Pharisiens, qui sont les enfants de Juda. Elle fit construire 
à On un grand et beau palais ". Sous son règne un nouveau roi se 
leva sur le Edomites ; son nom était Auguste et son surnom César. 
La reine Cléopâtre, ayant été informée qu'il avait conquis beaucoup 
de villes, eut une grande peur et nomma un gouverneur sur l'Egypte. 
Auguste, le roi d'Edom, vint et tua le gouverneur d'Egypte, puis 
il se dirigea vers On, résidence de la reine. Cette dernière, ayant 
appris l'arrivée d'Auguste se tua, et Auguste régna sur tout le 
pays d'Egypte et sur celui de Canaan. Il établit sur l'Egypte et sur 
la Palestine un gouverneur 3 appelé Hérode. Celui-ci était un bâtard 
et il détestait tous les Israélites, tant Samaritains que Juifs ; il en fit 
tuer énormément 4 . 

1 Aboul-Fath, p. 105; nom abrégé de Dionysius. 

2 Aboul-Fath, p. 106, dit : « Elle fit construire beaucoup d'édifices merveilleux. » 

3 Aboul-Fath ajoute: et il mit sur sa tête la couronne royale. 

* Aboul-Fath raconte tous ces faits comme ayant eu lieu au temps de NathanieL 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 77 

frmtrïi im* ^aa» ib vn £^-p»brn fcanb mna ï^pï-ï nibnni t*mb 
otid3 ^nNtt osniSK 'i entas «npatt psntû 'a t*rn» 'n prm 'a 
*t *iaT p prrn 'i ^3T p mpsn 'n tïi ta^*! ornaai ps^iûi 
pi owip^a 'a'"» Sndhd 'k'i spv '"> ï-mm 'ca opib 'n Oip"l72 
ûninan n? ta m Nnpîi ■natwïi ^-iid"" ^nna isbrr dnbiî ta^a» 

.fcrxpn naos tzrmna dn î-toj -nen Ssi 

tnatr 4321 fljj 

nnb^ ^hizTi s— it-i ^b^rt dyttiïi ï-w Siwi ïh::n nr 13^3 
nroE ï-wn» ns^i ^ôon hep rruîN fcPTin*s dm ta^ransn my ib 
i-nrwn "narisn d"ntt p snup ^rabn prrp t-vDtt bb:a Tba tarra 
i-nnao -p 721 " 1 ^ ï ^ nN ' 1 "W ^n» "^ ï-rbvwi ï-niiK?a oTinn ^bTjrs 
pnv iun-i tn« 137272 ïBvrrm nai i-rb spbm Nbi nbTO ï— inrrN73 

SS3C2 bs> inN WUP1 pH"P EJÊC] SlN Ûîll»*l ^bttîTI "jarn T^lîT! 

D"nrpjri nnx imi p-i»to *p*a e*ofin rua ovrnft "jb^m ï-rb narpi 

hN p^i omaa "çbarr "pnnn Tibtt'n dwiîi ^b^n rwi inbNtt 

.ovnaa "I72U5 b* i-raœ pn trip^i ï-maa n* 1 ? 

Après ces événements apparut Jésus, fils de Marie, épouse de Jo- 
seph le charpentier, qui était descendant de David. Il prétendait être 
le Messie qui devait arriver. Il était né à Bethléhem et avait douze 
disciples d'entre les enfants de sa communauté, les Juifs : 1° Jean, 
2° Mathieu, 3° Simon, appelé aussi Pierre, 4° André, frère de Pierre 
— tous deux pêcheurs, — 5° Jacob, fils de Zébédé, 6° Jean, fils de 
Zébédé, 7° Marc, 8° Luc, 9° Juda, 10° Joseph, 11° Nathaniel, 12° Nico- 
dème l . D*autres hommes aussi suivirent Jésus le Nazaréen, et ils 
furent appelés les Nazaréens. Les Juifs l'ont traité très mal et l'ont 
tué. Tous les actes de Jésus sont écrits dans le livre des annales. 

[27 4321] Jonathan 

Au temps de ce grand prêlre, Hérode était roi. Les Pharisiens, qui 
sont Juifs, lui envoyèrent une très belle femme, comme présent, afin 
de tuer Jean, disciple de Jésus. Hérode l'aima beaucoup, et elle, 
s'apercevant que le roi l'aimait et qu'il ne lui refusait rien, lui de- 
manda la tête de Jean. Le roi ordonna de couper la tête de Jean; on 
la plaça sur un plateau et on la donna à cette femme. Le roi Hérode 
était alors à Samarie. Puis Hérode étant mort, Tibère régna à sa 
place. Il bâtit une ville qu'il nomma, d'après son nom, Tibériade. 

1 Aboul-Fath, p. 107, est plus exact pour les noms. 



78 HE VUE DES ETUDES JUIVES 

araiû^a 4354 jfo 

©Tïm ^n odn^d N3 3W*bfc ^twïi fnan nt nsîia wa 
tsiN "ja rnu; wavia i-rmat Kia tosi arn rmKO^p -py jaraa 

.Y*b* "i tanbia 

ff» 4364 i 

irana 4372 n 

ûltt* 4381 tû 

!TT«*ia na^i naon nsi ?na nb !~fmïi d^tty ^nan pail ï-fl 
"WB vm aori 'iNa ï-rp T53 ïrnn nb airom ab r-i»an 
ûnb mm ba* rr»a fcaprna nnn nrpfta Erwa tann awa taptûSN 
to-ra* pan na iDnm rwc tmwi ïitssan îTr^Taft natta 
n-«a duj i-raa* nb p*i ba* nia tawia nr;a rrr»T3n îTipSlWI 
ibyn i-rbatn cmaifl ;nn« ^rrn fimaa tara ircnm nnrs b? Sym 
rriDnpn mina rmn ns by aonpb ttn ba* ûrrôlfti tartan W 
lan nyb wi aatt ba brnn tabsa* mb*b an^aa» 'nn ma ba* lanp^i 

[33 4354] Elisama 

Sous son pontificat vint Sianos l roi de Rome, et il réédifia Gésarée, 
la ville qu'avait bâtie rfotre seigneur Seth, fils d'Adam ' (que la paix 
soit sur lui). 

[10 4364] Sema'ia 

[8 4372] Tobie 

[9 4381 Amram 

Ce grand-prêtre 3 avait une fille très belle et très intelligente- Elle 
écrivit le Pentateuque de sa main, d'une écriture très nette. A cette 
époque deux ermites samaritains s'établirent sur le mont Garizim ; 
ils passèrent dans l'ermitage vingt- cinq ans. La fille du grand- 
prêtre désira également se faire ermite sur le mont Garizim; son 
père, Amram, y fit construire une maison dans laquelle elle s'en- 
ferma. Les deux ermites, étant montés sur le toit de leur maison 
pour lire le Pentateuque à la clarté de la lune, invitèrent la fille du 
grand-prêtre Amram à monter près d'eux ; elle le fit. Aussitôt qu'ils 
virent son visage à la lumière, ils conçurent une passion pour elle 
et ils lui demandèrent de se rendre a leurs désirs. Gomme elle 

1 Tel est le nom donné par Aboul-Fath, p. 108. Taulidé, p. 18 : DîfcTûaON, le 3 
étant une faute pour le £. C'est Vespasien. 

2 Aboul-Fath, l. c. ; Taulidé, L c. 

3 Aboul-Fath place deux autres prêtres entre Tobie et Amram, à savoir : Amram, 
onze ans; Acub, neuf ans. 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 79 

lN»m wy irraio nb i-i73&n i — rb "itt&rm aâh S? TN73 ît^b hN 
vnbîai» epbn&n imab ^b^ ^ wat* arnba -)73Nm ï— rn "HDerH 
^b iiaan immaa tDD^b^ s-wia&n n-^nn ^na û^ia to^aa ranaban 
nm rrTïi naia iiuan "ob nb isjni maia nmaun taa^ja aiïaa 
*npm irnnN nb^n hN iuom Pima Sa r^iam aa!*t S273 
^V»xn "pava in ^nNi:» w un i^n ^-inNm natia s-nnrnzjm 
inaœ'n taîia Snars ann "w n^a r-ib^n ta^ann *aiû tïï s*3 
'in na *»3 ta^aan w ^tn^ c^nbN mbN a^ra-n ipmsna s-na 
rr7:^ aarab ïTma bN rrba ï^iab aan ba>73 ïtyh airan Nb tzn73J> 
"inn 173 mm nn©n mba> n^b Wï f-van nns t-ns^b isb^i 

Sa laijb tn^iai ibanm riTrt na-irr b* usm Ënn* "nïi tap-n 
nmr rpb* itw ^a 133^73:-? taaip733 1173» p -nrifin n^n lara-p 
ma* -h b* ^ ^-173^ -ra^a ma tarna is-iiz^i tzntt* 'nn narn npui 
"hdnd nb tarptoan maa tta* npuj na> naïti rnûmptt fmna tttDTa 

."PTWb t273T 

refusait, ils la saisirent ; alors elle leur dit : « Laissez-moi des- 
cendre dans ma maison pour changer de vêtements; lorsque j'au- 
rai mis de plus beaux vêtements, je remonterai, et vous ferez 
de moi ce qu'il vous plaira. » En entendant ces paroles, ils furent 
remplis de joie et lui permirent de descendre. 

Elle descendit du toit, entra dans sa maison, et, ayant fermé la 
porte derrière elle, elle s'agenouilla et se prosterna, disant : « Sei- 
gneur, si j'ai trouvé grâce devant tes yeux, délivre-moi de ces deux 
hommes, dans lesquels domine le mauvais penchant et qui oublient 
tes commandements. » Dieu exauça sa prière. Ces deux hommes, 
voyant qu'elle ne remontait pas, descendirent à leur tour, voulant 
entrer chez elle et coucher avec elle, mais ils ne purent pas trouver 
la porte. Le lendemain matin, ils descendirent de la montagne et en- 
trèrent dans la ville de Sichem. Ils témoignèrent contre elle devant 
sou père, disant qu'ils avaient trouvé un homme étranger près d'elle. 
Le prêtre Amram fit une enquête, et le crime de ces deux ermites 
devint manifeste aux yeux de tous les habitants de la ville l . Puis, 
devant le tribunal, ils avouèrent qu'ils avaient porté contre elle 
un faux témoignage. Amram donna l'ordre de les brûler dans le feu 
conformément à la loi : Il a porté un faux témoignage contre son 
frère, vous le traiterez comme il avait dessein de traiter son frère ' 2 . 



1 Aboul-Fath, p. 112 raconte ces mêmes laits, qui sont une altération de la légende 
de Susanne. 

2 En effet, la fille d'un prêtre qui commet l'adultère doit être brûlée. Cependant, 
Aboul-Fath, p. 113, qui cite aussi le même passage, dit qu'on les lapida. 



80 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

•papy 4411 ^ 

Ep-itt^n Sanu^ ^a ni? yn ta^raaa w r»n d^»* part nt to-o 
•5*dtû p ûnpNT :io:j73 "wn DUîi d*nsN '«ïi du: n-pan nnpa a^iaia 
•jb-in a^na fca^a rman m^pa ana^ "nriN wi ncia rrnp 
ntj nujN oia"» -pjb ^bn s-pïi Nim rmm *aa nTO3 td^n abira 
vn tannai niai "p-iN i^jn nd^n la w ^baïi w abun-p n^ 
i5tt ma watm ï~r\Z33tt*i dnsa anïitt î-ib^ba n7aip"«i rwn ">aa "»31D 
Nim n^avra samaa? *3ia tarrnnn wia'n iin^n 172 i-wn "»aa 
ba ■jb'n daOT ^-pDiîtt iTiîrptt ia->an y^n ™* ï-173 y^ «b aaia 
pa TDsb ï-nasaïï ma ba twn npian i—vn ^sb tabrarp T? 
naai r-r3i-> -m 131a nsc ^h "WN nd np [...] it dn proa-n û^yiïtïi 
"îfieF i-iam inns-n i-p» itinh rna par? np"n viKun b? -n^a 
nn« nias fca^an ^bmi part ^aw noa^i ta*naa*n -»ai25 125373 
•part nsrn t^inn jdtoïi Sy )ron r\a ^-im s-roaan t-paa 
na*r ■qi i 7M *a -i7aN">"i pan a» la^n ia:m imj3iib uj^n s-hn inp'n 
î-ib^ba virbïi "ba» 'paya ^sk nm ban ^ns ^T^a w *paa> c-o 
o-nTaian bans)" 1 ^aa rw73 ta^a ^aia wqi !-rpan r"npa ï^nnn 
rny "wroa inbîB'n ti3>t «b ^aaNi s-ip nanr; n« ntay "hbn barri 
ibBSD'n ï-rpari rrnpn r-naàE nari ta-nsa n« inp-n fca'vnïwi m 
rrap î-maa» ans Traarn tanb napaim asana ubm tomba» 

[30 4411] Acbon 

Au temps de ce prêtre, deux Samaritains vinrent habiter dans la 
Bira ; l'un s'appelait Ephraïm et l'autre Manassé ; ils étaient origi- 
naires de la ville de Sufa *. Quelques jours après leur installation 
dans la Bira, il arriva qu'un Juif dut passer la nuit chez eux. 
Cet homme allait à Jébus, ou Jérusalem, la ville de David, fils de 
Jessé, ayant sur lui une boîte tressée dans laquelle se trouvaient 
deux pigeons. Dans la nuit, pendant que le Juif dormait et sans 
qu'il se doutât de rien, Ephraïm et Manassé enlevèrent les deux 
pigeons de la boîte et mirent à leur place deux gros rats. Le Juif se 
réveilla de bon matin et partit pour Jérusalem, avant le lever du 
soleil. 

Il arriva au temple des Juifs, devant le prêtre et, lui ayant baisé 
les mains, dit î « Mon seigneur, prends ces deux pigeons el sacrifie- 
les pour mes péchés. » Le prêtre prit la boîte, l'ouvrit, et voici que 
deux rats* en sortirent et s'enfuirent devant le prêtre et les hommes 
qui se trouvaient là. Le prêtre se mit en colère contre le Juif et donna 
Tordre de le mettre à mort. Le Juif alors s'approcha du prêtre et lui 

1 Le livre de Josué, p. 49, porte Yasouf. 11 y est dit, en outre, que c'est à Yasouf 
que s'est passé l'événement raconté ici. 

2 Aboul-Fath : deux sauterelles. 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 81 

^irn na nnidb tsma* na ^"nu-n tin73 ny dm*n nN "n-rtm 

■*3aN by W*l 'ppil 3U52 173 &bdN73 ÎTPÏT p TÎTOPI ™aatl f-pa 

S^ ïToaTan ta^nsN Tmi mod i^ 21 ^"^ V^a ïiraadn fmd "î^n 
to^aa nuî aim fca^ar7a b« 'jb&ri diajo-nN fcsia iy nnftparj r-iNT 
aoa-n bau57a ^b-n dnttian mj dm û"n» p anron m*» fcr>:n 
Sn Kia.'n tabiûi-p T*a î-mm "*aa &* dnb^n tabiaiT» "p* bs 
brtN nrtn «ma?: nn» iTa© ^uîn ^bjaft iyi p mabi» H*»»", "lirn 

IMI Cd"l733> "jd JlM Q^ÉOaatt 1VTN inN Ï1U53> nm ptBfcïl "UH^ 

tewi r-pa bK iNa^i 173* fcyrçwrt ira np^i "î S "ia-T7aa bN-nz^ 
ïitn rpan dn arpaa 153b &rnïT*rt ind b« onaN'mfit ^b^n -iTaN-p rini 
tzpnbNn inbs tawian Niia du: ba> "jbwn ^a parr p-n 
^ina rosm ïima n^aïi b« oia^-na ^b^n &oa"n npïi m aaanN 
h n»N , n iznn p pp t^bar rpaan r-pa a aid marri r^-pi marr 
tpriban inban d-wnart Niia tort mt panb onaao-nN ^b^n 
"y^m '"îa^'n rasb lan nanb byp isbi ^b^n ^dto pan brn*n 
nuj373i a-nsN na^a ^b?an y^um 137273 topant r»b* tjatp'n paa 
taïaab'n ûmbM rrbrpn "padb bm» «np^ ^bjart nbiz^i ba^Taian 
basais rmm ^aaw anirn rîbina manrpaa darp-i î-nb72Ui niD^bn 
r-pa p^ îaaa cabrais w ma rp-nzi'n msob bnn ^d tj tnan 

dit : « Permets, je te prie, à ton serviteur de t'adresser la parole ; ne 
t'irrite pas contre ton serviteur. J'ai passé cette nuit à Bira, chez 
deux Samaritains, et ce sont eux qui ont fait cela, à mon insu, » 

Les chefs de la communauté juive envoyèrent saisir Ephraïm et 
Manassé, à Bira, et ils prononcèrent contre eux un jugement sui- 
vant leur caprice. Ils leur infligèrent de dures corvées et leur ren- 
dirent la vie amère. Ils leur imposèrent l'obligation de servir dans 
leur temple, de manger des épines et de coucher dans la cour du 
temple sur les pierres nues, sans literie ni couverture. Ephraïm et 
Manassé continuèrent à être maltraités de cette façon jusqu'au temps 
où Hadrien vint en Egypte et, après avoir tué beaucoup d'hommes 
de la secte de Jésus, fils de Marie, c'est-à-dire des Chrétiens, se di- 
rigea vers Jérusalem. Il fit la guerre contre les Juifs, puis il arriva 
à la maison de Salomon, fils du roi David, dont les Juifs avaient fait 
un sanctuaire à la place de la tente d'assignation qu'avaient faite 
le maître des prophètes, Moïse, fils d'Amram, et les enfants d'Israël 
dans le désert, sur l'ordre de Dieu. Il se fit accompagner par le 
prêtre des Juifs, avec qui il entra dans le temple. Puis le roi lui dit : 
« Pour qui avez- vous construit cette maison? » Le prêtre répondit : 
« Cette maison a été construite pour le Créateur des créatures, le 
Dieu de tous les dieux ». Ensuite Hadrien entra dans l'intérieur de 
la maison et, après des recherches, il aperçut une petite idole d'un 
travail artistique *. Hadrien dit : « Est-ce là le Créateur des créatures 

1 Aboul-Fatb, p. 115 : une belle idole. 

T. XLV, N° 89. 6 



REVUE DES ETUDES JUIVES 

di-mh rroa» nen ts-nsa n« ia "jaun û"HTO3> a>aiN S* este 
a-^irrn ba^n 12 l-r^n m»« ùiptta mm ûTrt ^^ mart m rraam 
ata^i tsïï "v* ba oi;^n\x ^b?ûn &o:m r-ib^n tammn nn« ^ït^i 
îrroro b,\ n*>a dirna "in b£« ib p^i ta'n'QiDn b*na^ *>aa *-n*b 
tm-nrpn ^în ba n« iana"n cdo rua^aa ï-wau) nN &np^i i-ibm 
"jbttn np-n îmniaiao nia** ta-n^rs baai taau; -ra>a DiNswan 
m la n>abia ba^n rnn Ss> rr»tt ^sî'n rirçnati ^nbn na oia&rmN 
y-iNn ba bj> "ipsm r-rpaiTrî o^ds mo^a rnn hy nâiOT -pian 
Epv *aa ■wtaa Dm d^ntawi ban^ iaa m* ^^3 n» nwipn 
p nrwf tabbttn nnn fcMiï*nn ^aa ba *pirn fcanbiart -pb* persil 
1DDN3 ann taawa wi inabtt» -p* ba DiaK'mN *fb7arr ^bn 
o-'do ntaïaa nN is-ncn ta^nsatar. btjnw* ^aa m?» aa^baa ta^tea» 
a^parr ba n« ia^-i waari pn nonrm m niaa ta^iaaarr ba n&o 
hy vn nias nwfitt ^nb^ n« nnp-n ^an anN ibwi ïtanna -iibn 
ta-mrrn ^3 iytt«*n'b« ma ta^wa 1rs binaa tarna îasjm nmn 
mayïaa nb ytot D'WK'n'ra "jbTan ba a^a^b^a inbuî^ ttTtt ^a^a 
m? iwy na ib ttû&oi ta'natbïi m? ^baio wn i-Qy -na» tttn 
^7a© tiens Wi ianV* irmaTOi nias-iia Sam» n?ûia -udn tanTaian 

et le Dieu de tous les dieux? » Le prêtre ne put répondre au roi à 
cause de sa grande frayeur. Le roi réprimanda le prêtre, se mit en 
colère contre lui et voulut se venger de lui. Informé de l'affaire des 
deux Samaritains, Ephraïm et Manassé, il les fit venir devant lui, 
leur fit changer de vêtements et éleva leur rang. Il fit tuer une mul- 
titude innombrable de Juifs et fit brûler la ville de Jérusalem. Il 
fit construire une maison sur quatre colonnes et la fit habiter par 
Ephraïm et Manassé l . Le plan de cette maison reste visible encore 
aujourd'hui à l'endroit où avait existé le temple des Juifs. 

Après ces événements, le roi Hadrien vint à Sichem et fit du b en 
aux Samaritains; il fit construire pour lui un grand temple près du 
mont Garizim et le nomma Temple de Saphis 5 . Il chassa tous les 
Juifs de Sichem et des villes qui l'entourent. Le roi Hadrien prit les 
battants d'airain qui avaient été mis à la porte du temple de Salo- 
mon, fils de David, et les plaça à la porte du temple de Saphis. Il 
remit le gouvernement de toute la Palestine aux chefs samaritains, 
qui sont les descendants de Joseph le Juste, et tous les Juifs leur 
étaient soumis ; puis le roi Hadrien retourna dans sa résidence. 

En ce temps-là, des gens stupides 3 d'entre les Samaritains se ras- 

1 Aboul-Fath, l. c, et le Livre de Josué, p. 50, ajoutent : « il y plaça deux 
images au nom de Manassé et Ephraïm. » 

2 Aboul-Fath, l. c. Ce nom est certainement écourté de Sospes. « Jupiter libé- 
rateur ». Le livre de Josué, l. c, porte : « 11 bâtit une ville sur le mont Garizim du 
nom de son père, Sakaros. . .» Juynboll a pensé à une métathèse de Kaisaros (César). 

3 Aboul-Fath, p. 117, et le Livre de Josué, L c , disent que les Samaritains en gé- 
néral ont purifié tous les endroits par lesquels Hadrien était passé. 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 83 

nm yiNri ?* imab7: ^ds b^tt bas armai n« oiaN-mN ^b»h 
m*» ia\x n^a-» ab -ittNb sauî'n ca^aian bantui ^3a m? b* -idk 
t|N -nna pis yna ^ Nia'n "pan "^ ^ û"H^n Va-roi ">aa 
Ta m» cnïrn u:n mBiniBi ann natt tanto a^an ta^sa na-n 
taam *pa3 ©.•*« i^bN u;m î-jetdi t|Na riîn r-na^a aim mta"oart 
^nai rpa* N3 wi narra -«a n^a-n ta*nîa«rt ban»i "«53 rvryB 
ianan« ïin« ^a r-i^-p nrra is-ibrr "pa^a ^sn nm ban ^rn« ^T^a 
tnnn nm ta^ii-pn m* bj> nanbTOrj nn« ian iibrw nan^w 
ïiN3^ïi i-jbna Stîïi ^na^n bbaan ^a S? ht ba t^-ibr-n "i^-jsm 
tn« nonm ïib^b "icoa^-i tanNE B^ia3N nnbu^i tarerai ir^a 
*-uaN ba mai ma^an n-»a nis lania^i rrnis r-naa -naa ma^arn 
ann nann nairo* idton ^a *jb rw ta^sa inbia-n uxsa naina 
toia-nsa niniû.'n laa ^ann nx •pïttm ia*b* ^dn ^-im -i? mn 
V^aa* Sa>?a ^ann na D^-in r-v*n p nn»i a^ena 12a î-naarn 
di3&ottn ^b^n a>?au5 tnt i3H3n ^3^18 ^a -pan "jdn ir-irra aniam 
n« njan-n ^asrn -oasa jna bip inbu^i rm î-jtï-s nann n» 
anm n^iï-pn bai ina ■D^biB'n tsi-wuin bania^ ^3a r-na> ba>7a annrt 

semblèrent et brûlèrent le temple de Saphis et tous les hommes qui 
s'y trouvaient. Ils démolirent le temple, en tuèrent les gardiens et 
les brûlèrent et ils cachèrent les battants d'airain dans le voisinage 
du mont Garizim. Les Juifs, ayant été informés de ce fait, envoyèrent 
des messagers au roi Hadrien pour lui dénoncer les actes des Sama- 
ritains stupides. Ils lui dirent : « Voilà ce qu'ont fait les Samaritains 
que tu nous as imposés comme maîtres. » Hadrien, ayant entendu 
leurs paroles, tomba en bas de son trône ; il se mit en colère contre 
les Samaritains et jura qu'il ne laisserait pas un seul Samaritain 
sur la face de la terre. Il arriva furieux en Palestine, fit périr beau- 
coup d'hommes par Tépée et par le feu et démolit les temples. 

Pendant qu'il sévissait avec fureur, un Samaritain, sage et instruit, 
s'approcha de lui et lui dit : « Permets à ton serviteur de te parler et 
ne te mets pas en colère. Les Juifs savent 1 que tu nous aimes beau- 
coup et que tu les as mis sous notre juridiction, et c'est à cause de 
cela que l'inimitié est grande entre nous et eux. Aussi ont-ils envoyé 
quelques hommes d'entre eux pendant la nuit, qui ont démoli le 
temple que tu avais construit et l'ont brûlé avec tout ce qu'il conte- 
nait. Puis ils t'ont fait dire que c'est nous qui avions fait cela, pour 
susciter contre nous ta colère et pour que tu nous frappes de l'épée, 
car alors ils obtiendraient ce qu'ils souhaitent et tu agirais envers 
nous selon leur désir. Maintenant tu as compris la vérité, retire 
l'épée de tes serviteurs et reviens de ta colère ; souviens-toi que nous 
sommes tes amis. » Hadrien, ayant entendu ces paroles, donna l'ordre 
à ses soldats de cesser le massacre des Samaritains. Ils tournèrent 

1 Le texte est corrompu. 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

"i aiD*n ta-n^rian baniû^ t-n*» snh j-tcje an a^an tavnaaN art» 

.eamb* dnamn 

DTOD 4451 

13a m* t-iN ^bfen s— tt aï-jsrn oianraaN ^barr ï-nrt maria ^a 
nnn na Nip^i mn an izpn ^a i-ib^a nanwa trnOTtt în^w 
iaa twn r-rcrEn miïTO r-nM'n îznpn "piaba i-nzmpn rroà 
wa b«w* ^aa ba> iw flm ï-72 -kûn tapiaattïïm msttîn d^p-inn 
.ï-wiû û^bu:T d^aia 'pba'n ^ba> 't aibu) "pa fa 3>ib"ïït« 



■nb 4476 03 

Sin^i ">aa rw ns aï-wn o^mN Y 3 * 3 * ! " r! " J inana wa 
rmp ^atûr* maa» Dn?3 intDN iïim ï-ibYt» nan&tta tap-iE^n 
•pau^ ab in niaina mb anrû"n trTirpfi m* iiaa» n« «aœ'n ncio 
nnm ^33 rn* lunn fcann awa i-reynph taaua -p*a "mm iî5"»n 
taann "M ïrn Htïi màn N-naai imata T*a uni» rn^a *jioaa 
*-iarn a^imn ta^y» tmwn nw toith rrhïT* »jni r-mm 
lai-rimn mpn ba ia tp« rra^^n nsa toib n« ^np^ neo ib 

l'épée contre les Juifs et en tuèrent beaucoup plus qu'ils n'avaient 
tué de Samaritains ; ainsi Dieu leur rendit leur méchanceté. 

[40 4451] Phinée 

De son temps vivait le roi Antonin, qui aima beaucoup les Sama- 
ritains, parce que c'était un homme pieux. Il lisait la loi de Moïse 
dans la langue sacrée * et l'observa rigoureusement en se soumettant 
à toutes les lois et à tous les commandements qu'elle renferme '. Les 
enfants d'Israël se sentaient sous son règne comme sous celui de 
Josué. (Que la paix soit sur lui!) Il régna trente-deux ans. 

[25 3 4476] Lévi 

Sous son pontificat était le roi Hadrien*, qui aima beaucoup les 
Samaritains. Il avait épousé une femme samaritaine des habitants 
de Sufa 5 . Il délestait les Juifs et fit écrire sur une tablette d'airain 
« qu'aucun Juif ne devait habiter Sichem, la ville sainte ». 

A cette époque, les Juifs fondèrent une école nouvelle à Tibériade, 
dont le chef était le savant Juda 6 . Ce Juda fit pour les Juifs de nou- 



1 Aboul-Fath, p. 117, ajoute : « et il la Gt traduire ». 

2 Transpositiou de la légende talniudique. 

3 Tel est le nombre dans Aboul-Falb, ibid., Taulidé, p. 19 : quarante-cinq. 

* Le même nom et la même histoire sont donnés dans Taulidé et Aboul-Fath. Ada- 
ryanus ici est probablement une confusion avec Marc-Aurèle. 

5 Taulidé et Aboul-Fath : Yasouf. 

6 K. Juda le Saint. Ce l'ait n'est pas donné par Aboul-Fath. 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 80 

ÉTÉpaïtti rtSwn -nsob rrmpa tàrrirpï! p^ nra-pn î-nn tt-iittai 

.tanb nias 

nwb« 4508 lS 

mma 4536 pj3 

Wb* 4577 KO 

vhy ittNi ">*pb?rj DWbaa rota «•?« dp wî» 'in stï ^a 
ttine im ta^at» V"in ^PNsa r— r-»n» naraiEi ^ninrb artNO tort *o 
r-i7273 a-i ia m^-p ï— t^ti ny maaMFn a^aaian nso *n»bna 
rrnssriE non ynarr ba pn ianpa ^nsn ana*: îb ©^î ifcipnN 
taraaian ricana nrw anatt nann r-nbrwï-n tmttft mEta uni 
t=:anrr r-un-i ri7au3 c^tnpi t-maa jana iiy nbi maym ripabi 
•jnauj d^^^i ïiujbu: Y W1 ^b^M ï-nn ûïtfi fcrn*a Nim owbaa 

)Ki>y 4600 JQ 

m r-m pn ynb'n ^ban cni72ip ïtm "papa* airt j-it wa 
nx -mo-n i-rampïi s-nina r*np»n "pa t^iï-n fcyHfctttt b&nra^ 

velles institutions; il composa un livre, qu'il nomma Mischna, où il 
réunit les lois juives. Dans celte école, les Juifs inventèrent des 
points-voyelles pour leurs livres du Pentateuque et des Prophètes. 

[32 4508] Eléazar 

[28 4536J Toàie l 

[41 4577] Eléazar 

De son temps se leva un homme nommé Ptolémée le Chaldéen ". On 
disait qu'il était l'ancêtre de Jezdegerd; il habitait les confins de 
l'Egypte. Il étudia l'astronomie et il y acquit une connaissance beau- 
coup plus grande que ses prédécesseurs. Il écrivit un livre dans le- 
quel il a mentionné toute la terre, ses dimensions, les noms des 
villes et des fleuves. Il composa un autre traité sur l'astronomie, sur 
la marche et l'arrêt des étoiles. Il écrivit quatre autres traités, ap- 
pelés « les quatre livres » du savant Ptolémée. Il était roi à cette 
époque-là et il régna vingt-trois ans. 

[23 4600] Acbon 

Sous le pontificat d'Acbon, le roi Commode opprima beaucoup les 
Samaritains, leur défendit de lire le Pentateuque, fit fermer leurs 

Ce nom se lit aussi dans Aboul-Fath, p. 118 ; mais Taulidé porte Naa. 
1 Claude Ptolémée, le fameux géographe et astronome, 



86 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

aa^an fcpibaK btrvQi "»5a ^caaia ban "p tanb -iuîn nwaafn ^a 
ma D^iaip ta fb?2n iaf»i owfi« oisib^sn aann N£7aa mn wai 
fcranaûn ba mai bYWii inan 'papa* 'irt ma n« is-na-n -niaa» 
P"n^ n» TJ^p-n yhm» dn nin V>aa irâ nx ^n iaina t&n 
fcMta D^Eip *ûnn ^pb^i dïràK fiapy 'nn "wb taitta b?» 
"[b^m nvtt ona ^aa isbas imsb»b trn'Wïi rtami i-iaia ambrai 
part ib nbia-n baa "ja TWik vi® mn tann awa tamba» 
tpv 'an ca^-i -îfirnnN '«**n ara D^tt»« ta^aia inaa yiap* bilan 
ïtits ia?a7a wyti na>5ia ynaa na wd-h nab'n -nn t=p?aam a^aïaan 

.tanb aorn abap^i tana ^jb» b* 

baana 4632 & 

•aa m y rnN ynb"n o*hvt33DN ysm imn b^ana '-n i-jt 173*2 
wa fiaNai "pssb r-pn niz?« o^ttip Y 57311 I 73 an tonEian b&niai 
ba n« oi-masois 'fbari Tarn y-itsa rsTanbjan mmcai naii ar-i 
r*i7ai "la^nb^b ^nba mniTOîa idn "îawrjan "iujn ©■»« ba -»a 173? 
bbaan niana bpia ûi-M3? r^aa ^isa [1b] "jm -imrp "iizîni. &o-n iz3i«n 

synagogues et massacra beaucoup d'hommes de toutes les tribus 
d'Israël. De son temps vivait le philosophe Galien. Le roi Commode 
donna l'ordre à ses soldats de brûler la maison du grand-prêtre Acbon 
avec tous les livres qui s'y trouvaient. Il massacra les deux fils du 
grand-piètre et donna l'ordre à ses soldats de les écorcher sous les 
yeux de leur père 1 . Le tyran Commode régna trente-deux ans. 
Dans la dixième année de son règne, les Perses apparurent de nou- 
veau, commandés par leur roi Ardechir, fils de Babel 2 . Le grand- 
prêtre envoya vers lui deux hommes, appelés, l'un Ahîrad, et l'autre, 
Joseph, tous deux sages et instruits. Ils allèrent à sa rencontre en 
Babylonie 3 et lui demandèrent de les secourir contre les Edomites 
(Romains). Il les reçut et leur fit du bien. 

[32 4632] Nathaniel 

Au temps de ce prêtre, le roi Alexandre 4 opprima les Samaritains 
beaucoup plus que Commode, son prédécesseur. Une famine, une épi- 
démie meurtrière et une guerre sévissaient dans le pays. Le roi 
Alexandre donna à son peuple cet ordre : « Tout homme que vous 
trouverez se prosternant devant un autre dieu que le nôtre, sera mis 

1 Aboul-Fath raconte le même l'ait sans mentionner qu'ils furent écorchés devant 
leur père. 

* Aboul-Fath : Babec, qui est plus correct, car le père d' Ardechir I s'appelait 
Pabec, transcrit en arabe Babec. 

* Les chroniqueurs samaritains appellent le royaume de la Perse Babylonie ou 
« Sennaar », et celui de Rome, Edom. 

* Alexandre Sévère; d'après Aboul-Fath, Sévère commença à persécuter les Sa- 
maritains au temps d' Acbon. 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 87 

b-i!m ta-n^nan b&n^ ^a rn^a tzran ta^an Wi ntïi nann 
hir»i tD^ntJujn Semo^ srmja tn'Httbtt tpia'n r-nu^a *»na 
tonb Dp* 1 ! nbttan *j?a dmN im»** a^ott "nia t=mb:> did^ tam-irrn 
«im î-rta-npn irmns ï-iuk nny T bv 'n «h ai -naa nain n« 
an* fm ■»» n^an npnn *pna "pwNn «bi a^m î-ib^b r-rmai 
h p' , 3> r-uotttti insn *nz)N *pab nnD?: npa fm ^n nttNn an^ai 
nsr« Dmn»i ann ba^an yirw •wïNtt pison i-nai Dan i-ienn -naa 
m Tbirr p nn^-i ï-ra-<tz5 ia"<a a? pST* rtnna tas mna ta a 
ï"apy 'nrr a ion nai «aa r<in Naa 'ssn tara a^a ï-nabia nn 
ton "iuîk r^rttt rmpa pia irn otod i-rn ama "rç^biûft tsun 
taan utk tntn «aai bs n-a ta-rna nn nnaTOïi inpfcrt ïnnn 
wa bm mi b* rwttpn mn naba ap-n a^r-ibs mn vhy flm ^aai 
ta-na-in •nna "»îm pïattefii niaaoîi ^te fcaammb bbs œwn n»? 
'i bfrt J-ia-i aaa bbam b« ma ûTna nn aipttîi bN bm nb^n 
*iibk /ë r Nim rm ■ -nia inbsn —in&t T3&b "wn D^ban w« 
nmaiam naiima ïwai nniaana i-rcpm imba-<a m^s^rt N^^rr 
p S* arwn imNim n« "narb nNïrs ïfrsfi n« nna'n immsa 
*wn inrp-iab ^-r^isaa pnna é -naab ^nsa-n vn*pn?h vo"i:?£ aia 

à mort. Celui qui l'assassinera devra payer une rançon de vingt sicles 
de cuivre 1 . » C'est à cause de cela que beaucoup de savants samari- 
tains furent massacrés. Il fit démolir les synagogues, jeter dans le feu 
tes professeurs, tant Samaritains que Juifs, établit sur eux des com- 
missaires d'impôt, leur défendit la circoncision. Ainsi fut accompli 
ce que Dieu avait annoncé par sou serviteur Moïse en sa loi sacrée : 
« Et tu seras dans l'effroi nuit et jour, et tu ne seras point assuré de 
ta vie ; tu diras le matin : Qui me fera voir le soir ? et le soir tu diras : 
Qui me fera voir le matin? à cause de l'effroi dont ton cœur sera 
effrayé, e'i à cause de ce que tu verras de tes yeux » (Deutéronome, 
xxvui, 66, 67); et aussi : « L'épée au dehors, et la frayeur dans les 
chambres désoleront le pays, le jeune homme et la vierge, l'enfant 
qui tette et l'homme qui est blanc de vieillesse. » (IHd., xxxn, 25). 
Après cela, ce grand-prêtre engendra trois fils : l'un s'appelait Baba, 
c'est Baba le Grand ; le deuxième, Acbon, et le troisième, Phinée. Ce- 
lui-ci habitait la ville de Mahné, qui est située au pied de la mon- 
tague élue, le mont Garizim. 

Baba était un homme intelligent et instruit; l'esprit divin était 
sur lui et il était animé de zèle pour sa religion et pour son peuple. 
Il chercha alors le moyen de délivrer les Samaritains de ces an- 
goisses. Puis il alla au mont Garizim et adressa une prière à Dieu. 
Voici le texte de sa prière : « Seigneur, qui, par ta puissance, as 
créé tout ce qui existe, l'as disposé par ta sagesse, le fais mouvoir 

1 Cette phrase absurde signifie probablement que l'assassin recevra une prime de 
vingt sicles prélevée sur les biens de la victime. I 



88 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

nns-n imm» nTaa yn no )k atn îmbat'a vbN SbsnN nuîNb 

t-nnnD3ïl tD^Dn 173^ 1» Î-TN WH8*3 "IJ^tt^n "ÎTlbl s-ian niBKb 

-h^n ^1*13*1 ^yb nbon ^b«i25« mmas laam tann mNbaam 
r**bi "pb* xbn •psm t**bi ^by aba ubp73 «bn ma7a fcsttb TN 
^73* ba> rt«a ^hen nNTn î-ïjnattt n« ann Innai T^baTa "pansa 
b^n^m *p ta^nsibrt û^abTam am "wns a^an tn&a ^nbnai 
©rahïi i?3 13*^1 Tmpin *-nrca>b iaa* ***b ^ibk ^n-nn "-1202 
naann bab tsa-nnrnaTaïi ^rnba^ "j-naT r-pattjttb îatam ^rvpa*n 
"jmrpa *bba 173 taïts-ianjan ^prnawa ^a^-ra ta"n*noii ^m&na 
tairasDn ^ca taîmna iisa» n\sa a^bibab ta^naan b"»b*ab tmairn 
cbiûn ben narPTars a>a-ia anan Kb laibfcn r^-naaTa nbna -îa^aia» p S 
r-iispai wa&b "-psan nana ^a mari ttwsto nban to-m-iNrr 133 
■p "nara 'paaa baai l-aab baa naïamn ^a inNattn "pnba ■>"•* auî7a 
rrnn r» nsu^ abi ^mmû 1 * t^b*i ^d-t^ ^b ^pnba 'n taim b« ^a 
nmiaaô n37373î iisn ba» nanT^n ^btusa nnan tanb jatsa nœ» ^ma» 
Sir nnn laKwn ^msiaa 173 nabiacn r-*mai bvti Sn rirai *pnanb 
la-rnaNb rpia* ma^a lab r-risan "pon» la^ba» t|ptum ^rmp 
maa-o û^rr ^ina itoa'n taa^b-na a^EnSTaa tPiattt mia^a tanbarn 

par ta volonté et, lorsque tu le veux, le mets en repos ; tu as choisi 
ce peuple pour adorer ton unité , tu as pitié de celui qui se repent 
de ses péchés et pardonnes à celui qui prie ton unité; tu exauces 
les prières de celui qui t'invoque ; tu te détournes de celui qui 
s'écarte du vrai chemin ; tu ouvres à celui qui frappe à tes portes 
et lui portes secours ; ô toi ! dont le nom est : « Connaisseur des 
choses visibles et invisibles », dont la gloire est exaltée, je t'adresse 
mes supplications pour que tu pardonnes à tes serviteurs qui n'ont 
d'autre abri, d'autre refuge que toi, qui ne comptent que sur toi, 
qui ne peuvent être aidés que par toi. Tu connais la calamité qui 
accable ton peuple, venant de la part de peuples qui détestent ta 
religion et de rois qui te renient et qui traitent de mensonge ta loi, 
qui ne veulent pas se soumettre à tes ordonnances, qui refusent 
d'exécuter tes ordres, qui veulent faire cesser le souvenir de ta 
puissance, qui se prosternent devant toute abomination à ta vue, 
qui s'écartent du chemin de tes commandements, qui évitent de 
t'ètre agréables, qui adorent les bealim, qui se prosternent devant 
les idoles qu'ont fabriquées leurs mains d'après leur fantaisie. Mon 
Dieu, si nos péchés sont trop grands pour être pardonnes et si tu 
ne te tournes pas vers nous, fais-nous mourir à l'instant, mais ne 
laisse pas dominer sur nous nos ennemis maudits. Souviens-toi que 
tu as écrit jadis dans ton livre : « Tu rechercheras de là le Seigneur 
ton Dieu et tu le trouveras, si tu le cherches de tout ton cœur et de 
toute ton âme, quand tu seras dans la détresse. Car le Seigneur ton 
Dieu est miséricordieux, il ne t'abandonnera pas, il ne te détruira 
pas et n'oubliera pas l'alliance qu'il a faite avec tes ancêtres, qu'il a 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 89 

vsy Sa n«i ïhshb maan tbe«aii3Ei aaw» ï-rtnn ûrib b^BW 
'n'n i»n 'p'ia ^p-ia ^an ûbia>b ^ot '■p-ia-i nnN ^na t^ri "pria 
^nfc&n taaa>n ba ^nnrt va i13 " 1 ^ 32 'W ^na c^ba srrb« y» 

-aa wn nansn n«ï» b*^2r7j Sba aman ï-r^n ruaKn i-na ûïrbN 
f*nrr nban tannin nn« «srn Tmyn ynvn imbN ^Nn "hujn 
*aav baa "nam "i?aa> a-nTaian Saniai "^a m? ^^a '■aai théo 
e^irr naosn hiffi^ ma ba mN inro^i ûnwïïïi Stn^i '•sa 
a^rj Sa a^Ma numpn minri "idd r-ia ianp"n i-iaittîan vnan 
mbna mbipa ûïrmbN 'ib ibbsn^i nTanTrn rroH imi^ nbbm 
taamN ïam a-ip^a Sa?a D^nan Sa n&o a^aann Sa pn t^a"n 
banw* n aa ba nN fcarfnabi i?aip7a ba îû-w Sa iab fcarrbN -j»n^i 
wnpn îmnrt -)do n« a^jb"n taa^^ai a^aa n^Nïi ba> ta^^n 
aaaab Saa ia L^"ïtt3N a^stf^am aa^pinm mi^aii pn tamtoan 
Saa Moy^ ûamiaN fca^aia» "pn nia&îa aa->nN7a baan aaiDDa bam 
nn&o ttbTO i-rwaia rtTïi naia Sama^ ^aa ir-naia^ ûmN i-nst nura 
■tok Wi ^as nm ï-i^aD ta^aN a?n rrpm iran saa npb p 
a-nia amN jDtt5"»i ta^an ûTaia trip^i yira ^a*iu) n?aN -ton tmba 
ia"WN ynT7a Nim ^aina àann tani73Ui inbai Da>n Sa ba» 

établie par un serment (Deutér., iv, 29-31). » Maintenant dous te 
prions de nous aider à exécuter notre dessein selon ta volonté. Tu 
es un Dieu grand et redouté; délivre-nous de tes fléaux, mets -nous 
sous l'ombre de ton toit (de ta protection), accorde-nous ta grâce ', 
fais de nous ce que tu as fait à nos ancêtres, que tu as délivrés de 
l'esclavage d'Egypte par de grands jugements, qui ont passé la mer 
à sec, ayant l'eau comme un mur à leur droite et à leur gauche, toi 
qui as fait périr dans la mer Pharaon et tout son peuple; tu es béni 
et ton nom est béni jusqu'à l'éternité ; il n'y a qu'un seul Dieu. 

Baba le Grand descendit de la montagne vers son peuple et leur 
dit : « Que dites-vous, et quel est votre avis pour nous débarrasser 
de cette calamité? » Ils lui répondirent : « Nous approuverons tout 
ce que tu nous diras. » Ensuite il sortit avec ses frères et les chefs 
samaritains, passa dans toutes les villes habitées par les Samaritains 
et y ouvrit toutes les synagogues. Il se réunit la première fois avec 
ses frères et lut le livre de la sainte loi devant tout le peuple, qui 
loua et glorifia Dieu, qui chanta et pria Dieu à haute voix. Puis il 
convoqua les savants et les prêtres de toutes les localités et leur dit : 
« Allez chacun de vous à sa place et enseignez à tous les Israélites 
orthodoxes, hommes, femmes et enfants, le livre de la loi sacrée; 
exécutez en les commandements, les ordonnances et les prescriptions 
de tout votre cœur, de toute votre âme et de toutes vos forces, comme 
l'ont fait vos ancêtres, qui ont observé tout ce que Dieu leur avait 
ordonné. » Les Israélites furent remplis, par ses paroles, d'une très 
grande joie. 

1 Mot à mot : Regarde-nous du haut de ta bienveillance. 



9 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

i* ©«nii ï-isnttin n? sma "pbNTj iViaai pan inn» "p ■ittmH 
ibi ï— rb-^o nsa mnptt Nim i:ir ^cn «pt "pa ©an n">B"io i-iW 
irwnpn îbi "psno nwb» 'an n^no mm iy jrnsw nairwan 
•«nann rroiWBnn i-wnpn nbi Hrpï "»3OT» -nb pa 'in rnaœn 
pD bn»* iiarcn v û73n ncio ïT)ïti nna naa rrnp "ma™ ibM*TD* 
*3ien iinnsn mp» tznptt riwoa ibi no^so naa rrnp ^awn "nb 
wi inaia "jio?: DTûbi iMb iroT n2Nir?3 t^bn ibanw*' ie-n i?*9tta 
bp» "pa P* 1 ^ 3 Briserai Do^nN ^a lyfcta nTsab ïian Naa tms 
pysttsn binas ■ "papa BDV&a û^d m^an e**bi ma pai ttjn pai 
aat) rr^p* 1 1238 nanrri î^m û^nbab ^auiTon ^a tz^n ^ass iman c^bi 
t<aa p^i pi»*"* nias nain ba nN bms ism vny^uîi t?n pa"npn 
n;*a 13737^ fcpbbanttïi ynnnb ba ma a'nna nn tpoa tr» i-rip» nan 
nnn bitt la bbannb N",n« nnn nnn iwaa ma taa p*n *"nbsnn 
rwab a san nbao ?i3»is mma vra nan t*aa taaa fa^i rtffj 
nT^b« pria m Esrôrari d^nan naina ta^napTon tirn»* t-nnp 
Tiw an3D "ja ania-'aN îrarra aai taa^ptn û^aram onî&i n^man 
nHF35 'a «an rrnp nia^a 'a abia>b 'n'y inna anTto n^an tana:N 
'i pnax mnp nia^s 'n nma n-np rnia^a '1 îtin733 ma rrnp 

Puis Baba Rabba prit sept hommes d'entre les anciens, hommes de 
confiance, véridiques, détestant le gain, les nomma « sages » * et les 
établit comme chefs sur tout le peuple. Voici leurs noms : le premier, 
Farubaï, descendant de notre seigneur Ithamar, fils d'Aaron le 
prêtre; son domaine s'étendait de la plaine de More jusqu'à Mahné ■; 
il devint le premier secrétaire devant le grand-prêtre 3 . Le deuxième, 
Jasubu S de Caphar-Sila 5 ; il avait le rang de second scribe. Le troi- 
sième, Elinaé de Sarfin; c'était le second lecteur. Le quatrième, le 
prêtre Lévi, habitant de Zaitha, premier lecteur. Le cinquième, un 
laïque, habitant de Caphar-Maruth, cinquième scribe. Le sixième, 
Amram, un prêtre, de Sephasa; il était deuxième interprète. Le 
septième, était un laïque dont nous ne savons ni le nom ni la ville 
qu'il habitait. Baba leur ordonna : « Ecoutez vos frères et jugez selon 
la justice tant Israélites qu'étrangers. Ne faites point de différence de 
personne pour le jugement, écoutez le petit comme le grand, ne 
craignez personne, car le jugement est à Dieu. La chose qui vous 
paraîtra difficile, vous me la rapporterez pour que je l'entende. » 
Puis il leur prescrivit tout ce qu'ils devaient faire. 

Baba le Grand bâtit au pied de la montagne de Garizim une citerne 
pour que les gens qui venaient y prier pussent se laver. Il éleva 
aussi une synagogue au-dessous de la montagne pour qu'on pût 

1 C'est le titre de hakham que portent les rabbins en Orient. 
i Aboul-Fath, p. 130 : de Baith Cabiha delà grande plaine. 

3 Aboul-Fath porte : « interprèle ». 

4 Aboul-Fath : € José ». 

* Aboul-Fath : « Sabla ». 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 91 

fcaipttïi vnpu NIïti îia'iiu&nb i*tt ï":73tt Dbi&o fcabra rrnp t-iiDTD 
nirniD 'n pn nm rrnp nu^rû 't ba ma Bpawa "in -îna-ittn 
JâVi bN ira cnm} nrs bsN amfc ■jb-wa PirfiK fcoa -hûn rtrosa 
Tiftbnm anp7ab w^n rtnaa» nra^5 nais arrn bm mp» w 
^KjrW tbttj 'n tD3>n "nsiKl nifâia ribai bnpî-t rw n^pa Pltëtëbl 
b^bs T3f 1* nnb JE !ibn3 nnna innDTD73 bsbh «31 t*oa ib p: 
p3 iido^ 1^12 aipji i73U) '3 n3?a pan 1733* cua-n fca*fl b? -n»&* 
^-p* 13> t-do^ TW3 nbn: nnna "innstz)7373 babn rra-i t^aa ib 
nai aaa rè ïns Dnn p j-pt im 'a ba^ro parr 1733» ûta^ jrraaa 
ba ma tourna -.n nnm»n mpfctt tnp» nbro nnn» innsu:^ h>ab"i 
pm p yiBifn 173^ 't nbs p ■wbN pan 1733» tsui-n pn^n ~;3> 
tmz^i caaia rma b« Sibn *iaa p nnnsi!373 Sabi ib pa \iy p 
toann î-Tp-173 ^aN aim PWltt inia^sl "no p ta-i733> 1^5 17:3» 
15737: *.*ttl>â r-Kimpn ïTiinn S:? Tift^n ibi mP73ann baa Swïl 
«bai nm i^ibi Ta pbm effnawia y-us ^^73 ■rabn !-ith DV>n i^ 
nie p 118 p ï-w^attia p toma» "17312: '- isnttïl pbm *WW 
pa 1733» û«*i û^niDVB y-is PHI Q^n tprw innDïîtt babi ib p: 

*7* 1TTT3> 173 innDU573 Sabl ib pa — PD73 p bfcntt- 1 1OT 1 *"î5515n 

prier en face de la montagne. Baba construisit huit autres syna- 
gogues dont voici les noms : la synagogue de la ville d'Amratha, où 
avaient été enterrés les grands-prêtres, les enfants d'Eléazar et d'Ilha- 
mar, et de Phinée, les soixante-dix anciens, notre seigneur Abisué, 
fils de Phinée, et beaucoup d'autres hommes descendus d'Aaron (que 
la paix soit sur lui I ) ; la deuxième, à Hagga ; la troisième, à Beth- 
Namara ; la quatrième, à la ville de Tira ; la cinquième, à Sabarin ; 
la sixième, à Salem dont le nom primitif était Aï, à l'est du mont 
Garizim; la septième, à Beth-Dagan ; la huitième, à Abantha ! , dans 
la plaine de More près du mont Garizim. 

Baba construisit en face de la synagogue d'Abantha une grande 
école, qu'il destina à l'étude de la loi et à l'instruction du peuple. Voici 
les noms des chefs du peuple : Ismaël, à qui Baba donna ainsi qu'à 
sa famille, comme possession, le pays de Louza jusqu'à Galilée sur 
la mer, et avec lui était le prêtre Naané. — Jacob, de Yascur' ; Baba 
lui donna le pays de Yascur jusqu'à Tibériade; avec lui était le prêtre 
Nathaniel. — Zeith, fils de Taham a ; il lui donna et à sa famille le 
pays à l'est du mont Garizim jusqu'au Jourdain; avec lui était le 
prêtre Eléazar, fils de Phalab. — Josué, fils de Barac, fils d'Adan ; 
il lui donna et à sa famille une possession depuis Caphar-Halul jus- 

1 Aboul-Fath, p. 132, donne les noms suivants des localités dans lesquelles Baba 
construisit les synagogues : Avrata, Salem, Namara, Hagga, Garawa, Tirat-Lu78, 
Dabâriu et Beth-Djin. 

* Aboul-Fath, p. 133, -D^3>. 

3 Taulidé: Dnn. Aboul-Fath : ûr»3. 



92 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

nnnN Ï3 p2 nbmœ p E|OV 't dibra fris ib* dot tains» Vna 
•ua* depi irnop "n* iy ïiaa î-ma ba r-pa û^ïna nrs }tt i-ibo 
• nnriN mnaM babi ib ina naa p bar ia«5 'n -frit p pria pa 
17:uî 'a i-irss p sp-p pa i»^ ta^ni na? *w b7:-on biM p rtbna 
*]y n-np«a ma» i-ibm r-inne* innsM babi nb pia '— na p naa 
jnatû'n bwbbntt p ty* ïtjkît nma i-raa nus« tw r*nn mac "-p* 
173^5 '1 naî p p-N pa mzv taun i&m» '— isaa rwi î-iama 
bna» nbna tnnn» innEta» babi ib pa mra» p nair p acra 
^-pa» p mr pa n»? tau^i a^ao pms '-p* ^ "îaEfci oinaa 
babn ib pa ^a* p •jarniB p ma i^aus 'ar nsiai aian î-pm 
on -M3N "îmnp ba n&n pDab bro ny b*ba nn» nbn^ nnna innstû» 
ton upn ï-nîri "nb p ï-pî pa i»? ûizpi t-ibisrarra nt-tn arao 
barrai 133 iknoa an nb« ta^-pan nnan nbi ma'm tznan Tjyn 
Naa Nbasi Di-pb? pas y-iN ma abs'n rm t^aa 'nn tsttst» naa 
-ndn rvrcarD 1731b rmwa ana-i ta^abN yrha nairn -paiîn s-rai 
y-iN banai "•sa na^b D^3a aai mra i-^aai t|b« naiû s^m 
moab s — ta*^ a^antr niûEm his» la^m C]b« r-isra ann naN p33 
naa arn ma a 'n iaa> nta» "j-pin r- i^jj* na** îPYipïi pa»!! ïhn 

qu'à Beth-Sebat; avec lui était le prêtre Amram, fils de Sered \ sur- 
nommé Faguta. Ce fut le père de Marca, le grand savant, qui était 
instruit dans toutes les sciences. Il avait fait un commentaire sur le 
Pentateuque, dont il nous reste un fragment sur les miracles que 
Dieu fit en Egypte, un fragment sur le cantique de Moïse et un autre 
sur le second cantique de Moïse. — Abraham, fils de Samatima *, fils 
d'Our, fils de Perath; il lui donna et à sa famille une possession 
depuis la côte de la mer 3 jusqu'au pa\s de la Philistée 4 ; avec lui 
était le prêtre Hacuma. — Israël, fils de Machir; il lui donna le pays 
de Gaza jusqu'au fleuve de l'Egypte; avec lui était le prêtre Salum. 
— Joseph, fils de Suthalé ; sa possession était depuis le mont Gari- 
zim, la Bonne-Montagne *, jusqu'à Césarée ; le prêtre avec lui était 
Aaron, fils de Zahar 6 . — Zaal, fils de Bakr ; il lui donna en posses- 
sion, le pays de la frontière de Garmel jusqu'à Acco, et avec lui était 
Joseph, fils de Saphuna 7 . — Bakr, fils d'Our; il lui donna en pos- 
session depuis Tur-Nacura "jusqu'à la ville de Tyr, la ville qu'avait 
bâtie Jared, fils de Malaléel. Il y habita, puis il mourut à Caphar- 

1 Aboul-Fath : T)3. 

* Aboul-Fath ne donne pas ce nom. 

s Taulidé: 1-mm 173. 

4 Aboul-Fath : jusqu'à Khorazan. 

5 Taulidé : ^na !TTlt3 p. Aboul-Falh : naL] ITHB, les mots D'n'HS 1Ï1 y 
étant omis également. 

6 Taulidé et Aboul-Fath : "1HN. 

7 Taulidé et Aboul-Fath : HD^it f}DV. 

8 Abeui-Fath/_p. 134 : *nn ma. 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 93 

ïrjynBNitt tmbàrj )n ta^iEian }ftmp^ m »iab to^ia ETam qb^ in» 
&^tt)m i-nriTam smwa a>3U s—idiiî *om laza^aaisa r-nba ton iibk 
&spïi ruban ï-ïnti matûn i-nbah i» ta^aran bâtirai 133 Ni3b s-rau; 
pan irrita? p bN^aj nn riaïrD ^3 iêo^i pi^ ^bTa t-nba 
r-)3b?a»b snaœ d^am rta?m r~nN73 lau: n]\2j srn nto» bran 
r-iaia arn itûn yiNïi br> ba> ^b?2 ira» irrwbn ^b* 3 ii330N 
^iuîn tfJinri tpi^ Jtubn û"n73 p an^ Ni37a7ab 1-7317312:1 r-nwa U5buî 
"pbTa'n mi N33 'in i-n aar733 ûwn nNT3 î-mrr m ma?» tap 
pria p -i?an^ larmK a>iî73 ira» fca^ïTDti dn a.b^i ils» fcpwai» 
■^biam ^btt ^12 m "naia* troa û-'imn œid iTar^a va iiî-pi ■jnpn 
wn î-iba ns-n Ta> ■rçsiam "tin iffl^nm yiv vytfn biopiir 
133 mnswa ba> p33 yiN n« nai N33 imNr-r pbrm paaa yiK3 
ûibujb *ob arpbN I73&n tamba* tparosi nN pbrm tzrnTaizjrr barw 1 
iNari 112b '17a ^nb3 i6rrn b«i nazi y n bNi namn ba ia£73Ni ipTn 
Isa ^ma&o im ribna nn7a^)3 taianaaïn û^usam tzPEsnn "pao» 
mat iiû&o nua^^-i i?aip73 b&< 'n b3 tranaarn û^iaam tamarin 
□mbip riN baiœi m nia? bnp bra wm nan N33 taniN 
ta-mpsrr troTan iK3^i *p3rp 'ib m7373iim mbbrsnm niTiDa 

Merwan * ; il mit avec lui le prêtre Aaron, fils de Zabd. — Saphat ', 
fils de Sabo •, fils de Machir; il lui donna et à toute sa famille une 
possession depuis le fleuve de Tibériade k jusqu'à la ville de Sidon ; 
avec lui était le prêtre Zariz, fils de Manir 5 , savant et écrivain. — 
Barad, fils de Surian 6 , fils d'Amed; sa possession était depuis la 
montagne de Galilée jusqu'au fleuve du Liban et toutes les villes 
qui sont autour de la montagne dans la vallée; il mit avec lui le 
prêtre Zaith, fils de Lévi, homme pieux, honoré, savant et rhéteur (?), 
ayant des collègues pieux. 

Ceux-là sont les chefs des enfants d'Israël que Baba le Grand avait 
trouvés et entre lesquels il partagea ensuite le pays de Canaan. Ce 
Baba le Grand apparut dans Tannée quatre mille six cents de la créa- 
tion, qui est l'an mil huit cent six depuis que les enfants d'Israël 
étaient entrés dans le pays de Canaan, l'an mil cinq cent quarante- 
cinq depuis la disparition du saint tabernacle qu'avait construit 
Moïse dans le désert sur l'ordre de Dieu, mil cinq depuis que les 
Samaritains sont revenus de la première captivité, c'est-à-dire celle 
de Nabuchodonosor, l'année sept cent quatre-vingt-quinze depuis 
qu'ils sont revenus de la seconde captivité, faite par le roi des 
Grecs (ils revinrent sous le pontificat d'Abdiel fils d'Azaria), l'année 

1 Taulidé : ynft -)DD ; Aboul-Fath : ni1N73 1D33- 

2 Taulidé et Aboul-Fath : I331D. 

3 Aboul-B'ath : 113it. 

* Taulidé al Aboul-Fath : nîa^b 1Ï13- 

* Aboul-Fath : 1^3373 p I^IT. 
e Taulidé ; ï&ryitB. 



94 REVUE DES ETUDES JUIVES 

msari mpin rnt»yw ddin ana»b a^^tî'sëH ^wn na^ amb* 
taiD'vi mp?2 baa û^itt»rj btn\i:"> ifcîa ba wpvi rvai^pn Mmrn 
i«»8 wbw i-Jttt -ima Y- 73 ^ ^^ "i^72U3^n iaaa tniN nmsr i 
DnN-ipb N2TH t— inn aaa bis n^->-i vntawi taïïi i*nM tnnpb ^b^rr 
ba nai Naa ^bb îma ûn?2 *nm5in a^an triaaN dritt mrm 
tarnns bab ï-ian sa a Hto n^N bs hN anb "iTa'n ûrrsb» 
riînpb i^a^i nsa^r; b? t^an ûn«w i-rainbîa -nos» d^bwrt inb'ttm 
b» fian&npb nnn t^aa D5 Mjn nprn va t^n-i J-ian t<aa 
an» »p ba tn^a t^rna "nn fcnpfcft bitt Nin ^-ndn lao* ^n 
ûïib itwi aarrab^ b« iNa*n labm ima aî-ra imirn tran trioaN 
bai trab^rt a* man f-nwnbw haï Naa m-n ï-hû* niTN baa 
■»a a^ab^n n&n niDNa w û^n nsoa a-mna mis* -iuîn vmTanb» 
*i»»b û^nrpîi rm itfrosb ttw iribnH nan Naa m»nbtt» û^Kb: un 
ina û-nttiDn banu^ *^a ms ^çb^a nan aaa f^n annhb nbam p 
■roai nbaimi abiûiT wa -nbn aasnp» nx msab ix ^:ba aab 
ap ût» ^a d"mrp!-ï ihbT t^bi nan aaa 'nn ns n^nb innrp 
ktoi n:?a wi ûfinb*B ao^n ïhn d-pi b*wi ï-nttnbEb rjan aaa 
mp?2 im-n rrai -ica rrnpa tnauï-p b*»*nîTrt rms a^a^ tnz»N 

six cent cinquante-cinq depuis le règne d'Alexandre le Macédonien, 
qui a régné sur la terre entière, enfin l'année trois cent huit depuis 
l'apparition de Jésus, fils de Marie, l'épouse de Joseph le charpen- 
tier, qui était de la communauté juive. 

Ce Baba Rabba régna quarante ans; il répartit les prêtres descen- 
dant de notre seigneur Ithamar, fils d'Aaron le prêtre. Les fils d'Itha- 
mar étaient au nombre de six : le premier né, Abdi; le second, Ma- 
lec; le troisième, Sadkiel ; le quatrième, Seba; le cinquième, Our, et 
le sixième, Az. Ceux-ci se multiplièrent et peuplèrent le pays de 
Canaan. Baba Rabba partagea le pays de Canaan entre les familles 
samaritaines et répartit les prêtres parmi elles en leur disant : « Allez 
en paix, soyez forts et courageux, ne craignez personne en dehors de 
Dieu 1 . » Ces savants, chefs et prêtres, allèrent avec joie chacun à son 
poste et firent ce que Baba le Grand leur avait prescrit. Tous les en- 
fants d'Israël élevèrent la voix en chantant et en glorifiant Dieu 
(qu'il soit béni!). Puis, lorsque les commissaires d'impôts, préposés 
par le roi Alexandre, furent venus les empêcher de pratiquer les ins- 
titutions et les ordonnances de la sainte loi, les Samaritains se sou- 
levèrent dans chaque endroit, les tuèrent et les jetèrent dans le feu. 

Les chefs romains en furent informés et ils envoyèrent saisir les 
chefs samaritains. Mais, lorsque Baba le Grand en fut averti, il se 
dirigea contre eux et en tua un grand nombre ; les survivants s'en- 
fuirent et annoncèrent à leurs rois ce que Baba avait fait à leurs 
frères. Les rois envoyèrent une grande armée, qui marcha contre 

1 Aboul-Fath, ibid. porte : « Ne craignez pas tant que je suis vivant. » 



ÙNË NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE î>B 

tov c^i-im ma^a nss n-npb Nia ûvo nan Naa-i ^osa nis? 
nauJH di^a mrt "O m»»5 nca- n\D5aa ï— .auîii pn rrnzwb ruran 
rrab nai Naa by Nab d^nmtt ii5tfi*i ma^ar: maw s^^r^ Nb 
d-H7:is> bïn "1702 nm ba> r-ian wn annb naujn rnb^ba rrapS^tt 
bbam TODtt dTtt ûtrnnoa t<ba itoUJ ^lai Niti -j-nra "n dnb^na 
û-nMn btn-EP *aa hi5» man ïiujn ttb ttmtn n^irr» ton *!3 rnb 
-i73Nm rrr*!n ntti nbT-n nat-Ktta r-narcn n« anan dm: nnN bai 
haçn nb^ba wan ab *a ^mnN "ptttt "*ip rjmanb rtmrprt !-nûtftt 
■np ï-ïtï-î -mb bb^n rwi m-i^ran maarj rtb f^m irwsstt rr*ab' 
"pba ^man p nb ^n^am ^by^ bbaïi *-in ttoan nô ^»a 
nwa k-rapatt fnnn ^D3 Tnm ^b? "nain r<T&o bban "ima 
bban ^bN na*i ^insn ban wrn ba* rrnian rpba* fc ma«m ûmrpri 
b^iwîi ~\wy ^m avn as^a ïvba ta — i?3Nm "p^p -ma Nib *^ao 
■pria* ba nan ^nrs imtttrb %ftn na-i Naa '-n bbaa wptt 
raan dT>a ^ t>*b rrortbE ibai anbsna &"H73i3> dm nn^n r-^ba 
^rnn» rpb* ^nwY* ^a* ïrrrj ^nairt bbaai naiafa nb^ba Y-p^ai Ntb 
n« i-mttian nu3a*ïi ïiarçaœ -flB«ai nîr: na^r? rna* "pba "maii 
mn *<aa ^d ba< *jbm ûpm na ^p nanpn va dp ntr: na^n 

Baba le Grand et contre ses hommes avec une main forte. Baba se 
porta contre eux jusqu'au mont Ascar, qui est en face du mont Gari- 
zim, et en tua beaucoup. Les survivants s'enfuirent et, étant par- 
venus jusqu'à leurs rois l , les informèrent de ce qui leur avait été 
fait. Baba le Grand fit beaucoup de guerres contre les rois ; toutes 
ses guerres sont écrites dans les annales. 

Lorsque les rois se virent trop faibles pour continuer la guerre 
contre Baba le Grand, ils envoyèrent dire aux chefs des Juifs : « Si 
vous pouvez tuer Baba le Grand, roi des Samaritains, nous vous 
donnerons la permission de reconstruire votre temple à Jérusa- 
lem. » Les Juifs cherchèrent alors un moyen de tuer Baba le 
Grand, oubliant que, depuis que Baba le Grand s'était levé pour 
faire la guerre aux peuples païens, ils avaient été débarrassés de 
leur tyrannie. En ce temps beaucoup de Juifs habitaient à Gaphar- 
Namara, et ils se réunirent pour délibérer en secret. Gomme ce 
jour-là était un vendredi, Baba le Grand y vint pour célébrer le 
sabbat dans la synagogue de Namara, car il ne sortait pas de la 
synagogue le samedi. Les Juifs décidèrent alors de venir à l'im- 
proviste la nuit du samedi à la synagogue pour tuer Baba le Grand 
et tous ceux qui s'y trouveraient avec lui pendant qu'ils prie- 
raient. Mais Dieu (qu'il soit béni et que son nom soit béni !) ré- 
véla leurs machinations secrètes du vendredi par le moyen sui- 
vant : Une femme juive avait pour amie une femme samaritaine, et 
l'amitié entre ces deux femmes ainsi qu'entre leurs enfants était 

1 Le récit d'Aboul-Fath est ici abrégé. 



90 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

s-n*nïr*tt î-iibnîi tottî dn ïttdt r^bi nb^n d^n^d T3sb ^aim 
ï-wna ttiïtnwn tokîi "ndi t-i« irai nss 3>ttir> niûNd wi rrrron 
d\Nin d^frm !W»ïi t-nn bN tou ^ïït» bd ^sb ana-n ,ta ib 
d"Haa dm ndiotî -ma idinb niïti ïro^àïi W»a b&* ns ^d ma 

r<nn own rrn nabyi r^n raiarj iïri iiû6n b? mpbum d^aab 
.W»?i *-raE «sm d*nna d^aa iDnb^i d s 3nbn d^mrt nN nan 
SPTtiWi !W»»ïi tnN Ni£-> «in inN^n a^TWii ^iD3K 13>t t<bi 
■nao d^nbim wnïfo ttai Nna bj> iiasmi W3dtt mab iN3 
nidNd wi dn bips di-pb^ ttai «aa py^i ia« nwn armriN 
dbia ibnaai dm thn b^m wrn drmrtNtt ttan «an bip [i3>ttid] 
d^ï53N imm *inDi ï-p^n drrb* bsm dmaab i}733i rrwn ram^'n 

id ^"H* 13H3N 13T1N id inttîOI T^N 11Z3M dïltt d*1Z3381 T»3db73 

ma dN ^d an 1372? mia* t^«b nnai "p^i fin 131mm isaan 
d"^3Nn -nne* rm Nnn t|Tn^i 13^7: d^an ottn r-nom i3b mm? 

BlDWn nnilîrt N£173 1* 1*312733 Ûm8 rwn da^l V3Db73 1H13 niÛN 

ï^^rr nidN nyrni j-in dTnïrïi to np*n ia«3 dD-iian û-nr-m dmb* 
173U51 )*«caDtabp "fbtt nbu^i nbKïi d^anrr mna ^mi bivan bi73 
d">id3N ib nbu^i i^3Nadp nvb i^ba t^iab nm «33 bx ois^b^o 

très grande. La Juive dit à son amie : « J'espère, ma sœur, que tu 
n'iras pas la nuit de samedi à la synagogue- La Samaritaine lui dit : 
« Pourquoi ? J'espère que tu ne m'en cacheras pas la raison ». L'autre 
lui dit : « Je t'aurais révélé la cause, mais j'ai peur que tu ne me dé- 
nonces et m'exposes ainsi à la vengeance des Juifs». La Samaritaine 
lui dit : « N'aie pas peur et ne crains rien ; raconte-moi la cause et moi 
je ne dirai rien contre toi ». La Juive lui dit : « Les Juifs se sont réunis 
aujourd'hui et se sont concertés pour tuer Baba le Grand avec tous 
ses frères la nuit de samedi pendant qu'ils seront en prière, car 
a'ors ils n'auront pas d'armes dans leurs mains et n'allumeront pas 
non plus de feu. C'est pour cela que je crains pour toi et je t'ai dit 
ces paroles. » Aussitôt que la Samaritaine eut entendu ces renseigne- 
ments, la veine du zèle se mit à battre en elle. Elle vint trouver 
Baba le Grand et lui raconta tout ce qu'elle avait entendu, sans men- 
tionner le nom de son amie juive. Lorsque Baba le Grand eut en- 
tendu les paroles de la femme, il se prosterna devant Dieu; puis il 
alla à la synagogue en présence de tous les habitants de la ville. Les 
Juifs le virent entrer revêtu de vêtements blancs et couvert du ta- 
lith l . Après le coucher du soleil, dans l'obscurité, Baba ôta ses vête- 
ments blancs et, revêtu d'autres vêtements, il sortit de la synagogue 
sans être remarqué par les Juifs. Aussitôt qu'il fut sorti, les Juifs 
entrèrent dans la synagogue et cherchèrent Baba le Grand pour le 
tuer. Ils fermèrent les portes derrière eux et allumèrent du feu. Baba 
alors poussa un cri et les Juifs, ayant entendu cette voix derrière 

1 Aboul-Fath, p. 138, ne donne pas ce détail ; il dit que Baba était revêtu de ses 
vêtements [ordinaires]. 



UNE NOUVELLE CHKONlQUE SAMaKIIàINE 97 

■*-p*b îiai aaa 'nn 'fm aibia i»:? mmb "jb^rr ^aiï miaaa 
•piûsn ba ïhn mim iT*a dw^d ^bEFî ipn mo&n •paiNMOp 
^bn '-irtNi baa mn :^aa *Tn tîjïi yin» na*i r<aa n*i f<b 

lîT! VaK ^Bb Ûp^l ^£33KbDp *P3>a "VON bSttb ÏTOI X33 p i*fc 

ttPN Nim inanb s^np'n nbu^-i ni7ûb mi t<aa 'in w iaip ^a 
a^ia -nan T^*a in ^nNs» aa ib ^an ma u^n EWiSTn p 
"»53 na m npn "ion ^la* rrwi 'na ^a-ban tarn nrtn "jv t^s 
•nan ib jara'n imbi» ma b&o ^i« ba ia ^bm wïi aipttï-j p 
i»y b« spam nai «an n» p -nn&n ï-nn iairj by 'n'a 'ri araa 
iD-»Nï-t mam ib part isa ina* nap^i p« "pb* "inmbon 'rr "pïi 
■rçpï bm ^bïïïi ^na* ban paawaop ^btt in« laa-n mtan iwntt 
*m nnN iiap nyb na» ^aa rarraii wi 'pBMWaop ^pt bm ima 
î-rn^a ma tawian a? nsmi a^ai awa i-rb^ti dnain H in« 
DiD^b^D ^b^rt ib nb\D "paa m» -nriN iiai Naa p -nVi iiap by 
^-im ba n« ib fm mb7ûia m^bn 'p' 211 ^ 1 n ^ n "^ t^iain 
uî^n d^ ma ian ta? la-o-m nïaatti an? ->bai rpa ^ba p "na«b 
•na» ian ib tay-n innab trai ta^a ie* ta a nbiz^i ^m^n amïi 
'-iiaaa ^sn von ^* ba wan i* i»? wi vaNb iai iiaaa 

eux, s'effrayèrent. Ils furent saisis de terreur, leur cœur se fondit et 
ils s'enfuirent. Quelques-uns d'entre eux s'approchèrent de Baba et 
lui dirent : « Notre seigneur, nous sommes tes serviteurs, nous avons 
péché contre toi, nous avons voulu ton sang sans que tu nous aies 
jamais fait de mal, car tu nous as fait plutôt du bien en écartant de 
nous l'oppression des païens. » Baba le Grand poursuivit les fuyards 
et, les ayant atteints, les jeta en prison jusqu'à la fin du sabbat* 
Plus tard, il les condamna à mort et on les jeta dans le feu. Il enleva 
aux Juifs la citadelle qui était en face de la tour. 

Après ces événements, Philippe ', roi de Gonstantinople, invita 
Baba le Grand à se rendre à Gonstantinople, et il envoya les notables 
d'entre ses fonctionnaires pour faire la paix avec Baba. Ce dernier se 
rendit à Gonstantinople, où le roi Philippe le retint prisonnier. A son 
arrivée, le roi ordonna à tous ses gens de ne pas laisser sortir de 
la ville Baba Rabba ; mais Baba apprit tout. Puis Lévi, fils de Baba, 
se rendit auprès de son père à Gonstantinople. 

Le jour de la mort de Baba étant proche, il fît venir son ami, un 
Juif, un homme de bien, et lui dit : « Si j'ai trouvé grâce à tes yeux, 
mets ta main sous ma cuisse et je t'adjurerai par Dieu que tu me 
fasses un acte de grâce : tu ramèneras mon fils dans mon pays natal. » 
Son ami lui jura par le nom de Dieu qu'il ferait ce qu'il lui deman- 
dait. Puis Baba le Grand mourut (que Dieu soit satisfait de lui et 
qu'il lui pardonne 1) et il fut enterré par son fils, le prêtre Lévi, et 
par son ami le bon Juif. Le roi de Constantinople, tous les serviteurs 

Le même nom est donné par Aboul-Fath, p. 145, ce qui est une erreur, car Baba 
ayant commencé à agir en Tannée 308, ce serait plutôt sous le roi Galère. 

T. XLV, n° 89. 7 



08 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

tzpn^rr b&nt^ 133 r-ny in irvnum nbtt-r spi*tt bN *nb jpiûïi 
t&yft bs rba ïd^i mNW3 rva rrnp ba r^n *s w*i an rr^ia 
V« ^brt avtt ba *isot carra crbrram y-iNr: ab^m cibu:n bbsa 
r**bi na? cw bs v6J n»aiûii m dtim ûba om mab nriDUJtt ba a^rj 
fE'n "inbcn nx ba"n an? nbcn bbarrn raian ï^n ^ irnab >« 
a-pa nnb bas t^b -o pm y*:nn lias? nt< mrtb i^i2t"» b* aaim 
rnwS ib ■tëra'n inban p "nb inba -o man '♦ttjaa ish*» 13 wi ntri 
"insu: 1» "î^pnb ria iwn î*w b» aauî in» wxtt^ anbn 'jnbuî 
nb^a ï-îpys ip*i"i )&n ^ y înmboi 'fi *pr-i n?û ^a im« la^Ern 
^hniàïli ftines ma n*npa nn» rnp-n mbia msa *pbs> -oa-n 
Draina ûïi fiia* ma» ba nan ï-rsn r<aa 'in pan r-nttnb» Ito 

du roi, tous les anciens de sa maison et tous les anciens de Conslan- 
tinople le pleurèrent, et la foule était grande au moment de ses funé- 
railles. Les Romains construisirent plus tard une église sur son tom- 
beau. 

Après la mort de Baba le Grand, le roi Philippe fil venir Lévi, fils 
de Baba, et lui donna une paire de robes. Il lui rendit tout ce qui 
avait appartenu à son père en fait de vases d'argent et d'or et de vête- 
ments. Lévi partit avec l'ami de son père, le bon Juif; le roi envoya 
aussi beaucoup d'hommes pour les escorter. L'ami de Baba fit comme 
il lui avait promis, il ne se sépara pas de son fils jusqu'à ce qu'il l'eût 
ramené dans sa ville natale. Aussitôt que Lévi fut arrivé dans son 
pays, les Samaritains furent remplis d'une grande joie. Lorsqu'il 
fut arrivé à Namara, tous les Samaritains vinrent pour le saluer, de 
sorte que la terre et les vallées furent remplies d'hommes. Il resta 
toute la journée, allant dans chaque famille — tous se réjouissaient 
de lui et chacun le saluait séparément — il n'entra chez lui qu'après 
le coucher du soleil. Puis il récita la prière du soir et, l'ayant ter- 
minée, il s'étendit sur son lit pour se reposer de la fatigue du voyage, 
sans avoir mangé ce jour-là. Les gens de sa maison ayant appris que 
Lévi avait terminé sa prière, lui apportèrent du pain sur une table 
dressée. Us le virent étendu sur le lit et, s'étant approchés pour le 
réveiller de son sommeil, ils le trouvèrent mort (que Dieu soit satis- 
fait de lui !). Ils poussèrent de grands cris et le pleurèrent beaucoup, 
puis ils l'enterrèrent à Beth-Namara. Le reste des guerres du prêtre 
Baba le Grand et de tout ce qu'il fit est écrit dans les annales. 

(A suivre.) 



LES « DINIM » DE R. PÉREG 



R. Péreç b. Elia de Gorbeil, un des derniers Tossafistes, a eu 
une fortune qui n'est pas rare dans l'histoire : on le loue beau- 
coup, on le lit peu; il est souvent invoqué et insuffisamment 
connu. Ses ouvrages ont subi, en partie, des remaniements qui 
les rendent méconnaissables; ils ont disparu, en partie, victimes 
du temps et de la fatalité qui s'est abattue sur toute la littérature 
juive. Au nombre de ces ouvrages perdus on comptait jusqu'ici 
les Dlnim. On n'en connaissait pas de manuscrit ; aussi la cri- 
tique avait elle renoncé à croire à la préservation de cet écrit et 
s'était-elle contentée d'émettre, grâce à certains indices, des con- 
jectures sur sa forme et son contenu. Mais ces recherches, n'étant 
pas établies sur la connaissance du livre même, ne pouvaient 
donner de celui-ci qu'une image très vague. Nous ne sommes plus 
réduits aux hypothèses, car l'œuvre elle-même existe encore. 
C'est d'après un manuscrit que j'ai sous les yeux que je vais 
donner des renseignements plus précis sur la forme de l'ouvrage, 
son contenu et son importance dans l'histoire de la littérature. 



I. Le contenu du manuscrit. 

On sait par S.-D. Luzzatto l que le « Collegio rabbinico italiano » 
possède un manuscrit en parchemin du Semah. Ce manuscrit de 
17x12 c. (dont 7x5 de bande) contient aujourd'hui 300 feuil- 
lets * de 21 ou 22 lignes ; il a perdu quelques feuillets au com- 
mencement, probablement à la suite d'un incendie dont les traces 
sont, d'ailleurs, bien visibles aux premières et aux dernières 
pages 3 . Cependant le texte n'est pas entamé; la table des matières 



1 b"nra n-flJN, P- 669. 

8 Pagiués par moi. 

3 Les 1 er , 4° et 5 e feuillets. 



100 REVUE DES ETUDES JUIVES 

du Semak, qui remplissait les premières pages, est répétée à 
partir du feuillet qui est maintenant le cinquième. Il faut déplorer 
la perte d'un grand nombre de renseignements sur les familles 
des premiers possesseurs du ms., indications dont les premières 
pages sont pleines. De plus, le manuscrit a beaucoup souffert 
de l'humidité. 

Le texte du Semak, avec les gloses de R. Péreç qui y sont in- 
sérées, n'a pas été copié avec soin, et les propriétaires du ma- 
nuscrit, surtout le savant qui en fut le premier possesseur, ont 
cherché à combler de nombreuses lacunes qui s'étaient produites 
surtout par homéotéleuton ; le manuscrit contient cependant un 
grand nombre de bonnes leçons, et ses précieuses variantes pour 
les noms des autorités citées, ainsi que la distinction le plus 
souvent très minutieuse entre les gloses de R. Péreç et le 
texte du Semak, lui donnent une certaine valeur. On trouve 
encore , de la main du premier possesseur , quelques longs 
extraits du bïiittïi 'o, qu'il a consignés dans la marge en face 
des passages correspondants. Le copiste, Yekoutiel b. Yehouda 
Anaw ! , est d'origine italienne; le manuscrit a été écrit pour son 
maître Nahtan b. Abigdor, au commencement du xiv* s. La for- 
mule du divorce, f° 114 a [Semak, § 187), est datée de Fleurance- 
sur-Gers 2 , mercredi 22 Tébet 5061 = 28 Décembre 1306. 

Le Semak s'étend jusqu'au f° 240 a; au f° 240 b se trouve le 
post-scriptum de l'auteur et du copiste. Sur le feuillet suivant on 
lit ces mots, ajoutés sans autre titre : yiD nnÊ û^'H^ ^a^o ^n 
■pbin rosfc ^ï-n *a- 

Suit alors, de la même main, un index des Dinim de R. Péreç, 
lequel contient les premiers mots du texte et le numéro d'ordre 
correspondant (jusqu'à 248 b). 

Les Dinim sur Houllin embrassent les n os 1-98 3 (249-266 a). 

— Sabbat — — 99-144* (-271 b) 

— AbodaZara — — 145-209 5 (-285 6) 

— Eroubin — — 210-241 6 (-291 b) 

* Vogelstein u. Rieger, Gesch. der Juden in Rom, I, 458. 

' ri"l3' |,, y72 "^12 hy\ V ,b T" "in3 by NiWnbs. Je dois les indicatifs qui m'ont 
permis d'identifier cet endroit à l'obligeance de M. Gross. 

8 D'après la numérotation exacte daus le texte ; le n° 63, dans l'index, est sauté ; 
dans le texte, le titre est le suivant : "irpfn IION n"Obï1, ce qui ne se rapporte 
qu'aux n°» 1-56; cf. chap. v. 

* Les n os 122 et 123 de l'index sout réunis, dans le texte, en un seul article, de 
sorte qu'à partir de cet endroit la numérotation redevient exacte. 

5 Dans l'index exactement jusqu'au n° 210, parce que le copiste, dans le texte, a 
laissé, après 168, un din sans numéro. 

6 Dans l'index, le n° 221 du texte est sauté, la numérotation redevient donc la même. 



LES « DINIM » DE R. PÉREÇ 101 

Les Dinim sur Baba Mecla embrassent les n os 242 - 260 (-294 b) 

— Pesahim — — 261 - 275 (-295 b) 

— JVÏdda — — 276 - 295 (-^98 ô) 

— ■^©■mr W — — 296 et 297 (-299 a) 
— . Jtfoed ifotatt — - 298 - 307 (-300 b) 

Enfin, on lit aux û*wd 308 : î-rbamai rv-anb ama un Tl, et 309 : y*t 
wyp ab NnattDtf ûtch ; mais le texte, au lieu de ces deux passages, 
contient, après 307, la réponse à une consultation : yns ib^ai nmian 
tr^a -oa rtnirr a* nmnbtti îia^pa ■nbn rpï-nz) Wffi abn b* *":, 
qui n'est pas terminée. Le manuscrit, à la fin comme au com- 
mencement, est incomplet, et, comme la dernière feuille de par- 
chemin est entière, on ne saurait dire combien il peut manquer 
de pages. 

Chacun des 307 paragraphes commence par le mot "pi, et l'ou- 
vrage entier a reçu, de ce fait, le nom de Dinim. Cette désigna- 
tion ne doit pas nous faire songer à des décisions claires et 
courtes, systématiquement ordonnées : une telle codification, 
comme Maïmonide l'a exécutée de main de maitre, aurait trop 
répugné à l'esprit d'un Tossafiste français. Au contraire, l'ordre 
adopté, qui suit les traités et non les matières (comme le montre 
le titre singulier : Dinim du Yeroaschalmi, qui aurait pu tout 
aussi bien être : Dinim sur Yebamot), indique déjà que nous 
avons affaire à un genre littéraire tout autre. Les Dinim suivent 
étroitement l'ordre des questions traitées dans le Talmud aux 
passages indiqués; ils supposent connue la marche de la discus- 
sion, ainsi que les explications essentielles de Raschi et des pre- 
miers Tossafistes français; aussi, pour qui ne connaît pas ces 
commentaires, les Dinim sont-ils le plus souvent entièrement in- 
compréhensibles. Ils contiennent: a) ou des décisions très brèves, 
empruntées au Talmud lui-même, b) ou bien des décisions qui 
utilisent déjà les commentaires, c) ou encore l'auteur décompose 
le sujet à la manière des Tossafot et de la discussion dégage la 
décision. 

Quelques exemples mettront mieux en lumière cette méthode 
caractéristique : 

r-pnb npsTUD -j* ' ent 1*1*73© ' na nabn i->cn yn n» 74 {a 

p uni trnba r>*bi rob^na «b "W "'-o nabrt i*-fin 1*n N° 126 

.D"»2TTC3 r-mfcia pis ^iwia trajn» "fabin ■»•/? mmb nm» 
«ibca mw D-opa rm^sna n^nb m©*b im» rrrun i"H n° 211 

pw B^p-i diot abi*n ian2 pi 



102 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

.•paowi r-inm V'^^" 1 rtsbïn yri n» 227 
t<^n '-il >"?« nnaa ^Wi '»«i rroio 'aia nabr-n *pi -N° 244 
rtWû ■*«& bantani , prp3nn anoi rrrma r^nab^n 73"73 ï-nb* 3^bs 

.Nin "p" 1 " iw '»«pi 
qNi mpi37:3 i*ba M* S? ^v mbœb •nrrtBiû *pi n° 80 (£ 

.p^o «ba 
^-121 uni ns>v ana rtsbn pdd -non '-12 priif na^aii f-n N ° 217 
>ib -iTsib ■pVia-"' p\si fc-nan ^2 bsb -don tannnb y-int: i^aji 
K2 maïi m bsn 'tiji» *»xn n^2n b?2 biaisa cn ^a «2 n^b^raa 

.^wv^l ^btt pis ïnttNia 

JWttlB M23 ^n Ï"W ba'a p DN *p"0* b32 Û^ltt 13 NU) *p1 N° 252 

.n?rpb ^nin rwca 
rtP23 bnaab bis^ irai npDsrr ^pn* n^aaa nipa. rai "p* 7 lN ° 8 ' 4 (^ 

■jnbvaïi pb^o nb^sN '^s maaim Tinns «nii^ob pi 102 bas^a 
liiaii m y © w '13 ipsba 2-1 b2N "pal aibc &*bi impi "p^ai 
biaab nmâ asn s^irwaa KbK rivio raœ Npmi iabi «j-ro ?"3 yia 

.vd n3p*> aip» b273 br« 

tsman rta*»b Nmp 3?axKM «an n>bs iwdsj ^ipîi railla 
*p ^inTji Ka&w '721N n"m tiaab ûm&t mip T»n ^fcba ■ittrinD 
œts pi pso73 prjs» baa tioêô «Ji ^ab^n pnir na^aib rrb NpsaT: 

.tassai rpT» '-i 2nrs 
te'na "napi '73KI 11^73^ 'na nabn pal pais n"m pi n° 297 
taip73 ba 'wn^i 'la» a"a«3na 'abm aicw brtwS2 ^n^u» aa^ 
'0732 pm l'vi^anaa nm7:a itabn ^î^nsiana bmbwa pn M3^J\s 
na^nuj a^i3n t<3> :"2d na» bnn ndwi rt*>b3> a^ba*! 3"-i imbnN 
TJ33»b Nbt» û^snâb inT^b ^ p ûwni a^ian mmia 'voa r:2 n\s 
imniitt "j\^ 'biama '73^12 «3inb ^s m-maa ^^ a^ia ,, 'i2p bj» 

innTàb v-patt!*! NbT ynxb rti:in2 
^aiN n"m ■'31U1 i*p3 ^in^^ aa"2u:"i «Trô ^na 1*>T N* 112 
r-ib^in ^2^bi Ni73inb p^bî«i Nnabn ^a^rs -jb NpDD?3i ^»en "«baa 
^bai inwN-i ■'baa ^nv*i Di'^73 "»tiv ^^ by b^3nb i^m aa^ba 
"l^n» p a&o ïi"iid« s^^n p un nnbwâ Nb s^m bpa» f>^**i 
qibp^ un ^n^a vinwi tpi3 bo nvan um«i "»3a "•bap nbairb 
pi ,„r;D^bp nmtn aai^a ,..«nn ^"n" 1 ^ »ba ^22 ^a a^aaH aa^iaan 

.n v ^s:2 Nn2i^ pn^ 13^21 123» 
nttjyto -^la 13^3» ai N733»m ^-t»d\2 pn^^ na^ai pti^dôib ^t n° 21c 

N73ÏÏ rTTT3 '«B^BJ 21^ a*!^2 23 "nO&îb UÎT llBUl ^llb "153S"' BJ3TB ÛlOto 

13» bi2wMb -no» *pb/i "<3 v c DT^a 82m ^b itûki ai^2 ••lib n?3N"« 
.N"»2nb b"!2^ i73^y Ninuj ii^a iweb soys t^i binn p io^^d Ma 
aa.x b$« ...n2in73i N\2^n ttî^ dx .'..»b^>att ^2^ -121 *pm- ibtn 
«in 2N 231N ib^attîa i-.^iawî ianan ..."iain73i N'au:n p t^n 
i8^a i\^w naïai .«.naimaa -te:vaa «^ a^i i'..a«iè^ a^awi 



LES « DINIM » DE R. PËREÇ! 103 

iran ûpa w»p ma ">sai ...nma nns b^nicb Sa» ...nannaa 
iww jp^bi -moi t* ûr,a " 1 *; ira an Q" 1 ^ 2isa m- 1 a an 3>"a bârfjj 

a^P ÏTWbffl ÛTiptt "nab nafiT N73UJ 

psnan "J73 J-ib*ab snnî Sj> ■pb'nDri rranb Tnaeia th n ° 239 
'«an vra^n 'asrp B^ian ?at'a 13731- fib^ab '#ba (coudej «ma a^-npu; 
'aa73a i-inùî 3>*nT nnp psn^n 173 îib^abi mJYÎTa pb^sn , p rP3 ' 3ttî 
fca&n j-nn panai n^p t a^am tpan *na*N a*»©m "na« mnbna 
DN n a snnT "nnp nrNI panan ^a nbtfab r^in jvit ^pma b* p 
. .t bob Nnb^a ina «a n 3 "j-nb inai b\N"in fonjm .îxjp 

En rapports étroits avec le Talmud, nos Dlnim n'agitent pas 
seulement le sujet principal d'un traité, mais aussi a) les ques- 
tions débattues au cours de la discussion, et b) celles-là même 
qui, d'après la méthode des Tossafot, peuvent être examinées 
en cours de route, pourvu que le texte du Talmud en fournisse 
l'occasion : 

bai* &tt nV'caab ■pTtab vt mna baanœ ta^a yn n» 87 (a 
tzna fbsaia "pa* m-tfp ana nirniho a^a lai ma ha îinttîb a*» a 

.a'nvi PS 
pis sa^ana mo^a nrjab nansn 13 msfïb mâts» "p" 1 N° iso 
■jb «a^p »p rsn la» anpa baa «ma^an Tin -imn Hattj'i ^rà 

.Np^m N^^m *p-oaa Sbn tfntoa 
ï^b*ia pa^n oab\^ hiara 'aan fcrrn 'ià riabm ph n° 269 
■p33Dïp inbrim Habn pi larrn 'n ^aab ô*pb c^n *lfta inb SMôfi 
pa^n . ..rîar? inb^rin .'..paiaa p«i hbnri *ja -nas"! ^33ôiô la/i51 
mroaa ppan aoaai pa-ia73i biorp ira-Tb ïifinb fcoâfciaH nanai .nbria 
baN ...ib-'Tamn rin irrai nrà ba pna a^naa 'aaa '*â iSJKS 
©■nsnb inoab rnsn mn b^rr 'an no*»* fribrirn ...r-ibna pa-^n 
rnrja pbnb via mo^ niftJrl nbn 'oaa "■i-fàtoo nana «ba rtbn' 

.ï-rbnrt la 
tT'.nbb ^3p i^w^i l'â^ïï in»b n^rna mnùîb nma'O 1^ N° 133 (Jb 
rrtnn un bawS r-!3n- tù> ^a rrno» ï1b^a« \^n r-i3nrr wsb ^a ^sn 

.■nia Mb^as ib^a^ 
nasarr n^aa îpbnnla mn3r} maab «bp -inrr» ^^n^-a "j^t m» 2/4 
na'iîia n3 p^ai nbnan insb *73> ifi^nB plipu: a^ma^arî ai^a 
ina^u: r-nT3 p^binb ^^ns (cierges) p^n^ artb ywa din ^sa ûmxi 

.a^mD^an an^ an 5 a ipbmrtïî 
«in *p ^1:173-^ a^a ïi^iafi air ûiaa 7:273 nnb ai*jp ^i N° 275 
Cabi^n 13H3 rjp^bb nox *«»*n sm vb;m t^t v:s yini^ Nbi iaT3 

.naa bia^b 

De là vient que nous avons des décisions sur plus de matière^ 



104 REVUE DES ETUDES JUIVES 

que de traités, que nous trouvons des Dinim sur le même sujet 
dans des traités différents (p. ex. sur •pbsn : 60 et 237 sqq.), et, 
aussi, que certains sujets sur lesquels il y a des dinim dans un 
chapitre spécial sont examinés, non à leur place, mais dans 
un autre traité (p. ex. nos dans n 03 31, 139, 167; '^03 "p dans 
247; nrrrn 1W« dans 255-256, 258-259). 

Si nous voulions chercher un ouvrage analogue à ces Dinim, 
nous ne saurions mieux le comparer qu'aux û^^D qui se 
trouvent au début du Se fer ha-Teronma/ 



II. Les vestiges des Dinim dans la littérature 

HALACHIQUE. 

On ne saurait concevoir le moindre doute sur l'authenticité 
des Dinim : ils sont bien, comme le texte l'indique, l'ouvrage de 
R. Péreç, ouvrage qui était intitulé Dinim. Cet auto-témoignage 
est confirmé d'une manière irréfutable par la comparaison du 
manuscrit avec les citations des Dinim de R. Péreç que l'on 
trouve dans la littérature. 

1. Dans Kolbo, n° 96, *p3 V 'n (éd. Venise 1 , 1547, f° 106d) on 
lit : pa •pnpibra bnbs m imata v 'n 'xn« ibra 'pa-na V't tfnn ana 
Dipïï ba*n ... i p dw» Tria n"n bat* .«dïtt» "web mni? -no» "naïi 
ûa^?a rroy^D Tby mm vca loïïïbip jma '^^Dbu: ...-pttnnb *paa, 
ce qui se retrouve mot pour mot, à part quelques divergences 
plutôt orthographiques (comme ^n au lieu de *p, ou a*nn bu; i^tt, à 
la fin), dans les Dinim, Aboda Zara, n° 161 . 

2. Ibid., f° 107 c : ,.,'d iraip^ ^aatt ^n nbtt 'pa'Ha V't tfnn ans 
■nw ■ps-j-ian ...nEKp^ «m Tnaaraa [^o] "nan na yaai ^ ïa w aa 
&n lay^a ba« ...î-ibnnab^ nanb baïai .^"btb bas ...Kpn n:^n 
n"n ^d "ja ima mTïTïflBO®. ce qu'on lit, avec des différences peu 
importantes dans la rédaction, dans les Dinim, n° 166. 

3. ibid., 97, a"ia3> 'n (107 d) : initi nren nbta 'j'wa ana rf-im 
...Kpn "O^h ...'nnwi ^nai dtn tova 'idk d"nan ta* nnbi natab 
r^au ^n ^ai ,.,nm p ta^pi ,..^pYi» tsa^Nia b"inac û"na bas* 
î"jh p"ca 'stt^ia ^id, est conforme au premier des Dinim sur 
Aboda Zara, n° 145. 

4. Ibid., f° 108 6 : Vt cfnn ana ^»a "jai ...m*! *jtt mamreft tto 

1 Un grand nombre des passages qui suivent ont été, dans les éditions posté- 
rieures, tronqués ou retranchés par la censure et, pour ce motif, ils ont échappé jus** 
qu'ici aux historiens de la littérature» 



LES « D1NIM » DE R. PÉREÇ 105 

nbuî ps'na ; le fond est semblable aux Dinim, n os 153 et 154, 
comme le montre le rapprochement suivant : 



Koïbo. 

nbtn "mil p nacnniib nm» 
rima-iE ï^in a«i ïtoo "n *pwû 
izun nm?3 ïijDd in ia"< Vd^dn 
Sdn p "j-riTan» pn an mpïi 
ùnb 'ttÉPto "nan pi û'QWi 173 
1733 pi mo« ïtit rroa* tu: 
mw bus a^73 np"»b -njtouî ^a» 
•^sbuî lïiba ib^N i» in i-i-iT 

SO^n Np"m TIDN ï~nT ÎYTÛ* 

ta*>73 nb^T t<bu) ">i^ï-î '«aria 

-173 n dN bdN m? rma* "^abia 
•jb'w ^irr p in d^n p np "naïi 
Irma* a-ra -ib -rotn abi ■rçibd 
du: dn ^a ^73 p^n "pan ïtit 
Yra !"Hï ïma* buj>3 np" 1 ? nn-wa 
mn -inat aip73a ins-i» ïtïi ib^uî 



Dinim, 153 et 154. 

•p-iïf P"i d^>3 tm«D*inb yn 
îaimTa nb ©1 p« N-na niïi as 
i3^r> N73U5 a ira 73 mND-innb ton 
nbin niïi dN bas b^b mia-nsna 
ton iiaao ia tzpib rtbnri sort en 
nm» naaa in "pat uni m.ssnnïib 
"ris pna p-noan «m niNannnb 
Npii-r wn an>3 mKennïib fyi 
BD-na ba&* ï-in73i73 na^ia «Dîna 
lnn«s"inhb im» d^a-ib nn73"i73 
•'173 "pattia iaa rit ban pa* ban 
caai anan p tan rpnb ût &t 
Saa posn pi an» p-as-inTa 

.bania^ 
rmiDN ->ity73 •pNBintt naaraa pn 
■«lin ib h n73i«^a 'prm ^-nowa 
srrna* bu) t^b^ ib bw* r<b;a 

tSN ^3N Tab 3>73ttJi t=3N MIT 

t^ran bain taat Tan ib T731N 
ïb ^-païn t^ibi ^a-ibs lb\N ">b 
im«tt N"isr73b biai a*bi nn->u:^ diu: 
im» T"j>buî n-iiujN73 t^b^ ^73 
ïr»ri «b ib^NT iva 137373 np-»b 
h^yvz !r«n p 172a riTïïN ^273 
dn73 "n73bb "jinuî n^na p t73ai 
t"^ du:a -«in £>*73tin «snb ûiu: 
d^iab n^uj73 'ro ^nrrïï ïiTann b^i 

5. Ibid., f° 109a : buî nma viNat» ibuî pa^ai M ,*tfnrï anan 
...rsuïï bu: ma^nm ».nb*fj irn» nnau: nn«b fnnin .«^p^biTaTa ppiïï 
...^73iab i"»3maiû mnaai ...t-o^b ^a rnmnpn btbnn ...tmnniM 
^a^iati MjTtnrnam .».nw^aa irnèti ..".^bs "Haï© rrnpu; a^iaiabTam 
Vt ">"uj-i 'id ^ja bma. Tout ce long exposé est textuellement re- 
produit dans les Dinim, au n° 178, sauf que ^a^b ^733 est suivi de 
ces mots : 2 n73nabu3 rrmx, ^-laïuïu: 173a ^s a^as i^a "java am, 

1 Voir p73D mrttïlj au § 69 ; le texte de la citation, dans Kolbo et Orhot Hayyim, 
II, 230, ne concorde pas, il est vrai, avec les éditions du Semak, mais il est euliè- 
rement conforme à notre ms., § 67, p. 38a. 

* Ces divergences, d'après Tossai'a sur Ait 2ara, 50 a, s. if. "pi^S* 



106 REVUK DES ETUDES JUIVES 

qu'après nvaa se trouve l'explication : ytrbp ■pniprc (calice), et 
qu'à la fin on lit l'indication : i"un aias da&n ia-pD "p. 

6. /ôid., immédiatement après : nm?3 b"T S| w nn *ote ^ina , p h ï 
'nai ©m mp^B iO\T7 no*n î"a>b soa^b, ce qui est emprunté aux Z)i- 
nirn sur Sabbat, n° 130. 

7. /ôtà., n° 100, mbaatt 'on, f° 112 & : ibia 'p^ia ans V't tf-ni 
../tZJWi ba> ^ab xsn û^ia bia n&a wn aa>n WW, porte, dans le ms., 
le n° 170. 

8. Ibid., t'° 112 : "pn ibuî 'pa^'ïâ w anan „.* Vî tf-irt anai 
Û3* \o!?3P3 ïma baa ,,\^ b 5= im3û fcaïra" S3"V»f2iai traba^ ^b*^ 
•••no l^ 3 nisSDïï ïi^a? r Êiaip jr.i» rnn b^tn 'i baa ...^"lôfîs 
r-ona 'b? ^D^iwi a-maa 'rrb* i jn-riyb ftfaîpia aWS? taai 
pç "pi anb «5i jra&ittrt, se trouve, toujours à part quelques petites 
divergences dans le texte, dans les Oîùïm sur Houllbi, n° 78. 

9. Ibid.y 106, abna niaa 7 n (f° 153c) : V^Vwatob b"T Bprt ana 
n"n ba« nb^an "pa^ns n.ûn^n dn •jrnizjrib -nan r-naa "pâ^SS 
nina nm ^a ...-pJanrtb îài ../"Wh "pa^nttia ^ras irrtRI ...nttla 
ttj"^ ana ni? «a"^ iraoa rtbnn.nl rtbàa ib ';m; ..."nantaa ^a Nin 
ta« , *3 ...pDmrca "jai nin^p î|5ï ■ "nan n^aâ 'nip n^nb sbio nnTnb 
..♦piuîb "l'birt '"iia^n ûi< ©irfi ^-«to ana -nr nbtfârt T~i£ rtitt*^ 
...lÈrt NbK a^brttD lîawriîû è*«i ...p^ûî^h àbn ...n-npn rv^ dn 
î^sbT [* "lai] à^iab Sa» „»Kpn iy"rri '«nS^n n^Dtf mrtfi attâbni 
ibia ■pi'nn iDoa 'niab 5i cnnb *pN ^'~ D tmn. Là première 
partie jusqu'à nb^an "p-ût représente dans les Dinim le n° 174, le 
reste concorde avec le n° 146. 

Il résulte incontestablement de ces citations que l'auteur du 
Kolbo a utilisé les Dinim sur trois traités au moins. Mais nous 
n'avons pas épuisé la matière ; on trouverai t encore un plus grand 
nombre de passages où le Kolbo et le recueil Orhôt Ilayyim*, 
apparenté au Kolbo, enregistrent, sans en indiquer la source 
précise, des enseignements de R. Péreç empruntés à nos DWm. 

A ma connaissance, les Dinim ne sont jamais mentionnés 
dans Orhot Ilayylm 4 ; on n'en voit pas moins — et beaucoup 

1 pfàD 'an, -23, dont le contenu est conforme au din 173, bien que le texte soit 
différent. Voir à la fin du chapitre. 
8 Corrigé d'après le ms. des Dinim. 

3 Sur les rapports qui unissent ces deux ouvrages, nous renvoyons à Luzzatto 
(V'ifcJ mnaN, P- 1233), et à Gross (G- allia, p. 420); cette question sera définitive- 
ment tranchée après la publication de la deuxième partie du Orh. Hay. Mais c'est 
considérablement avancer la solution du problème que de démontrer l'existence d'une 
source commune aux deux ouvrages, et d'ailleurs, comme nous le verrons, inconnue. 

4 Outre les fascicules publiés jusqu'en 1901, j'ai pu prendre connaissance de 
quelques feuilles d'impression, giâce a M. Schlesinger, que je remercie vivement de sou 
aimable communication. 11 désigne la première partie éditée à Florence en 1750, II la 
seconde en cours de publication sous les auspices de la Société Mekizè Nirdèmim. 



LES « DINIM » DK R. PEREÇ 107 

plus souvent encore que dans le Ko'bo — le secours prêté à l'au- 
teur par les règles de R. Péreç. Entre le grand nombre de ci- 
tations qui s'y trouvent et dont la recherche sera singulièrement 
facilitée par ce qui suit, nous choisirons ici quelques exemples 
instructifs et démonstratifs. 

I. Des règles qui sont connues dans la littérature comme ap- 
partenant à d'autres autorités sont mentionnées comme étant de 
R. Péreç, parce qu'elles sont empruntées mot pour mot aux 
Dinim de celui-ci : 

Kolbo, n° 33, f° 36c, et Orhot Hayyim, Eroubin, n° 46 (I, 
p. 60&):'nva i^m ïia nn f *np main napis ma> V't E|"-in ana 
...d^ï) m DK baR 'isn babab. Ce passage se trouve dans le Tachbrç 
(n° 74) qui y est cité ensuite, mais il est cependant considéré 
comme un enseignement de R. Péreç, parce qu'il est reproduit 
ici d'après les Dinim (n° 230). 

0. 77., ftniS, 111 (I, 84^) : 'mnr-n mrnrjb nmftœ V't t|"nn nnan 
"nizn yp^y Wb nm banoma lpTPMBS bansb, est attribué à R. Péroç-, 
d'après Dinim y 115, bien que ce soit l'opinion du i"i, d'après Tos- 
saf. Sabbat, 48 a, 8. v. W4-. 

Ibid., û-'NbD (H, p. 220) : nmc 'a m.izjpb tidk ù-h'à b"T t|"-im 
"p-ipa. Ce passage se retrouve, exactement dans les mêmes 
termes, dans le S. ha-Terouma, n° 37 {Kolbo, 145, n°20), mais 
est tiré des Dinim, n° 12, avec cette addition : -ina iTTO TiiBpb pi 
^atn 'nrrn ams pi .«rtbayrr. 

76 i'/ , fflTiDfc rVMTâ (U, p. 105), on lit : aimb •p-tôia "^buirpan 
'OTtfraa rrrr fflMfctt b"t £|"in3nDi \*»n r tf1» *3Dlâ v»n ntë« 
l^osm aiïâ la^n maa in:aa mm -P7an hi2^ £1Û*b ftÉntë Shftà 
?TTW3fl ba n"i ; c'est ce que R. Péreç dit dans les mêmes termes 
dans le Diu 293 et c'est à lui que l'auteur de 0. 77. a fait l'em- 
prunt, bien qu'il ait pu trouver le passage, comme l'indique la 
note ibid., dans un grand nombre d'autres sources. 

/&'£/., man nnna (p. 147) : "pab^a mn ïTBJtt anD b"T Bj'^-n 
un 'n ib nbun ,„ab"iOT '-) rnim „.ï1«3«à. Le récit de ce conflit entre 
ces deux docteurs est donné d'après Diivm, n° 286, bien qu'on 
puisse le lire dans trois autres passages '. 

Ibid., *pa y* (p. 245) : ûnantt û^m^n^n û"n:& im« b"T 6|"-iîi nro 
ïïintfb nniTa («tfj m?ai ïiV'aa -in« mm snpd va «b Djàsa jpïhi 
:ma -vian ibBta m»\a arasosa i^na pi "nu aa^ai in« oiaa ûma* 
ta^an-p fa^ra ^Db iot p pia^ré m- pra o*n:n robri pi pa 
ia>a?a Du:m ni iï\y mt»*? ma lab ps 5»i baaia irai ^ioa a-rçia 

1 Cf. t'Wrf., rem. 5*t , et les Consultations de R. Tam dans le S. Hayaschar, éd. Ro 
seulhal, p, 91, 96, 



108 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

3"3> b"T "^tûisb n^m33 ■ïriia. Ce passage, qu'on pouvait tout aussi 
bien trouver ailleurs, est pris au din 189, dont il reproduit les 
expressions et jusqu'aux inexactitudes relevées par l'édition. 

II. Des règles citées au nom de R. Péreç et que nous avons 
souvent cherchées en vain dans les œuvres connues de ce rabbin 
et dont, en général, on ne pouvait pas jusqu'ici indiquer les 
sources, se retrouvent littéralement dans le Dinim. 

Orhot Hayyim, "pb-cn, 15sqq. (I, 1 d), utilise d'abord les gloses 
du Semak, § 153, mais la citation : Trciipb f-a "proo ^p^ tfim 
ipinb ^"ts: »"» b3N ûv ba3 (16 fin), est prise au din 60. 

/ôi'd.,26(p. 9 6), nous lisons, d'après 7/a#. Semah (éd. Cré- 
mone, p. 55 &, 5) : d^Dinn D^bp ,ta i *jntt3 ican bizm V't tfnn anan 
•-no a ttinb 'pKn bNTP '-in tau:3 ^awi» yn nrrata —in 'bik 
•pb^Bn ^ms TBpîibiana W73 ïna-fas ; ensuite on lit, d'après din, 23*7, 
^n^N73 w "pb^Bn bra rnan ami rrrno "pns b"T sf'nn ans iv 
•pir y a nana n:»n ri*© "pav-pa* na07aa -i73Npn73 mnsn bab 
naum pb^Bn nnan ûip7aa i73ip?3 n^n y^ati 3>73tt73 «loba ncaitTob 
r-nnsrr bab p'anBnn ami a"*o mjasa '3 12m ïr»n pan p-n^N 
pb^sn n->anb aip73 ta an 3 rpn a"K 232s «b« n^n ab nan assura nnv 
3"a> nv3iTN '3 ywn aipMT 

Or. J7., nb^73 7 (II, p. 8) : ïnaœ in» a^ao inu53>tt V't cfnn ans 
„nna bmtt N3*i ...bï-nttb 133. Ce passage, pour la référence duquel 
l'éditeur n'a pu indiquer que des cas analogues, mais non un texte 
précis de R. Péreç, se trouve dans Dinim, n° 97. 

Examinons, enfin, un passage très intéressant pour nous : 
Or. H., nia 'n, (II, p. 135), il est dit : ^TianV'î VwtpB *ti aro 
mai? niaian rn^biBEia dt pi b"T n/'nn nanai -.rrrabia mai* 'i 
w» a ira mat* 'i ^nn nnbnrn Jrbi D^pa 'h rrroon i» na*N 
maT ibia labia a^aai .n-inua "{bia *ja^a sm pa7an }73 nvnb bia-< 
nu5"i7au:b b^tt "i -in» ia> naïab ifai b->nnn aôn a^pa 't nvifcwi 
b-«nnn 'n ov ['a* ara nnTab] nnavn naia ^siyn b^b niDfcio isra 
na73ip73ia a^aai .rruabia mat* 'i ao->b «.ncaba on p Ban ...niBob 
«.maabnsa aiaiTaïab 'n BV3i aaisbb irais ai"» na> b-nzab aôu: lana 

1 Ce nom, qui manque dans le Semak imprimé, se trouve aussi dans le ms. (§ 150), 
mais sans indication de lieu. Que naiNïl soit une corruption, contraire à toutes les 
règles de la paléographie, pour Dijon, et qu'il s'agisse ici de Simha Hazan de Dijon 
(cf. Gross, Gallia, 152), cela ne souffre pas le moindre doute. R. Yehiel doit avoir 
longtemps vécu et enseigné à Dijon; la glose du Semak, § 223 (Crém., p. 114£, 1) 
est ainsi conçue dans le ras., p. 176 6 : "O ^iyn nat"l31 ...NT"")3n ^"Hl 0112573 
...'«TP **an 'm» "IDMS irDya TP&n *î"I^^T3. Lems. de Parme 2907 (De 
Rossi, 87) porte aussi : '-)D1 nOW3 n^3>73 'J*l" l *7 3 Vl^NniS n73in723"l. — C'est 
dans ce sens qu'il faut résoudre la difficulté soulevée par Graetz, Geschickte, 3« éd., 
VIII, p. 109, sur Aseheri, Yebamot, IV, 6 : T""nE73 E]OT> ^"3 b^n - " n"n mi^ pi 
p"»n y"lN73, en corrigeant "JTri en *JTT7 : Dijon. Cette solution me paraît pluâ 
*raisemb'labl« qu« c«llg qu'a propoiw Grow, Gallia, b27< 



LÈS « D1NIM » DE R. PÉREÇ 109 

npïbn ot waja roiabb na^-]£ 't i^ 7373 ' n û ^ svïtiû tiim uni 
b"a? frnatttt Tfàjrnaa 't ûra in. Là- dessus l'éditeur remarque 
avec raison que cette glose manque dans les éditions du Semah. 
En effet, les mots : rrtiçn ibia ../jrbiBEtt) d"P pi se trouvent 
comme glose dans le manuscrit du Semah \ de sorte que les 
mots b"T S|"-fri nann sont exacts; le reste se trouve, avec les cor- 
rections indiquées plus haut d'après le ms., dans les Dinim, sous 
le n° 280. 

Le résultat de ces comparaisons peut être ainsi formulé : 
les recueils Orhot Hayyim et Kolbo contiennent des règles em- 
pruntées à un texte identique à notre manuscrit des Dinim, 
et ces règles sont citées souvent, sans indication particulière, avec 
les autres ouvrages de R. Péreç. 

Si, dans beaucoup des exemples indiqués, les gloses et les Di- 
nim sont utilisés dans un môme texte, la supposition qui vient 
immédiatement à l'esprit, c'est que les unes et les autres appar- 
tiennent à une œuvre halachique plus considérable, et que les 
gloses ou les Dinim, ou même les deux à la fois, ne sont que des 
extraits de cet ouvrage. Toutefois, cette hypothèse n'est nullement 
fondée. Sans même parler de ce fait qu'on ne verrait pas qui 
aurait pu effectuer cette séparation rigoureuse, les citations 5 et 
8 du Kolbo montrent que, là déjà, les deux ouvrages sont dis- 
tincts. Mais la différence est encore plus marquée, si nous com- 
parons des citations qui font partie de tous les deux ouvrages 
en question : 

Or. B., rmn y^n (i, 70#) — 

Dinim, 261. Bag. Semah, § 98*. 

camp Ji"i b">b Siaab moNia Sia^b 'ion p -i^an nansi 
"Oiraab Tia N72bi ynn np^na rrb^bn nbnntt 

Or. B. t 5T75Î1 SîlU (II, 4 45) = 

Dinim, 284, fin. Hag. Semah., § 293». 

yip nb roi dN ana b"r rf-im ainnn aap b* Trabb w nrn 

ystin mas dN nbana ynb dop pa pbnb ^un -naaa 

Si l'on compare, en outre, les Dinim, 269 et 216, cités plus 
haut avec les passages parallèles du Semah, 151 (48 b) et 194 
(80 a) et la citation qui est faite dans le Rolbo, on comprend 

1 Même le mot nYftb'vZJ, contesté par l'éditeur dans le texte du Semak, est ajouté 
dans le ms. en marge; il se trouve aussi, d'ailleurs, dans le Kolbo, où la glose sui- 
vante est également citée. 

1 Dans les éditions dans le texte, mais dans le ms., le commencement et là Bn 
sont marqués comme glose par une note marginale. 

3 Gf. Or. B., ibid., rem. 't. 



110 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



comment, en dépit d'une conformité réelle entre les gloses et les 
Dinim, la préférence a été donnée au texte de ceux-ci. 

Il ne manque pas non plus de passages où le rapport est 
renversé : 



Kolbo, 101 (f°113d) = Haç. 
Sem., 205. 

'*m iDom b"n 3na b"T t|"-im 
thà «i arm mabm pas ^p-n 
T-apb vin tznn n^^ï un o^a 
r-iN pTiï Sba nujprj b^ i^an 
f* à "pabna *pa n»©tt bai&n ûirt 
"-NDpîi b* n^703 ta an "pttbna 
ïtÉ'aft ba tn -iiapb yin uujdp:! 
•pabna V 3 'pabna V 3 inioà 

a^SPD NbT lUJpn br N2733 ÛK1 

pà p-ibTi ir>-« ma Tapb yin 
ba ib^DN lwbna*i J%bnb "pabn 
•pabrm hrnoà nbia rwan 
^«ujrr nx bai&n d^in pm pmT 

.dbl^ "iMfl pi 

À'<?/fo, 100 (fo 1 12 C) = #0#. 
Sem., no (f° 11 £) 

ïTnîm "fiaTi S"t rfnr; apai 
■wotti p Saaoaa biaana tawa 
Sanu^ïi . "nnn "proa iia Ta 
■O'p ^an ^b^i i^aa S^sn» 
p b^N72i t^ima ba^i 'p'ntt&H 
ùwn "îa ya baroi Ta wh*i 
*»a wi ^b-w ^a» a^ ■'biiÉa 
tf'nn '»ià ww «acw NTra 
p baissa "na 113 ïidn:: iV^oan 
Np w»sb a*npia X'yn nm»i notyi 
*na» mass^rc )vd »"» nrnaa ba 
bcnia^ bia -nnn ia bw» irroKa 
fO'np 'lœ^ Ta iaiai iTœartb 
s-rasa T3> maïa^ra ï*pa ma 
'—lin irrua I"itt53> pi »"irï b"r>3> 

"l"rî TEn 73"n!"! 3£3 mDi'72 ^ 

ïiana »"5p "pba> pbnn mn mana 

•miayb lis: pi 7a"-ih «yro 



Dinim, 79. 

bw 'ai iraraa n^t^^^j a*i y-i 
taai wprt br m Nittta dn sf 
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•pttbna ■jta «pabna ■pa rrnoN 
tarin p-nT lèpb y-in «s^a d^i 
y»3 pabna ya n«u)rî n« bawi 
«bi n*^pn by Ni:?3D cni i^^bna 
pabrt y3 pib^n tn Ti< -jujsns 
baiwNi aann pmr pa^n Ti^bnb 
Mbia Mar»a« ba \Mzhr\ *^vwn 

,mio« 



Dinim, 173. 

■nnm ^a 'no^rj ^p^nac yi 
■jb n\N-i m«b ^!3p nabon ■'in 
b^rsb d^^i 13« ^abi b33 ^aa 
S^a T2s i»np d^i niaria caa^p 

Suiansuî b^U53nrî b«5 tn dnb 
iran 'Mi n \\ai"n p SawX72a 

'73N*1 dlC» "nOfiflB TP^D53 ttTttT 

■7^3 *»«ow p bdN^a ï^irriî ba 
to-na ^aitta ûiawa ris yt< '*nim[ 
*rmài nb^a i^m ^ian ^nm 
^-in^a ^anb '73^5 p i»ai 
^nn ^ia T»a \soi-n p ba^s^a 
ir» p ^"inN ma-ma bcn«^ î^a 
T^-n73 "û^ni r-îb*E ir^i b^rïtt 
ï-TDTîBta ba ^n d^d nwipi 
73"73i naîa^n j-ouîes ^ain y«i 
•nn» anbn bba n^awn dwST paan 
^n^ttSî ■'imna'* nma aa^pr? nbaïi 
.n^Tia ^a Nb^î 



LES « DINIM » DE R. PEREG 



111 



0. H., rnrai fan, 65 (I, 73 a) 
H a g. Sent., 222. 

S"7i p taa sna b"T B w nîn 
■tirai ...^naib airnia ta^a-n 
imaaa i:aT aron Nbn ..onbap 
^in tni ...rtoon ^a-» 'Ta r^bN 
ï-ib^abi r-nana 'ia bas maa 
noia ira a"a i«b aaïah x"y$ 
...am r>ioa ïtnii . ..imaaa 
t^rar? *phfïb «y* r**aya ^àïrai 
muna in nan tara ■p&œiata 
pi ...nosn ûiip S-iwttia p-o 
ur nos anj> ^aa nbssstt) ^bir 
.rit a*aa Tnrtb 

Afo/ôo, 60 (f° 65 a) = 0. H., Û"U3in, 
9 (I, 91 c) = ##y. Sm.. 

û^nanba aoTôtn b"T s"nn arûi 
tau: trabima ""Bb tan agonisa 
ia-p£> *p Yiaipb tsna "aa ain 
♦nanaa 'soinn 



Dinim, 264. 

«bi ann 'ara ib rn» lawû rn 
Va isaïa **&« yan an ^îi 
-ima Nbtf ira ia« ira îrwû 
■hfi Ka*wi Na^n Nb« "«ion abi 
rrra *n»9.« rr*ia abn tnn -wa 
nuiras dn p dni man Narai 
Maeaa in rnbï nbianna nan 
î-naan b-^b n:r rrb^ai msia \aiaa 
aipa nb^arj sba ^nst "pan nia* 
«bn ^ttn nfiCMaatt aipa imsa 
Bfâ*»îrj i^a a"a f-pra ^ra "wa 
ira» ira ?>îbt5 an nu «b ma 

.•<ra 

Dinim, 299. 

nvarb '73b* 3in: «rraîn *pn 
«m ...n?ia bo ibina nab "j-n» 
....'busiTa «isa ...•jrnto Nbn 

b\sin iraramaa ^bia riaajn 
.nsDa vra isni 



Dans tous ces passages, les mêmes discussions se trouvaient 
aussi en ordre dans les Dinim, mais néanmoins elles ont été uti- 
lisées par les gloses du Semak. 

Le résultat auquel nous arrivons ainsi, c'est que les textes, 
dans les citations du Orhot Hayyim et du Kolbo, concordent stric- 
tement avec leurs sources, que les deux ouvrages connaissaient, 
outre les gloses de R. Péreç sur le Semak et sur le Tachbeç l , les 
Dinim de ce rabbin, et, quand nous trouverons la mention d'une 
décision de R. Péreç qui ne figure pas dans ses ouvrages imprimés, 
nous serons fondés à la considérer comme extraite des Dinim. 



(A suivre. 



A. ËLBOGEN, 



1 Que R. Péreç soit aussi Pau leur de es gloses, c'est ^ce que Gross (Gallia, p. 570) 
a prouvé d'une façon incontestable. La démonstration pourrait encore être renforcée, 
et nous so.r.mes fondés à établir cette règle générale : partout où Orhot Hayyim et le 
Kolbo disent: Û"")" ana (R- Méïr de Rothenbourg) et ensuite £|"nîl vbf rT^rll, 
5]""l!l rb^ anai, etc., les citations émanent du Tachbeç et des gloses sur 
celui-ci. On peut comparer par exemple, les nombreux passages dans riDU3 'M. — 
Je vois après coup dans le Catalogue de la Bibliothèque du Monleiiore Collège, 
publié par H. Hirscheld [Jew. Quart. Bev., XIV, p. 195), que le ms. nplbïTPÏ 
de Halberstamm attribue formellement ces gloses à R. Péreç. 



UNE HAGGADA ILLUSTRÉE 



La Bibliothèque nationale de Paris a récemment acheté une 
Haggada, ou Rituel du soir de la Pâque juive, écrite sur vélin et 
datant du xvr siècle. Ce volume, qui a reçu le n° 1388 des mss. 
du fonds hébreu, est intéressant à deux points de vue : il est 
orné de trente-neuf jolies miniatures, et ensuite il contient des 
poésies nouvelles. On trouvera une description détaillée du ms. 
et le contenu des parties inédites dans le t. XXXVIII des « Notices 
et extraits des manuscrits », actuellement en cours de publication. 
Nous mettrons ici sous les yeux des lecteurs la reproduction tex- 
tuelle des cinquante scènes et figures qui servent à illustrer cette 
Haggada. De telles productions artistiques sont bien rares et mé- 
ritent d'attirer l'attention. 

Par suite d'une extension excessive du second commandement 
du Décalogue, qui défend de reproduire aucune image, l'art pic- 
tural était banni jadis d'Israël, surtout dans les livres sacrés. Tout 
enjolivement même était rigoureusement interdit dans la trans- 
cription des rouleaux de la Loi, et il faut croire que les scribes 
n'acceptaient pas sans regret cette défense, puisque le règlement 
qui leur est imposé interdit, par exemple, d'écrire la Tora en 
lettres d'or ! . 

C'est ce qu'a fait observer dernièrement M. Gaster, dans une 
lecture faite devant la Société biblique de Londres à propos de 
la description de deux mss. lui appartenant 2 . Dans les bibles 
hébraïques, on ne rencontre jamais d'enluminures ni de minia- 
tures s'inspirant de l'art byzantin , comme en ont les bibles 
grecques ou latines du vn e au ix e siècle. Toutefois, à cette même 
époque, en dehors des rouleaux destinés aux offices, des velléités 
d'art se sont peu à peu fait jour ; des notes massorétiques écrites 
autour du texte hébreu ont pris l'aspect de lignes entrelacées. 

1 Sofrirn, i, 10. 

» Proceedings of the Society of biblical Archaeology, t. XXII, p. 226-239. 



UiNE HAGGADA ILLUSTRÉE 113 

Pour plus d'élégance encore on est allé jusqu'à ajouter un cadre 
complet en encre noire. 

Mais il y a mieux, le ms. du Pentateuque, or. 150 de M. Gas- 
ter, — que celui-ci estime pouvoir remonter au ix° siècle, — a les 
pages encadrées de cinq lignes bleues et rouges. Entre les co- 
lonnes, dans chaque espace vide, il y a trois rosettes sur fond 
d'or. Ces rosettes varient souvent de forme, adoptent parfois la 
figure d'une étoile centrale, entourée d'images polygonales et en- 
close dans un cercle bleu; la circonférence est rouge, sur fond 
d'or. Au milieu de la marge externe, il y a de grands et beaux 
dessins de fleurs et d'autres ornements, tous d'une facture ex- 
quise. M. Gaster démontre, en se fondant sur la corrélation entre 
l'écriture et les peintures, que celles-ci sont antérieures à la co- 
pie du texte, et comme l'œuvre — dit-il — ne peut avoir été com- 
posée que pour un Mécène juif de la Babylonie, elle doit remonter 
au ix e ou au x e siècle. 

Un autre ms. hébreu appartenant au même savant (n° 151), 
contenant des fragments des Hagiographes , savoir trente 
Psaumes et des feuillets couverts de morceaux des Proverbes, de 
Ruth et de l'Ecclésiaste, présente aussi de belles illustrations sur 
fond d'or, mais d'un caractère tout à fait différent du précédent 
ms. (n° 150). Malgré ces divergences, M. Gaster ne met pas en 
doute l'unité d'origine des deux mss. Comme on n'a pas d'autres 
exemples d'iconographie hébraïque remontant à cette époque, 
ceux-ci en sont d'autant plus importants. 

Mais à partir du xm e siècle, les illustrations apparaissent de 
plus en plus souvent dans les mss. hébreux, sous l'influence des 
écoles artistiques d'Espagne, d'Italie et de France. On trouve à 
Paris un grand nombre de rituels illustrés qui datent de cette 
époque, par exemple à la Bibliothèque nationale les n os 584, 586, 
592-3, 617, 642-4 et 646, puis chez le prince d'Essling, un rituel 
illustré par Giotto l , et un autre chez le baron Edmond de Roth- 
schild, décrit par M. Israël Lévi 2 . 

De même, les images sont fréquentes dans les exemplaires de 
la Haggada de Pâque. Toutefois les Haggadot illustrées ne sont 
pas communes et on en compte dix à peine, qui sont réparties entre 
les plus célèbres bibliothèques d'Angleterre, d'Allemagne et de 
Russie et qui ont été amplement décrites dans l'édition de la Hag- 
gada du musée de Sarajewo, publiée par D. H. Mùller et J. von 
Schlosser en 1898. Cette édition, cependant, présente une la- 

1 Voir Elkan N. Adler, /.Q.7?., t. XI, p. 679. 

1 Dans l'ouvrage de MM. D.-fl. Mùller et J. vou Schlosser dont il sera question 
plus loin. 

T. XLV, r° 89 8 



lli REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

cune : l'auteur des notices n'a pas parlé d'une Haggada du moyen 
âge qui méritait une mention spéciale. Celle-ci se trouve à la 
bibliothèque grand-ducale de Darmstadt ; elle a été écrite par 
Israël b. Méïr à Ileidelberg. Le ms. n'est pas daté, mais il doit être 
ancien, puisque, commentant un passage de la Haggada, le scribe 
rappelle, comme assez récent, un fait survenu l'an 4948 == 1188, 
relatif à la troisième croisade, et qui s'est passé à Metzeburg, 
peut-être « fort de Metz * ». — Il faut au moins mentionner aussi 
deux vieilles Haggada enluminées, que possède M. Elkan N. 
Adler, l'une du xm e siècle (?), ayant eu pour propriétaire un 
*ia m*, l'autre écrite par Abraham Farissol en 1514 et enrichie 
d'images par Bonifacio Giovine Veneziano. 

Les éditeurs de la Haggada de Sarajewo se sont attachés avec 
raison à reproduire les images curieuses et instructives pour 
la connaissance du moyen âge, et ils ont publié celles que présente 
la Haggada portant le n° 1,333 du fonds hébreu de la Biblio- 
thèque nationale. Cette Haggada était la seule à Paris, en ce 
genre, jusqu'à présent, et le Journal asiatique n'en avait donné 
qu'une analyse 2 . 

A notre tour de passer aux illustrations du ms. 1388. Les nom- 
breuses scènes qui servent d'illustrations constituent, comme on 
dirait de nos jours, des tableaux de genre. La clarté des paysages, 
lorsque ces scènes se passent au dehors, leur « plein air », révèle 
la main d'un enlumineur habile, au pinceau délié, dont on regrette 
de ne pas connaître le nom. D'autres sujets, au contraire, semblent 
émaner d'un disciple d'une autre école ; ils montrent des acces- 
soires au relief très marqué, comme s'ils avaient été produits avec 
un ingrédient assez épais, probablement avec ce que Raschi déjà 
désigne du nom roman aittWiN, orpiment (auripigmentum). 
Ces peintures ne portent pas de titre ou de désignation, comme 
c'est le cas dans le ms. 1333, et il faut deviner à quoi elles se ré- 
fèrent : au lieu quelles expliquent le texte, c'est le texte qui les 
explique. 

Voici la description de toutes ces illustrations coloriées, répar- 
ties sur les deux côtés de douze feuillets : 

Fol. 4&. Le mot an « voici 3 » prend toute la largeur de la page; 
il est formé de deux lettres d'or dessinées à la plume, historiées à 
tête de chien, imitation du xl° siècle, tandis que le jambage vertical 

1 Voir M. Mannheimer, dans la Zeitschrift fur Geschichte d , Juden in Deutschland, 
II, 381. 

2 En 1892, t. I, pp. 172-185. 

3 Le premier mot de l'invitation faite aux hôtes : « Voici le pain de misère j venez 
et mangez. » 



UNE HAGGADA ILLUSTUÉE 115 

gauche du Ti est un poisson; le tout est sur fond de rinceau à deux 

Fia. 1, 




m 1* 

i fc$^éi fecw"! tfirw? n^ ffi* 





couleurs, azur et vermillon, dans un cadre à feuillage d'or aux 
quatre angles. 



116 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

A droite, un servant costumé en soubreveste rouge, avec cape 
verte très étoffée et retroussée, les hauts-de-chausse verts, sou- 
liers noirs à petits crevés blancs; dans un liannap qu'il tient à la 
main droite, il verse à boire du vin rouge d'une bouteille en verre, 
au long goulot étroit. — Au-dessous, une jeune fille habillée de 
rouge, aux manches bouffantes, dont la chevelure brune retombe 
sur les épaules, lève au-dessus d'une table servie une écuelle ar- 
FigTJT tistement coloriée. 

De l'autre côté, à gauche, arri- 
vent deux mendiants, reconnais- 
sablés comme tels parce qu'ils sont 
à peine vêtus : ils se rendent à l'in- 
vitation faite par le maître de la 
maison, en ces termes : « Voici le 
pain de misère qu'ont mangé nos 
ancêtres en Egypte ; que ceux qui 
ont faim viennent et mangent. » 

Le bas de la page est rempli par 
l'image d'une grande table, garnie 
de plats, de bouteilles, de coupes. 
A cette table sont assises sept per- 
sonnes des deux sexes, sous la pré- 
sidence d'un vieillard au visage 
émacié, coiffé d'un turban ou cape 
bourrelée en étoffe claire, assis dans 
un fauteuil au vaste dossier. Le 
personnage placé vis-à-vis, à droite, 
est coiffé d'un chaperon blanc à 
longue cornette rouge, selon le 
couvre-chef des marchands lom- 
bards du xm e siècle *. Les femmes, 
coiffées de bonnets roses, ont le 
costume du xvi e siècle, savoir des 
manches rouges sur corsage bleu, 
ou, à l'inverse, des manches bleues 
sur corsage rouge , costume que 
l'on retrouve dans les tableaux de 
l'école vénitienne à cette époque. 
Tout au milieu, un jeune homme a 




1 Voir dans Viel-Castel, Collection de costumes, armes et meubles (Pari?, 1832), 
t. III, la pi. 27 qui représente t Jean de Meung offrant à Philippe le Bel sa traduction 
iraDçaise du Livre de la Consolacion de Boè'ce • ; le prince qui se tient à droite a la 
tête ornée de la façon décrite ci-dessus. 



Fig. 3. 



UNE HAGGADA ILLUSTRÉE 117 

sur la tête un chapeau en feutre foncé, aux bords relevés par 
derrière, à la Louis Xi. En dehors de la table se t ; ent un ser- 
vant, à peu près habillé comme le ser- 
viteur décrit ci dessus (sauf que la coif- 
fure est plus modeste), une aiguière à 
la main. 

Fol. 5 a. Le mot Un en rouge, qui 
est le premier du morceau rtsns» sto 
(« pourquoi cette nuit diffère-t-elle? »}, 
puis le mot d^ia*, aussi en rouge au pa- 
ragraphe suivant, ou commencement de la 
réponse faite par le chef de maison (« Es- 
claves nous étions... »). Ces deux mots 
sont englobés dans un rinceau verticale- 
ment parallèle à toute la longueur de la 
page * , courant sur la droite, formée d'une 
guirlande feuillagée à deux couleurs 
tendres, vert et rose. 

A. gauche, un rabbin coiffé d'un cha- 
peron marron, d'où s'élève un long bon- 
net rouge s'amortissant en forme de fond 
de sac 2 , vêtu d'une robe rouge, une fraise 
blanche au cou, chaussé de souliers dé- 
couverts, écoute la question posée par un 

adolescent habillé de rouge et de vert. A leurs pieds est un objet 
un peu effacé, peut-être un pain azyme rond, à côté d'un légume 
vert, probablement une laitue encore munie de sa racine bru- 
nâtre, figurant sur la table comme une herbe amère, the 3 . 





1 Voir, par exemple, Aug. Molinier,*Zes manuscrits et les miniatures, p. 272, 
* Quicherat, Le costume, p. 255. 
3 Allusion à l'Exode, xn, 4. 



118 BEVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Au bas de la page, on voit des ou- 
vriers se livrant aux travaux de cons- 
truction (Exode, ii, 11). 

Fol. 5&. En marge dutexte, à droite, 
un bras tient une épée, mai ynt (Ibid., 
VI, 7). Au-dessous, un homme au cha- 
peron hermine et orné d'une longue 
cornette à deux couleurs, paraît faire 
un exposé d'exégèse biblique, le bras 
levé dans un geste déclamatoire ou doc- 
toral. 

Le bas, dans toute la largeur de la 
page, montre sur un même grand cana- 
pé les cinq rabbins suivants : R. Eliézer, 
R. Josué, R. Eléazar ben Azariah, R. 
Akiba et R. Tarfon, tous coiffés du tur- 
ban tuyauté ou bourrelé, avec bonnet 
de fond. Devant eux, vers la droite, des 
enfants leur montrent l'aube sous la 
forme de la lune dans un quart de cer- 
cle bleuâtre. Les rabbins ont discouru 
toute la nuit sur les détails de la sortie 
d'Egypte, jusqu'à ce que surgît l'aurore, 
sans qu'ils s'en aperçussent. Dans le 
ms. 1333, cette scène est aussi figurée ; 
mais l'aube y est moins heureusement 
représentée, par un disque rouge sang 
sur un ciel bleu foncé. 

Fol. 6 a. A droite, dans un fauteuil à 
dossier carré, est assis un homme à che- 
veux blancs, à la robe noire, représen- 

Fig. 6. 





Fi g. 




UNE HAGGADA ILLUSTREE 119 

tant R. Eléazar ben Azariah, qui pro- 
nonce un discours, ayant en main un 
livre blanc à la tranche rouge. C'est ce 
rabbin qui, ayant pris la parole, expose 
qu'avant la prédication de Ben-Zoma, 
on ne s'entretenait pas encore de la sor- 
tie d'Egypte, le soir. 

Au-dessous, un homme à la tunique 
vert foncé est à genoux : il rend grâce 
à l'Éternel. 

La Haggada rapporte ensuite les 
différentes expressions dont le Penta- 
teuque se sert pour parler de la déli- 
vrance de l'Egypte, paroles appliquées 
à quatre enfants de caractères divers, 
lesquels réclament chacun une instruc- 
tion spéciale, savoir : le sage, le mé- 
chant (l'impie), le simple ou innocent, 
et celui qui ne sait rien dire, qui ne sait 
pas interroger pour s'instruire. Aussi, 
au bas du fol. 6 a, dans toute la largeur 
de la page, le peintre fait assister à une 
leçon, ou à l'enseignement d'un profes- 
seur, au collet d'hermine, qui fait son 
cours du haut d'une chaire carrée, posée sur quatre pieds. Devant 
lui se tiennent debout cinq personnes de classes diverses, s'il faut 
en juger d'après les coiffures, les unes luxueuses, les autres mo- 
destes. Dans l'angle droit, un vieillard coiffé d'une calotte verte, 
assis dans un fauteuil à dossier circulaire, tient 
1 des deux mains son livre ouvert. 





Fig. 



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SE 




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A 







120 



REVUE DES ETUDES JUIVES 

Fol. 6&. A droite, a l'impie », un jeune 
présomptueux, ou damoiseau infatué de sa 
personne, porte, non plus un bonnet enjolivé 
(comme au ms. 1333), mais un casque doré 
surmonté dune plume de coq l ; la main 
droite tient levée à la hauteur de l'épaule 
une longue épée nue à double tranchant ; la 
main gauche, campée sur la hanche, soutient 
un carquois, au-dessus du fourreau noir. 
Une cotte en peau recouvre la soubreveste 
rouge, au-dessus des hauts-de-chausses gris. 

Au-dessous est le « simple », un enfant 

Fig. 10. 




bille, qui étend 
les bras en faisant 
le geste qu' « il ne 
sait pas ». 
Fol. 1 a. A gauche, un homme à che- 
veux blancs, la tête nue, vêtu d'une 
tunique écarlate aux larges manches, 
sur laquelle est jeté un manteau de cou- 
leur foncée, raconte à un enfant, de- 
bout devant lui, l'histoire de la sortie 
d'Egypte. Au bas, occupant toute la lar- 
geur, est peinte la scène où « Josué 
s'adresse à tout le peuple » (Josué, 

1 Voir Quicherat, %bid. s p. 231. 



assis sur un escabeau carré, l'air égaré. Au 
bas, un adolescent, à la coiffure en calotte 
cramoisie et à la robe en brocard pourpre, 
semble s'adresser à un adulte richement ha- 

Fig. H. 




UNE IIAGCADA ILLUSTREE 



121 



Fig. 12. 




xxiv, 2). Sous un dais rose, sur un trône 
doré, un homme d'aspect vénérable, re- 
vêtu de pourpre et la tête ornée d'une bar- 
rette ou bonnet carré de même couleur, 
a devant lui deux groupes de gens : le 
premier groupe est formé de trois per- 
sonnages coiffés de chaperons tuyautés à 
longue cornette l ; le genou plié devant 
celui qui parle ; derrière eux est un se- 
cond groupe, composé de cinq ou six ado- 
lescents, le chef couvert d'un feutre mo- 
deste. 

Fol. 1b. En haut à droite, Abraham, 
représenté par un homme à longue barbe 
blanche, sans moustache, un gros bâton 
noueux dans les deux mains, la tête cou- 
verte d'un chapeau en feutre avec four- 
rure à double torsade verte, ^êtu d'une 
tunique rouge clair et de souliers noirs. 

Plus bas, dans une fournaise ardente 2 , 
aux parois grises, un homme est placide- 
ment couché, les bras croisés. Puis un 
ange aux ailes roses, à la tunique verte, 
apparaît à Abraham (même visage qu'au- 

1 Cf. Viel-Castel, ibid., pi. 252 : * un seigneur à la 
cour de Charles Vil », et pi. 256 : • le duc de Bour- 
gogne Philippe le Bon ». 

2 La tradition disant qu'' Abraham, jeté dans une 
fournaise ardente, a été miraculeusement sauvé de 
ce péri', est rapportée par le Talmud, Pesahim, 118 a, 
et par le Midrasch, Bereschtth R., 4i, etc. 



Fig. 13. 



,- - 




122 







REVUE DES ÉTUDES JUIVES 
Fig. li. 





paravant) tête nue, chauve; celui-ci écoute 
à genoux la prédiction qui lui est faite tou- 
chant l'avenir de sa race. 

Tout le bas de la page est occupé par la 
scène suivante : Jacob nu-tête, le même 
bâton à la main, le manteau retroussé au- 
dessus du genou, entre dans l'eau du Jour- 
dain, qu'il va traverser. La rive droite est 
couverte de roches arides, jaunies par le 
soleil, tandis que la rive gauche est ver- 
doyante, semée d'herbes et de fleurs, lais- 
sant voir au loin , dans les hauteurs à 
droite, une ville aux murs crénelas, aux 
maisons couvertes de toitures rouges, au 
milieu desquelles s'élève un clocher carré 
à la flèche rouge. 

Fol. Sa. En haut à gauche, un vieillard, 
coiffé d'un chaperon à deux couleurs avec 
cornette rouge, à l'instar des marchands 
lombards précités, couvert d'un surplis 
vert, étend un bras revêtu d'étoffe marron ; 
les hauts-de- chausses sont rouges et les 
souliers noirs. 

Au-dessous figure Laban, un homme tra- 
pu, à la barbe blanche, coiffé d'un feutre 
vert foncé, couvert d'une soubreveste rouge 
clair, de hauts-de-chausses gris et de bottes 
fourrées à mi-jambe.s ? ; à la ceinture est at- 
tachée une épée munie d'une grosse garde, 
dans un fourreau noir orné de dessins. Sur 



UNE HAGGADA ILLUSTREE 



123 



Fig.16' 



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11 





l'épaule gauche, le personnage porte du gibier, suspendu à un 
bâton recourbé. 

Tout le bas de la page est occupé par la marche de Jacob avec 
ses fils, se rendant en Egypte. Chacun des fils est revêtu d'une 
tunique d'une autre teinte. A l'extrême 
gauche, on revoit la ville déjà peinte d'autre 
part, mais sous une perspective plus rap- 
prochée, aux constructions semblables, 
toutefois plus grandes que dans la page qui 
fait face (f. lb). 

Fol. 8&. A droite, un groupe de trois 
adultes montre un soleil d'or dans un quart 
de cercle bleu : ce sont des adorateurs du 
soleil, ou païens. Au bas, le patriarche Ja- 
cob, tête nue, à la calvitie prononcée, as- 
sisté d'un fils, tenant à la laisse une chèvre 
et une brebis, est présenté par un adoles- 
cent (sans doute Joseph) au roi Pharaon, 
assis sur un trône carré, la tête surmontée 
d'un bonnet carré rougr». 

A gauche, un homme et une femme 
dans le costume d'Adam et Eve, au milieu de hautes herbes fleu- 
ries. Les formes harmonieuses des deux personnages nus révèlent 
un artiste italien du xvi e siècle. La femme, en tenue de Vénus de 
Médicis, esquisse de la main gauche un geste pudique, ayant pour 
tout vêtement sa chevelure noire. A l'avant-bras elle porte un bra- 
celet de pierres précieuses, et à son cou brille un collier de perles 
à deux rangs. Sans doute, le peintre a très élégamment rendu 
l'expression du prophète Ezéchiel (xvi, 7), disant : « Je t'ai mul- 




!-.! 



REVUE DES ETUDES JUIVES 
Fia. 18. 




tipliée comme l'herbe des champs, tu as crû, tu as grandi, tu viens 
ornée de ta beauté, les seins développés, les cheveux longs (cres- 
fuj.19. citis vilis), et tu es tout à fait] nue ». 

Seulement, il s'est plus attaché à la 
lettre du verset qu'à l'esprit; il a trop 
matérialisé et méconnu l'idée du pro- 
phète, qui est de stigmatiser l'absence 
de vertu; ce que la Haggada rappelle 
modestement a é'é amplifié et mal 
rendu. 

Au bas, pour les travaux des cons- 
tructions précitées , un surveillant 
égyptien se dispose à frapper de son 
fouet à quatre lanières les trois ou- 
vriers qui préparent le mortier. 
Fol. 9b. A droite, vue des deux 
villes, Pitom et Bamsès (Exode, i, 11). La première se distingue 
par une tourelle bâtie sur la muraille, ornée au sommet d'une ori- 

Fia. 19. 





Fip. 21. 



Fin. 



UNE HAGGAOA ILLUSTREE 125 

flamme. La seconde ville, Ramsès, est de la môme architecture 

(et non plus à tourelhe ronde, comme au ms. 1333) : elle est haut 

perchée, snr la crête d'un rocj'aride, au sable 

jaunâtre, dont l'accès au fond de la vallée est 

indiqué par un tronc fd'arbre à moitié rompu. 

Vers elle se dirige un| valet de chiens, qui d'une 
main tient en laisse deux lé- 
vriers, et de l'autre un léo- 
pard apprivoisé. 

Fol. 10 a. A gauche, en haut, 
trois hommes d'âges divers et 
habillés diversement, sont à 
genoux: ils rendent grâce à 
l'Éternel « qui les a exaucés » 
(fMrf.,n,24). 

Au-dessous est figurée la 
« séparation des époux » a"i 
nwis, qui, selon la tradi- 
tion ', suivit Tordre de Pha- 
raon de tuer les enfants juifs. 
Un homme jeune, à la cape 
retroussée par derrière en 
forme de casquette , et une 
jeune femme au chaperon en 
treillis , manches bleues sur 
robe rose ; tous deux ont les 
bras croisés, et sont séparés 





■à 



REVUE DES ETUDES JUIVES 



Fig. 23. 




Fia. 



ladin ou la lampe merveilleuse » des Mille et une Nuits \ — on 
s'en souvient, — le génie transporte le lit contenant le fils du grand 
vizir et la princesse Badroulboudour, pour empêcher la consom- 
mation de leur union projetée; puis, Aladin ayant pris la place de 
l'époux, promet à la princesse de la respecter; il se couche en 

lui tournant le dos , après avoir eu la 
précaution de mettre un sabre entre elle 
et lui, pour marquer qu'il mériterait d'en 
être puni s'il attentait à son honneur. 

Au bas, devant le fleuve qui baigne un 
château-fort crénelé, abritant des mai- 
sons à toiture rouge, déjeunes Egyptiens 
enlèvent les enfants mâles aux mères 
désolées, en costume semblable à celui 
de la femme précitée, et les jettent à 
l'eau 2 . 

Fol. 10 b. En haut à droite, un bras re- 
vêtu d'étoffe rouge, tient à la main une 
longue épée, dont la pointe atteint le bord 
de la p. 10 b, comme vis-à-vis fol. lia. 
Au-dessous est un ange à la tunique 
bleue, au surtout rouge, aux ailes roses, 
un bâton à la main gauche; de la main 
droite il indique le ciel. Au bas, un dra- 

1 Traduction Galland (P. 1837), t. III, p. 66. Dans 
d'autres éditions, le détail du « sabre », qui nous in- 
téresse ici, est omis. 

8 Exode, î, 22. 




UNE HAGGADA ILLUSTRÉE 



127 



Fia. Su 



f:'Fig. 26. 




gon vert, rpia, aux ailes flamboyantes et 
la langue en feu. 

Fol. 11 a. En haut à gauche, brille une 
épée portée par un bras, dont on ne voit 
que l'extrémité : c'est la traduction du 
commentaire biblique disant : le « bras 
étendu » c'est l'épée. Au-dessous, le châ- 
teau-fort à haute muraille crénelée, tel 
qu'il a déjà apparu, et tout le bas laisse 
voir les animaux morts de la peste 1 , les 
quatre pattes en l'air. A droite de cette 
scène, deux vieux pâtres, aux feutres 
retroussés en forme de toque espagnole, 
aux genoux dénudés et ayant des bas 
jaunes à mi-jambes , regardent désolés 
les troupeaux perdus, tandis qu'à côté d'eux un chien pleure. 




* /*., ix, 6. 



Fig. tr. 




123 



REVUE DES ETUDES JUIVES 




Fig.~ 30. 



Fol. 11 b. A droite, un ange aux ailes roses, à la tunique rouge 
brique, tend un bâton à Moïse, vieillard à la tête nue et chauve 
(ib., iv, 2; vil, 9). Au bas, à droite, du «sang », du o feu », de la 
« fumée ». A gauche du même plan, une cigogne happe des gre- 
nouilles • au bord du Nil, dont les rives escarpées sont des rochers 
jaunâtres. 

Fol. 12a. A 
gauche, dans un 
fauteuil ancestral 
aux sculptures 
dorées, est assis 
un vénérable doc- 
teur, un livre à la 
main : il doit figu- 
rer R. Juda. Au- 
dessous, un autre 
vieillard, assis 
dans un fauteuil 
plus modeste, éga- 
lement muni d'un 
livre, représente 
R. Yossé le Gali- 
^ léen ; tous deux 
sont coiffés de 
turbans clairs, à 
la majestueuse cornette foncée. Au bas, on 
voit les magiciens disant à Pharaon couron- 
né, assis sur son trône : « C'est le doigt de 
Dieu » ; c'est à propos de la vermine -. 
Fol. 12 b. A droite, un autre vieillard en 




1 Ib., vu, 27-23; yiu, 1-0 
4 Ib., vin. 15 et 12-14. 




UNE HAGGADA ILLUSTREE 

Fig. 31. 



129 




turban blanc, 
assis dans un 
fauteuil rehaus- 
sé sur marches, 
explique la sor- 
tie d'Egypte : 
c'est R. Eliézer. 
Au bas, une sau- 
terelle énorme ' 
dans le bran- 
chage d'un ar- 
bre; à celle vue, 

un adolescent se couvre la figure avec la main, pour ne pas être 
assailli. 
Fol. 13a. A gauche, R. Akiba, figuré de même, enseigne la 
Fig. 32. loi. Au-dessous, deux démons noirs, 

« mauvais anges », cornus et ayant des 
pieds en forme de griffes. Au bas, deux 
enfants montent des degrés, pour expri- 
mer le grand nombre de reconnaissances 
dues à Dieu, mma 2 rrh^n. 

Fol. 13 b. A droi- ! <>■ '■>■ 

te , un joli rinceau 
encadre nVw'six fois 
répété. Tout le bas 
figure l'armée des 
Égyptiens engloutis 

1 Ib., %, 12-19. 

* Littéralement : de - 
fjrés. 

Fig. 33. 



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T. XLV, n° 89. 



130 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



Fig. 36, 



Fia 




dans la Mer Rouge, chevaux et cava- 
liers à demi-noyés. 
[Fol. 14 a. A droite, trois anges, l'un 





aux ailes 
roses, l'autre 

aux ailes 

rouges, 

le troisième 

aux ailes 
bleues, souf- 
flentdansdes 

trompettes 
droites, ou 

buccines. Plus bas, sur une éminence ro- 
cailleuse, Moïse, en turban blanc, vêtu 
d'une tunique bleue et d'un manteau 
rouge, des tables de marbre à la main 







UNE HAGGADA ILLUSTRÉE 



131 



gauche, proclame le Décalogue, en pré- 
sence de tout le peuple, hommes de toutes 
classes (selon leurs costumes), femmes et 
enfants, qui se tiennent au bas du monti- 
cule. 
Fol. 14 b. A droite une entrée de ville à 
la longue poterne, lais- 
II sant apercevoir les mai- 
sons sises près du mur 
d'enceinte. 

Au bas, l'arche d'al- 
liance, représentée par 
une construction rec- 
tangulaire ornée d'une 
grande porte à façade 

Fig. 39. 



Fig. 

A 


40. 




■ ,i 



'7h 






que surmonte une lucarne ronde. Au devant se présentent plu- 
sieurs jeunes gens en vêtements clairs, peut-être des Lévites, 
chargés des divers services au Temple, lors de l'entrée des Hé- 
breux en Palestine. 
Fol. 15a. A gauche, R. Gamaliel, du haut d'un fauteuil 

Fig. 41. 




132 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



luxueux, explique la Pâque. Au bas, cé- 
rémonial de l'agneau pascal : d'abord, à 
gauche, on l'égorgé; puis, il rôtit à l'aide 
d'une broche montée sur deux trépieds en 
fer et tournant devant le feu, que surveille 
.une servante ; derrière elle, la maîtresse 
debout a le couteau ouvert pour dépecer 
le rôti. 

A partir de là, des blancs au milieu du 
texte et des initiales à peine tracées attes- 
tent que le scribe espérait voir le peintre 
continuer; mais celui-ci s'est interrompu. 
A considérer : 1° les deux personnages nu- 
téte (fol. 7a et 12&) ; 2° la femme trop peu 
vêtue (fol. 9a), on est convaincu que l'en- 
lumineur anonyme n'était pas juif : non pas qu'il n'y ait eu alors et 
même auparavant des peintres juifs, tel que Mose Dal Castellazzo, 
portraitiste vénitien, qui le Tl juillet 1521, obtint du Conseil des 
Dix le privilège de publier un Pentateuque illustré », mais ce ne 
fut pas le cas de celui qui a concouru au beau travail graphique 
de notre manuscrit. 




Moïse Schwab. 



* D. Kaufmann, Revue, XXII, 293. 






Fig. 43 




BIBLIOGRAPHIE 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE 

\«r t 2 c ET 3 a TRIMESTRES 1902. 

(Les indications en français gui suivent les titres hébreux ne sont pas de V auteur du livre 
mais de l'auteur de la bibliographie, à moins qu'elles ne soient entre guillemets.) 



4. Ouvrages hébreux. 

PTIBOÏI "li^N Magazin fur hebrâische Literatur und Wissenschaft, édité 
par Eisig Grâber, VI. Jahrgang, Heft 1. Cracovie, impr. ,1. Fischer, 
1902; in-8<\ 

D'annuel ce recueil est devenu mensuel. Le volume précédent (5 e année) 
date de 1896 (Voir Revue, t. XXXII, p. 285). A mentionner dans celui-ci 
la publication par M. H. Brody du p2yn "1DD d'Alharizi d'après un ms. 
unique d'Oxford (n° 1979). C'est un poème à rimes homonymes à l'imitation 
du Tarschisch de Moïse ibn Ezra. M. Brody remarque que l'auteur s'est im- 
posé de ne pas employer les rimes déjà utilisées par M. ibn Ezra. Le poème 
est-il de Juda Alharizi ? Il a un caractère religieux et moral qui n'est pas 
celui du Tahkemoni. D'autre part, la suscription qui est en tête du manuscrit 
parle de Juda et d''Abraham d'une manière trop ambiguë pour qu'on puisse 
se prononcer sûrement. Citons encore dans le même volume une étude sur 
Isaac Ilorvitz par J. Gûnzig, et une étude sur Platon par M. Margel. 

EpfcrnN Literarischer Kalender, IX e année (5662). Varsovie, Ahiasaf, 1901; 
in-8° de vi + 438 + 18 p. 

tPTl mmN 'O Orchoth Chajim von R. Aharon Hakohen aus Lunel. 
II. Theil. Zum ersten Maie hrsg. von M. Schlesinger. III. Liefg. Berlin, 
impr. Itzkowski, 1901; in-8° de p. 225-336. (Publication de la Société 
Mekilze Nirdamim.) 

d^Sfib 13H m2 Beith Waad Lachachomim. A monthly journal for reli- 
gious questions and jewish science, by Rabbi J.-Ch. Daiches. Leeds, 
impr. Porton ; in-8°. (Le 1 er nume'ro porte : Londres, impr. Ginzburg.) 
Paraît depuis 1902. 



134 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

û^lQ^nb ^21 rH3 Betli Waad Lachachamim. An index to the Agadas in 
talmudic, midrashic, moral and ethical literature, rabbinic sayings and 
popular proverbs, comprisiug a collection of nearly 14,000, arranged al- 
pbabetically with notes and comments, by Rev. Aaron Hyman. Londres, 
impr. Bril, 5652 (1902) ; in-4° de ix + 272 + 7 p. 

Excellent recueil du genre de l'ouvrage de Perle, Ù^a^Tl ï"lttîb I^IN, dont 
il a été parlé ici {Revue, t. XL11I, p. 278). Hyman cite Perle dans sa préface, 
mais déclare qu'il est indépendant de lui, son travail ayant été commencé 
il y a douze ans et achevé en 1898. Le recueil d'Hyman est plus complet : 
il contient deux fois plus d'articles que celui de Perle. En particulier, on y 
trouvera les proverbes rangés sous la rubrique i}D2fc< " ,h V2N, ce qui manquait 
dans le livre de Perle. Ce dernier n'est pas cependant rendu inutile. Hyman 
n'a pas les comparaisons d'autres langues et contient moins d'explications. 
Il se contente de donner la référence la plus ancienne de la phrase citée; 
Perle renvoie à tous les textes de la littérature talmudique ou midraschique. 
Les deux livres se complètent donc utilement l'un l'autre et constituent en- 
semble un précieux instrument de travail. 

"pain Recueil d'articles scientifiques, rédigé par S. -A. Horodezky, t. III. 
Berditscbew, impr. J. Scheftel, 1902 ; in-8° de 225 p. 

Ce volume est digne des précédents; il contient des travaux signés des 
auteurs les plus réputés dans la science juive. Voici quelques articles : 
R. Isaac Aboab I, par Horodezky. — Notes critiques sur le Talmud et les 
Midraschim, par Bâcher. — Etude sur les Halachot Gedolot, par A. Epstein. 
— Prières dans le style des Psaumes par un anonyme (probablement un 
faux messie) publiées par Harkavy. — Etude sur les Teschoubot contre 
Saadia de Dounasch ben Labrat par D. Kahana, etc. 

DbuîlT "TO Mittheilungen aus Handschriften, von S -A. Wertbeimer. 

Heft II. Jérusalem, cbez l'auteur, 1901 ; in-8° de 12 p. + 24 flf. Heft III, 

1902; in-8° de 9p. + 20ff. 

Le premier fascicule de cette publication a été analysé ici (Revue, 
t. XXXII, p. 286). Le fascicule II contient notamment des Responsa d'auteurs 
divers, des novelles de Joseph ibn Migasch, des fragments d'un commentaire 
de Raschi sir Job, des Pioutim de Yanaï, de Kalir, d'Abraham ibn Ezra, de 
Juda Halévi. — Le fasc. III renferme, entre autres, des fragments du com- 
mentaire d'Haï Gaon sur Kéllin, un commentaire anonyme sur le Kadisch, 
des Responsa inédits de Méir de Rothenbourg, une lettre des rabbins de Tyr 
à la communauté de Soba en 1029, des Pioutim de Saadia, Salomon ibn 
Gabirol, Juda Halévi, etc. 

^"31 "H 3*1 Part I. Eighteen ethical sermons delivered to the working 
classes at the great Synagogue and other places of worship. Part IL 
Talmudic and Midrashic dissertations and biblical exegesis, by B. Spiers. 
Londres, J. Dickson, 1901 ; in-8° de 224 p. 

■^ibn .«ÏITIÏT „^NT ,h 7 Diwan des Abû-1-Hasan Jehuda ha-Levi, von H. 
Brody. IBd. Nichtgottesdienstliche Poésie (Anmerkungen. III. Liefg.). 
Berlin, impr. Itzkowski, 1901 ; in-8° de xv + p. 225-338. (Publication de 
la Société Mekitze Nirdamim.) 

nmo^îl 'O Das Buch ûber die Elemente von Is. b. Sal. Israeli nach dem 
aus dem Arabischen ins Hebraische ùbersetzten Texte von Abr. b. Sam. 
Halévi Ibn Chasdai zum ersten Maie hrsg. mit Anmerkungen, sowie 
mit elner biographischen Einleitung versehen von S. Fried. Francfort, 
Kauffmann, 1901 ; in-8°. 



BIBLIOGRAPHIE 135 

d* 52 3 fi Tl!35 Schutzschrift fur die Kabbala, insbesondere fur das Buch 
Û' , >:P rHUan, von M. Halperin. Jérusalem, chez l'auteur, 1901; in-8° 
de 25 ff. 

Proteste contre l'attribution par Jacob Eraden du d^û" 1 niftn à Nathan 
Gazzati. 

Ttt^ 3W3 Scriptum probitatis quo libro conlinentur Isaach Samuelis Reg- 
gio epistulae ad Samuelem David Luzzatto missae Victorius Castiglioni 
Tergestinus edidit. Cracovie, impr. Fischer, 1902 ; in-8° de 49 p. 

d'VO^VnOD "pp^Opb Lexicon der pseudonymen hebr. Schriftsleller, von 
M. Sablatzki. Berditchev, impr. J. Scheftel, 1902 ; in-8° de 2 -f 32 p. 

31Ï3 bd'iî 1ÏÎT153 Sechel Tob. Commentar zum ersten u. zweiten Buch Mosis 
von Rabbi Meuachem ben Salomo, zum ersten Maie brsg. von Salomon 
Buber. II. Theil. Das 2. Buch Mosis. Berlin, impr. Itzkowski, 1901 ; 
in-8° de 344 p. (Publication de la Société Mekitze Nirdainim.) 
Voir Revue, t. XL1II, p. 281. 

ttîlp enptt Arnold B. Ehrlich's « Mikra ki-Peschutô », kritisch beleucbtet 
von H. Brody. Cracovie, chez l'auteur, 1903; in-8° de 44 p. 

bSTàîl m53ï~Û Ausfùhrliche Erklârungen zum « Ilohen Lied », von N. Ma- 
gid. Jérusalem, impr. J.-B. Frumkin, 1902; in-8° de (8) -J— 105 p. 

RÛ1Î imb» TïOI !"I31 imb« *VlO Introduction au Tanna de Be Eliahou, 
par M. Friedmann. Vienne (en commission chez Achiasaf, à Varsovie', 
1902; in-8°de 10+ 150 p. 

Introduction à l'édition du Tanna de Bé Eliahou parue il y a deux an?, 
d'après un manuscrit du Vatican de 1073. Cette introduction expose l'histoire 
du ms. et passe en revue, mais sans beaucoup de critique, les différents pas- 
sages du Talmud et des Midraschim qui parlent du prophète Elie. 

d^b-i^b d^dTdO Zahlenmystik (mfimBtt'tt) in der Mischna. Lemberg, 1901; 
in-4° de 48 + 3 p. 

d*bd15 rû^53D Abhandlungen ùber die Allmacht Gottes, von A. Weinberg. 
M. Sziget, chez l'auteur, 1902; in-8° de 48 -f 24 + 8 ff. 

"pp ûbiy Olam katan, revue hébraïque hebdomadaire illustrée pour la jeu- 
nesse, rédigée par A. L. Avigdor et S. L. Gordon, l re année. Varsovie, 
édition « Touschia », 1901 ; in-8°. 

ttinn nbiy Neuf sermons de Flekeles (E.), t. I. Munkacs, 1902; in-8° de 
4 -4- 103 p. 

Û"W1 nttJnD b$ Abhandlungen ùber verschiedene Zeilfragen, von Achad- 
Haam (U. Giozberg), 2 e édition. Berlin, impr. Itzkowski, 1901 ; in-8° de 
xx + 246 p. 

d^53^!t *1SD Being a treatise on physic, metaphysic, the essence of pro- 
phecy... by Rabbi Abraham ibn Ezra... copied from mss. at the Bri- 
tish Muséum and provided with notes, by M. Grossberg. Londres, impr. 
Rabinowilz, 1901 ; pet. in-8° de 64 p. 

Wîû' 1 Mitt b'IUilp 9 Briefe betreffs Verbessening der Lage der « Ye- 
schiba Bachurim » in Ungarn, von G. Stern. M. Sziget (Francfort, libr. 
J. Kauffmann), 1902 ; in-8° de 9 ff. 



136 REVUE DES ETUDES JUIVES 

i1tt53>?a F1K*"I. Ethische Abliandlungen, von R. Uhna Jérusalem, impr. J.-N. 
Lôwy, 1902 ; iu-8° de 3 -f- 126 -f 1 ff. 

ÏTQ3H n^U)N1 Joodsche Godsdienstleer voor de Jeugd, van L. Wagenaar. 
2. Cursus. 2. Ausgabe. Amsterdam, Van Creveld et G°, 1902; in-8° 
de 50 p. 

mNID") '0 Sepher Rephuolb, the book of medicine by Maimonides and a 
letter of the physician Ali Hajishmaeli, from a hitherto unpublisbed Ms. 
in tbe Britisb Muséum edited wilb a commentary by Menasseh Gross- 
berg. Londres, Meczyk, 1900 ; in-8° de 64 p. 

mjpnïl ri Tin "Hy'ùi 'O Die Institutionen des Judenthums nach der in 
den lalmudiscben Quellen angegebenen gescbicbtlichen Reibenfolge, von 
Rabb. Moses Bloch. II. Tbeil, III. Band. Budapest, cbez l'auteur, 1902 ; 



in-8° de 210 p. 



Ouvrages en langues modernes. 



Ackermann (A.). Vogelfrei. Ein Blick auf das erste Jahr des zwanzigsten 
Jabrbunderts. Brandenburg, M. Evenius, 1901; in-8° de 20 p. 

Avigdor (S.). Le mouvement agricole juif. Ferme-école de Djédeida. 
Conférence de S. Avigdor, directeur. Alger, impr. Franck et Solal, 1902; 
in-8° de 26 p. 

Bâcher (W.). Die Agada der Tannaiten und Amorâer. Bibelstellenregister. 

Nebst einem Anbange : Namen-Register zur Agada der babylonischen 

Amorâer. Strasbourg, Trùbner, 1902; in-8° de 94 p. 

On sait les services inappréciables rendus par les publications de M. Bâ- 
cher sur l'Agada des Tannaïm et des Amoraïm, taut Palestiniens que Baby- 
loniens. Il a dressé le recueil de toutes les opinions des rabbins du 1 er au 
\ (: siècle sur les choses de morale et de religion, de toutes les interpré- 
tations de la Bible qui leur sont dues. L'auteur, en outre, a dit l'essen- 
tiel sur la vie et le caractère de chacun de ces rabbins. C'est un inven- 
taire presque complet de l'exégèse, principalement agadiquc, de ce temps. 
Si nous disons presque complet, c'est parce que nous persistons à penser que 
M. Bâcher nous doit encore un inventaire complémentaire de toutes les 
opinions anonymes sur les mêmes sujets. 11 manquait à cette collection, qui 
ne compte pas moins de six volumes, pour la rendre parfaite, un index des 
versets. Il n'est pas nécessaire d'insister sur l'utilité d'un pareil index : il 
n'est pas seulement bon de connaître l'exégèse de tel ou tel rabbin sur un 
verset déterminé, on a plus souvent besoin de savoir ce qui a été dit à 
propos de ces versets, que ce soit par tel docteur ou par tel autre, et même 
par plusieurs. Veut-on, de plus, lire l'histoire sainte telle que l'inter- 
prétation agadique Ta transformée et enrichie, il suffira de prendre les 
versets qui y ont trait et de se référer aux paroles des docteurs qui s'y rap- 
portent. Avons-nous besoin d'ajouter que ce travail de patience est fait avec 
une conscience admirable? A cet index, M. Bâcher a joint le registre des 
noms de personnes mentionnés dans le volume sur l'Agada des Amoraïm 
babyloniens pour mettre ce volume — le premier de la série — en harmonie 
avec les autres. — Israël Léoi. 

Bamberger (M.-L.). Dokumente zur Gescbichte der Bùcber-Zensur. Bei- 
trag zur Gescbichte derJuden inBaden. Karlsruhe, G. Pillmeyer, 1902 
in-8° de 20 p. 



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ier, 1902 ; in-8° de 36 p. 

Réponse à la brochure de M. Delitzsch, dont il sera question plus loin. 

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Berlin, Giese, 1901 ; in-8° de 32 p. 

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Berlin. Mit einer wissensch. Beigabe von E. Baneth : Maimuni's Neu- 
mondsberechnung. Teil III. Berlin, impr. Itzkowski, 1902; in-8° de 
p. 63-116 + 19 p. 

Bertholet (A.)- Die Bûcher Esra und Nehemia erklârt. Tubingue, Mohr, 
1902 ; in-8° de xx -|- 112 p. (Kurzer Handkommentar de Marti.) 

Blau(L.)- Brill Samuel Lôw. A Pesti Rabbisag elnoke, 1814-1897. Buda- 
pest, 1902; in-8° de 108 p. 

Blogh (J.). Die samaritanisch-arabische Pentateuch-Uebersetzung, Deu- 
teronomium (I-XI), mit Einleitung und Noten. Berlin, Poppelauer, 1901 ; 
in-8° de 43 + 64 p. 

Traduction attribuée autrefois, dans l'édition de Kuenen, à Abou-Said et 
qui n'est que le remaniement d'une traduction ancienne par Hasan de Tyr 
peut-être. 

Bôklen (E.). Die Verwandschaft der jûdisch-christlichen mit der Parsischen 
Eschatologie. Gottingue, Vandenhoeck et Ruprecht, 1902 ; in-8° de iv 
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Kôhler, 1902; in-8° de 35 p. 

Castelli (D.). Florence, 1902. (Recueil d'éloges funèbres à la mémoire du 
professeur David Castelli, mort le 14 janvier 1901, avec la liste do ses 
ouvrages.) 

Cleeve (L.). Woman and Moses. Londres, Hurst, 1902 ; iu-8° de 302 p. 

Dalman (G. -H.), lïîltlin *yc\2 Aramâisch-neuhebrâisches Wôrterbuch zu 
Targum, Talmud u. Midrasch, mit Vokalisation der Targamischen Wôr- 
ter nach Sudarabischen Handschriften u. besonderer Bezeichnung des 
Wortschatzes des Onkelostargum. Teil II. Francfort, J. Kauffmann, 1901; 
gr. in-8 J de iv +p. 181-447. 

Voir Hevue, t. XXXVI, p. 308, le compte rendu de la première partie de 
ce dictionnaire parue eu 1897. L'auteur a tenu compte des corrections qui lui 
ont été proposées de différents côtés. Il y aurait encore à reprendre maint 
détail. Mais, dans l'ensemble, l'ouvrage sera très utile aux étudiants. 

Delitzsch (F.). Das Buch Hiob. Leipzig, Hinrichs, 1902 ; in-8° de 179 p. 

Delitzsch (F.). Babel und Bibel. Vortrag. Leipzig, Hinrichs, 1902 ; in-8° 
de 52 p. 

Voir plus loin l'analyse de la brochure de E. Kônig. 



138 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Diettrich (G-)- Isô'dhads Stellung in der Auslegungsgeschichte des Alten 
Testamentes an seinen Commentaren zu Hosea, Joël, Jona, Sacharya, 
9-14 iind einigen angehângten Psalmen. Giessen, J. Ricker, 1902; in-8° 
de lv + 163 p. 

Dornstetter (P.). Abraham. Studien ùber die Anfânge des hebrâischen 
Volkes. Fribourg-en-Brisgau, Ilerder, 1902 ; in-8° de xi -f- 279 p. 

Dreydorff (J.-Q.)- Quousque tandem? Ein ernstes Wort wider den alt- 
testamentlichen Geschichtsunterricht. Leipzig, H. Haessel, 1902 ; in-8° 
de 51 p. 

Dlïnner (J.-H.). Leeredenen gedurende het Zomersemester 5661-62. Ams- 
terdam, Van Creveld et G , 1902 ; in-8° de iv + 131 p. 

Eisler (M.). Az erdélyizsidok multjabol. (Aus der Vergangenheit der Juden 
in Siebenbùrgen). Kolozsvar, 1901 ; ïn-8° de 17 p. (Tirage à part de « Er- 
de'Jyi Muzeum ».) 

Elbogen (J.). Die neueste Konstruction der jùdischen Gescliichte. Breslau, 
Koebner, 1902; in-8° de 48 p. (Sonderabdruck aus dem 46. JahrgaDg der 
Monatsschrift fur Geschichte u. Wissenscbaft des Judenthums.) 
Critique du 3 e volume du Dorot Harischonim d'Isaac Halévy. 

Encyclopédie (The jewish) , t. II (Apocrypba-Benash) . New-York et 
Londres, 1902 ; gr- in-8° de xxn + 685 p. 

Voici le second volume de la grande Encyclopédie juive, digne en tous 
points du premier, paru l'an dernier, et qui fait concevoir les meilleures espé- 
rances pour le succès de l'œuvre totale. Signalons les articles sur les Apo- 
cryphes, sur les apostats, sur la littérature et la philosophie judéo-arabe, 
sur l'araméen, sur l'archéologie biblique, l'astrologie, l'Asie, l'Autriche, la Ba- 
bylonie, etc., signés des auteurs les plus compétents (Moore, Bûcher, Price, 
Blau, Lévy, G. Deutch, Krauss, etc.) Nous continuons à trouver excessive 
la part faite à l'élément anecdotique journalistique; à quoi bon les signatures 
autographes des notabilités du judaïsme (où des noms illustres en coudoient 
d'autres qui le sont moins)? On pouvait laisser de côté sans dommage quan- 
tité de biographies bien insignifiantes. Il eût été utile d'adjoindre au volume 
un index des articles comme il y a un index des illustrations. 

Engert (T.). Der betende Gerechte der Psalmen. Wûrzburg, Gôbel et 
Scberer, 1902 ; in-8° de 134 p. 

Englaender (M.)- Die auffallend bâufigen Krankheitserscheinungen der 
jùdischen Rasse. Vienne, libr. J.-L. Pollak, 1902; in-8° de 46 p. 

EfrjLENBURG] (0[lga]z[u]). Von Asdod nach Ninive in Jahre 711 v. Chr. 
Leipzig, O. Wiegand, 1901 ; in-8° de 82 p. 

Me Ewan (J.). The Bible and the critics. Reply to modem criticism by 
G.-A. Smith. Londres, 1902; in- 18 de 150 p. 

Ferdinand Dreyfus. Misères sociales et études historiques. Paris, Ollen- 
dorff, 1901; in-18 de 284 p. 

Contient une élude sur les Juifs sous la Révolution. 

Frankl-Grtjn (Ad.). Geschichte der Juden in Kremsier mit Rùcksicht auf 
die Nachbargemeinden. Nach Original-Urkuuden dargestellt, 3 e partie : 
Nachtrâge, Archivalien. Die Gegenwart. Francfort, J. Kauffmann, 1901 ; 
in-8°de iv -j- 171 p. 



BIBLIOGRAPHIE 139 

Friedlàender (M. -H.). Das Talmudstudium in der ersten Hâlfte des 
neuiuehnten Jahrhunderts in den Jeschibot zu Nikolsburg, Posen und 
Pressburg. Vienne (en commission chez J. Kauffmann à Francfort), 1901 ; 
in-8° de 41 p. 

Friedlàender (T.). Der Spracbgebrauch des Maimonides. Ein lexica- 
lischer u. grammatischer Beitrag zur Kenntniss des Mittelarabischen. I. 
Lexikalischer Teil. Francfort, J. Kauffmann, 1902; gr. in-8° de xxi -j- 
119 p. (Faux-titre : Arabisch-deutsches Lexikon zum Sprachgebrauch 
des Maimonides. Ein Nachtrag zu den arabischen Lexicis.) 

Fulliquet (G.). Les expériences religieuses d'Israël. Paris, Fischbacher, 
1901 ; in-12 de 254 p.' 

Geiger (A). Was hat Mohammed aus dem Judenthume aufgenommen, 
2 e éd. Leipzig, M. W. Kaufmann, 1902 ; in-8° de vi + 213 p. 

C'est un des meilleurs ouvrages d'Abraham Geiger que la maison Kauf- 
mann a eu l'beureuse idée de rééditer. La première édition est de 1833. Cet 
écrit a été provoqué par la question posée par la faculté de Bonn : • In- 
quiratur in fontes Alcoraui seu legis Mohammedicse eos, qui ex judaismo 
derivandi sunt ». Le travail de Geiger, couronné par la faculté, se divise en 
deux parties principales : la première examine si Mahomet a voulu et pu 
emprunter au Judaïsme, et la seconde ce que Mahomet lui a emprunté, en 
fait d'idées, de conceptions, de croyances, de lois et de légendes. 

Gelbhatjs (S.). Nehemias und seine socialpolitischen Bestrebungen. Vienne, 
Lôwit, 1902; in-8° de 51 p. 

Gerzon (J.). Die jùdisch-deutsche Sprache. Eine grammatisch-lexikalische 
Untersuchuog ihres deutschen Grundbestandes. Francfort, J. Kauffmann, 
1902; in-8°de 134 p. 

Ginzberg (L.). Die Haggada bei den Kirchenvâtem u. in der apokryphi- 
scben Litteratur. Berlin, Calvary, 1900; in-8° de 131 p. (Tirage à part de 
la Monatsschrift.) 

Excellent travail, plein d'observations exactes, de rapprochements in- 
structifs, et dénotant une sérieuse connaissance de révolution des idées du 
Judaïsme rabbinique [1. L.). 

Girdlestone (R.-B.). Grammar of prophecy, attempt to discover the 
method underlying the prophétie scriptures. Londres, Eyre, 1901 ; in-8° 
de 208 p. 

Goldberger (P.) Die Allégorie in ihrer exegelischen Anwendung bei Mo- 
ses Maimonides. Leipzig, Kaufmann, 1902 ; in-8° de xx + 121 p. 

Gollancz (H.). The ethical treatises of Berachya, son of rabbi Natronai 
ha-nakdan, being the Compendium and the Masref, new edited for the 
first time... with an english translation, introduction, notes etc. 
Londres, David Nutt, 1902 ; gr. in-8° de lui + 361 + 153 + ix p. + 
fac-similés. 

Grimm (K.-J.). Euphemistic liturgical appendixes in the Old Testament. 
Leipzig, Hinrichs, 1901 ; gr. in-8° de vin -J- 96 p. 

Grimme (H.). Mètres et strophes dans les fragments he'breux du manus- 
crit A de l'Ecclésiastique. Leipzig, O. Harassowitz, 19)1; in-8° de ni 
+ 63 p. 



140 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Il faut admirer l'intrépidité des savants qui arrivent à découvrir des mètres 
et des strophes dans des textes dont le sens est encore souvent très obscur 
et peu sûr. (7. L.) 

Grimme (H.). Psalmenprobleme. Untersuchungen ùber Metrik, Strophik 
und Paseq des Psalmenbuches. Fribourg, libr. de l'Université, 1902; 
in-8° de vin -f 205 p. 

Grùnau (H.). "Exil. Drama aus dem jûdischen Leben. Dresde et Leipzig, 
E. Pierson, 1902 ; in-8° de 90 p. 

Gudemann (M.). Das Judenthum in seinen Grundzùgen u. nach seinen 
geschichtlichen Grundlagen. Vienne, Lôwit, 1902 ; in-8° de iv+ 105 P- 
Exposé clair et substantiel des idées directrices du Judaïsme, de ses con- 
ceptions sur la famille, la religion, la vie et la mort, l'avenir messianique. 

Guttmann (J.). Die Scholastik des dreizehnten Jahrhunderts in ihren 
Beziehungen zum Judenthum und zur jûdischen Literatur. Breslau, M. 
et H. Marcus, 1902 ; in-8° de vu + 188 p. 

M. Guttmann, qui s'occupe depuis longtemps de la philosophie religieuse 
du Judaïsme, était tout préparé à étudier l'influence exercée par cette philo- 
sophie sur la scolastique chrétienne au xin 6 siècle. On verra dans ce travail 
ce que doivent aux auteurs juifs Guillaume d'Auvergne, Alexandre de Haies, 
Albert le Grand, Vincent de Beauvais, Duns Scot, et aussi quelques théo- 
logiens de la Renaissance. M. Guttmann ne traite pas dans ce volume de 
Thomas d'Aquin, dont il s'est occupé dans un travail spécial paru en 1891 : 
Das Verhàltniss des Thomas von Aquino zum Judenthum und zur jûdischen 
Literatur. Deux de ces études ont paru dans notre Revue. 

Harper (W.). Ezra, Nehemiah and Esther. Londres, Dent, 1902; in-16 
de 150 p. 

Hartwig. War Luther antisemit ? Nebst zwei nothwendigen Vorfragen. 
Leipzig, B- Richler, 1902; in- 8° de 72 p. 

Hirsghfeld (E.). Commentarius Maimonidae in Mischnam ad Tractatum 
Joma (Cap. i-iv). Textum arabicum edidit adnotationibusque illustravit 
D r Emanuel Hirschfeld. Budapest (en commission chez S. Calvary, Ber- 
lin), 1902 ; in-8° de xiv + 18 p. 

Holzhey (G.). Die Bûcher Ezra und Nehemia. Untersuchungen ihres lit- 
terar. und geschichtl. Charakters. Munich, Lentner, 1902; in-8° de 68 p. 

Hôpfl(P.-H.). Die hôhere Bibelkritik. Studie ûber die moderne rationa- 
listische Behandlungen der heiligen Schrift. Paderborn, Schôningh, 
1902; in-8° de iv -f- 110 p. 

Houtin (A.)- La question biblique chez les catholiques de France au 
xix e siècle. Paris, Picard, 1902 ; in-8° de iv + 324 p. 

Jahrbuch lûr jûdische Geschichte und Literatur, t. V. Berlin, A. Katz, 
1902; in-8° de 2G6 4- 42 p. 

Contient les articles suivants : 

Moses und Michel Angelo aus dem Nachlasse, par S. P. Steinheim. 
Ueber jùdische Aerzte, par M. Schâchter. 

Joseph Sûss-Oppenheimer. Ein Beitrag zur deulschen Kulturgeschichte, 
par A. Kohut. 

Zacharias Frankel, Gedâchtnissrede, par A. Schwarz. 
Mittheilungen aus dem Briefwechsel zwischen Zunz und Kaufmann, par 
M. Brann. 



BIBLIOGRAPHIE 



141 



Jahres-Bericht (IX.) der isr.-theol. Lehranstalt in Wien fur das Schuljahr 
1901-1902. Voran geht : das Synhedrion in Jérusalem und das grosse 
Beth-Din in der Quaderkammer des jerusalemischen Tempels von D r A. 
Bùchler. Vienne, 1902; in-8° de 268 p. 

11 sera, sans doute, rendu compte ultérieurement de cet important travail. 

Jahres-Bericht des jùdisch-theologischen Seminars Frànckel'scher Stiftung. 
Voran geht : Interprétation des III. Abschnittes des palâst. Talmud- 
Traktats Nesikin, Heft III., von J. Lewy. Breslau, impr. Schatzky, 1902; 
in-8° de p. 63-99 + 12 p. 

Jahres-Bericht des Rabbiner-Seminars zu Berlin fur 1900-1901 (5661). Vo- 
ran geht eine Abhancllung von Prof. J. Barth : Wuizeluntersuchungen 
zum hebrâischen und aramâischen Lexicon, I. Berlin, impr. Ilzkowski, 
1902; in-8°de 40 + 38 p. 

Jastrow (M.). Die Religion Babyloniens und Assyriens, I. Lieferung. 
Giessen, J. Rickert (A. Tôpelmann), 1902; in-8° de pp. v+ 1-80. 

C'est en 1898 que paraissait, en anglais, l'excellent ouvrage de M. Jastrow 
sur la religion de la Babylonie et de l'Assyrie. L'auteur nous donne main- 
tenant lui-même une traduction en allemand de son ouvrage, traduction qui 
paraîtra en dix fascicules, dont voici le premier. M. Jastrow nous avertit 
dans la préface qu'il a profondément remanié son premier travail pour le 
mettre au courant des découvertes récentes faites par l'assyriologie, grâce 
aux documents nouveaux mis au jour, tels que ceux qu'a publiés le pro- 
fesseur Hilprecht, qui révélaient la plus ancienne période de l'histoire babylo- 
nienne, grâce aussi aux nouvelles interprétations plus exactes des données 
existantes. L'édition allemande sera, dit modestement l'auteur, plutôt une 
œuvre de grande vulgarisation des faits acquis à la science qu'un apport 
nouveau et personnel. Mais des livres de ce genre sont de nature à faire 
grandement progresser les recherches originales quand ils émanent d'une 
plume aussi autorisée et qu'ils se recommandent comme celui-ci par une 
pleine connaissance du sujet, une ordonnance limpide des matières, et une 
parfaite clarté dans l'exposition et le style. Les trois chapitres essentiels 
traitent du panthéon assyro-babylonien, des textes religieux, enfin du culte 
et des dogmes. Ils sont précédés d'une introduction en deux chapitres inti- 
tulés, l'un : les sources et la méthode, l'autre : le pays et le peuple, con- 
tenant une courte esquisse de l'histoire babylono-assyrienne. Cette esquisse 
embrasse une période d'environ 4,000 années (4,500-600 av. J.-C). On sent 
dans ce tableau, magistralement tracé à l'aide de faits certains, à l'exclusion 
des hypothèses gratuites ou aventureuses, une science sûre qui se meut avec 
une parfaite aisance au milieu de l'amas de détails, d'inductioDS, de données 
complexes et enchevêtrées que comporte une aussi vaste période historique. 
L'ouvrage entier mérite le meilleur accueil non seulement des spécialistes, 
mais aussi du grand public, auquel il est destiné et qui y trouvera une lecture 
des plus attachantes. 

Joseph (D ). Stiftshùtte, Tempel und Synagogenbauten aus alter Zeit. Ber- 
lin, Calvary, 1902 ; in-4« de 39 p. -f 4 * figures. (Tirage à part de « Ost 
und West ».) 

Joseph (M.). Zur Sittenlehre des Judenthums. Berlin, Poppelauer, 1902; 
in-8°de 56 p. 

Josèphe (œuvres complètes de Flavius^ tome VII, 1 er fasc. : De l'ancien- 
neté du peuple juif (Contre Apion), traduction de Léon Blum, Paris, 
Leroux, 1902; in-8° de 116 p. 

Nous n'avons pas besoin de recommander à nos lecteurs cette publication, 



142 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

entreprise par notre Société, sous la direction de M. T. Reinach. Le Contre 
Apion forme le commencement du tome VII ; les volumes intermédiaires, 
comprenant les livres VI-XX des Antiquités et la Guerre juive, paraîtront 
à des intervalles aussi rapprochés que possible. La traduction du Contre 
Apion est due à M. Léon Blum, professeur au Havre. Il a appliqué avec 
rigueur le principe de fidélité au texte, texte malheureusement trop souvent 
altéré. M. Théodore Reinach s'est chargé du commentaire et a noté so- 
brement, mais aussi complètement que possible, les sources de tout ordre 
dont Josèphe s'est inspiré et il rapproche du Contre Apion les passages 
parallèles des autres écrits de Josèphe. Ces noies, évidemment, pour- 
raient être complétées par maint détail (p. 97, n. 2, il faut renvoyer à 
Ant., IV, §261; p. 99, n. 5, à Meckilta, 70); mais l'essentiel est dit. 
Nous espérons que l'accueil fait à ce fascicule nous encouragera à poursuivre 
activement cette utile publication. 

Josèphe (Flavius). Kleine Schriften (Selbstbiographie. — Gegen Apion. — 
Ueber die Makkabâer). Uebersetzt und mit Anmerkungen versehen von 
H. Clementz. Halle, 0. Hendel, 1901 ; in-8° de 248 p. 

Kallner (A.). Mischnah-Commentar des Maimonides zum Traktat Taanith 
I-1I. im Urtext mit hebrâischer Uebersetzung des El-Fauwal mit Einlei- 
tung u. Anmerkungen. Leipzig, Kaufmann, 1902; in-8° de 42-}- xm p. 

Kaulen (F.). Der biblische Schôpfungsbericht (Gen., i, Ibis, 2, 3). Fri- 
bourg-en-Brisgau, Herder, 1902 ; in-8° de 93 p. 

Kautzsch (E.). Die bleibende Bedeutung des Allen Testaments. Ein Kon- 
ferenzvortrag. Tubingue, Mohr, 1901 ; in-8° de 38 p. 

Kelso (J.-A.). Die Klagelieder, der masorethische Text u. die Versionen. 
Dissertation. Leipzig, 1901 ; in-8° de 67 p. 

Kirkpatrick (A. -F.). The book of Psalms, with introduction and notes. 
Cambridge, University Press, 1902; in-8° de cxn -f- 852 p. (The Cam- 
bridge Bible for schools and collèges.) 

Kittel (R.). Ueber die Notwendigkeit und Môglichkeit einer neuen Aus- 
gabe der hebràischen Bibel. Leipzig, Deichert, 1902 , in-8° de 86 p. 

Klotz (M.). Krankenbesuch und Trauergebrâuche nach Bibel und Talmud. 
Eine ûbersichtliche und leichtfassliche Zusammenstellung nach den bi- 
blischen und talmudischen Quellen. Francfort, J. Kauffmann, 1901 ; in-8° 
de 22 p. 

Kônig (E.). Bibel und Babel, eine kulturgeschichtliche Skizze. Berlin, 
M. Warneck, 1902; in-8° de 52 p. 

Cette brochure est une réponse à la conférence de Delitzsch : Babel und 
Bibel, qui a produit quelque sensation. Les découvertes capitales faites par 
Tassyriologie depuis plus d'un demi-siècle, la mise au jour de tant de docu- 
ments historiques, religieux, juridiques de la littérature assyro-babylo- 
nienne ont un vif intérêt pour la critique biblique. Delitzsch a voulu ré- 
sumer pour le grand public les résultats les plus importants des recherches 
assyriologiques et montrer ce qu'est la Bible par rapport à Babylone. La 
civilisation babylonienne en plein essor plus de vingt siècles avant l'ère 
chrétienne a, selon Delitzsch, exercé une influence considérable sur Israël. 
Malgré le développement original pris par les conceptions religieuses du 
Judaïsme, les éléments primordiaux, tels que l'institution du Sabbat et 
jusqu'au nom même de la divinité, Iakvé, seraient d'emprunt. Différents 
savants ont jugé ces affirmations trop catégoriques et voici en résumé la 



BIBLIOGRAPHIE 143 

critique qu'en a faite un des plus autorisés, le professeur Kônig. Quelle est, 
demande-t-il, la valeur historique des monuments babyloniens et assyriens 
découverts jusqu'à ce jour? Est-ce que tout, dans la littérature cunéiforme, 
est authentique, intact et définitivement expliqué ? Est-ce que tout, dans la 
littérature hébraïque, est déguisé et tendancieux? 

Pour ce qui est de la première question il faut se rappeler que ce ne sont 
pas toujours des documents originaux qu'on a trouvés sur les bords du Tigre 
et de i'Euphrate : la bibliothèque d'Assurbanipal se compose de copies de 
textes antérieurs, copies dans lesquelles des altérations ont pu se glisser. 
Ces écrits, d'autre part, offrent parfois des leçons différentes ; plus ils se 
multiplient, plus ils sont sujets aux changements. Ce qui augmente encore 
les chances d'erreur, c'est que les tablettes sont quelquefois brisées, que la 
lecture et l'interprétation n'en sont pas toujours sûres, que la valeur de 
certains signes (il n'y a pas moins de 300 groupes) doit changer avec la 
place qu'ils occupent et qu'enfin les documents émanent de rédacteurs offi- 
ciels, panégyristes plutôt qu'historiens. — Par contre, les récits hébraïques 
méritent plus de confiance qu'on ne voudrait leur en accorder. On voit, par 
exemple, que les sources parallèles se sont conservées absolument intactes 
durant des siècles. Ce qui prouve, au surplus, que les Hébreux n'ont pas 
fermé les yeux à la réalité historique, c'est qu'ils ont distingué les différents 
degrés avec lesquels leurs rois se sont éloignés de la religion monothéiste, 
c'est aussi qu'ils ont conservé la notion d'une période antémosaïque. Il est 
vrai qu'ils se sont quelquefois trompés dans la chronologie ; mais, outre 
qu'il ne faudrait pas exagérer cette critique, ces erreurs ne suffisent pas à 
infirmer les témoignages de la tradition : on peut garder le souvenir précis 
d'un événement et en avoir oublié la date. 

Il résulte de ces considérations qu'il est nécessaire de compléter et de 
contrôler les unes par les autres les sources babyloniennes et hébraïques. 
Assurément les premières doivent l'emporter en ce sens qu'elles nous 
donnent une image concrète des choses disparues et ressuscitent le passé à 
nos yeux. Mais faut-il pour cela faire table rase des données actuelles de 
la science sur la civilisation de la Palestine et de l'Assyrie? En particulier, 
ces deux pays étaient-ils, à un certain moment, habités par des Cananéens, 
comme le dit Delitzsch dans sa brochure ? Le fait est loin d'être prouvé, 
car la dynastie des Hammurabi, que l'on dit s'être établie en Baby- 
lonie vers 250i) avant l'ère vulgaire, paraît plutôt originaire de l'Arabie 
orientale. Le même savant affirme que les douze tribus se rattachent à des 
tribus cananéennes; cette thèse est contredite par les textes bibliques 
(confirmés par des inscriptions et les tablettes de Tell-el-Amarna), qui dis- 
tinguent très nettement les Hébreux des indigènes de la Palestine. 

Au reste, là n'est pas le nœud de la question. Ce qui importe, c'est de 
connaître les rapports des Babyloniens et des Israélites dans l'histoire de la 
civilisation. 11 n'est pas douteux que les premiers aient été très avancés 
dans certaines sciences et qu'ils aient exercé une influence, bien qu'assez 
restreinte, sur les peuples environnants. On ne saurait, d'ailleurs, perdre de 
vue que les arts et les institutions de nos deux peuples offrent des analo- 
gies très frappantes tant au point de vue littéraire qu'au point de vue reli- 
gieux. Mais à ce propos quatre remarques s'imposent. La première, c'est 
que ces rapports s'expliquent le plus souvent autrement que par un em- 
prunt ; cette culture peut remonter à des ancêtres communs aux deux 
peuples, comme elle a pu être provoquée par un sentiment humain et uni- 
versel (la prière). — En second lieu, il ne faut pas, quand on signale les 
ressemblances, perdre de vue les lacunes et les différences souvent notables : 
on n'a pas encore trouvé dans la littérature cunéiforme de document sur la 
première faute de l'homme, car l'image où l'on voit deux personnages assis 
de part et d'autre d'un arbre et derrière la figure de gauche une barre en 
forme de serpent, ne paraît pas décidément se rapporter à cet épisode de la 
Genèse. D'un autre côté, l'Ancien Testament ne connaît pas les démons 
opposés à Dieu, et le passage d'Isaïe, li, 9, fait plutôt allusion à la délivrance 



144 REVUE DES ETUDES JUIVES 

d'Israël. — On commet une erreur du même genre quand on passe sous 
silence les caractères propres, les traits distinclifs de certaines traditions. 
Delitzsch signale la ressemblance des deux récits du déluge, mais il oublie 
de dire que l'esprit en est tout différent. Enfin — et c'est la quatrième re- 
marque — ce qui constitue le génie du peuple hébreu, ce n'est pas ce qu'il 
a en commun avec ses voisins, c'est ce qui lui appartient en propre. 
Quelques exemples montreront quel est l'apport de cette nation dans l'his- 
toire des idées. 

1. Les Babyloniens placent l'origine des dieux à un moment de la créa- 
lion; pour la Bible, l'esprit divin a préexisté à la matière qu'il a débrouillée 
et organisée. La conception chaldéenne, matérialiste et polythéiste, se rap- 
proche de la théogonie grecque bien plus qu'elle ne ressemble à la donnée 
spirilualiste de la Genèse. De plus, on n'a aucune raison de supposer que 
les récits babyloniens nous présentent la création € sous une tonne plus 
pure et plus ancienne ». — 2. Peut-on dire, en effet, avec Delitzsch, que le 
monothéisme bliblique est originaire d'Assyrie et que cette conception exis- 
tait déjà chez les Cananéens établis en Palestine v. 2500 av. J.-C? Cette 
théorie est fondée sur une interprétation du mot ilu, correspondant au êl 
hébreu, mais cette interprétation se heurte à des difficultés à la fois gram- 
maticales et logiques. Historiquement parlant, nous voyons que la dynas- 
tie des Hammurabi adorait plusieurs dieux; rien, dans les inscriptions 
cunéiformes, n'indique qu'Abraham ait appartenu à une peuplade mono- 
théiste, un texte de Josué (xxiv, 2) dit même le contraire. Quant aux 
autres peuples avec lesquels les Hébreux peuvent ê're apparentés, les 
Sabéens, les Edomites, les Moabites, les Ammonites, tous étaient poly- 
théistes. — 3. L'origine du nom divin Jahvé. Delitzsch a voulu retrouver 
ce nom dans certain groupe cunéiforme sous la forme Ja-'a-ve-ilu, mais 
d'un examen minutieux de cette tablette, il ressort que la véritable lecture 
pourrait bien être Ja-'a-mi-lu. Un grand nombre de textes bibliques 
montrent que Jahvé était inconnu des Cananéens. — 4. Dieu et l'histoire. 
L'apparition de « Celui qui est » est un reflet de l'intervention divine qui 
marque pour Israël la délivrance du joug égyptien et la renaissance natio- 
nale et religieuse. Pour Jéthro, comme pour les Hébreux, cet affranchissement 
établit la supériorité de Dieu sur le panthéon égyptien, et plus tard les pro- 
phètes célébreront cette époque glorieuse où Dieu entourait son peuple de 
sa bienveillance et de sa protection. Cette harmonie entre Dieu et les 
hommes est maintes lois affirmée par la Bible : trouve-t-on quelque chose 
de semblable dans la littérature babylonienne ? — 5. Le niveau esthé- 
tique et moral des deux peuples. Le degré de culture d'une nation peut se 
reconnaître à sa conduite envers les vaincus. Si les Hébreux se sont quel- 
quefois montrés impitoyables, c'a été envers des peuples qui les avaient 
opprimés ou qui, à cause de leur dépravation, devaieut disparaître de la 
scène de l'histoire. Mais dans les autres cas les rois d'Israël sont loués pour 
leur loyauté et leur douceur, et leur législateur ordonnait d'épargner les 
arbres fruitiers pendant la guerre. A ces sentiments s'oppose la férocité que 
les Assyriens , au témo:gnage même de leurs inscriptions, déployaient 
contre les hommes et les choses. Il est diffici'e d'appiécier la moralité d un 
peuple par sa conduite ordinaire, car les meilleurs hommes peuvent faillir, 
David lui-même commit un adultère. Mais avec quelle sévérité la conscience 
d'Israël jugea-t-elle cet acte! Chez les peuples, au contraire, dont le ni- 
veau moral est inférieur, les actions les plus coirompues ne sont pas 
blâmées, paraissent naturelles ; c'est le cas pour les Babyloniens, comme on 
le voit par certains passages de leurs épopées. Voyez, enfin, quelle conception 
grossière ils se forment de leurs dieux, jouets des plus viles passions. 

Oui, dit M. K., Babel a alimenté le trésor de l'humanité, mais la religion, 
ce facteur essentiel de toute civilisation , c'est dans la Bible qu'elle a 
trouvé son expression. Les découvertes des assyriologues n'ont pas encore 
creusé la tombe de la littérature hébraïque. — Libert. 



BIBLIOGRAPHIE 145 

Kônig (E.). Fûnf neue arabische Landschaftsnamen im Alten Testament 
beleuchtet. Mit einem Exkurs ùber die Paradiesfrage- Berlin, Reuthner et 
Reichard, 1901 ; in-8° de 78 p. 

Kônig (E.). Neueste Prinzipen der alttestamentlichen Kritik geprùft. Berlin, 
Runge, 1902 ; in-8° de 80 p. 

Après avoir montré, par des citations extraites du Nouveau Testament et 
par 1 exemple de Luther, que les chrétiens ont le droit et le devoir d'étudier 
librement la Bible, l'auteur pose en fait que les conditions d'une saine 
critique sont au nombre de deux : l'observation exacte des faits et la validité 
des règles. Les matériaux à utiliser peuvent eux-mêmes être répartis en deux 
groupes; le premier est constitué par la forme manuscrite et imprimée des 
textes, dont beaucoup sont éclairés par les passages parallèles ; le second, par 
la comparaison des textes originaux, des traductions et des citations de 
l'Ancien Testament. 

Pour se rendre maître de cette masse énorme de faits, le critique doit suivre 
un certain nombre de règles plus ou moins sûres, de critériums plus ou moins 
généraux. Ces règles sont celles de la correction grammaticale des textes 
(une forme hybride telle que mischtahawitem, Ez., vin, 16 ; doit être corrigée), 
de leur antiquité (cf. les noms de Dieu dans il Sam., vi, 9 et I Chr., xm, 12; 
les euphémismes (tels que Job, r,5; Is., xxxvi, 12), de la priorité historique 
d'un nom (Elyada, II Sam., v, 16, est moins ancien que Baalyada, I Chr., 
xiv, 7), du degré de difficulté d'une leçon (de deux variantes il faut choisir la 
plus difficile). 

Les règles suivantes, dont l'application est tout à fait récente, demandent 
pour cela même un examen plus circonstancié. En premier lieu vient celle 
que l'on voudrait tirer de la correction stylique et de la congénialité des 
textes. On relève par exemple dans le commentaire de Duhm sur Isaïe de9 
observations telles que celles-ci : « Cette description (m, 25 et s.) est trop 
élégiaque pour que je la puisse attribuer à Isaïe. — Le style (de iv, 2-6) 
traînant et pénible n'est pas celui d'un prophète antéexilique >, etc. En 
reprenant un à un quelques-uns des passages prétendus suspects, M. Kônig 
n'a pas de peine à montrer que ces critiques ne sont nullement fondées. 
D'ailleurs, en règle générale, il est clair qu'un tel principe est des plus 
incertains : on ne peut pas évaluer avec précision le style d'un écrivain; 
encore moins peut-on élever le sens individuel au rang d'une norme objective. 

On a voulu tout dernièrement trouver une base à la critique biblique dans 
les dispositions métriques et strophiques de certains textes. Que les acros^ 
tiches de quelques Psaumes, des quatre premiers chap. des Lamentations, des 
derniers chapitres des Proverbes et de Sira puissent être utilisés à cet effet, 
c'est ce qu'on peut affirmer sans crainte. C'est une autre question de savoir 
s'il existe dans l'Ancien Testament des acrostiches d'un autre genre. On 
a voulu voir dans les initiales des v. 1 b-4 du Ps. ex le nom de Simon 
(Macchabée?). Mais cette supposition doit, pour plusieurs raisons, être aban- 
donnée et, d'une façon générale, on peut dire qu'il n'y a pas dans la Bible 
d'autres acrostiches que les acrostiches alphabétiques. — Avec moins de 
raison encore on a vou'u y chercher des poésies rimées. Cette théorie, 
soutenue à grand renfort de transpositions et de suppressions, ne résiste pas 
non plus à un sérieux examen. — Venons-en à la question de la structure 
métrique et strophique de certains pa?sages bibliques. Il est certain d'abord 
qu'on ne trouve nulle part de quantité proprement dite; on s'accorde à 
reconnaître à la poésie hébraïque une espèce de r} 7 thme accentué, mais sur ce 
point encore les auteurs divergent suivant qu'ils admettent ou non l'alternance 
des syllabes toniques et non toniques. La première opinion est soutenue par 
Bickell. On a montré quelles violences ce critique fait aux textes pour les 
accommoder à son principe, ajoutant et supprimant tour à tour les mots et les 
syllabes, les désinences et les voyelles. Son système ne saurait donc servir de 
base à la critique biblique. Si nous écartons eomme insuffisamment démontrée 
la thèse, d'ailleurs secondaire, de Lej', pour qui les syllabes accentuées 

T. XLV, n° 80. 10 



U6 REVUE DE6 ÉTUDES JUIVES 

comptent seules, tandis que le nombre des autres est variable, il nous reste 
à examiner cette question essentielle : Y a-t-il uu nombre égal de syllabes 
accentuées dans les vers correspondants? La métrique des Hébreux repose 
sur « le nombre des frappés » dit Duhm, qui corrige souvent le texte en 
vertu de ce principe. La thèse est juste si Ton y ajoute ce correctif, que la 
nature du rythme est plus idéale et psychologique que littérale et physiolo- 
gique. C'est donc uniquement quand la symétrie « réelle » fait défaut que 
l'on est en droit d'invoquer le rythme pour corriger le texte. 

Pour ce qui est des strophes, tout le monde s'accorde à reconnaître 
aujourd'hui que les poètes se sont efforcés d'exprimer uae idée en plusieurs 
stances uniformes et symétriques. Mais quand il s'agit d'appliquer ce principe 
à la critique du texte, on n'y parvient qu'au prix des plus laborieux efforts, 
en faisant p. ex. d'un mot, un vers, et quand on est arrivé à ce beau résultat, 
on s'en empare pour supprimer un mot gênant. C'est le cas pour Lohr dans 
ses études sur le livre d'Amos. Cornill a l'ait une tentative analogue pour 
Jérémie. il veut que l 1 « octosliche » soit la forme primitive du style de ce 
prophète et, se fondant sur cette règle, il suppose à ehaque instant des 
lacunes dans le texte. Construction fragile, puisqu'il reconnaît lui-même qu'on 
trouve çà et là, dans Jérémie, des tercets. D'ailleurs, qui sait si le prétendu 
octostiche ne se compose pas de deux quatrains; qui sait, même si ces vers 
ne sont pas de la prose? On voit combien il est aventureux de faire la critique 
du texte en s'appuyaut sur la structure métrique ou strophique. 

La critique de l'A. T. a cherché une nouvelle direction dans ce qu'on 
pourrait appeler la règle comparative. Ainsi tel exégète, se fondant sur une 
description des populations . . . sibériennes, affirme que les nations ne se 
forment pas par l'accroissement d'une tribu, mais par la fusion de plusieurs 
peuplades. Mais la Bible elle-même contient maint passage qui confirme ce 
principe; car il faut interpréter métaphoriquement des phrases telles que : 
A engendra B, ou : B était fils de A, et l'on trouve dans la Genèse des noms 
d'hommes qui sont des homonymes de noms de pays. — D'autres savants 
considèrent les noms d'Isaac et d'Ismaël comme des abstractions, tout de même 
qu'Eunomos et Eukosmos, les fils de Lycurgue. Mais où prend-on que les 
noms des deux enfants d'Abraham personnifient les actions de ce patriarche 
et, si cela était, comment la tradition leur attribuerait-elle toute une posté- 
rité? — C'est encore à l'exemple de L'histoire grecque qu'on a affirmé que 
• les peuples ne tirent jamais leur appellation d'un seul homme, mais que le 
nom du fondateur de la race est uue personnification », axiome non moins 
contestable et pour les mêmes raisons. Que dire de celui-ci : • Les destinées 
d'un peuple-sont conçues comme celles d'un individu et ces personnifications 
« doivent» avoir été très usitées dans les premiers temps? » C'est une affir- 
mation toute gratuite. Mais écoutez la fin : • Lorsque les temps devinrent 
plus prosaïques et que Ton perdit le sens de ces conceptions, on se demanda 
ce qu'étaient Jacob, Juda, Siméon et Ton répondit qu'ils étaient les ancêtres 
dont était issu le peuple. » Par malheur, les textes disent tout le contraire : 
non seulement on continua à comprendre ces personnifications, mais on s'en 
servit même. 

Un autre domaine où s'est exercée cette tendance de la critique est celui 
des nombres ronds. Gunkel remarque que le nombre douze se trouve à propos 
de Nachor, Qeloura, Ismaël et Esaù. Mais, outre que l'assertion n'est abso- 
lument exacte que pour Ismaël, nous voyons bien que la tradition juive 
n'attachait aucune importance à ce nombre, puisqu'elle dédoublait la tribu de 
Joseph; il est donc risqué de déclarer impossible pour cette raison l'existence 
des douze fils de Jacob. — D'autres théories, plus étranges encore, sont 
toutes contraires aux faits et aux textes : Tel savant voit dans les fils de 
Jacob les signes du Zodiaque; tel autre affirme que des tribus étroitement 
unies descendent de la même mère ou que celles qui cèdent le pas à d'autres 
sont issues de concubines. — Plus spécieuse est la théorie qui prétend 
expliquer les récits relatifs aux douze patriarches par le rôle historique des 
différentes tribus. Eu réalité, c'est un saut dans l'inconnu; bien plus l'exa- 



BIBLIOGRAPHIE 147 

men des textes montre que eette interprétation est radicalement impossible : 
la « geste » de Ruben, p. ex., est contraire, et non conforme, à l'histoire de 
la tribu qui se rattachait à cet ancêtre. 

Au reste, cette explication se rattache à un principe plus général d'après 
lequel certains personnages bibliques seraient de pures personnifications; 
ainsi, les rapports que l'historien sacré établit entre les patriarches repré- 
senteraient les relations des différentes tribus entre elles. Chose singulière, 
c'est dans les Chroniques que l'on veut retrouver cette interprétation, non 
sans faire violence à certains textes et en négliger entièrement d'autres. Les 
tenants de cette thèse ajoutent que les Hébreux ont, grâce à ces personni- 
fications, rempli les pages vides de leur histoire, hypothèse gratuite et, 
d'ailleurs, contraire à l'expérience. 

Une dernière méthode des exégètes consiste à faire le départ entre la 
légende et l'histoire. Précisons d'abord le sens de ce dernier mot. Gunkel 
semble entendre par là « le récit des événements importants et publics con- 
signés par écrit ». Définition arbitraire, car l'histoire n'est pas limitée par 
la publicité des faits non plus que leur importance ne dépend de cette 
publicité; de plus, les récits oraux peuvent avoir la même authenticité que 
ceux qui ont été fixés par récriture. Cette critique suffit à ébranler le premier 
des critériums qui permettent, dit-on, de déterminer le domaine de l'histoire 
et celui de la légende. « D'ordinaire, dit Gunkel, la légende consiste primi- 
tivement en une tradition orale, tandis que l'histoire revêt une forme écrite »» 
Comme les événements transmis de vive voix peuvent également entrer dans 
l'histoire, il est faux de conclure que « les traditions orales de la Genèse 
appartiennent à la légende », d'autant plus que la Genèse est la fixation par 
écrit de traditions orales. 

Ce qui distingue encore, d'après le même auteur, les faits historiques des 
faits légendaires, c'est que ceux-ci portent sur des questions d'intérêt local, si 
l'on peut dire, c'est-à-dire sur des points qui n'intéressent pas la collectivité. 
La faiblesse de cet axiome saute aux yeux : on ne souffle mot de la valeur 
universelle de la Genèse, puis on décrète qu'elle n'offre aucun intérêt pour 
l'humanité. Et, quand le fait allégué serait exact, l'historicité des récits 
n'en serait pas affaiblie : Tacite n'est-il plus un historien parce qu'il parle de 
Plancine et d'Agrippine? ces deux princesses étaient-elles plus importantes 
pour un Romain que Rachel et Léa pour un Hébreu ? — On nous propose 
un autre critérium : quand il s'agit d'événements historiques, on peut se 
représenter le fil qui va des témoins oculaires jusqu'au narrateur; la légende, 
au contraire, puise tantôt à la tradition, tantôt à la fantaisie. Ainsi, on ne 
nous dit rien de la durée du séjour des Israélites en Egypte, c'est que les sou- 
venirs historiques s'étaient entièrement effacés à ce sujet; mais sur l'époque 
antérieure on nous a conservé une foule de particularités insignifiantes. 
D'abord, l'exemple n'est pas entièrement exact, car les Hébreux n'ont pas 
perdu le souvenir des générations qui avaient vécu entre Jacob et Moïse. De 
plus, il est tout à fait remarquable qu'ils aient distingué dans leur histoire une 
période anté-mosaïque. Enfin, il est naturel que les souvenirs se soient moins 
reposés sur une époque d'oppression et d'abaissement que sur les temps 
antérieurs qui présageaient un avenir florissant. — t Mais le ton poétique des 
récits relatifs aux patriarches? » Que l'on traite ces récits de naïfs, soit; 
mais les caractériser par leur t ton poétique », c'est d'abord émettre un 
jugement subjectif, c'est surtout confondre la poésie avec le souffle religieux 
qui inspire tous ces récits. Et précisément le défaut capital de ce nouveau 
principe de la critique biblique, c'est qu'il méconnaît le caractère essentiel de 
l'histoire religieuse d'Israël, c.-à-d. son objectivité. — Libert. 

Kohut (G.-A.). Ezra Sliles and the Jews. Selected passages from his lite- 
rary diary concerning Jews and Judaism with critical and explanatory 
notes. New-York, Ph. Cowen, 1902; in-8° de 155 p. 



148 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Krauss (S.)- Das Leben Jesu nach jùdischen Quellen, hersg. und erlâu- 
tert. Berlin, Calvary, 1902; in-8° de vin + 309 p. 

Etude critique 6ur le fameux Toledot Yesckou. M. Krauss publie ce petit 
écrit dans les différentes formes qu'en offrent les nombreux mss. et re- 
cherche les rapports qu'il présente avec la littérature talmudique et mi- 
draschique, d'une part, et la littérature chrétienne, de l'autre. 

Lazarus (M.)- The ethics of Judaism, translated from the German by 
Henrietta Szold. Part I. Philadelphie, Jewish publication Society of Ame- 
rica, 1900 ; in-8° de xi -f 309 p. 

Lehmann (S.)- Saadia Al-Fajjumi's arabische Psalmenûbersetzung und 
Commentar ( Psalm 21-41). Berlin, Poppelauer, 1902; in-8° de 71 
-j- XXIV p. 

Lémann (A.)- L'avenir de Je'rusalem. Espe'rances et chimères (Réponse 
aux Congrès sionistes). Paris, Poussielgue , 1901; in-18 de vin 
+ 356 p. 

Leroy-Beaulieu (A.). Les doctrines de haine, l'antisémitisme, l'antipro- 
testantisme, l'anticléricalisme. Paris, G. Le'vy, 1902; in-18 de ni 
+ 309 p. 

Lewin (L.). Die Judenverfolgungen im zweiten schwedisch-poluischen 
Kriege (1655-1659). Posen, J. Jolowicz, 1901 ; in-8° de 24 p. (Tirage à 
part de la « Zeitschrift der histor. Gesellschaft fur die Provinz Posen >, 
t. XVI.) 

Intéressante contribution à l'histoire des persécutions des Juifs de Pologne 
et de Russie au xvii* siècle, utilisant les sources non juives. 

Lidzbarski (M.). Ephemeris fur semitische Epigraphik. Erster Band, drit- 
tes Heft. Giessen, libr. J. Ricker, 1902; in-8° de p. 244-381 -f vi p. 

Avec ce troisième fascicule s'achève le premier volume de cette importante 
publication commencée en 1900. 

Lolli (E.). Un eco délia commemorazione tenuta a Berlino di 22 Agosto 
1900 pel centenario délia nascita di S. D. Luzzatto. Padoue, Gallina, 
1902; in 8° de 36 p. 

Màrgoliouth (D.-S.). Lines of défense of the biblical révélation. New- 
York, Gorham, 1902; in-12de 316 p. 

Marshall (F.). The first book of Samuel. Londres, Grill, 1902; in-8» 
de 238 p. 

Meisels (S.). Der Friedensgedanke im Judenthume. Tarnopol, chez l'au- 
teur, 1901 ; in-8° de 31 p. 

Messersghmidt (L.). Die Hettiter, mit 9 Abbildungen (collection : der 
alte Orient, 4 Jahrg.. Heft 1). Leipzig, J.-C. Hinrichs, 1902; in-8° 
de 32 p. 

Meyer (Abraham). Etude sur la Communauté israélite de Tlemcen et de 
(sic) ses anciens chefs religieux. Alger, impr. Franck et Solal, 1902 ; 
in-8° de x + 151 p. 

Tel est le titre de la couverture, mais à l'intérieur on lit : Etude des 
mœurs actuelles des Israélites de Tlemcen, précédée d'une notice complète 
sur Rabbénou Ephraïm Ain' Caoua, dit le Rab, etc. La forme vaut le fond. 
Un seul chapitre est écrit en français, parce que M. M. l'a tout bonnemen' 



BIBLIOGRAPHIE 149 

emprunté à notre Revue (t. XXXVII, p, 257 et s.), sans le dire, naturelle- 
ment. M. Kayserling, qui en est l'auteur, sera reconnaissant à M. M. 
de n'avoir pas maltraité son travail et d'en avoir respecté les termes. (/. L.) 

Meyer (F.-B.). Jeremiah, priest and prophet. Londres, Morgan, 1902 ; in-8° 
de 188 p. 

Meyer (F.-B.). Sacharja der Prophet der Hoffnung. Hagen, Rippel, 1902 ; 
in-8° de iv -f 168 p. 

Meyer (H.). Entwerung u. Eigentum im deutschen Fahrnisrecht. Ein Bel- 
trag zur Geschichte des deutschen Privatrechts und des Judenrechts im 
Mittelalter. Iéna, Fischer, 1902; gr. in-8° de xvn -j- 314 p. 

Mouliéras (Auguste). Fez. Paris, A. Challamel, 1902; in-8° de 508 p. 

Voir, p. 195-247 et 272-291, des notes intéressantes sur le mellah (quartier 
juif) de Fez, sur les saints israélites du Maroc, tels que Amram Bendiouan, 
Baint d'Ouazzan, et sur l'œuvre scolaire de V Alliance Israélite. 

Muller (E.). Derechte Hiob. Hanovre, Rehtmeyer, 1902 ; in-8° de 40 p. 

Neuburger (F.). Das Sonderrecht der gemeinen .Tudenschaft zu Fùrih 
und in dessen Amt im achlzehnten Jahrhundert. I. Das Verfassungs- 
recht. historisch- dogmatisch dargestellt. Fùrth-Nùrnberg, Rosenberg, 
1902 ; in-8<> de 48 p. 

Oettli (S.). Amos und Hosea, zwei Zeugen gegen die Anwendung der 
Evolutionstheorie auf die Religion Israels. Giïtersloh, Bertelsmann, 1901 ; 
in-8° de Ill-f- 107 p, 

Onderwyzjer (A. -S.)- Raschi's Leven en Werken. Amsterdam, van Creveld, 
1901 ; in-8° de 27 p. + 1 f. 

Biographie populaire de Raschi servant d'introduction à la traduction par 
le même auteur du commentaire de Raschi sur le Pentateuque. 

O. T. (The) in Greek accordiDg to the Septuagint éd. H. B. Swete. Vol U 
Genesis-lV Kings. Londres, 1902 ; in-8° de 854 p. 

Paton (L.-B.). Early history of Syria and Palestine. Londres, Nimmo, 1902; 
in-8° de 338 p. -f- 5 cartes. 

Perles (F.). Was lehrt uns Harnack? Francfort, J. Kauffmann, 1902 ; in-S° 
de 35 p. 

Intéressante brochure qui a paru d'abord en anglais dans Jeio. Quart. 
Eeview et où l'auteur montre que l'ouvrage fameux d'A. Harnack sur 
l'Essence du christianisme ne traite pas le judaïsme avec la même in- 
dépendance et la même impartialité que le christianisme : le savant théo- 
logien dépouille hardiment le christianisme, dont il fait la Religion, de tout 
caractère dogmatique, ce qui le rapproche du judaïsme, mais il en reste en- 
core au vieux préjugé chrétien qui veut que la morale se soit pétrifiée dans 
la loi juive. 

Perles (R.). Ein moderncr Erlôser des Judenthums. Vortrag. Kœnigsberg, 
Ostdeutsche Buchhandlung, 1901; 16 p. 

Petebs (N.). Der jùngst wieder aufgefundene hebrâische Text des Bûches 
Ecclesiasticus untersucht, hrsg., ùbersetzt und mit kritischen Noten 
versehen. Fribourg-en-Brisgau, Herder, 1902 ; in-8°de xvi +447 p. 
Ouvrage dont il sera rendu compte. 

Plo-ike (J.). Die rumànischen Juden unter dem Fûislen und Kônig Karl. 
Francfort, Mahlau et Waldschmidt, 1901 ; in-8° de 44 p. 



150 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Praktorius (F.). Die Uebemahme der frûh-mittelalterlichen Neumen durch 
die .luden. Ein Nachwort zu meiner Sclirift liber die Herkunft der he- 
brâischen Accentc Berlin, Reuther et Reicbard, 1902; in-8° de 22 p. 

Prestel (J.)- Die Baugeschichte des jùdiscben Heiligtums und der Tempel 
Salomons, mit VII Tafeln auf 2 Blàtter. Strasbourg, J.-H. Ed. Heitz, 
1902 ; gr. iû-8° de 56 p. + 2 tables. 

Proksch (O.). Die Geschicbtsbetracbtung bei Amos, Hosea und Jcsaia. Dis- 
sertation. Kœnigsberg, 1901 ; in-8° de 44 p. 

Protokoll (Stenograpbiscbes) der Verbandlungen des V. Sionisten-Con- 
gresses in Basel 26, 27, 28, 29 und 30 December 1901. Vienne, libr. de la 
Société tf Erez Israël », 1902; in-8° de 469 p. 

Publications of tbe American Jewish historical Society. N° 9. Baltimore, 
impr. Friedenwald, 1901 ; in-8° de xv -f- 190 p. 

Table des matières : View of the Jews' Savanna in Surinam; — 
Cyrus Adler : Adress of the président; — Joseph Jaeobs : A plea for an 
American Jewish historical exhibition; — Richard Gottheil : Fray Joseph 
Diaz Pimienta, alias Abraham Diaz Pinlieuta, and the auto-de-fé beld at 
Seville, july 25, 1720 ; — Henry Necarsulmer : The early Jewish seulement 
at Lancaster, Pennsylvania ; — Max J. Kohler : Jews and the amorican 
anti-slavery movement. 11; — Herbert Friedenwald : Isaac Levy's claim 
to property in Georgia ; — J.-D. Eisenstein : The history of the first 
Russian-Araerican Jewish congrégation-; — Léon Hûhner :. Whence came 
the first Jewish settlers of New-York; — Max J. Kohler : The German- 
Jewish migration lo America; — Léon Hûhner : Francis Salvador, a pro- 
minent patriot of the Revolutionary war; — Henri. Berkowiiz : Notes on the 
history of earliest German-Jewish congrégation in America; — Richard 
Gottheil : Contributions to the history of the Jews in Surinam illustrated. 

Rahmer (M.). Hieronymus' Commenlar zu den zwôlf kleinen Propheten, 
durcb Vergleichung mit den jùdiscben Quellen und âltesten Versionen 
krilisch beleucbtet. Erste Hâlfte : Hosea, Joël, Amos, Obadja, Jona, 
Micha. Berlin, M. Poppelauer, 1902 ; in-8° de vr -4- 17 -f- 48 -j- 60 p. 

Grâce à la subvention de la Zunz-Stiftung, l'auteur nous donne au- 
jourd'hui la suite de ses études sur les traditions hébraïques dans les écrits 
de saint Jérôme, qifi datent de quarante ans (1861). Cet important travail, 
avec ceux, de moindre étendue, de Kellerraann et de Ginzberg, commence 
à faire quelque lumière sur la question encore peu connue de l'influence de la 
littérature ruidraschique sur la littérature patristique. 

Renzer (J.-S ). Die Hauptpersonen des Ricbterbucbes in Talmud u. Mi- 
drascb. I. Simson. Berlin, Calvary, 1902 ; in-8" de 44 p. 

Reynatjd (Léonce). Les Français israe'lites. Paris, impr. Lahure, 1901 ; 
in-18 de 489 p. 

Rippner (B ). Predigten, Betrachtungen und ausgewàhlte Gebete. Aus sei- 
nem Nacblass. . . zusammengestellt von D 1 ' B. Jacob. Berlin, M. Zùlzer, 
1901 ; in-8° de xv + 671 p. 

Ritter (l.-H.). Die jùdiscbe Reformgemeinde zu Berlin und die Verwirk- 
lichung der jùdiscben Reformideen innerhalb derselben, mit zwei An- 
bângen. Auf Veranlassung der Familie aus dem Nacblass hrsg. u. mit 
biograpbiscber Einleitung verseben von D r S. Samuel. Berlin, E. Apo- 
lant, 1902; in-8° de iv + 107 p. 



BIBLIOGRAPHIE 151 

Rohling. En route pour Sion, ou la grande espérance d'Israël et de toute 
l'humanité, traduit de l'allemand par Ernest Rohmer. Paris, P. Lethiel- 
leux, 1902 ; in-8° de ix + 336 p. 

Rohrbach (P.)- Im Lande Jahwehs und Jesu. Wanderungen und Wand- 
lungen vom Hermon bis zur Wûste Juda. Tubingue et Leipzig, J.-C.-B. 
Mohr, 1901 ; in-8° dev-f 432 p. 

Rosenbaum (D r E.). Une conférence (sic) contradictoire, religieuse et scien- 
tifique sur l'anatomie et la physiologie des organes génitaux de la femme 
à l'école de Rami, fils de Samuel et de Rabbi Yitshac, fils de Rabbi Ye- 
houdou [sic) à la fin du n° siècle (sic). Francfort, Kauffmanu, 1901; in-8° 
de 89 p. 

Rosenberg (J.). Û^î"^ 1Ï1, Lehrbuch der samaritanischen Sprache undLi» 
teratui\ Vienne, Hartleben, 1901; in-8° de vm -j- 182 p. 

Rosenthal (L.). Fest-und Gelegenheilspredigten gehallen in den Syna- 
gogen KÔlns. Festgabe zur Hunderljahr-Feier der neuen KÔlner jùdi- 
schen Gemeinde am 5. Cheschwan 5662 (18. October 1901). Francfort, 
J. Kauffmann, 1901 ; in-8° de v -f 164 p. 

Rothstein (J.-W.). Die Généalogie des Kônigs Jojachin und seiner Nach- 
kommen (iChr., ni, 17-24) in geschichtlicher Beleuchtung. Nebst einem 
Anhange : Ein ùbersehenes Zeugniss fur die messianische Auffassung des 
« Knechtes Jahwes ». Berlin, Reuther et Richard, 1902; in-8° do vu 
+ 162 p. 

Cherche à démontrer dans l'appendice que la conception du « serviteur de 
Jahvé » de Deutéro-Isaïe s'applique à un messis personnel, descendant de 
David. 

Sachs (M.). Die religiôse Poésie der Juden in Spanien. Zum 2. Maie mit 
biographischer Einleitung und ergânzenden Anmerkungen hrsg. von 
S. Bernfeld. Berlin, M. Poppelauer, 1901 ; in-8° de xx -f- 365 -f 51 p. 

Utile réédition du livre paru en 1845, qui fit époque dans la littérature 
juive et fit connaître au public allemand les chefs-d'œuvre de la poésie syna- 
gogale des Juifs d'Espagne. M. Bernfeld a mis l'ouvrage au point et l'a fait 
précéder d'une bonne notice biographique sur Tauteur. 

Sainéan (L.). Essai sur le judéo-allemand et spécialement sur le dialecte 
parlé en Valachie. (Extrait des Mémoires delà Société de Linguistique de 
Paris, t. XII.) Paris, impr. nationale, 1902; in-8° de 69 p. 

Schbeiner (M.). Die jûngsten Urteile iïber das Judenthum kritisch unter- 
sucht, Berlin, S. Cronbach, 1902 ; in-8o dex-f 184 p. 

Nous rendrons compte de ce travail dans le prochain numéro. 

Schurer (E.). Geschichte des jùdischen Volkes im Zeitalter Jesu Christi. 
3. u. 4. Auflage. Erster Band. Leipzig, Hinrichs, 1901 ; gr. in-8° de vu 
+ 781 p. Register zu den drei Bànden, ibid., in-8° de 101 p. 

Nous dirons prochainement les améliorations apportées par l'auteur à la 
1 ro édition. 

Schwally (F.). Semitische Kriegsaltertùmer. I. Heft. Der heilige Krieg im 
alten Israël. Leipzig, Dietrich, 1901 ; iu-8° ce vm + 111 p. 

S.'.yring (F-). Die alt-israelitische Religion in den « Ileldengeschichten » 
des Richterhuchs. Hambourg, Herold, 1902; in-8° de 30 p. 



152 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Sik (B.). Commentarius Maimonid;r in Mischnam ad tractatum Taanith, 
textum arabicum cum versione hcbraica adnotatiouibusque edidit 
D r Bernardus Sik. Budapest, en commission chez S. Calvary, 1902 ; in-8° 
de vin -\- 24 p. 

Stein (S.)- Scbulverbâltnisse, Erziebungslebren u. Unterrichtsmetboden 
im Talmud. Zwei Vortrâge. Berlin, impr. Itzkowski [Kauffmann, Franc- 
fort], 1901; in-8° de 37 p. 

Stern (S.)* Der Kampf des Rabbiners gegen den Talmud im XVII. Jarhr- 
bundert. Vorber geht : Religion des Individuums und Religion des Vol- 
kes. Breslau, Scbles. Bucbdruckerei, 1902; in-8° de v H- 344 p. 

Le rabbin est Léon de Modène, dont on nous donne ici la traduction du 
Kol Sachal. Pourquoi ne pas l'indiquer dans le titre? 

Sullam (A.). Ritornando al medio evo. Le nuove leggi rumene contra gli 
stranieri. Turin, Roux et Viarengo, 1902; 24 p. (Extrait de la Riforma 
sociale.) 

Taubes (A.). Despre juramîntul la evrei si juramîntul « More judaico ». 
Bucarest, tipo-litogr. « Tiparul », 1902 ; in-8° de 51 p. 

Torge (P.). Aschera und Astarte. Ein Beitrag zur semitischen Religions- 
gescbichte. Leipzig, Hinricbs, 1902 ; in-8° de 59 p. 

Verola (P.). Mosé, poème dramatique en cinq actes. Paris, H. Floury, 
1902; in-4° devi-f- 181 p. 

Verrier. Expose' scientifique du second chapitre de la Genèse et ques- 
tions afférentes à la cre'ation. Paris, Amat, 1902 ; in-18 de vu + 213 p. 

Vogelstein (H.). Die Anfànge des Talmuds u. die Entstebung des Chris- 
tentums. Vortrag. Kônigsberg, Ostdeutscbe Bucbbandlung, 1902; in-8° 
de 28 p. 

Vogt (Cari). Antise'mitisme et barbarie, traduit de l'allemand par le D r G. 
Hervé'. Paris, Reinwald, 1901 ; gr. in-8° de iv -f- 23 p. 

Whitham (A.-R.). Handbook to the liistory of tbe bebrew monarchy to 
the accession of Solomon. Londres, Rivingtons, 1902 ; in-8° de 302 p. 

Wise (S- -S.) The improvement of the moral qualities, an ethical treatise 
of the eleventh century by Solomon ibn Gabirol, printed from an unique 
arabic manuscript, together with a translation and an essay on the place 
of Gabirol in the history of the developement of jewish ethics. New- York, 
the Golumbia Univcrsily press, 1901 ; in-8° de ix+ 117 -f 4 $ p. (Co- 
lumbia University oriental studies, vol. I.) 

Wolf (Lucien). Menassebben Israel's mission to Oliver Cromwell. Londres, 
Macmillan, 1901; in-4° de lxxxviii -4- 191 p. 

Beau volume préparatoire à une histoire détaillée du retour et de l'éman- 
cipation des Juifs en Angleterre. Le présent volume coutient dans l'in- 
troduction une étude sur la tentative de Mcnasseh ben Israël auprès de 
Cromwell. Suit une réimpression eu fac-similé des « pamphlets • ou mé- 
moires publiés par M. h. I. en 1652, 1655 et 1656. Le livre est orné de 
trois portraits de Menasseh, dont deux reproductions de Rembrandt. 

Wynkoop (J.-D.). Handleiding lot de kennis der hebreeuwsche taal. 
Tweede Stuk. Woordvoeging. Leyde, E.-J. Brill, 1902; in-8° de xn 
+ 114 p. 



BIBLIOGRAPHIE 153 

Zapletal (V.). Grammatica lingua? hebraicœ cum exercitiis et glossario, 
studiis accommoda la. Paderborn, 1902 ; in-8° de vu — |— 138 p. 

Zapletal (V.). Der Totemismus und die Religion Israels. Ein Beitrag zur 
Religionswissenschaft und zur Erklârung des Alten Testaments. Fri- 
bourg, libr. de l'Université', 1901 ; in-8° de xm + 176 p. 



3. Périodiques. 

The American journal of semitic languagcs and literatures (Chi- 
cago, trimestriel). = = Vol. XVIII, 1902. = = N° 2, janvier. E. Day 
et W. H. Chapin : Is the book of Amos post-exilic? — F. -T. Kelly : 
The atrophie structure of Habakkuk. — J. A. Bewer : Critical notes. 
z= z= N° 3, avril. Ed. Kônig : Zur Syntax der Zahlwôrter im Alten Tes- 
tament. — C. H. W. Johns : Some secondary formations among Aasy- 
rian proper names. — E. G. Hirsch : Note on psalms 34 and 25. = = 
N° 4, juillet. P. Haupt : The book of Canticles. — G.-H.-W. Johns : 
Some secondary formations among Assyrian proper names [suite). 

Monatsschrift fur Geschichte und Wissenschaft des Judenthums 

(Berlin). ===== 46 e année, 1902. ===== N° 1-2, janvier-février. J. Elbogen : 
Die neueste Construction der jùdischen Geschichte. — L. A. Rosenthal : 
Zerstreute Bemerkungen zum hebrâischen Sirach (si l'auteur avait eu 
l'idée de consulter l'édition, avec commentaire, de M. Israël Lévi, parue 
en 1897, il n'aurait pas eu besoin de découvrir à nouveau l'Amérique). 

— B. Wachstein : Der hermeneutische Syllogismus in der talmud. Lit- 
teratur. — Eppenstein : Studien ûber Dunasch's Kritik gegen Saadia. 

— W. Bâcher : Der Tannait Ben Jasjan. — Schmiedl : Randbemerkungen 
zu Saadia's Pentateuchùbersetzung. II. Arlikel. — B. Ziemlich : Eine 
Bùcherconfiscation zu Fûrth im Jaitre 1702. = = N° 3-4, mars-avril. 
S. Jampel : Die Wiederherslellung Israels nnter den Achàmeniden 
{suite, n° 5-6). — J. Eschelbacher : Die Vorlesungen Ad. Harnacks ùber 
das Wesen des Christenthums (suite, n° 5-6). — Porges : Zur Frage der 
Echtheit von Dunasch's Kritik gegen Saadia. — H. Brody : Jehuda ha- 
Lewi oder Moses ibn Ezra — A. Epstein : der Wormser Judenrath. — 
Lewinsky : Zur Geschichte der Juden in Lublin. — M. Steinschneider : 
Purim und Parodie (suite, n° 5-6). = = N 8 5-6, mai-juin. S. N. Kutna : 
Studien ùber die Beschneidung [fin). — F. Rosenthal : Einiges ùber die 
D""ltii mspn. — Max Freudenthal : David Oppenheim als mâhrischer 
Landrabbiner. 

Revue biblique internationale (Paris, V. Lecoffre, trimestrielle). = — 
11 e anne'e, 1902 == = N° L janvier : Lagrange : Introduction au livre des 
Juges. — Vincent : La deuxième enceinte de Jérusalem. — Hackspill : 
Études sur le milieu religieux et intellectuel contemporain du Nouveau 
Testament. = = N° 2, avril. A. van Hoonacker : Les chapitres ix-xiv 
du livre de Zacharie. — G. Mercali : Frammenti urbinati d'un antica 
versione del libro II de' Maccabei editi ed illustrati da G. Mercali. — 

— Lagrange : Études sur les religons se'mitiques. — Les morts. === = 
N° 3, juillet. A. van Hoonacker : Les chapitres ix-xiv du livre de Za- 
charie. — Condamin : Interpolations ou transpositions accidentelles (Mi- 
chée, ii, 12* 13 ; Osée, ir, 1-3, 8, 9 ; ïsaïe, v, 24, 25 ; xix, 21, 22). 






loi REVUE DES ETUDES JUIVES 

Revue sémitique d'épigrnphte vt d'histoire ancienne (Paris, trimes- 
trielle). = = 9 e année, 1901. =s= Janvier. J, Halévy : Recherches bibli- 
ques : Influence du Code sacerdotal sur les prophètes {suite et fin). =-==: 
Avril. .T. Halévy : Recherches bibliques : les chants nuptiaux des Canti- 
ques. = = Juillet. Du même : Recherches bibliques : les chants nuptiaux 
(suite). = == Octobre. Du même : Recherches bibliques : les chants 
nuptiaux (suite et fin). — Du même : Nou- velles remarques sur l'inscrip- 
tion de Mêsa. — Du même : Nouvelles considérations sur l'origine de 
l'alphabet. — Mayer Lambert : Un mot dans l'inscription de Me'sa. 
= = 10 e anne'e, 1902. =: = Janvier. J. Halévy : Recherches bibliques : 
Le livre d'Osée. — Du même : La Tentation de Jésus. — M. Lambert : 
Un mot dans l'inscription de Mésa. = = Avril. J. Halévy : Recherches 
bibliques : Le Livre d'Osée [suite). — Du même : Notes evangéliques : 
I. L'expression « Fils de l'homme ». II. Différent traitement des Pha- 
risiens et des Sadducéens. — Un Prophète sadducéen. — Rubens 
Duval : Une découverte de livres hébreux à Jéricho. — J. Halévy : L'au- 
thenticité du récit II Rois, xviii, 17-36. = = Juillet. J. Halévy : Le 
livre d'Osée [suite). — Du même : Notes evangéliques [suite) : III. Les 
généalogies de Jésus. IV. Le Concile de Jérusalem et sa décision. — Du 
même : La folie de Nabuchodonosor. 

The Jewish quiirterly Revievv (Londres). = = Vol. XIV, 1901. sa = 
N° 54, janvier. S. Schechter : Saadyana. Second article, including also 
documents bearing upon other heads of the school of Sura. — H. S. Q. 
Henriques : The Jews and the English law. III. — M. Friedlânder : 
The « Pauline » émancipation from the law, a product of the pre-christian 
Jewish diaspora. — G. Margoliouth : Some British Muséum Geniza 
texts. — J. Abrahams : Récent enticism of the letter of Arisleas. — 
J. Marquart : The généalogies of Benjamin. — A. Cowley : Note on 
J. Q.R., XIV, 26. — Lionel Abrahams : Two Jews before the privy Coun- 
cil and an English law court in 1614-15. — S. Krauss : Der Rômisch- 
Persische Krieg in der jùdischen Elia-Apocalypse. — H. Hirschfeld : 
Descriptive catalogue of Ilebrew mss of the Montefiore library. IL ~ ±= 
N° 55, avril. ===zzS. A. Cook : Israël and totemism. — S. Schechter : 
Saadyana. Third article. — F. Perles : What Jews may learn from Har- 
nack- — Miss H. Frank : from the « Lieder und Gedanken » of Frug. — 
W. Bâcher : Der sùdarabische Siddur und Jahjâ Sûiihs Commentar zu 
demselben. — G. Margoliouth : Note on J. Q. R., XIV. — H. Hirsch- 
feld : Descriptive catalogue of hebrew mss. of the Montefiore library. III. 
= = N° 56, juillet s=r = H. S. Q. Henriquez : The Jews and the en- 
glish law. IV. — E. N. Adler : Auto da fé and Jew (suite). — I. Gold- 
ziher : Bemerkungen zur neuhebraischen Poésie. — J. Jacobs : Earliest 
représentation of ark of the law. — W. Bâcher : Zu meinem Artikel : 
« der Siddur von Jemen ». (J. Q. R., XIV.) — Die von Schechter edirten 
Saadyana (/. Q. R., XIV). Aus einer alten Poetik (Schule Saadya's). — 
S. S. Krauss : Zur Topographie von Caesarea. — S. Poznanski : Zum 
Schrifitum der sùdarabischen Juden. — Hirschfeld : Descriptive Cata- 
logue of hebrew mss. of the Montefiore library. IV. 

Zeitschrif. f li , die «lttestamer.iliclie Wissensoliaft (Giessen, semes- 
triel). = = 22° année, 1901. a a: M 1, Ernst Liebmaun : Der Text 
zu Jesaia 24-27. — S. Krauss : Der Obelos im masorctischen Text. — 
J.-C. Mathcs : Die Psalmen u. der Tempeldienst. — B. Jacob : Das he- 



BIBLIOGRAPHIE 1S5 

brâische Sprachgutim Christlich-Palàstinischen. — W. Bâcher : Eine an- 
gebliche Lùcke im hebrâischen Wissen des Hieronymus. — M. Jastrow : 
Baring of the arm and sboulder as a sign of mouming. — A. Kaminka : 
Altarmenischo Psalmenûberscbriften. — R. Smend : Beitrâge zur Ge- 
scbicbte u. Topographie des Ostjordanlandes. — Miscellen. — F. Schul- 
thess : Miscellen zum Biblisch-Aramâisch. — G. Wildeboer : Die âlteste 
Bedeutung des Stammes j>13£. — E. Nestlé : Miscellen (1. Sammael [= 
bN70U3 la gauche !] ; 2° Das Deuteronomium u. 2 Kônige 22 ; Josephus ùber 
die Hellenen in> Alton Testament). = = N° 2. =■ = G. Dieltrich : Die 
Massora der ôstlichen und westlichen Syren in ihren Angaben zum 
Buch Huth nach fùcf Handschriften. — A. Bùcbler : Theophrastos Be- 
richt ùber die Opfer der Juden (ne se rapporterait pas aux Juifs, maigre' 
la mention formelle de ces derniers, mais à un des peuples païens habitant 
la Palestine au iv e siècle). — J. Ley : metrische Analyse von Jesaia K. I. 
— A. Zillessen : Bemerkungen zur alexandrinischen Uebersetzung des 
Jesaia (ch. 40-66). — Hochfeld : Die Entstehung des Hanukkafestes (pri- 
mitivement fôte hasmonéenne, après la rupture entre les Hasmone'ens et 
les Pharisiens, Hanukka a été transformée en un calque de Soukkot). — 
Ernst Uebrnann : Der Text zu Jesaia 24-27. — E. NesUe : Miscellen. — 
G. Wildeboer : Nahum 3, 7. — E. Rosenwasser : Berichtigungen zu 
Mandelkerns grosser Concordanz. — B. Stade : Ein Land, wo Milch 
und Honig fliesst ; — Ein pbônischcs Aequivalent von hWTZ )ïlb ; — 
Emendationen. — M. T. Iloutsma : n»nb73 Dinb Dnb. — Boehmcr : Zu 

T T : • •••-.■• 

Jes. 24-27. — M. Lidzbarski : Sammael (rapproche le mot delà divinité' 
Semâl des Noçairis). 

Zfitsrhrif; fui* hebr:ieisch<* Bibliographie (Francfort, bimestriel). 

= = 5 e année, 1901. = = N° 6. S. Eppenstein : Verbesserungen und 
Ergànzungen zu Joseph Kimchi's Mischle Commentar. — Poznanski : 
Millheilungen aus handschriftlichen Bibel-Commentaren. — Nachtrag 
zu G A. Kohut, Bibliography of the Writings of Prof. D r M. Stein- 
schneider bis 1900. = = 6 e année, 1902. = = N° 1. Salfed : Maiuzer 
Grabstcin. — Brody : Ahron Al'amani und seine Sôhne. — Eppenstein : 
Verbesserungen und Ergànzungen zu Joseph Kimchi's Mischle Commen- 
tar. — A. Fr., Berliner, Levy und Steinschneider : Miscellen. = = N° 2. 
Marx : Nachtrag zu der Zusammenstellung der Citate aus Targum Jeru- 
schalmi. — Steinschneider : Miscellen und Notizen. — Lôwenstein : 
Miscelle. = = N° 3. — = Steinschneider : Supplément aux Catalogues 
des mss. hébreux et samaritains de la Bibliothèque impériale. — Kohut : 
Notes and Queries on early American Judaica. 



4. Xo'es et extraits divers. 

-. — Une édition critique du Midrasch Bereschiô Rabba. — Jellinek avait 
fait appel aux savants pour l'édition critique des anciens Midraschim. 
Cet appel vient enfin d être entendu : l'édition du plus ancien des Mi- 
draschim, le Bereschit ttabba, dont le premier fascicule vient de paraître, 
est conforme à toutes les exigences de la science. L'auteur, M. Theodor, 
a pris pour base de cette édition le ms. Add. 27,169 du British Muséum 
et l'a collationnc avec ceux des principales bibliothèques, deux mss. du 
Commentaire attribué à Raschi, les citations de l'Arouch, le Yalkout 



156 REVUE DES ETUDES JUIVES 

éd. de Salonique, le Yalkout Machiri et l'éd. princeps. Dans les notes 
sont indiquées, en outre, les variantes fournies par les citations des 
anciens auteurs. Comme de juste, les passages parallèles et les réfé- 
rences sont indique's avec le plus grand soin. A ces titres divers, le 
travail de M. Theodor me'riterait la reconnaissance des savants. Avec 
raison, l'auteur n'a pas cru encore avoir termine' sa tâche; il a voulu 
éclairer le texte sans rien laisser dans l'ombre, le considérant au point de 
vue du fond comme de la forme ; il a donc composé un commentaire à la 
fois litte'raire, philologique et théologique. Nous ne saurions trop recom- 
mander cette publication qui fait honneur à la science juive ; elle sera 
indispensable à tous les savants qui voudront lire le Bereschit Rabba 
dans un texte sûr. L'ouvrage comptera huit fascicules. On souscrit chez 
l'auteur, M. le rabhin Theodor, à Bojanowo (Allemagne). Prix de la 
livraison : 3 marks. — Israël Lévi. 

= = Ausstellung hebrâischer Druckwerke. Francfort, impr. Knauer, 1902; 
in-8° de 40 p. C'est le catalogue d'une exposition de livres hébreux ou- 
verte récemment à Francfort. On a pris l'exemplaire imprimé le plus ancien 
de chaque ville ayant possédé une presse hébraïque, pour donner ainsi 
un aperçu de l'évolution de l'impression hébraïque depuis son berceau en 
Italie, jusqu'en Asie et en Afrique. Les villes sont groupées par pays, les 
derniers numéros du catalogue représentent les spécimens des plus beaux 
exemplaires de la typographie hébraïque illustrée et aussi quelques ma- 
nuscrits, mais en très petit nombre. Une exposition internationale des 
manuscrits hébraïques illustrés et enluminés, si elle était possible, serait 
d'un très grand intérêt. 

= = Revue des Écoles de l'Alliance israélite. (Paris, Durlacher, trimes- 
trielle.) Cette publication, qui en est à son 5° fascicule, continuée remplir 
ses promesses et nous donne à côté des articles pédagogiques d'inté- 
ressants détails sur les communautés juives d'Orient, leur histoire, 
mœurs, rites particuliers. Signalons dans le n° 4, janvier-mars 1902 : 
Y. D. S. : Dans l'Irak. — T. Sutton : La mort chez les Israélites tripo- 
lilains. — Z. : Superstitions tunisiennes. — N. S. : La Doula. — La Mé- 
reinda. == = N° 5 (avril-juin 1902) Nahama : Sabbataï Cevi et les Sab- 
batéens de Salonique (curieux détails sur les Minim ou Donmeh, sectes 
issues du fameux mouvement sabbatéen et qui existent encore, mais 
sont à la veille peut-être de disparaître : ces sectes, unies en apparence, 
se divisent en trois groupes bien distincts et même hostiles : les hmirlis 
ou Caballeros, les plus éclairés des Minîm, les Kuniosos et les Yacoubis). — 
Nahon (M.) : Saints et sanctuaires judéo-musulmans. — Confino : Notes 
sur la communauté juive d'Ispahan. — L. : Le niauvais œil. — Franco: 
La halucca ou hilouk à Safed- (On y lit avec étonnement que la halucca 
existait déjà en Palestine au u ô siècle.) 

= = Pourquoi le Dieu des Juifs a conquis le monde occidental. Etude sur 
le passage du polythéisme au monothéisme. Article paru dans la Revue 
internationale de Sociologie, n° 6, juin 1902, Paris, 16, rue Soufflot, 
p. 417-442. 

= = Perles (F.) : Zur Geschichte der Abbreviaturen im Hebiaischen. 
Archiv fur Sténographie, février 1902 (Berlin). 

= = Rouvièr (F.). Deux enquêtes sur les Juifs du Gard (1806-8) ; extrait 
de la Revue du Midi, 1 er déc 1901. Nîmes, in 8° de p. 361-372. 



BIBLIOGRAPHIE 157 

= = Lazare (Bernard) : L'oppression des Juifs dans l'Europe orientale. 
Les Juifs en Roumanie. Cahiers de la quinzaine (8, rue de la Sorbonne, 
Paris). 8 e cahier de la 3 e série [1902]. 

Julien Weill. 



Eduard Sievers, Metrische Studien. I Sludien zur hebraischen Metrik. Erster 
Theil, Untersuchungen. Leipzig, 1901 ; in-8° de vnr + 399 p. 

Y a-t-il une métrique hébraïque? C'est une question qui, dans les 
dernières années, a été souvent agitée et que M. Sievers, après bien 
d'autres, essaye de résoudre dans le sens affirmatif. Le savant mé- 
tricien expose un système prosodique fondé sur des données bien 
simples : Un vers doit, comme on sait, se composer d'un certain 
nombre de pieds, qui eux-mêmes se composent d'un nombre fixe de 
syllabes. Selon M. Sievers, les vers hébreux se terminent et se di- 
visent d'après la coupe logique des phrases. L'élément constant et 
toujours égal, c'est le pied, qui est formé par un mot accentué et se 
compose de deux syllabes non accentuées (temps faibles) et d'une 
syllabe accentuée (temps fort). Le pied des vers hébreux est donc un 
anapeste. 

Une fois ces prémisses admises, le système s'en déduit avec une 
rigueur quasi-mathématique çt une ingéniosité admirable, se jouant 
en quelque sorte des énormes obstacles qu'il rencontre. 

Tout d'abord, M. Sievers, qui tient à ce que chaque vers aboutisse 
à une pause logique, est obligé de reconnaître que très souvent les 
vers se suivent sans se ressembler quant à la longueur. Il admet des 
vers variables et y compare ceux des fables de La Fontaine. Le rap- 
prochement laisse peut-être à ;désirer, parce que les vers de La Fon- 
taine sont rimes. Cet argument a été employé par M. Sievers contre 
la théorie strophique de M. D. H. Mùller, mais ne lui a pas paru 
atténuer la ressemblance des vers libres de la Bible avec ceux du 
fabuliste français. Les vers hébreux sont donc de longueur variable, 
et il y en a de deux, trois, quatre, cinq, six et sept pieds, se succé- 
dant selon l'inspiration de l'écrivain, et sans qu'on puisse établir de 
règles à cet égard. En outre, il y a des mots qui ne comptent pas 
dans le vers. Ce sont les formules introductives des discours comme 
lafin « il dit », les particules telles que ïiiîi « voici », pb « c'est 
pourquoi », etc. 

La plus grosse difficulté consiste à trouver partout des anapestes* 
M. Sievers a pris ce pied pour point de départ, parce que la 'majo- 
rité des mots hébreux se compose de deux syllabes non toniques (le 
scheva mobile constitue aussi une syllabe) et d'une syllabe tonique. 
Celle-ci a une valeur double des autres comme la noire égale deux 
croches en musique. Toutefois beaucoup de mots n'ont pas du tout 



158 reVÙë des études juives 

une forme anapestique. Il y en a qui n'ont qu'une syllabe avant 
la syllabe accentuée, d'autres n'ont qu'une syllabe tonique, et il y en 
a, qui, au contraire, ont trois syllabes non accentuées ou davantage. 
Enfin, il y une quantité de mots qui ont le ton sur l'avant-der- 
nière syllabe. Comment faire avec tous ces vocables des anapestes? 
C'est à résoudre ce problème qu'est consacrée la plus grande partie 
du livre de M. Sievers. 

Quand un mot n'a qu'une syllabe devant la syllabe tonique, il 
faut donner un temps supplémentaire à la dernière syllabe du mot 
précédent. Si le dissyllabe commence le vers, on supplée une pause. 
Si un mot n'a en tout qu'une syllabe, on la décompose en deux, et 
cette syllabe déjà décomposée peut être allongée si le pied suivant 
n'a pas trois syllabes. 

Si un mot a quatre syllabes, on donne à chaque syllabe une va- 
leur égale, le quart d'un pied (en musique une croche). Il en résulte 
un fait très curieux, à savoir que les vers où les mots sont longs pré- 
sentent le plus de vivacité. Ainsi, l'élégie de Saùl et Jonathan doit se 
réciter avec un rythme rapide. 

Cependant, si le vers s'y prête, on peut aussi mettre un ton sur la 
première syllabe d'un mot, et l'on a alors deux temps forts pour un 
seul mot. D'autre part, si les mots sont trop longs, on peut en re- 
trancher les scheva mobiles: ûabam^ devient ubhinasam* ûniboteft 

T : T • : 7 T • : • 

devient mimsillotam, le daguesch étant supprimé avec le scheva l . 

Reste à écarter de la prosodie tous les mots milleêl. Une première 
catégorie de ces mots est constituée par les formes pausaîes. Mais 
celles-ci, d'après M. Sievers, sont pour la plupart une invention des 
grammairiens (antérieurs à la Massore?). On ne s'explique pas, dit-il, 
d'après quelles lois phonétiques qatâlat aurait donué qatâla (cepen- 
dant le latin bônum a donné l'italien bôno). Les Masorètes ont trans- 
formé l'accentuation des formes pausaîes, telles que yiqtôlu, qui de- 
vrait être yiqtolû, et la preuve, c'est qu'ils n'ont pas osé faire reculer 
celui des formes avec novn, par exemple tidbaqîn, qui sont restées 
millera. Il est possible, d'ailleurs, qu'ils aient voulu distinguer, par 
une accentuation différente, les formes avec noun de celles qui ne 
l'ont pas. 

M. Sievers insiste notamment sur la forme pausale en ékàa, par 
exemple ïj'îp, qu'il croit devoir changer en akh, "ïprj, La forme ékha 
serait impossible pour cinq raisons : 1° parce que le suffixe n'est pas 
suivi du ïi, comme les formes terminées par un yftp ; 2° elle sup- 
pose un oxylone primitif, tandis qu'en principe tous les mots 
avaient l'accent sur la pénultième; 3° la voyelle finale s'est main- 
tenue, et cependant elle était brève ; 4° le suffixe masculin a été 
traité autrement que le suffixe féminin (^:), où. Vi primitif est tombé; 
5° l'accentuation de cette forme est contraire à la métrique. Or, 

1 M. Sievers rappelle que "p-ÛT donne à l'étal construit "ji"OT, Mais dans les 
mots de cette forme le 12ÎS*1 à l'état absolu n'est pas primitif. 



ÈIBLIOGhAPHIE 159 

supposons qu'il y ait dans chacun de ces arguments une chance 
d'erreur contre une chance de vérité, au deuxième argument la 
chance d'erreur n'est plus que d'un quart et au cinquième elle n'est 
plus que de — . Donc SpP est une forme fausse. Il est vrai que, si tous 
les arguments sont erronés, la chance de vérité devient b contre 1, 
et c'est ici le cas. Le cinquième argument peut être écarté, parce que 
l'exactitude de la théorie métrique est justement en question, sinon 
pour l'auteur, du moins pour ses lecteurs. Prenons les quatre 
autres : 1° si le suffixe ^ n'est pas suivi du ïi, c'est d'abord qu'il est 
très usuel et qu'ensuite l'adjonction du H dans les noms et les 
verbes a des raisons toutes spéciales (le ti du féminin a commencé 
par être sensible) ; 2 e la règle que l'accent primitif était sur la pénul- 
tième est juste, mais à la condition que le suffixe entre en ligne de 
compte. Dans yadéhha, dé est l'avant-dernière et kha la dernière ; — 
3° et 4° en hébreu la voyelle a est beaucoup plus tenace que ]a 
voyelle i. Gomme elle était significative, elle a subsisté ; la voyelle i, 
plus faible, a disparu. 

Ailleurs, M. Sievers a apporté un sixième argument : c'est que le 
patah ne se change pas en segol dans une syllabe ouverte. M. Sievers 
oublie le mot TTfi de harra, et, de plus, le suffixe du pluriel ïpr a 
influé sur le singulier comme ID"^ sur *iïr. 

Dans les autres suffixes la dernière voyelle, selon M. Sievers, a 
pu ne pas être prononcée. Pour les ségolés, M. Sievers admet que le 
segol furtif peut prendre le ton. 

Notons que le système prosodique de M, Sievers s'applique non 
seulement aux morceaux poétiques de la Bible, mais aux textes les 
plus prosaïques, et qu'il trouve, par exemple, un hexamètre dans 
un membre de phrase tel que : ntDy TKZ)3>b ï-wyifin D^"rtZ32 ûva 
WHb ûtiej r-ûtfîn UHn « le vingt-quatrième jour du onzième mois 
de la deuxième année de Darius ». 

Nous croyons que cette analyse très sommaire, mais fidèle, de la 
théorie de M. Sievers suffit à la faire apprécier. Ce qui est excellent 
dans son livre, c'est la partie où il expose les règles générales de la 
prosodie avec une clarté lumineuse et une science magistrale. La 
réfutation qu'il donne des systèmes antérieurs est également par- 
faite. Mais sa métrique biblique, pour dire notre opinion avec fran- 
chise, manque totalement de vraisemblance. Une prosodie dans la- 
quelle les vers sont inégaux et renferment des mots qui ne comptent 
pas; où les pieds n'ont qu'une égalité fictive, car, en fait, ils ont 
une, deux, trois ou quatre syllabes; qui oblige à bouleverser la pro- 
nonciation traditionnelle de la moitié des mois, et qui, avec cela, 
s'adapte indifféremment à la prose ou à la poésie, ce n'est plus une 
prosedie. 

A la fin de son introduction, M. Sievers exprime l'espoir qu'on 
n'appliquera pas a sou œuvre le mot de l'Ecclésiaste : bnti ïit d3 
n*n rwil. L'auteur s'est-il rendu compte des impossibilités de sa 
tâche? En tout cas, il aura rendu un grand service aux sémitisants 



160 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

en décourageant toute nouvelle tentative de découvrir une prosodie 
hébraïque et en débarrassant les études bibliques de cette ques- 
tion insoluble et oiseuse, digne pendant de la quadrature du cercle. 

Mayer Lambert. 



ADDITIONS ET RECTIFICATIONS 



T. XXXII, p. 12. — A la bibliographie de Joseph Dereobourg il faut 
ajouter un article en langue hollandaise parue dans Jaarbocken for de Is- 
raëliten in Nederland, IV, pp. 347-360 : « Over de Noodzakelijheid van het 
Gods dienstoderroijs » et signé « D r Joseph Dernbourg ». La traduction 
hollandaise d'un article d'Abraham Geiger de la Wissenschafùliche Zeitschrift 
fur jiïd. Théologie intitulé : « Les dispositions religieuses de Maïmonide », 
qui a paru dans Jaarbocken, II, 413 sqq-, est probablement aussi de lui. 
— M . Kayserling. 

T. XLIV, p. 69, note 6. — Au lieu de Ï13T< '"ib, lire ^D"P 'fïb. Le passage 
parallèle, j. Gaittin, 48 è, en haut, a également " , 0"P '"lb. Cf. Die Agada 
der palàst. Amoràer, III, 273, note 11. — W. Bâcher. 

Tb. f p. 126. — Comme attribut de Dieu, il n'aurait pas fallu seulement 
citer l'arabe Al-Kayyoum, mais aussi l'hébreu d^p. — W. Bâcher, 

/&., p. 208, ligne 4. — Lire ^N, au lieu de lb*ni3, et 1. 17, Eli, au lieu 
de Silo. 

lb., p. 242. — A propos de la célébration de la fête de Souccotsur le 
mont des Oliviers, M. Schechter me rappelle le passage d'Abraham b. Da- 
vid (Sèder Hakkabala, dans Neubauer, Anecdota Oxoniensia, I, 79) sur les 
Caraïtes de Jérusalem : CTn^Tn "im rvDnOtt an HN Û^Jm b8W V^TBSi 

ib^N imntti ib*K t— in ib^a û^hin rrûnîa rwnn -irm amn m 
û^ssie d^nnn T»m nw ^lan ^73 d^o dmn d^ttm ib-<N nN 
cnbD 1533 d"»pmuj dm dn^sa d^^n ma« 'ptt-nntti min idd 

ni33b ibDI*» ÊO d^ttbi*. —A. Bûchler. 



Le gérant : 

Israël Lévi. 



VERSAILLES, IMPRIMERIES CERF, 59, RUE DUPLESSIS. 






SUR LA 

DATE DE LA COLONIE JUIVE D'ALEXANDRIE 



A quelle époque les Juifs se sont-ils établis dans l'Egypte pto- 
lémaïque et en particulier à Alexandrie ? Cette question a été 
vivement débattue dans ces dernières années. 

Si l'on ajoutait foi, comme on le faisait naguère, aux renseigne- 
ments fournis par la lettre du Pseudo-Aristée, par les fragments 
d'Hécatée et par Josèphe, l'établissement des Juifs en Egypte re- 
monterait aux toutes premières années de l'occupation macédo- 
nienne. C'est Alexandre le Grand lui-même qui, charmé de leur 
fidélité, leur aurait donné un quartier de la ville fondée par lui, 
avec des privilèges qui furent confirmés par ses successeurs, les 
Lagides. Ensuite Ptolémée I er Soter, après ses campagnes de Pa- 
lestine, aurait emmené en Egypte un grand nombre de Juifs et 
les aurait notamment installés comme garnisaires dans les places 
fortes de la frontière orientale du Delta. 

Tous ces renseignements sont malheureusement sujets à cau- 
tion. La lettre d'Aristée est un document d'assez basse époque ; 
l'authenticité des fragments d'Hécatée est contestée ; enfin, l'on 
comprend trop bien l'intérêt qu'avaient les Juifs d'Alexandrie à 
vieillir le plus possible leur colonie et ses franchises, pour n'être 
pas un peu en garde contre leurs dires et même contre les pré- 
tendus documents officiel? qu'ils apportaient à l'appui. 

Un jeune savant, d'une critique pénétrante, mais quelque peu 
téméraire, M. Hugo Willrich, est allé fort loin dans sa réaction 
contre la chronologie traditionnelle. A l'en croire, l'établissement 
des Juifs en Egypte, à part quelques cas isolés, ne remonterait 
pas au delà du règne de Ptolémée VII Physcon, c'est-à-dire du 
milieu du n e siècle avant J.-C. Tous les documents qui semblent 
lui assigner une date plus ancienne seraient faux ou falsifiés. 
Cette thèse hasardeuse a rencontré d'énergiques contradicteurs, 
entre autres le maître incontesté des études d'histoire judéo- 
T. XLV, N° 90. 11 



162 REVUE DES ETUDES JUIVES 

grecque, M. Emil Schûrer. On a fait valoir notamment certains 
fragments de papyrus du m e siècle, découverts par Flinders 
Pétrie au Fayoum, et qui attestent l'existence, dès cette époque, 
de Juifs et de Samaritains dans ces parages. La valeur de cet ar- 
gument sera encore renforcée par la nouvelle édition des papyrus 
Pétrie que prépare M. Smyly, de Trinity Collège (Dublin), et 
dont il a bien voulu me communiquer les épreuves ; dans des 
textes d'une lecture extrêmement difficile, ce jeune savant a 
réussi à déchiffrer deux ou trois nouvelles mentions de Juifs, 
qui, en présence des originaux, m'ont paru incontestables. Mais 
il ne s'agit là que du Fayoum; en ce qui concerne Alexandrie, 
les papyrus n'ont encore rien donné, et les inscriptions, jusqu'à 
présent, pas davantage. On n'avait donc pas, sur ce point, de texte 
positif à opposer au scepticisme de M. Willrich. Cette lacune est 
aujourd'hui comblée par le document que je me propose de faire 
connaître. 

Il s'agit d'une inscription découverte il y quelques mois dans 
une localité qu'on a identifiée avec l'antique Schédia, bourgade 
et important poste de douane situé à environ 20 kilomètres 
(4 schènes) d'Alexandrie, sur le canal qui relie cette ville à la 
bouche Canopique du Nil (Strabon, XVII, 1, 16). Au moment de 
mon voyage en Egypte (en janvier 1902), la plaque de marbre sur 
laquelle est gravée l'inscription venait d'entrer au Musée d'A- 
lexandrie, mais n'était pas encore accessible au public. Je dois 
à l'amitié de M. Botti, directeur de ce Musée, le privilège d'avoir 
pu la copier et l'estamper, et la permission, libéralement accordée, 
de la publier : qu'il en reçoive ici tous mes remerciements. 

Voici ce texte important, d'une conservation presque irrépro- 
chable : 

Y]PEP BASIAEQ2 

FToAEMAIoT KAI 

BASIAISSHS 

BEPENIKHS AAEA 
5. 4>HS KAI TTNAIKoS KAI 

TON TEKN12N 

THN FPoSEYXHN 

ol IoYAAIoI 

*Y]uèp (taffiXéioç | IlToX£[ji.atou xal | [Jaa , iX''<T<rr 1 ç | BepEvtxïiç àSeX || cp^ç 
xoù Y uv aixbç x0 " | ™ v xsxvcov | ttjv 7rpo<7£u^7)v | ol 'IooSaïoi. 

« En l'honneur du roi Ptolémée, de la reine Bérénice, sa sœur 
et épouse, et de leurs enfants, les Juifs (ont consacré) cette syna- 
gogue. » 



SUR LA DATE DE LA COLONIE JUIVE D'ALEXANDRIE 163 

Ce n'est pas la première fois qu'on rencontre une synagogue 
égyptienne ainsi placée sous l'invocation et, par conséquent, sous 
la protection des monarques régnants. A Àthribis, dans le sud 
du Delta, on a trouvé la dédicace d'une synagogue consacrée au 
Dieu suprême (Oeût Matai) par Ptolémée, fils d'Epikydès, chef 
des garnisaires (ëàwt&Vit tov çpuXaxirwv) et les Juifs d'Athribis; la 
dédicace est faite au nom de Ptolémée (probablement VI) et Géo- 
pâtre 1 . Une autre inscription, cette fois gréco-latine, prove- 
nant d'un site inconnu de la Basse Egypte, nous apprend que, 
sur l'ordre du roi et de la reine (on ne sait lesquels), l'ancienne 
plaque relative à la consécration de la synagogue sera remplacée 
par l'inscription suivante qui confère à l'édifice le droit d'asile : 
BaoriXeùç IlToXspiaTo; EÙE^fixr^ç ty,v itçoatii>~/7\v àcuXov 2 . Evidemment, 
dans ce cas aussi, la synagogue avait été placée sous l'invocation 
du Ptolémée régnant. Cette délicate flatterie, tout juste compa- 
tible avec les principes du monothéisme juif, avait pour objet 
et pour effet d'assurer à la maison de prières la protection effi- 
cace des autorités égyptiennes. 

Mais de quel Ptolémée s'agit-il dans l'inscription de Schédia ? 
On n'a le choix qu'entre deux identifications : ou bien c'est Pto- 
lémée I er Soter et sa femme Bérénice, couple divinisé sous le nom 
de ôeot c-coxYjpsç; ou bien c'est Ptolémée III Evergète et sa femme 
Bérénice IL II ne peut être question ni de Bérénice III, fille de 
Ptolémée X Soter II et femme successivement de Ptolémée XI 
Alexandre et de Ptolémée XII Alexandre II, qui serait qualifiée 
de Gléopâtre-Bérénice et n'a pas eu d'enfants; ni, pour la même 
raison, de Bérénice IV (fille de Ptolémée XIII Aulète), qui épousa 
l'un après l'autre les deux aventuriers Séleucos Kybiosactès et 
Archélaos. 

Entre Ptolémée I er et Ptolémée III il semble, à première vue, 
que la rédaction de notre texte favorise le plus ancien des deux. 
En effet, la reine y est qualifiée de « femme et sœur de Pto- 
lémée » ; or, Bérénice I re , fille de Lagos et d'Antigona, était bien 
la demi-sœur de son époux, tandis que Bérénice II, fille de Magas 
et d'Apama, n'était que la cousine du sien. Mais, en réalité, le 
texte ne comporte pas cette conclusion. Sur les actes légaux, 
inscriptions, testaments militaires, etc., Bérénice II est toujours 
qualifiée de « sœur et femme » (àSeXcp-ri xal y uV7 Î) de son mari : 
comme l'a déjà remarqué Letronne 3 , c'est là une formule de 
style, empruntée à l'ancien protocole des pharaons, et d'où l'on 

1 S. Reinach, RtiJ., XVII, 235 (Schùrer, III,. 3' édit., 88J. 

* CIL, III Supp., no 6583 (Schurer, III, 3« éd., 66). 

* Recueil d 'Inscriptions , I, 3 suiv. 



164 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ne peut rien conclure sur la parenté réelle des conjoints. Au con- 
traire, dans les inscriptions relatives à Bérénice I re , cette for- 
mule ne s'est pas rencontrée, et il y a lieu de croire que les Pto- 
lémées ne l'avaient pas encore adoptée à cette époque *. La rédac- 
tion de notre texte nous conduit donc à l'attribuer au règne du 
troisième Ptolémée, et c'est la même conclusion qui ressort des ca- 
ractères épigraphiques. Quoique excellents 2 , ils trahissent une 
époque déjà sensiblement plus basse que l'époque du premier Pto- 
lémée, et c'est à la deuxième moitié du m e siècle qu'il convient 
de les rapporter. 

Ainsi l'inscription de Schédia ne permet pas encore d'affirmer 
l'authenticité (que je considère, pour ma part, comme très pro- 
bable) du fragment d'Hécatée, relataut l'établissement des Juifs 
en Egypte sous Ptolémée Soter ; mais, du moins, elle prouve qu'ils 
étaient déjà établis à Alexandrie sous Ptolémée III Evergète ; car 
la synagogue de Schédia n'est sûrement qu'une « filiale » de la 
grande synagogue d'Alexandrie. On peut trouver là un nouvel 
argument pour attribuer à ce même Ptolémée III, et non au 
second Evergète (Physcon), l'inscription bilingue du Musée de 
Berlin, dont j'ai parlé plus haut. En tout cas, la thèse paradoxale 
de Willrich, déjà démentie pour le Fayoum, se trouve aujour- 
d'hui définitivement condamnée, même pour Alexandrie. 

Paris, 3 septembre 1902. 

Théodore Reinach. 



1 Wilcken dans Pauly-Wissowa, II, 282. 

2 Les ressources de notre imprimerie n'ont pas permis de reproduire exactement 
l'aspect de ces caractères, en particulier de l'A à barre brisée. 



CONTRIBUTIONS 

A LA GÉOGRAPHIE DE LA PALESTINE 

ET DES PAYS VOISINS 

(suite *) 



III 

LA CONQUÊTE DE LA RÉGION SEPTENTRIONALE DE LA PALESTINE 

PAR JOSUÉ. 

A la nouvelle du retour à Guilgal ( près Jéricho) des bandes 
israélites qui, sous la conduite de Josué, avaient conquis tous les 
cantons méridionaux du pays de Kenaan, « Jabin, roi de Haçor, 
dépêcha des émissaires à Jobab, roi de Madon (MapùW), au roi de 
Chimron, au roi d'Akschaph, aux rois du Nord établis dans la 
montagne et dans la plaine du sud de Kinnéret, à ceux de Nafot 
Dor, au Kenaanite de l'Orient et de l'Occident, à l'Emorite, au 
Hittite, au Perizzite, au Jébusite de la montagne, au Hivvite, qui 
est sous le Hermon dans la contrée de Miçpa. Tous quittèrent leur 
pays, leurs rois à leur tête, nombreux comme les grains de sable 
de la mer, avec des chevaux et de nombreux chars rapides ; 
ces rois se réunirent, s'avancèrent et vinrent camper près des 
eaux de Mérom pour combattre Israël » (Josué, xi, 1-5). 

Le lieu de la rencontre demande tout d'abord à être précisé. 
L'historien Josèphe le place à Béroth, ville de la haute Galilée 

proche Cadès (7upbç BTqpa>87) irdXst T7jç TaXtXaiaç tt^ç àvoa KeSeceç où 

1 Voir Revue des Études juives, t. XXXV, p. 185; t. XLIII, p. 161 et t. XLIV, 
p, 29. 



166 



REVUE DES ETUDES JUIVES 



TTocpo)). Eusèbe et Jérôme rapprochent, au contraire, les eaux de 
Mérom du bourg de Merrus, voisin de Dothaïm, à 12 milles de 
Sébaste; ces données reporteraient le théâtre du combat au vil- 
lage actuel de Kubatiyeh. 

Qui a raison, Josèphe ou les auteurs des onomastica ? Le livre 
de Josué (xn, 15-24) semble justifier ces derniers ; il énumère 
dans l'ordre suivant les derniers rois vaincus par les Israélites : 



16. 


Le roi de Béthel, 


15. 


'HXfcB, 


16. 


Bou«tî\, 


17. 


Le roi de Thappouah, 


16. 


Ta'foùt, 


17. 


'Aittpoû (C. Tancpoû), 


18. 


Le roi de Hépher, 


17. 


'O^p, 


18. 


'0«plp (C. 'E f ép), 


19. 


Le roi d'Aphec, 


18. 


'Aptox, 


19. 


'Àsèx, 


20. 


Le roi de Charon, 






20. 


Xeaapwji (C. Aeoaptûv), 


21. 


Le roi de Madon, 


21. 


M<x(i6pb>6, 


21. 


Sajx6p(bv (G- MaStbv), 


22. 


Le roi de Haçor, 


19. 


'A<jà>|A, 


22. 


<ï>oû<x (G. 'Aaucûp), 


23. 


Le roi de Chimron-Meron, 


20. 


Eujxdcov, 


23. 


Maijsùv (G. 'Apapwv), 


24. 


Le roi d'Akschaph, 


22. 


»AÇfo, 


24. 


'Ax<râ<p, 


25. 


Le roi de Thaanak, 


23. 


ZvLydx, 


25. 


0av&x, 


26. 


Le roi de Meguiddo, 


24. 


MapeSùl, 


26. 


MayeSStb (C. MayeSSàv), 


27. 


Le roi de Qédecb, 


25. 


K4Stk, 


27. 


KèSfcç, 


28. 


Le roi d'Ioqneam au Carmel, 


26. 


'Uxà|i toû 
XepjxèÀ, 


28. 


'Iexovk(JL toû TeppilX (C. 
XepjAéX), 


29. 


Le roi de Dor, à Naphot 


27. 


OSoXAajx toû 


29. 


'A8wp toû Na«peôSà>p, 




Dor, 




<I>svveaX8cbp 


» 




30. 


Le roi des Goïm de Guil- 
gal, 


28. 


Tet vr\i Ta- 


30. 


rwe\|i, %n rdXyéX, 


31. 


Le roi de Thirça. 


29. 


Qepja, 


31. 


eepai. 



Cette liste, qui constitue le résumé chronologique de la con- 
quête poursuivie de proche en proche par une seule armée, jette, 
par suite, une certaine lumière sur la situation respective des 
localités énumérées. C'est ainsi que dans le fragment considéré, 
on distingue un premier groupe, Béthel, Thappouah, Hépher, 
Aphec, Charon, puis un second, constitué par les rois ligués 
contre Josué : Madon, Haçor, Chimron, Akschaph. Le premier 
groupe doit naturellement comprendre les rois soumis avant la 
bataille de Mérom, comme les noms de la fin de la liste doivent 
correspondre aux rois qui furent soumis après cette bataille. Le 
premier des noms formant ce troisième groupe est Thaanak, dont 
la position est bien connue. 

Le centre de la confédération, le lieu de combat ne saurait donc 
être cherché dans la Galilée supérieure, mais au sud de Thaanak; 
les renseignements transmis par YOnomasticon doivent, par suite, 
être accueillis. 



CONTRIBUTIONS A LA GÉOGRAPHIE DE LA PALESTINE 167 

La route de marche de l'armée de Josué serait, d'ailleurs, 
jalonnée par Béthel, Thappouah, Hépher, Aphec et Charon. 
De ces cinq localités , une seule est mentionnée ailleurs : 
Thappouah sur la frontière de Manassé (Josué, xvn, 7-8 ; xvi, 8), 
retrouvée par M. Guérin au kh. Athouf. « Des ruines considé- 
rables couvrent les flancs orientaux d'une longue colline ro- 
cheuse. On rencontre partout d'anciennes citernes creusées dans 
le roc, dont l'ouverture est béante ; quelques-unes néanmoins sont 
encore fermées à leur orifice par un gros bloc circulaire qui 
leur servait de margelle, et que bouchait une pierre engagée 
dans le trou pratiqué au centre * . » 

En quittant le kh. Athouf, le savant explorateur, laissant à 
gauche d'anciennes carrières, gagna un plateau dominé à l'ouest 
par la colline de Tamoun, dont les flancs rocheux présentent de 
nombreuses excavations, puis, s'engageant dans un sentier pra- 
tiqué dans une roche crayeuse, où depuis des siècles le pied des 
bêtes de somme a creusé des empreintes profondes, des sortes de 
degrés, il parvint à l'oued Feraa et y découvrit de vastes ruines 
s'étendant sur les deux rives de l'oued, Tell et Feraa, Bordj et 
Feraa. Ce nous paraît être le site de Hépher. 

La ligne de marche de l'armée israélite se dessine dès lors net- 
tement : Josué remonta, à partir de Guilgal, la vallée du Jour- 
dain jusqu'à la rencontre de l'oued Faria, puis, s'engageant dans 
cette vallée, il la remonta jusqu'à sa naissance, suivant sans 
doute une piste fort pratiquée, qui fut plus tard remplacée par 
une voie romaine. 

Il dut, en passant, soumettre Béthel. Cette localité ne doit pas 
être confondue avec la localité homonyme voisine dé Aï; les 
LXX l'appellent 'HXàO, le chêne. Son emplacement ne saurait être 
actuellement précisé ; tout au plus pourrait-on appeler l'attention 
sur l'attraction qu'ont dû exercer de tout temps et bien avant la 
construction de Phasaelis les riches eaux de l'Aïn el Fasaïl. 

Josué, avant la bataille, soumit encore Aphec et Charon. Ces 
localités devraient se trouver sur la route qu'il suivait, ou, du 
moins, à proximité. Mais, pour accéder au plateau en partant de 
l'oued Faria, on a le choix entre l'oued Sarris, qui conduit à 
l'ouest de Tallouza, et un col qui débouche dans un vallon me- 
nant à Meithalun en passant près Siris et Djedidé. Cette seconde 
communication mène droit à la plaine d'Esdrelon. 

Réservant pour un moment toute appréciation sur les sites 

1 Guérin, Description de la Palestine, Samarie, I, p. 151. 



168 REVUE DES ETUDES JUIVES 

d'Aphec et de Gharon, cherchons à placer sur la carte les villes 
des quatre rois formant le noyau de la confédération. Le Jabin, 
roi de Haçor, du Livre de Josué, a été à juste titre rapproché du 
Jabin, roi de Haçor, du Livre des Juges (iv, 2), et la discussion 
de la campagne de Débora nous a conduit à proposer de placer 
Haçor à Teïasir*. 

Jérôme distingue trois localités : Madon, Someron, Marom; 
Eusèbe ne cite que Mapwj* et Sojxspcov. Marom correspond, d'après 
ce qui a été dit, au village actuel de Koubatieh. Someron, d'après 
une tradition enregistrée par YOnomasticon et fondée sur le pas- 
sage du I er Livre des Rois (xvi, 24) relatif à l'acquisition de la mon- 
tagne de Chomeron, ne serait autre que Sébaste. 

On pourrait être tenté d'identifier 'AÇicp, Akschaph, avec Yasûf 
au sud de Naplouse, localité qui a succédé à une ville antique 2 . 
Sans doute, cette identification est plus soutenable que celle qui a 
été mise en avant par les Onomastica et qui nous mène au pied 
du Thabor, à Chasalus, établissant ainsi une confusion entre 
Akschaph et Kisloth-Thabor (Josué, xix, 18) du territoire d'Issa- 
char. Mais l'on doit se souvenir de l' Akschaph d'Asser (Josué, xrx, 
25), situé au sud de Carmel, et la coexistence de deux Akschaph 
dans le même région ne saurait être admise sans preuve. Cette 
preuve n'ayant pas été faite, il faut considérer que l'Akschaph 
d'Asser fit partie de la ligue de défense organisée contre Josué. 
On doit toutefois observer que le site précédemment attribué 3 à 
Akschaph, le village d'Echfaïa, est bien éloigné du théâtre de la 
lutte ; il y a lieu de re viser cette identification. Akschaph sur la 
liste des rois vaincus précède Thaanak ; sur les listes de Toutmès, 
Aksep occupe le n° 40, Taanak le n° 42 : il y a donc une réelle 
relation de voisinage entre Akschaph et Thaanak ; le territoire 
d'Asser s'étendait plus à l'est qu'on ne l'avait soupçonné et com- 
prenait peut-être le canton montagneux et boisé au sud-est de 
Thaanak, Umm el Khatâf. 

Le rapprochement que les listes de Toutmès établissent entre 
Aksep et Taanak ne paraît d'ailleurs pas fortuit. On remarquera 
la succession des cartouches : 18, S'emmânau, S'emaa, S'emanau; 
19, Bartu, Barut, Baarut; 20, Mat'na; 21, Sarana; 22, Tuby : en 
regard on placera Sujxdwv, B^wO-r) de Josèphe, Madon, Saron, Atouf. 
Mais ces identifications seraient- elles acquises, on n'aurait pas 

1 La campagne de Sisara contre Baraq, dans la Revue biblique internationale, 1900, 
p. 597. 

• Guérin, Samarie, II, p. 162. 

» Recherches géographiques sur la Palestine, p. 21, extrait de la Revue, 1893, 
t. XXVI. 



CONTRIBUTIONS A LA GÉOGRAPHIE DE LA PALESTINE 169 

pour cela dissipé l'indécision qui plane sur l'emplacement de ces 
capitales chananéennes. Il faut se borner â signaler les sites 
antiques de la région, Chomeron, l'ancienne capitale d'Israël, Kh. 
Tell Khabar ou Kheibar près du village de Meithalun et à la 
lisière méridionale du Merj et Ghuruk 1 , Jeba avec sa nécropole 3 , 
Sanour 3 et peut-être Tallonza,dans lequel on a voulu, bien à tort, 
retrouver Thirsa. 

Après la défaite des rois chananéens confédérés, Josué soumit 
successivement les rois de Thaanak et de Meguiddo, dont les 
sites se retrouvent aux localités actuelles de Taanak et de El 
Lejjun. 

Il s'attaqua ensuite au roi de Qédech. Cette Qédech est sans nul 
doute la ville de ce nom qui fut dévolue à Issachar (I Chr., vi, *72), 
et qui, du reste, portait aussi le nom de Qischyon (Josué, xix, 20; 
xxi, 28). Elle correspond à une station d'un itinéraire du Livre 
des Provinces et des Routes, d'Ibn Kordadbeh 4 : Antakyeh, 
Ladikyeh, Djebelleh, Tripoli, Beïrout, Saïda, Sour, El Kadis 
(dans le voisinage du Carmel), Kaiçarieh, Arsouf (Apollonia), 
Yafa, Askaloun, Gazzah. Le site de Tell el Kaïmoun satisfait à 
ces données, et, si l'on se rappelle le rôle important assigné aux 
places de Al Aglun (el Lejjun) et de Al Kaïmoun par la Chronique 
samaritaine dans le récit de la conquête de Josué, on ne saurait 
hésiter à placer Qédech au Tell el Kaïmoun. 

Ioqneam du Carmel, dont le roi fut ensuite vaincu par Josué, 
Correspondrait, ainsi qu'on l'a proposé 5 , â Cheikh Abreik. 

Aucun doute ne subsiste sur le site de Dor. Le territoire au 
nord d'Arsouf portant encore le nom d'Arab en Nefeiat, il semble 
permis d'attribuer au roi de Dor la possession du littoral jusqu'au 
Nahr el Falek. 

L'habitat du roi des Goïm de Galgal doit être cherché plus au 
sud. On peut hésiter entre Kalkilieh et Djiljilieh. Les auteurs des 
Onomastica sacra signalent une ville de Galgulis à 6 milles au 
nord d'Antipatris; Djiljilieh étant à 5 milles et demi de Mejdel 
Yaba, qui paraît correspondre à Antipatris, la position de la 
capitale du roi des Goïm serait bien fixée. 

Thirça, dont le roi clôt la liste des vaincus, doit être cherchée 
au sud ou au sud-est de Djiljilieh. Première capitale du royaume 

1 Guérin, Samarie, I, p. 353. 

1 De Saulcy, Voyage en Syrie et autour de la Mer -Morte, II, p. 431. 

1 Guérin, Samarie, I, p. 344. 

* Journal asiatique, 6 e série, t. V, p. 467. 

* Marmier, Recherches géographiques sur la Palestine , p. 9. 



170 REVUE DES ETUDES JUIVES 

d'Israël, elle était nécessairement à une certaine distance de la 
frontière de Juda et d'Israël, qui passait par Beitin et Beth Horon. 
D'ailleurs, le I er Livre des Rois établit entre elle etGuibbeton des 
Philistins (Guibbeton de la tribu de Dan 1 ) des relations de voisi- 
nage. Ainsi Nadab, fils de Jéroboam, qui résidait à Thirça, fut tué 
par Bascha devant Guibbethon des Philistins, qu'il assiégeait avec 
tout Israël (I R., xv, 19). Ela, fils de Bascha, fut tué, à son tour, à 
Thirça par Zimri, dont le règne ne dura que sept journées : car 
l'armée, alors campée devant Guibbeton des Philistins, choisit 
pour roi Omri et se porta sur Thirça, qui fut enlevée sans coup 
férir, Zimri périt dans l'incendie de son palais (I R., xvi, 9-19). 

Il est manifeste que Thirça était rapprochée du territoire des 
Philistins ; on ne saurait donc identifier cette ville avec Tallouza, 
comme l'a suggéré Robinson. Le champ des recherches étant ainsi 
circonscrit, l'attention se porte sur les ruines d'Aboud 2 et de sa 
nécropole Makhta Aboud 3 . Une voie antique desservait Aboud, et 
la description que M. Guérin donne de la vallée voisine, plantée 
de figuiers, de citronniers, de grenadiers et d'oliviers et abondam- 
ment arrosée, correspond bien à la signification du nom de 
Thirça, V agréable. 

Guibbeton a été placée par Conder au village de Kibbiah ; 
cette localité est assez peu éloignée d'Aboud, pour que, tombée 
aux mains de l'ennemi, elle ait pu devenir un danger pour 
Thirça. 

La route de la conquête est maintenant bien précisée : elle se dé- 
roule, pour ainsi dire, tout entière enSamarie,et ne pénètre guère 
en Galilée. Comment cette province fut-elle conquise? Sans doute 
l'armée de Josué dut s'avancer lentement de capitale en capitale. 
Après la grande bataille, dans laquelle Israël eut pour la première 
fois à lutter avec une charrerie nombreuse, les vaincus furent pour- 
suivis jusqu'à Sidon la Grande, jusqu'à Misrephot Maïm et jusqu'à 
la plaine de Miçpé à l'Orient; mais Josué dut reformer bien vite 
les rangs de son armée et ne pas commettre la faute de trop s'éten- 
dre. Le récit de la conquête qui nous est parvenu est donc in- 
complet; d'autres expéditions d'importance secondaire durent 
succéder à celle que Josué lui-même dirigea. On en a le sentiment 
très net en lisant (Josué, xvn, 14-18) la réponse que le chef des 
Hébreux fit à la tribu de Joseph, qui se plaignait de l'exiguïté de 
sa concession : « Si tu es un peuple aussi nombreux, monte à la 

1 Josué, xix, 44. 

* Guérin, Samarie, II, p. 87. 

» ld., II, p. 116. 






CONTRIBUTIONS A LA GÉOGRAPHIE DE LA PALESTINE 171 

forêt et coupe-la pour te faire place dans le pays des Perizzites et 
des Rephaïm, puisque tu es à l'étroit dans la montagne d'E- 
phraïm » — les objections d'Ephraïm et de Manassé : — a Sans 
doute la montagne ne nous suffira pas ; mais il y a des chars de 
fer chez tous les Chananéens qui habitent le district de la plaine, 
chez ceux de Beth-Schean et de ses filles, comme chez les gens 
de la plaine d'Izreël » —, et enfin les encouragements donnés par 
Josué : — « Voici en effet la montagne, voici encore, avec toutes 
ses cimes, la forêt que tu abattras. Tu finiras par en déposséder le 
Chananéen, malgré ses chars de fer et sa force. » 

Chaque tribu eut donc à se rendre maîtresse effective du terri- 
toire qui lui fut dévolu; le chapitre I er du Livre des Juges nous 
révèle leur impuissance en maintes circonstances, et nous fait 
comprendre qu'il fallut longtemps à Israël pour parfaire l'œuvre 
de Josué. 

G. Marmier. 



UN INDICE SUR LA DATE ET LE LIED DE LA COMPOSITION 

DE 

LA MEGUILLAT ANTIOGHOS 

(ROULEAU D'ANTIOCHUS) 



Que le Rouleau d'Antiochus (Meguillat Antiochos) ait été écrit 
originairement en araméen, personne ne le conteste ; que ce soit 
un ramassis de légendes saugrenues et de bribes des Livres des 
Macchabées, presque tous les savants le reconnaissent, et ce serait 
peine perdue que de le démontrer à nouveau. Mais quand et où fut 
composée cette prétendue chronique, c'est ce qu'on n'a pas encore 
essayé de déterminer avec précision. Zunz la fait naître à l'é- 
poque des Gaonim », sans nous mettre dans la confidence de ses 
raisons. Il atout probablement vu juste comme à son ordinaire, 
mais l'approximation est par trop lâche, cette période ayant 
duré au moins quatre siècles, du vn e au xi e . M. Louis Ginzberg, 
dans son article, très bien fait, de la Jewish Encyclopedia (t. I, 
p. 637), a assigné pour patrie à notre Rouleau la Babylonie, en 
tirant parti de la phrase du début du livre : « Antiochus bâtit une 
grande ville sur le littoral de la mer pour lui servir de résidence 
royale, et il l'appela Antioche d'après son nom. » Antioche étant 
situé à 25 kilomètres de la Méditerranée, une pareille erreur ne 
peut être le fait ni d'un Syrien, naturellement, ni même d'un 
Palestinien : elle révèle un écrivain babylonien *. 

» Gottesdiênstlichen Vortrage,2* éd., p. 142. 

1 M. Krauss, Revue, t. XXX, p. 217, assigne à cette chronique la même origine 
en se fondant sur des arguments littéraires : 1° elle est rédigée eu araméen ; 2» elle 
contient deux légendes mentionnées seulement par le Talinud de Babylone. Ces 
deux < preuves » n'ont aucune valeur, car I e la langue araraéenne n'était pas seulement 
parlée en Babylonie; 2° l'insertion des légendes babyloniennes ne prouve rien pour le 
lieu, mais seulement pour le temps, car le Talmud de Babylone n'est pas resté conBné 
en Babylonie. M. Krauss ajoute : « Il (le Rouleau) paraît avoir des rapports avec le 
Targoum Yerouscbalmi ». A supposer q e cette assertion soit fondée, ce que je n'exa- 
mine pas ici, elle contredit la précédente, puisque ce Targoum est palestinien. 



LA MEGUILLAT ANTIOCHOS 173 

La déduction paraît logique, et nous n'aurions qu'à nous y ral- 
lier, si elle n'était contredite par une autre déduction non moins 
logique. Dans ces problèmes il ne faut pas s'attacher à un seul 
détail, mais trouver une solution qui rende compte de tous. 
M. Ginzberg a négligé — comme tous ses prédécesseurs — 
une donnée fournie par la ligne qui suit immédiatement dans la 
Meguillat Antiochos : « Pareillement Bagris, son lieutenant, fonda 
une autre ville, en face d'Antioche, et l'appela Bagras \ d'après 
son nom. » Si Terreur relevée plus haut semble éloigner de la 
région l'auteur du Rouleau, les connaissances géographiques révé- 
lées par ce dernier trait obligent avec plus de rigueur encore à le 
faire vivre dans les environs d'Antioche. 

En effet, qu'est-ce donc que cette cité comparée ici à celle 
d'Antioche? Ce n'est pas une ville imaginaire, comme le croit 
M. Krauss 1 , c'est un château-fort, dont les ruines sont encore 
visibles et qui est situé à 12 milles d'Antioche. Il porte aujourd'hui 
le nom de Kalat Bagras. Au moyen âge ce point stratégique « a 
joué un rôle important parce qu'il commande l'entrée S. du défilé 
très fréquenté de TAmanus 3 . » Strabon en parle déjà : « Pagrae 
(aï Ilàypat), qui touche à Gindarus, est un lieu également très fort, 
mais dépendant de l'Antiochide ; il est situé juste au débouché du 
col de l'Amanus, qui des Pyles Amanides conduit dans la Syrie, et 
il domine toute la plaine d'Antioche » (xvi, n, 8). Pline [Hist. 
Nat., v, 23) mentionne également cette place forte 4 . L' Itinéraire 
d'Antonin la signale sous le nom de Pagris (variante : Pacris) * 
et Y Itinerarium Hierosolymitanum l'appelle mansio Pangrios G . 
Pour avoir connu l'existence de cette localité et sa position en 
face d'Antioche, on admettra sans peine qu'il a fallu habiter la 
région. Ge n'est ni un Palestinien, ni un Babylonien qui aura 
pensé à cette citadelle. Aussi bien aucun texte juif de Palestine 
ou de Babylone n'en parle -t-il. Bien plus, une étymologie aussi 
naïve trahit un chauvinisme local, l'orgueil ingénu de gens du 
pays. C'est évidemment la légende accréditée parmi les habitants 
de la région qu'a recueillie notre auteur juif, et cette légende, 
comme nous allons le voir, était de provenance syrienne. 
Demandons-nous, en effet, ce qui a rendu possible cette singu- 



4 D'après le texte édité par M. Gaster, The Scroll of ' the Easmoneans. Les éditions 
ordinaires portent : Bagris, leçon amenée par le nom qui précède. 

» Revue, XXX, p. 218, note 5. 

3 Voir K. Bœdeker, Palestine et Syrie, trad. française, 2« éd., p. 417. 

% Ptolémée, V, 15, la met à tort dans la Pierie, province voisine. 

5 Ed. Wesseling, p. 146, 4 ; p. 68 de l'édition Parthey et Pinder. 
« Ib., 581, 3 ; p. 274 de l'éd. Parthey et Pinder. 



174 REVUE DES ETUDES JUIVES 

lière étymologie du nom de Bagris. Bagris est incontestablement 
l'altération de Bacchide, mais comment s'expliquer cette altéra- 
tion ? Le plus simplement du monde, par celle qui se remarque 
déjà dans la version syriaque du premier livre des Macchabées. 
Là, Bacchide, en grec Bacchidès, est devenu Bichrious Dri:a, 
pour 8*£&, par suite de l'identité des lettres syriaques d et r 4 . 

Des « savants », rapprochant de Bagris le nom de Bagras, loca- 
lité située tout près d'Antioche, n'ont pas hésité à mettre en rela- 
tion ce nom avec celui du lieutenant d'Antiochus, Bacris 2 . 

Cette étymologie nous pouvons, en quelque sorte, la dater. On a 
vu plus haut que Bagras s'appelait au temps de Strabon Pagraï, 
ou Pagrae, et chez les Romains, jusqu'au iv e siècle (date de la 
dernière rédaction de Yltiner. Anton, et de Vltiner. Hier os.) : 
Pagrae, Pagris ou Pangrios. Si le p a cédé la place au &, c'est 
assurément sous l'influence de la prononciation arabe, qui, ne 
possédant pas l'articulation p, y substitue le b. Cette substitution, 
il va de soi qu'elle s'est opérée après la conquête arabe et après 
une occupation du pays assez longue *. La Syrie ayant été prise en 
635, ce n'est pas dépasser la mesure que de reculer après l'an 700 
la date du changement de Pagras en Bagras et, par conséquent, de 
l'invention de l'étymologie. S'il en est ainsi, l'auteur de notre 
Rouleau ne peut être antérieur au vm e siècle. Comme, d'autre 
part, Saadia connaît déjà en 921 la MeguillatAntiochos, qu'il prend 
pour l'œuvre même des Hasmonéens, ainsi se trouve réduit à 
deux siècles, vm e -ix e , l'intervalle où peut être placée la compo- 
sition de l'apocryphe juif. La mention de Bagras sert donc tout 
à la fois à localiser la naissance de ce livre dans le temps et dans 
l'espace. 

Reste, il est vrai, l'objection tirée de l'ignorance de l'auteur 
touchant la véritable position d'Antioche. Pour s'y arrêter, il faut 

1 II est vraisemblable qu'à l'origine la leçon était O^TD^a. C'est pour avoir mal lu 
le syriaque dépourvu des points diacritiques que plus tard on a mis le point en haut 
au lieu d'en bas, comme Ta reconnu M. Krauss. 

* M. Krauss [Revue, t. XLV, p. 44) a justement montré, d'après le cardinal Ram- 
polla, qu'Antioche était le centre d'un culte rendu aux sept frères Macchabées, 
Antonius Placentius (vi« s.), dans son Itinéraire de la Terre Sainte (ch. xlvi), dit en 
parlant d'Antioche: ...fratres Machabaei hoc est septem sepulcra, et super unius- 
cujusque sepulcrum scriptae sunt passiones eorum. (Migne, Patrol. lat., LXXII.) 

» Yacout, Aboulféda et Bar Hebrœus mentionnent la localité sous ce nom. Voici 
ce que dit Aboulféda de cette ville : « Baghras. Cette ville a une haute citadelle, des 
sources, un wadi et des vergers. Baghras, dit lbn Hauqal, est sur la route du Thog- 
hour (frontière septentrionale de la Syrie). C'est là que Zobaidah (femme de Haroun 
al-Kaschid) avait fait construire une hôtellerie (pour les voyageurs pauvres). Suivant 
VAzizi, il y a 12 milles de Baghras à Autioche, autant de Baghras à Alexandre! te, et 
Baghras est située sur la montagne qui commande le précipice de Harim. » [Géographie 
d' Aboulféda, trad. Reinaud, II, n, p. 36.) 



LA MEGUILLAT ANTIOCHOS 175 

ne pas tenir compte du manque de précision des anciens dans 
leurs évaluations géographiques. Il ne serait pas difficile de décou- 
vrir des à peu près aussi criants 1 . Ici, d'ailleurs, cette erreur 
peut s'excuser : Antioche, étant sur l'Oronte, qui se jette quelques 
lieues plus loin dans la mer, était facilement considérée comme 
étant sur le littoral. Qui sait, d'ailleurs, si en parlant de mer, l'au- 
teur n'a pas en vue le lac d'Antioche ? En hébreu et enaraméen le 
même mot sert pour désigner les mers et les lacs. C'est ainsi qu'un 
passage du Talmud de Jérusalem parle de sept mers 'qui en- 
tourent (sic) la Palestine : la Grande mer (la Méditerranée), la 
mer de Tibériade, la mer d'Apamée 2 . Aujourd'hui ce lac d'An- 
tioche s'appelle en arabe Bahr el abyad et en turc Ah Deniz 
« mer blanche ». Il est situé à égale distance, à peu près, d'An- 
tioche et de Bagras. Mais cette explication n'est rien moins que 
nécessaire, et la première me semble plus naturelle. 

Ces notes paraîtront sans doute futiles à beaucoup de lecteu-s, 
étant donné surtout le peu d'intérêt de la Meguiilat Antiochos en 
elle-même. Mais, à mon sens, ces résultats, si tant est qu'ils 
soient acquis, me paraissent susceptibles d'éclairer tout un côté 
encore très obscur de l'histoire de la littérature juive. En plus de 
Targoumim, ou traductions de la Bible, écrits en araméen occi- 
dental après le triomphe de l'Islam, il existe un Targoum syriaque 
— le Targoum des Proverbes — qui a été placé sur le même 
rang que les Targoumim juifs. Le Midrasch Rabbah de Rabbah 
a recueilli la traduction syriaque de l'histoire de Bel et du Dragon 
et celle du Daniel apocryphe 3 ; Nahmanide cite la même version de 
la Sapience et de Judith (qu'il appelle à tort Susanne) ; tout cela 
nous atteste une certaine activité intellectuelle en Syrie. Il n'est 
pas mauvais d'enregistrer pour la période arabe un indice de plus 
de ce mouvement littéraire, si peu important qu'il soit, puis- 
qu'aussi bien nous manquons de toute donnée positive sur ce cha- 
pitre de l'histoire juive. 

Israbl Lévi. 



1 Ainsi Benjamin de Tudèle place Tarse et même Bénévent sur le bord de la mer. 
— Dans Tabari, trad. Zottenberg, t. II, p. 79, à propos de la prise d'Antioche par 
Schapor, il est dit également que cette ville est située sur le littoral. Mais cet exemple 
ne prouve rien, l'auteur n'étant pas Syrien. 

• Kilaïm, 32 c. Il est même question dans ce passage de Nnbim Ntt\ et ce mot 
Nnbltl détermine ailleurs Antioche. M. Krauss traduit ce passage ^as port d'Antioche. 

3 Neubauer, The Book of Tobit, p. 39 et suiv. 






ANAN ET SES ECRITS 

(suite et fin ') 



G. Extraits du hdd mî de Moïse Baschialschi. 

Comme nous l'avons dit plus haut 2 , Moïse Baschiatschi avait 
eu l'occasion, pendant ses voyages, de trouver en Egypte quel- 
ques pages du Livre des Préceptes d'Anan; dans son ouvrage mt 
nos, il en cite un long passage relatif à l'offrande du sacrifice 
pascal. L'ouvrage de Baschiatschi traite de la question de savoir 
si Ton peut abattre des animaux les jours de fête 3 , et il se trouve 
en manuscrit dans quelques bibliothèques. J'ai sous les yeux le 
manuscrit de la Bibliothèque royale de Berlin, or. fol. 1333, 
d'après lequel je reproduis le passage qui va suivre. Le texte est 
très fautif, et le style n'y est pas aussi coulant ni aussi clair que 
dans les chapitres, précédemment cités, sur le lévirat. Toutefois 
il est impossible de mettre en doute les droits de paternité d'Anan 
sur ce texte, car les opinions qui y sont émises sont données ail- 
leurs comme étant de lui. J'ai cherché à rétablir la bonne leçon, 
sans avoir naturellement la certitude d'être toujours tombé juste. 
Mais, pour l'intelligence de ce fragment, je dois donner d'abord 
quelques renseignements ; je me borne à ceux qui sont indispen- 
sables, car un examen détaillé exigerait toute mne étude. 

D'après Ex., xn, 6, le sacrifice pascal devait être offert le 
14 Nissan trawj *p3 « entre les deux soirs » . On sait que d'après 

» Voir Bévue, tome XL1V, p. 161, et t. XLV, p. 50. 

« Voir p. 52. 

* Steinschneider en donne une description détaillée dans le Cat. de Leyde, 
p. 13-15. Cf. aussi Cat. de -Berlin, II, n» 197. J'ai publié un loog passage de cet ou- 
▼rage contenant une citation du Commentaire sur le Pentateuque d'Abulfaradj Haroun, 
dans mon étude sur cet auteur caraïte [Bévue, XXXIII, p. 217 ; tirage à part, p. 38). 
La question traitée ici par Baschiatschi est fréquemment agitée, dans la littérature 
caraïte, surtout chez leB auteurs postérieurs. 



ANAN ET SES ECRITS 177 

l'interprétation talmudique, ce temps commence déjà l'après-midi 
du 14 e ; d'après Anan, au contraire, ce mot indique l'intervalle 
qui s'écoule entre le coucher du soleil et la disparition de la lu- 
mière, de sorte que le moment a^a^n "pa appartient aussi bien 
au jour précédent qu'au jour suivant. Anan le dit formellement ' : 
ïrwva a'Win» -irrabtt a^nriTai ï-pë-p» a^izmntt d^nyn )*ii ... 
a^ttnntti rnat» ibaan an^a «nfib dt ivj nyanaa •pœana avbl 
■^b t-nstttii :n rjTïi lainb tarn ntaj s*5t3»rm a.vpn 'nrtdbfc 
tranjn ^ab rpb nwNp ï^pi narras "ibaNn r-nss» dw t-n^ara 
'nai nnwbn ïTWra « ... Le crépuscule compte aussi bien pour le 
jour même que pour le jour suivant. Il appartient au jour même, 
car il est dit : Le quatorzième jour du premier mois, au soir, vous 
mangerez des pains azymes (Ex., xn, 18) ; et au jour suivant, 
car il est dit aussi : Le quinzième jour du mois est la fête des 
azymes, consacrée à l'Éternel; pendant sept jours vous mangerez 
des pains azymes (Lév., xxm, 6). Il résulte de là que le crépus- 
cule compte pour les deux jours, etc. » Les paroles de Qirqi- 
sâni 2 , plus complètes, ne sont pas moins formelles : Oîn bap 
rtb.iN joni npi eara-isn va }n F'ièhpbfi* )n Ftt$wcâi S"t mbaûb» 
'«ba t^73DN âa neo^ nsan Tiaba a^s» màai owrab» a^?a w 
aorp npnbN -jbn "jn-i ^»uîn ><naa 'ab*n fca'-an*n pa 'absn a-i* 
TabN 1731 a*pbtf l^a « Le chef de l'exil (c'est-à-dire Anan) et une 
partie des Caraïtes disent : Le crépuscule est un espace de temps 
assez grand; il commence avec le coucher du soleil et se termine 
avec la disparition du jour. Il a trois noms : « soir » (an*, Deut., 
xvi, 6), « entre les deux soirs » (D^awt T/a, Lév., xxm, 5) et 
« pendant le coucher du soleil (uîMn aoaa, Deut., ib.) ; il appar- 
tient tant au jour même qu'au jour suivant 3 . » 

Le sacrifice pascal était donc égorgé à ce moment. A la ques- 
tion de savoir comment l'abatage pouvait se faire pendant un 
temps si court, Yéfet, par exemple, répond dans son commen- 
taire manuscrit sur Ex., xn, 6 : nan p^ tpa b?Kp bap ind.. 
•jm nb t^Dbp irpxpba ïniftba rrirt -<d a-uba ç-nn -no om tpb» 

1 Cité par Harkavy dans le Woskhod, févr. 1898, p. 19, note 2. Il en est ainsi, 
d'après le Talmud, pour m^72113^ "pa » voir Sabbat, 34 b. 

* VIII 8 section, ch. n. Mais je n'ai vu les paroles de Qirqisâni que je cite que dans 
l'abrégé (Ms. Br. Mus. or., 2525, fol. 54 a). 

3 Cf. aussi I r « section, ch. xm (éd. Harkavy, p. 318, 1. 13) : Qyp \i2 dïlDlQl... 

arwEi Tab« p ri3N a*r )ii ïrviï*i ta-pbtt yz nba a^a-i^n ■pa 1» 

\29 b«p N?3 ^bj> fins 1531 ûvbtf 173 ri3N D^T"" 173- Qirqisâni contredit, 
aussi l'opinion d'Anan dans la VIII e section mentionnée dans la note précédente. Il 
est souvent question, dans la littérature caraïte, des mots Ci^ai^îl 'pa (cf. Revue 
XXXIV, p. 173, note 3) : les détails les plus circonstanciés se trouvent dans le 
Commentaire manuscrit de Yéfet sur Gen., i, o. 

T. XLV, n° 90. 12 



178 RKVUE DES ÉTUDES JUIVES 

^So»*ifii *V» -sn ïn«i han fttobb rraàb nnbïri o-nn KôîoS naî 
^bçn « Si quelqu'un objecte : Comment pouvait-on tuer, ce jour- 
là, tant de bêtes pendant un si petit intervalle, nous lui répon- 
drons : Les sacrificateurs étaient nombreux, le lieu de l'abatage 
vaste, et un homme peut, en outre, tuer cinq animaux et même 
davantage, car aussitôt qu'on avait tué une bête, on la transpor- 
tait dans l'endroit où elle devait être dépouillée. » 

Mais des difficultés surgissaient, d'après la théorie d'Anan, 
quand le 14 Nissan tombait un vendredi 1 . Car, le crépuscule 
appartenant aussi bien au quatorzième jour qu'au quinzième, 
on devait offrir le sacrifice le sabbat (sans compter même que le 
rôtissage se faisait le samedi) ; mais, ainsi que nous l'avons déjà 
vu, Anan ne reconnaît pas le principe ïfi»3>n ab nmn h©*, de sorte 
que la prescription de la Pâque ne pouvait lever l'interdiction 
d'accomplir tout travail le jour du sabbat. Dans ce cas, le sacri- 
fice pascal était, d'après Anan, reporté au jour qui suivait l'issue 
du sabbat 2 . Mais tous les Garaïtes ne partagent pas cet avis, 
et Yéfet, dans son Commentaire manuscrit sur Lév., xxm, o, 
qui s'est conservé dans deux recensions 3 , donne quatre opinions 
à ce sujet, outre celle d'Anan. C'est ainsi que Benjamin al-Naha- 
wendi enseignait qu'il fallait égorger et même rôtir le sacrifice 
pascal comme d'habitude, car l'agneau pascal, sacrifice obliga- 
toire, ne peut être mis au-dessous de la défense de travailler le 
samedi 4 . David al-Qoumisi 5 était d'avis qu'il était permis de 
tuer pendant le crépuscule un agneau pour tout Israël, d'en 
asperger le sang, d'en offrir les graisses, et qu'on ne devait pas 
le consommer, mais en brûler aussitôt la chair, car, en tout cas, 



1 Les mêmes difficultés se présentaient quand le 14 Nissam tombait un samedi. 
Dans ce cas, Anan enseignait sans doute qu'il fallait attendre la fin du sabbat. Cf. 
Eschkol, Alphab. 202 y sqq. 

3 Qirqisâni dit dans la IX» section, ch. x (cité par Harkavy, l. c, p. 17, note 2) : 

rib^b'^s noDba bfc* dtp pr *jn naob« rib^b ypi ans nosba ••b 
ï^x: an»â yi2 nnsb» rib^b ^n riKrrw *]Vi psns ^înd naobt* 
•'bar naNmiN b^b*n nb-»bm vip x-ipx: n&ôn&n Tiasb» yn rjr» 
j^tpi oasbN yrçaàb bip» Fwaft ïtapba rib->b ■& nosbN b»? ta-nnn 
nw naobN bnn *jn Tin ûb nb^ao rrrn n;fe 

3 Sur la double recension du Commentaire de Yéfet, voir mon hypothèse dans la 
Itevue, XLI, p. 306. Il va de soi que l'appellation de première recension, pour l'une, 
et de seconde, pour l'autre, est arbitraire. 

* Benjamin est donc ici tout à fait de l'avis du Talmud, qui met le sacrifice pascal 
au nombre de ceux qui doivent être offerts même le samedi (voir infra), et il va 
jusqu'à permettre de le faire rôtir en ce jour, ce que la Mischna Pesahim , vi, i, dé- 
fend. En général, Benjamin est souvent d'accord avec le Talmud contre Anan. 
8 Voir sur lui, J.Q.R., VIII, p. 681, note 1. 



ANAN ET SES ÊCHlTti m 

il n'est pas permis de le rôtir le vendredi soir. Mais d'autres 
affirmaient qu'il fallait abattre et faire rôtir le sacrifice dans la 
journée du 14, et le manger le soir, comme si les paroles de 
l'Écriture qui prescrivent de l'offrir le 14 pendant le crépuscule 
s'appliquaient à la pluralité, non à la totalité des cas. D'autres, 
enfin, soutenaient qu'il fallait offrir l'agneau pascal le 14 Iyar, le 
sabbat étant un obstacle au même titre que l'impureté ou Péloi- 
gnement par suite d'un voyage. Yéfet s'exprime ainsi : 



Recension I 

(tts. Br. Mus. or., 2518, fol. 12a). 

■pa "»b SjbâbN n-DT *ip 'îm .„ 
«nrr *md ïimai n» tnd"i û^nyn 

£|NbnDNbN ^h^ *h$ Spifit aKabfit 

raN-ibN ^pn r**™ nosba bas ^a 
rn-on ipi r^ffâibj» tar n«)* 
ab« arrrôbfin in&obN arnftbi* 
tonna b)3y î-wk b-jp-» p arrâ 
npinn yn i» î-H33> "jn ^b? *mït 
*-pkoi naoba iKïrby ONp-- 
■jNODxbb fnyri tidn aNaoN'bM 
-nïitBb» ■* noaba btt? "j? rwErn 
ariNir ^by t^w i^ason biaba 
ti^N ^b» «absn m» arrrabN ain 
'abc* aïTrab&o Sa i-rrr *s ta^* 
man fs* r-nb«àb« oan arna 

ON") JpT trit^R Ï-I3N 3>3 1©D2 

b73r naobN. (aih lo^bx — in© 
anîtobso nnaba i-nb^b noaba 
IN rtbba îiwrn praa-arri» nba 
ni©-'! naoba tWi •% na*p nosba 
nNaifinbîo nNaàaoba \n tonS ba-m 
■«» rnn ribaan no^b ènnbiffcSK 
arvfàbRi Hbjj&sà ba ï-rayn ab 
^o?2ipbN iNW^bo ^3N an 1 ?» nb« 
HDsbN IN ÏTTW ïibbx !-T73nn 
«rôteft Nitata tnaobN nb^b b»:n 
ba-p s*bn NinnoNa HftD&feft ^ 
.p-in-p ba 



Recension II 

(Ms. Br. Mus. or., 2399, fol. 113 a). 

nosbN *b Sipbx 3»aN0bN ... 
tab*N naoba rib^b psnN r^na 
taip arria j»o&n î~ra qbaba •;« 
tï^âwifbt* at-na im ar> n^m *îàl 
i-ib"<b na^ îiïn ^b« taip arrii 
two ->d iisnpi britt r^wn naobN 
■nsiaftaba p^a àïfi» im aarNba 
iFwwaS t^nn ï^32N73T ">b D*Hfà 
tua ot:d parrÎTabN pnna arrittn 
omb* nnb«a bawntOfiOK ^bN hâNn 
■pai K73N |"»rwrï53 pai-ntt ■'pa-j 
nnp*n n»^ ©i^n D^anyr: i^a ria#* 
r-r^u5 în ya^bx pnn^ mTart© 
^33» aàns maobN rib-«b tDN-in 
a-ip^ ï-tdn anSwbN ^"in anNS 
ï-ibaa 'jia^D n^NbN p nnNT yaia 
ab f<ÎND n-«">U5 "ja^N îcïn aâ«i 
aâ^ ab naobN rtnb *]Vi p73^ 
-iNrtsbNa nai" 1 "pa*» ■;« n»mt rrbaN 
pa^T naoba ^ib^b bai^i t^tiù^ 
pa unnb n©3» î-i3»anNa ^p 
bn» nNp"iNba nnax ^by a^an^rr 
t^ï^a mœjn ^ayn fâj^ Mtt 'np 
Sats ^c nnuîbN ^bia tDlpn 
tzabarr^ np axnabN ins tnaobN 
^-iitnàii iiànbN ^a ^na^bN ^by 
IKfcTbN kgi —iiN3 n«ns *naT \y 
axabN Sinn ^a bipbN tâttnuon 
■•-la li^Nin tara aab annpbi % 



Anan enseignait donc, premièrement que t^an^n fb désigne 



180 REVUE DES ETUDES JUIVES 

toujours le crépuscule et que c'est â ce moment qu'on tuait le sa- 
crifice pascal le 14 Nissan; sur ce point tous les Caraïtes sont 
d'accord avec lui. Tl enseignait ensuite que ce sacrifice ne suspend 
pas le sabbat, et la plupart des Caraïtes, â l'exception de Benjamin 
al-Nahawendi, sont aussi de son avis. Il s'ensuit que, lorsque 
le 14 tombait un vendredi, on différait le sacrifice pascal et on le 
remettait au jour qui suivait l'issue du sabbat ; c'est là-dessus 
que les opinions divergent 1 . Mais, en tout cas, on sait que toutes 
ces théories, la deuxième surtout, vont â rencontre de l'interpré- 
tation talmudique. Anan et ses partisans s'appuyaient sur ce fait 
que le sacrifice de la Pâque est, non point sacerdotal, mais gé- 
néral et, si l'on peut dire, civil et laïque et ne peut, par consé- 
quent, être mis sur le même pied que le sacrifice quotidien. Mais 
nous croyons qu'ici aussi Anan a suivi une tradition ancienne et 
encore en honneur parmi les sectes. Les recherches de Deren- 
bourg, de Geiger et tout particulièrement de Chwolson - ont éta- 
bli que l'opinion suivant laquelle le sacrifice pascal prime le 
sabbat (naiu nrm nos) est une innovation de Hillel, que l'inter- 
prétation ancienne enseignait tout le contraire. Ici encore, le 
fait que les Samaritains professent cette ancienne théorie et 
n'offrent pas l'agneau pascal le samedi 3 vient à l'appui de cette 
assertion. De même, l'interprétation que donne Anan des mots 
M'Wï "pa est conforme, en général, à l'ancienne théorie 4 , et, en 
effet, les Samaritains 5 et les Falascha G sacrifient l'agneau pascal 
pendant le crépuscule. Je crois cependant que de bonne heure 
on a expliqué exceptionnellement tran^ri "pn comme le Talmud, 
car premièrement le Livre des Jubilés (ch. xlix, 10) et Josèphe 
(Bellum, VI, 9, 3) disent qu'on immolait la victime pascale l'après- 
midi du 14 7 , et secondement la littérature talmudique nous a 

1 Voir supra, p. 178. Comme nous le verrons plus loio, Anan compare lui-même 
l'agneau pascal, à ce point de vue, avec le sacrifice de paix (Û^bttî). 

2 Das letzte Passahmal Christi, p. 20 sqq. On y trouve en grande partie la littéra- 
ture sur la question. Cf. aussi Bûchler, Das Synedrion in Jérusalem, p. 144 sqq. 

3 Voir ib., p. 30, note 4. On peut tenir pour certain que, d'après les Sadduciens 
non plus, le sacrifice pascal ne primait pas le sabbat, d'après ce qui a été dit jus- 
qu'ici ; mais on ne peut, avec Chwolson, le déduire des paroles de Hadassi, 
Alphab. 98 n (qui s'accorde avec Qirqisâni, p. 304, 1. 5). 

4 Ib., p. 37 sqq. 

5 Ib., p. 39, note 2. Toutefois les Samaritains évitent toutes les difficultés, en ne 
tenant pas compte du û^niSTî "p3, quand le 14 Nissan tombe un vendredi ou un 
samedi. Dans le premier cas, le sacrifice se fait après le déciin du soleil; daus le se- 
cond, il se fait le soir du quinzième jour ; voir Wreschner, Samarit. Traditionen, 
p. 28-29. Les Caraïtes ont également voulu aplanir les difficultés de cette façon, 
voir Hadassi, Alphab. 202n sqq. Peut-être aussi y a- 1— il là d'anciennes rémi- 
niscences. 

6 Epstein, l. c, p. 153. 
T Chwolson, lj c. t p. 40. 



ANAN ET SES ÉCRITS 181 

conservé un grand nombre de discussions et de réflexions sur la 
question de nauj nrm riaa , mais non sur celle de nmi fias 
naia an? ». 

Nous arrivons ainsi au résultat suivant : on essayait, quand le 
14 Nissan tombait un vendredi ou un samedi, de résoudre la dif- 
ficulté autrement qu'Anan ne l'a admis. Mais la question est 
bien ancienne, en ce sens que l'on apportait en pareil cas des 
modifications quelconques, aujourd'hui inconnues, à la règle ha- 
bituelle et qu'on ne pouvait pas procéder comme lorsque le 
14 tombait un autre jour de la semaine. 

Après cette digression, voici in extenso le passage tiré de 
Moïse Baschiatschi : 

fibian rafcn nbnaa nais taraur Ersi vine)3 2 ^-nsaai [foi. 20 a] 

Mbiab "pbaNm vj Nrabra nbba "janpa "pnba ■pb'wi r^ump^ 
mqN Mnaim Nana>a mmobt Mana> 6 Vanrcn bn uni Mabbal 3 M73a 
8 t^rwip oaa->b moOT s**»a !-pbiba i-na rtnarn mhdd r ona^b fb 

11 173TT3 "'NI M73a 10 !TrH3T3 ï"pb "^«1 9 D^»b I^N Ml v^D Mb*J 

■prrn Mnasn nmi^ "Tîsi amasan rmbvn in an an Maarip 
■»i Mnosn Naanp u Nma^b n»*! ^733 ^aïi Mnarai s*«j^i -,na 13 tmw 
16 ï-ia^arm emaai £^:mp ampa l5 M?3*ïpn a"jwi Ètnaïaa ■ s**3»nïa 
S-rca*»-! NmiDi [? mtid] tnna t<^np ^a p [Rnattft MTipab] 
bba» baiN n^a>72i s-j^ani r-mpa ipsai n^ai N3:a 17 Mttva : bb*iN 
■iïiaiiBp&H Mnataa "nirnb] nm^nb ,8 nb* t^raa inaNb» a-naa irofitëij 
nac imn Mb naabfc ba mek 19 Npn t*»wizn lirais pTïîib 
^n^NpT "pan ana ncr Mb [foi.20i] "na^bia bb '*nai ['rib] M«h 
taab rw nab miïi iaa3 ^ab Sa&o *nu?N -jn ï-rnna 
^733 "OTi ïtîpe 2731a a"N *nnb iïia?ïDpfiWa naabfc bbarç iinmpENb 
narTab *|b r-pb n ["Wi Mbw] snaoa baiN ttia^sai MnaT "ôia 
[Nnaïaa baiN s-iia3>73] "jb ^idn "wm 21 îwittb Mnaia cpr»b ï-nn* 
"iraacNn n «b^bai ns^s n vtëflabi ba^ab Mba Stnaipa whb Mbi 
idn isan *- mîn ra mton api Mnaïab àiBttb 23 nan^nia n»i^ 
n? fc-rïotBEb [aab] nm*Çi rçwtt [ba] ïhwNi ibiàa ibwan n»» n^i 

1 Ici échoue aussi la thèse capitale de Chwolson, d'après laquelle ou tuait le sa- 
crifice pascal le 13 Nissan, quand le 14 tombait uu vendredi. Cf. aussi Hosenthal, 
Monatsschrift, XXXV1I1, p. 97 sqq. 

1 Steinschneider (Cat. Leijd., I. c.) voudrait corriger en -^Ton"), ce qui est 
inutile, car m £73 est biblique dans le sens d"Égypte ; voir Is., xix, 6, etc. 

3 Ms. m. — 4 Ms. ri3N?3N. — 5 Ms. n»a. — 6 Ms. rsa73iT3i. — 7 Ms. ob 
onanb. — 8 Ms. ^D"7ipa. — 9 Ms. ba^b. — 10 Ms. rirn'j^b. — n Ms. n?3a 
n373HTa^. — n Ms. n^'ai. — 13 Ms. ■jion' 1 ymri- — u Ms. nrwb. — 15 Ms. 
nN73ipn. — 16 Ms. Namn. — 17 Ms. «a^a. — 18 Ms. ri»bv ^ano- — 19 Ms. 
Kp," — î0 Ms. nabtt. — sl Ms.' fiWlttB. « Ms. ^b^ai. — S3 Ms. àfi^nc. 



182 REVUE DES ETUDES JUIVES 

rna^b trn t^p [ # nb] ûTtt fiatD ^a taw ■ -îiibaN '««pi ! npart 
*srh 'jft fcW nara "irayr Nb r-iaNbtt ba 'ibsp^ •piaibnb iiî-îbiab 

nias «wri bai [ ] iia^n ab naNb?: ban '"n-isan t-wna 'to s®a 

» fsw^nnai ■naa ttb^aN [r-ia^bjû] » moNb [*iai] i-raNbtt ba ï-n»y-n 
ï^ts imb *i baiN r-DNbto ^piaNb rma* naubtt ba 'na 5 fetfttia 
t^nosT N-nps> r^E'ipn ûi«3tt vn»^ r^a^bN TnaD t**b pNi .W*a» 
JfiWhwà i-nm nas^b "jn:* ***& «naïab Nni3» «naun t*mpwa 
r^natin empa [Nmïa] nawa'ip ^ frtfnps taaa*i p h*tï«p to ^ann 
fcav» nx trnbK 'pa'n nN»ip Niioa ana N3m wtâtà i» fcàâ^fp 
: 'rsb errr naia ^nsi ['i:nj nara ia -«a im« îznp^ ^ararr 

« J'ai trouvé en Egypte des feuillets anciens contenant les paroles 
du chef de l'exil R. Anan 6 ; il y était dit: J'affirme que la Pâque est 
soumise aux mêmes lois que les sacrifices du même genre, comme le 
sacrifice de paix, c'est-à-dire ceux qui peuvent être mangés par tout 
le monde, comme nous l'avons déjà expliqué. Par conséquent, quand 
la veille de la fête de Pâque tombe un vendredi,on ne peut offrir dans 
la nuit qui suit ni l'agneau pascal ni le sacrifice de fête 7 , de même 
qu'il est défendu d'offrir alors des sacrifices qu'on ne doit pas offrir". 
Il faut, au contraire, ajourner l'offrande de la pâque, car, de même 
que les sacrifices apportés par les hommes ou les femmes atteints de 
flux, par les femmes en couches, par les lépreux et par les naziréens 
et dont l'offrande tombe un samedi, sont remis au jour suivant, de 
même l'offrande du sacrifice pascal, quand elle coïncide avec le 
sabbat, doit être remise, bien que la loi de la pâque et des sacrifices 
de la fête ait précédé celle du sabbat. C'est ainsi, par exemple, que 
dans le même chapitre [qui parle du sacrifice pascal] on permet de 
préparer des aliments le jour de fête et comme, par conséquent, l'of- 
frande du sacrifice de la fête et la préparation des aliments ne sont 
pas comprises dans le terme « travail », bien qu'autrement ce mot 
soit applicable à ces deux choses 9 , on devrait, à vrai dire, considérer 
également ces occupations comme permises le sabbat. En effet, à 
propos de travail on emploie des expressions analogues pour le 
sabbat et pour le jour de fête : pour celui-là, il est dit : vous n'accom- 
plirez aucun travail, c'est un sabbat pour l'Eternel (Lév., xxm, 3), et 

1 Ms. npa. — * Ms. iba^. — 3 Ms. -pONb. — * Ms. ananabl. — 5 Peut-être 
faut-il lire N^ïia ? 

6 J'ai omis de traduire les autres épithètes, qui n'ont aucune importance. 

7 iie sacrifice de fête (HJP^n) tombait aussi le samedi d'après la Mischna (Pe- 
sakim, vi, 3). 

• Il y a ici, à vrai dire, un pléonasme. U faut lire : fctfMOTip OlS^b TOfirt 6033, 
ou bien : DD^b *pr« NI ""niD iàl &T«mpa. 

? Tel doit être à peu près le sens des mots 'prp'Hnb ïlby NMO ïiaNbft ÛI^JI. 
Un copiste postérieur semble avoir compris ce passage comme si nafc*b72, employé 
à propos du sabbat et des jours de tête, dans le sens logique, était « un terme supé- 
rieur, général », et avoir pour cette raison remplacé nb^ fcOSO par ïlNb^ N51C- 
Mais il n'a pas remarqué qu'Anan ne pouvait pas encore connaître le terme Aie 



àlNan et ses écrits m 

pour celui-ci : aucun travail ne doit être accompli en ces jours (Ex., 
in, 16). Comme il est dit aussitôt après ces mots: c'est seulement 
ce qui doit être mangé qui peut être préparé, pour montrer que ce 
n'est pas compris dans le mot travail, on devrait permettre, en s'ap- 
puyant sur la susdite analogie, l'abatage et la préparation des ali- 
ments même le sabbat 1 . Il s'ensuit qu'on ne peut établir aucune 
analogie [à ce point de vue] entre le sabbat et le jour de fête, puisque 
la préparation des aliments est indubitablement défendue le sabbat, 
et qu'il n'est permis de manger et de boire eu ce jour que ce qui a été 
cuit le vendredi et réservé ensuite pour le samedi. Il est dit aussi 
[au sujet de la manne] : « Faites cuire ce que vous avez à faire cuire, 
bouillir ce que vous avez à faire bouillir, mais réservez-vous le reste 
en dépôt jusqu'au lendemain matin (Ex., xvi, 23). » Il est dit ensuite : 
« Mangez (la manne) aujourd'hui, car c'est aujourd'hui un sabbat en 
l'honneur de l'Eternel (Ib., 25). » Ces mots nous indiquent que toute 
cnose [semblable] est interdite [le sabbat], conformément au verset : 
« Vous ne ferez aucun travail (!"DNb?3 95), c'est un sabbat en l'honneur 
de l'Eternel. » Il est dit, de même, pour le jour de l'Expiation: 
« Vous ne ferez aucun travail (rteNba bs), etc., car toute àme qui fera 
Un travail quelconque, etc. (Lév., xxm, 28-30) », et on défend égale- 
ment ici la préparation des aliments. Et pour [les autres] jours de 
fête il est dit : aucun travail pénible (îmny nDtfbtt bD ; Lév., xxm, 
7, etc.), pour exclure la préparation des aliments, qui n'est pas un 
travail pénible. De même, nous ne sommes pas d'accord avec ceux 
qui affirment que le sacrifice pascal, parce que la loi qui le concerne 
précède celle du sabbat, prime celui-ci et doit être toujours offert au 
moment prescrit % . Car, si une loi précédente pouvait l'emporter 
[sur une loi postérieure], la loi du sabbat est plus ancienne que 
toutes les autres, car il en est déjà dit dans le premier chapitre [de 
la Bible] : Et Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, car en 
ce jour il se reposa etc. (Gen., n, 3) 3 ; puis il est dit [pour ce jour] : 
C'est un sabbat à l'Eternel (Lév., xxm, 3) *, » 

Dans cet exposé d'Anan, il est question, non seulement du sujet 
proprement dit qui y est traité, mais aussi des explications sur la 
permission de préparer des aliments (b^ia toj») les jours de fête. 
Tout travail est interdit le sabbat ; aussi est>ii dit également ab 
risabtt b'D ™*n. Il est seulement permis de manger ce qui a été 

1 Ce qui est naturellement impossible. 

1 Chose curieuse, cette théorie sera reprise par Saadia, qui cite comme exemple, 
entre autres, la prescription de la Pàque, quia précédé celle du sabbat. CI". J.Q.E., 
X, 273. 

3 Nous avons déjà remarqué qu'Anan et ses successeurs assimilent des expressions 
occasionnelles de l'Écriture aux prescriptions législatives de celle-ci. La loi sur le 
sabbat est donc, pour lui, la plus ancienne de toutes. 

4 11 est donc d'une importance capitale et ne peut être suspendu par d'autres 
commandements. 



184 REVUE DES ETUDES JUIVES 

préparé le vendredi. Les jours de fête, tout travail est également 
interdit, â l'exception de la préparation des aliments, ce qui est 
indiqué par ces mots wn ab STnns nsab» b'3. Plus tard, diffé- 
rents docteurs caraïtes, voulant être plus sévères, appliquèrent, 
à l'exemple des Samaritains, le verset Ex., xn, 16 b, au sacrifice 
pascal, et permirent les jours de fête seulement la préparation des 
aliments qui ont été faits avec du vinaigre ou de l'huile, etc. ! Mais 
nous ne pouvons ici entrer plus avant dans le sujet. 



VI 



Outre son Livre des Préceptes, Anan a composé un abrégé de 
ce dernier ouvrage, sous le titre de Fadhâlika (n^bnc, c'est-à- 
dire Somme) 2 . Jusqu'ici on ne connaît que Yéfet b. Ali qui 
nomme cet ouvrage et cela dans son Commentaire déjà men- 
tionné sur Lév., xvin, 18, passage qui a été publié parNeubauer 3 . 
Ce passage de Yéfet se trouve reproduit mot pour mot dans le cha- 
pitre déjà mentionné d'Anan sur l'inceste, cité par Yeschoua b. 
Yehouda sous ce titre : n"t 'py-nm msDa pno 4 . C'est pourquoi 
il faut admettre que tout ce chapitre chez Yeschoua est emprunté, 
non pas au Livre de Préceptes d'Anan (mxfcn nsD) , mais à 
l'abrégé (risbis), de sorte que nous pourrions nous faire ainsi 
une idée assez exacte de ce dernier ouvrage. Il se composait, 
semble-t-il, de courts paragraphes, dans lesquels il exposait les 
lois d'une façon doctrinale, sans les rattacher à l'Écriture et sans 
avoir recours à des règles d'interprétation. En outre, cet abrégé 
est encore cité ailleurs, d'après Harkavy 5 , par Yeschoua et aussi 
par Salomon, le Prince. Toutefois comme dans toutes ces cita- 
tions il n'est question que de lois matrimoniales, Harkavy con- 
jecture que ces lois seules formaient le contenu du Compendium. 
Mais nous avons supposé plus haut 6 que la citation d'Anan que 
donne Hadassi sur le droit d'hérédité est également tirée de cet 
ouvrage, parce que l'exposé des motifs y manque aussi. 

Comme Yéfet, dans le passage mentionné, cite encore des paroles 
d'Anan que Neubauer n'a pas publiées et comme, d'ailleurs, le pas- 

1 Voir Gan Eden, m^faïl 371 l p*2, en. iv-v (fol: k~d sqq.). Cf. aussi Geiger, 
Jiid. Zeitschr., 111, 178 sqq.; Epstein, Eldad ha-Dani, p. 153. 

' On a peine à croire qu'Anan lui-même ait donné un titre arabe à son ouvrage. 

* Aus der Petersb. Biblioth., p. 100. Cf. Munk, dans, les, Annalen de Jost, 1841, 
p. 176, et supra, p. 51. 

4 Voir supra, p. 52, et infra, p. 187, note 1. 

» Otschcrki, p. 56. — « P. 52. 



AN AN ET SES ÉCRITS 185 

sage tout entier n'est pas sans intérêt, je le donne ici in extenso, 
d'après. un manuscrit de Paris (Cat. des mss. hébreux, îv 282, 
fol. 134 b). Il s'agit d'une union prohibée par Lév., xvnr, 18, et 
que les Caraïtes interprètent autrement que les Rabbanites. 
D'après ceux-ci, le législateur veut dire seulement qu'il n'est 
permis à aucune condition d'épouser la sœur de sa femme, tant 
que celle-ci vit. Cela n'est même pas permis quand cette interdic- 
tion entraînerait l'impossibilité d'accomplir une autre prescription 
biblique, comme, par exemple, quand deux frères ont épousé 
deux sœurs et que l'un d'eux est mort sans laisser d'enfants 1 . 
Ce ne l'est pas même quand le mari s'est déjà séparé de la femme, 
mais que celle-ci vit encore 2 . Chez les Caraïtes, il est également 
défendu d'épouser sous quelque condition que ce soit la sœur de 
sa femme, mais l'interdiction subsiste même après la mort de la 
femme. En l'occurrence, ils ne déduisent pas cette défense de notre 
verset, mais de l'analogie avec les autres prescriptions matri- 
moniales 3 . 11 est défendu à un homme d'épouser deux femmes 
proches parentes l'une de l'autre 4 , par exemple la mère et la fille 
(Lév., xvin, 17), et, par analogie, deux sœurs; et ici toutes ces 
interdictions ne dépendent d'aucune condition et , par consé- 
quent, ne cessent pas avec la mort de l'une de ces femmes. Le 
style même du verset 18 montre que l'interprétation rabbinique 
est erronée, car dans ce cas il eût fallu simplement : mna mr& 
ïibsn ab ^niDK. C'est pourquoi les Caraïtes sont obligés de donner à 
notre verset un sens détourné, ce qu'ils font de différentes ma- 
nières. Ainsi, d'après Anan, comme nous allons le voir, le mot 
ïimnK signifie, non la sœur, mais la fille de la sœur de la femme 5 . 
D'autres interprètent ce mot d'une tout autre façon; ils vont 
jusqu'à l'expliquer, les uns par « sœur de lait » (ripera nvn»), 
les autres par « coreligionnaire », et ils disent qu'un homme ne 
doit pas épouser, outre sa femme, une autre femme et « oppri- 
mer » celle-là pVTS&b), c'est-à-dire reporter son affection sur la 
seconde et négliger la première G . 

1 Voir Yebamct, 2,b. — 2 Ib., 8 b. 

3 Voira ce sujet Esclikol, Alphab. 321 "\ sqq. (fol. 18(5 sqq.) et Alphah. 331 T » qq. 
(fol. 122a); Gan Eden, a^î33 "IT3.I cb. ix (foi. 146c sqq.), et Adéreth, a v J3 n"IO, 
ch. v. Les Samaritains défendent, de môme, d'épouser la sœur de la femme, môme 
après la mort de celle-ci, voir Lïeiger. Z.D.M.G., XX, p. 5b8. 

4 C'est ce que les codes caraïtes appellent *7J"IJj C113 52 D"HN*3 "OSÎ "HDN. H 
faut ajouter que, d'après .a fameuse théorie du DTD"l, la tœur de la femme est regar- 
dée comme la véritable sœur. 

5 Cf. aussi Qirqisàni, I r » section, eh. xm (p. 313, 1. 10) : *;&* ("|N5y "Wj WH 

WirÔK ÏH33{in TTTÛ T1"< nmnX b« ttlDttl a«r6?a bip. Dans le Gan Eden 
et Adéreth l'opinion d'Anan est citée d'une façon anonyme. 

6 La première interprétation est peut-être celle de Benjamin al-Nahawendi , 



186 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

Je vais reproduire maintenant les paroles de Yéfet : 

î i-p-rn îvba Urnn* rnbab mmtb npn t^b nmn« Sn toni 
1 ->d $iv» tsftrma tjioBb — )Nm:Nb naNn t^b eeinàen rnrai 
■jVrirç rnmybN ïribttâ 1» piasbN t^in o^b in tabaw : ttinaon 
in N?aaNi !-mna snb* nban Nb ^n^N mn» mm; nï-pb Sp-> ûb 
rib">N7 "iîj( Sb*a psajnri ^fc^pnfcbH nruba in ^bri Nna pNnbN 
in bt? p-ios NÎm maai ca^na mniDN ^ns snran -ikid ^a?N 
i-rban Nb rma-ibs mn* rrs tapj tab ^b^bs ^p ?b FnnrbN }tt 
Ï7WWÏ3 I^qm n D Siptt naN yaNanba Sips nma se tesp r^Taa 
pV&B nnN-i p^sa an-ip ^hnid pîn&i a-np nsio paNb mm: ma Snp 
Snp )i2 Sip ^bnai taN-in ibn rtn ^ban Sabn rti •'br %iâ* 
-in^n N^aNi nài Sa ■$£ taaNnn Sw'saBb* naNbN in ■p'wpbN |$ 
aNbN nNnttN ait riaaN ^n ^nbN rnsynoTab» naNbN t?n i-ra 
i»*tb -paN niBN na r-i-na> sa ^bi ton-ira N?aa tasNbN ànï naaNi 
ïs3»n tjshtn. npn r**b î-imnN Sn ïiibni nbnpa mur t>*mbN î» 
SànbN ^br tarin N?a h^a "jn *pb"ip-> Siénsn ">b tarsaNb mm: ma 
tes*!» Nnns rrnàiï nNaN-ip î» mb? taanm ïibn» ï-rnNaNTp î» 
maaN-i NmaN ôin matn snowçn^pbM ya waâ' in h?ànbN w mm 
î-i3NB naa> J-ibbN 3251 pa» s^wni rmn rtapbnbN »na ^nttN â-iî 
aba> ï-idn Bam taannBN naaN na tt nmns bN ï-hbn in m$ 
SswbBqtûba ana inai i-imn&n bps ûbi i-jmn» bN s-nbnp ya ^bi 
Wq rtniriN bN kgnbfife mp in t^y^N ^bN ^yihn t^in ^ mb 
bap rtiTbN dbn n3aN ans ^ai tnrp îtins-'N-i pbi rroion "en 
rr-w tann r<»B ï-tsn ^bni baôba mànT (naaN) oay î» N"in 
Nnsin NnnbNB ait riN-i^abN ^b? ann ^bSa bi-ibN ^br bNâbN 

'^aiDS-'Nb Ï ^-1DN"> Ï1U3N *{BT Mb ">nbN mX73 TBO 'B bNp 

•j-'a î-rnuîB7a jsa n^aN pan iTiNbi iniaN mnnN brab 

d'après lequel il est défendu d'épouser une sœur de lait, cf. Qirqisâni, p. 314. 1. 13 : 

ÏÏJ^inbNB i*nînbN Cpjû"^ ^N) anm- Cette prohibition est sans aucun doute 
influencée par l'Islam, qui regarde les sœurs de lait, comme de véritables sœurs, cf. 
le Koran, IV, 27. De même, Boukhâri, par exemple, pose, en général, dans son re- 
cueil des traditions (Nikâh, n° 20) le principe, que les défenses concernant la parenté 
de lait sont les mêmes que pour la parenté de sang. Quant à la seconde, cf. supra, 
p. 62, où Sahl explique de même tPHîV, Deut., xxv, 5, par « coreligionnaires •. 
Cf. aussi 3"!U npb de Tobia b. Eliézer, in l. : t*<^bya tZ^UJD THO ntiNUÎI... 

iNtta J^ptfnt n72B "nïitfj pin t**tb-i nn t^b csnb ^n^ yvr*z r-nmoN 
mvnN ^nttîa ira ^b b^ujs tuîb lya^î d^b ^n^t t^ïbN ...tiitta ^ntt? 
'ibt (i. d-riN) nvnN ibN d^ nnm B^nN "lau?-» -aa (i. dtin ■'î^a). 

De même.sur Deut., xxi, 15 : TTûNtB taS^N^pn I^U (1. m^U) n"13>a JH73B 

B^N^aaai m-nna ïit nam ta^a ^ris ibN npn >*b nmnN bN ï-tuînt 
ï-ina^BT ana massai B">s:a ^nio d^ïïiî bN-m;^ T^no taa^ainaai 
B5>b oa !"irm. 

1 Ms. idt. 

1 Forme hybride, à moins qu'il ne faille simplement lire N"PBN et ajouter îlb : 
mais on remarquera que Neubauer aussi a le mot N"1BN^. 



ANAN ET SES ECRITS 187 

•"aioa^Nb inapab nb notn «rtab^aba ^b bapi t-îbnaatt 
'liai ■prprrKba *jttbi frij.S mn« byabi maa r-nn» b*a> 
°f^a^b$ ts^ » a->bsa rrbTDDtt 'pai rri^àiç V 2 "p^J? 
ait in rraN t-nriN b.a?a "tn s-ir-înSN naaai ï-inaiî ^n naat* annn 
nma naN ruas a^bsN 8nnba6 à*iT in r-$x r-nna bs>ai gpÈpgj* 
r^âa ri53N nmna bjjt nia an saes, cpaa snçAttbg f^nn i» tasnn 
d^atp sninsi bapn ppia bap srrann -ipi H.np.b«â à}? im rifinttbK 
lïitii mm-à *ns?3 ^was-SS'b ftfbsi n m n n nm Nrns b* 
î'ib b«pi nnai *£ gttfcbapi ïienaNbN 2121 ûK-in hîn in rnaaybK rëjsi 
5 ana^b «bi mbab n-nisb N»&n WÀina* mbab n-natb -paan 
miitb ana ^aan t^in mbab mnsrb 6 ^Nm "pnnmb rnbab : i 
^âf-pi^çn *]b nnan» «p rpb N^ao "nn 7 mbab [ana ->ni] htm 
rraoaab i-rb ni© ï-nrra rimne* nab rrb a->D3T in»»'? F>5 
m£-i •;&* r^rssN aâm rriNarba Nina mnarb 9 Na^N gbi r<m 
nbaa 273njn "jn tasnn in Dibs Nnn5N nntx ântn"» "jNa ï-inànî 
riDaa ûnn ^75» nb-ip ypaa np 10 d^dn £*npà$ paas ri&nttNbK 
}k rrùn à V^ Nnnà"»T prbEa» 83*3ssn çw>?b.8 ^d ïîaniaba nâN 
r-ibfiôbN pba in rwà "fan isb sssnaa naaN rïinïa ï-.na-iT tassb 
•ma mtziN rrb la^-iatt baa Snft na>a nbipa ftb; pbaan "jnc 
ï-naa> D^bi Flbsbbà m 53 i^a pbiaam nmriN na aaïttb ïr»b 
ï-rbbN ^an Sa mâibN }» nân ^b* pbraan mna>b« "jtt ïnt«p 1« 
aaan t^în ba ï-pb* San itto im "^arinoNbN -oia rnati ab ï-ia* 
ïnaaba annaa rjaas ijj tnmnN ba j-iujnt in *by nb^rjpps ïrib.j 
ïibNp nb» bir^bN ^ba> t*<ntt^"inn nb a^pnoN ip i»a ^b-i «bibi bi* 

.^bx mna>bN ^d 

« Tu ne prendras pas une femme avec sa sœur, pour l'opprimer, 
pour découvrir sa nudité auprès d'elle pendant la vie de celle-là. » 
Sache que ce verset n'appartient pas à la classe des autres unions illi- 
cites, car il n'est pas dit; « Tu ne découvriras pas la nudité de la sœur 
de ta femme auprès d'elle pendant la vie de celle-ci. » Notre verset re- 
présente plutôt une addition [à ces préceptes]. En effet, les unions 
défendues précédemment dépendent de causes qui ne peuvent jamais 
cesser, comme la parenté et l'inceste, et c'est pourquoi les défenses 
ont leur valeur aussi bien pendant la vie [de la personne en question] 
qu'après sa mort. Mais notre verset n'appartient en aucune façon à 
cette classe de défenses, et c'est pour cette raison qu'il n'est pas dit 

1 Le passage qui est donné ici coinme emprunté au Fadhâlika se retrouve mot 
pour mot, comme nous en avons l'ait la remarque, dans le chap. mentionné supra, 
p. 52, que cite Yeschoua dans son n"P"]3>!7 '0, au § 9 (voir pn, p. 194, 1. 1). C'est 
pourquoi je conjecture que tout le chapitre reproduit par Yeschoua est tiré, non du 
Livre des Préceptes d'Anan, mais de son Gompendium. 

» Ms. "prraN. — 3 Ms. otdnd. — 4 Ma. jpnabattb — 5 Ms. anab. -- 8 Ms. 
if$ ht. — 7 Ms. -nssb. — 8 Ms. nrm — ° Ste. na^N- — 10 Ms. tr^o; - '- 1 Ms. 

•^annNbN. 



188 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

comme pour les autres : lu ne découvriras pas la nudité d'une telle. 
D'après les Rabbins, il est question ici de deux sœurs germaines- 
Mais cette opinion n'est pas juste, car ces femmes sont toujours pa- 
rentes, et pour elles la prescription est absolue : [leur mariage] ne 
peut pas être permis dans un cas et défendu dans un autre. Non 
moins inadmissible est l'opinion de certains Caraïtes qui disent : la 
sœur germaine [de la femme] est défendue dans tous les cas, mais il 
s'agit ici d'une sœur au figuré, c'est-à-dire d'[une femme et de] la 
sœur de sa belle-mère, ou de la sœur de son beau-père (comme nous 
l'avons expliqué au v. 41), de sorte que ce sont ces femmes qui sont 
désignées par les mois : tu ne prendras pas une femme avec sa sœur |. 
Mais cetle opinion est également inexacte, car ils (c'est-à-dire ces 
Caraïtes) posent ce principe : Il est défendu à un homme d'épouser 
ces parentes de sa femme qui sont sur le même rang que ses propres 
parentes défendues*. Or d'après ce principe, il est même interdit 
d'épouser une femme et la fille de sa belle-mère ou la fille de son 
beau-père, donc [une femme et sa] demi-sœur. 

Anan (que Dieu lui soit en aide !) est d'avis que, dans notre verset, 
îimnfi* désigne la fille de la sœur et, d'après son opinion, cette inter- 
prétation résulte de ce qu'il est dit : « avec sa sœur » (ïimnN 5N), et 
non : « et sa sœur » (nmrtfro). Mais nous demandons la justification 
de cette opinion qu'il a donnée, à savoir que les mots ttmriN Vx ont 
nécessairement un autre sens que le sens littéral 3 . En effet, Anan a 
déjà posé précédemment la défense d'épouser la fille de la sœur de la 
femme, comme pendant de la femme de l'oncle maternel, parce qu'il est 
défendu aussi bien à une femme d'épouser le mari de sa tante mater- 
nelle, qu'il est défendu à un homme d'épouser la femme de son oncle 
maternel. Auan dit ce qui suit dans son Livre des Préceptes : Il est 
défendu à une femme d'épouser le mari de la sœur du père, ainsi que 
le frère du père, qu'il soit issu d'une union légitime ou illicite. Il dit» 
de même, dans le Fadhâlika: Il est défendu à une femme d'épouser 
le mari de la sœur du père, ainsi que le mari de la sœur de la mère, 
et les fières consauguins du père, issus d'une union légitime ou 
illicite. De cet exposé résulte déjà la défense d'épouser la fille du 
frère ou de la sœur de la femme, car le mari de la sœur du père est le 
mari de la tante paternelle, et le mari de la sœur de la mère est le 
mari de la tante maternelle. Si donc il est déjà défendu par ces règles 
d'épouser la fille de la sœur de la femme, comment peut-il rapporter 
notre verset à ce cas, puisqu'il est identique [avec la défense] d'épouser 
le mari de la tante maternelle? Il l'a déjà précédemment déclaré dé- 
fendu et pourtant il dit : le mot nmrttt se rapporte à la femme avec la 
fille de sa sœur, de sorte qu'on ne doit pas être marié en même temps 

1 C'est l'opinion de Daniel al-Qouraisi, citée par Yof'et b. Çagîr (chez Pinsker, 
p. 188-18J). 

* C'est précisément la théorie du rikkoub, qui, en s'appuyant sur Gen., u, 24, re- 
garde le mari et la iemme comme un seul corps au point de "vue des lois matrimoniales. 

3 C'est ainsi qu'il faut traduire sans doute nOlOV 



ANAN ET SES ECRITS 189 

avec ces deux femmes, c'est-à-dire qu'on ne doit pas être marié à la 
fois avec une femme el avec sa tante ! 

Anan explique ensuite de la manière suivante les mots : -nasb 
« pour opprimer », nrrn* fnbab « pour découvrir sa nudité : » les 
deux mots sont nécessaires, car ils se complètent l'un l'autre, mbab 
explique davantage le mot Tiafcb, l'oppression dépend du découvrement 
[de la nudité, c'est-à-dire de la cohabitation]'. D'autre part, le mot 
-]-)£b, bien que mbab seul exprime la pensée complète, nous enseigne 
que, si la femme est d'accord pour que le mari épouse en outre sa 
nièce à elie, il peut l'épouser ensuite, car il n'y a plus en ce cas d'op- 
pression ("H£b). Il résulte de cet exposé que, si la femme est d'accord 
pour que le mari épouse sa nièce, il n'est pas défendu d'être marié à 
la fois avec la tante et la nièce. Mais Anan se contredit ici lui-même. 
Car d'abord il met la nièce au nombre des degrés de parenté inter- 
dits, et ensuite il permet de l'épouser dans trois cas : premièrement, 
quand la femme est d'accord pour que le mari épouse sa nièce, ce qui 
est admissible ; deuxièmement, quand il se sépare de la tante, la nièce 
lui est permise, car Anan dit à ce propos aussitôt après : « Mais 
quand il se sépare de sa femme, il peut épouser la fille de sa sœur. » 
Enfin, elle lui est permise après la mort de la tante. Mais, d'après 
Anan, il n'existe pas de degré de parenté interdit qui puisse être 
permis ensuite de n'importe quelle façon 2 ; Anan n'admet donc nulle- 
ment des exceptions à cette règle ; par conséquent, il s'est glissé une 
erreur dans ce qu'il a dit. Ce qui l'a amenée, c'est qu'il a voulu dé- 
montrer que, par suite du mot b« f il faut expliquer notre verset en 
disant : [Tu ne prendras pas] une femme avec la sœur de sa femme. 
Autrement, il aurait déduit cette défense des principes qu'il a posés 
à propos des degrés de parenté interdits, etc 3 . » 

Nous nous écarterions trop du sujet de cette étude, si nous 
voulions parler de lous les détails donnés ici sur la question des 
degrés de parenté interdits, d'autant plus que ce chapitre du 
droit caraïte est un des plus confus et exige des explications dé- 
taillées. Nous nous contenterons de remarquer que les auteurs 
caraïtes, les plus anciens surtout, traitent avec un certain esprit 
critique les opinions d'Anan et ne le ménagent pas outre mesure. 

1 L'oppression consiste donc en ce que le mari, en épousant une autre femme, 
frustre la première des droits prescrits (Ex., xxi, 10). 

* Ce principe était donc posé par Anan au sujet des degrés de parenté interdits, 
et c'est pourquoi il n'autorise pas le lévirat pour des frères germains. C'est contre 
cette opinion que paraissent dirigées les paroles de Ben Ephraïm, que j'ai reproduites 
dans Kaufmann-Gedenkbuch, p. 186. [On remarquera d'ailleurs que dans ce pas- 
sage il faut corriger, 1. 11, ÏTTS^ en îTTÙJy, ainsi que M. Goldziher m'en a fait la 
remarque par lettre; voir ma brochure "mb ?lbnn, Varsovie, 1902, p. 16]. 

3 Yéiet donne encore d'autres explications du verset, en premier lieu celle-ci, 
qu'il est en général défendu d'épouser deux femmes et d'opprimer l'une (voir supra, 
p. 185, note 6), mais j'ai trouvé superflu de citer ici tout le passage. 



JOO REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



VII 



Outre ces deux écrits de législation religieuse, Anan aurait 
composé un ouvrage sur la métempsycose. A la fin du ch. xm 
de la I re section du Kitâb al-anwâr, où Qirqisâni parle des 
doctrines d'Ànan, il est dit 1 : « On raconte aussi de lui (c'est-à- 
dire d'Anan) qu'il croyait à la métempsycose, et qu'il a composé 
un ouvrage sur cette question. Il y a aussi certains de ses dis- 
ciples qui admettent cette doctrine. Nous mentionnerons dans la 
suite les arguments des partisans de la métempsycose et 
du retour à la vie et nous les réfuterons. » Et, en effet, Qirqi- 
sâni consacre à ce sujet les ch. xvn et xvm de la III e section 
de son ouvrage, et il n'est point douteux que la plupart des argu- 
ments en faveur de la métempsycose qu'il y réfute remontent à 
Anan lui-même. Ces arguments sont en partie dogmatiques (à 
savoir que cette croyance seule explique la punition des petits 
enfants innocents) et empruntés probablement aux Motazales ; les 
autres s'appuient, au contraire, sur des textes de l'Écriture. J'ai 
déjà publié ailleurs ces chapitres de Qirqisâni avec les éclaircis- 
sements nécessaires 2 . Je juge donc inutile de les reproduire ici, 
et je renvoie le lecteur aux observations que j'ai déjà présentées. 
Je me contenterai de remarquer encore une fois que Saadia, en 
critiquant les partisans de la métempsycose, qu'il appelle « Juifs 
seulement de nom », visait sans aucun doute Anan et ses succes- 
seurs 8 . Je suppose aussi que l'opinion d'Anan, que Saadia cite 
explicitement comme tirée de ses ouvrages, se trouvait dans le 
traité sur la métempsycose. Anan y soutenait, en s'appuyant sur 

1 Ed. Harkavy, p. 313, 1. 28 : ffijfàn "jO&Wnb&W Vipn l&O fTCN T\ÎV "OTn 

Nin in-n mN'nsN )n &wanp t^ren *rp k:n -pa >J2Nn^ j-pb flft 
s^73-»d «rrb* T-ib&o -p-onb&o ^ONanbsa bap jn bip maison \snbN 

15?2. Des mots J-J33> ^m il faut conclure que Qirqisâni lui-même n'avait pas sous 
les yeux l'ouvrage en question. 

» Semitic studies in memory of Rev. D>\ Kohut, p. 435 sqq. Un aperçu de ces 
deux chapitres est donné aussi par Harkavy, Otsc.herhi, p. 57-58. Il cite un passage 
de Tabari {Annales, III e série, l re partie, p. 129), d'après lequel les partisans de Râ- 
wendi, qui apparurent en 758 (à la même époque environ qu'Anan), croyaient aussi 
à le métempsycose. Il est donc vraisemblable qu'Anan a emprunté à cette secte 
cette singulière croyance. Cela n'empêche pas Salmon b. Yerouham de dénoncer 
les Livres de Ibn al-Râwendi comme maudits et hérétiques; voir Pinsker, p. TD 
et 134. 

1 Voir les paroles de Saadia dans Monatsschr., XXXIX, p. 442, note 1, et Semitic 
studies, p. 438, note 4. 



ANAN ET SES ÉCRITS 19l 

Lév., xvn, 11, que l'âme est formée de sang 1 . Sur la langue 
dans laquelle était écrit cet ouvrage, l'araméen-talmudique ou 
l'arabe, on ne peut naturellement former aucune conjecture. On 
pourrait se décider pour l'arabe, parce que le sujet traité aurait 
difficilement été développé dans l'idiome araméen de cette 
époque. Cependant il est tout à fait invraisemblable qu'on se soit 
déjà servi à cette époque pour des ouvrages littéraires, de la 
langue arabe dans l'école des Gueonim 2 . 

On ne connaît pas d'autres ouvrages d'Anan que ceux qui ont été 
décrits ici. A la vérité, Lutzki cite encore de lui un Commentaire 
du Pentateuque, mais aucun auteur caraïte ancien ne connaît 
cet ouvrage 3 . Il est probable que Lutzki a conclu l'existence de 
ce commentaire de cette circonstance qu'on cite des explications 
données par Anan sur des versets de Pentateuque ; il n'a pas re- 
marqué qu'elles sont naturellement empruntées à ses écrits de lé- 
gislation. Peut-être aussi a-t-il été confirmé dans cette opinion 
par le fait qu'Ibn Ezra, dans la préface de son Commentaire du 
Pentateuque, cite, entre autres, Anan parmi les représentants de 
l'exégèse caraïte *. Quoi qu'il en soit, ce commentaire est une 
invention de Lutzki. 



APPENDICE 



ANAN DANS LA LITTÉRATURE RABBINIQUE. 

J'ai déjà signalé le fait remarquable que les Gueonim ne se sont 
presque pas inquiétés d'abord de l'apparition et du développe- 
ment du schisme caraïte et qu'ils n'ont pas aperçu le danger qui en 

1 'Amanât, III e partie (éd. Laodauer, p. 190, 1. 7) : r»« f<-D p *{73 'ibfcn 

*fjft % !h6%S*irtaflrtW "4 t^îna mu t^a mm "p* *im ym tn 

^btf TZ3D23 fcOrï din N3 ÏTmnbN bip ; en hébreu (éd. Slucki, p. 96) : itDffim 
1-1B02 3DD "llDfiO "TO 5 p* NHl ^1733 Ul 1-^intD 3WTO V2 

'idt rassa ain onn ^d rmnn -173*02 ma "inrjm. 

» Le plus ancien auteur caraïte connu, qui écrive en arabe, est Qirqisâni, con- 
temporain de Saadia. Benjamin al-Nahawendi et Daniel al-Qoumisi écrivent en 
hébreu. 

» Cf. J.Q.M., XIII, p. 342. 

* Voir Appendice, n» 13. 



192 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

résultait pour le judaïsme traditionnel 1 . Daus la littérature desGueo- 
nim avant Saadia, le Caraïsme est presque une quantité négligeable. 
A ce moment, comme plus tard, on parle encore moins du fondateur 
de la secte que de la secte elle-même. Il ne doit donc pas être sans 
intérêt de recueillir ici les quelques données qui se trouvent sur 
Auan dans la littérature rabbinique. Il va de soi qu'un grand 
nombre de textes ont pu m 'échapper. 

1. Le premier renseignement sur Anan est constitué par les pa- 
roles fréquemment citées et disculées du Gaon Natronai lar Hilal de 
Sora (environ 857-867), qui se trouvent dans le Siddour de Amram 
Gaon. Il y est dit 2 : S"th "nm "priai pi'Wm "psTO îbbn r**bg 
toto ©bajatt ain Sfrrn b\a vaN iaa iesd ap-n )yj "H^bm 
Twabm riycn nai -îaT? Tnn« dwtm crinnn bob -iwnïî mariai 
Frona 1UJ231 Dm?:i3 tan y«w sb©» Yflabn ûa>b ipto*« ^éo 
n:3ii ksim rwn n»s:*b bw Swi ?un bta mabn *jpm psyb 
ï-ted mat» ^hsd nms ï*mpiD ibia masnn -do S"t tpbs ^iT^ba 
'toi la ïï3^ mbiann. De ces paroles il résulte que Natronai n'a pas vu 
le Livre des Préceptes d'Anan, mais a entendu ce qu'en disait Elazar 
Allouf, qui vint d'Espagne en Babylonie 3 . Cependant on a vu que Na- 
tronai caractérise fort justement cette œuvre. 

2. Le premier à la fois et le dernier qui écrivit contre Anan un ou- 
vrage spécial de polémique fut Saadia (892-942). A vingt-trois ans, 
alors qu'il était encore en Egypte, il composa, en 915, le Tiba aarD 
■}j^ "»b* c. l'écrit de réfutation contre Anan », qui est entièrement 
perdu. En outre, il combattit dans d'autres ouvrages Anan et ses 
doctrines. J'ai déjà réuni ailleurs le peu qui nous est connu de cet 
ouvrage polémique ainsi que de toutes ses autres controverses 4 . 
J'ai émis l'hypothèse que, comme le titre complet de cet écrit n'est 
donné que par Saadia lui-même, il a dû se perdre de très bonne 
heure. Toutefois il est encore mentionné comme existant dans une 
liste d'ouvrages qui remonte à la fin du xn e siècle et qui vient pro- 
bablement de Bagdad 5 . 

3. Dounasch h. Labrat (vers 960) reprochée Menahemb. Sarouk de 
suivre l'opinion condamnable de l'hérésiarque Anan, en expliquant 
pbn (Lév., i, 15) par « i'abalage » de l'oiseau* : n« "p?^ n^nsi .pbni 
■pay &or; mn ann ■paa'îTi Bp*?i navra *j« ann naTii» "p 3 * *i©an 
•jaa-i ^^wbn hy p^ônuTi "ps» lararon ©an . Ce reproche n'est fondé 
qu'en partie, car l'opinion que ïiprbîa et nEPnp sont identiques pour 

1 Cf. J.Q.B., X, p. 238. 

2 *pfcW Ûltty ai miO, éd. Varsovie, fcl. 38 a. Cf. supra, t. XLIV, p. 165, 
note 6, et p. 181, note 1. 

* Voir sur ce personnage Harkavy, Stud. u. Mittheil., IV, p. 376. Cf. aussi 
7.Q.i2.,XlV, p. 244, 1. 28. 

* J.Q.X., X, p. 241 sqq. 

» Voir tô., XIII, p. ô4, note G9, et ma remarque, ib., p. 32U. Cf. aussi Stein- 
schneider, Kaufmann-Gredenkbuch, p. 149, en bas, et Die arab. Littcratur der Juden 
(1902), p. 51 et 339. 

6 Voir V53V7 rmilûn, éd. Filipowski, p. 75. Cf. aussi Pinsker, p. fDp. 



ANAN ET SES ECRITS 193 

la volaille est à la vérité celle des Caraïtes ; mais Anan soute- 
nait qu'il y avait deux opérations, seulement que pour la volaille 
on employait toujours la np^b» 1 . En tout cas, la défense de Jacob Tarn, 
acceptée par Joseph Kimhi 2 , n'est pas fondée. Rappelons, à ce pro- 
pos, que Dounasch a particulièrement accusé Menahem d'hérésie et 
que, dans ce but, il a, souvent a tort, tiré tout le parti possible des 
moindres indices 3 . 

4. Scherira Gaon (de 968 à 998) dit, dans sa lettre bien connue, en 
parlant de Yehoudaï Gaon : p? pD3 ûwn ^m«ai \ Il ne dit rien de 
plus sur Auan. 

5. Le dernier Gaon qui ait écrit contre Anan est Samuel ben Hofni 
(mort en 4034). Voici ce qu'il dit dans son Commentaire sur Deut., xiv, 
22 5 : oansbai T-mbai ri^sbNi arriba }n -wynhs âaroa "p? aâiai 
bipa bnpi in "jNoaNbN ■*?£ «bn sûym y-iNba yn â-ô^ nïNb Sap 
ï^E nnm *jn riD* yxvz îrb* riTaîb^ t*"*tt ûbjn tô. « D'après Anan, 
on doit donner la dîme même de l'or, de l'argent, du fer et du cuivre, 
car, dit-il, ces métaux viennent aussi de la terre. Mais il a fort sur- 
chargé les gens et émis une assertion sans qu'on sache ce qui l'y a 
forcé. Il aurait dû se garder de [semblables interprétations]. » Qirqi- 
sâni dans son Commentaire sur Lév., xxvn, 32 6 , reproduit cette opi- 
nion sans en indiquer l'auteur, et il la réfute. 

6. C'est au xi e srecle et à l'Orient qu'appartient vraisemblablement 
un Commentaire anonyme de Jérémie, en arabe, dont le ms. se 
trouve à Saint-Pétersbourg et qui a été dernièrement l'objet d'une 
courte notice de Harkavy 7 . Les talrnudistes et Saadia sont sou- 
vent cités dans ce commentaire, et, de plus, certains passages sont 
dirigés contre Anan et Salmon b. Yerouham. L'auteur cite égale- 
ment un ouvrage grammatical de sa composition, intitulé asro 
S)Ka*nottbN. 

7. Yehouda ibn Balâm (fin du xi e siècle), dans son Commentaire de 
la Bible, combat quelquefois les Caraïtes, qu'il appelle « hérétiques » 
(à"iN"DbN) 8 . Sur Ezéch., xviu, 6, il cite l'interprétation que donne 
Anan de ce verset et il la réfute 9 : nwi bSN Yn"», b^N Nb Q-nr-in b« 

1 Cf., pour plus de détails, infra, n° 8 d. 

2 i-fW! '3, p. 45, n° 99. 

* Cf. sur ce point Luzzatto, HlMNil n^H, 17 6sqq. 

4 Dans l'édition Neubauer, p. 37, le mot "p^ manque. Le fils de Scherira, Haï 
Gaon, était, comme on sait, très doux pour les Caraïtes ; voir la réponse de Maïmo- 
nide sur les Caraïtes (û"3Enn rvmtDri V^^p? n ° ï 63 )- 

» Cité par Harkavy, Stud. u. Miltheil., 111, p. 44, note 119. Cf. aussi, supra, 
p. 53, note 1. 

6 Cité xbid. 

7 *pwkï"J> H, 86. Je déduis l'ancienneté du Commentaire de ce fait qu'il n'y est pas 
cité d'auteur plus récent que Salmon. 

8 Voir Harkavy, Ù" , D^" , &3 Û^JS^n, VII, p. 19. 

9 Je dois la copie de ce passage à mon savant ami M. Israelsohn de Moscou, qui 
en a déjà parié dans la Bévue, XXIII, p. 132 (cf. Monatsschr., XLI, p. 212). Le 
passage tout entier (avec quelques variantes peu intéressantes) se trouve aussi en 

T. XLV, n° 90. 13 



10 i REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

■>b«anbN ri^s }* fcaïwto ^ H?à">iB&n "p* :&n t^^n DN3£NbN 
^"bb s^-j^t la "no iaa psn "ipbi pibsbN k^îi }tt tznnb^bi "pb^im 
imab ïtî-p "»pa s-ibba bipa '-annsao maoeo r*wi ^a tambr 
ïÏN'îttbN bann *jn INSENbN ^di bap npb -wjn intûN nN n»un nriN ï-wuj 
Ï-T5N0 p^b*' .Mb N73 t]ba-> ï-ibb» *jn wp "j^a "p lmib !Ï3ob« in 
iM'ïTO bw* "jn rtnfc Sin îtht ^irao ^b* aânb Npn r^irt jkd nb 
Sip^ swai "jN^n r-sba r-rim [mït^j wn banba -nanan ^nn 
■ab S? ïinb* î^bi "mai t**bi ?rmK s^b -hzjn imîts nbbN 
a II ne mangea pas sur les montagnes », cela fait allusion à la jouis- 
sance de sacrifices païens ! . Quelle n'est pas l'erreur d'Anan et de ses 
partisans qui défendent la cohabitation avec des femmes enceintes et 
citent à l'appui ce verset! Abou Sari ben Zita 2 a déjà parlé de cette 
opinion qu'ils professent et l'a rejetée. Il se fonde pour cela sur ce 
que dit l'Écriture (Deut., xxiv, 5) : Qu'il soit libre (l'homme qui vient 
de se marier) pour sa maison pendant un an et qu'il réjouisse la 
femme qu'il a épousée. Or il est possible que la femme devienne 
grosse avant la fin de l'année 3 . Malheur aussi à celui qui croit ici que 
Dieu imposerait une charge qu'il serait impossible de supporter ! Si 
leur opinion était exacte, il faudrait que tout homme qui cohabite 
pour la première fois avec sa femme, s'éloigne d'elle et ne revienne 
à elle que lorsqu'il y a certitude qu'elle n'est pas enceinte. Mais tout 
cela n'est que verbiage 4 et invention et c'est à quoi s'appliquent les 
paroles de Dieu (Jér., xix, 5) : Je n'ai pas commandé cette chose, je 
n'en ai point parlé et je n'y ai jamais pensé 3 . » 

8. Le Manuscrit de la Bodléienne Héàr. f. 18, fol. 1-33 «, contient 
un petit ouvrage singulier, écrit en arabe , et dirigé contre les Ca- 
raïtes. Le commencement manque, mais la fin est ainsi conçue : ntt^a 
mitt^T tPDbtf rwa-iN nsu) biba rrva ^na ai" 1 "he mtsa rtïn nson 
'ian ïrv^b rjjia D^aun tzrnun ma» « Cet ouvrage a été terminé 
avec l'aide du Tout- Puissant le 1 er Elloul 4872 de la création, etc. ». 
Gela ferait le 25 août 1112. Mais si cette date ne se rapportait qu'à la 
copie, l'ouvrage serait encore plus ancien. J'ai déjà publié quelques 
passages de cet ouvrage 5 , l'un entre aulres où est exposé ce qui 
suit : Les Caraïtes affirment qu'ils n'ont tous qu'une loi écrite, qui 

marge d'un ms. d'Oxford (Cat. Neub. 316), d'où Neubauer l'a publié (Notice sur la 
lexkogr. hébr., p. 184-185). Mais il y est dit, au début, b"T ni«â p b«p, et 
comme rien de semblable ne se trouve dans les ouvrages connus d'ibn Djanâh, Neu- 
bauer croyait que ce passage se trouvait peut-être dans un ouvrage perdu de cet 
auteur, ""plttînbN atfrû. Mais ainsi qalsraelsohn l'a prouvé, l. c, le glossateur du 
ms. d'Oxford a pu simplement tirer ces mots d'ibn Balâm. 

1 Cf. Kimhi, ad l. De même dans le ^^yïl '0 de Jacob b. Ruben, ad l. : bfc* 

ta'nhri Mien bj> D^nar» m -kzjn ûTiam b* aw>, bae* «b Érnitn 
orne* -ibaem. 

2 Voir sur ce Garaïte, Monatsschr., I. c, p. 203 sqq. 

3 Et pourtant il doit rester auprès d'elle une année entière et la « réjouir ». 

w lbn Balâm emploie souvent l'expression 1&mh enni, quand il repousse un« 
opinion étrangère, cf. Fuchs, Stud. ilber ibn BaVâm, I, p. 28-29. 
8 J.Q.R., VIII, p. 700. 



i 



ANAN ET SES ECRITS 195 

est leur canon, et qu'ils rejettent pour cette raison toute interpréta- 
tion orale, basée sur la tradition. Cependant ils professent différentes 
théories contradictoires et il en est ainsi depuis Anan jusqu'à Ben- 
jamin al-Nahawendi, jusqu'à Mâlik al-Ramli l , et ainsi de suite jus- 
qu'à Abou Hâtim al-Rahbi 2 et Israël b. Daniel al-Ramli (contempo- 
rains de l'auteur). 

Plus intéressant est un passage détaillé sur Auan, où il dit que 
celui-ci a contredit le plus souvent les rabbins et qu'il a quelquefois 
été d'accord avec eux. Parmi ses successeurs les uns le contredisent 
sur cinq points, les autres le suivent ; il n'est donc pas une autorité 
reconnue par tous lesCaraïtes. Ces cinq points commencent tous par 
un 73 ; ce sont : Impureté contractée par le contact d'un cadavre 
(D73), circoncision (nb'va), lois concernant les fêtes (*13H3Q), énuquage 
des oiseaux (np">b72) et prescriptions touchant les lépreux (aniitE)*. 
L'auteur expose ensuite successivement chacun de ces points. 

a) n?2. Anan enseignait, à l'exemple des rabbins, que pendant 
la dispersion l'impureté par le contact d'un cadavre n'a aucun 
effet. Nous savons par Qirqisâni, IX e section, ch. x, qu'Anan a en- 
seigné cette théorie en se fondant sur une analogie des mots* : N72ND 
r<b"bn rtbyâi (miû mn ^by -w) asabN t^in *b$ bttny» ir-^ND *p* 
aaroba }n bap wn ^jbni "îir^btf t^fi ^ ntt N?rj aspos ^b? 
nanattt sua bsb rrnnn pnt Sapi mmhj nb-irb fninfi nst b^p 
■pncnpbN n3N3 t^73bs bsp briNn nw ■o û^n ïmnfi pnt bspn 
vib* n7û t^73U 1N5 rrbarèbN ">s ïïupND rmnn nw t**m& by ^nbi* 
■jba t*^N apND r-^i- brift rrs b^p- Qirqisâni, avec d'autres Ga- 
raïtes, contredit cette opinion. 

b) rthya. Anan enseignait que la circoncision doit se faire avec 
des ciseaux et il s'appuyait sur Jos., v, 2, d'où il résulte qu'il faut 
se servir d'un instrument consistant en deux lames posées l'une 
sur l'autre, c'est-à-dire des ciseaux. Mais son opinion n'a été suivie 
que par un petit nombre de partisans. Anan dit, en effet, dans son 
livre des Préceptes 5 : ■nw a "mit *wtïi "O yirb ^nsh Tnn mmrt 
'"D"i "nsiû b-«p© nywfti "nanfi b3>, et presque tous les auteurs ca- 
raïtes le contredisent 6 . 

1 Sur ce sectaire, voir Qirqisâni, p. 285, l. 1 3, et p. 315, 1. 22. Harkavy a trouvé sur 
lui des renseignements inédits, qu'il a publiés dans le Woskhod, janvier 1900, p. 79-80. 

* Le texte dit : "aïTibN Ûntfn "ON ">biS, et le dernier mot doit être corrigé en 
^ambfc* et non en "Oïl^btf, comme je l'ai cru d'abord ; voir Steinschneider, J.Q.B., 
XI, p. 61t. 

3 L'auteur semble n'avoir mentionné que ces cinq points, parce qu'ils commencent 
tous par un 73, mais il va de soi qu'il savait que les divergences entre Anan et ses 
disciples étaient infiniment plus nombreuses. 

4 Voir Steinschneider- Festschrift, p. 208. Cf. aussi I re section, ch. xm (p. 313, 
1.19) ^bN IXlbs >tl~ -»B nttbN )12 HTTjbN 0|3* *&) UpONT Cf. aussi 
notes 5-6 infra, p. 197. 

5 Publié dans Otscherki, p. 45, note 6. 

6 Sur ce point, cf. encore Qirqisâni, l. c, 1. 1 ; Eschkol, Alphab. 301 y ; Gran Eden, 
îlbi» l^y, ch. iv (fol. 162 b) ; Adéreth, nb^fi 110, ch. iv. 



196 REVUE DES ETUDES JUIVES 

c) nana. Comme on sait, et ainsi que nous l'avons exposé très en 

détail au § V, C, Anan enseignait que, lorsque le 15 Nissan tombait 

un samedi, on remettait le sacrifice pascal à un autre jour. Le même 

cas se présente aussi pour la circoncision. Quand le huitième jour 

après la naissance d'un enfant tombe un samedi, la circoncision se 

fait après le coucher du soleil, cest-à-dire à l'issue du sabbat, afin 

que la circoncision seule, mais non toutes les cérémonies accessoires, 

soit terminée le samedi. C'est ce que dit Anan dans son Livre des 

Préceptes 1 : natta rrb pibrïïa »b natta ïiVw watt av wn» iai 

ta-pan DnNïi avoi inbn* *ntta bw larattn aval s-rraa ainsi 

nawan ma "par? tamN ïtoji 'ai t=r-nn vitt nb np-» vatttj 

■»ï»»ttn ta-pai na avpi î-ibia» (i. t^oïiïi na) étjto aa [nbn* inam] 

t»ô ^">»ttn taran îna a*nan rtna t|N natta ïib ïa^poa r<b 

in PPT i-ib^an ■a'vatt tav *anna Ta t^b*»» ...natta i-nb *pbna 

£*<ttatt «anan -ina Frb ïa^biia natta » brun S-ib^ai ">tta> *jn tam 

'ian t**naîi *"^sa*7 ■>ap73 nattT. Mais, ici encore, presque tous les 

Caraïtes rejettent l'opinion d'Anan 3 . 

d) !"!p n ba. D'après Anan, cette opération de l'énuquage, qui doit se 
faire, non avec l'ongle, comme l'enseignent les rabbins, mais avec 
un couteau, est de rigueur pour tous les oiseaux, et non pas seule- 
ment pour ceux qui sont offerts en sacrifice 4 . Mais, ici également, les 
opinions des Caraïtes divergent beaucoup. Benjamin ai-Nahwendi 
croyait, par exemple, que la np"»b73 n'a lieu que pour les sacrifices 
et que dans les autres cas on peut employer aussi bien ï^p^ba que 
ïlETitt 5 . D'après Daniel al-Qournisi, la np^ba ne serait que pour les 
sacrifices et elle consistait en ce\ue le prêtre, après avoir égorgé 

1 Publié dans le Woskhod, févr. 1898, p. 17, note 1. A la fin de ce passage, Anan 
parle du D^a^a*!! *pa,qui appartient aux deux jours (voir supra, p. 177). Si donc 
la circoncision se t'ait au crépuscule, elle est encore terminée pendant le huitième jour 
et tous les accessoires peuvent être laits régulièrement le dimanche. 

2 Chose curieuse, Anan a prescrit de ne circoncire un adulte que le 1 1 du mois, 

voir Qirqisâni, i, 13 (p. 313, i. 5) : *mn dv» ''a abaaba i-ïaana (pa> \s; aiian 

"HÏIttbN D6PN "TWO ï*n "lïlttbN *>D ntt3>. N'aurait-il pas eu comme un 
vague souvenir de la Mischna Sabbat, xix, 5 (où toutefois le plus grand nombre 
est 12) ? 

3 Tels Yéfet dans son Commentaire manuscrit sur Gen , xvn, 12; Lévi b. Yéfet 
(chez Pinsker, 90); Hadassi, Alphab. 147 73 et 301 jr ; Qan Eden, natt "pa*, 
ch. xvi (fol. 33d); Adereth, natt "pa*, eh. v. Cf. aussi Geiger, Z.D.M.G-, XX, 
p. 529 (= Nachg. Schriften, 111,285). 

* Voir Gan Eden, ïiainO "paa>, ch. xn (fol. 90a) : . . .ï"Tp">ba!"! "pS^a... 

■o naia* a>"a pa? 'i nan épïi nnwxn nann ...û ,, Nnpn ^aan ipbna 

[? ban baN] ttnpan "ja yin pan ttnpaa i-ne^ritt i-ia "pa bnan pN 

'iai np^baa NI™. Dj même Adéreth, ÏIEPTltt p33>, ch. vi. C'est à cela que 
songe Schahrastâni, l. c, quand il dit en parlant des Ananiya : TnbiK "JN *pna"P1 
NDpbN 132. 

5 Qirqisâni, I, 14 (p. 514, 1. 15): f-RCTl "JN ("pa^à "»«) ^-"P "JNa ^bîai 
fitiPTOà op" , b?ûb^"l MaTlttbNa "PïabN, de même éan Eden, l. c. (passage d'après 
lequel il faut rectifier Adéreth, l. c). 



ANAN ET SES ÉCRITS 197 

l'oiseau, lui ôtait de plus la tête par derrière 1 . D'autres croyaient 
que la îlp^bfc et la rîU^ntfJ sont synonymes. Mais la plupart des Ca- 
raïtes soutiennent que la 1 re opération est prescrite pour les offrandes 
et la seconde pour les autres cas. Saadia combat précisément les 
théories d'Anan sur ce sujet \ 

e) am^E. Ici encore, Anan suivait les rabbins et enseignait que 
les prescriptions au sujet des lépreux ne sont pas en vigueur main- 
tenant. En effet, comme on ne peut pas exécuter suffisamment le 
commandement de Lév., xni, 12, le lépreux ne peut être déclaré ni 
pur ni impur. Pour ce cas aussi, certains Caraïtes sont d'accord avec 
Anan, d'autres en désacord 3 . 

Voici maintenant le texte même du manuscrit : 

Ntt&o yyi ^a * Wrsbfim tto *a ir^aaibs nbNâ ?-T3Na \w mïïni 
)12 tarrstti ^wn ù *t par [foi. 1 v\ rpNâ )n tawas 'paparrfabN 
rtp^bé ianÊ ïib^M nâ "»sti pne"»» îî M^nENban Mtt&2a ^a nsbai 
r-ittb t-ifcrcnu *pN nrwmb» bip ib* bNp ri3N *jbi mun amsÊ 
6 ia au "riy rrî-p N73-J y pnî Mb nia ^ ^a bNp ip s îwinbN ï» 
*jbi ia>a ipnnaN an ^b^ "b* "P^^ nnpaNBE T33> tzsn ï-nsbaâa 
âba ïiboTabNi tanbipa» abatti dîT»i riNbnâNi ûîrainK 7 mpb 
•jn 'jbî ^a ïinàrn ypfca fr^ba ni" 1 Mb IN 1«nSb8 ^a )iy bNp nb^ 
■paantt "j^^aoa- MbN nip Mb iNnâba* in pi 'is mann Y 5 nias» 
ejk 173 HiNn 'pacoo D'mi mann "jn ^a nSa-* abi yp^ba im 
anna^ in mby Snoi 8 ïwà* r-r^N Nm "jra>b nain ms a^an 
rra^o [foi. 2 a] t^bi ïiDNboN ^a NpaNS mai ab N7û îisâi irrana 
jnabfiôi ^bi ^a pa» taîixara ^nbnd ("• > ) i-naiia. Mtan M7373 ■»« 15 
iî m* 1 naa 3>pi min in fa* bNp lan» àba nbaabNT tarnnaN 
Sav ^bN i-rpâNn aim ma naabN mi bm ûb naob» av ^a (i. îcâl 
ib« naabN taii nbi73b« rï3Nnâ ^-paan 13 Snp "{biai inNbN 
ftboabRi mbNi 1*3 Dirom nabsô "jïï am?aa naabN iïnh a*>np 

1 Qirqisâni, I, 18 (p. 316, 1. 27) : p'-;ft*\ aNnabN bip *JN (btfiSI i») tWII 
rïn^aibN l^a 3Tpi ba*a 1Ï1 lUÎNI nN. Voir aussi le Dictionnaire de David b. 
Abraham al-Fàsi, s. v. b)3 (chez Pinsker, p. Tap). 

2 Voir Pinsker, p. 73. Cf. aussi Wresch'ner, Samarit. Traditionen, p. 47 sqq. 

3 Par exemple, Daniel al Qumisi, l. c, 1. 24 : *— !£3>bN N^in "^S N73Û3bN aàlNI 
VnaNbN \12- Cf. aussi Ga« i?^e«, fol. 119 a. 

v Ms. ûnebM. 

» C'est-à-dire FlTfi l72Ta nTab r7N73"ip ^N. 

6 Nombr., xix, 13 ; et comme on ne peut pas pratiquer suffisamment celte pres- 
cription, les impuretés qui en dépendent ne peuverrt pas avoir de valeur. Voir aussi 
les paroles de Lévi b. Yéf'et (chez Pinsker, p. tb) : Nb"i3 Û!"pby a^firp *jaT 

ntt nN^iaa ù^xn art ^a ^a?3 n"t> ]w ni bar arna b»n©^ 173 N73^^, 

et Qan Eden, fol. 127 a : ni "b^a ûm mbaa n73 nN73U I^NlZJ Û-"1731N DÏ173 ... 
&NT "I73NU: 173a ÎTlDr; IDNa Ï-T^lbn n73 tsl^M mnUlB * 1 3DT3 3>"3 133T 

^hdn ^""Ta i>3Tai in^ Mb ^3i3n avai "^biott ava N-jnn"> Mb 
'iai ni2 nN73a rr^nn tn maïi. 

7 Ms. nip. 

. » Ms. !l73^3r. 



198 REVUE DES ETUDES JUIVES 

rmnbN 'ipb M&pb« 173 sa&tânbN *pB hdt "p* Sap rtp^bfc iba 
s-nwi roso ' irnèMia )n \snbM tsnnC?) onnBN t^»3Ni ïb-i* biTatt 
•pra "pn ^d nawasB s-p£p ona s^ips TrabnbN ^b 'Eianba *pa 
ms "p? bap rmai» rtbs ïnboabNi oni:>a r-isb^âi fwfinpbK 
•rç^ n&n?a bDb rmnba bip bsa ^by psmb» 173 ta^anba bipa 
KmiTB3 Nbi [fol. 2fl] Knmaa o^b irt3b« r«*nûai &h n*-iat ban pan 
: ï-iNsy V3 cri372i t^nn raiatf ï» p\snpbN 173s 

9) Le Mahzor Vitry contient aussi, on le sait, un commentaire des 
Pirkè Abot, sur lequel on a déjà beaucoup écrit. Ce commentaire 
est une compilation et a été écrit dans l'entourage de l'école de 
Raschi, dans le nord de la France, dans la première moitié du 
xn e siècle 2 . Le peu qui s'y rapporte au Caraïsme et à son fondateur 
se trouve sur 1, 3 3 : ï-jï *\yi ^pntti, ons bapb s^bft n^73 by t<bN... 
to^ttbn ^3U) rasb jpâOT rma t^n-n-iaa umB73*7a ywm i-ips 
\jxûb î~t731N "nDrrçi fânb laôrn lima *p "WûiBttïan Dirr*m pviat 
■oi p*m ban caïman bau: ^B73 o^an "nai m* an^œb ^b© 
m^73ïi b? "naia bans i^n fcaN rmb b732i p->nb w ûik i-nab 
135> ijaan tarp-n^b naia "para bisa^ûaN ^-i:mN pra ton omaoa 
tonb anai -i573J> ^at^fi ^a» fca^pfcbnn 173 ihn -nan i73u: ap-p 
D^t3Bttî73i o^anu «b trpn b»* ana73i *pT^ p? "pa ppn rrnn ^bo 
'iai pointai ppm i^jabri -i^-ip3 tD73Uî [ban] tam wr ba. 
Ce passage semble signifier qu'Anan a vécu au temps de Sadoc et 
de Boethos ! 

10. Moïse ïbn Ezra (vers 4 070-1139) combat souvent Anan dans ses 
écrits. Il dit dans sa Poétique rnaarijabNi rnasamiabN aana (Ms. 
Bodl., fol. 108) * : TO73T oaopbN ■« xwip ONab» uba np ix tzibam,. 
■n tpi ...nrerw py iapo N3m 3^6niz3b« ^b rtrropba ïiauibN nbai 
"jbN ttB^bfinn p Tn^ ^ D bawo an omba* « Sache que les gens ont 
jadis erré au sujet [de l'emploi] de l'analogie et qu'il en est résulté 
des doutes fâcheux touchant les commandements. C'est dans cette 
erreur que tombèrent aussi Anan et ses partisans... Saadia les a 
déjà réfutés dans quelques-uns de ses écrits. » Il cite de même Anan 
dans son écrit Oittian mna», dont Harkavy a récemment trouvé des 
fragments de l'original arabe sous le titre : ^s np-nnbN ïïbNp73 
nppnbfin ttÙ73bN 5 . Il y est dit, entre autres choses 6 : mpb iS73 3>m M . 
'-M arrâ i-rb yban p f-i^Ni N73 tans^bsin \n n^bNMi t3nD73 

1 Ms. rt^iWtt. 

4 Voir, en dernier lieu, Berliner, Einleit. %um Machs. Vitry, p. 184 sqq. ; Taylor, 
An Appendix to Sayings of the Jewish Fathers, p. 21-24. Le commentaire serait basé 
sur celui de Jacob b. Simson (voir sur lui Epstein, Revue, XXXV, p. 240 sqq. ; 
cf. ib., p. 312). 

3 Ed. Hurwitz, p. 466; variantes dans pn^"» "0315, XXVIII, 18, et chez Ber- 
liner, p. 188. Cf. aussi Rosin, D"ai22*l, p. xvn, note 1. 

k Cité par Steinschneider, Cat. Bodl., 2166. Cf. J.Q.R., X, p. 244, note 1 et 
supra, p. 57, n° 1. 

5 Citations de l'original arabe dans la Monatsschrift, XL1II, p. 133-136. 

* Ce passage est publié en arabe dans les notes sur la traduction russe du VI e vo- 
lume de Graetz, p. c, et traduit en hébreu, dans Û^U)^ 03 Û^TZJ'iri, VII, p. 33. 



AN AN ET SES ÉCRITS 199 

rrby ûrr ara *h? npsntt *pa rip-inDtt ns'ÔD rfiavi nNiNpnyND 
tarrtàN bainabN p&nns&o r^nabK rnnion V 3 anfinrabat nn^N ^d 
î^d W1 b^ lajian ban KrrmNa iiosn bip"" rnfi *p3> ûrrâ^ ^m 
^■«ny -i&Dtt "O dïw b^p 1733 uns man ib« xïinaabK "«a hmaq? 
ÎTW 1 ^pïibtf "Pfï, c'esl-a-dire que, tout eu ayaut rencontré quel- 
ques-uns des hérétiques et étudié leurs ouvrages, ii n'a trouvé 
chez aucun d'eux une opinion claire et exempte d'erreurs. 
Même leurs opinions sur l'obéissance et la désobéissance à Dieu 
sont fausses et contradictoires, de même que leurs avis sont par- 
tagés sur la plupart des lois. C'est une conséquence de leur fidèle 
attachement au principe d'Anan : « Éludiez l'Écriture et ne vous 
rapportez pas à mon opinion l », et c'est pourquoi on peut leur ap- 
pliquer ces mots : « Tes dieux, ô Juda, sont aussi nombreux que tes 
villes ! » (Jér., ir, 28). 

11. Yehouda Halévi (vers 1085-1145) s'est imposé, comme on sait, 
dans son Kouzari, le devoir de défendre la tradition contre les Ca- 
raïtes, et c'est le sujet qu'il traite dans la III e partie, §22 et suiv. Le 
roi des Khazares commence par déclarer que les opinions des Ca- 
raïtes lui ont semblé plus vraisemblables, parce qu'elles sont plus 
conformes à la lettre de l'Écriture, mais le Haber le ramène entière- 
ment à la tradition. Au § 38 le roi avoue déjà que les Caraïtes, eu 
rejetant la tradition, suivent nécessairement chacun une autre doc- 
trine. S'ils tombent d'accord sur une loi quelconque, c'est qu'ils l'ont 
reçue par tradition et l'on peut leur demander logiquement : Gom- 
ment vous en tenez-vous justement à cette explication, puisque la 
raison, à laquelle vous vous en remettez uniquement, permet encore 
d'autres- explications? S'ils disent : C'était l'enseignement d'Anan, 
ou de Benjamin al-Nahawendi, ou de Saùl, fils d'Anan, nous aimons 
mieux suivre la tradition de ceux qui sont plus anciens qu'eux, à 
savoir les sages du Talmud, qui d'ailleurs sont en majorité, etc. Les 
derniers mots sont dans l'original 2 : j^o r^i^ïi }« J^ibap Ind ... 
173b "pbpnba rwn ûnnttîb ûïttu in ^inu) in fwan in ï 3 * ipny 
•jba trttDfiba ^a -rbpnbio tjini tznpa in. 

12. Abraham ibn Daud nous a conservé, dans sa Chronique, nso 
rrbnpn (composée en 1161), les plus précieux renseignements sur 
Anan et son apparition. On sait que la Chronique tout entière a été 
écrite dans le but d'établir contre les Caraïtes que la chaîne de la 
tradition est ininterrompue, et c'est pourquoi Abraham ibn Daud y 
parle souvent des hérétiques (d^a). Le principal passage, dont il a 
été question plus haut, est le suivant 3 : (wirr 'n Wd) "P^m ... 
ddn Tttbm mn m mara m "pyi npn^ d^ioi dia *,aa b-iNun py mrr 

1 Harkavy suppose que Moïse ibn Ezra a connu ces paroles d'Anan par le Com- 
mentaire de Yéfet sur Zach., v, 8 ; voir supra, t. XLIV, p. 180. 
1 Ed. Hirscht'eld, p. 186. Voir supra, t. XLIV, p. 183, note 4. 
3 Ed. Neubauer, p. 63. Voir supra, t. XLIV, p. 167, note 1, et p. 169, note 6. 



200 REVUE DES ETUDES JUIVES 

ab dsi pN3b y^i **b m ^d?:i Sid^d y^attî ia -i-rai-n ftbfina !W 
nmmD r^r-jn i-ifittp *5S7ai mba ©ah *—■ pnb tartan 173 irtv^o 
nbap 23*73 Sama- n« t-ponyï rmnb n?33>i "pa-pta ï-rb^rs naba 
rtiûJai HT ^naoa uniott 173a aa^vaa û^r? ^73 a^asn ^73 aa^an 
tamaa nnn Nim û^oeitûH S«'ri»ï3 Tibab "pi ma ^a b? «17373 pï 
w «b ta^a^i a^arj s-<b a*pin iab73 mai ipiTjabn twïti 
13» (tzj-»3^7an ibnb*ra n"3ï eaipiWi -ibibirû man pin nriN -o pâ 
DpTm py TOaND. Ailleurs, il dit 1 : dT* ^73 fca^373N3 a^3> taba «. 
ta^-^a nb«i tibia inia-npî-ï nb»btDi r-ibapn t-ïpaa r<ibia ta^373N3 
ap-n tarerai au: 13a bnatûi awin 133» vynw p Nitn73 ï-in» ■p» 
aiuî t^ba nnbap bsn vby ipbm îvi b"p-i3ZT ^n^ an bia *p-n73bn 
i3N *p ixnb pbia-i d3\ni ana ïwrna ï-!N3prî ^3273 «b« abijpa swo 
ûab73 D^Tia arra t^b« ûwan idei mbs ^dt:t ^3nbD ^73 û^baiptt 
'iai tairrnBaw ipmF taaamaa SanOTa. Eq outre, il cite encore 
Anan à deux reprises et chaque fois avec Qirqisâni. Dans le premier 
passage ', il parle du prodige dont Dieu gratifia Israël par l'entre- 
mise de Simon le Juste au sujet d'Alexandre le Grand et à ce propos 
il remarque triomphalement : -<3NDpnpb Nbi "p3>b ab p !"HZ)3»3 r<b 
m3" , 73n ixûin «Il n'arriva rien de semblable ni à Anan ni à Qirqi- 
sâni.» Dans l'autre passage 3 , il parle de l'autorité dont jouissait 
R. Gamliel I auprès de tout Israël tant au dedans qu'au dehors de 
la Palestine, et il ajoute en se raillant :"p3>33Uî3 vn &*b i3KOpnpbb ibfcn 
I33»b «bi p. 

13. Abraham ïbn Ezra (1092-1167) utilise, comme on sait, assez sou- 
vent les exégètes caraïtes dans son Commentaire de la Bible * et il 
cite aussi Auan. C'est ainsi qu'il le mentionne dans la préface du 
commentaire sur le Pentateuque, avec Benjamin al-Nahawendi, Ben 
Maschiah et Yescnoua, comme étant les représentants de l'exégèse 
caraïte 5 : ba pi mniûi mia73 pi p73^ai p3>a a^piisn ^-n rwi 
'nai ymw Nb mn ipw» "nana "-noa p» bai «TDTan . Voici 
encore son explication d'Ex., xxxiv, 19 6 : ûnia T»xpai ta"nna tairai 
j-ria^n aa^73 by rit ^a p^a> -,731a rrrw p? n73N aansn ^n npy 
ln:73a t^bn ttî^nnïi na^n *na ^a 13173N aa« *o maia nnoan î^sbi 
îcnrp ITfcp. Mais il mentionne, en outre, des interprétations d'Anan 
d'une façon anonyme. Ainsi sur Ex., xxm, 19 (dans les deux recen- 
sions) : 1373 mî373 -«"13 tD ruPïtt non tien, explication qui est men- 
tionné par Qirqisâni, IV e section, chap. xxn (ms. Br. Mus. or. 2479, 



1 Ed. Neubauer, p. 78. 
» lb., p. 51. 

3 lb., p. 54. 

4 Sur sa position vis-à-vis de l'exégèse caraïte, voir Bâcher, Abr. ibn Esra's Ein- 
leit. zu. s. P entât. -Comm., p. 40 sqq. 

* Sur les mutilations de ces passages dans les éditions, v. Bâcher, o. c, p. 42, note 1 . 

6 De même dans la préface de la large recension du commentaire du Pentat. (éd. 
Friedlânder, p. 2). Ou trouvera une explication des paroles d'Ibn Ezra dans l'ou- 
vrage Û"»73an D3173N de Abraham Hayyim Viterbo de Venise (imprimé dans Q3TJ 
Û^pï d'Eliézer Aschkenasi, fol. 37*). 



ANAN ET SES ECRITS 201 

fol. 58 a) comme étant d'Anan : nanabi* bip *s mb&ùba D&n ai-ri npi 
•jn in-in naa nm bvi»nb«i pNabN ^ba i?3N abrta ■»*« Siaan t<b 
ï-ibba r-na ">bs s^na ih&n is —m 1» nababa S\nin nain t<b 
"ÎpH ynab» is r<7323 aban to àisn vn Nna^n ^5i « Le chef de 
l'exil (c'est-à-dire Anan) a interprété le verset de l'Ex., xxiii, 19, au 
figuré, c'est-à-dire qu'il est ordonné ici : tu ne dois pas négliger 
d'apporter les commencements des prémices dans la maison de Dieu, 
mais tu ne les y apporteras pas avant qu'elles n'aient entièrement 
mûri daus la terre, etc.- 1 ». Puis sur Lév., xi, 19 : "n73tf "nD'OVirt 
'■DT nbiaa-inïi s^îTB b^pYlSÎT ; c'est aussi l'opinion d'Anan d'après 
Jacob b. Rnben * : l'ïtfD xzn "a 1?7ab nbias-inn dn -ion K"""P )iy 'ni 
ma^an f»m "O nb îtOTTHSl Nns^am rwanfi* "pttïba. C'est peut-être 
encore le cas pour d'autres passages. 

4 4. Samuel ibn Djârnï florissait dans l'Afrique du Nord dans la se- 
coude moitié du xu° siècle, et il était l'ami d'Ibn Ezra. Nous avons 
vu plus haut 3 qu'il parle des Caraïtes avec une certaine animosité 
dans ses Règles de l'abatage, écrites en arabe. Dans la préface de ses 
Additions à l'Aroukh, il fait également allusion à Auan 4 : Ûipai... 
ittp ...*un ^fcbn ^yo owwai pi-iss û^ujyn [ta^iNïi] mast ia«5 
•..maria» ûn« la-ia^i r^'mbD ^brm î-n«i ^abin ta^ai-rp ^a ta-wb 
main DïTnn» t^arr imnp bsnan *pa» n;iz5m ...«a nn n;biï"i nn 
maba mbbim an *oam û^-173 ma ba* Dp Nin fcaaa a^ian û^3n 
'iai ta^ïibK 13a nbnsi apan pbn r-rbaa Nb ...ûib^oatt. 

15. J/o'/se #. Hasdaï Takou (1 re moitié du xin e siècle) 6 a eu sous les 
yeux des ouvrages caraïtes et, dans son û^Tan ana, il donne sur Anan 
des renseignements curieux, qui ne sout pas autrement connus. 
C'est ainsi qu'il dit en un endroit 6 : *py ^a I3\man73 iaa>fciû naan 
a"nan a>p-ipa to^jaicai npiai mr» "nan 'pâma -pn mam *p:»ri 
'iai tmmpïi aansoa T3N^?a *p taanTaito dm» •persi» tït 
D'autre part, il dit ailleurs 7 : paron naia un t]£p 13b iaybrr... 
tPN-ipn 1373^ ^aai û"v?ot s-i-vinn mata "ptaiy niaa iid^ irnabn 
Caviontt tan^an it ba> ns ba>aia mina -naab "pana ta^abinn 
■jm ^73 nais rr*rrcj V 72 " "P* /û^fiMflïafi an^am naiaco biNiBi pa> 
tan DTia vm anna nrina ïtïti 13-jaa b&nï^ ">»an ba Tmo 



1 Pour plus de détails, sur la*littérature du sujet, voir Monatsschrift , XLI, p. 208. 
* Chez Pinsker, p. 84. 

3 Voir supra, p. 170, note 3. 

4 Ed. Buber (dans le vol. du Jubilé de Graetz, ^aï m£33?)j P- 13. Cf. aussi 
Pinsker, p. a* 1 et 155. 

5 Voir sur cet auteur, entre autres, Zunz, Liltcralurçcsch. d. synag. Pocsie, 315; 
Graetz, Geschichtc, VU, 2 e éd., p. 168 ; Kirchhei:n dans l'Introd. du Û^ûn arO, édité 
par lui daus le n^m natlN, UI, p. 54 sqq. ; Geiger, Jûd. Zeitschr., Il, p. 58 ; KauC- 
mann, Monatsschr., XXXI, 410, etc. Je ne crois guère que ipn désigne « Tachau » 
en Bohême. En tout cas, l'ouvrage singulier de Takou mérite qu'on l'étudié encore 
plus à tond et qu'on en recherche les sources. 

6 -173713 -ÎSCIN, III, 62. 

7 lb. t p. 64. 



202 REVUE DES ETUDES JUIVES 

'■on frO!-n. Harkavy 1 remarque à ce propos : Si non e vero, e bene 
trovatoi 

16. Menahem Méïri de Perpignan (mort en 1306') a fait précéder 
son Gomment, du Traité Abot d'un abrégé de l'Histoire de la tradi- 
tion juive. Sur la période des Gueonim Mari ha-Kohen et Çémah, il 
dit, entre autres choses 3 : p? nbiya ta^a "^ïzj iNir torwai 
aia* "na nain i*esïti iitobntt ^waa ta^DO "i-nm [i. biNiûi) banttizn 
«bi biwa t-p (i. b-iwai) bs-iEtai ^b-n py r-ibai dmyj na"iniD i* 
ttb*\ Cette paraphrase du verset de Job, vu, 9, est encore aujour- 
d'hui dans la bouche du peuple et elle est ordinairement attribuée à 
Abraham ibn Ezra, bien qu'elle ne se trouve pas chez cet auteur. 

47. Isaao de Lattes a composé, en 4 312, un Abrégé semblable à celui 
de Meïri, qu'il a copié presque textuellement. Cet Abrégé, intitulé 
■JT^fc ihyùJ \ a été édité deux fois : par Gross (dans aia nïiN, 1877, 
p. 054 sqq.) et par Buber (Jaroslau, 1885). On y retrouve le rensei- 
gnement sur Anan et Saùl, textuellement comme dans Meïri 5 . 

18. Joseph ibn Çaddik d'Arevalo, en Espagne, a donné à la fin de son 
pi*iat "Oî, au 50 G chap., une courte Chronique qui va de la création 
du monde à l'année 1467 ; il y a fortement utilisé Abraham ibn Daud. 
Il lui a emprunté ce que celui-ci avait dit d'Anan, mais en y ajoutant 
de son chef l'année 760 comme date de son apparition, par caprice 
ou par suite d'une fausse combinaison 6 : b"T *p6W *wirp an wa 
n -i-pam tvTt "ni n^att î-jt "pjn ap-p tzpjrm au: biaun *p? m^n 
ban-û^ ns minbi morib vny\ "pao ^ttos Nb p ^s» biOD ynw 
'a'p'n û^ab» "i n:^u Va ^d b$ an»» *jpT ï-rcojai û^ann nbap bya 
(1. 'a'p'n). Mais nous avons vu plus haut que l'apparition d'Anan ne 
peut pas être fixée antérieurement à 763 et peut-être 767. 

19. Saadia ibn Danân (seconde moitié du xv e siècle) 7 mentionne 
Anan dans son Abrégé de l'Histoire de la tradition juive (b* n»Nfc 
n-n-nîi *tid) 8 : mrpttb snmrr \w t<& "PErai ... wiït an vnrtNv.. 
t-nannb «ak^l his^ na i-ip-nai Tn ri^a 3^T*n ï-m bYia &am 
ïian. Il va sans dire qu'il s'est, lui aussi, inspiré d'Abraham ibn 
Daud. 

20. Abraham Zaccouto, dans son Youhasin (composé en 1505), a em- 
prunté, comme il le dit lui-même, son 111 e chapitre, qui traite des 
Gueonim, à Abraham ibn Daud. Il répète textuellement cet auteur 



1 Otscherki, p. 35. 

* Voir, sur cet auteur et son œuvre, Hist. lifter, de la France, t. XXVII, p. 541. 
3 Éd. Stem (Vienne, 1854], fol. 16Î. Cf. Neubauer, Mediaeval Jeioish Chronides, 

II, p. 224. 

* Sur ce titre, voir, en dernier lieu, Steinschneider dans Zeitschr. f, hebr. Bibliogr., 
II, p. 159, note 1. 

8 Éd. Gross, p. 069 ; éd. Buber, p. 32. Cf. Neubauer, /. c, p. 233. Au lieu de fcÔl 
nb^" 1 , il y est dit, à la fin, nbjn 1531. 

6 Neubauer, l. e. I, p. 92. 

7 Voir sur lui, en dernier lieu, Bâcher, Revue, t. XLI, 268, qui cite aussi une me 
graphie en hongrois (voir Z. f. H. 2?., IV, p. 170). 

Ï1T1M ÏVnjn, éd. Edelmanû, loi. 27a. 



ANAN ET SES ECRITS 203 

dans ce qu'il dit d'Anan, et ajoute ces mots : Fibaprt "nriN d^îinm 
ïrmia d"3>n wi baritzii» nnx bab m-ipb Tarn p ban û^m lanpa 

On voit que la moisson est très légère. Je ne doute pas que je n'aie 
omis certaines données et que d'autres ne doivent être mises au 
jour; toutefois je ne crois pas que la physionomie d'Anan dans la 
littérature rabbinique doive beaucoup changer. Si l'on soDge 
qu'Anan, comme j'en ai fait déjà la remarque, n'est pas cité bien 
souvent dans la littérature caraïte elle-même, on ne s'étonnera pas de 
la place encore plus petite qu'il occupe chez les auteurs rabbiniques. 

Samuel Poznanski. 



1 Zaccouto pourrait avoir pris cette addition au maN "p73 de Simon Duran, 
sur Abot, il, t. — J'ai jugé inutile d'énuraérer les Chroniques postérieures qui ontj 
également empruntée Abr. ibn Daud leurs renseignements sur Anau (par exemple 
le *m n?3iS sub anno 755; mi 11 H NTlp, éd. Berlin, fol. 34; nrrntt TïO, éd. 
Varsovie, I, 178 6). 



LES « DINIM » DE R. PÉREG 



(suite et fin 



III. Intégrité et caractère littéraire des <c Dinim ». 

Mais les Dinim,, sous leur forme présente, sont-ils complets? 
Cette question, dans l'état actuel de nos connaissances, doit être 
résolue affirmativement. 

Nous ne connaissons, jusqu'à présent au moins, aucune citation 
de cet écrit qui ne se retrouve dans notre texte; de tous les pas- 
sages qui s'y rapportent, il n'y en a aucun qui prouve l'existence 
d'un ouvrage plus étendu. A la vérité, on a attribué à R. Péreç 
la composition d'un traité rituel plus considérable et on n'a 
regardé les Dinim que comme un des nombreux titres sous les- 
quels cette œuvre est [citée 2 . Mais de tous les éléments dont la 
réunion pourrait justifier l'hypothèse d'un grand ouvrage rituel 
de R. Péreç, il n'en est pas de décisif; de toute façon, on ne peut 
s'appuyer pour l'admettre sur le caractère fragmentaire de nos 
Dinim. Au contraire, l'examen des citations qu'on allègue montre 
qu'elles n'appartiennent pas au domaine qui nous occupe. 

Les preuves les plus concluantes se trouveraient encore dans le 
Kolbo, où certaines règles, à la fin, sont prises dans les ouvrages 
rituels de R. Péreç. 

Le § 142, qui est intitulé : rvmiDm mbwa "pD Yntt yw « con- 
sultations sur le droit matrimonial », constitue un genre litté- 
raire tout à fait différent de celui de notre ouvrage. 

Jbid.,le § 144 contient, sous le titre de Eft-w maipb ypn&ù, des 
décisions de droit civil, dont la forme et l'ordonnance offrent de 

1 Voir Revue, p. 99. 

* Cf. surtout Gross, Gallia, p. 569. 

3 Elles sont également mentionnées dans le Semak de Zurich; cf. Zunz, Jtitus, 214. 



LES « DINIM » DE R. PÉREÇ 205 

très grandes analogies avec les Dinim. Aussi aurait-on réellement 
peine à comprendre pourquoi elles n'auraient pas été admises 
dans notre recueil; on ne pourrait pas soutenir que le droit civil 
en a été exclu, puisqu'il s'y trouve des dinim sur Baba Mecia. 
D'autre part, il faut remarquer que le ïrrn "iDDtt "oa, cité immédia- 
tement au début, peut se trouver, à la rigueur, dans des gloses, 
comme dans les rmai^E 'xn, p"»o 'arj etc., mais qu'il n'a aucune 
raison de figurer dans un ouvrage indépendant. La difficulté 
a été diminuée par le premier possesseur de notre manuscrit, qui 
a ajouté au Semak, 246, p. 186 b, une longue note marginale qui 
reproduit intégralement le passage en question, mais en l'inti- 
tulant bnatttt Y'û^b û^poD. C'est donc par suite de l'erreur d'un 
copiste ou d'un typographe que le passage a été attribué, dans 
Kolbo, 144, à R. Péreç ' ; en réalité, il est emprunté, comme le 
n° 143, au Menahel de R. Isaac d'Ourville 2 . 

Enfin, Kolbo, 146 : yns mn rma martin 'de ï-np» *ïT7i n'est pas 
autre chose que la fin du Semah. 

On pourrait trouver un autre argument dans les ttttt *no et w 
tti^bn recueillis dans le Semah, 184 et 185. Tandis que le manus- 
crit dont je me sers n'en cite rien, ces règles se trouvent, séparées, 
en beaucoup d'endroits. C'est ainsi que le ms. de Rome, Vitt. 
Eman. VIL U contient des xsiïn oDiai û'W avec des notes de R. 
Péreç 3 ; le ms. de la Bodl., 876, f° 195, des Ef-frib para 'H, et 199 des 
îwbra 'n, 878, ib., in fine : ri'y âcn^ iir^bn w briN ; enfin, Bodl., 
822*, une aa y-© 'n na^iz). Nous devrions attacher d'autant plus 
d'importance à cette dernière indication, que les éditions du 
Semah, l. c, donnent également la Schita comme source. Mais 
Schita, d'après toutes les règles du langage, ne désigne pas autre 
chose que des Tossafot 5 . Aussi est-il vraisemblable que les règles 

* Ce titre se trouve déjà dans la première édition du Kolbo, en caractères carrés 
(sine anno et loco, mais probablement de Naples). 

* Cf. Gross, Gallia, p. 27. Cette circonstance jetterait un jour nouveau sur le ca- 
ractère du Menahel. Je me réserve de parler ailleurs des fragments que je connais 
de cet ouvrage. , 

» Cat. de Capua, p. 42. 

* Cat. de Neubauer. 

5 S'il en fallait une preuve, nous renverrions aux nombreuses citations de la 
Schita de R. Yehouda Sir Léon, de R. Baruch, de R. Yehiel, dans le Semah, qui 
toutes, se rapportent à des Tossafot. Pour ôter tous les doutes, nous dirons qu'on 
trouve aussi ï"!^^ 'Oin (Hag. Semak, sur 151, p. 50a), tandis que le "IDO de 
R. Baruch se rapporte au ï"I53"nnn '0- — Menahem (b. Aron) b. Zérah nous rap- 
porte qu'il a principalement étudié Vhd '-) nt2TZ), et il entend par là les Tossafot 
mentionnés un peu auparavant ("imb ÏT71S, éd. Sabbionetta, 16 a). Il est à peine 
besoin de faire remarquer que la ri£21p72 Ï1L31D tire son nom de ce qu'elle a réuni 
les éclaircissements des Tossafistes sur le Talmud. Tous les passages cités par Gross 
[Gallia, 739) dans l'Index, s. v. ïlt^ia, expliquent ce mot comme un équivalent de 



206 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

sur oà et ïi^bn étaient des traités supplémentaires qui se ratta- 
chaient aux Tossafot de R. Péreç, tout comme on en trouve dans 
les œuvres d'Asclieri. Le titre yns 'Tin mmstt "pu"»;» 'bm rions , 
dans le ms. Merzbacher ! , est bien fait pour confirmer cette hypo- 
thèse; mais, en tout cas, ces règles ne font pas partie des Dinim. 

En partant de cette signification constante du mot « schita », 
nous avons également trouvé la source d'un certain nombre de 
passages du Mordekhaï; ainsi Hag. Mord, sur Houllin, 761, 
renvoient pour les citations de la ïicriû aux moDin mentionnés 
759; de même, ibid., Ab. Zara, 839, aux Tossafot de R. Péreç, 
comme, en effet, nous les lisons encore presque dans les mêmes 
termes dans les éditions du Talmucl, p. 43a. 

Nous trouvons aussi dans Mordekhaï des citations du Yesod de 
R. Péreç ; mais il est facile d'identifier encore cette désignation, car 
ce qui en est reproduit dans Houllin, 613, et Hag. ,131, se retrouve 
textuellement dans Hag. Semak, 201 (92 b) ; Mord., ibid., 679, 
dans Semak, 213 (102 a). L'accord n'est pas aussi grand entre Mor- 
delihaï Àbod. Zara, fin, et Hag. Semak, 194 (78 &), mais le texte 
n'a pas plus de conformité même avec les Dinim 206 et 207, 
qu'avec le texte de la glose rectifié d'après le ms. ou la citation 
de Orh. Hay., a"v, 77 (I, 89 c). Si nous pouvions rapprocher 
une fois la source du no"< de la glose du Semak, il n'est pas trop 
hasardé de supposer que cette citation s'y trouverait également. 
Mais, quoi qu'il en soit, cela ne changerait rien à l'étendue des 
Dinim, d'autant plus que, dans Mord., ibid., 826, nous lisons : 
•pposn y-)D Yn aro pn. Ce passage pourrait, en tout cas, dériver de 
Semak, 223 b ; ce sujet est encore traité dans les Dinim, en un 
endroit dont nous parlons au chapitre suivant; mais, pour la 
teneur, nous ne la retrouvons nulle part ailleurs. Il est plus que 
probable que les Pesakim formaient un ouvrage distinct dont il 
s'est conservé un fragment dans le ms. Bodl., 2362 : ^pDDi mrwtt 
V'T £]""i!i sur Eroubin et Pesahim, I-IV 2 . Il est difficile de porter 
un jugement sur ce texte sans le connaître davantage, mais, si 
nous devons nous en rapporter à un autre fragment*, ces 

Tossafot, c'est seulement p. 569 qu'il fait une tentative, repoussée par nous dans le 
texte, pour transformer la Schita en un traité rituel de R. Péreç. Cf. aussi Zunz, 
Z. G., 44, etXitus, 214. 

1 Cat. de Rabbinowicz, p. 4. 

* Nos Dinim, eux aussi, ne vont que jusqu'au chap. iv; cf. Din 275, supra, p. 101. 

3 Consultations de R. Méir de Rothenbourg, éd. Berlin, p. 319, n° 755 : bNIttîH 

Dno ">s n"n *iy in nos *& -niDsb in^"» n"n ^E>b in nosrt ^sb ntbo 
■pD •'-) -mt: = n"d-iE) -ïpDDn tnwîri nbxn "■raibiB rt» ûw^ott D^ttbafl 

'fpbtf *l"n. C'est M. Abraham Epstein qui a eu l'extrême amabilité de me signaler 
ce passage. 



LES « D1NIM » DE R. PÉREÇ 207 

Pesahim contenaient des décisions d'un caractère pratique qui 
étaient ramenées à la source talmudique et avaient quelque ana- 
logie avec les Réponses. Mais, dans ce cas, les Pesahim forme- 
raient un vif contraste avec les Dinim, qui, au contraire, partant 
de la source talmudique, aboutissent à des décisions pratiques. 

Les Dinim ont ce but, comme aussi le cadre et la méthode, en 
commun avec les Tossafot. Aussi bien dérivent-ils des Tossafot 
et peuvent-ils, à bon droit, être considérés comme des Pishé 
Tossafot plus développés, ou même comme des Tossafot abrégés. 
Il n'est pas possible, sans se heurter à de grandes difficultés, de 
trouver des preuves pour ce point particulier, car nous n'avons 
pas, somme toute, de Tossafot imprimés de R. Péreç lui-même ; 
dans la rédaction de ses élèves, il n'en existe que pour l'un des 
traités dont il est question ici. Néanmoins nous allons essayer de 
tirer des preuves de quelques passages. 

Le 1 er din sur Baba Mecia, n° 242, est ainsi conçu : ï-mbttTO T*! 
yn-on^n Nina awtB^ba r-iabi-n n"-i '»in inattV3?a n^jnattî *pN a^ra -iia^b 
■p Eps nra* yni an irçn rwt nnfiïaun nbp sourbb ariapi trb n^o» 
naw* vxn xgFïi asraa n^ib"». C'est exactement ce que nous lisons 
dans les Tossafot de Mahliot (qui appartiennent à l'école de 
R. Péreç ! ), 3 &, s. v. Na^N. 

Le din 94, semblable à Houllin, 86 &, dit : *jb ail -iïïnuj ira© y*i 
.Ton marna ^sb 1£$n t-js amn ^-pa ab un tdtts virab -noa "p^ai 
Dans le passage parallèle de Pesahim, 1036, le recueil Mordehhaï 
contient aussi les Tossafot de l'école de R. Péreç 2 , et on y lit tout 
à fait la même chose : w ïY'd TiWiai *& ^nwnh îa^b non^N 
w ^ '*» lab ...«euh i«th narû abi . . .yimi nana îiwm 
ira anran nnias ab i^n b* -iaa ^ara nanaia ^b rfoa wanai 
asbN a-n n"-iaai ■jreron ib an nE&n (éd. Riva, n° 305). 

Din 246 : b&ruzrb i-naitti d'mmb d^bna d'naTO d*neo dman pi 
ta^N^tj di'w tamma a^iiaaon a^b*ab tamnnb anb uj-h tin 
Tb Nab isidi» "lan bai bN-m^n Tb rpab ins^ed ûwto ûto» santt 
ï-rb <ns ba-ro)^ a^ït» Naai fa] pis 'en^d ■rçjN'"» Nb SiO^fi 
■'biai irb naa bN-na^i, se rattache à Bab. Mec, 24 6 ; nous ne pos- 
sédons pas imprimés les Tossafot de R. Péreç sur ce traité, mais 
R. Beçalel Aschkenazi, au zèle duquel nous devons la conserva- 
tion de tant de restes précieux de la meilleure littérature des Tos- 
safistes, nous a encore conservé cette règle dans Schita Mehou- 
bézet, ad. I. (f° 58 c), en l'introduisant par ces mots 'laoïna nana. 
Si cette citation anonyme laisse quelque doute sur la paternité 

1 Zunz, Z. G., 46. 

* Renan, les Rabbins français, dans VHist. litt. de la France, XXVII, p. 450. 



208 REVUE DES ETUDES JUIVES 

de R. Péreç, le passage qui suit immédiatement est d'autant plus 
démonstratif et décisif. 

Le din 247 agite la question de savoir si le principe npvua 
ÉTfcT ïiamï-D s'applique aussi à celui qui se tait, quand on lui 
demande si son vin est devenu ^oa *p\ Dans les Tossafot imprimés 
cette question est traitée Kiddouschin, 65 b, et c'est seulement 
grâce à Semah, 223 fin, que nous pouvons nous douter que le din 
se rattache aux premiers mots de Bab. Mec, 37 b : aorn fip\-ua 
ïWi ïiamrp n«b; mais le rapport ne devient évident que si nous 
nous reportons aux Tossafot de R. Péreç. Comparons, en effet, 
le texte des Dinim et le fragment de Schita Mekonb. : 

Di?iim, n° 247. Schit. Mekonb., 80 b. 

'■n»N*7 t**rrr piosb xorn 'pi ï-i«*nna i«b î*o!-n np^n-j 

TTranb tn« 'ton uni "pa ^ ^aj 'csna jas» 'nai ...—i.Efin r^*n 

vra 'pN ib^BN pntëi i^i ■pana tns iîok nsn pa ï« ^an pioob 

ï-7»mï1b rp^nun *j73"»r-î7^ îDoab nb^DN p^ntDi ^a^ 'pana beniB^b 

inpinttî mbnb biaa"> uni ^bi n*w ï-rpTittH ï»*»rfla *pab mn vn 

■m'wmD taTsi:?: Tiprna r^b '»ib u^ unis 'na "jndei nw riNTiro 

Nb*i -ihn nai taira NbN na^wa iab:a mamsu; ^sb inp^niû mbnb 

baN n-w rwni*D npvnpn N"nn pi N^ai ttN-nro iNbi rw* n» 

mr: ïaN^ 'bin yia^p"» apjn 'n ann ^bini ...S"n yaNia 'ina airo 

M» bwtt tn lh ja ba na^NB 'pêne Nir: dni ■prpn apy n"n 

pn-pi 'BNa îit ban iuîtdb ni™ bwn "pnh d»n nttïN nihuî isba 

.^pnbNTa ira -i^ûiNiia rra n* iibtdbib nra 

^pttbNE na-m n?aNa ï-rt b*i jni 

.b"T C]"nr: "rftbn 

Aucun fragment ne pourrait nous montrer avec plus d'évidence 
les rapports qui unissent les Dinim et les Tossafot de R. Péreç. 

Si la liaison de ces deux genres littéraires est prouvée, il est 
naturel que les Dinim sur Aboda Zara soient en étroite connexion 
avec les l'ossafot de ce traité que nous avons encore et qui sont 
bien dans l'esprit de R. Péreç 2 . Entre 65 dinim, il n'en est pas un 

1 G. Taba. — Cette question est ancieune, comme on voit par Semak, 223, fin. 

1 La rédaction définitive de nos Tossafot sur A. Z. appartient sans doute aux 
disciples de R. Péreç (Zunz, Z. G., 41). Mais, comme Moïse de Coucy n'était pas, à 
ce que nous savons, parent de R. Péreç, les passages qui le nomment comme tel ne 
peuvent pas être de celui-ci ; ils sont textuellement empruntés à un autre recueil 
dout le nôtre se sert comme source. Il se peut que ce recueil soit celui de R. Samuel 
de Falaise (Gross, Gallia, 557). Mais cela ne ressort nullement de la mention de 
son commentaire sur le Piyyout mmi" 'N dans Tossaf., 74 ô, 5. ». Na") "173N, car 
nous pouvons encore lire le commentaire de R. Samuel dans Or Zaroua, II, 116, 
et nous n'y retrouvons rien de ce qui est cité dans les Tossafot. Mais voici ce que 
nous pouvons affirmer avec certitude : nos Tossafot sont une rédaction abrégée 



LES « DINIM » DE R. PÉREÇ 209 

seul qui ne se retrouve dans les Tossafot, tandis que, comme le 
montrent les exemples donnés plus haut, ce n'est pas toujours le 
cas pour les autres traités ; bien au contraire, il est naturel que les 
Dinim diffèrent des Tossafot d'une autre école. Mais, pour Aboda 
Zara, la parenté porte le plus souvent, non seulement sur le 
fond, mais même sur la teneur du texte. 

Une comparaison détaillée nous conduirait trop loin ; il nous 
suffira de nous en rapporter aux exemples tirés d'Ab. Zar. que 
nous avons déjà indiqués (cf. p. 104, 105). Partout où Orhot 
Hayyim cite les Dinim sur Ab. Zara, l'éditeur, qui ne con- 
naissait pas la source des Dinim, a fait remarquer l'étroite pa- 
renté de ces citations avec les Tossafot correspondants. D'autre 
part, l'indication de ces passages parallèles nous autorise à porter 
ce jugement récapitulatif : les Dinim extraits des Tossafot de 
R. Péreç se trouvent intégralement dans notre manuscrit. Pour- 
quoi on a extrait ceux-ci et non d'autres, c'est une énigme qui 
attend encore une réponse. 



IV. L'auteur et d'autres rabbins cités dans les Dinim. 

Toutefois, nous n'avons pas les Dinim dans leur forme primi- 
tive. Le Kolbo et Orhot Hayyim les ont utilisés dans celle que 
leur a donnée l'auteur; aussi lit-on dans Orh. Hay., rûU5, 142 
(I 49 a — Kolbo, ibid., p. 28 a) : ik iwn *mi»b TOK» nro V't Sf-frn 

de ceux de R. Yehouda Sir Léon, qui avaient eux-mêmes pour base ceux de 
R. Elhanan (cf. Rabbinowicz, Û"HD"lO ^"llpl, vol. X, Intr., p. 8, où dans "noi 
pniS" 1 "D ÏTT1ÏT '1 3nr*î, il faut plutôt lire ■0"nD?2 au lieu de fiWnnE). Je dois 
l'indication de ces derniers passages a l'obligeance de mon vénéré maître, M. le rabbin 
Lewy, du Séminaire de Breslau. — C'est peut-être à cette rédaction abrégée des Tossa- 
fot que se rapporte aussi le passage de David Kochabi publié par Neubauer : V~]D '-| 
rnSOin!! ^itptt) (R- -#• J--, IX, 222). R. Elhanan est cité aussi comme auteur 
dans nos Tossafot, 35 a, s. v. ">N73. D'ailleurs, les Tossafot sur A. Z. n'ont pas 
d'unité; on y cite, par exemple, 58 £, le Or Zaroua. Je me permets d'émettre l'hypo- 
thèse que les Tossafot de R. Baruch b. Isaac de Worms y ont été également re- 
cueillis textuellement : tous les spécialistes savent que R. Baruch y est fréquem- 
ment nommé. P. 12tf, s.v. h'D, d'autre part, ne peut sûrement pas être de Yehouda 
Sir Léon, mais seulement d'un auteur qui cite Tion."» "HT72. Un grand nombre de 
rabbins de l'époque pouvaient être désignés par cette épithète honorifique, mais ni 
R. Y^ehiel de Paris, ni R. Menahem de Dreux, qu'on a voulu y voir, ne sont appelés 
T^OÏin tout court. Ce ne peut être que Samuel ha-Hassid, dont Baruch fut le dis- 
ciple (cf. Epstein, dans Monatsschr., XXXIX, p. 454 sq.). On voit par la comparai- 
son avec Hag. Ascheri, ad l., que l'opinion mentionnée dans les Tossafot est celle 
de R. Baruch. De plus, ce ne peut pas être un effet du hasard que les Tossafot 
citent précisément ici la Ù^inO ''^12 de R. Nissim Gaon que R. Baruch a beau- 
coup utilisée ailleurs; cf. Rapoport, Nissim, 14, et Epstein, ibid. 

T. XLV, n° 90. 14 



210 REVUE DES ETUDES JUIVES 

r^pn na-wïi to->baa imvio l\ v n in: i rinc^rt ' iaau:a nnnis 
nnn^n -ro-b nmaa '7j-»n *prp7D apsn nrn ...ba« ania "pâmas 
TbJpbnn ■'a en fÊrihrt "mnKiD. Notre manuscrit contient la rédac- 
tion d'un disciple; c'est pourquoi ce passage, dans Dinim n° 142, 
se termine ainsi : vb* pbin J5 yns ^rroi. Mais il est visible que 
le remaniement n'a porté que sur l'insertion du nom du maître; 
le texte lui-même est resté intact, comme on le voit par les nom- 
breuses concordances littérales que nous avons indiquées. Le 
changement de nom a été fait après la mort de R. Péreç, car, 
tandis que dans les gloses du Semak et dans les Tossafot qui 
émanent de son école les eulogies jointes à son nom sont alterna- 
tivement celles des vivants et celles des morts, nous trouvons 
toujours dans les Dinim l'eulogie employée pour les défunts, yi* 
Les passages où R. Péreç est nommé sont les suivants : 

1 . 37 : Va tfnïi iq» baa ...*wbâf bia ïrvnpa nnb nsr™ 'bitan truma 
anttbn 'ftapiarpn nom "pson nanma pir «pin ..>fp n"n Dm '»«© 
. . .'MDmiajra ïto aba n:b ^n nsan [ab] nw» bat*, à quoi on peut 
comparer Semak, 213, i. f. ; Ascheri sur 4&od. Zar., II, 38. 

2. 84, cf. supra, p. 102 : ,..KiîTto abs myizs 'i Tbi ya" yns '-n 1 . 

3. 142, cf. le début du chapitre. 

4. 216 : 'ai '& ara a"-p uni j>5 'arm 'n ûraa tube ^m» "«dwt; 
cf. plus haut, p. 102; on remarque que dans Hag. Semah, 194 
(80 a), on traite le cas contraire (celui où les fêtes tombent avant 
le sabbat). 

5. 225 : *p*3 t»i .. .-m ûnp*n rrminb tidk© ïwt "•""i '»n«» fi 
•pN TDp» -i^n anma jn-proa £5 yns 'n anrr, 'ein tara m ainra 
ann naa ûto» aba ira ttï bai auiïïîn ; sur cette question, cf. la 
discussion d'Eroubin, 62 &, et Tossaf., ibid. 

6. Nous pourrions encore citer le n° 230 : 'nttia wni» laatti 
">TrP IfaJ 'aiurb Trrt OT et tout le passage reproduit p. 10T; 
mais ■wmfc se rapporte à des autorités plus anciennes et, en tout 
cas, est déjà employé pour R. Péreç lui-même. 

Quant aux autres noms que les Dinim mentionnent, les rab- 
bins les plus souvent cités sont précisément ceux qu'on re- 
trouve fréquemment dans les autres ouvrages de R. Péreç. Comme 
quelques-uns de ces emprunts présentent un certain intérêt pour 
l'histoire littéraire, nous allons les indiquer ici d'après l'ordre 
alphabétique des auteurs. 

Il va sans dire qu'on trouve dans les Dinim toutes les an- 
ciennes autorités considérables, Halakhot Guedoiot et R. Hananel, 

1 Les mots: 72"tta irtl 'nnN ÏTO^O 53*^1 dans Semak, 213 (101 J), sont une 
glose d'après le ms. 



LES «DINIM» DE R. PÉREÇ 211 

R. Guerschom et Alfasi. Raschi et ses descendants, R. Samuel 
b. Méir aussi bien que R. Jacob Tarn et que R. Isaac l'Ancien, 
« les colonnes sur lesquelles repose l'édifice des Tossafot », sont 
mentionnés à chaque instant et il nous faudrait imprimer plus 
de la moitié de l'ouvrage, si nous voulions en extraire toutes les 
citations relatives à ces «maîtres » et à ces « lumières ». Nous 
nous contenterons de reproduire une notice qui intéresse la bio- 
graphie de Raschbam. On a voulu récemment mettre en doute le 
séjour de ce rabbin à Troyes * ; or, nous lisons dans Dinim, 
n° 175 : imea nnrn ©■wnsan w ib irttltt battus imrrû miïJBi 
...no» n"Ti iwbrfri tpoa du) robiïi. On sait qu'ailleurs cette sur- 
veillance est attribuée à la fille de Raschbam 2 ; il n'est pas im- 
possible que les deux faits soient exacts, que ce soit d'abord 
l'épouse et plus tard (peut-être déjà à Rameru) la fille qui ait 
exercé cette surveillance et que Raschbam se soit alors attiré le 
blâme de son frère. 

I. R. Baruch b. Isaac de Worms, dont les Tossafot et le 
rwnnïi 'o étaient beaucoup étudiés. Il est cité trois fois : 1° n° 10 : 
'r-inb n)* 1 d^tap d*na ^imm "pna r nb îiana, tout comme dans les 
û"07ro, ibid.,n° 35. —2° n° 19: man "*s ûinob aiïîiû ^s ^na '-n 
...nai diras n» nw33, ce qui est également rapporté par les 
Tossafot sur Ab. Zar., 31 &, s. v. rbwn. — 3° n° 284 : n ^ini 
■pnn tt"dn ysnn ira vb* T»ep8 iri<ra lai '-ifcfin ii>â ^na, 
ce qui peut être emprunté à rtBTïWI 'o, 103, mais se trouvait aussi 
exactement dans ses Tossafot. 

II. R. Eliézer de Metz, disciple de R. Tarn : 1° n° 53 : 'bat nn 
rjb-rj na^a© rramtt ma ww y»» 3 . — 2° n° 76 : -p^ 'b« n"n 
4 'uir"p?a rrçen &oam Nn^mKi i»b Dm iww ^m ïrrns ^p 
Ces deux passages ne se trouvent pas dans le d'WT 'o et sont 
probablement empruntés à ses Tossafot sur Houllin 5 . 

III. R. Hayyim, probablement R. Hayyim b. Hananel Cohen, 

1 Gross, dans Gallia, 229 : » Peut-être aussi séjourna-t-il un certain temps dans 
la ville de Troyes. • Epstein, dans Monatsschr., XLI (1897), p. 470, admet égale- 
ment que Raschbam dut demeurer d'abord à Troyes, puis à Dampierre. 

1 Neubauer a le premier signalé ce passage et il l'a cité dans le Hamaguid, XVIII, 
p. 41, d'après Oppenh. add. fol., n° 14; dans le T"3!l 'o (ms.j, où il est question 
des concitoyens de R. Samuel, la fille s'appelle ï"ï3"H53 ; cf. Berliner, dans Magaz., 
VII, 183. Toute cette histoire se retrouve, sans les noms, dans Semag, défense 132. 
Voir aussi Gallia, 637. 

3 La même opinion dans le ï"ï?2Yinï"» 'O, 73, au nom de Raschbam, mais autre- 
ment expliquée. f 

* De même Hag. Semak sur § 211 (dans le ms. 154 : 'nnïl 'OT 'OinïT '^D *T!D 
5WNT12373 Wbtt -f'ntt'l); dans Tos., Ab. Zar., 40 a, 5. v. -)ttN, au nom de 
R. Yehouda Sir Léon. [fcMNTUÎtt IT^ba* est Eliézer de Sézanne ; ce texte confirme 
l'hypothèse de M. Gross, Gallia, 663. — 1. Ltfvi]^ 

6 Azoulaï, Û^bVttïT dtt, s. t>. 



212 REVUE DES ETUDES JUIVES 

grand-père de Moïse de Coucy, dans n° 72 : idin ïrn ' d^n 'm 

IV. R. Yehouda b. Isaac Sir Léon de Paris 2 , le célèbre maître 
de H. Yehiel et l'auteur de Tossafot souvent utilisés : 1° n° 72 : 
TnE ïtïi 'ïTtfïT 'm . . .tnur£ r l nvbsb tta^OïE fran, décision men- 
tionnée également par Semag, déf. 65, et Mord. Houllin, III, 620. 
— 2° n° 173, cité plus haut, p. 110, et 3° n° 179 : rmm 'i b pi 
■na v '3> û^ï? "pTib tidèh ; ces deux derniers passages sont em- 
pruntés aux Tossafot de ce rabbin sur Ab. Zar., qui, ainsi qu'il 
a été dit, ont formé la base des nôtres 3 . 

V. R. Isaac b. Ascher de Spire, l'Ancien, disciple de Raschi; 
n° 217 : pais N"a^ 4 ; cf. supra, p. 102. 

VI. R. Jacob de Chinon, disciple d'Isaac b. Abraham (-nrart "*"-i) 
de Dampierre (cf. n° 3) et maître de R. Péreç, qui le cite souvent 
dans les gloses du Semak 5 . Les Dinim le mentionnent : 1° n° 116 : 
a"a p^rm pN tinïi tos ïwitiTOrt nnb im»i *p^ptt apy 'n n»"i&n 
in mViD Trttt Tb aa"> abu:; ce passage, que R. Péreç cite aussi 
dans Hag. Semah^l (139 a), est textuellement emprunté d'ici par 
Orh. Hai/.y nau? 49 (46 a); la décision est contraire à ïtcvipïi f o, 
235 (cf. Ascheri sur Sabbat. IV fin). — 2° n° 142, voir au début de 
ce chapitre. — 3° n° 234 : bia ?pnpa rrrona ara 'asa va ûm« 
w..i*m nrjD ûiptt riNiisn bwm 'ein inrptt 'p*i n"nrn ...'smiD 'a 
amaa 'a pn^ r n» 'rptt 'p^ r l ba^p "p, ce qui se retrouve aussi 
dans Orh. Hay., ibid., 243 (52 a), et se rattache à Eroubin,!! a 
en haut. — 4° n° 247; il enâ déjà été question, p. 208. 

VII. R. Joseph Porat de Benedetto, disciple 6 de Raschbam et 



1 Mentionné ailleurs encore sans l'addition de *jna ; cf., par exemple, "'Ulpb 
ba"l73N dans D^DISûSTp !"IU372tt de Coronel, p. 30. Il est remarquable que l'opi- 
nion consignée ici ne se trouve pas dans le Semag. 

1 Voir Gross, s. v. Paris. 

3 Le din 131 : Û'ï'rjnb DrilN3 '~)pb TlONb tiî^ï) appartient à Yehouda, d'après 
Tossaf. Sabb., 116 b, s. v. ©"SI- 

* D'après quoi il faut expliquer fc*"!^' 1 ""! dans Tossaf. Eroubin, 40 a, s. v. 

5 La citation de Semak, 82, comme Gross (Gallia, 579) le suppose justement, ap- 
partient, en effet, à une glose; cela résulte indubitablement de Kolbo } 88 (p. 100 o), 
où le passage est introduit par H" Ht! DrOT- Dans le ms., la glose est ainsi conçue : 

...'5 ama cran "osa rrn uni !-t"rwn mnn ib v* Dno D^an nan ban 

• .."V73U3 n"ia W0'3>73 ï"tVT ^ai, ma is non "IflN D*7N"3, mots qui manquent aussi 
avec raison dans p"^")n?2, 52. Dans le ms., un signe indique, après DirO NitTDD 'la 
'j^pTO 'p3^ 'HfJ """373, que la glose est terminée. Les mss. du Semak sont plus nom- 
breux que ceux de n'importe quel ouvrage de la littérature post-biblique, mais la 
confusion y est effrayante. 

6 Cf. les preuves détaillées d'Epstein dans la Monatssehrift, 1897, p. 474, et de 
Rosenthal dans son édition des Consultations tirées du S. ha-Yashar, au n. 14, p. 25, 
qui" sont confirmées par les Dinim et Tossaf. Sabb., 148 b. t s. v. ÉMÏTl. 



LES « DIN1M » DE R. PÉREÇ 213 

auteur d'un commentaire de Sabbat l (peut-être même de tout 
Moed), qui était tenu en grande estime. A toutes les transcrip- 
tions de son surnom 2 , les Dinim en ajoutent encore une : arasai. 
1° n° 123, cf. supra, p. 102. — 2° n° 143 : ^-a TOnaara rvran ama 
te^ca in^i tpT in rmi-i pi ...anoara. aparr anpab -hon ■pprt 
ïwnott 'nab "pn lauift abia "^b nanb 3 ; ces deux notices, inconnues 
autrement, ne sont pas sans valeur, étant donnée la parcimonie 
de nos renseignements sur ce rabbin 4 , qui était fort apprécié de 
son temps 5 . 

VIII. R. Méir de Rothenbourg, condisciple de R. Péreç, mais 
plus âgé que lui; n° 82: «■» as q&o . ..niaa a* biaanaia y*& *H 

...T^n 1731TZ5 "p&n -1-N72 'l TTIE tt"tt d^^ Uî" 1 ï^llïm TUS V 2 ">^ 

La même opinion est répétée dans Semak, 203, au nom du f3n; 
dans Tossaf. HoulL, 99 &, 5. v. Knab^m II, on lit de même tt"n, 
ce que R. Joël Sirkis, d'après Ascheri sur 97 a, s. v. ■rçwD, cor- 
rige en a"a^. 

IX. R. Meschoullam b. Nathan de Melun, connu par son débat 
avec R. Tam 6 , est mentionné à deux reprises : 1° n° 156 : abiatt 'i 
*iDi33"i yxnm artli ira ^oa ■pi wik; — 2° n° 286, v. supra, p. 107. 

X. R. Moïse de Coucy, l'auteur du Semag : n° 305 : ïwq '-n 
-p» snaia («»ej imN?D rron'ïi "înp^ia 7:"iain3 ntnb bm -om b"n 'na 
■Wï. Ce passage est emprunté au Semag, déf. 75 (éd. Ven., 1547, 
p. 28 d), mais il y est donné comme une citation du <'n et se termine 
par THai a"*, tandis qu'ici c'est R. Moïse lui-même qui semble 
parler. 

XL R. Samuel d'Evreux, dont R. Péreç fut longtemps l'au- 
diteur 7 ,^ 185 : *prû rrttn anaj-Hû aa^ïi *r>ntt a-nvatt baraia 'n 
'iai ."pn rpawn ; cf. Hag. Sem. sur §> 223 (115 a), où il est dit sim- 
plement : y>Trfn «yn, parce que R. Péreç se rangeait probable- 
ment â l'avis de R. Yehiel (XIII, 5). 

XII. R. Simson de Coucy, autre maître de R. Péreç s : 1° n° 229 : 
ûwjk ...ibra m*a a ba a-n^n a^Tttbnb aïw ■pTaap rstTpîa 'uj^ia r -i 
n=na ab3 9 , et 2° n° 270: •parr nbp3 «p-v-rt ^ip» niûfi '^ara, limi- 

* Cela résulte avec certitude des nombreuses citations que contiennent nos Tossaf. 
de Sabbat; cf. S. ha-Yashar, ibid., p. 10, rem. Y'TS- Zunz, déjà, l'avait bien vu, 

z. <?., 33. 

* Gross, Gallia, 544. 

3 On pourrait comparer Sabbat, 146 a. 

* D'après Tossaf., ibid., 52 a, 5. v. T13N, il faut encore attribuer à ce rabbin le 

n» 118 : oiorr vbiïib -noai». 

5 R. Tam l'appelle vyiE, ibidem,, p. 26. 

6 Cf. S. ha-Yaschar, ibid., n° 45 et s. 

7 Voir ûibvwn au), s. ». R. Péreç b. Elia. 

8 Gross, Gallia, 554 et s. 

* Voir p"?3D, 282 ; Kolbo, f. 37 a, Orhot Hayyim, Eroubin, n° 13. 



214 REVUE DES ETUDES JUIVES 

tation de l'emploi du the pour laquelle nous ne saurions ap- 
porter aucune référence. 

XIII. R. Yehiel de Paris, le principal maître de R. Péreç, qu'il 
entendit, entre autres, comme nous l'avons vu, à Dijon; ici comme 
dans les gloses du Semqk, c'est l'autorité le plus souvent invoquée: 
1° n°37; NpiTi **[$» iam\ 'n araa 'ien C]"-iîi ; voir ce passage 
sous R. Péreç, 1. — 2° n° 78 a été reproduit plus haut, p. 106 ; cf. 
Tossafot Béça, 16 b, s. v. V'ttp. — 3° n° 116 : barrr 'n ^tm wi 
nw3 l^ittînia n»a ittinn ibis ^pia kVt, continue la décision de 
R. Jacob de Chinon qui a été indiquée, VI, 1°, et est également 
dirigée contre le ftoiTti 'o. — 4° n° 167 : wj barm 'n -ittia ïWt© 
tmnïïb moN nsiarj mw* "ino ^i ana •pmiûti) n^aiaT biû mois 
nasa, à quoi on peut comparer Hag. Semah, 222 (109 b). — 5° voir 
plus haut, XI. — 6° n° 216, déjà cité sous R. Péreç. — 7° n° 231 : 
©■nasa mn rpûJEi ...n"n '■pi iia ■>"* nao anarrb -pnrtb ^&n *pn 
î-pjto aipttb aiab "p^B la-bm maa rain rrrr «bra .(««/) bartf i^an 
rottirfii. Voir Eroubin, 68 a ; Tossaf. Guitt., 8 6., 5. v. a"*K, et pas- 
sages parallèles.— 8° n°269, déjà cité, p. 103; cf. Hag. Semah, sur 
151 (49 a). — 9° n° 273 : ^ab aa tvoyni Tnan '»* n* ^b*© "pTBtt "p 
na^bianb barm 'n mnn avn a*np nbta ms» 'iabuj nn^a baw 'n 
iroûtt '»* *ntt wb ip^ uj ^b a^tta ; pour de plus amples expli - 
cations on peut voir la discussion de Semah, 222 *. — 10° on 
doit ajouter vraisemblablement le n° 301 : nmam bai rï'-i paai 'pn 
watirtb in ...fcna'W "piab j^ta ymxb 'tion l2?73 in an p tt'Titna 
..."ï^i» ia^ &k bas ...m abtt; le passage ne se trouve pas dans le 
Commentaire de R. Hananel, mais il est cité dans le Semah, 195, 
au nom de R. Yehiel; aussi faut-il corriger n"*) en 'm 'n 3 . 



V. — Rapports des Dinim avec les recueils analogues. 

Il nous faut encore indiquer .un trait caractéristique de nos 
Dinim. Ce n'est pas sans intention que nous les avons comparés 
aux trsio^D du S. ha-Terouma (v. p. 104). Le commencement (1 à 
56) est une fidèle reproduction des courtes îtï'k mabn qui forment 
les n os 26-76, au début du S. ha-Terouma, commençant par tç& 
"i3">3£)b aan et se terminant par rprs abia *'y ^ba Tniib san aan 

1 J'explique cette abréviation, autrement inconnue, à défaut d'une interprétation 
plus satisfaisante, par TDa abl3?b "inJT1333 ; on trouve un mot analogue dans 
Zunz, Z. G., p. 347. 

s Le texte du Semak doit être corrigé d'après Kolbo, 48 (49 r). 

3 D'après Orhot Hayyim, aiSa 'n, 11 (95 a), la décision 218 : -im?3n pOD *Tï 
'OSttïl '*V)90 'TIN bia^b est également empruntée à R. Yehiel. 



LES « D1NJM » DE R. PÉREÇ 215 

V2V )î ; les n 08 77 et 78 se retrouvent d'ans les Dinim aux n os 86 
et 91. 

L'ordre des Dinim sur Houllin est, en général, aussi singulier 
que remarquable. L'auteur commence, nous l'avons dit, par les 'n 
nmïri -no*K du Séfer ha-Terouma \ puis il continue, à partir du 
n° 57, à sa manière, en parcourant de nouveau le traité depuis le 
commencement et en s'attachant aux Tossafot de Houllin. C'est 
ainsi que le n° 57 : naTws rtfizn np">3Ui ûip*n, est conforme à 
Houllin, 8 a (Tos. } s. v. am), que le n° 58 : &n ^bx ma pnn ûk 
nnbin "pDDn, se rattache à 8&, et il en est ainsi, en passant par- 
dessus rrcrroD et mc^a vers la fin du traité, où, à partir de 80, 
reviennent des Dinim sur ïtT'k, puis enfin quelques règles 
omises 2 . 

La dépendance des n os 1-56 vis-à-vis du S. ha-Terouma est 
entière et le texte des Dinim peut fort bien être utilisé pour 
l'établissement d'un texte exact au point de vue philologique de 
ces « Simanim », ce qui nous manque encore, malgré la nouvelle 
édition du Mahsor Vitry. Mais cette dépendance n'est nullement 
servile ; l'auteur ne s'est fait aucun scrupule d'ajouter et d'omettre, 
d'accepter les motifs ou de les rejeter, tout comme si l'ouvrage 
concordait avec ses propres opinions. C'est ainsi qu'aux n os 25 et 
54 il n'a pas accepté la manière de voir du V ,s i empruntée par le 
S. ha-Ter., 51 et 74, et qu'il s'est permis d'autres changements 
encore que nous ne pourrions indiquer ici sans reproduire le 
texte. 

Ce n'est donc pas par un effet du hasard que ces emprunts du 
S. ha-Terouma sont venus s'ajouter aux Dinim deR. Péreç; l'au- 
teur n'a, d'ailleurs, laissé aucun doute sur leur provenance; ainsi, 
dans le n° 10 dont il a été question plus haut, il a écrit 'nb n&na 
^Tna, tandis que dans le S. ha-Ter., on lit b"3 d3»K. La citation du 
n° 12 dans Orhot Hayyim 3 montre aussi que le compilateur de 
cet ouvrage a déjà connu la forme actuelle. Nous nous trouvons 
ainsi en présence d'un emprunt assez singulier d'une partie d'un 
ouvrage, et il nous faut essayer de résoudre ce problème. 

La tendance à faire des résumés des lois talmudiques qui ont 
leur application dans la vie journalière est au moins aussi an- 
cienne en France et en Allemagne qu'en Espagne. Sans compter 
que peu de personnes pouvaient consacrer à l'étude le temps 

1 A cette parlie s'applique le titre indiqué plus haut, p. 120 : n"ûb">î"î bTinN 

2 Tel le n» 94 cité supra, p. 207, et 95 et 96, d'après Tossaf. Houllin, 87 «,.-*. v. 
NDïDtD et ^OStn. 

3 Cf. p. 107. 



216 HKVUE DES ETUDES JUIVES 

nécessaire pour s'attaquer au' Talmud lui-même, que peu aussi 
avaient le don de comprendre ce livre gigantesque, il était 
extrêmement difficile de se procurer un exemplaire du Talmud 
entier ou même de quelques traités. Aussi, quiconque avait be- 
soin de règles pour la pratique était réduit à se contenter d'un 
« compendium », et quiconque voulait avoir l'assurance que ses 
élèves connaîtraient les décisions fondées en droit, était obligé 
de mettre à leur disposition un ouvrage succinct qui pût servir 
de fil conducteur. C'est ainsi que R. Guerschom composa des 
fns^ta 'n, et la tradition attribue un ouvrage analogue à 
Raschbam « . 

Cette nécessité, qu'on avait déjà vivement ressentie dans les 
premiers temps, se fit encore plus pressante à la suite des malheurs 
qui fondirent sur les Juifs aux xn e et xin e siècles 2 . Les misères 
du temps apprirent aux Juifs à se passer des études puisées aux 
sources et à se contenter de décisions brèves et conclusives 3 . 
Aussi les recueils de Dinim se multipliaient-ils tous les jours; 
chaque maître composait pour ses auditeurs un ouvrage de peu 
d'étendue, qu'on pouvait embrasser d'un coup d'œil, et il est 
certain qu'on publiera encore de ces écrits tirés des débris des 
bibliothèques 4 . 

Or, le Se fer ha-Terouma fit époque dans l'histoire du genre. 
Tandis que les recueils précédents ne traitaient qu'un seul sujet, 
on trouvait réunies dans cet ouvrage les questions les plus di- 
verses touchant les décisions pratiques, exposées selon la méthode 
des Tossafot, la mieux adaptée au tour d'esprit des Juifs fran- 
çais et allemands. C'est pourquoi, quand les rabbins postérieurs 
composèrent, eux aussi, des Dinim, il leur parut tout naturel de 
suivre le maître de Worms, si même celui-ci n'avait pas eu lui- 
même pour modèle R. Isaac l'Ancien et si son exemple n'acquérait 
ainsi une autorité toute particulière. 

Si nous pouvions élever cette hypothèse à la hauteur d'une cer- 
titude, nous obtiendrions un résultat remarquable. De même que, 
jadis, la Mischna de R. Akiba avait servi de type, de modèle et 

1 Les tip'HSI ï-Jïû^tTtï) 'H qui lui sout attribuées appartiennent à un habitant 
des provinces rhénanes, R. Samuel. Voir Epstein, dans Monatsschr., XLI, p. 473. 

a Cf. Gùdemann, Creschichte d. Erzithungsioesens... in Frankreichu. Deutschl., 80. 

3 Le manque d'exemplaires fut plus grand que jamais après l'autodafé du Talmud, 
en 1242, à Paris; les manuscrits du Pentateuque eux-mêmes faisaient défaut, comme 
nous l'avons vu p. 214. 

* R. Yehiel a composé des Dinim, voir Monatsschr., 1869, p. 539; j'ai entre les 
mains un autre recueil, dans un manuscrit appartenant à la société « Ohavè Tora » 
de cette ville, et qui contient 600 Dinim; il vient probablement d'une école alle- 
mande. La Bibliothèque de la * Israël, theol. Lehranstalt » de Vienne, possède éga- 
lement un Û-Wfi '0; cf. Bericht, 1893, p. 231. 



LES « DINIM » DE R. PÉREÇ 217 

de base à tous les recueils postérieurs, de même que, dans les 
écoles des Amoraïm, le Talmud avait été développé d'après un 
même type, de même les travaux des Tossafistes, Tossafot et 
Dinim, auraient été conçus sur l'exemple deR. Isaac l'Ancien. 
Cette ancienne règle de la littérature juive trouverait ainsi une 
nouvelle application, et, précisément, son retour constant, sa 
répétition dans les temps soumis au contrôle de l'histoire nous 
en garantit la justesse même dans les siècles anciens. 

Malheureusement, comme nous l'avons dit, nous manquons 
encore des matériaux qui seraient nécessaires pour qu'on pût 
établir définitivement cette règle; nous nous sommes proposé, 
dans ce travail, d'apporter une pierre à cet édifice. 

Florence, juillet 1901. 

J. Elbogen. 



P. S. — Nous avons dit, p. 108, fin de la note, que, dans la 
phrase ivn yn&tta f+vsti tpv fa berrp n ff n rmrr pi, le dernier 
mot doit être corrigé en pn, Dijon. Mon excellent maître 
M. Lewy, de Breslau, remarque qu'il y a r ra •pa» et suppose 
qu'il faut lire nxri, les derniers mots se rapportant à ce qui se 
précède et indiquant un pays éloigné. — P. 121, note 2. Les To- 
safot de R. Elhanan sur Aboda Zara viennent d'être publiés 
(Husiatyn, 1901). On y remarque la même faute que nous avons 
signalée; pour le reste, ce texte confirme la supposition de Rab- 
binowicz. 



FIGURES DE JUIFS PORTANT LA ROUELLE 



M. U. Robert, dans son étude sur les signes d'infamie au 
moyen âge ', consacre quelques pages à la rouelle des Juifs des 
pays allemands. Schudt, dans ses Jùdische MerUwùrdig'keiten'*- , 
a recueilli quelques-unes de ces « enseignes ». On connaît, d'ail- 
leurs, les exemples publiés par Champfleury 3 et par Jaime 4 . On 
trouve, de même, des représentations de la rouelle dans deux des 
petites scènes (intérieur d'école et circoncision) qui servent de 
frontispice à la 3 e édition de la Synagoga judaica, deJ. Bux- 
torf 3 . Le frontispice d'un autre livre rare, le Dialogus Johannis 
Stammler 6 , montre aussi, dans une sorte de conférence de doc- 
teurs, à côté d'autres personnages symboliques que des légendes 
appellent BaWus historiens, Rudolphns laicus, Arnestes apos- 
tota, Triphon physicus, le Juif Samuel vêtu d'une longue robe, 
par-dessus laquelle il a une sorte de pèlerine à capuchon, et por- 
tant une rouelle au bras gauche. 

Mais nous voudrions surtout signaler ici une suite de planches 
qui servent d'illustrations au Memoriale juris 1 de Jean Buno. 
« Illustration » n'est peut-être pas le mot exact, car ces vignettes 
constituent la partie essentielle de l'ouvrage. 

Professeur d'histoire et de géographie au gymnase de Lune- 
bourg en Hanovre, Jean Buno 8 avait, en effet, inventé un sys- 

1 Paris, 1889, p. 59 sqq. 

2 2« partie, p. 257 ; 3« partie, pp. 118, 155, 165. 

3 Histoire de l'imagerie populaire, p. 41 ; gravure allemande de 1602. 

* Musée de la caricature (Paris, 1838), t. I, pi. 95; gravure de Francfort, du 
xvi e siècle : le Diable saisit aux cheveux un Juif. 

5 Bâle, impr. de E. Kônig, 1680; in-8°. 

6 Augsbourg, 1508; in fol. Biblioth. nationale, Rés. H. 406. 

7 Imprimé à Hambourg par G. Rebenlin, 1673-1674, 2 parties en 1 vol., in fol. 
Biblioth. nationale, Rés. F. 116. 

8 1617-1697. On trouverait de nombreux renseignements sur ce personnage dans 
la Dissertatio sœcularis de re literaria cœnobii S. Michaelis in urbe Lunebnryita, de 
J. L. L. Gebhard (Luneburg, 1755, in-4), mais nous n'avons pu nous la procurer. 



FIGURES DE JUIFS PORTANT LA ROUELLE 21<J 

tème d'enseignement mnémonique où il utilisait à la fois les 
lettres de l'alphabet, les fables et les images symboliques. Il ap- 
pliqua successivement cette méthode à la grammaire latine, à 
l'histoire et au droit. Le titre de la première partie de l'ouvrage 
qui nous occupe suffit, d'ailleurs, à en indiquer la conception. 
11 est ainsi conçu : Memoriale juris civilis roma>ii, quo tituli 
omnes et prœcipue leges quœ in quînquaginta Digestorum seu 
Pandectarum libris sunl, emblematibus et imaginibus ita effîcta 
exhibentur ut, una cum Ululorum materiîs, eorum ètiam nu- 
meri memoriœ irnprirni, contineri ac reddi, quin etîam leges 
illœ prœcipuœ ad suos referri titulos facili negotio queant, ad 
minuendos in studio juris labores l . 

Ce système consiste, en effet, à représenter chaque titre par 
une phrase combinée de telle sorte que le sens général en rap- 
pelle l'objet et que les lettres de certains mots indiquent le nu- 
méro du titre et du livre. De plus, cette phrase est rendue vivante 
par une image de 5 à 6 centimètres carrés qui la traduit aux 
yeux ; et toutes ces petites images sont groupées par livre, sur un 
sujet de fond qui symbolise lui-même l'objet général de ce livre 
et le nombre des titres 2 . Quant au texte de l'ouvrage il comprend 
en deux colonnes, d'une part, un abrégé des titres du Digeste ou 
du Code et, de l'autre, l'explication des figures. 

C'est ainsi que ce Memoriale fournit un certain nombre de re- 
présentations de Juifs. On peut les distinguer en deux groupes. 

Dans les unes, les Juifs représentés n'ont rien de bien carac- 
téristique. Ainsi le Juif Jacob, qui doit symboliser, aux yeux de 
l'étudiant en droit, le tuteur suspect 3 , est coiffé, sur ses longs 
cheveux, d'un petit bonnet et vêtu d'une robe longue, sur laquelle 
il a passé une blouse plus courte, serrée à la taille par une cein- 
ture. On peut en rapprocher la figure de Jéroboam 4 , choisi 
comme type de l'agitateur qui trouble la paix publique. L'élève se 
rappellera de même les mesures prises par l'Empire contre les 
Juifs en voyant ces deux Orientaux assis en train de lire et de 

1 La 2 e partie du Memoriale est l'application de ce système aux autres parties de 
l'œuvre de Justinien. 

* On peut, par exemple, apercevoir dans notre fig. 2 une partie des cornes d'un 
bouc. Ce bouc (hircus) représente en effet le livre XLV1I1 du Digeste, les lettres hi 
signifiant 48. 

3 Digeste, XXVI, 10. De suspectis tutoribus et curatoribus. Texte : Sunt sus- 
pecti qui non ex fide gerunt, aut moribus taies existunt ut suspecti habeantur. — 
Explication : Jacob Judaeus est suspectus tutor..., quia nou ex fide christiana tu- 
telam. . . gerit : est enim Judaeus. . . 

4 Code, IX, 30. De seditiosiset de his qui plebem contra rempublicam audent col- 
ligere. Explication : Jéroboam (ex. I. Reg. 12) seditiosus in lapide cojisistens con- 
vocat et colligit plebem contra rempublicam. 



220 



REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



discuter 1 (voy. la partie gauche de la fig. 1), ou contre les colons 
de Palestine 2 , en examinant ces agriculteurs debout en longue 
blouse, les pieds enchaînés. S'il y a dans ces figures un certain 
souci de couleur locale, il se manifeste de la façon la plus fan- 
taisiste. 

Mais ailleurs le dessinateur semble s'être inspiré davantage de 
la réalité. 

Une première figure sert à résumer le Senatus-Consulte ma- 
cédonien 3 qui protège les jeunes gens contre les fraudes des usu- 




Fig. 1 (agrandie d'1/3). 

riers. Un usurier tend un sac d'argent à un jeune mousquetaire, 
qui, en échange, lui remet un billet. La légende n'indique pas 
(sans doute parce que le système mnémonique ne demandait pas 
l'emploi des lettres formant le mot Jadeus) que ce soit un Juif, 
mais sur le bras droit du prêteur on peut apercevoir un petit 
cercle, qui doit représenter la rouelle. Le dessinateur, on le voit, 
a profité de tous les prétextes que lui offrait le Droit romain pour 
reprendre contre les Juifs les accusations courantes, naturelle- 
ment plus présentes à la mémoire de l'étudiant. Il en est de 
même pour l'interdit de liberis exhWendis, Dig., XIIII, 30. L'ac- 
tion ad exhibendum est un moyen juridique qui permet, sous 
certaines conditions, à une partie de se faire présenter, exhiber par 



1 Gode, I, 9. De Judseis et cœlicolis. Explication : Iusani sunt isti tam Judaei qui 
sacrum codicem evolvunt neque intelligunt quam cœlicola iste qui solem. . . colit. 

8 Code, XI, 50. De colonis palaestinis. Explication : Judaei coloni palaestini (ges- 
tant colonorum instrumenta rustica) sunt constricti pedibus ; non enim eis licet a sua 
terra abscedere. 

3 Digeste, XVI, 6. 



FIGURES DE JUIFS PORTANT LA ROUELLE 221 

une autre une chose que cette dernière détient. Ainsi le citoyen 
qui voudra intenter une action en revendication pourra aupara- 
vant s'assurer que la chose revendiquée est bien entre les mains 
de telle ou telle personne. Outre cette action ordinaire, certaines 
voies de droit sont réservées à des cas spéciaux. Ainsi le père 
qui voudra se faire restituer ses enfants détournés soit par la 
mère, soit par un étranger, aura à sa disposition l'interdit de 
liberis exhibendis l . Ici l'étranger sera un Juif. La petite gravure 
montre à droite le Juif coiffé d'une sorte de béret et vêtu d'une 
robe d'une pièce qui lui vient aux. genoux, tandis qu'à gauche 
deux enfants se précipitent au devant de leur père qui lève le 
poing vers le Juif. Celui-ci porte de façon très distincte la rouelle 
sur le bras droit. La légende est, d'ailleurs, explicite : Jerichunte 
Juda3us iste Ghristiani dolo malo detinuerat liberos, quos vi inter- 
dicti exhibet eorum parenti. 
S'agit-il maintenant d'illustrer les textes du Digeste, XLVIII, 10, 
de lege Camélia de falsis et de senatus con- 
sulio Liboniano, relatifs aux faux testaments 
et à la fausse-monnaie? Le dessinateur mon- 
trera un Juif écrivant un faux testament, pré- 
cisément attaché à une table des lois, que sur- 
monte une paire de cornes, symbole de la loi 
Cornelia, tandis qu'un de ses coreligionnaires, 
assis devant une enclume, fabrique delà fausse 
monnaie; et sur le bras de l'un et de l'autre 
se distingue parfaitement la rouelle (fig. 2). 
Enfin, on peut indiquer une dernière représentation de ce 
genre dans la vignette qui sert d'emblème au Livre I, 10, du 
Gode : ne Ctiristianum mancipium haereticus, vel Judœus, vel 
paganus habeat, vel possideat, vel circumcidat. Un Juif enlève à 
bras le corps une sorte de paysan pour le poser sur une table où 
est placé un couteau (fig. 1, côté droit). Le Juif a un chapeau 
rond, une sorte de pardessus, et il porte sur l'épaule droite une 
petite roue. La légende ne laisse aucun doute sur ses intentions : 
« Jactat Jacob Judseus mancipium Christianum in mensam, illum 
circumcisurus. . . » 

Il resterait à chercher quelle est la valeur documentaire exacte 
de ces vignettes. Ces gravures sembleraient bien en général pou- 
voir être utilisées pour l'histoire du costume ou du mobilier. 
Mais nous ne saurions dire si ces représentations de Juifs à 
rouelles peuvent fournir une indication sûre pour l'histoire de la 

1 P. E. Girard, Manuel de droit romain, 1897, pp. 615-616. 




222 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

marque. Ce signe était encore imposé aux Juifs de Francfort au 
xvn e siècle, mais nous n'avons pu nous renseigner à ce sujet sur 
leurs coreligionnaires de Lunebourg et de Hambourg l . 

Quoi qu'il en soit, ces illustrations méritaient, semble-t-il, 
d'être signalées, et l'on pourrait peut-être trouver dans des livres 
de ce genre, comme dans les bibles à images 2 , certaines indications 
pour l'iconographie juive. 

Paul Hildenfinger. 



1 Cf. Urkundenbuch tur Geschickte der Herzôge von Braunschweig und Lilneburg, 
gesammelt von H. Sudendorf. (Gôttingen, 1859-1883, 11 vol. in-4.) 

1 Voir, par exemple, Christliche gottselige Bilder Schule (Nurnberg, 1637, in-12), 
p. 60 (Bibl. Mazariue, n» 48,816). 



UNE 

NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 

(suite ') 



ii3*i a33b n« Tnp* 4658 *)3 

p "nb tnn -o ^S33Nao5p ^bw o-is">b">D ^b^arr ynv *— iu;n3 w 
nibN ii53»n Sd na -de» np^i *p3py pdti ba nbiû-n mn s*o3 
-ittir-p r<b "i dispos ^b^n n?: p ■nrwi ■nb "133*1 rrn f<33 n3ï? 
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uî^-n •p-û-a i^un T-ps ïiap* Smrt pars n^a b* taizi'n oia^s 
p tamN 3>a» î>*b ^3 non d"n»iûn S&citf^ ria d? n-oiTïi irana 
i-ibEDn mb^sna ii-i3T ib wû^\ ib "Tfbtîrt *-ns«3 ^sa nbiïsrj 
ï-r«n nttîN ïnpn73 'nn toronn narra t^im diann pwba -pia niw 

: n-^n t<irt i-in ann b'73^ iNirTo'o 

[26 4658] Acbon, frère de Baba Rabba 

Lorsque Philippe, roi de Constantinople*, eut appris la mort de 
Lévi, fils de Baba le Grand, il envoya prendre au prêtre Acbon tout 
l'argent qu'avaient laissé Baba Rabba et son fils Lévi. Puis le roi 
Philippe mourut (que Dieu ne soit pas miséricordieux pour lui, et à 
sa place régna son fils, Dahicus 3 (Dèce), qui opprima les Israélites 
beaucoup plus que son père Philippe. Il établit sur la maison 
du grand prêtre Acbon un lieutenant nommé Germanus, qui ac- 
corda une faveur aux Samaritains, contrairement à l'ordre du roi, 
en ne les empêchant pas de pratiquer la circoncision. Ils mention- 
nèrent son nom dans la> prière de la circoncision. Le savant Marca 
qui existait en ce temps-là composa en son honneur une poésie en 
araméen * ; en voici le texte : 

1 Voyez tome XLIV, p. 188, et tome XLV, p. 70. 

a Philippe l'Arabe, empereur romain. Le chroniqueur le prend à tort pour un em- 
pereur d'Orient. 

3 Dèce n'était pas le fils de Philippe. 
'* Le nom de Marca est en acrostiche. 



224 REVUE DES ETUDES JUIVES 

■*de itsh pNb Diaian û^np^Ni rimai &rn nb"H "jrnrïbKi » m» 

mbs -ra nra» fri^ mwx rtaN ■p»? isen nma iy nan tan 

ûb*b nr a^p nb« p narra nan mwnn ns^an ïOTp 

^a? p*i rtba iairv« na-i nb"nn nn •we an 

i-tniwa ttf»ab na pa* pn ruinas *aiai 

tanna ^b^ wm a'iaittt in r-iw:p na pabn n-pb^ ^aiai 

rtbaa Nb tsbyb mai Soatt «bn b-nn -nnan 

ma iaab"> nnna v«*i \izb ipsi ^r^i roai tt«»p na ;aab an-ia» 

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ffllpTa «bn "wa* i» nmb î-î^ttn ntt-pa na raab rVi pi 

rrttitu sppo nba rtanta^ nn-rnaa taabtt na^an îT^b 1 ? 

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nbvm manaba '-p-i-n "j^" 1 nnmna îaabtt nafcan !rrb-< 

s-wn mnoN "jiTana aab maia *opop72 o-ip o-iptt an 

Seigneur, ta divioité est grande, tu distribues de grands honneurs 
à ceux qui les méritent. La gloire que nous voyons ici est grande ; 
mais l'honneur est moindre que l'intelligence entre les mains de. 
Dieu. 

C'est nous-mêmes que la grande excellence [Dieu] a doués de l'in- 
telligence, don du Dieu éternel. 

vous qui voyez une joie forte et grande, que Dieu qui a ainsi agi 
soit glorifié ! 

Heureux les parents qui voient le fils se revêtir de la circon- 
cision ! 

Heureux l'enfant qui s'en revêtit le premier : c'est un baptisé puri- 
fié sans eau. 

C'est un élu puissant, sans aucun défaut; c'est une création qui 
ne cessera jamais. 

Abraham s'en revêtit le premier, puis ses enfants et ceux qui 
étaient nés dans sa maison ; il recommanda à ses descendants de 
s'en revêtir. 

Aussi celui qui ne s'en revêt pas le huitième jour n'appartient ni 
aux Hébreux ni aux saints. 

L'enfant que l'on apporte revêtu de la circoncision, Dieu, qui est 
haut dans les cieux, le gardera ! 

L'enfant que l'on apporte revêtu de la circoncision, qu'il soit fa- 
vorisé, parvienne et arrive au degré de la vieillesse. 



1 Ce morceau a été publié déjà par Merx dans les Atti de l'Academia dei Lincei, 
1887, p. 556, mais sans traduction. Celle que nous donnons ici est eD grande partie 
l'œuvre de M. A. Cowley, à qui nous adressons tous nos remerciements pour son 
obligeance. 

* Ces mots, d'après M. Cowley, sont probablement la déformation d'une phrase 
grecque. Nous renonçons à les expliquer. 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 225 

iy t-ihm mbs S^3 -p-ion î-tt isny* fcmttiûrj Samû* ^m 
j-HB* nui&o rn:n o^o-n top^ fcâïiih tzp7m ^m ï-itïi to-nti 
o^dvj nx atifis 'pnpy Sywïi ïttSïi ttpm ta^ïi nsoa airû 

Ï-IU5N rP3 b« Ût» Nim MilO Émp Sn *jb"n T3B73 0^*7 rrwn 

rfriw rrnp Sn t>om ata^n tD^?2 Y 5 ^ ic:3ttN rrarci r-T373bN 
im?2 -nn» wi fessai d^-d fcrvnïa rwi irrwoa ûuj N»nm 

fin inbu5 niziN or£D rn« p np 'papy Srtoîi pan nbiû'n iei» 
ï-hb* ï->n srojn towrNïi yns Sx r^n 133*3 nai r^aa 'in 
in» toe ^ntzJN sp3>n ns naia ^ ts^rt nsoa airo ^ntûÉO 
">327a ttî^N bsn 13 rp^n nt i-rrîTi b^ rna tzpma nïna ta^anatt 
ffi^Na ittîDn^n û"HN hûsn wpn. OT'iDy pj>£i tzmi-ia nnb binuii 
ï33jn wirn ">nb "iab->-i nsujan ^ni» î-it bai. in» mimi t^i^n 
13 iu^e 13 roio f-p-ip ba cno-n ^-n-ian innN DnoaN r-i:>3Ui 
S* iib nbaiDn, snnia bN i&nm ncaattN î-raban maa ara Nnri 

L'enfant que l'on apporte revêtu de la circoncision, qu'il soit fort 
et passe de longues années dans le vêtement de la force. 

. . . que soit mentionné pour le bien Germa- 
nus, le magistrat romain. 

Les Samaritains récitent ce chant à chaque cérémonie de la circon- 
cision, aujourd'hui encore. 

En ce temps là surgit Dosis * — tous ses actes sont écrits dans les 
annales — et le grand-prêtre Acbon voulut le mettre à mort '. 
Dosis s'enfuit vers la ville de Suça 8 , où il logea chez une veuve 
nommée Amanto. De là il alla à Anbata, où il se cacha dans une 
grotte -/il y mourut de faim et de soif. Après sa mort, des chiens en- 
trèrent dans la grotte et dévorèrent son cadavre (que lui et son nom 
soient maudits!), 

Le grand-prêtre Acbon envoya Lévi, le fils de son frère Phinée — 
le même qui avait été envoyé par son oncle, Baba le Grand, au pays 
des Romains et avait fait ce qu'il avait fait, comme il est écrit dans 
les annales, jusqu'à ce qu'il brisa l'oiseau que les Romains avaient 
placé sur le Mont Garizim. Chaque fois qu'un Israélite voulait mon- 
ter au Mont Garizim, l'oiseau criait : « ebrseus », et les Romains 
tuaient cet homme ; tout cela était arrangé au moyen de la magie * 

1 Taulid., p. 21 : ibisba p d^PDVT. Aboû'l-Fath, p. 151 : Dosis ben Fofali. 

2 Notre auteur ne dit pas pourquoi. Aboû4-Fath raconte longuement ses aven- 
tures : c'était un hérétique qui, voulant perdre un des Samaritains, lui vola son taleth 
et l'engagea chez une prostituée, pour faire croire qu'il avait eu commerce avec elle. 

3 Aboû'1-Fath. : Schuwaika. 

4 Aboû'1-Fath, p. 139-143, raconte longuement celte légende, qu'il dit avoir trouvée 
dans une ancienne chronique hébraïque. C'est la légende de Rome. 

T. XLV, N° 90. 15 



220 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

in» npN fca^tiîaNfi ban ^n? ^N n»«m îaaaN sr-ra^n ^m crt*n 
nra 3in^ Nii-n fca?irw t"^ WM 3p"n ia\sn ï— ft "»b« Ha 

wi n;TiN nroafi ï-it watt ->ba ^nwN'n iana7272 î-iba t»"i ana^n 
va»* H*bi ^k bTtoîi jroïi p *o n br inpa^ &iti53k ^nn« 
tsnb iTan ^pr^a in inNir?: t<: un innan *pbN iNa-> vpaaa 
anawn "iianv -pnaï v»©* 1 tari ana^n î-it ^ana^i "pni* ^auna 
**ib ^aa i-npN ^ni ia annan na*in r^N nann na i^np" 1 "i* 
H.» îatTÏT,! ^aan nata nbaa^ *iy ia i*jp r><bi anb anaan l'ann 
H-ba' m*m r-ian auja nain rit bs> "a^ara-n î-ra^a "ja tanim 
tsna^n bis na^-n i-isaban ^na*i hN ">ib raia ntBeo ^rrh 'n'0 
nsw\a naan nisTa isn^a ï-in ynns ^a îa^j na nanaan na* ^i^n 
na bain naan bs> ira n^N ta^ua^n "ja in» vrn nnaai ^mn 
p*3pn "nn'iaai raa.1 "pYas» D^crnan n ^a •maa'w ma» n:aa bj^i 
bapi nn-n ">3iD imab *nb irn anna ttnïri nbnia npyis "nb vb* 
-«u:"«b\an ta nn*n *nb inann^ iiiafinn pvxa naa nia&o naan nsaa 
nnxi anna abna toanrm V2$ nujN tr©a«n nynir* ïtt* na» ^anm 
rni^n n&n&o n^an r-iwa baasi na raaa ia£?b *nb na» "p 

— [Acbon envoya Lévi] à la tête de sept hommes à la poursuite de 
ce maudit Dosis à Suça, car ils avaient appris qu'il s'y trouvait. 
Ils entrèrent chez la veuve Amanto et l'interrogèrent au sujet de 
Dosis. Amanto leur répondit : « Cet homme est venu chez moi et y 
est resté quelques jours ; il a écrit ce livre. Lorsqu'il l'a eu fini, il 
m'a dit : « Garde ce livre chez toi ; des hommes me cherchent, car 
je suis le fils du grand-prêtre, et ils viendront vers toi. Si j'ai trouvé 
grâce à tes yeux, dis-leur que j'ai habité chez toi et que j'ai écrit ce 
livre. Lorsqu'ils te demanderont le livre pour voir ce qui s'y trouve, 
ne le leur donne pas avant qu'ils ne se lavent dans ce puits. » 1\ m'a 
fait jurer à ce sujet par le nom de Dieu et par son serviteur Moïse. 
Lorsque Lévi eut entendu les paroles de la veuve, il dit aux 
hommes qui étaient avec lui : « Que perdrons-nous à nous laver 
dans ce puits et à nous purifier de la poussière de la route 1 » Un de 
ses hommes descendit dans le puils, s'y plongea, puis remonta en di- 
sant : « Je crois en toi, Seigneur, en ton serviteur Dosis, et en sa pro- 
phétie l . » Lévi poussa un grand cri et le tua de son épee ". Il dit à un 
autre d'en faire autant ; celui-là, étant remonté, prononça les mêmes 
paroles que le premier. Lévi le tua également ; il tua ainsi tous les 
sept hommes l'un après l'autre 3 . Puis Lévi se dit en lui-même : « Je 
descendrai me plonger dans ce puits et je verrai pourquoi ils ont 

1 II faut peut-être lire ïnsoaim, au lieu de VrYDai Vaai. D'ailleurs Abou'l- 
Fath, p. 155, donne la leçon correcte. 

8 Abou'1-Fath dit seulement qu'il le frappa. 
Abou'1-Fath : de sorte qu'il ne resta pas un seul d'eux qui ne dît les m^mes 
paroles. 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 227 

"HBKp -nttà 7127373 b'**n hfttbn ba i^i wy fia ri^bi rjbNit ta-na^rr 
ama t^nn rtsrn L>n"H o^oi^ narra '-nm ana73ri r-iN np'n i^?jn 
ntit* n73a rnimpri mnnn )i2 û^an û^b73 n;7373 ^rvaTan mnnn ^hdo 
rnN nnÈti^n n732 nano m-ip» ûiuîijn np^n nn3>a te^nrhii m* ■jrra 
pan bai "nb t^a'n roûiipri tzou: n^b narna-n D^om ana nuîtf ba 
feai-ianH nna wi tt^n hN ns&lJa ab nb n^am nn ïnap* SStSH 
•pan i*iV7 '^dj> ^-naTrn "na tap-n rio&ï-î ^n îefcn hab Dira rnbarn 
in :p&n ^a wi bantip npT bab toe ^-rp^n pnoa >np73b "papy 
nn;'i nw» ûnnpbn rnnnn ^73*01 ait» mnaat annpbn '"t ^na^ib 
Jsnn ^nnj'it *pa a'îrî» niN ib n-warn ta^sittart rnyrt ta nnwn 
nr73ia -kzj&o iifpi o^on ma? ^ 't n73N nuîNa nn3>£ «a ^nwam 
r|aa î-tb-na nprs pysrn ^73 *w v\-\^p^ nsN Hrrn iiap^ nn 
n5a"n a^a^a ipn n^a-pn û^aata tti« nain tzjrrs at> n73&rn n73nai 
d^:«rn rrrri tavn n? -nb ba n?au: n&np^n Earuato b^ n^b? n^to-n 
nns^n owi ana73 ■£5 nab"n nbnpn ûnsi^N n« noa 173^ nabn -iU3n 
• , 73'>ai pwn naoa taranna fcaïthai ban binu;-» ^a73 a^an ta"»tDâ« 
.tanp73 nsnaT nuîNa rnp-173 nryna t<iS733 ïr>tt ^rbntïl inap? 

commis ces crimes. » Il descendit, puis, étant remonté, il s'exprima 
comme ses hommes. Il prit le livre que Dosis avait écrit et il vit que 
c'était le Pentateuque, dans lequel il avait changé beaucoup de mots, 
comme Ezra avait fait pour le Pentateuque juif. Il emmena quelques 
hommes de Suça, tout en gardant le livre de Dosis, et retourna à la 
sainte ville de Sichem. Il vint chez le grand-prêtre, son oncle Acbon, 
et lui dit qu'il n'avait pas trouvé cet homme. 

Après ces événements, au premier jour de la fête de Pâque, Lévi 
se leva sur l'ordre de son oncle Acbon pour lire le passage : i< Et 
Moïse appela tous les anciens d'Israël » (Exode, xir, 21). Lorsqu'il 
arriva au verset : << Et vous prendrez un bouquet d'hysope », il lut, 
sa'tar (marjolaine), au lieu de ezob (hyssope) . Les assistants se 
mirent à crier : ezob ; il n'y a pas sa'tar. Il répondit : « Non, il 
faut lire sa'tar, comme Dieu l'a ordonné à son serviteur Dosis. > 
Lorsque le grand-prêtre eut entendu ces paroles, il entra dans une 
grande colère et, furieux, il cria aux hommes : « Lapidez-le. » On le 
lapida et il mourut ; puis on mit sur lui un tas de pierres, appelé 
Gai Lévi ! jusqu'à ce jour. Les hommes qui étaient venus avec lui 
dissimulèrent leur croyance, et avec le livre de Dosis ils firent beau- 
coup de prosélytes 8 ; toutes ces choses sont écrites dans les annales. 
Sous le pontificat d' Acbon vivait notre seigneur Marca, dont nous 
avons parlé plus haut. 

1 Aboû'1-Fath, p. 156 : i"ib Ï"P1D173 « la tombe juive de Lévi (?) ». 

2 Vilrnar, p. lxxii, dit que le nom de la secte des « Dositéeus » mentionnée plus 
haut doit se rattacher au nom de Dosis. 



22S REVUE DES ETUDES JUIVES 

baana 4689 tf? 

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narra» ranam 12 yisrtm fpsyt» p ta*na ba srav n« t^iam 
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ttiûwi 273^3 b^ana 'iti na^bK nfcîo nia» ba -i73Nb nns^n b&* "p^o p*n 
s^bi 1U533 ns «nom b&ona 'nn p b« r^a ^b ansn r^tuab ittem 
imaïi h? tana^ ^bi« Ta» nt* i-tfina i* 137373 t^sn "in7û^a tzrurn 
la^ba mai nns^n ^bia in inaras ï— in a-^nb baïai -inm ra-nm 

[31 4689] Nathaniel 

Ce prêtre avait un fils nommé Bahaam * ; il avait aussi une ser- 
vante, Soûl. Cette dernière aimait Bahaam, le fils de son maître. 
Elle lui témoigna une grande passion et lui dit : « Couche-toi avec 
moi. » Il refusa, lui disant : « Comment commettrais-je ce crime et 
pécherais-je devant Dieu, étant d'une sainte famille? » Elle usa de 
pratiques condamnables à cause de son grand amour pour lui, mais 
il y fut insensible, car il s'adonnait aux prières et à la lecture de la 
loi sacrée. 

Elle alla chez un mage nommé Simon — il était de Tablin 1 — et lui 
dit : « Mon maître Nathaniel m'envoie te saluer et te demander de 
tuer son fils, qui est désobéissant et méchant. Il désire que lu le tues 
secrètement, car il ne peut pas le voir à cause de sa méchanceté. Il 
t'envoie douze dinars d'or en te priant de te hâter de le faire en 
cachette et non ouvertement. » Le mage Simon, incrédule 3 , répondit 
à la servante : « Je ferai tout ce que me dit notre maître Nathaniel... » 
Il dit au chef 4 de la magie : « Va, prends le fils de Nathaniel, mais 
ne le fais pas mourir ; peut-être son père regrettera-t-il sa mort et 
voudra-t-il le conserver en vie ; alors nous pourrons lui rendre son 
fils vivant. Il se peut aussi que la servante ait dit tout cela de son 
chef et à l'insu du prêtre Nathaniel 5 . Le chef de la magie se rendit 

1 Aboû'l-Fath, ibid. : Yahaam. 

2 Ibid., Alic. 

3 Aboû'l-Fath, p. 158, dit le contraire : ii crut que la servante disait la vérité, 

4 On verra plus bas que c'est une faute pour Î01D3. 
8 Aboû'l-Fath, naturellement, n'a pas cette phrase. 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 229 

ataïi t^iaa ^Vn pa jt Nb b&wna 'niri nSat^ïi rttîi ^a^in fci« 
bav NbT TUsa baar rtsm ma r^-m "p^o' nima ^nuisa aitt p 
■D in yx* baiN ï^sb vb&t naan c^ian "p^ro ba ara-i na ?;p 

■o î-um "jbi aitû "p^ro ib n»am ump ba&o nma wam rarip ann 
•jtt rsba "b iDNTn rbN 'fb-n ia raisn umpn "îbaa» yn nba"> 
r<b ib nw&ri ptro bN 3"inîi r^taa aOT i-ibsnb au) tD"np?i ba-N» 
aaïa-n î-ibsnb vny miprr SaNïï i» !-rba "lUJNa ^a rb* ^b Mba"< 
S? i^ rrb^b ba ra^n rm niasw ï-je ">3Ni tnma ' Sj> i^-n 
f-nbrrnbi nvmûbi r-nb^snb insaon i|p nTO'n "însiziE ypn î-nnta 
ynro ib ^itt&m an i3ia 13 3>aa SaiN "-pan pmna t^np^bi 
i-rb->b -Hp wd i*» p U53>"»n ^tacm r-fmb np w&i ^y ib ids: 
tap^i n?3M i^3 p» tDa»m ->n^-i "iuîds Sa» îDism tarïia 'nn p3 
î-ip*at ipjam n?3 Da>m i-win -îarm npa3 roiip bai b^na «nsi 
tempes bip brjpn la^ia T^aa irm nsa *ia» ït-iïï-i î-rbria 
i-na bx gpaian p7^o fia r^-rD-n 133^ ba«rû 'nn isn ba i^a^i 
i-n» imaai S-ibvrs inpa»3n laa baaa t^iïi naï-n t^Tn baana 'in 
ï-in* ^ma nanN ''a'HK ^a nnoaa i^a* na^rn "pba raa'n Ti^oa la» 

chez le fils de Nathaniel, conformément à l'ordre de Simon, et le 
trouva mangeant la viande d'un premier-né ; aussi ne put-il le 
toucher. Il retourna chez Simon et lui dit : « Je ne puis pas le 
toucher, car il est saint, et mange de la nourriture sacrée. » Simon 
lui répliqua : « Vas-y une seconde fois et lorsqu'il aura fini de 
manger, saisis-le. » 

Il partit de nouveau, mais lorsque Bahaam eut fini son repas, il se 
mit à prier. Le chef de la magie revint vers Simon et lui dit : « Je 
n'ai pas de pouvoir sur lui, parce que, quand il a fini de manger, il 
se met à prier, puis se couche sur un lit pur. Que puis-je faire 
contre un homme qui dort toute la nuit dans la pureté, et qui, lors- 
qu'il se réveille, se met d'habitude à prier, à louer Dieu et à lire dans 
la loi sacrée? Je ne puis pas lui faire de mal. » Simon lui dit : « At- 
tends qu'il ait une perte séminale et qu'il devienne impur. » Il fit 
ainsi, et alors le chef de la magie saisit son âme; Bahaam parut 
alors être mort. Le lendemain au matin, le grand-prêtre Nathaniel et 
tous ses proches se levèrent, et, voyant Bahaam mort, ils crièrent 
avec amertume. A ce bruit, les gens vinrent dans la cour de Natha- 
niel et pleurèrent. Simon le mage y vint aussi et, voyant le deuil et 
les pleurs amers de Nathaniel, il s'approcha de lui et lui dit tout 
bas : « Monseigneur, je te vois en grand deuil, et les gémissements 
que tu pousses sur ton fils sont affreux ; pourquoi donc m'as-tu en- 
voyé la servante afin que je tue ton fils ? Maintenant je m'étonne de 
te voir dans un si grand deuil ; si tu veux que ton fils revive, je 
pourrai le faire. » Nathaniel lui répondit : « Si tu en as le pouvoir, 
dépêche-toi. » Simon se plaça au chevet du fils de Nathaniel, pro- 
nonça certaines paroles, et le fils du grand-prêtre se leva et se mit 



230 REVUE DES ETUDES JUIVES 

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•pa by ba« 3-13 ^manja s-iny hpTM ^rnam inmtti imaâ bb^a 
^éons '-iS jsm p ba> t:n bia^ *pa n« r-irrrib yisnn un nnan 
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tatû laW» bNSns 'nrr p lato rnNDb iwa œ:m p mtajb ta infc 
aa a ,ta n Nb r^nm rbîn ba> 1173 a» *n 'in p ap*»i n^b^a t^np-n 
ïwa hm» *p intrsaî ma bfcttna 'in r^raii nm tara ib ses 
ûan isa aa> nnuî^ nuîN ban tr&rraan *wb r-nan ^ ttbï» 
"tfttra n^N fcattSîi rra>b nmN îmfcvi bawna r -jti wa nttian *;wo 
SïScaa n^ bN ^br btona 'nn 17a r|Taian p^">o ttWiarm nui 
y-1^31 ti^bn "pan q^-ian 'ptro $?a nnp na^na wa a^ wwn 
ons^a î-pn ssrèffr !p3i ira nnp imn p "iriNi "tn^irjn tan7a p 
n^N rîatssîi BsrNtî ptt^o' ni>n ^a !r*n rrtTaaoa n^ ■çmbi? p 
ni maraa i* ^ra pm rba ^tttcn r-rm ss^a ia w yïy& i?au5 
hN ara> n^aNb p7a">D nN ilWïi pb^D pr tiarfitt ton» p anur 
tawa 5S351 istd^ ûin bar t^bi n"a a^an na«a nnrt "a nrn nain 
Niam -wiraK 'un fcaia ra\a ^ina o^an •nesKîo tarp-iD in^"> ann 

sur ses pieds, ignorant ce qui lui était arrivé. Dans ce même jour, 
le prêtre Nathaniel fit venir sa servante et, l'ayant frappée, la força 
de raconter aux chefs de la communauté tout ce qu'elle avait fait 
avec le concours de Simon le mage, contre son fils. Puis, sur l'ordre 
de Nathaniel, on la mit à mort en présence des témoins qui avaient 
entendu ses paroles. 

Simon le mage avait honte de paraître devant le grand-prêtre 
Nathaniel; il alla à la ville d'Armina l . Là il y eut une rencontre entre 
Simon le mage et les disciples de Jésus, fils de Marie, de Nazareth. 
Puis il se rencontra avec un juif philosophe d'Alexandrie nommé 
Philon. Simon, voyant que ce juif était intelligent, lui dit : « Aide- 
moi à détruire la religion de Jésus, fils de Marie de Nazareth. »Mais 
Philon le juif lui répondit : « Laisse là cette idée, car c'est la volonté 
du ciel, personne ne pourra rien y changer. » En ce temps appa- 
rurent des sectaires disciples de Dosis (que son nom soit maudit 1) : 
la première secte s'appelait Ab'ûnai ; elle s'établit dans le Basan. Le 
nom de la deuxième secte était Abîa, et le chef s'appelait Anthamî. 
Comme il se trouvait une fois avec ses hommes dans une maison, la 
maison s'écroula sur eux et ils périrent tous. La troisième secte 
s'appelait la secte de Katitai'.Dieu, qu'il soit loué, les frappa d'une 
épidémie. La quatrième s'appelait la secte de Saktu % fils de Tabrin, 
fils de Nin. Le nombre des gens qui le suivirent fut de cent dix-huit. 



1 Aboû'l-Fath, p. 1S9 : Armiya. Est-ce Rome? 

a Aboû'l-Fath dit qu'il a trouvé ce nom dans une chronique écrite en hébreu, mais 
les chroniques arabes portent Kailatai. 
3 Aboû'l-Fath, p. 161 : Schaliya. 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 231 

aruttî-n msN rmnN n?ap iidn 'a'n dttn dtt dis m 'jitfd ba npidïi pnt 
maïi Sis'n 't< rr^aa t^êo t^nri ^jrçvi "VonaK iee dnb ^-ibn 
t^nïi ^p-ia vs n^i "•«crup np^D 'an didi tsbid mwi toi-pb* 
fcpt^Nn nso7: is-pi p p •pnaa p nnao npns "isi mai nain 
•^aa rw i-ptû^nn didi id^ nia* na^ian rtNtt i-mnx idbn nia» 
riNî «siffla ^d n^biN ma* t-piaran duîT trriN rroan tom piis 
oizn rrmadoN t>nn "ps *py ^aiauj )n mbiN itduj Minrt np-ioï-ï 
h?d innda p "nnan ^N'JipDND rro rmriN n?:p ^hujn. rp^niBfi 

•173© Tnao t^iii miN o^d"H ^pns 

■papy 4709 5 

nwia 4734 ni 

tanin papa* 'an ûia tzpaidp dm ^aui ib -nn ^nt^bM inati ï-it 
ba> *np£Pi n-i7ûb ^-ita'bN w iaip ^ 'W tzp-na ûmn&n baana 'aîi 
"i^n ' — i^^-itri na^bsnwi !T3*^&n?a I7au3i rtattiN ba»a ©■»« van ban nna 
b*ja ^a ^n^ baana ppn teuîn mim b-nan ta«3 dm w ib 
nb nnnb taa^Ta w^bN 'nn ra ba» s-rab^sma Y»afiS ïam min^ naa 
!fnîT nnpb psnn «b t*wi îiîïi m^a tn-niï **tî ^a Wi miiNb 
tua d^aïav 1 m ■* bman -p* ba mam ba>:nb nb na^bd'-iTa p 

La cinquième s'appelait secte des enfants de Josadac ' ; ils étaient 
cinq frères. La sixième était la secte d'Elie, car le chef de cette secte 
s'appelait Elie ; il habitait Alexandrie. Le nom delà secte qui lui suc- 
céda, la septième, est la secte de Pascutaï. Puis toutes ces sectes de 
Dosis (qu'il soit maudit!) disparurent. 

[20 4709] Acbon 

[25 4734] Eléazar 

Ce prêtre avait deux jeunes fils, dont l'un s'appelait Acbon et 
l'autre Nathaniel, et une fille nommée Marie. Lorsqu'Eléazar se 
sentit près de mourir, il établit pour tuteur de ses enfants un homme 
de confiance 8 , nommé Marphalina. Celui-ci avait aussi deux fils, 
dont l'aîné s'appelait Juda, et le cadet Nathaniel. Lorsque Juda fut 
devenu grand, son père Marphalina voulut le marier avec Marie, la 
fille d'Eléazar. Mais Marie, ayant appris ce projet et ne voulant point 
épouser Juda, fils de Marphalina, s'enfuit à la ville de Carmel, où 
habitaient des parents de son père Eléazar. Marphalina rechercha 
Marie, mais il ne la trouva pas ; il apprit plus tard qu'elle était à 
Carmel et qu'elle s'était enfuie, parce qu'elle ne voulait pas épouser 
son fils Juda. 

1 Aboû'1-Fath, p. 163, donne comme variante Sadoc; cette secte a probablement 
un rapport avec les Sadducéens. 
* Aboû'1-Fath, p. 164 : un parent à lui. 



232 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

t^bn fcyn» nN n^bci» rcpa'n wb« "irt I-psn 'tt'npfc fcpttiN 
132 rima» bba ■oi baion wa rs^tt ^a j>m p nrian nN£?2 
•nzwh mm wi tm» ibna ^ irm innpb yisnn t>o ^ mim 
■ob-n fcarra» rnz^n*< &nb ïrv riai< Nbi tarraN nujrp ra»be-ng ^ 
ny»bDl» nana -nb« -nam v»b îwn o^oba ^bwii ba dn^buî 
p -nnNi oittdba ^b»rï ^d* n^bon» ns» tarrb nm bab irptcn 
p ift\a î? bTi ^n tw Nim b:>ab nb Tp" 1 to^n tzp-i» npn 
nbc-itt ieu) n« t^np-n nat p ib mb^i ^bsî^^ -p* ■mûvto id-ih 
r-n*» ra^a dp ùnrt towa nsus-iûî ï-tto*© hn t*npm na aa irribn 
•p» ^b tainatiàtt "»sa ^b-n onrrûDN iwiai ■nsnsfi tm» p yra^ 
n«a lira oodn wa f-npaa nain ht ïsnm 'n 3>au -nba yw> ^n 
o^aron» ^pfcn iita ^id mptt r-m^nN p "nnai ovoTiîan asi^n 
♦na i»b nuîN oodn nabn n« mpfcft mauî'n 

•papy 4758 *Q 

yniïn ht t-oa d-vabroi ma-^m r-n&oa ^a^i tzpsba yanx tnïuja 
'piN nx atû'n 'pn tzaaia nr?a miûrt tnpbn n^a riN brtttt 
fcwn naa ta^aiNi ^aiN narm iTb« ta^arai rttitttt inra-osn t-na 

Marie et ses deux frères, étant devenus majeurs, réclamèrent à Mar- 
phalina la succession de leur père; mais il ne voulut pas la leur resti- 
tuer. Ils se rendirent tous les trois auprès du roi Balsamis et ils lui ra- 
contèrent le cas de Marphalina. Le roi donna Tordre à Marphalina de 
leur rendre la succession de leur père. Après cela, Marie épousa un 
homme estimé, riche, vaillant et pieux, nommé Ben-Harasch S un des 
habitants de Raasaphîn. Elle mit au monde un fils, que le père nom- 
ma Marphila *, et une fille nommée Suzanne \ 

En ce temps se leva un chrétien nommé Eutychès, qui enseigna 
aux chrétiens que Jésus n'a eu qu'une nature. Cette opinion fut dis- 
cutée à Ephèse dans un concile ordonné par le roi Théodose \ Puis 
un second concile, convoqué sur l'ordre du roi Marcien, abolit l'en- 
seignement d'Ephèse 5 . 

[24 4758] Acbon 

Dans l'année 4735, ce prêtre construisit la synagogue du champ* 
dans la ville sainte de Sichem. Elle avait soixante dix-huit coudées 
de long, sur quarante-quatre de large; la hauteur des portes était de 

» Aboû'1-Fath, p. 165 : Ibn Al-Kharat. 
* Aboû'l-Fath : Marf'aka. 

3 A.boû'1-Fath : Sara. 

4 Le mot lûDIUÎ a certainement ici le sens de « roi ». C'est l'empereur Théodose II. 

5 II veut dire que ce concile, celui de Chalcédoine, condamna Eutychès, absous à 
Ephèse. 

6 II fait allusion au morceau de terre que le patriarche Jacob avait acheté à 
Hamor, père de Sichem. 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 233 

Srm73U3 tnbi'rt atrm ri73N nra* rrran r-renan r-pa ^nb^i ri7aip 
fcamN mpb *rc?à rrorôri Tibl hs ïitt^p'n n^a b* aOT ira a a 
i73">"i2:^-i taabtfjv-p i^n sftist unpTa r-paTa oi3&otih ^bTan ■*©:»« 
nnn ois^-nN 'fbTarj *cy nm« isa iibk rrçj^an fins 53» dms 
n»N3 irâttt ta^-mn ^inN ^tn b« n^a û^ma nn nnan7afi t=np7an 
m* ^a^Ti» nwa ta-n awa l.ba ï-nn ntziN dibdpdn "jbjtfi b» 
*]b73fi taanpb -ton nsnnan taa^nbnn -nw&ib ta'nEiBn bornai ^aa 
nia -iujn nc^an nno ba> a^um tpwnsi taip» nns ba>7a Disa-n-iN 
fins b* d7a^Z3"n d^-paiian rasiu) V^P^ û^P^ tourna nn nnn finis 
nN oiaspoN *]b»n 27att nuJNd ^ïti aauj *p*a rtm» &«a nu5N ïwrçstt 
r»ba ^i *papy bYWfi pan na ^mpb nbwn idn nn^i ni- na^in 
tar^ana dn tr^Vlan "^a rufr* t^bn ib ' — i^n">i vt *pa nua^-n 
."jw taaiwa np-> ^aa ©•»* *p&n i^brab na^i ba i:nu^ la* ynaa 
nrra nias fiins ^iTaa iïî'w w&n Nb aatta tafia 12 'pNa fcaa^ab7afi 
^afi fia }iapa> bilan pan la^i pbn ia ^b pa aauoa tarn 
ca^asi -p^a* yiNfi wn bai 138 ?5 "wp ^n T,b7afi w« nTaab 
iai s^npTam mbatb ï*w*3S n"»a taaipTafi fit maab n;b7afi ^ai^NTa 
rrba na* Tn&fi "pay *36n aia baa matai fiJaTafi "«anab c^tnpa 
fi/^fi ynwa a*<nfipbi nsa>a iaa^iTaa y-ian ba> ta^bisa ca^nbifi 

quinze coudées et la largeur de huit coudées. Il mit à cette syna- 
gogue les battants d'airain que les gens de l'empereur Hadrien avaient 
enlevés du temple des Juifs à Jérusalem et placés dans le temple 
construit sur l'ordre d'Hadrien dans l'endroit choisi, le Mont Garizim. 
Après ces événements les ennemis des Samaritains dirent à Esco- 
phatus l , qui était alors le roi : « Acbon, le chef des Samaritains, a pris 
les battants d'airain enlevés par Hadrien au temple juif et placés par lui 
au temple qu'il a construit au pied du Mont Garizim, et il les a rais à la 
synagogue qu'il a fait construire à Sichem. » Le roiEscophatus, à ces 
mots, entra en colère et manda le grand-prêtre Acbon. Lorsque ce 
dernier fut devant lui, le roi lui dit : « Ne sais-tu pas que ce sont les 
rois qui décident dans le pays pour que Ton rende chaque chose à 
son propriétaire? Gomment donc un homme comme toi a-t-il pu 
prendre sans permission ce qui appartient au roi? Je n'ai jamais vu 
un homme comme toi se révolter et dérober ce qui ne lui appartient 
pas. » Le grand-prêtre Acbon répondit au roi : « Mon roi, je sais que 
moi et tous les habitants du pays, nous sommes tes serviteurs. Nous 
eûmes la permission du roi de construire dans cet endroit une syna- 
gogue pour y prier, lire la loi et bénir notre seigneur le roi et le 
mentionner en bien. Moi, ton serviteur, j'ai vu ces portes à terre et 
couvertes de poussière, je les ai prises dans la terre qui appartient au 



1 On ne voit pas de qui l'auteur veut parler. D'après le contexte, il s'agirait de 
Léon I. Mais, si l'on s'en rapporte à ce qu'il dit plus loin au sujet de Zenon, il fau- 
drait placer ce roi inconnu plus de cent ans avant. 



234 REVUE DES ETUDES JUIVES 

ba pn î-NW' ^bttrt wa ' — i\25-»ï-r ba î-insn *jb73rt nnma a^nttttii 
^natt p nn*o *papy 'in br ^bart tona^n rtU53>3"i 3>73U)3 131^ niû« 
bptû r-iiN?: wtoa pap* bi^a pab a^nb-irt hN tnaspON ^b' 251 
■wb ^jbftrt TO artî bp\a rn«n ttia fia 'papy part p'n airtt 
mn b* tort '-ipa d.viblrt ^a i-p ts ^jbfcrt ib amb^i ^bart ^n 
h pd' v i tobi? "ir Tin» vsa rm va a t-iabttttai nabtta tort -inu^aa 
V3a> tebrt nia» a^ato t^irt ittiptt b« arav ^bttrt nx *pap* Srt 

,aab aiiaai î-inwizn jbrçrt bir^b 

wbN 4775 f 

•papy 4805 ^ 

wba 4845 fi 

toaia w bN fcrbi3>rt iaa nîsbis bvurt part rtt narta wa 
rtï pnttrt a,ov ia«a« nap &"»aoft tort nu)N to*n?rt b« touî» nabv 
i-in in^tt s-ime a"rt ■èâv dïm* ^n vm^s* pn»73 "iiapav 
•nuam tpv p^atrt nap Ssne a^a î-nrt ujn iïe? c^nrt nan73rt 
dna^brt "nn&o irnav "î&rpv ns-ittrt rtt a^bn^rt i&nv a^ttîrt *«*p 

roi et je les ai placées dans un endroit qui appartient aussi au roi. 
Maintenant, le roi fera ce qui lui plaira, et nous obéirons, faisant tout 
ce que le roi ordonnera. » Le roi revint sur ce qu'il voulait faire au 
prêtre Acbon. Puis le roi Escophatus vendit les portes au grand-prêtre 
Acbon, pour six cents f sicles d'or. Le prêtre Acbon paya au roi les six 
cents sicles d'or en présence des hommes du roi. Le roi lui écrivit de 
sa propre main que les portes fixées à la synagogue étaient sa pro- 
priété, qu'elles appartenaient à lui, à ses enfants et aux enfants de 
ses enfants jusqu'à l'éternité. Le prêtre Acbon bénit le roi, puis il 
retourna chez lui content et joyeux, ainsi que tous les hommes qui 
étaient allés avec lui chez le roi. 

[17 4775] Eléazar 

[30 4805] Acbon 

[40 4845] Eléazar 

Sous le pontificat de ce prêtre, les Chrétiens 2 vinrent à Sichem, et 
de là ils gagnèrent toutes les villes qui sont dans les environs du 
tombeau de Joseph le Juste, avec le dessein de transporter ses osse- 
ments dans leurs villes. Mais Dieu fit un miracle : de la tombe de Jo- 
seph s'éleva une colonne de feu dont l'extrémité atteignait le ciel. Les 
Chrétiens, à la vue de ce miracle, s'enfuirent; après leur fuite, la co- 

1 Aboû l l-Fath, p. 168: sept cents. 

s Je traduis d^b^U* d'après Aboû'1-Fath, p. 169, qui porte ^N3t3. 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 235 

tamiatûii Sni^ i» "hwn id^a-n nans t^bi \unm *vv2y ^p&î 
-ibbïm i — ttï-t tn^tt *iy iznsrto i^ap 1»'»»^ ittipTo Sn ^di*ïi n« 
S53*?ïari DiD^nsa "jbtttt lrr*!n dnn d^di Sahci ^i-tbN /ta i d«5 ns 
on^Di nan\NT wba û^ïTSM mttiîs fin nrrpb teFVuh i«a isb» 
WïTj Sbaa û"ntttt3n baw '•Sd ^m d^d *ftm ûinab yn^n st^nt^ 
fcjttrfHatt iian t2ttip»73 ûmpTwb ibdH c^b-i ftbrw i-jttnb» r;Tn 

»toWfc ^sod î-rmnd &rrr n«tn 

ba3ni 4876 ^ 

U5pa^ fts^asîîi Saniz^ -sa t-)N ynb'n 'ptt use -n* ^n tan** 
■«bepiiS^ u^n Sd ths* bdb "i£*i t^bi^rt k-n?d «ikw tana 
r*npb nbu^ -ndiîîi n^î Irwii m^ fc^b^;-; mya r^tin^ Nb ^ïïn 
d^bn^'n rrrya iadn s^b te» n^am tanïibtti d^anrn tr»ïpî'nb 
i^nbx jwid t-nab wmiDBï iStobiôîi Tntiîrn i:wm fcaanN *run?h 
rw i» d^d-i û^n toi aifpi tainirn nab ib «b« mnnïïi r^bi 
hw»5i npbn mta^a dn dna Su p -in&o tr^Etan 'ww *>5a 

lonne de feu disparut. Les Samaritains replacèrent 1 ensuite la terre 
sur la tombe et rendirent le tombeau de Joseph inaccessible jusqu'à 
nos jours. 

Sous son pontificat aussi vivait l'empereur Marcien 2 , sous le règne 
duquel les Chrétiens voulurent transporter dans leur pays les osse- 
ments des prêtres Eléazar, Ithamar et Phinée. Cette affaire donna 
lieu à une guerre entre les Samaritains et les Chrétiens. Les Chré- 
tiens ne réussirent point à les enlever, par suite de cette guerre, qui 
est racontée dans les annales. 

[31 4876] Nathaniel 

Dans la douzième année du pontificat du grand-prêtre Nathaniel, 
Zait 3 , le roi d'Edom (Zenon, empereur romain) vint à Sichem et 
opprima beaucoup les Samaritains. Il chercha à les convertir au 
christianisme et il donna l'ordre à ses sujets de tuer tous les Is- 
raélites qui ne voudraient pas embrasser le christianisme. Zenon 
manda les anciens, les savants et les prêtres et leur dit : « Si vous 
ne vous convertissez pas, je vous mettrai à mort. » Ils lui répondi- 
rent : « Nous sommes résignés à mourir pour la volonté de Dieu, 
nous ne nous prosternerons que devant lui seul. » L'empereur fit 
tuer beaucoup de Samaritains, puis il leur prit la synagogue qu'avait 
bâtie le grand-prêtre Acbon dans le lot du champ, sous le règne 
d'Escophatus dans l'année 4735 de la création = 4941 depuis que 

1 Aboû'1-Fath dit que le tombeau s'était recouvert de lui-même pur un miracle. 

2 Je lis avec Aboû'1-Fath : Markinus. 

3 Cette erreur est due à ce que, daus les chroniques arabes, le nom *p^ï est par- 
fois écrit "Jin^T, que notre auteur a abrégé en Epft 



236 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

fûtzn o^spDN ^baM wi iiapy Srafi pan î-ima t^ia ^ttN 
r*m n^N r-niûena wb d^ibun Sircam rm^a ^arcn a^ab^ win 
Sniïï^ -a a naj>b nsu) fcà"WWi 'ai t-naa rrcm qb^ 'n rnsrc 
^jban mnpb i-arc trircsn îircbrci rarc naa ^nri&n isaa yn«a 
tarw ma dp"H trrcmpnb n^a marna p*n tmarcn "ja t-rn 
r^taa 'nïi nma r^n nrca inrc'aaïi Sn ^i mawn toxine* 
rtT nab Snci ba r-pa ta^rna nïi ^mian dipan Ssn mi 
nbbsm fca-narcin rrob taipaïi ï-it taa im aa ib nafim dipart 
r^sa^ «b mab maa-n p-n nm iïiîi hy 'i nx najm ia 
■»a -naio mt:i d^îi na«b rrca&t im« n::m h:sD Nbi s-aian la 
masnn msian bai boa bai rnsm t^b irca b«b a^nnrca on 
ba n&n battra bilan "pan pn t^ip'n rvï ^jbaïi nbrc-n tanb arn 
"imN 15^-1 mm iïiïi pn ib naa tambN nain mun -a^a 
nai mnri dn tama biwm ^ban T'a -ab mrca bai «ara» naxb 
map arc ib m.erm an -jNaa tarc p'n taran impa nai ibnaa ba 
na&rn mm napa vh« ->ap-n ian-p Nb naaa ina 'n'a 'i p ib ia&oi 
dn^nbab ta^innrca rm ^a tanarcti tmy *as s-pït mapii ï-it 
napa ims Tiap-n r*n:i ia« p -in&o mapn rc&n b* tobir iaarc-n 
r-pï ^ban mn rts"npn ia**a nrrn *parc-n lan-p t^b mâïi isa 
dnn ta^a^ai y-iNn fcnata iaba ^-ittî» tan*7N ^aba "nrtN tsiïl 

les enfants d'Israël furent entrés dans le pays de Canaan. Donc cent 
vingt-trois ans plus tard, l'empereur Zenon la prit aux Samaritains, 
et l'établit comme monastère pour ses saints ! . 

Il resta quelques jours à Sichem, puis il se dirigea vers la syna- 
gogue que Baba le Grand avait bâtie au pied du mont Garizim. Il 
demanda à qui appartenait cet endroit, et ses coreligionnaires lui 
répondirent : « Cet endroit est aussi aux Samaritains; ils y prient 
et ils adorent leur Dieu sur cetti montagne. » Il dit : « Pourquoi n'y 
a-t-il pas d'image ni de statue? » Ses gens lui répondirent : « Ces 
hommes disent qu'ils se prosternent devant un Dieu invisible, et 
que toutes les images et statues sont une abomination pour eux. » 
L'empereur Zenon manda alors le grand-prêtre Nathaniel et tous les 
notables de la communauté et leur demanda de lui vendre la mon- 
tagne. Ils lui répondirent : « Nous et tout ce qui est à nous sommes 
au pouvoir de l'empereur. » Il leur enleva la montagne, tout ce qui 
l'entourait, ainsi que le bassin d'eau. Il y fit construire beaucoup 
d'édifices et fit creuser un tombeau pour lui. Ensuite un de ses fils 
mourut (que Dieu n'ait pas de pitié de lui !) et il le fit enterrer dans 
ce tombeau. Il dit : « Ce tombeau est devant les Samaritains, qu'ils 
se prosternent devant lui», et il plaça une croix sur la tombe. Puis il 
périt lui-même et on l'enterra à côté de son fils (que Dieu n'ait pas 
de pitié de lui et qu'il fasse habiter son âme dans le feu de l'enfer !)• 

1 Cf. Munk, Palestine, p. 610 a. Il s'agit d'une église élevée à la Vierge. 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 237 

p h -in33> ï-Tyrt iniiii. b*»iai ^aa anï» raia "n«n una r^ittaa ïn^n 

nwba 4901 HD 

m t^aai Y- 73 ^n 73 Û P ^wbN bvwn "pan rit nana -iriNa 
iTaian tonwtBn bfcnra" 1 *aa7a ra->N ïrn ann towa wi b«a»fcia^ 
->3iau5 p tni iisap tous s^opa p *nn«n sctts-ot ima^si 'nnt 

apa» '*sn arc ta-«uî3N a^aia tarin ara^a to^attaa m* yw mao* 
ma»» Knm bftr»bta ^aian toun mv-p na nwa Nim to^anan 
mabTatt ^a ton'roopa ifirm n730pn an «a na^a anb wi tas^atnan 
toim »■»£ n*» ba> nbnn b&wau^ m nab7a^a *3i nbban torw "sa 
vmsna "pa naab mna na ud^i to^ia^n ^an?3 Nim iTanTa viw 
rba naba rian inan ^aa ia^ -nTa&n 'n tanpTaa fcanobtt ibon'h 
œyn iTaipTab -ivnan "ia> nn 1 tob-ia nab*n -im -i7ar nab rima ia> 
n7an7a "pbN n^N^ Tba» ûbua^i -mï-pn a^anan apa> ï-raiia&na rhtt 
tonwn my "wnB5 yn ^rv «j^n ^as -nba -i7a&n !-tp« ^53 aoaan 
na^a» p Sn»73«5'» ">aa -pa ^73 toïp-* ^a vmn ncoa ■•nNittan 
ïam Taab "n»*"» -^n bai"» r^bi Kttba» Sa na '■pbja'n tonna» 

Cet empereur Zéûon fut le dernier des empereurs romains qui ré- 
gnèrent sur la Palestine 1 . Dans ce temps existait un chevalier nègre, 
d'origine arabe, appelé 'Antara, fils de Schaddâd, des Bani-Abs. 

[25 4901] Eléazar 

A la fin du pontificat de ce grand-prêtre apparut Mahomet, roi et 
prophète des Arabes. A cette époque se trouvait un Samaritain 
nommé Zohar et surnommé Sarmasa * ; plus tard il fut appelé Ka- 
bazah 3 . Il habitait Ascar. Deux autres se trouvaient en même temps, 
l'un nommé Acub 4 , des Cohanim, et l'autre, un chrétien, nommé Sa- 
lumiel 5 . Tous les trois connaissaient l'astrologie et ils avaient prévu 
que l'empire romain finirait et que la domination arabe allait com- 
mencer par le fait d'un orphelin, nommé Mahomet, Hâschimite, 
ayant des taches blanches entre les deux épaules. Tous les trois se 
réunirent dans un endroit et se concertèrent pour aller s'arranger 
avec lui. Ils partirent et arrivèrent à sa résidence. 

Acub, des Cohanim, entra le premier et le salua. Mahomet le pro- 
phète lui dit : « Qui es-tu? » Il lui répondit: « Je suis un juif, un 

1 Fantaisie. 

% Taulidé', p. 30, et Aboû'1-Fath, p. 173 et suiv. : le premier explique ce nom 
par : « Il a trouvé des malheurs. ■ 

3 Taulidé explique ce nom par : « 11 a rassemblé ses hommes. » 

* Aboû'1-Fath dit : Kaab Al-Ahbar; c'est le célèbre narrateur juif arabe. aîp3> et 
2i*a viennent probablement tous les deux de ap3^; cf. Lidzbarski, îte propheticis 
çuœ dicuntur legendis arabicis, p. 35. 

6 Aboû'1-Fath : Abd As-Salam. 



238 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

pria vz inrwa -ib ntt&rn vby lab^i ■nxnsïi bs^nbtt Tnn« 

p towa vr vn tfb nban ta^uâNn *^didi Kwb* bs na ^"iban 
pt»53-)^ ©as p ^nnao fcarrEop p P wn P" 1 biaam i-mm 
tobiyn v w':n rpy ns vbftn !nn:> ib ^lÉ&m vby tobtu^i ■nEiton 
n:iM iizniz heot ■jnsro "pa iriaâb nirp Nim t-na *p ^bi 
**MM p "nnai vmsnD "pa inb'ria mm î-ttirn T^a r-w a^Dcn 
p-i vnm îbb^i bÉofcibim sp?i-bri ^py •nœ'n bis^b ûnb t=nb 
rv^yn isb r-mb *i7:n7: ib ' — i73N"»i tri^y bsa t<bi ©» «b .'t^sMa-iii: 
■rmn saiis ^nttàb ^ift-iur p-n tsnb na»y bD«m nujy ^-uu&o 
t^"*i ^«tt Y'i^ n73 t^bèri *)»&> ^jsrra r>bâ ■va&rn m» ^ya»n 
■rç& in naax i* t-p-cn "pytt nnpb ^b« TiNa ^-ittN-n t-ofcttnï 
n?an?3 m p ib'KÊD ^n p ^by -ps p r-nna ^72ri72 rnnrm ^bïip ^m 
ta'naizîri rmy ba rrnaii ï-it ^nna ï-ibba nny p nttntt ^5N in anânï 
■tfia biiî tzrib ^vîn bsbi taynt byi taï-pmttisa by tznbun }»&» 

des chefs de ma communauté. J'ai trouvé dans le livre de notre loi 
qu'un roi, descendant d'Ismaïl, le fils de notre père Abraham, sur- 
gira et subjuguera le monde tout entier. Personne ne pourra lui 
résister. » Après lui Salumiel le chrétien entra et le salua. Le pro- 
phète lui demanda qui il était ; il répondit : « Je suis un chrétien, 
un des chefs du christianisme, et j'ai trouvé dans notre sainte 
Écriture que tu gouverneras le monde entier. » Ces deux hommes 
n'en savaient rien par la Tora ni par l'Évangile, mais seulement par 
l'astrologie. Puis entra Sarmasa, le Samaritain, et, après l'avoir salué, 
il lui dit : « Tu feras des Arabes les maîtres du monde ; tu as un 
signe : une tache blanche entre les deux épaules. » Mahomet se 
réjouit de ces paroles, il ôta ses vêlements et Ton aperçut une grande 
tache blanche entre ses épaules. 

Ensuite il leur fit préparer un repas. Alors Acub et Salumiel 
mangèrent ensemble, mais Sarmasa ne mangea pas l . Lorsque 
Mahomet lui eut demandé pourquoi il ne faisait pas comme les 
autres, il répondit : « Mon seigneur, notre loi me le défend. » Le pro- 
phète lui dit : « Qu'as-tu à me dire, ô Samaritain? » Sarmasa répon- 
dit : « Je suis venu contracter avec toi une alliance grâce à laquelle 
nous pourrions, mes coreligionnaires et moi, vivre en sécurité ». Ma- 
homet, fils d'Abdallah, fit écrire à Ali, fils d'Abou Talib, son cousin, 
ce qui suit : « Moi Mahomet, fils d'Abdallah, accorde ce traité aux 
Samaritains et leur garantis la sécurité à eux, à leurs enfants, à 
tout ce qui leur appartient, à leurs synagogues dans toutes les villes 
et dans tous les endroits, et nous nous conduirons à leur égard d'une 
façon amicale 5 . » Puis il y apposa l'image de sa main pour signa- 

1 Aboû'1-Fath dit que les deux premiers se convertirent à l'Islam. 

2 Taulidé, p. 21, dit, au contraire, qu'il ne réussit pas à l'aire un traité avec Ma- 
homet. 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 239 

î-ma inab ana lab-'n fcznptt baai ^-p* baa ûiaywi taïrianp 
bs auj-n fc-nnart na* Gitans np^i T"p sp Hirjn naina taw 
ïam n« fc-nnbsNa a^na^rt nrvrô ba* nan^i trruabs yna b& ittnptt 
"f^ipa haï tann awai rtbria r-in^u: pa iriîaizH irvcns psoi 

nanrt lat^ r-ina î-r^sn snu^ mieïaï-rb ^a "îmittbn ibap a^inîi 
orana nin nairj Ha bap^i ta^œ in nriN "p» s^s-it-r in iwçi b# 
iiïS muas -wn ta n?:bnrs Ht biap b* n;b73n iâ"»1 pBaoop ^ma 
b^ un» ^a 'psabtt mnw n?ju; ta? ■pabn nrsa ï-nn am tardai 
t^aaaja n^E annriN ?nni ambr vïî aanpa a^npna "»a n^p ^aba 
n;b72 ^a tpv ïîâiB ï-ph N^-n nya tarrby Tpam banars nr? n^ 
^aïi3 ■pw 1» nus« i-nbnan by npia i-rh anaa tam biaa b? irpïi 
i^n ^73"» ba vm û^an^n Sfaa inrm n» p "nrifco *j&moa ïheib 
ïiéIse tasina ma* ^b a^amai mabia tan» hïia triaun ï-nabra 
r^b;o n»n» t — iîn r*oaai n;b» tarira mrasn s— 77anb?a ûpara r-imu:n 

ture. Sarmasa prit la charle et retourna en Palestine. Il raconta à ses 
coreligionnaires le succès de sa mission, et ils s'en réjouirent beau- 
coup. 

A cette époque, le patriarche syrien, nommé Anastase, parla à un 
Arménien nommé Baulos (Paul) et lui dit : « Les Romains avaient 
accepté notre doctrine, qu'il n'y a qu'une seule nature en Jésus- 
Christ, puis ils ont abandonné la question de la nature : il leur est 
égal qu'il y ait une ou deux natures. Sergius, patriarche de Gons- 
tantinople, accepta cette doctrine ; l'empereur donna l'ordre de l'a- 
dopter, et il fut fait ainsi '. » 

A cette époque il y avait dans le Liban des hommes qui s'appe- 
laient Marodé Labanon (les Mardaïtes), parce qu'ils s'étaient révoltés 
contre les empereurs, qui avaient établi sur eux des lieutenants. 
Leur domaine s'étendait depuis Antioche jusqu'au Mont Carmel ; 
leur lieutenant s'appelait alors Joseph, qui régnait sur le Guebal. 
Kisra (Chosroès) régnait aussi sur Dakhiliya (nom arabe de la Méso- 
potamie), dont le nom fut chaugé depuis en Chosroène. 

Mahomet le prophète mourut à l'âge de soixante-trois ans ; il avait 
passé quarante-lrois ans dans l'inaction, pendant dix années il fit la 
guerre et pendant les dix dernières il fut roi et prophète. Ce Maho- 
met apparut dans l'année 4893 * de la création, qui est Tannée 2099 de 
l'entrée des Israélites en Palestine, l'année 1838 3 de la disparition du 

1 11 y a certainement une faute du manuscrit ou une confusion chez l'auteur, car 
Anastase était l'adversaire des monophysites. Le lexte est très obscur, même sans 
cela. Peut-être a-t-o.n confondu saint Anastase avec l'empereur Anastase, qui favorisa 
les monophysites. 

8 D'après Aboû'1-Fath, p. 175, 5047. 

3 Aboû'1-Fatb, p. 176, 1993. Cette différence provient de ce que notre auteur a 
omis plusieurs grands-prêtres entre la disparition du tabernacle et le commencement 
de l'Islam. 



240 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

mtafina w»b tt:U) a^ttm ï-r^buji mN73 F-nroaiDi û^sbN yana na;aa 
crm i*:a ynx bônt^ "aa nai'b d^tûm ï-ùn&rh û^sb» nais s*r:i nie» 
ï*r«m ©Vipfi ptenïi moab ta^cbiDi rmarci m»?: ïtsimi E]bN naia 
roffi srm nWEMfl ^b» maso» rob?a»b û^^m '«i m ne Jtûn rois 
ap na>« ■norttrt û"na p yiaim mabab t-ina naïai m«» ras; 
"inb rssu: ta^iam ïrtabiûi rr^u: tzpnN73 r\y® ts^rn o^TUrn tmy» 
ma "nriN ^sawi la iston nab stom ba^na b-narr part p mi **aa 
iwS-ip n^N nsNnp iaa p Tny Tnnn ^b» iana b^auî-> m r*r»aa 
î-iaaana va^ai a^inn TObnii a-nata ^iba-n p"natïi naa naa naia 
ïrnnN lana niïtt dra-i d^iaaa nab-n ï-rana-pbN nwo ïtoidi ï-hbn 
b^n^"» <>aa m? "w^a ris t>rnn nya wb« biian pan lam 
uî&nn amaia nbwNi d*naw m* mnsœa ^pn npD"n d"nau:n 
wb» wa ïmb t^-ia^i Nàtana: Nin nirap 13a "dn «in "-«t 
nn ^biarr nmi»» "aab aa t**im -oa^ apy -na* ^aian pan 
aa wn pna p 3?u:irf ^ana-in nnanai ^ab as "waya U5K"i ts^n 

tabernacle, l'année 951 du règne d'Alexandre le Grand, Tannée 601 
de l'ère chrétienne et l'année 293 de Baba le Grand, fils du grand- 
prètre Nathaniel. 

Revenons à notre sujet. Après la mort de Mahomet, prophète des 
Arabes, 'Atid\ fils d'Aboû Kohafa, surnommé Aboû Bakr le juste, 
monta sur le trône ; il régna deux ans et trois mois. Eu ce temps, 
une femme nommée Sidjah, de la tribu de Robê'a, prétendit à la pro- 
phétie et beaucoup de Musulmans la suivirent. 

A cette époque, le grand-prêtre Eléazar donna l'ordre aux chefs 
samaritains de dénombrer les principales familles samaritaines. 
Voici leurs noms : 

1° Zohar, le père des Banoû Kabasa, le même que Sarmasa. Il 
vint à Luz sous le pontificat d'Eléazar ; 

2° Amdi Jacob Yascar, chef des enfants de Mawertha ; 

3° Zaith, chef des Paamaï, père de la famille de Danoufta 2 ; 

4° Josué, fils de Barik, chef des enfants de Nounia; 

5° Abraham, fils de Nur 3 , de Beth Dagan 4 , chef des enfants de 
Tobie et des enfants de Kala ; 

6° Israël, fils de Machir, chef des enfants desÇorim 5 ; 

7° Joseph, fils de Suthalé, père des enfants d'Aïoa, des enfants de 
Saala, des enfants de Matar, des enfants de Helba et des enfants de 
Salé; 

1 Toujours la même confusion entre le a et le n, car le nom ôVAbou Bakr était 
Abd Allah. 

2 Taulidé, p. 21 : ■Wisai. 

3 là. : *iik, qui est, d'ailleurs, le même nom que *na, le premier étant arabe et le 
dernier hébreu. 

4 ib. : -p^n 1731. 

8 là. : ">a"lttn. M. Neubauer dit que le texte arabe porte fl*mpbN « les puis- 
sants », qui, je crois, correspond mieux à Û^TiaSH « les rochers ». 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 241 

■^aabi rraica ^aab aa î^iïi ivr maa ma p amas ■rçranri B*rana ^aab 
p tpT vaian ûmsn ^aab aa niïi tw p bania^ ^uîn rpbsp 
nbiri ^aabi mabn ^aabi na» ^aabi bïio ^aabi r;a^ ^aab aa «in nbmtû 
p naa ■yntDntt ^bnsa ^aabn ^mn ^aab as r^in -oa p bab -"a^ian 
^aabn rpbaa ^aabi aann ^aab a«i ■w'nmafc ^ratû bab ax t^sin m» 
maria iaabi ï-rmnfc ^aab aa r>m ias p asu: ■n^tajrr rpban 
babi ^ba ^aa bab aN t^nn i&mio p ina -na* thn o^a^ mbn 
m- prumi ma» tnann ^aiat: dïti b-nan ht ^aab a&n baba ^aa 
ma ^3n ba an nmaai û^aa ntûbta ûia Tarn ma ba maiTii 
•^aai "Naa» ^aai i^a^p ^aan iRoato ">aa aa ^nn maizj ^ns 
^NbipNp -»aai ->Np»o "oa-i ^aan ->aai -waao ^aan -wbra» ^aan ->bibna 
r-iNbaa ïiba ba a^a-ian ûm -lanai d^ngsrt am nair \NUiaaoa ^aan 
*tt*bN STian pan wa nbna mrapi npm npa nn» tamibnn 

•pmzia Twn ^'-n 

baana 4921 j 

♦tnntzîbs y-iN hN Trab"n ta^bfiwatB 1 ^ i^a "înatia wa 

8° Lahal, fils de Bakr, père des enfants de Hadoudia 1 et des en- 
fants de Nephtali; 

9° Bakr, fils d'Or, père de tous les habitants de Çarphataï, des 
enfants de Habib, des enfants de Nathalie ■ et des enfants de 
Hablia 3 ; 

10° Saphat, fils de Gaba, père des enfants de Mathûhia, des enfants 
de Nehoseth et des enfants d'Abbas ; 

\\° Barad, fils de Sorian, chef des enfants de Malik, des enfants 
de Galgal\ des enfants de Yérah le Grand 5 , habitants de Gaza. Puis 
Yérah s'en alla à Gerar, où il engendra trois fils, qui formèrent la 
famille de Beth-Phorich, habitant à Thothai, ainsi que les enfants de 
Samtaï, de Kiatin, de Mautaï, de Bahloulé, de Maslaï, de Sabnaï, de 
Rabkhaï, de Samcaï, de Kahoulaï, de Zophar, qui sont les Zapha- 
rites, et de Carcar, qui sont les Carcarites. On put découvrir les ori- 
gines de toutes ces familles après des recherches et des investiga- 
tions pénibles pendant le pontificat de ce grand-prêtre Eléazar. 

(20 4921] Nalhaniel 

Pendant son pontificat les Arabes s'emparèrent de la Palestine. 

1 Taulidé, p. 22 : nty. 

* Ib., p. 22: ibU3N. 

1 /*. : bban. 
■ n. : b^ba. 

* là. : ïiai *l!"IÎ ; mais M. Neubauef donne, dans une note, la leçon arabe "Ha 
*VaabN ; qui correspond à celle de notre teste. 

T. XLV, N° 90. 16 



m REVUE DKS ÉTUDES JUIVES 

wba 4939 pp 

rtitë* n&tirîbN p n»* vnnn ^Ibfcii ^aa ia« !ntt insna wa 
nms ^ib^n cnaa "p* ïhn nTay ni libb^i a^tinn r^aïai ta^rc 
iim û^bNJttizw t»73 ï-im» "tôten m-ob'n ûnstiaïi *i«a p 'nriîo 
uî\s irnn p "nnan l^teip ^y ^b ^73 ^ fp^auîïi riiuîa 
vnnn ^b»^ ^"nsà^p 'îva uî^sb ^a^ ra^atti s-ft ^rm î-nbib T7au) 
nbtû'n "jampri ana nias t^in nn î-isizj ira* ta^ia ind^ p i»»ny 
n^N i&mpn ^ by inVa r^mprs p ^ *n»Nb itû;* ba *pa bip 
D-»ana73n ba nN rpw\ lïthnri nnN b^ anaTD pny ■toi niov nana 
tpb^m ana^n ï-it nana7: anatt ta i7an?a "piiib b^ uns nana ^n 
ï-TbT-w n:»nb»i d">an tznpna -p7ra ta-nan ipnanv i^r'â r-nn a-i 
î-mao'ïp ^y b? brai^ ara i-pft ann tziï^a ^iri iwa Hrhh 
^bn tnt oanbN vnnn biM'n av» nia'n ï-nanprï yn« ba» oab^si 
•nn&o •mriïjb a^an îaa^N in^To ib nbia pra»i -nyb ^b7:fi bp^irr 

♦ima n^nM ia 'jNay p i&wan*. ntt p 

Vnp* 4969 ^ 

anna tzrwn ïtWi !r;3ttJ triic* maya "jbTo insna ^a 

[1 8 4939] Eléazar 

Sous son pontificat mourut Aboû Bakr, et à sa place régna Omar, 
fils d'Al-Khattab, pendant dix ans et sept mois. Omar s'était d'abord 
emparé de Tibériade et il en avait pris possession, mais plus tard, 
les Chrétiens la reprirent aux Arabes. Dans la septième année de 
son règne, il s'empara de Gésarée. Ensuite il fut tué par un homme 
nommé Louloua *, qui était l'esclave d'un homme à Gésarée. Après 
lui régna Othman ibn A flan pendant douze ans. C'est lui qui avait 
écrit le Coran. Il fit proclamer parmi les Arabes que celui qui lirait 
le Coran d'après un autre texte que celui-là serait mis à mort, de 
même que celui qui en ferait une copie. Il fit brûler tous les textes 
qu'on avait écrits d'après les paroles de Mahomet, avant le sien. A 
son époque il y eut beaucoup de dissensions religieuses, les gens 
se séparèrent en plusieurs sectes, et une grande guerre eut lieu 
pendant son règne. 

A cette époque, Ayoub gouvernait les villes de Césarée, et Philippe 
la Palestine. Puis Ayoub mourut, et Élie gouverna à sa place ; puis 
lorsque Héraclius, le roi, alla à Damas, il lui envoya de nombreuses 
troupes pour l'aider. Puis Othmân, fils d'Affan, mourut assassiné. 

[30 4969] Âcbon 

Pendant son pontificat, Moawia 2 régna en état de guerre pen- 

1 Ce personnage s'appelait, en effet, Aboû Loulou Firouz, un mage de Perse. 

2 Le premier calife omayyade régna pendant les années 40-60 de l'hégire. 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 243 

rtttnbai npSfcîart Sbaa a^t^aa p *b» 'pai i^a ïim'n na-i j-in^i 
towïi nwra pi a^Naïa&t p ^b? ïhn îinîm ûïrra !Wrt ï-ibna 
•pan "»^I53N isntt ûît-î taawa tun !-imN "obÊrn j^aNasa -p* rrab 
ims "to*n ib ns^i TnriN îern torpastt ma'n -ptaa p "jwa^bN 
Tban S:n nnn y^n w rna a^tt^n n^iab ttbfxn awa pi 
pi ï-îba-i n-np ywn S^aai rwnabN p rrras^asn "nb-ibtt p 
r-nsœ» vaaN bn "jur *jN^a vby bs biïnn rmpai ^jnin rn^p 
"Tina ^ttî:N53 an ï-pawm oba-ia W ta^bN^OT^n -nab pi D^abst 
p iNi-173 ^jbtt rmactt into "nnan rra -îDaïa-n t=uJ73 ipn:>nN ■p h p:ssi 
a-»ba:anaN p ^b? p "pon "unin nwn rwan û-wn rwa-iN û^anbN 
Tib^m i-rttnbtta a^an a^ia tarmn 1» "itt* ntt-n iuîni n« nma'n 
i-rn d^win niûttm rtà» naiOT "t^aï p ï-ibba la? ïNvitt )nnn 
'p™ attî^i srtoftfi **rn fc-înbnïil ^» yna l^i 1 13 P y ^rw T^tt 
im« narri itjy vn -miN û-uasNrs rat: inN "ib^i Tttraa 730*1 p*p?i 
„*nby îmmbDi /ta i "pan au: ifna ■nap'n i-naiïi ma *-vnp b« 

dant vingt ans et sept mois. Une forte hostilité existait entre lui et 
'Alî ibn Aboû Tâlib * au sujet de la royauté (du kalifat); une grande 
guerre éclata entre ces deux adversaires, dans laquelle Ali ibn Aboû 
Tâlib fut tué. A cette même époque les Arabes s'emparèrent d'An- 
tioche. Les habitant d'Emèse tuèrent An-Nou'man ibn Baschîr : il 
s'était enfui, mais ils le poursuivirent et, l'ayant rattrapé, le tuèrent. 
A cette époque les Arabes, sous le drapeau de Khâlid ibn Al Wâlid 
et d'Obaida ibn Al-Djarakh, s'emparèrent d'Emèse. Près de cette 
ville étaient situés les villages de Ribla et de Ramla, et dans ce der- 
nier était élevé, sur une colline, un ancien édifice dont les pierres 
étaient recouvertes d'images. Les Arabes s'emparèrent aussi de Tri- 
poli, dont les habitants étaient originaires de Tyr et de Sidon et 
avaient émigré pour s'établir à Tripoli 2 . 

Après la mort de Moawia, Merwân ibn Al-Hakam 3 régna pendant 
quatre mois. Sous son règne 4 on tua Hossain, fils d'Alî, et on lui 
coupa la tête; beaucoup d'hommes périrent avec lui dans la guerre. 
Après Merwân régna Abdalla fils de Zobair 3 pendant huit ans et 
cinq mois. 

Le grand-prêtre Acbon alla visiter le pays des deux tribus et 
demie (le pays situé à l'est du Jourdain) et, en revenant, il se noya 
dans le Jourdain. Les hommes qui étaient avec lui retirèrent son 
corps de l'eau et le ramenèrent à la ville de Beth Noumara, où il fut 
enseveli (que Dieu soit satisfait de lui I ). 



1 Le gendre de Mahomet et le quatrième calife après lui. 
* Cet- événement aussi eut lieu sous le califat d'Omar. 
8 C'était le troisième calife après Moawia, et non son successeur. 
4 C'est-â-dire de Yazîd, successeur de Moawia. 

8 Celui-ci se fit proclamer calife à la Mecque en même temps qu'Al-Walid, fils de 
Merwân. 



244 REVUE DES ETUDES JUIVES 

wb» 4985 flô 

D^nbN 13 INITIE 13 "[bttïl 133> ^btt brwtt li-Dfi S-rt naro W3 

•ns* nbitt imii latin bwrn fczpiann rnr>7am î-«iû n\Da> i-nûbu) 

nn^a T^a T«n wa pu) ntas pi»»i asira wnn tnmn "13? n?ay 

niottm niNTa 'n nau:3 k-TVT^aa rwi "pbja ^-nya mn Tibitti 

.nvrwa bisa r-m -hûn rainan rmpa ims nap'n tar^aun 

\isp 5005 3 

^aran fcpara 3>^n -pbtm iNTin» 13 ^pbrba ^ba maria wa 
h pbâ , n i-n»ii dbiDTv ^r^a dnnbK na>a} >«3 ntûN ni m tarunn 
13 i&n»y vnnn ^rb^n a^mn i-iaiEiei toTiara th» iKTa^bo -nnnn 
•■jbttbN na* 13 w "pnnn 'pbtfn trunn r-rujun ûtûiû "pT^bN naa> 
,wa d-nsn "pa na-i rwanb» liim taa-ou: a>a-iN 

wb» 5027 33 

rraTûizn riana 'nia* a>^n *|b?abN *ia* p fcauian ^btt maria wa 

fiap* 5048 X3 

nna nau: tp la -pb-iba ^hn iiapa» SYitfi pan nt nana wa 

[4 6 4985] Eléazar 

Sous le pontificat de ce grand-prêtre, Abd Al-Malik ibn Merwân 
régna treize ans et cinq mois. A cette époque naquit Abou Amr Abd- 
Ar-Rahîm Al-Waza'i, cadi de Damas. Il habitait Beyrouth et était né 
à Baalbeck; il mourut à Beyrouth dans l'année 475. On l'ensevelit 
dans le village de Hantousoh, près de Beyrouth. 

[20 500b] Acbon 

Pendant son pontificat Al-Waiid ibn Merwân 1 régna neuf ans et 
sept mois ; c'est lui qui fit construire la mosquée à Jérusalem *. Après 
sa mort, Solaiman, son frère, régna deux ans et huit mois ; puis 
Omar ibn Abd Al-Azîz, deux ans et six mois ; puis Yazid ibn Abd 
Al-Malik, quatre ans. De son temps, les peuples se faisaient la guerre. 

[22 5027] Eléazar 

Pendant son pontificat, Hischam, fils d'Abd Al-Malik, régna dix- 
neuf ans et huit mois. 

[21 5048] Acbon 

Pendant le pontificat de ce grand-prêtre, Al-Walid, fils de Yazîd, 

1 Al-Walid était le petit-fils de Merwân. 

a II veut probablement dire la mosquée appelée al-Aksâ. Cf. Al-Fakhri, éd. Deren» 
bourg, p. 173. 






UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 245 

ta'wn ttiûan Tbib» p yp^ba -pnnn npbtt"n d'wn ™brai 
^b^i dv nusy Tn&n d^nn tpaia i^bibN p d^ma» vnnn ^b^* 1 
t^in i&mi» rrn tarrain û^iai ta^rc ran n^mj p invi» "nnnn 
nstt îtpbk ^a nab^tt ^w nsoja ^a ■•sim rraa* ^a ^sibN nna 
ONay ^a tarrnnn lab^i taroiB û^irn a^uî tabun d^abiai i— iaua 
rmn nn-^n i«vn» wai an an- r-O'Wi m an j-nEnb» nna 
njb>7û nb^n d'Haïti nna wi ttmha t^b in^a yik» "i3> nbina 
wn *nnnn "pbfc'n d^iïînn ï-rcittian taa^i» 3>anN riNsobN p 0N33> 
aambN iiy 173101 ipia ûTiobs ynN b&* nbio^ iixsttbN *ibm ia« 
t3Diio bt< lit ■— paitii ^loia^ nbio^i ^lo-na im t*<np3 p ^-inan 
tourna nï-ia iwa niON îaeras bai •'ttriîi r-nr rnîaaW c^toî^ tri tziaio 
via ba fin is-iio^i nb^b ta^io^N in^tt nbio-n «mia lonm bN ma 
nsjjnaN ^pbxni btf n^a d^ma nna d^ssn:ïi dnap ba nan fc^bn^n 

.m^a^i ïidio amosn tarsto 

nwba 5074 ij 

15a ivitin npbtn tarsio î-nioy o^ay 13373 ^ïraba 117313 "pb»ii 

.ri3io ai-iio:n ?anN vio-ibN "pin vnnn ^pbTaii 'a îi3io i^anba 

régna un an et trois mois; puis Al-Nakis, fils d'Al-Walid, cinq mois; 
puis Ibrahim, fils d'Al-Walid, deux mois et onze jours, et après lui, 
Merwân, fils de Mohammad, cinq ans et deux mois. Ce Merwân fut 
le dernier des califes Omayyades. La durée du règne de la dynastie 
des Omayyades fut de cent trente-trois ans et deux mois '. A leur 
place régnèrent les Abbasides, après beaucoup de guerres sanglantes. 
A l'époque de Merwân un grand tremblement de terre eut lieu ; 
jamais il n'y en eut d'aussi terrible 2 . 

Après ces événements Abas ibn As-Safâh (Aboû'l-Abbas As-Safâh) 
régna quatre ans et huit mois. Il fut remplacé par son frère Aboû- 
Dja'far Al-Mansoûr. Celui-ci envoya Abd Al-Wahâb, plus tard ap- 
pelé Abou Schandi, en qualité de lieutenant, en Palestine. Cet Abou 
Schandi ordonna au gouverneur de Sichem de brûler les ossements 
de Zenon le Romain et de démolir tout l'édifice qu'il avait fait élever 
sur le Mont Garizim. Il envoya pendant la nuit quelques hommes 
qui brûlèrent les maisons des incirconcis et leurs tombes, qui se 
trouvaient sur le mont Garizim. Aboû Dja'far mourut après un règne 
de vingt-deux ans. 

[26 5074] Bléazar 

Pendant son pontificat, Al-Mahdi », un des Abbasides, régna dix ans. 

1 La durée de cette dynastie n'est que de quatre-vingt-douze ans ; le chroniqueur 
compte probablement aussi les quarante ans écoulés depuis la fuite du prophète jus- 
qu'à l'avènement de Moawia. 

2 Cf. Cémah David, II, Varsovie, 1890, p. 125, 

3 II était le bis d'Al-Mansour. 



2i6 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

ivtttt) 5081 t 

■jatt *nroN ^bw t^a yuM biljn pain m nsttaxi ir-puron i-iïiaa 
tam û^m d^3N tamaran ban^ ^aatt mirn y-ian riKïb "wna 
nia un j-p^nn ^b» y-ian natb t^n ir-oii-ra 172 . r-p^a-irr maroa 
tam^:n d^ro yptt "ïm rima *jibîa"»l i^a y-i&* na ma^n ^hp^y 
T-nrn yn^n nN "nab^ tarbNytt^n iNa ^bp'-tf rnsa -nnatt riDtt 
ta-nttft p i-para-p ba h« iaw nmN ita"n rt^RD^p w tns 
.îwirn yn« bN t^rna iba^n ta^bi* a^-inn 

■nb 5112 «S 

"pbtt'n ta^ffi 3>a*iN Tttnba Jïltt "ja y^abN 'piï insfia wa 

.ï-wia û"niD3> ma "pïïwjba Tnnn 

onsd 5124 y 

■wai ta^tt) ir-iro* dirn^ba ^b» onss S-nsn pah s-tï wa 

Il fut remplacé par son fils Al-Hâdi, qui régna un an; après lui 
régna Haroûn Ar-Raschîd vingt- quatre ans. 

[7 5081] Simon 

Dans la deuxième année de son pontificat, Chosroès, roi d'As- 
syrie, vint en Palestine et mit à mort beaucoup de Samaritains. 
Puis, dans la quatrième année de son pontificat, Héraclès (Héraclius) 
empereur romain, vint en Palestine et s'en empara '. Les Arabes y 
vinrent vingt-deux ans plus tard et reprirent le pays. Ils assiégèrent 
Gésarée, la saccagèrent et dépouillèrent tous les habitants samari- 
tains et chrétiens incirconcis, et les transportèrent dans un pays 
lointain. 

[31 5112] Lévi 

Pendant son pontificat Al-Amîn, fils de Haroûn Ar-Raschîd, régna 
quatre ans, et après lui son frère, Al-Mamoûn, vingt ans. 

[1 % 51 24] Phinée 

A l'époque de ce grand prêtre, Al-Mo'tasim régna dix ans. De son 
temps les Arabes se divisèrent en de nombreuses sectes : 1) les Mota- 
zilites 1 ; 2) les Wasilites 3 ; 3) les Nazzamites 4 ; 4) les Bischrites 5 
qui sont les plus importants d'entre les Motazilites; 5) les Moamma- 

1 En 614, deux siècles plus tôt. 

2 Cela veut dire « sectaires ». 

3 Leur chef s'appelait Abou Hanifa Wasil. 

* Du nom de leur chef Ibrahim ibn Sayar An-Nazzam. 
8 Du nom de Bischr ibn Al-Motamir. 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 247 

î-rb^Niba 'a JibrnjttbN 'n drn»*B nb^i d^b^wn vpiù "is-int* 
rmttyttba 'h ttbïn*fcbN -»i»sn ibTOîa dm i-mraabN 'i ï-PENâiba 'a 
Warcanba 'n mENttnbN 't rrn&mttbN 'i srrmpbN «bvian dm 
to^c nas lampïi TfQW W "i^n ânawba ■>;D5a dïi imânKJibN 'a 
i-Pfciaimbfin fraaabç 'gs'i mafcrnba 'i r-juja ^snni di>si u^a ^srim 
p-i iissm "pa tan diN iiç*» ^d *p ntt«i ^uîk î-rn^ba 'n'* 
V-> 3>n in ma nd"i bdtt vb* i-ïbnrrn 'i asTOd wyn Sd 
1U5N srntfBSbs 't'a ï-rn&nibN 'Va ï-ï^Niiab» V" 1 î-rarwbN 
-iujn dïi î-iïidrabN 'n' 11 ï-rn*iz3NbK 't'" 1 nanjgn ib] ï-Y'nn by ntt&o 
ta m rpEandba 'b'i d^brm ta^n Ta&n n^s ib ï— ï"a y'i bj> ■ntt&o 
&pns ta m ;nn6nnbN 'd nmiBiab» npidi î-rnas^bN np'nd ittd 

rites ', qui sont des plus grands parmi les Kadarites 2 ; 6) les Mozda- 
rites 3 ; 7) les Thamamites 4 ; 8) les Hischamites 5 ; 9) les Djahizites 6 , 
qui prétendent que le Coran est un corps, tantôt homme, tantôt 
femme; 10) les Khayyatites 7 ; 11) les Djabayites et les Bahscha- 
mites 8 ; 12) les Djabarites qui disent que l'homme n'a pas le libre 
arbitre, et ne fait rien sans la volonté de Dieu ; 13) les Djahmites f) ; 
14) les Nadjarites 10 ; 15) les Dararites 11 ; 16) les Sifatites, qui ad- 
mettent que Dieu a une forme; 17) les Ascharites 12 ; 18) les 
Muschbihites (les assimilistes), qui disent que Dieu a un corps, 
des membres, des mains et des pieds; 19) les Karramites u , qui 
ressemblent aux Sifatites et aux Muscbbihites; 20) les Khawa- 
ridj u , qui se divisent en différentes catégories; 21) les Muh- 
kimites 15 ; 22) les Azrakites 16 ; 23) la secte appelée An-Nadjdat al- 
Azriya 17 ; 24) les Baïhasites, sectateurs de Baihas, dont Al-Hadj- 

1 Du nom de Moammar ibn Obad As-Salmi. 

2 Qui reconnaissent le libre arbitre chez l'homme et rejettent la fatalité. 

3 Disciples de 'Isa ibn Sabih Al-Mozdar. 

* Disciples de Thamama ibn Aschras An-Namiri. 

5 Disciples de Hischam ibn Amr. 

6 Disciples de Anir ibn Babr Al-Djâhiz. 

7 Du nom de leur chef, Abou'l-Hosain Al-Khayyat. 

8 Disciples d'Abou Ali Mohammad Al-Djabaï et de son fils Abou Haschim, nom 
qu'on a contracté en Bahscham. 

9 Disciples de Djabm ibn Safwan. 

10 Je corrige ÏTnNhdbtf en îVlNJûbN d'après le Kitab al-Milal d'Asch-Schah- 
ristani, dont l'auteur a copié les noms des sectes. Le chef de cette secte s'appelait 
Al-Hosain ibn Mohammad An-Nadjdjar. 

11 Disciples de Darar ibn Amr. 

12 Disciples de Abou'l-Hasan Ali Al-Aschari. 

la Disciples d'Abd Allah Mohammad ibn Karram. 
u Littéralement : les hérétiques. 

13 Litt. : les gens des arbitres ; ils sont appelés ainsi parce qu'ils se révoltèrent 
contre Ali lorsqu'on eut choisi deux arbitres entre ce dernier et Moawia. 

16 Disciples de Abou Raschid Nafi' ibn Al-Azrak. 

17 Du nom de leur chef, Nadjda ibn Amir Al-Hanafi. Azriya veut dire • ceux 
qui excusent » ; on les appelait ainsi parce qu'ils étaient indulgents envers le pa- 
ganisme. 



248 REVUE DES ETUDES JUIVES 

■nrwi ï»bm w ^N^nb^ nn^ -kbk oïtq ^sn dm s-pornabs 
nsp p *™n nuJN dm rm&wbK 'rt'a ^biba ib by iïtôm p 
rpTttnb&t 'n'a ï-ï^wwbK 'T'd mnbsbN 'i'd i&npn p ï-tm-w sjot 
vb rrwKnb» 'a'b ï-pa^rcba '«'b ï-pr«iB«bK 'b î-psbnbN 'ob 
Yb ï-nioisfcba 'Vb îTSsa^ttb» 'n'b m-runbN 'Vb srabsnbwi 
rprrttwib» "a ïrrfcDnb» 'a'b ïrxariNba 'n'b rrbirwfcbKi rp»-ib*BbK 
n»K -kbn dm ï-njnfcbK 'y» nrranïb» fmwtba 'a'» îwvnba 'n'e 
tan ttmajba 'n'a frowb» 'V» i^n^s-i D3> r-nai^na *pdn "pa 
r^in ^Tna d^ria tjmiiîn ^nba trnboi mai^n bd ^d tien ton 
'a mnbNatbN 'û'm rraoïnba 'n'ra maNainb» Y» ma«oib« 'Va 

djadj fit couper les mains et les pieds, puis qu'il tua sur l'ordre d'Al- 
Walid 1 ; 25) les Adjaridites 2 , qui disaient que la soura de Joseph 
n'est pas du Koran; 26) les Saltites 3 ; 27) les Maïmounites*; 28) les 
Hamzites 5 ; 29) les Khalfites 6 ; 30) les Atrafites 7 ; 31) les Schoaï- 
bites*; 32) les Khariniites ; 33) les Thaalabites 9 ; 34) les Raschi- 
dites t0 ; 35) les Schaïbanites " ; 36) les Mokramites "; 37) les Maalu- 
mites et les Madjhulites 13 ; 38) les Ibadites 14 ; 39) les Hafsites 15 ; 
40) les Harithites"; 41) les Yazidites 17 ; 42) la secte appelée As-Safriya 
az-Ziyadiya 18 ; 43) les Mourdjiites 19 , ceux qui affirmaient que les 
péchés ne font pas de mal au croyant ; 44) les Younousites 20 ; 45) les 
Obaïdites * f , qui prétendaient que tous les péchés sont pardonnes, 

1 Le sixième calife Omayyade, qui régna de 705 à 715. 
s Du nom de Abd Al-Karim ibn Adjrad. 
3 Disciples de Othman ibn Abou's-Salt. 
*• Disciples de Maïmoun ibn Khalid. 

5 Disciples de Hamza ibn Adrak. 

6 Disciples de Khalf Al-Kharidji. 

7 Le mot atraf veut dire c les extrémités > ; cette secte est ainsi nommée parce 
qu'elle faisait partie des hérétiques de Karman et de Mokran, villes situées à l'extré- 
mité de l'Irak persique. 

8 Disciples de Schoaïb ibn Mobammad. 

9 Disciples de Thaalaba ibn Amir. 

10 Disciples de Rascbid At-Tousi. 

11 Disciples de Schaïban ibn Salma. 

'* Disciples de Mokram ibn Abdallah Al-ldjli. 

13 C'est-à-dire dont les doctrines sont le connu ou l'ignoré ; d'après les premiers, il 
faut connaître tous les attributs de Dieu, d'après les derniers, il suffit d'en connaître 
quelques-uns. 

14 Disciples d'Abdallah ibn Ibad. 

15 Disciples de Hafs ibn Abl Mokdam. 

16 Disciples d'Al-Harith Al-Ibadi. 

17 Disciples de Yazid ibn Anisa. 

18 Disciples de Ziyad ibn Al-Asfar. 

19 Mourdji a deux sens : « celui qui diffère » et « celui qui fait espérer » ; cette secte 
est ainsi appelée soit parce que ses adeptes différaient les bonnes actions, soit parce 
qu'ils professaient l'espérance même pour les pécheurs, pourvu qu'ils croient. 

20 Disciples de Younous An-Noumaïri. 

21 Disciples d'Obaid Al-Mouktib, 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 249 

:*<£n *<b rraîisï-n ab»a*a« p ^b? nïfiû'a rt»» nu)» taïi n^ùba* 
'Yd n^ttîNnbN Va rrn&rrâbM 'n'a rpaNO^bN '>*'a van ba>7a 
îTîawnbM 'n'a b»îri i» pbn "ôy n^sn mis *n7ax i^n UTt ii^aôoaba 
■nea tan i-pnbatbN 'c'a maa^bobN 'n'a wn&wba 'T'a fr^mba 'n'a 
STD'iabK Wo rmpanbN '0 *hy "iTarna nnN t=Ptt;Nn ana rua» 
na-an tien nus» ïmowb» 'i'o ïrtTMbN Vo i-pncasNbK 'n'o 
ïrbNJbN Yo ïthiû* ■ynaba 'Yo mb3>N?ao\NbK 'n'o ns^a p ^72 
ba *na> ^aa dm miNnoba 'n'o ta^i-ibs ûuîn tam^ttîa larpa '■nbà 
r^tirn ba "jia p 3^1 m ba n^io mn Wim ©to *npN -n^N ans p 
b'ô ba nb^LraiN p ^ba> b* -i»N"n tarb^tt^rt h^b r^am 
laou) t<b ^ û^un ûbaa ^Tan-n "nain baa tien -nus tan irbBÉpbK 

excepté celui d'associer un autre dieu à Dieu; 46) les Gassanites 1 ; 
47) les Thaubanites 2 ; 48) les Toumanites 3 ; 49) les Salinités 4 ; 50) les 
Schiites, qui reconnaissent le pontificat de 'Ali ibn Abou Talib, 
disant qu'il est héréditaire pour ses enfants; 51) les Kaisanites 5 ; 
52) les Mokhlarites 6 ; 53) les Haschimites 7 ; 54) les Bananites 8 , qui 
disaient qu'une part de Dieu se trouvait en Ali ; 55) les Razamiles 9 ; 
56) les Zaidites 10 ;57) les Djaroudites "; 58) les Solaïmanites ,2 ; 59) les 
Salihites 13 , qui disaient que le meilleur homme après Mahomet fut 
Ali; 60) les Bakirites u ; 61) les Nawousites 13 ; 62) les Aftahiles l S 
63) les Sehomaïtites " ; 64) les Mousawites, qui reconnaissaient 
Mousa ibn Djafar comme Imam; 65) les Ismailiens l8 ; 66) ceux qui 
reconnaissent les douze Imams; 67) les Galites (ceux qui vont trop 
loin), qui reconnaissent à leurs chefs des qualités divines; 68) les 
Sabaïtes, les sectateurs d'Abd Allah ibn Saba. On dit qu'il était d'o- 
rigine juive et prétendait que Josué fils de Nun était un dieu. Puis il 
apostasia, se convertit à l'Islam et dit qu'Ali était un dieu; 69) les 
Kamilites 19 , qui disaient que tous les compagnons du prophète 

1 D'après Gassan ibn Al-Koufi. 

2 Nommés d'après leur chef, Abou Thauban Al-Mourdji. 
* Disciples de Abou Maaz At-Toumarri. 

4 Disciples de Salih ibn Amr As-Salihi. 

5 Disciples de Kaisan, l'affranchi d'Ali. 

6 Disciples d'Al-Mokhtar ibn Obaïd. 

7 Disciples d'Abou Ilaschim ibn Mouhammad ibn Al-Haniûa. 

8 Du nom de Banan ibn Samian An-Nahdi. 

9 Disciples d'un Razam. 

10 Disciples de Zaid ibn Ali, arrière-petit-fils d'Ali. 

11 Disciples dAbou'l-Djaroud. 

11 Disciples de Solaïman ibn Djarir. 

13 Disciples d'Al-Hasan ibn Salih ibn Hai. 

14 Disciples d'Abou Djafar Mouhammad ibn Ali AlBakir. 

18 Nommés ou d'après un homme ou d'après un village appelé Nawous, 

16 Disciples d'Abd Allah Al-Aftah. 

17 Disciples de Yahya ibn Abou Schomaït. 

18 Disciples d'Ismaïl, frère d'Al-Aftah. 

19 Disciples d'un Abou Kamil. 



250 REVUE DES ETUDES JUIVES 

•o *V2rv2 y: arj •»&> in i-ien irwab*b« '? abNca^N la ^bs> ninaa 
i w i linbffl n»N"n TiTo^i imnbaa Tii i^rro **> nbiu'n ba ib» 
173 bsa ba ^b* iiES *m>8 nmiïttb» 'n'y ttn^ba 'N'y r^ai 
bas rubi b« Nin i?anti "ja na:n bâ> nttN iraapnb» 'a's? a-»72\an 
br tien an n^»«ianbN 'rf* irbfioaba 'n'y n^an ht tûab y^an by 
^aa la <b? p i-i»ni îûskh riw b* Nim n^ai n-nir ib ban 
ir-PSMba 'T'y iraj»o*:b« "l'y 157372 jei^ a™ ba hy a^n bN abat: 
nw^ï-i J^irs ^pna i'"n ^aa unpn mi i-nr&N b* y-itsk 

b^ns 5126 i 

aaa 5137 jjô 

ba nis ba^-n niN5a *iaa naiN y-ian 150 b^ m a msna wa 
ï-vnrh-n flm rotûii ï-raioa wi y*n "ns ba j-int yian ara* 
•w nïïnbfta a^an stiï»n antt n?n a^ba^^n ^pna ya irnbnia 

étaient des mécréants, parce qu'ils ne reconnaissaient pas Ali 
comme chef; 70) les Albaïtes S d'après lesquels Ali était meilleur que 
Mahomet, parce qu'Ali était Dieu; il envoya Mahomet prêcher sa 
divinité; mais Mahomet se révolta et dit : Dieu m'a envoyé comme 
prophète; 71) les Mougairites 2 ; 72) les Mansourites 3 , qui disaient 
qu'Ali était un dieu tombé des cieux ; 73) les Khatabites 4 , qui di- 
saient que Djaafar ibn Mohammad était un dieu, mais qu'étant tombé 
à terre il se revêtit d'un corps; 74) les Kayyalites 5 ; 75) les Hischa- 
mites 6 , qui disaient que Dieu a une forme et un corps et qu'il res- 
semble à un homme ; ils disaient aussi qu'Ali ibn Abou Talib est un 
dieu et que tout le monde lui doit obéissance; 76) les Noumanites 7 ; 
77) les Nousairites, qui disaient que l'esprit divin repose dans un 
corps, et Dieu sait le mieux. 

[2 5126] Nathaniel 

[11 5137] Baba 

Sous son pontificat eut lieu une terrible invasion de sauterelles 
qui mangèrent toutes les herbes de la terre et tous les fruits des 
arbres. Dans la seconde année, éclata entre les différentes sectes 
arabes une guerre sanglante où beaucoup d'hommes périrent. Dans 
sa troisième année, une famine sévit dans le pays ; dans la quatrième 

1 Disciples d'Alba ibn Dhara Ad-Dousi. 

2 Disciples d'Al-Mougaira ibn Saïd Al-Idjli. 
' Disciples d'Abou Mansour Al-Idjli. 

4 Disciples d'Abou'l-Khalab Mohammad Al-Asadi. 

5 Disciples d'Ahmad ibn Al-Kayyal. 

6 Disciples de Hischam ibn Al-Hakam et fclischam ibn Salim Al-Djawaliki. 

7 Disciples de Mohammad ibn An-Nouman. 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 251 

i™™3 dma *p-p ^ t*«M33 t^bi ^nin by d^m ta^N initt'n 
bsinttbK vnnn ^ibwn trara ï-r^wn pnNiba ^b?: ihMrtt wa t=3i 

wba 5146 â 

b*«n3 5186 3 

^"ibtt^ nn« s-iira "-ittinDttbN lrbfcu>»^n by 'fin inairû" wa 
tes* 3>anN ïn^ttbN vnnn ^ibïn ta^ra 3>an&* •pynûaba rnnn 
ta^ro ittrtfttba vnnn -pbOT nnN ïtjib "nnïtabN vnnn ^pbfcni 

TObs 5173 î 

onsD 5181 n 

.*-»*» ^Mîy in» n&nJttbN û^bNrtttt^n bs> ^bto msï-o wa 

bwni 5236 flj 

^pb^i d^tf) î-nttiû ^cna^ba d^b^M^n b2 ^b* 3 iniïia ra** 
i-ibbNa nnNpba rnnn "pbtt'n j-j^ to'ntDsn 3>an&* *rjnp»ba vnnn 

année une grande épidémie dévasta le pays 1 . Beaucoup d'hommes 
tombèrent morts dans la rue et il n'y avait personne pour les enterrer. 
Pendant son pontificat aussi, Al-Wâthik régna cinq ans, puis après 
sa mort Al-Mautawakkil régna quatorze ans. 

[9 51461 Eléazar 

[20 5166] Nathaniel 

Sous son pontificat, Al-Moustansir régna sur les Arabes pendant 
un an, puis Al-Moustaim quatre ans, ensuite Al-Moutaz quatre 
ans, puis Al-Mouhtadî un an, puis Al-Mou'tamid vingt- deux ans. 

[7 5173] Eléazar 

[8 5181] Phinée 

Sous son pontificat, Al-Moutadid régna sur les Arabes pendant 
onze ans. 

[55 5236] Nathaniel 

Sous son pontificat régnèrent sur les Arabes Al-Mouktafi pendant 
six ans, Al-Mouktadir pendant vingt- quatre ans, Al-Kadir Billah 

1 Cémah David, l. c. 



252 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

•^nttbN vnnn ■■pwn to"W tdtû ^finb» ivirin ^ib^i tzpitfi rabia 
,tow dTîtt) ^D^no^bN vnnn ^ibtt'n to^ta ya^a 

baw 5252 flb 

Î13U3 d^UJ^i 3>tan 3"attbN tpbNJwi^îi b* ^btt initia wa 

,nb*nbN t^^iirn û^mabD ynaa s-w^» n»* ami tardai 

wba 5287 fiS 

*pb^i mia -iu>* ruai» j^Nuba trbN*»^n b* ^b» inaina wa 
ipiDn tanrr awa wi mia tawanai D^ra J-ibbarj niNpbN i^nnn 
yiN br ^b73^n tamxaa *jbn mtoOKDb» npns i^pt iw "na^n 
bKJXjsji ^a nabTaab tar^i»;oi mauji miNtt rcbia t-iaizja to^nir^ 
i-iaiDai -jb» i-rcuî mia* ijin pi miaMTabN ^b* ia« i^rai 
iz^a top bN*»iz^ -oa rnabttttb fcpyiam s-TTOm niNtt to-biû 

Vbfct IDOtTI ira» ">ïa72 ^N 172ït3> b* ^173^1 mai iaN 1731ZJ1 

rnsMab» ^by iaa asra o»n» ûnitasa ï-inisp ^a tapai to^K 
■nn« tpTn iibba iay p bâsbs i?3^ji iuî'w na ^by laa nbio^n 
im tavnatTaa ->by iaa *v* ïpb nï-wna^i lï-noan îm^tzm mana« 
1731173 uaiûi ttî^N tnixab aa p "nrifio mania» na immi ^b? ia« 
n?3 p "nnai mswabN -h* iaa ipian hN mw imsi batwii^ p 

pendant trois ans, Ar-Radi pendant six ans, Al-Moutaki pendant 
quatre ans, Al-Moustakfi, pendant deux ans. 

[35 5274] Âbdiel 

De son temps Al-Mouti' régna sur les Arabes pendant vingt-neuf 
ans. A cette même époque, la ville de Ramla fut fondée en Pales- 
tine. 

[35 5287] Eléazar 

Sous son pontificat, Al-Tâ'i régna sur les Arabes pendant dix- 
sept ans, et ensuite Al-Kâdir Billah pendant quarante-deux ans. 
A cette époque l'Egypte était gouvernée par un roi fatimite, qui 
monta sur le trône dans l'année 386 de l'ère des Arabes. 11 s'appelait 
Abou Ali Al-Mansoûr et il monta sur le trône à l'âge de onze ans. 
Dans l'année 395 du règne des Arabes, un homme appelé Abou- 
Rakwa se souleva et dit qu'il était un Omayyade. Beaucoup 
d'hommes se joignirent à lui parce qu'ils étaient dégoûtés du gou- 
vernement d'Aboû Alî Al-Mansoûr. Lorsque ce dernier en fut in- 
formé, il envoya son lieutenant nommé Al-Fadl, fils d'Abdallah, à la 
poursuite d'Abou Rakwa. Il le fit prisonnier et l'amena devant Abou 
Ali en Egypte; celui-ci donna l'ordre de mettre à mort Abou Rakwa. 
Ensuite vint en Egypte Mohammad, fils d'Ismaël le Druze, qui se 
mit au service du gouverneur, Abou Alî Al-Mansour, et fut tué dans 



UNE NOUVELLE CHRONIQUE SAMARITAINE 253 

na'n t-onn nsuja wï *nnnbN rnanbfca •'Wtt bwnw p ^ma 

.dmn» T^a -nx^ab» ^b? ïaa* 

baw 5307 3 

nx ^ibwi ta'nsta "«îns 173 t^irn O'no *|b*:tt s>*a insna wa 
r-tt* na aj-wn ûnw ba nN rob^i d^niobs ynN n ^"> ta'nïMa "pa 
^-p»? 172U5 u)-»n n^rn y-iNn Sn «a p -nrwi d^-raisn b^nia^ i» 
nv na anto mrs s^im nbbana* 17311:1 nanaa -r? iaiBT73 Nim 
u:\x tzntt ib np'n nom ait: ba nvy rrt&sn DnEtan b&ruzi"< m 
^-iibn ba b* tTPpD'n ta^-iDN ma» pmr< p *ipnïi -imidi r-nrab 
•n* ba hn ttbbena* bittjwi ma astëttn "^m? ba t— in aia-n -ib 
^nnx ">m "panïtt pmi" 1 p "npnïi i-pb* mpD^n ta-rnabs y-)N 
tamaan dïria» viw t— in r*np"n p -npnn -ibvn nban ta-na-irr 
n« r-op-n p Tbin rrssnttn F-PKsn» i73i» nN f*np^ p Tbltt 
fl7i rmomaN th« n« t^np^i p Tbin ma-idsa&ri mziiBaaN -172125 
psa V"in ma ^ib7a">n TJttba p d^anba s**îa nbsn tanann nna 
^m **n»Nb« iNabo i73u;i uî-k ib nbta-n iNavaa t»»j ba wn 
•paoNp nrn73 icnrpi na a^an d^aat "un^rn nb-na n73nb73 tora 
t-n«73 ra-iN r-iaraa nmrt r-iNTn ttTanbîom *<b73-ibN -p* kw 
taai ûaa? -«3373 ta^pbK 17313 b«j»iai ^a mab7373b to^tzn mubrai 
t^aNCM« "iv n« inp"n s^jûidn 173 fcrnafDrt -usa dm tawa 

♦taVN3>73^n T73 

une guerre contre les Tartares. Dans cette même année Abou Ali 
mourut de la main de sa sœur. 

[20 5307] Abdiel 

Sous son pontificat, le roi eunuque, qui était un Éthiopien l , se diri- 
gea contre l'Egypte, dont il s'empara ainsi que de la Palestine et de 
toutes les villes voisines. Il témoigna de l'amitié envers la commu- 
nauté samaritaine. Ensuite, un homme d'entre les habitants de Bag- 
dad, nommé Abdalla, y vint comme gouverneur et lui aussi aimait 
les Samaritains et leur faisait beaucoup de bien. Il confia les affaires 
de justice à un Samaritain nommé Hatakwi b. Isaac de la famille 
d'Ephraïm. Abdalla régna sur toute la Palestine et son lieutenant 
fut Hatakwi b. Isaac le susdit. 

Après ces événements, Hatakwi engendra un fils, qu'il nomma 
Abraham. Abraham engendra Matpazia, celui-ci engendra Abounafsa, 
qui engendra Abou Hasida. Puis Al-Hakim ibn Al-Mo ( az s'empara 
du pays de Canaan. Amir, ayant été informé de son arrivée, envoya 
contre lui Sultan Al-Oumira. Un combat sanglant eut lieu entre eux 
et beaucoup d'hommes périrent de part et d'autre. Ils détruisirent la 
ville de Gaston, qui est la même que Ramla. Cette guerre eut lieu 

1 II s'appelait Gafour et mourut en 968. Voir Munk, p. 615 b. 



234 % REVUE DES ETUDES JUIVES 

bina? la ~\iy>h$ 5345 ffo 

n^a-i&o ™»n ONa? iaa» diNpba fcrb^attw b? ^bft ïnsha wa 

wba la ythM 5359 *p 

fw iiaim ^b^n t^b^D-ibM zw» "pa !mona« pn^nN ir^na -^a 
na^n*TjSi ttsaa misa* "tw B*rn na? na^Eb pnynjs p "nrifco s-mao^ 
t^bnfj mom&o mariai dnt pn^ na rmonaN iÎTn tansN *ja "pip 
Tbin montai imonaN hN Th^ft mTomaNi ranrmafin mvomaN 

.abiip lias» *pa -jinaî aa anb trma tam 

dans l'année 463 de l'hégire, sous le règne d'Al-Kaim le calife 
Abbaside. A cette époque, les Francs prirent Antioche aux Arabes. 

[38 5345] Eléazar, fils d'Abdïel 

Sous son pontificat, Al-Kâim, descendant d'Abbas, régna sur les 
Arabes quarante-cinq ans. 

[14 5359] Aaron, fils iïEléazar 

Sous son pontificat, Abou Hasida émigra de Ramla et s'établit à 
Gésarée. Puis il quitta cette ville et alla habiter Acre, la ville 
qu'avait bâtie notre seigneur Gainan, fils d'Enos. Abou Hasida eut 
deux fils, l'un nommé Isaac et l'autre Abou Hasida. Abou Hasida 
engendra Ab-Hasidim et Abou Tarna. Le premier engendra Ab- 
Hasida, et celui-ci engendra de bons fils qui ont laissé un bon sou- 
venir dans leur communauté. 

(A suivre.) 



EUE SCHWAB, RABBIN DE HAGUENAU 

(1721-1747) 



(suite et fin 



PIECES JUSTIFICATIVES (fin! 



Les conclusions du Demandeur sont: « A ce qu'il soit dit, que les 
lettres patentes du 22 Novembre 4 721 et l'arrêt d'Enregistrement du 
25 e Septembre 4722 seront exécutées selon leur forme et teneur, En 
conséquence qu'acte luy sera donné, de ce qu'il prend pour trouble, 
en la possession ou il est d'exercer en conformité des dites lettres les 
fondions de Rabin dans la basse Alsace et notamment dans la Sei- 
gneurie d'Ober- et Niderbronn contre l'Entreprise dudit Samuel Juif 
sera maintenu et gardé en ladite possession, avec deffence audit 
Samuel et à tous autres de l'y troubler à l'avenir, et pour l'avoir fait 
se voir condamner en ses dommages et interest et aux dépens, faire 
pareillement inhibition audit Samuel de rien intenter, innover, ni de 
s'ingérer dans les fonctions de Rabin en ladite Seigneurie au préju- 
dice des présentes, jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné à peine 
de nullité et de cinq cents livres d'amande et de tous dépens dom- 
mages et interest. > 

Il y a une observation à faire sur cette commission et sur l'exploit 
d'assignation, c'est que pour vouloir déguiser la Commission en 
Arrêt sur Requête, l'huissier y a accomodé son exploit, en qualifiant 
d'Arrest par quatre fois cette commission, ainsi qu'au commencement 
de cet exploit il est dit : En vertu de l'arrêt rendu par Nosseigneurs 
du Conseil Souverain d'Alsace et puis encore : j'ay signifié ledit arrêt 
avec commandement de par le roy nôtre Sire, de s'y conformer en 
tout son contenu sous les peines y portées etc. 

La même Commission a aussi esté signifiée aux Seigneurs d'Ober- 

1 Voir Rwue, tome XLIV, p. 104 et 260. 



256 REVUE DES ETUDES JUIVES 

bronn le même jour 8° juin 1734 par un simple exploit où celte Comm. 
a pareillement esté qualifiée d'Arrêt. 

Du fait que l'on vient de raporter avec des pièces y mentionnées, 
et des conclusions prises par Elie Schwab, il est à voir, qu'il prétend 
avoir le droit de faire les fonctions de Rabin dans les Seigneuries 
d'Ober- et Niderbronn, en vertu des Lettres patentes du 22 Novembre 
1721 joint au prétendu acte de sa Réception pour Rabin des dites 
Seigneuries. Mais on démontrera sensiblement, que ces lettres 
patentes ne luy attribuent point ce droit, et que ni l'un ni l'autre de 
ces titres ne favorisent point ses prétentions. 

Il est bien vrai que les Lettres patentes portent que les Juifs de la 
basse Alsace après le décès de Wolff de Hochfelden leur Raby, ayant 
fait choix d'Elie Schwab Juif de Metz pour remplir sa place, auroient 
très humblement fait suplier le Roy de vouloir luy permettre d'en 
faire les fonctions. A quoy ayant égard Sa Majesté a permis et 
accordé aux Exposans de se servir du nommé Elie Schwab pour leur 
Raby etc. Mais il est également vrai de dire que les Juifs des Terres 
d'Ober- et Niderbronn n'ont pas esté du nombre des suppliants, ni de 
ceux qui avoient choisi Elie Schwab pour leur Rabin, car s'ils 
l'avaient esté, auraient-ils eu l'audace de recevoir un autre Rabin, 
peu après que les lettres patentes en faveur d'Elie Schwab avaient 
estes accordées, comme en effet ils ont reçu pour leur Rabin le 
nommé Isac Behr ainsi qu'il est à voir par l'acte de sa réception du 
21 août 1722 joint au présent Mémoire. 

On observe ici comme en passant, que dans les lettres patentes il 
est dit que les Juifs de la basse Alsace, après le décès de Wolff de 
Hochfelden leur Raby auroient fait choix d'Elie Schwab pour remplir 
sa place. Mais Wolff n'étoit Rabin que dans la Préfecture de Haguenau 
demeurant dans le district de la Préfecture de Hochfelden ; donc il 
n'y avoit que la place de Rabin de la Préfecture à remplir. Ces 
mêmes lettres permettent seulement de se servir d'Elie Schwab 
comme Rabin, donc elles n'y obligent point. 

D'ailleurs si l'exercice des fonctions de Rabin s'étendoit aussi sur 
les Terres d'Ober- et Niderbronn en vertu de ces le'.tres patentes, 
Elie Schwab qui y auroit eu un droit acquis, et jaloux de son auto- 
rité qu'il est, n'auroit pas manqué de s'opposer à la réception d'Isac 
Béer pour Rabin d'Oberbronn, mais rien de tout cela : au contraire, 
il a vu avec une tranquillité stoique Isac Béer faire les fonctions 
de R. dans les t. d'O. pendant huit ans. C'est depuis 1722 jusqu'en 
1730 que celui-ci ayant quitté la Province, est allé s'établir à Mayence, 
et ce n'est qu'en ce lems là qu'Elie Schwab a solicité d'être reçu 
Rabin dans les Terres d'Ober-et Niderbronn. 

On a observé dans l'exposition du fait ci-dessus, qu'il a esté receu 
clandestinement a l'insceu d'aucun des Seigneurs, par un seul officier 
qui n'y estoit point authorisé, et qui en outre appartient privali- 
vement a un seul des Seigneurs. C'est ce même officier qui a délivré 
à Elie Schwab les provisions de Rabin d'Oberbronn en datte du 19' 



ÉL1E SCHWAB, RABBIN DE HAGUENAU 257 

Juin 4730 et dont il faut présentement disculer le contenu. En voici 
le début. 

« Elie Schwab le Rabin de Haguenau ayant présenté Requête aux 
Goseigneurs suppliant très humblement de le recevoir aussi Rabin dans 
leurs Terres et Seigneuries. Et ayant égard etc. il a été receu Rabin 
dans leurs Terres et Seigneuries jusqu'à ce qu'Us en ayent autrement 
disposé. » Et puis après un long détail des charges et devoirs auxquels 
il est tenu, il est dit dans ces provisions: comme aussi il payera 
incontinent auxdits Goseigneurs pour une Reconnoissance, qu'il 
remettra aux Recettes de ce lieu, sçavoir pour le bailliage d'Oberbronn 
huit florins, et pour le bailliage de Niderbronn quatre florins, ainsi 
qu'il les a payés tout comptant. Il y a quelques observations à faire 
sur ses articles tirés des provisions. Que si les Terres d'Oberbronn 
et Niderbronn avoient été comprises dans les lettres patentes, 1°Elie 
Schwab se seroit d'abord présenté, il auroit pris possession de l'ofïizc 
de Rabin en vertu de ces lettres, et en auroit fait les fonctions, sans 
laisser passer huit à neuf ans : mais étant venu par Requête, suppliant 
très humblement d'estre receu Rabin à la place de celuy qui venoit 
de quitter, il suit de là, qu'il rcconnoissoit luy même que l'établis- 
sement de Rabin dans les Terres d'Ober- et Niderbronn est a la dispo- 
sition des Seigneurs, c'est donc en vain, qu'il voudroit presentemejt 
reclamer ces lettres patentes. 

2° Suposé encore à plaisir et pour un moment, l'extention de ces 
lettres patentes aux Terres d'Ober- et Niderbronn pour les fonctions 
de Rabin, Elie Schwab se seroit-il adressé aux Seigneurs de ces 
Terres ou a leurs officiers pour en obtenir des provisions? Et de 
plus auroit il accepté des provisions sous une condition aussi casuelle 
que celle qui y est stipulée en termes exprès, jusqu'à ce que les 
Seigneurs en ayent autrement disposé? Cela ne se peut comprendre 
du tout : et comme dit le Jurisconsulte en la loi 31 ss. de evictionibus, 
hoc nemo sanus probabit. Or, Elie Schwab ayant accepté ces provi- 
sions, ayant fait les fonctions de Rabin d'Oberbronn en vertu d'icelles 
pendant trois ans, et les ayant fait signifier luy mène, il en doit 
suivre le contenu et ne peut point se révolter contre le congé à luy 
signifié et contre l'établissement d'un autre Rabin a sa place. Et en 
ce cas là, la condition d'un Juif Rabin ne peut pas être meilleure que 
celle d'un baillif de quelque Seigneur de la Province qui estant receu 
avec la clause, tant qu'il Nous plaira, peut estre congédié par un 
simple acte de remerciement. Et 3° les douze florins qu'Elie Schwab 
a esté chargé par ces provisions, de payer aux Seigneurs pour une 
Reconnoissance de la permission de faire les fonctions de Rabin dans 
leurs Terres d'Oberbronn et Niderbronn et qu'il a réellement payés, 
cette Reconnoissance est un aveu et une confession formelle et sans 
réplique, de ce qu'il ne tenoit celte permission que des Seigneurs 
qui la pouvoient aussi retirer a bon plaisir, ainsi qu'ils l'ont fait 
conformément à ce qu'il a esté stipulé dans les mesmes provisions. 

Enfin pour juger solidement de Petendue du droit et du pouvoir 
T. XLV, n° 90. 17 



218 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

d'Elie Schwab, de faire les fonctions de Rabiu dans la basse Alsace, 
on n'a qu'a consulter l'Arrêt du Conseil Souverain du 12 e Septembre 
1722 dont Copie est jointe à ce Mémoire rendu entre M. le Cardinal 
de Rohan Evèque et Prince de Strasbourg, M. le Comte de Hanau, 
les Présidents et Conseillers du Directoire de la Noblesse de la basse 
Alsace, et les Rabins et Préposes des Juifs de leurs Terres, d'une 
part et Elie Schwab, Rabin dans la Préfecture Royale de Haguenau, 
d'autre, par lequel sur la déclaration faite par Elie Schwab, qu'il ne 
prétend estre ni astre receic a. faire les fonctions de Raby que dans la 
Préfecture Royale de Haguenau qui est en basse Alsace, etc. Le Conseil 
en jugeant a donné acte aux parties de la déclaration faite par Elie 
Schwab qu'il se restreint a la Préfecture Royale de Haguenau et l'a 
condamné aux dépens envers tous les lntervenans et Demandeurs en 
opposition. Elie Schwab ne peut plus retracter une déclaration aussi 
solennelle. Et d'ailleurs les Terres d'Oberbronn et Niderbronn n'ont 
jamais esté, ni ne sont encore non plus de la préfecture de Haguenau. 
Que l'on ne dise point qu'Elie Schwab a exercé paisiblement les 
fonctions de Rabin ou qu'il est en droit de les exercer, dans les 
endroits de la basse Alsace dont les Seigneurs ne sont point fondés 
en lettres valables qui les authorisent d'y établir des Rabins parti- 
culiers : Car a l'égard du prétendu droit, il est démenti par sa propre 
déclaration faite en justice, et qui reserre ses fonctions dans les 
limites de la Préfecture de Haguenau, comme on vient de le montrer. 
Et au reste, c'est une su position a respect de dire qu'il a fait ces 
fonctions dans les endroits de la basse Alsace etc. On soutient qu'il 
n'en a jamais fait dans la Seigneurie de Herrenstein ou Dettwiller 
appartenant a Monsieur le Comte de Rosen ni dans les Terres de 
l'Abbaïe de Marmoutier, ni dans bien des autres Seigneuries en basse 
Alsace quoique dans ces deux là il y ait jusqu'à quatre vingts chefs 
de famille juive et que les Seigneurs ne soient pas fondés en Lettres 
valables, de même que la Noblesse de la basse Alsace n'en a point 
non plus de particulières à l'égard des Juifs. 

Et si Elie Schwab a exercé ces fonctions dans les Seigneuries 
d'Ober-et Niderbronn ce n'est qu'en vertu des provisions a luy 
données sous le nom supposé des Seigneurs, qu'il l'a fait depuis 1730 
seulement : mais son procédé qui ne tendoit qu'a une indépendance 
absolue et a exciter des brouilleries a obligé les Seigneurs de luy 
donner son Congé. C'est ce qu'on va eclaircir présentement. 

Pour donner une idée du caractère d'Élie Schwab, on n'a jetter les 
yeux sur l'acte de réception du 3° juillet 1730, que les Juifs d'Ober- 
bronn luy ont donné et qu'il a dressé luy même, on y trouvera, que 
par un orgueil démesuré il s'atribue des qualités qui méritent abso- 
lument correction. Car il se qualifie 1° Illuminé Rabin (en allemaud, 
der Erleuchtete Rabiner) ce terme n'est proprement usité qu'en par- 
lant de l'apôtre St-Paul, pour avoir été environné d'une grande 
lumière du Ciel, en allant à Damas. Mais Élie Schwab, gonflé d'or- 
gueil, prend cette insolente qualité par mépris pour tous les autres 



EUE SCHWAB, RABBIN DE HAGUENAU 259 

Rabins, ainsi qu'il le déclare assez luy-mème à Samuel Rabin de 
Bouxviler, par son acte d'opposition a sa réception pour rabin d'Ober- 
bronn a luy signifié le 26 raay 1734, ou il dit qu'il n'est pas capable 
d'exercer la charge de Rabin parce qu'il est un asne de son naturel. 
Voilà une marque d'un esprit illuminé. 

Il se qualifie II Puissant Dominateur (en alemand : Gewaltiger Herr- 
scher). C'est ici que se manifeste l'extravagance d'Elie Schwab. Cette 
qualité prise par un Rabin en dépit du Christianisme, ne peut tendre 
qu'a vouloir anéantir l'accomplissement de la prophétie de Jacob dans 
la Genèse 49, verset 10. « Le sceptre ne se départira point de Juda, ni 
le législateur d'entre ses pieds jusqu'à ce que Schilo vienne et a luy 
apartient l'assemblée des peuples. » Si donc Elie Schwab étoit un do- 
minateur et un puissant dominateur parmi les Juifs : le sceptre ne 
se seroit point départi de Juda, et les Juifs auroient encore une 
Republique ou un Souverain entre Eux ; et de là il s'ensuivrait, que 
Messie ne seroit point encore venu, ce qui ne peut nulement estre to- 
léré. De pareilles extravagances ont été condamnées a la Chambre Im- 
périale. Le fameux Wehnerus en raporte un préjugé dans ses Obser- 
vationes Practicae Juris selectae, Edition de Strasbourg de 1701 page 
403 sous le mot Regirer ou il dit Regirer /: en francois Régent :/ ver- 
bum est publici officii, non privati. Igitur sententia lata fuit contra 
Judaeum quendam nomine Jodocum von Reschen * qui signoit, Ré- 
gent de la communauté des Juifs. Hic Judaeus fuit in Caméra con- 
demnatus in poenam duarum Marcarum auri puri Imperiali fiscoin- 
ferendarum et in expensas, etc. Licet enim alii Judaei sic scripserint, 
quod probavit : cum tamen hic titulus sit inusitatus, elatum et sedi- 
tiosum animum arguens, nemo débet talem titulum agnoscere. 

Elie Schwab a encore enchéri sur les qualités de Régent, il a pris 
celle de Puissant Dominateur. 

Il prouve encore son extravagance plus loin et se qualifie III Juge 
souverain (en alemand Oberster Richter). Ce prétendu titre ou qua- 
lité tend a insulter a l'autorité du Conseil souverain ; on fera même 
voir que ce Juif Rabin a prétendu exercer cette autorité souveraine 
et voici comment : sur la demande formée par Isaac Juif d'Oberbronn 
contre le nommé Christoffle Mertz bourgeois et pelletier de Pfaffen- 
hofen, M. Geiger baillif de Bouxwiller ayant condamné ledit Mertz de 
payer audit Isaac le Juif les 40 florins dont il s'agissait et aux dé- 
pens ainsi qu'il esta voir par la sentence du 7 e avril 1734 ci-jointe. 
Mais le deffendeur condamné par son juge naturel s'étant adressé à 
Elie Schwab a obtenu de luy un ordre a Israël Prévost de Juifs a 
Oberbronn en datte du 12 e avril 1734 par lequel il a cassé la sentence 
du Baillif et il déclare qu'Ilzig ou Isaac le mercier d'Oberbronn 
n'a pas la moindre prétention contre le pelletier et puis il mande a 
Israël d'ordonner a Itzig de se désister du Procès contre le pelletier et 

1 Joselmann de Rosheim (v. Feilchenfeld, Rabbi Josel von Rosheim, Strasbourg 
1898, p. il bs., et p. 167 ss.). 



260 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

de l'indemniser de toutes les dommages et dépens a peine de neuf 
florins d'amende, et a peine d'estre excommunié, comme en effet il 
l'a en athématisé par le même ordre. 

Il est vrai que cet ordre n'est représenté qu'en trauslat alemand 
écrit de la main de M. de Fouquerolle Baillif d'Oberbronn mais cette 
écriture est justifiée par sa lettre au Sr. Zentarov ci-jointe du 8 e juil- 
let 4734. 

Il s'est présenté un autre cas au Bailliage d'Oberbronn ou le nommé 
Michel Juif du même lieu le Procureur fiscal a luy joint avoit formé 
sa demande contre Israël le Prévost des Juifs et favori d'Elie Schwab, 
de ce que le dit Israël l'auroit frapé jusqu'au sang dans la Synagogue 
un jour de Sabbat et auroit commandé aux autres Juifs sous peine de 
trois florins d'amende de fraper aussi sur luy. Les juges ayant ren- 
voyé la cause par devant le Rabin, ou malgré les instances et les 
sollicitations de Michel Juif il n'a cependant pu avoir justice contre 
Israël le favori du Rabin. 

Itzig le Juif dont on a parlé ci-dessus ne voulant pas déférer aux 
ordres du Rabin et se désister de la sentence rendue en sa faveur par 
le Baillif de Bouxwiller, et Michel demandant continuellement justice 
contre Israël ce Rabin fulmina le grand Anatheme contre l'un et 
l'autre, ainsi qu'il est a voir par l'original en Hébreux ci-joint avec 
ses translats en alemand et en françois du 5 e may 1734. 

Par ces deux actions Elie Schwab s'est montré et juge souverain 
et puissant Dominateur, mais l'un et l'autre estant une entreprise 
formelle contre les loix et contre les arrests méritent d'estre reprimés 
sévèrement. 

Car les Juifs n'ont point de République et n'en doivent point avoir 
et suivant la loi 8 du Gode de Judaeis et Goelicolis dans des contes- 
tations de Juif a Juif, ils sont obligés de se régler selon les loix Ro- 
maines et de porter leurs causes devant des juges ordinaires même 
celles qui regardent leur cérémonial : ils peuvent cependant compro- 
mettre sur un Juif ou un Rabin dans des causes civiles. Et quand il 
s'agit d'une contestation entre un Juif et un Chrétien, la loi 45 du 
même Titre dispose formellement, qu'elle doit être décidée par le Juge 
ordinaire et nullement par un Rabin : Elie Schwab se croyant neant- 
moins au-dessus de ces loix fait asigner devant luy les parties dont 
les causes sont pendantes devant les juges ordinaires, et même il 
casse leurs sentences. 

A l'égard de TAnatheme, il est deffendu aux Juifs d'user en France 
d'aucune des trois sortes d' Anatheme c'est-a-dire de Niddui qui est la 
séparation ou le premier degré de l'excommunication judaïque, ni 
de Cherem qui est la grande excommunication ou l'Auathème, ni 
encore de Schammata a laquelle la peine de mort est attachée. Nous 
trouvons dans le dictionnaire des Arrest Tome 2, page 530 sous la 
lettre Jui. N° 4 2 un arrêt du Parlement de Paris du 47 e janvier 4 374 
qui fait de pareilles deflenses, mais Elie Schwab se met au-dessus de 
cet arrêt et de tous les autres, fulminant des Anathèmes sur Ana- 



ÉLIE SCHWAB, RABBIN DE HAGUENAU 261 

thèmes contre les Juifs d'Oberbronn et même donnant permission à 
Israël son favori d'en fulminer, de manière que par ces anathèmes 
trop fréquents tout est en combustion parmi les Juifs dans la ditte 
Seigneurie, et il est a craindre qu'il n'en arrive quelque meurtre. 

On observe encore que l'excommunication du 5 e may 1734 qui est 
de Gherem qu'elle devoit estre prononcée par dix personnes, cepen- 
dant elle ne l'est que par sept, et encore que le septième qui y a 
signé l'a fait par force, Elie Schwab l'ayant menacé de le faire sous 
peine de six écus d'amende. 

Avant de finir on observe encore qu'Elie Schwab estant averti 
sous mains que les seigneurs d'Oberbronn deliberoient sur sa desti- 
tution il a eu recours a des artifices, il a dressé luy même un acte le 
9 e mars 1734 qu'il a fait signer de plusieurs Juifs : par cet acte les 
Juifs se sont ligués par serment et sous peine du grand anatheme, 
de ne point reconnoitre Samuel Rabin de Bouxwiller pour Rabin 
d'Oberbronn, et même pour soutenir Elie Schwab, d'entrer en procès 
avec les seigneurs sans parler des injures atroces, dont cet acte est 
rempli contre Samuel Rabin, ou il est traité de scélérat et d'autres 
pareilles choses infamantes. 

Mais la plus part des Juifs qui ont signé cet acte s'élant aperçu 
du piège que le Rabin de Haguenau leur avoit tendu, ont révoqué cet 
acte solennellement au greffe d'Oberbronn le 18 e juin 1734 : parmi les 
Juifs qui ont signé cet acte de revocation, il y en a un qui est le on- 
zième a la signature, qui déclare en termes formels, qu'il confesse 
devant tous les juges qu'il peut faire serment, qu'il n'a pas sceu ce 
qu'il a signé, parce que le Rabin de Haguenau tenoit la main au- 
dessus, et qu'il y avoient déjà plusieurs, environ vingt qui avoient 
signé avant luy, ainsi il l'a signé aussi, mais sans sçavoir ce qui 
estoit écrit audessus, il déclare en outre, qu'il a sigoé cet acte de 
revocation volontairement sans contrainte et sans force en présence 
du Greffier. 

De tout ce qui a esté représenté dans ce mémoire il est évident 
que les seigneurs d'Oberbronn sont en droit d'établir ou de proposer 
des Rabins aux Juifs demeurants dans leurs terres et de les congédier 
aussi, particulièrement quand ils seroient receu sous la condition tant 
qu'il leur plaira, ou jusqu'à ce qu'ils en ayent autrement disposé. 

11 ne sera pas malaisé aussi d'en tirer des conclusions de la requête 
en intervention pour les Seigneurs d'Oberbronn, qui en même temps 
prennent le fait et cause de Samuel Maennel Seligmann Rabin du 
Comté de Hanau-Lichtenberg, reçeu Rabin des Seigneuries d'Ober-et 
Niderbronn. 

XXIII. 

23 e novembre 1733, Extrait 

des Registres d'audience des bailliages d'Ober-et Niderbronn du 23° 
novembre 1783. 



262 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Michel le Juif d'icy, le Procureur fiscal à luy joint, se plaint 
contre Israël le Juif d'icy qu'un jour de Sabat dans la Sinagogue, 
il auroit commandé aux Juifs présents sous peine de trois florins 
d'amande de fraper sur le demandeur, et que le défendeur l'ayant 
bien injurié et sa femme, l'auroit frapé avec une planche sur la 
paupière droite, et luy en auroit donné contre le nez, que le sang 
en est sorti soudainement et qu'il luy a blessé les lèvres comme aussi 
que Leyserle le juif d'icy, et Borich le fils d'Isaac d'icy l'auroient battu 
et frapé la femme de la même planche sur la tête et sur le bras 
gauche, tellement que ce bras a bien esté meurtri, il conclut a ce 
que le défendeur soit condamné de luy payer cent florins pour ses 
douleurs, et le Procureur fiscal conclut a dix florins d'amande avec 
dépens. 

Le deffendeur dit que c'est une affaire qui regarde la Sinagogue et 
qu'elle est de la compétence du Rabin, ainsi conclut, d'estre renvoyé 
par devant luy. 

Ouï la demande et les défenses, Nous les Baillifs des Bailliages 
d'Ober-et Niderbronn attendu que l'affaire s'est passée dans la Sina- 
gogue, l'avons renvoyée par devant le Rabin ordinaire, dépens com- 
pensés liquidés a un florin cinq schelings six fennings avec assi- 
gnation, signification, conclusions du procureur fiscal et appel de la 
Cause. 

Signé Billaudet et de Fouquerolle. Collationné signé Rothjacob 
Greffier avec paraphe. 

XXIV. 
7 avril 1734. 

Extrait des Registres d'aud ces du Bailliage de Pfaffenhoffen du sep- 
tiesme avril, mil sept cens trente quatre, fol. 147 recto. 

Entre Isaac Juif demeurant à Oberbronn comparant par Schul- 
meister son procureur demandeur d'une. Contre Christophe Mertz 
Bourgeois et Pelletier de Pfaffenhoffen d'autre part. Après que le de- 
mandeur a conclu à ce que le deffendeur soit condamné en payement 
de quarante florins pour marchandises qu'il a acheté de luy et que, 
malgré sa deffense il a payé à Lazare le Juif d'Oberbronn, et aux dé- 
pens. Et que le deffendeur en personne est convenu de devoir au 
demandeur la dite somme de quarante florins pour marchandises ; 
mais que nonobstant les deffenses que luy fit le demandeur il les 
auroit néantmoins sur le cautionnement de Lehmann Juif de Pfaffen- 
hoffen, payés à Lazare Juif dudit Oberbronn qui étoit porteur de sod 
billet de la d somme, demandant que son recours luy soit réservé 
contre ledit Lehmann. 

Parties ouyes Nous Baillifs du Comté de Hanau-Liechtenberg avons 
condamné le Deffendeur de payer au Demandeur les quarante florins 
contenus dans la demande avec dépens, liquidés à deux florins, huit 
schellings, six fennings. Signé Gedger avec paraphe. 



EUE SCHWAB, RABBIN DE HAGUENAU 263 

Extrait et collationné à Pfaffenhoffen le vingt un aoust, mil sept 
cens trente quatre. Signé Bernard greffier avec paraphe. 

Traduit sur l'original allemand signé et paraphé par moy soussigné 
fait à Colmar ce 25 e janvier 1735. Brueder. 



XXV. 

12 avril 1734, 
A Israël Prévôt des Juifs. 

Lazare le Juif s'étant plaint de ce que Itzig le Mercier d'Oberbronn 
avec le Pelletier de Pfaffenhoffen étoient contre Lehmann dudit 
Pfaffenhoffen qui doivent être contraints au payement, duquel 
résultent des grands frais et attendu la Sentence, que j'ay déjà 
rendue, qu'Itzig le Mercier n'a pas la moindre prétention contre 
le Pelletier ; c'est pourquoy Israël le Juif ordonnera à Itzig le 
Mercier, qu'il doit désister du procès contre le Pelletier et doit l'in- 
demniser de tous les dommages et dépens à peine de neuf florins 
d'amende moitié au profit du Seigneur et l'autre moitié pour aumône 
et à peine d'être exclu de la communauté de la Sinagogue et personne 
ne l'aidera à faire du pain sans levain (en allemand Matzkouchen) et 
ne l'admettra à des cérémonies judaïques. Et à ce qui regarde le Ser- 
ment qu'Isaac doit prêter et que Lazare prétend d'avoir encore une 
prétention contre luy, Lazare le Juif consignera encore avant les fêles, 
cinquante et un florins entre mes mains ou entre celles de Level 
Cahen d'Oberbronn à peine d'être exclu de la Communauté de la Si- 
nagogue et de neuf florins d'amende, moitié au profit des Seigneurs 
et l'autre moitié pour aumône jusqu'après les fêtes, qu'ils comparaî- 
tront par devant moy pour leur rendre Sentence. Celuy qui y obéira 
aura bonheur. A Haguenau ce deuxième jour de la semaine neuf 6 avril 
494. C'est le douz 9 avril chrétien. Elie Schwab Rabin. 

Traduit sur pièce allemande signé et paraphé par moy soussigné 
fait à Colmar ce 25 janvier 1735. 

XXVI. 

8° juillet 1734. 
Monsieur, 
J'ay reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de mescrire le 5 e 
de ce mois a l'occasion d'une sentence en hébreu que le Raby de Ha- 
guenau a rendue par laquelle, il ordonne à Itzig Juif d'Oberbronn de 
se désister de l'exécution de la sentence rendue par Mon r le Bailly de 
Bouxweiler en faveur de ce juif contre un particulier de Pfaffenhoffen, 
laquelle sentence en hébreu vous souhaitteriez avoir en original. Je 
vous diray, Monsieur, que je l'ay eu pendant près de trois semaines 
et comme j'ay veu que personne ne m'en parlait je l'ai rendue a Israël 
qui me la redemandé. Je suis fâché Monsieur, de n'avoir pas sceu plus 
tôt que vous la souhaittiez, je me seray fait un plaisir de vous l'en- 
voyer, mah vous en avez le translat que j'ay escrit de ma propre main 



26 -i REVUE DES ETUDES JUIVES 

qui est fi de l et que le greffier d'Oberbronn peut collationner ayant été 
présent lorsque je Vay escris à Vaudiance et qu'un juif me la dictoit. 
J'ai l'honneur d'estre avec une considération très parfaite 
Monsieur, 
Reichshofferj, Votre très humble et obéissant serviteur 

le 8 e juillet 1734. De Fouquerole. 

XXVII. 

t^b d'Wtt ïYimmNtt Sa^fc tïik "tosnp psfa n nnaro 
aa ma iiisva ars-na iwtu nosa y^n a^bana mn laas tzpava 
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XXVIII. 

5 may 1734. 

Gomme Isaac le Mercier. et Michel d'Oberbronn ont fait des mau- 
vaises actions, qu'ils ont mangé du Levain pendant nos Pâques, ce 
qui est deffendu soû peine de raccourcissement de vie, qu'ils ont 
résisté au droit de notre Saint Tora [c'est la loix] qu'ils ont fait tant 
et plus de querelles et blasphémé Dieu dans la sinagogue qu'il n'y 
peut avoir un plus g;rand péché, que celuy de blasphémer en public 



ÉL1E SCHWAB, RABBIN DE HAGUENAU 265 

le nom de Dieu céleste, et que, pendant un tems ils ont commis de 
méchantes actions dont de pareilles sont inouïes et n'ont jamais été 
vues ny ont jamais été fuites ; et à fin que la peine soit détournée 
de nôtre peuple, j'ay ordonné le vingt cinq du mois passé de Nissen 
soû peine de l'exclusion de la sinagogue, qu'ils doivent se rendre icy 
pour appaiser leurs querelles, maisilsontdesobeiset persistent encore 
dans la désobéissance; c'est pourquoy j'ay publié avec assistance des 
Préposés et à l'assemblée de la communauté des Juifs sçavoir que les 
susdits Michel et Isaac sont exclus de l'assemblée de la sinagogue et 
séparés de la société humaine, ils ne seront point admis à ce qui 
regarde les choses saintes et personne n'aura aucun commerce n'y 
aucune affaire avec eux, ainsi qu'il est porté par le droit touchant 
ceux qui sont exclus de la fréquentation de la sinagogue et séparés, 
et tant qu'ils seront dans cette exclusion, chacun d'eux payera cinq 
schillings d'amende par jour, moitié au profit des seigneurs et l'autre 
moitié pour aumône, jusqu'à ce qu'ils se rendent icy, et qu'ils se 
soumettent à la justice, ce que je ferai aussy publier dans plusieurs 
endroits, afin qu'ils l'apprennent et qu'ils craignent d'être plus mé- 
dians. Et quant a Isaac et à Leb puis qu'ils ont violé l'exclusion mi- 
neure de la Sinagogue, ils seront punis de l'exclusion maieure et 
payeront tous les jours un schilling d'amende, moitié au profit des 
Seigneurs et l'autre moitié pour aumône jusqu'à ce qu'ils se rendent 
aussy icy et qu'ils se soumettent à la justice, celui qui obéira se trou- 
vera bien etc. 

Fait à Haguenau le quatrième jour de la semaine, sçavoir le deu- 
xième jour du mois d'Jhar 494. 

C'est le cinquième may mil sept cent trente quatre. Sigué Elie 
Schwab Rabin à Haguenau. 

Israël le fils de Nefftali. Beniamin le fils Nachem s. m. s. e. b. Lebel 
Gahen. Lazard le fils de Moyse Levi. Levi le fils d'Eljakum. Isaac le 
fils de Moyse s. m. s. e. b. 

Traduit sur pièce allemande etc. 

Brueder. 

XXIX. 

25 juin 4738. 
A Nos seigneurs du Conseil Souverain d'Alsace supplie humble- 
ment Samuel Weyl Rabin des Juifsdem l a Ribeauviilé Disant qu'Elias 
Schwabe Juif demeurant à Haguenau ayant en son arrivée de Metz 
tâché d'empiéter sur les droits du supp 1 à la faveur des lettres pa- 
ternes qu'il avait surprises se fut obligé de s'opposer à leur Enregis- 
trement M r le Cardinal de Rohan Evesque de Strasbourg M*- le Comte 
de Hanau, le Directoire de la basse Alsace et autres étant intervenus 
et adhéré aux conclusions du suppt, Elias Schwab avait été obligé de 
se restreindre a la fonction de Rabin seulement dans la préfecture de 
Haguenau, de quoy il fut donné acte par arrest du 4 3 e septembre 
1722, et jceluy condamné aux dépens envers toutes les parties, il 



266 REVUE DES ETUDES JUIVES 

serait depuis ce temps resté tranquille, mais ayant fait de nouvelles 
tentations pour étendre sa jurisdiction dans les terres des mêmes 
seigneurs, qui s'etoient opposés en sa première entreprise, il en fut 
débouté par arrestdu conseil d'Etat du 12 e avril 4738 qui luy accorde 
de faire les dittes fonctions de Rabin en exécution de ses lettres pa- 
tentes du 22 e juin 1721 dans la préfecture Royale d'Haguenau dans les 
haut et bas Bailliage de Lauterbourg, dans la Ville de Landau, fort 
Louis, Wissembourg et dans toutes les Prévôtés, terres et lieux de la 
basse A-lsace qui ne dépendent point de l'Eveché de Strasbourg, de la 
possession de M. le Comte de Hanau et du directoire de la Noblesse 
de la basse Alsace, et comme il prétend comprendre dans sa conces- 
sion les villes d'Oberenheim et de Rosheim sous prétexte qu'elles sont 
situez en basse Alsace que cependant ces deux villes quant aux juifs 
font partie du Département de la haute Alsace ou le supp 1 est en pos- 
session de faire les fonctions, que jusqu'à présent les Juifs dans ces 
deux villes sont compris dans les Rolles de la Gapitation des Juifs de 
la haute Alsace et que les ordres envoyés pour les mesmes Juifs de 
haute Alsace comprennent également ceux des ditles villes d'Obe- 
renheim et de Rosheim que si la prétention dud. Elie Schwab auroit 
lieu ce seroit un bouleversement de la Police qui est établie il est 
obligé de présenter sa requête. 

Ce considéré Nosseigneurs il vous plaise recevoir le supp 1 opposant 
à l'Enregistrement de l'arrest du Conseil d'Estat du Roy en date du 
12 avril 1738 en ce que Elias Schwab pretendroit l'étendre sur les 
villes d'Oberenheim et de Rosheim. En conséquence maintenir et 
garder le suppliant dans la possession d'y faire les fonctions de rabin 
comme à l'accoutumé et en cas de contestation condamner led. Schwab 
aux dépens, sans préjudice au suppliant d'amplifier les conclusions 
comme il avisera bon estre et pour le voir aussy dire ordonner que 
les parties auront audience au premier jour et ferez bien. 

Signé "Wilhelm. Viennent les parties. 

Fait à Colmar ce 25 juin 1738. 



XXX. 

18 aoust 1738. 

Pardevant les Noltaires Royaux de la Province d'Alsace résidens à 
Colmar soussignés sont comparus Samuel Weyl Juif rabin demeurant 
à Ribeauvillé d'une part, Et Sibille Schwaube femme d'Elias Schwab 
Rabin d'Haguenau de luy authorisée et fondée de procuration passée 
a Paris le 30 Juillet de la présente année qui est demeurée jointe a la 
minute des présentes après qu'elle Ta certifiée véritable jcelle encore 
en tant que besoin serait assistée de Léon Nathan Cahen Juif de 
Metz a présent aud. Colmar d'autre part lesquelles parties ont d. que 
le S r Samuel Weyl ayant présenté au Conseil Souverain sa requête 
en opp on a l'Enregistrement des lettres patentes et arrests obtenus 
par led. Elias Schwab le 12 avril dernier de la présente année a ce 






EUE SCHWAB, RABBIN DE HAGUENEAU 26 

qu'il les voudrait étendre sur les villes de Rosheim, ObQrenheim et 
village de Scherwiller la de Requeste en date du 25 e juin dernier actes 
de rectification et ampliation du 27° juin que pour terminer la diffi- 
culté entre elles la d e Sybille Schwaube au nom et pouvoir qu'elle 
agit a déclaré ne vouloir étendre ny exercer les fonctions de Rabin 
sur lesd. trois endroits de Rosenheim, Oberenheim et village de 
Scherwiller, consentent que le dit Samuel Weyl y continue ses fonc- 
tions et en conséquence de cet arrangement led. Samuel Weyl a dé- 
claré qu'au moyen de la déclaration faite par lad. Dm» Sybil 1 
Schwaube au regard des d s trois endroits, il se départait et se depa rt 
de son opp on aud. Enregistrement consentant au surplus que le 
lettres patentes soient enregistrées à l'effet de quoy il sera demandé 
acte de la déclaration respective des parties promettantes et obli- 
geantes et renonçantes, fait lu et passé aud. Golmar et interprété en 
langue allemande aux parties le 18 8 aoust 1738, et ont signé a la mi- 
nute ainsy signé Samuel Weyl, Bêle Schwab, Léon Nathan Gahen. 
Naxo Notaire et Drouinau aussy notaire soussignés vers lequel la 
minute est restée. Signé Drouinau avec paraphe. 

XXXI. 

Monsieur, 
Samuel Mennel Juif Rabby de Bouxwiller vient de me faire voir 
celle que vous luy avez fait l'honneur de luy écrire, il me prie de 
vous mander qu'il veut s'opposer à l'Enregistrement des lettres 
patentes nouvellement obtenues par Elias Schwab, et comme il luy 
est impossible de quitter présentement pour vous aller trouver, il me 
communiquera les moyens d'opposition lesquels je vous addresserai 
par l'ordinaire du vendredy prochain, le tems estant trop court pré- 
sentement, puisque on est a faire le parquet, si d'entre icy et ce 
tems là vous appprenez quelques nouvelles de cette affaire, vous 
pourriez s'il vous plaît m'en donner part. J'ay l'honneur d'estre très 
parfaitement. 

Monsieur, 
A Saverne, le 41 e Aoust Votre très humble et très obeisst serviteur 
1738. Helmbrecht. 

Monsieur Lamblé, procureur au conseil souverain d'Alsace, à 
Golmar. 

XXXII. 

Monsieur, 
Vous recevez cy joint le petit Mémoire de Samuel Mennel Selig- 
mann Juif Rabbin de Brouxwiller pour former opposition contre 
l'Enregistrement de l'arrest du Conseil d'Estat rendu en faveur 
d'Elie Schwab Juif Rabin d'Haguenau, si vous n'en aviez pas de 
copie, comme je me l'imagine, je pourrai vous en envoyer une par 



268 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

le premier ordinaire, il vous prie de vous intéresser pour luy et me 
promet qu'il sera reconnaissant, si vous apprenez quelque chose de 
nouveau, vous pourrez s'il vous plaît m'en donner part, il le scaura 
plustot que si vous le luy addressez. 

J'ay l'honneur destre très parfoistement 
Monsieur, 
A Saverne, ce 13 Aoust Votre très humble et très obéissant 

1738. serviteur 

Mandez moy combien il doit vous Helmbrecht. 

envoyer d'argent et je vous le ferai 
remettre à Colmar. 

(Sur l'enveloppe : Monsieur Lamblé, procureur au Conseil souve- 
rain d'Alsace, a Colmar.) 

XXXIII. 

Mémoire succint pour Samuel Meunel Seligmann, Juif Rabin de la 
Coûté de Hanau, de la Conté D'Ober-et Niderbronn, de la Conté de 
Rosen, pour le Bailliage de Marmoutier, pour M r de Gailling a Bous- 
willer a une lieue de Bouxwiller, et pour M r de Rotembourg a 
Muhlhausen a une lieue et demy de Bouxwiller 

Contre 
Elie Schwab Rabin à Haguenau. — 

De tout tems il y a eu trois Rabins dans la province d'Alsace, 
dont l'un demeure à Ribeauvillé, l'autre à Bouxwiller ou Westhoflen, 
et le troisième à Haguenau. 

Dans le tems même qu'Elie Schwab le Rabin moderne a esté receu 
cela estait ainsi, il a succédé au nommé WolffHoffelden, qui n'avait 
d'autre district que celuy que luy Schwab a préseutement; aussy 
ses patentes n'ont esté enregistrées au Conseil que sur la déclaration 
qu'il a faite par acte du 29 juillet 1722, que son instruction n'estoit 
autre que celle de Wolf Hoffelden son prédécesseur, et qu'il ne pré- 
tendoit troubler Samuel Weyl ny autres daris leurs fonctions de 
Rabin, ainsi que cette déclaration est rapportée dans l'arrest du 
Conseil d'Estat du 23 avril de la présente année 1738 dont sans doute 
vous aurez copie en tout cas je pourrai vous en envoyer une. Il y a 
présentement huit ans que Samuel Mennel Seligmann a esté nommé 
et receu Rabin pour les Bailliages et villages cy dessus lesquels il a 
deservi au contentement des seigneurs et des sujets. 

Ces mêmes Bailliages et villages ont de tout tems esté détachés du 
district du Rabin d'Haguenau, ainsy qu'il serait aisé d'en rapporter 
la preuve depuis plus de 60 ans, yceux ayant esté deservis par les 
prédécesseurs dud. Seligmann à l'exclusion des Rabins d'Haguenau, 
dont led. Elie Schwab n'oseroit disconvenir; que de son veu et sceu 
Seligmann a succédé à Issachar Baehr, et que depuis tout ce tems 
il a fait les mêmes fonctions que faisait son prédécesseur. 



EL1E SCHWAB, RABBIN DE HAGUENAU 269 

Cependant par l'arrest du Conseil d'Estat il est permis aud. Elie 
Schwab de faire les fonctions de Rabin des Juifs généralement dans 
toutes les prévôtés terres seigneuriales et lieux de la Basse-Alsace 
qui ne dépendent point de l'Evèque de Strasbourg, de la succession 
de feu le comte de Hanau et du directoire de la Noblesse de la Basse- 
Alsace, en sorte que Seligmann n'aurait plus rien à faire, si ce n'est 
dans le Comté d'Hanau. 

Il a fait signiffier cet arrest à Seligmann le 2 e du présent mois 
d'aoust dans le tems qu'il estoit à faire l'inventaire et partage de la 
succession de feu Mennel juif de Marmoutier; ayant esté requis par 
les héritiers de le faire; comme Seligmann n'ignorait pas que cet 
arrest du Conseil d'Estat n'est point enregistré en Conseil souverain, 
et qu'il estoit sur le point de finir ce partage, il a passé outre et l'a 
achevé, et ne croit pas avoir mal fait ny avoir encourru une amende, 
comme quelques-uns veuillent luy faire a croire. 

Non seulement les seigneurs dont il devrait en vertu de cet arrest 
deservir les sujets juifs se soulèvent, mais aussy quelques uns de 
ceux qu'il deservit cy devant sont mécontents de luy et demandent 
Seligmann pour leur Rabin. 

L'abbaye de Marmoutier de l'avis de M. Gross leur bailly s'oppo- 
sera au premier jour tant à Colmar qu'à Paris. 

M r Zentarov a fait écrire Seligmann au Comte de Linange qui est à 
Paris, et luy même a envoyé une procuration dressée aux fins de 
donner pouvoir à quelqu'un de s'opposer au conseil, et il attend 
tous les jours la réponse et resolution du Comte qui vous sera aussi- 
tôt communiqué, c'est la raison qu'on ne vous a pas plustôt repondu 
à votre lettre. 

M r Gross comme administrateur de la Barounie de Fleckenstein 
assure qu'il portera le prince de Rohan à s'opposer également à 
l'Enregistrement de cet arrest et veut prendre un autre Rabin. 

Tous ceux qui sont deservis par led. Schwab ou du moins la 
plus part se plaint contre luy et le changerait volontiers contre un 
autre même plusieurs me disent que si on informait contre luy qu'il 
serait destitué, au lieu qu'on n'a aucune plainte contre Seligmann, 
qu'au contraire il est aimé et des seigneurs et des sujets, et se rap- 
porterait en tout cas à l'information que l'on voudra prendre là- 
dessus. 

Ainsi Monsieur led. Samuel Mennel Seligmann vous prie par ces 
présentes et vous donne pouvoir de présenter requeste au Conseil 
d'y insérer que vous trouverez les plus relevantes pour fonder son 
opposition qu'il entend former à l'Enregistrement de l'arrest du 
Conseil d'Estat dud. jour 23 avril de la présente année 1738, rendu 
en faveur d'Elie Schwab et de faire tout ce que vous trouverez néces- 
saire ou convenable, et promet de vous satisfaire de vos vacations et 
déboursés. 

Samuel Mânnel, Judten Rabiner von Buchswëyler. 



270 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

XXXIV. 

22 octobre 1730. 
Pro Copia. Wùrdt dem supplicanten Sohn undt respective Tochler- 
mann Samuel seines Nahmen fur ein Rabiner in unserer Herr- 
schaft der Mark Maursmunster angenommen und unserer Juden- 
schaft erlaubt, Ihnen in Ihrer vorfallenden Cérémonial und anderen 
unter sich habenden Streitigkeiten zu gebrauchen Jedoch anderster 
nicht als wan gedachte unsere Judenschaft in Givilsachen allein 
(weylen selbige in Ceremonial-Streitigkeiten sich Keines anderen 
bedienen sollen) ein solches freywillig thun, oder auch unser Ambt- 
mann die Civil-Streitigkeiten vor sich nicht berufen oder ausma- 
chen wolte, betreffent aber die frevelbahre sachen, so sollen selbige 
in unserer Statt Maursmunster entweder durch unseren Ambtmann 
oder besagten Rabiner undt unseren spécial verordnung taxiert undt 
erôrtert werden, Actem. 

Maursmunster d. 22 octobris 1730. 

Sambt dem gewôhnlichen Anselmus Abbt. 

unterdruckten insigel. 

Dièse Aufnahme ist ratificirt durch ein anaeres aecrei von aem 
nachmahligen praelaten von Maursmunster underem 5 Hornung 
1735. 

XXXV. 

24 novembre 1738. 
L'an mil sept cent trente huit le 24 e jour du mois de novembre en 
vertu d'un arrest rendu au conseil d'Etat du Roy le 12 e avril dernier 
et des lettres patentes accordées sur yceluy le vingt trois e dud. 
mois signée Louis et plus bas par le Roy signée Bouy et scellées en 
grand sceau sur cire jaune ensemble de l'arrêt d'Enregistrement qui 
a été fait dud. Arrêt du conseil d'Etat et des d es lettres pat. au 
Conseil souverain d'Alsace le 27 e septembre dernier. Et à la requête 
d'Elie Schwab Rabin des Juifs de la Basse Alsace lequel fait élection 
de domicile en sa- maison où il demeure à Haguenau. J'ay Charles 
Hombourg, huissier sergent royal, au Conseil souverain d'Alsace 
résident à Strasbourg, rue d e fladergass paroisse S l -Laurent sous- 
signé bien et deument signifié led. Arrêt du Conseil d'Etat les d cs 
Lettres patentes et led. Arrêt d'Enregistrement aux Seigneurs de la 
Ville et baillages d'Ober-et Niderbronn au domicile du Sieur Jean 
Zinsner leur receveur demeurant au dit Oberbronn ou je me suis 
exprès transporté distant de ma demeure de dix lieux en parlant à 
sa personne avec injonction à luy de le communiquer et faire savoir 
auxd. seigneurs. En conséquence, j'ay déclaré auxd. seigneurs que 
led. Elie Schwab requérant entend exercer les fonctions de Rabin 
sur tous les Juifs establis dans les Seigneuries et jouir des droits et 






ÉLIE SCHWAB, RABBIN DE HAGUENAU 271 

privilèges attachés à cet employ, protestant de tous troubles et 
empêchements qui pourraient y être apportés tant de la part desd. 
Seigneurs que de tous autres. Et a ce que lesd. Seigneurs n'en 
ignorent, j'ay donné la présente copie dud. arrêt de Conseil d'Etat 
desd. Lettres pat. dud. Arrêt d'Enregistrem. et de la présente signi- 
fication aud. Sieur Zinsner en parlant comme dit est en présence 
des ss. Jacques Rerr prevost d'Ettenhoffen trouvé aud. Oberbronn et 
Antoine Clam bourgeois dud. lieu demeurant témoins requis qui 
ont signé avec moy. 

XXXVI. 

3 décembre 1738. 
Billet d'indemnité de Samue Maennel Seligmann Rabbin 
En faveur des Seigneurs d'Oberbronn du 3° décembre 1738. 

Ich unterschriebener Samuel Maennel Seligmann Rabiner zu Buchs- 
weyler Ober-Niderbronn und anderer Orten verspreche Ihro Excel- 
lentz H. Graf von Hohenlohe und Mit Herschaften Ober-und Nider- 
bronschadloss zu halten umb die umbkôsten die schon ergangen und 
ergehen werden wegen der Procès so ich wieder Elias schwab 
Rabiner in Hagenau wegen der Rabiner Bestell in Besagter Ober 
und Nieder Bron in welcher die obgesagter Herschaften schon in 
Meinem favor seint ein kohmmen durch Rgmt vom ** April 1735 
und noch ein kohmmen werden und ver spreche ailes zu Ihrem 
décharge zu bezahlen, geben in Golmar d. d l dezember 1738. 

nb'mo'iD s"n b&ttna ^"n 

Samuel Maennel 

Juden Rabiner zu 

Buchsweyler. 

XXXVII. 

6 avril 1739. 
Monsieur, 

Elias Schwab le Rabin des Juifs de la ville d'Haguenau et quelques 
autres lieux a fait distribuer parmi les Juifs de la Seigneurie d'Ober-et 
Niderbronn ou je suis établi Rabin par les Seigneurs de la dite 
Seigneurie un arrêt de l'onze mars dernier par lequel il prétend 
prendre possession de ma charge, mais comme l'arrêt dit expres- 
sément que sans préjudice du droit des parties au principal des 
lettres patentes qu'il a produit, seront exécutées selon leur forme et 
teneur dans les endroits y énoncées, sauf aux opposants a se pourvoir 
ou et ainsy qu'ils aviseront bon être, je crois de mon côté que le dit 
Rabin Schwab n'est pas en droit de se pouvoir mettre en possession 
de susdite ma charge, puisque ses lettres patentes sur lesquelles il se 
fonde n'en font la moindre mention. 

Je m'étonne, Monsieur, de ce qu'il ne vous a pas encore plu de me 



272 REVUE DES ETUDES JUIVES 

donner des nouvelles de cet arrêt émané, avec une solide explication 
dud. arrêt. Aies la bonté, Monsieur, de traiter mon affaire avec atten- 
tion et soies persuadés que je m'en revaugerai par uue réelle recon- 
naissance, je me fie dessus et suis avec une parfaite vénération. 
Monsieur, 
A. Bouswiller Vôtre très humble et très obéissant serviteur 

le 6 avril 1739. Samuel MànnelJuden rabiner. 

Je vous supplie de donner toute l'instruction nécessaire au Juif 
qui aura l'honneur de vous présenter cette lettre. 

à onsieur Lamblé. 



XXXVIIP. 

M janvier 1723. 
Cejourd'hui est comparu Elie Schwab juif de Metz et a remis au 
Mag. ses lettres patentes du Roy données à Paris le 22 novembre 172 1, 
enregistrées au conseil s. d'Alsace le 25 septembre 1722, portant 
nomination de sa personne en qualité de rabin de la préfecture de 
Haguenau. Le mag. a ordonné que le d. Elie Schwab exercera les 
fonctions de rabin en cette ville à charge que des amendes prononcées 
contre les juifs de cette ville, la moitié en reviendra comme d'ancien- 
neté à la ville. 

XXXIX. 

24 novembre 1723. 

P r Brucker au nom du fils de Schilen juif de cette ville aiant exposé 
que le rabin de son autorité privée l'a excommunié (in den bann 
gethan) et présenté les préposés de la communauté pour scavoir 
d'eux s'il le peut seul, et lui être ensuite donné acte de leur décla- 
ration. 

Surquoy Macholé et Abraham tous deux préposés aiant déclaré que 
le rabin ne pouvait seul et par lui-même excommunier ou mettre au 
ban personne, ajoutant Macholé que si le rabin la fait il scaura le 
soutenire. 

En conséquence a été donné aud. juif acte de cette déclaration pour 
s'en servir au besoin. 

XL. 

20 mars 1724. 
P r Kettler au nom dejuda fils de Schilen, juif de cette ville aiant 
représenté que son père lui auroit encore de son vivant résigné la place 
de préposé de la communauté, laquelle lui a été confirmé par 

1 Les pièces suivantes se trouvent à la Bibliothèque communale de Haguenau. 
M. l'abbé HaDauer de cette ville a bien voulu me les faire copier par M. J. Lejeal, 
secrétaire de la mairie de Haguenau. Je me fais un devoir d'exprimer à M. l'abbé, 
ici encore, mes remerciements les plus sincères. 



ËL1E SCHWAB, RABBIN DE HAGUENAU 273 

M. d'Angevilliers le 2 décembre dernier pourquoy demandoit qu'il 
plut également au Mag. le confirmer dans cette place. 

Vu lad. résignation et la confirmation cy-dessus mentionnée le .Mag. 
l'a pareillement confirmé en conséquence ordonné à la communauté 
des juifs de reconnaître le d. juda comme un de leurs préposés. 

XLI. 

24 janvier 1725. 

P r Bôhm au nom de Feistel Moch, juif aiant demandé d'être con- 
firmé comme préposé de la communauté des juifs, 

P r Roth au nom de Jude Juif aiant demandé que l'élection dud. 
Feistel fut cassée, vu qu'il est parent avec le rabin et les autres pré- 
posés. 

Le Magistrat attendu que led. Feistel a été élu à la pluralité des 
voix comme préposé l'a confirmé, et en ce qui concerne les difficultés 
que les juifs ont entre eux, ils les feront régler par des rabins impar- 
tiaux. 

XLII. 

8 avril 1726. 
P r Bohm au nom et en présence d'Elie Schwab, rabin des juifs 
aiant demandé la permission de prendre chez lui et en pension seu- 
lement pour un tems un juif de Metz, 

Le Mag. a accordé au rabin sa demande à charge que dans le cas ou 
il congédierait led. juif, ou qu'il ne le garderait pas chez lui, et en 
pension, que led. juif sera tenu de vuider la ville. 

XLIII. 

29 janvier 1731. 

Elias Schwab, rabin des juifs de cette ville aiant demandé la per- 
mission de garder chez lui Jacob Lévi comme serviteur et de lui 
octroier la manance, 

Le Mag. a ordonné que led. Jacob Lévy tant et si longtemps qu'il 
se conduira bien et qu'il demeurera en lad. qualité chez led. rabin 
sera souffert en cette ville. 

XLIV. 

12 février 1731. 

Abraham Moch et Jude tous deux préposés de la communauté des 
juifs de cette ville aiant supplié le Mag. de ne point recevoir à la 
manance Jacob Lévi qui se tient chez Elias Schwab en qualité de pré- 
cepteur, ni permettre qu'il se marie en cette ville, attendu qu'il ©st 
étranger, que d'ailleurs il suscite toutes sortes de discussions, 

Le Mag. est convenu de tolérer led. Jacob Lévy tant qu'il sera pré- 
cepteur chez led. rabin, et qu'il se comportera bien, mais ne pourra se 
marier ni être receu à la manance. 

T. XLV, NO 90. it 



g$t REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

XLV. 

31 May 1729. 

Le s r Kestler fiscal aiant remontré qu'Kïie Schwab rabin des juifs 
de celte ville donne depuis le 16 février dernier retraite à deux juifs 
étrangers, sans les avoir dénoncés aux supérieurs, ni les avoir 
conformément aux ordres de M. le Maréchal du Bourg concernant les 
juifs étrangers, déclarés dans les billets de nuit, que depuis 15 jours 
il a encore receu deux autres juifs étrangers sans permission et sans 
les annoncer, pourquoy il a requis à ce qu'il fut condamné à 
l'amende édictée avec ordre de renvoyer dans les 24 heures les juifs 
dont s'agit. 

et le déffend r aiant dit que l'un des premiers juifs est son beaupère, 
et l'autre des derniers le précepteur de ses enfants à l'arrivée 
desquels il les a chaquefois déclarés dans les billets de nuit, et ne 
croioit pas qu'il fut nécessaire de continuer, pourquoy conclut au 
renvoy de la demande. 

Le Mag. vu que le deflend 1 " n'a point remis chaque jour les billets 
de nuit ordonnés l'a condamné à l'amende édictée de 10 écus, et lui a 
enjoint de renvoyer les deux juifs. 

XLVI. 

6 May 1733. 

Le s r Kestler fiscal aiant requis qu'il plut au Mag. ordonner aux 
juifs de lui remettre un état des juifs étrangers attendu qu'il ne doit 
point séjourner de juifs en cette ville sans une permission expresse 
du Mag. et faire mander les deux juifs à cause de certaines frippon- 
neries commises à la dernière foire dont l'un demeure chez Jacob 
Alexandre et l'autre chez le rabin des juifs pour scavoir qui les a 
receus. 

XLVII. 

3 septembre 1725. 
P r Bôhm au nom de Schmuhlen juif, égorgeur chez les juifs 
(schàchter) ayant demandé d'être maintenu dans ses fonctions. 

Le Mag. a continué le supliant dans ses fonctions jusqu'à nouvel 
ordre. 

XLVIII. 

2 décembre 1726. 
Entre Schmuhlen juif boucher ou égorgeur (schaechter), en cette 
ville demand' contre Macholé et Judel aussi juifs en cette ville, 
deflend". 

Après que le demand r a conclu à être continué et maintenu dans 
ses fonctions et demande la confirmation du décret du 3 sep- 
tembre 1725, 



ELIE SCHWAB, RABBIN DE HAGUENAU 275 

et que les deffend 18 ont protesté contre le d. décret et demandé qu'il 
leur fut permis de choisir à volonté leur égorgeur attendu qu'ils le 
salarient. 

Parties ouies le Mag. a confirmé de nouveau son décret du 3 sep- 
tembre 1725, ce faisant a continué le demand r dans ses fonctions 
jusqu'à nouvel ordre. 

XLIX. 

4 décembre 4737. 

P r Roth au nom de Jacob Alexandre, juif de cette ville, aiant 
représenté qu'il a été receu comme assesseur de la communauté des 
juifs de cette ville, et qu'il s'est toujours bien comporté, en consé- 
quence, comme à présent il n'y a plus que 3 préposés, supplie le 
Mag. de vouloir bien le recevoir en qualité de quatrième, tels qu'ils 
ont toujours existé, en faisant ordonner à tous et chacun de ladite 
communauté des juifs de le reconnoitre pour tel tant dans la syna- 
gogue que dehors et dans toutes les affaires et occasions. 

Le Mag. pour les motifs cy-dessus a accordé la demande du 
suppliant, en conséquence ordonné qu'il sera notiffié dans la syna- 
gogue de cette ville, que toute la communauté ait à le reconnaître 
tant dans la synagogue qu'ailleurs comme préposé, et à le respecter 
à l'instar des autres. 

L. 

25 février 1739. 

Entre Aaron Feistel Moch juif de cette ville demand r contre 
Liberman Bonus aussi juif deffend'. 

Celui-ci a été condamné, quoiqu'il eut excipé que la même demande 
étoit pendante par devant le rabin à payer au demand r une somme de 
26 fl. portée en une lettre de change et aux dépens. 

LI 

12 février 1742. 

Entre Samuel juif demeurant en cette ville demand 1 " en requête 
comparant par M. HÔtt son p r d'une part, 

Contre feistel Moch, Aaron Moch, Libmann Moch et Jacob Senderlé, 
préposés juifs deffend' 8 par M. Brendle d'autre part- 

Après que M.Hôtt a conclu à ce qu'il plaise au Mag. donner acte au 
demand r de ce qu'il prend pour trouble le fait des deffend 19 en ce 
qu'ils l'ont empêché en ses fonctions de boucher, et commettent 
comme ils font un autre en sa place, avec déffenses à eux de l'y 
troubler à l'avenir sous telle peine que de droit, et pour l'avoir fait 
les condamner en 200 livres, de dommages-intérêts et aux dépens, 

et que M. Brendlé pour les dtffend rs et en leur présence a dit qu'il 
est vrai que le demand r a été choisi et nommé par le rabin et préposés 
de la communauté pour égorger et visiter les bestiaux dans la tuerie 



276 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

de cette ville, que les juifs ont besoin pour leur usage, mais étant 
hors d'état par son infirmité d'y vacqueril leur est permis de changer 
et de nommer un autre en sa place, partant conclu à ce que le deffend r 
soit débouté de sa demande et condamné aux dépens. 

Parties ouies le Mag. avant faire droit a ordonné que pardevant le 
stettmeister régent le rabin et la communauté des juifs sera entendu, 
pour le fait et communiqué au p r fiscal et raporté être ordonné ce 
qu'il apartiendra dépens réservés. 

LU. 

5 septembre 1742. 

Entre Elie Schwab rabin des juifs demeurant en cette ville de- 
mand r en exécution de la sentence du 3 de ce mois par M. Hôtt son 
procureur d'une part, 

Contre feistel Moch , Aaron Moch , Libmann Moch et Jacob 
Alexandre préposés de la communauté des d. juifs deff rs par 
M. Brendlé 

et encore la communauté des d. juifs par M. Guehl aussi deffend 1 " 
d'autre part 

Après que M. Hott a conclu sans avoir égard aux certifficats 
supposés des deffendr allégués dans leurs déffenses lesquels seront 
déclarés nuls, ordonner que le demandeur soit gardé et maintenu en 
la possession et en ses droits d'assister et de présider à toutes les 
assemblées qui se tiendront entre les deffend rs et lad. communauté 
pour raison des règlements, réception ou démission des chantres, 
choses concernant les cérémonies de la loy judaïque ordonner en 
outre que l'ancien chantre soit gardé et maintenu en ses fonctions, 
leur faire déffenses de l'y troubler ni empêcher en façon quelconque 
jusqu'à ce que par le demandeur conjointement avec les deffend rs et 
la communauté il en soit autrement ordonné, leur faire en outre 
déffenses de faire aucune assemblée géneralem' quelconque sans son 
consentement exprès et pour l'avoir fait les condamner en 500 livr. 
d'amende envers Sa Majesté et s'il ne plaisoit au Mag. déjuger ainsi 
permettre au demand. de produire des preuves plus évidentes des ses 
droits et certifficats plus authentiques de la grande communauté, 
préposés et rabin des juifs de Melz et autres et cependant ordonner 
que led. ancien chantre sera maintenu et continué aux risques 
périls et fortune du demand r et à ses dépens, offrant en cas de tordt 
de lui payer les frais et salaires et condamner les déffend™ aux 
dépens, 

et que M. Brendlé a dit pour les deffend rs préposés que les chantres 
sont à la charge de la communauté ainsi il lui est permis de prendre 
un autre chantre toutes fois et quand son tems est fini, que les 
préposés les ont de tout tems seuls à l'exclusion dud. rabin, reçus et 
congédiés, partant conclu sans avoir égard à la demande de laquelle 
le demand r sera débouté avec dépens, ordonner que les déffend" et la 
communauté des juifs seront maintenus en la possession de nommer 



EUE SCHWAB, RABBIN DE HAGUENAU 277 

les chantres nécessaires pour lad. communauté, ainsi qu'ils aviseront 
bon être, et à l'exclusion de leur rabin, 

et que M. Guehl pour la communauté des juifs en adhérant aux 
déffenses des déffend r9 a conclu la maintenir égalem 1 dans la pos- 
session ou elle est avec les préposés de la synagogue de nommer et 
congédier les chantres à l'exclusion du rabin. ce faisant débouter le 
demand r de sa demande et le condamner aux dépens. 

Le Mag. avant faire droit après qu'il a été mis en fait par le demand r 
que les rabins sont en droit conjointement avec les préposés et la 
communauté des juifs de nommer et congédier les chantres comme 
chose concernant les cérémonies de la loy judaïque, soutenu au 
contraire par les deffend 1 " 3 et la comra^ juive qu'ils sont seuls en 
droit et à l'exclusion du rabin de nommer et congédier les chantres, 
a permis aux parties de faire respectivement preuve de leurs faits 
dans le mois, pard* le s r Hoffmann stattm. que le Mag. a commis pour 
cet effet, pour ce fait et raporté être ordonné ce qu'il apartiendra 
dépens réservés, cependant par provision et sans préjudice du droit 
des parties au principal a ordonné que le nommé Lôbschloss chantre 
actuel, restera congédié et pourront les préposés et communauté des 
juifs procéder à la réception d'un autre chantre. 

LUI. 

34 janvier 1725. 

Entre Meyer Anschel, Alexandre et Meyer fils d'Aaron tous juifs de 
cette ville demand rs , 

Contre Elias jacob Schwab rabin des juifs deffend r . 

Après que les demand rs ont conclu vu que ledit rabin les a mis sans 
raison et sans la participation des préposés au ban de la synagogue, 
qu'il lui fut ordonné sous peine de 20 écus d'amende de lever led. 
ban, et deffendu à tous les préposés de ne faire aucune levée de de- 
niers sans la connaissance du Mag. et au rabin de s'y immiscer, et le 
condamner en tous dommages-intérêts, et aux dépens. 

Parties ouies le Mag. a ordonné que les demand rs payeront ce qu'ils 
doivent; que l'interdit sera levé, et a déchargé les demand rs de 
l'amende du ban, a fait déffenses au rabin et aux préposés de faire 
aucune levée d'argent, qu'au préalable ils n'aient prévenus et donné 
connaissance à la communauté des raisons desd. collectes. 

LIV. 

9 Juillet 1731. 

P r Kestler au nom de Schmulé et Senderlé tous deux cabaretiers des 
juifs aiant présenté requête expositive qu'à leur grand préjudice plu- 
sieurs juifs s'avisaient de vendre à d'autres juifs du vin par mesure 
et demi mesure, et d'héberger des juifs étrangers passants, pourquoy 
concluent à ce qu'il fut deffendu publiquem. par le rabin à la syna- 
gogue, qu'aucun à l'avenir ne s'avise 4e vendre du vin par mesure ou 



278 REVUE DES ETUDES JUIVES 

demi-mesure, ni de loger des juifs passants étrangers autres que des 
parents, sans la permission du Mag. 

Le Mag. vu lad. requête a ordonné au Rabin de publier à la syna- 
gogue et de deffendre à tous les juifs, excepté les cabaretiers juifs, de 
vendre à d'autres juifs du vin par mesure ou demi mesure, et de 
loger des juifs étrangers autres que leurs parents, sinon seront con- 
damnés irrémisiblement aux peines édictées à cet égard. 

LV. 

2 May 1729. 

Dans la cause entre David Reims juif de cette ville demandeur 
contre Elie Scbwab rabin des juifs de cette ville deffend r . 

Après que le demand r a conclu à ce que le deffend 1 " fut tenu à lever 
l'excommunication injustement prononcée contre lui, et condamné en 
500 1. de dommages intérêts et aux dépens, 

et que le rabin a dit que ce qu'il a fait est conforme à leurs lois et 
demande à y être maintenu. 

Parties ouies le Mag. a ordonné que la contestation menée entre les 
parties sera terminée dans les 24 heures par Moyse Levy Gelhàuser 
l'ancien rabin commis et les 3 préposés des juifs conformément à 
la sommation signifiée par le demand r le 27 avril dernier auxquels 
sera remis un extrait du décret rendu, sinon sera l'excommunication 
prononcée contre sa personne levée. 

LVI. 

16 may 1729. 

Dans la cause entre David Rheims juif de cette ville demand r contre 
Elie Schwab rabin de cette ville deffend r . 

Après que P r Bôhm pour le demand r a conclu à ce que le jugement 
prononcé contre lui en faveur du deffendr le 10 de ce mois par Moyse 
Levy Galhausen, Macholé, Abraham Moch et Feistel fut annulé et le 
deffend r condamné en 150 fl. de dommages intérêts et aux dépens 
et que le deffend 1 " a dit que le demand r doit lui donner communica- 
tion de sa demande, pour qu'il puisse y répondre par écrit. 

Parties ouies et vu le jugement rendu par les quatre juifs cy des- 
sus mentionnés le 10 de ce mois, le Mag. a ordonné au demand r de 
faire des excuses au rabin dans sa maison et en présence des 4 pré- 
posés de la communauté des juifs de cette ville, et de livrer à la sina- 
gogue 3 cierges pesant chacun une livre et de les laisser brûler 
devant le décalogue soir et matin pendant le temps de l'assemblée de 
la sinagogue et l'a condamné à l'amende de 3 fl. et aux dépens ; par 
contre après la déprécation et la livraison des cierges et de l'amende 
faite par le demand* le rabin lèvera l'excommunication prononcée 
contre led. demand r sous peine de 20 écus d'amende irrémisible. 



ÉL1K SCHWAB, RABBIN DE HAGUENAU ?79 

LVII. 

29 novembre 1729. 

Lecture faite de la lettre de M. Basque avocat à Colmar écrite au 
Mag. en réponse à celle du 13 de ce mois au sujet des dépens aux- 
quels le Mag. a été condamné par le conseil envers Elie Schwab rabin 
des juifs et David Rheims aussi juif, a été convenu de faire expédier 
le projet de réponse à lad. lettre. 

LVIII. 

23 février 1739. 

Pr. Bôhm au nom et en présence de David Rheims juif de cette 
ville aiant présenté requête contenant que parcequ'il auroit pour 
raison d'injures proférées contre lui et sa femme par Heintzel(l. Hirtzél) 
Levy aussi juif de cette ville porté ses plaintes au Mag. où l'affaire 
est encore pendante et indécise et non pardevant Je rabin, celui-ci et 
les préposés de la communauté des juifs, qui guidés par la seule 
passion et jalousie contre lui, et contre tout droit et nonobstant un 
décret du Mag. du 16 de ce mois rendu à ce sujet, l'auroient samedi 
dernier de nouveau mis au ban et excommunié ; pourquoy suplioit 
"qu'il plut au Mag. lui donner mainlevée dud. ban prononcé par le 
rabin et les préposés, ce faisant pour les raisons susd. le déclarer 
nul et de nulle valeur. 

Le Mag. a accordé au suppliant sa demande, et a été enjoint au 
rabin et préposés sous peine de 50 écus d'amende de lever et an- 
nuller le ban prononcé contre lui en pleine synagogue. 

LIX. 

15 avril 1739. 

Le s r Wimpff régent aiant raporté qu'Elie Schwab rabin des juifs de 
cette ville lui auroit présenté le 7 de ce mois pour lui permettre de 
faire arrêter Salomon Hirtz son substitut qui l'a volé, ce que le stett- 
meister a permis aud. rabin à ses risques et périls, mais led. rabin 
n'aiant point donné sa plainte led. Hirtz a été relâché. 

LX. 

26 janvier 1724. 

Sur la demande de Jean Wernert, bourgeois de Strasbourg, a été 
ordonné d'intimer au rabin des juifs de vuider dans 3 jours la maison 
du supliant par contre led. Wernert rendra aud. rabin ce qui lui est 
du à ce sujet, ainsi que led. rabin l'a déclaré; si non y sera contraint 
par les voies dues et raisonnables. 



280 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 



LXI. 

24 février 1744. 

Entre le pr. fiscal de cette ville, demand r d'une 

contre Elie Schwab rabin des juifs de cette ville défend 1 " et défaillant 
faute de déflendre d'autre part. — Le Mag. a donné déffenses au 
demand 1 ' contre le deffend 1 " et défaillant faute de déffendre (M. Brendlé 
avoit dit que sa partie étant en deuil pour un de ses enfants qui vient 
de mourir, elle n'oseroit se présenter au Mag. ni lui donner des ins- 
tructions pour déffendre, demande un délai protestant des dépens) et 
adjugeant d'icelui a condamné ledeffend' en quarante livres d'amende, 
en 15 11. pour les salaires et les droits des personnes qui ont mené les 
pompes, et qui sont montées sur son toit lors du feu et aux dépens, 
enjoint très expressem* au deffend r de faire nettoier incessam 1 les 
cheminées de sa maison, de continuer à faire ramoner au moins 
6 fois par année celle de sa cuisine, où il fait du grand feu et les 
autres à proportion, comme aussi de démolir le tuyau de son four- 
neau, et d'y faire une cheminée bonne et assurée, et en attendant de 
s'abstenir d'y faire du feu le tout à peine de lui être le feu interdit, 
et de 100 11. d'amende même de plus grande s'il y échet et de tous 
dommages et dépens. 

LXII. 

27 mars 1744. 

Elie Schwab rabin de la communauté des juifs de cette ville aiant 
formé oposition à la sentence rendue contre lui le 24 février à la 
requête du p r fiscal. 

Parties ouies le Mag. aiant aucunem* égard aux moiens d'oppo- 
sition, fournis par le demand 1 " a déchargé icelui de l'amende de 40 11. 
prononcée conire lui par lad. sentence du 24 février d. sans cepend 1 
tirer à conséquence l'a condamné seulement pour cette fois en 21 11. 
envers ceux qui ont mené les pompes et montés sur le toit et en tous 
les dépens. 

LXIII. 

8 mars 1747. 

Entre Etienne Louis Bernard huissier sergent Roial demeurant à 
Oberberckheim demand 1 " aux fias de sa requête présentée au Mag. 
le 4 du présent mois, 

Contre Elie Schwab rabin des juifs de cette ville deffend 1 ". 

Après que le demand 1 " a conclu aux fins de lad. requête tendante à 
ce qu'il plaise au Mag. vu l'acte de sommation fait au déffend r le 
10 novembre d. condamner icelui, même par corps à délivrer inces- 
sant au demand r un extrait de la circoncision de Marie Louis Ber- 
nard son fils né dans le Judaïsme en cette ville, comme étant pourvu 
des ordres mineurs et à la veille de prendre ceux de la prêtrise et ce 



EUE SCHWAB, RABBIN DE HAGUENAU 281 

tant en hébreu qu'en allemand sous les offres de la part du démand r 
qu'il a fait au deffend 1 ' et qu'il lui réitère de lui en payer ses salaires 
raisonnables et aux dépens, 

et que M. Rothjacob pour le deffend 1, a dit qu'il n'a point et que ce 
n'est point à lui non plus d'avoir et tenir ces sortes de registres, 
mais toujours celui qui fait la circoncision, et cela provient de ce 
qu'il n'est que r ort rarement et accidentellem 1 appelé à ces céré- 
monies, que l'usage étant tel parmi eux, il est dans l'impossibilité 
de satisfaire le demand r partant conclu au renvoy de la demande. 

Pariies ouies et Aaron Moeh l'un des préposés des juifs de cette 
ville, lequel a dit que parmi eux c'est toujours celui qui fait la circon- 
cision et jamais le rabbin qui tient le registre de cette cérémonie, 
ensemble le p r fiscal, en ses conclusions le Mag. a ordonné que le 
demand r le pourvoira par devers les d. rabin et préposés des juifs de 
cette ville pour obtenir d'eux un certifficat et déclaration tant en 
hébreu qu'en allemand du jour de la naissauce dud. Marie Louis 
Bernard, enjoint à iceux de lui délivrer sous les peines de droit. 

LXIV. 

13 décembre 4747. 

Vu par le Mag. la requête présentée en icelui par Samuel Halbers- 
tatt rabin des juifs de la basse Alsace, contenant qu'il auroit plu à 
M. le duc de Ghatillon le faire rabin de la landvogtey et à Sa Majesté 
de lui en donner des lettres patentes, et d'autant qu'il convient qu'il 
réside en cette ville, et qu'il y exerce les fonctions de rabin, il a 
recours aux grâces ord re » du Mag. le supliant qu'il lui plut vu lesd. 
lettres patentes ordonner icelles être enregistrées es registre 
d'audiance et par considération pour le supliant lui permettre 
d'exercer les fonctions de rabin dans cette ville promettant d'en 
conserver une entière reconnaissance, l'ad. requête signée en lettres 
hébraïques, vu les conclusions du p r fiscal et tout considéré, 

Le Mag. faisant droit sur la requête a ordonné que lesd. lettres 
patentes seront régistrées es registre du Mag. et par considération 
pour le supliant lui a permis de faire les fonctions de rabin dans cette 
ville. 

Louis par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre à nos amés 
et féaux les gens tenant notre conseil supérieur d'Alsace à Golmar 
salut. 

Les juifs résidents en notre province de la basse Alsace nous ont 
fait représenter que le nommé Elie Schwab juif originaire de notre 
ville de Metz que nous avions établi par nos lettres en forme de 
commission du 22 novembre 1721 et par autres nos lettres patentes 
du 23 avril 1738 à vous adressantes expédiées sur l'arrêt de notre 
conseil d'Etat du 12. dud. mois pour faire les fonctions de rabin des 
juifs dans les lieux delà basse Alsace .portés dans nos d. lettres 
patentes dud. jour 23. avril 1738 s'étant volontairem 1 demis desd. 



282 REVUE DES ETUDES JUIVES 

fonctions à cause de ses infirmités, ils ont élu sous notre bon plaisir 
le nommé Samuel Halberstattpour remplir la place dud. Elie Schwab, 
nous supliant très humblem 1 de vouloir bien accorder nos lettres 
patentes nécessaires pour permettre aud. Samuel Halberstatt de faire 
les fonctions de rabin dans les lieux de la basse Alsace portés dans 
nosd. lettres patentes dud. jour 23 avril -1738 ainsi que nous avions 
accordé aud. Elie Schwab à quoy ayant égard. 

A ces causes nous avons permis et accordé, permettons et accordons 
par ces présentes signées de notre main aux juifs résidents dans la 
basse Alsace de se servir du nommé Samuel Halberstadt pour leur 
rabin ; et qu'il puisse en faire les fonctions dans les bailliages supérieurs 
et inférieurs, de Lauterbourg,Flexbourg, dans les villes de Landau, fort- 
Louis du Rhin, Wissembourg et généralement dans toutes les prévôtés, 
terres et lieux de la basse Alsace, telles et en la même manière que 
fait en notre ville de Metz, le rabin des juifs résident en notre d. ville, 
à l'exception neantmoins des terres dépendantes de notre très cher 
et bien amé Cousin le cardinal de Rohan en qualité d'Evêque de Stras- 
bourg, du directoire de la noblesse de la basse Alsace, de notre très 
cher et bien amé Cousin le Duc de Chatillon en qualité de grand 
Bailli de la préfecture provinciale de Haguenau et de notre très cher 
et bien amé Cousin de Hessen Darmstadt en qualité d'héritier du feu 
comte de Hanau, dans lesquelles terres nous entendons que led. 
Samuel Halberstadt ne puisse faire les fonctions de rabin des juifs y 
résidents, que de l'agrément et permission desd. nos Cousins et du 
directoire de la noblesse de la basse Alsace conformem 1 aud. arrêt de 
notre conseil dud. jour 12 avril 1738 et nos lettres patentes sur icelui 
du 23 dud. mois. Si vous mandons et ordonnons que les présentes 
vous aiez à faire enregistrer, et du contenu en icelles jouir et user 
led. Samuel Halberstadt pleinem 1 paisiblem* sans permettre qu'il 
soit troublé es dites fonctions par qui que ce soit, car tel est notre 
plaisir. Donné à Versailles le 28. janvier 1747 et de notre règne le 32 e . 
Signé Louis et plus bas par le roy M. de Voyer d'Argenson. 






P. S. — M. Sylvain Lévy, président du consistoire israélite de Metz, a bien voulu 
m'envoyer les trois mémoriaux de cette communauté, de sorte que j'ai pu vérifier et 
compléter les notes prises, il y a quelques années, à Metz (v. Revue, t. XL, p. 245). 
Rectifier donc et compléter ainsi les renseignements donnés dans la première partie 
de cette étude (Revue, t. XLIV, 106 et ss.) : 

1° Bella, fille de Raphaël Grumbach, épouse de Méïr Schwab, est décédée le jeudi 
20 Adar I e ', et non Vaadar, de l'année 453 = 1693. 

2° Méïr et Bella avaient encore une seconde fille, nommée Breinlé Rachel, épouse 
d'un rabbin (mam). Elle décéda le lundi 26 Sivan 470 == 1710. 

3° Nenné, fille de Méïr Grumbach-Schwab, décéda le 24 Iyar de l'année 500, ce 
qui correspond à 1740 et non à 1700. 



ÉLIE SCHWAB, RABBIN DE HAGUENAU 283 

4° Jachet ou Agathe, fille de Joseph-Élie Gomperz de Clèves, mourut le jeudi 10, 
et non 18, Kislev 1709. 

5 e Réchélé, fille d'Abraham Grumbach, mourut un samedi soir et fut enterrée le 
dimanche 21 Schevat, et non 20, de Tannée 444 = 168$. 

6° Moïse, fils d'Abraham Grumbach, mourut également un samedi soir et fut enterré 
le dimanche 9, et non 8, Schevat 496 = 1736. 

7° Rechla, fille de Jacob Schwab, n'est pas morte dans l'année 467, mais en 476 
=£ 1715. 

8* Belle, fille de Moïse Grumbach, mariée à Elie Schwab, rabbin de Haguenau, 
décéda le mercredi 7 Tischri 531 = 1770. Gomme la nécrologie qui se trouve daus le 
Memorbuch de la synagogue d'Abraham Grumbach n'est pas sans intérêt pour notre 
étude, je la publierai ici : 

iè na r^b^a r-nTa r^-mNï-j pp7a irwaiii navarin ï-ïiaan ajr» 
man nnpa» rtrwrts ma* a înnû) vkxg. ! iar ^NaTavia nta *nhh 
rraa tav^rin ya>a npTma nrr>m rrnn "HTavbi "pm nTan^va î-imm 
na in»» ib rj3D3T nrnbia r?a-iN7a n&mn mva n^n Sahara rnaai 
nnvnb rrmnû nrvn rima rvmbm flis -th» ooaaTa nmm ipia^o 
na>a bn pin 'fi mb?a rw'pTa nmm imba la ivan3 nbna na-iy bab 
np^ir bava bab nmns m 1 ! Wtfm naî b* m-in 117373 fincasi vans 
nmm nmwaa in fi£ma in anvarb "pa a^3a>b pa "ion nr>7a;n 
ba nmm nm*a >*b nna Jaa?a anan nnia nbann mab mp^a 
1 — nnoana ^ni^b pn nma nnaTa nnaar* abia wm^b nb ?: n3 îM' 133 
'iai r a nany na» imi npiisb mvoTaTa manam nains nnm 
ri ara in-irnab niap3*i mûn f *i av àipa nntasa 

pab C]bN iTab tpp rn 

9<> Sadoc, fils de Ruben Grumbach, eut deux fils : Abraham Jacob (mort le 7 Schevat 
511 = 1751) et Ruben (mort le jour de Hoschana rabba de l'année 519 = 1758] et une 
fille : Hannah (morte un samedi soir et enterrée le dimanche, second jour de la Néo- 
ménie de Tébet 515 = 1754/5). 

10° Abraham-Moïse, fils de Moïse Grumbach, laissa une fille : Jachet (morte le ven- 
dredi 3 Kislev 574= 1814). 

11° Moïse Méïr, fils de Salomon Grumbach, eut deux fils : Moïse (mort le mercredi 
3 Ab 541 = 1781) et Élie (mort un dimanche et enterré le lundi 18 Elloul 568 = 1808) ; 
ce dernier était marié à Guitélé, fille de Raphaël Lévy (morte le mardi 26 Tamouz 
588 = 1828). 

« 

1 Ici trois mots illisibles. 



284 



REVUE DES ETUDES JUIVES 



TABLE GÉNÉALOGIQUE DE LA FAMILLE SCHWAB - GRUMBACH DE METZ. 







Abraham 
1 






Dinah Rachel — Hindélé — Micbla — Bella - 
tille de Raphaël Grumbach] 


— Méïr (uxor 


Bella, 


Nenné 


— Breinlé Rachel 


— Abraham {uxor 
1 


Jacbet Gomperz) 


Moïse 
uxor 


Bendit Baruch — 
— Ruben 

1 


■ Rechélé — Rachel Sara — 
— Salomon — Jacob 
1 


— Kenendélé 
uxor 


Esther Lévy 
1 


Elie Noah, 

Abraham Joseph, 

Bella, 

Jachet, 

Angélique, 

Sadoc 

1 


Miriam Jachet, 
Frommet, 
Moïse Méïr ] 
1 


Richla, 

Reichélé, 

Slie de Hag. 

GlNSBURGl 


Samuel Lévy 


Hendélé Sippora, 
Bella 


Une fille. 


uxor 

Élie de Hag., 

Élie Moïse, 


Moïse, 

Élie 

uxor 

Guitélé Lévy. 

M. 




Abraham Moïse 

1 


Abraham Jacob, 
Ruben, 
Hannah. 




Jachet. 


ÏR. 



NOTES ET MÉLANGES 



LES DATES ET LES AGES DANS LA BIBLE 

On sait que chez les anciens les fractions de temps commen- 
çant ou terminant une période étaient comptées pour des entiers. 
Nous-mêmes avons, en français, conservé l'habitude de dire 
« aujourd'hui en huit, aujourd'hui en quinze, tous les hait jours, 
tous les quinze jours », prenant le premier et le dernier jour 
pour deux entiers, quoique l'un et l'autre ne soient que des frac- 
tions. 

Dans la Bible on comptait de cette façon les années initiale et 
finale d'une période. On faisait partir, en effet, l'année d'un point 
fixe, généralement l'équinoxe du printemps ou d'automne. La 
première année datée d'un événement quelconque finissait non 
pas un an révolu après cet événement, mais avec l'année cou- 
rante. Elle pouvait donc se réduire à un mois, à une semaine ou 
môme, pour pousser les choses à l'extrême, à un jour. 

Pareillement la dernière année de la période débutait avec 
l'année courante et était comptée comme une unité, quand même 
la période s'arrêtait très peu de temps après le nouvel an. 

Pour les mois on comptait de la même façon. La néoménie ter- 
minait le premier mois, celui-ci eût-il commencé la veille, et aussi- 
tôt la néoménie arrivée, on comptait un second mois, la période 
en question se fût-elle terminée le jour même. En d'autres termes, 
le dernier jour d'un mois et le premier du suivant font deux mois. 
Il va sans dire que pratiquement on devait dans ce dernier cas 
plutôt dire deux jours.. 

On ne doit pas s'étonner de cette manière de compter les frac- 
tions pour des entiers, si l'on pense que les anciens traitaient les 
nombres cardinaux comme les nombres ordinaux. Nous disons 
aussi le 8 du mois pour le huitième jour. On disait donc 8 jours 



286 , REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

pour la période du 1 er au 8, ou du 2 au 9, sans s'inquiéter si le 
l or et le 8 e étaient complets ou non. Le Pentateuque nous fournit 
des exemples typiques de ce procédé. 

Dans Gen., xl, 13, Joseph dit : « Dans trois jours etc. », et au 
verset 20 on écrit : « Le troisième jour (c'est-à-dire le surlende- 
main). » De même il est dit dans Exode, xix, 15, « Soyez prêts 
pour dans trois jours », et v. 16 : « Le troisième jour, etc. » 
D'après Gen., xvn, 12, on doit circoncire l'enfant quand il est âgé 
de huit jours (cf. xxi, 4),~et dans Lév., xn, 8, il est écrit : « Le 
huitième jour (de la naissance) il sera circoncis f . 

Ce qui est vrai des jours l'est aussi des années. D'après la Ge- 
nèse (vu, 6), « Noé était âgé de 600 ans quand le déluge eut lieu 
sur la terre », et, d'autre part, il est dit (ib., 11) : «Dans la 
600* année de la vie de Noé, le deuxième mois, le 17 du mois, en 
ce jour même éclatèrent les sources etc. » Cette équation des deux 
versets prouve bien que les mots : « Noé était âgé de 600 ans » 
veulent dire qu'il était dans sa 600 e année, et que, pour être exacts, 
en langage moderne nous devrions dire : Noé avait 599 ans. 

Il est à noter que, lorsqu'on voulait indiquer une période d'une 
année complète indépendante de l'année courante, on donnait au 
mot rtm; l'apposition de dw. Toutefois l'usage a supprimé le mot 
TOI» et l'on dit simplement twv pour un an (Lév., xxv, 29), ce 
qui équivaut à !W7an iiaia (ib., 30); cf. Nomb., ix, 22; I Sam., n, 
19. On emploie notamment ttfcw ùWfc pour annuellement 
(Ex., xin, 16 ; Juges, xi, 40 ; xxi 19 ; I Sam., i, 3 ; n, 19). Mais 
Ton trouve ûw ûviitt) (Gen., xli, 1 ; II Sam., xm, 23; xiv, 28; 
Jér., xxviii, 3 et 11) pour deux années complètes. 

On emploie également ûw avec «nn (Gen., xxix, 14 ; Nombr., 
xi, 20, 23) ou n-p (Deut., xxi, 13; II Rois, xv, 13), et l'on ren- 
contre les expressions irurm îWta ûw (Juges, xix, 2) et rrobiD 
ûW ûvattî (Dan., x, 2 et 3). 

De ce que l'on comptait, comme nous l'avons dit, les fractions 
d'années pour des années entières il résulte certaines conséquences 
assez curieuses. Tout d'abord, lorsqu'on additionne les années des 
règnes pour établir une chronologie, il faut presque toujours re- 
trancher une année entre deux règnes successifs, puisque la der- 
nière année d'un roi et la première année de son successeur n'en 
forment qu'une. L'étude des synchronismes des rois de Juda et 
d'Israël confirme cette règle ; mais nous ne voulons pas ici aborder 
cette question complexe. 
On devrait procéder de la même façon quand on établit la chro- 

1 Mon élève, M. Stourdzé, a attiré mou attention sur ce dernier rapprochement. 












NOTES ET MELANGES 287 

nologie en additionnant les années qui s'écoulent de la naissance 
du père à la naissance du fils. La 130 e année d'Adam ne fait qu'un 
avec la première de Seth, de même la 105 e année de Seth avec la 
première d'Enosch, et ainsi de suite. Le déluge ne serait donc pas 
arrivé en 1656, mais en 1647. Le Séder Olam et tous les chrono- 
logistes négligent cette suppression d'un an à chaque patriarche, 
qui serait pourtant nécessaire, si l'on prenait la chronologie bi- 
blique au sérieux. Mais le Séder Olam est très excusable, car la 
Bible elle-même n'opère pas la suppression que nous indiquons. En 
effet, elle additionne, pour les dix premiers patriarches, le nom- 
bre des années avant et après la naissance du premier fils, en con- 
sidérant ces fractions comme des entiers. Ainsi, 130 ans qu'Adam 
a vécu avant la naissance de Seth et 800 ans qu'il a vécu après, 
forment en tout 930. En outre, le texte hébreu veut évidemment 
indiquer, par les chiffres qu'il fournit, que Mathusalem est mort 
dans l'année du déluge. Cela ne serait pas, si le déluge était placé 
en l'an 1647 au lieu de 1656. Mathusalem aurait survécu au cata- 
clysme. 

Dans tout le Pentateuque les additions se font de la même ma- 
nière : Abraham a 75 ans, quand il quitte Haran (Gen., xn, 4); au 
bout de 10 ans il épouse Hagar (ib., xvi, 3); l'année suivante il a 
Ismaël et est âgé de 86 ans (ib., 16). Quand Abraham a 99 ans, 
Ismaël en a 13 {ib., xvn, 24). Jacob a 130 ans lorsqu'il arrive 
en Egypte {ib., xlvii, 9); il y vit 17 ans (ib., 28) et meurt à 
147 ans (ibid.). 

Les écrivains bibliques, non seulement ne se sont pas inquiétés 
des minuties que nous signalons, mais ils ont commis des inexac- 
titudes encore plus fortes : Noé engendre Sem à l'âge de 500 ans 
(Gen., v, 32). Il a 600 ans au moment du déluge {ib., vu, 6), et 
Sem engendre Arphaxad à l'âge de 100 ans, deux ans après le 
déluge {ib., xi, 10), ce qui est contradictoire, car la centième 
année de Sem était l'année même du déluge. De même, les 
données sur la vie de Lévi, Kehat, Amram, Aaron et Moïse 
sont incompatibles avec la durée assignée au séjour des Israélites 
en Egypte, et cependant, même d'après les modernes, les chiffres 
appartiennent tous au même auteur. Il ne faut donc pas être re- 
gardant pour des fractions. 

La précision manque aussi dans les indications d'âge que pré- 
sente le chapitre xxvn du Lévitique, en fixant le tarif de l'estima- 
tion des personnes. On parle d'abord des personnes âgées de 
20 ans et au-dessus, ensuite de celles qui ont d'un mois à 5 ans. 
Les personnes âgées de 20 ans, c'est-à-dire dans leur vingtième 
année, appartiennent-elles à la première ou à la seconde caté- 



288 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

gorie ? Ici on pourrait soutenir que 20 ans veut dire 20 ans juste : 
les hommes dans leur 20 e année appartiendraient à la catégorie in- 
férieure et ceux qui sont dans leur 21 e année rentreraient dans la 
catégorie supérieure. De même, « âgé d'un mois » voudrait dire 
ayant un mois accompli. Au-dessous d'un mois juste, il n'y aurait 
pas de taxation ; au-dessus on serait taxé. 

Mais il n'est pas certain a priori que « âgé d'un mois » veuille 
dire forcément ayant un mois accompli. Ce terme, en effet, pou- 
vait être employé pour les êtres ayant dépassé une semaine. La 
personne ou l'animal qui étaient dans leur premier jour s'appe- 
laient d*p "ja ou ynv p. Cette expression se trouve dans le Tal- 
mud (Sabbat, 151 &) : tet la pir>n « l'enfant dans son premier 
jour ». Dans la Bible on rencontre ï"îb">b la (Jonas, i, 10) « âgé 
d'une nuit », c'est-à-dire né dans la nuit précédente. Il est donc 
permis de supposer que l'on disait snaia p pour celui qui se 
trouvait dans sa première semaine, et îain p pourrait signifier 
celui qui est dans le premier mois (la première semaine étant 
accomplie). 

En tout cas, il est hors de doute que nais p veut dire, dans la 
langue biblique, dans la première année. Il est à remarquer que, 
lorsque le nom est au singulier, on dit, si c'est un masculin, p 
iroiD (Lév., xn, 6, etc., Ézéchiel, xlvi, 13) et, si c'est un féminin, 
ïirûiD na (Lév., xiv, 10) ; toujours avec le suffixe pronominal. 
Mais lorsque le nom est au pluriel on dit nais *33 (Ex., xxix, 
28, etc.). On n'a pas employé uni» W, parce que l'année de l'un 
n'est pas nécessairement l'année de l'autre, ces agneaux ne 
naissant pas tous au même jour de l'année. La présence du suf- 
fixe au singulier et l'absence de ce suffixe au pluriel prouvent 
bien que âgé d'un an veut dire dans sa première année, comme 
l'ont compris les corn mentaires rabbiniques, et contrairement à 
l'opinion de quelques modernes. 

Dans ces locutions, le mot p avait à l'origine, son véritable 
sens de fils. Le jour, le mois ou l'année sont considérés comme 
ayant enfanté l'être qui est né dans cette période. Pour expliquer, 
ensuite, l'emploi de û^aiû ^nuî p, on doit supposer une formule 
primitive plus complète d"»D^5 "»niD rù© p « fils de l'année qui, avec 
l'année présente, forme deux ans » ou, en d'autres termes, fils de 
la deuxième année en remontant en arrière. Mais l'acception pri- 
mitive du mot p a pu s'effacer dans la suite, et ce terme a pu, 
comme dans beaucoup d'autres locutions, devenir synonyme de 
idi», b*a « homme ou possesseur ». 

Mayer Lambert. 



NOTES ET MELANGES 289 



NOTES EXEGÉTIQUES 



1. ISAÏE, XLIX, 6. 

Le mot "miw (helib **Tatt) est interprété généralement par « les 
préservés » ou « les ruines », ce qui ne va pas bien avec le verbe 
rrwib « ramener » et présente un parallélisme défectueux avec 
■^att « tribus ». On néglige, d'ailleurs, le hetib. On obtiendrait 
cependant, croyons-nous, un sens beaucoup plus satisfaisant en 
adoptant le helib itïw et en y voyant un pluriel irrégulier de 
■■WE; « rameau », comme d^DD de bos et les autres exemples 
que nous avons cités dans notre article sur les anomalies du 
pluriel des noms ». Le parallélisme est alors excellent, parce que 
*ttM « rameau » répond à uaia « bâton (tribu) ». Le qeré "mita a été, 
sans doute, pris par la Masora et, à sa suite, par les exégètes 
anciens et modernes pour le participe de •nsa ou de tus. 

2. Proverbes, xxiii, 4. 

Le mot ^P3^a^ est ici très étrange. Le verset est : « Ne peine 
pas pour t'enrichir ; renonce à ton intelligence. » Les commen- 
taires disent qu'il s'agit de l'intelligence dont on se sert pour 
s'enrichir ; mais cette explication, tirée du contexte, est très 
forcée. Nous proposons de lire "p^att et de traduire : a Renonce 
à ton gain », 3>ira, toujours pris en mauvaise part, se retrouve 
dans les Proverbes, i, 19 ; xv, 27; xxviu, 16. On aurait, par cette 
correction, l'avantage d'avoir un nom masculin, auquel se rap- 
porterait le suffixe de la dans le verset suivant. 

3. Ibid., xxvn, 25. 

Les mots ixm nansi « la verdure apparaît », entre n^fî Mb: 
« la végétation s'en va » et trnn ma©* iso&ttn « et les herbes des 
montagnes disparaissent », sont surprenants, quoi qu'en disent 
les exégètes, êwh, *nxn et a©* sont synonymes, voir par exemple 
II Rois, xix, 26 = Isaïe, xxxvn, 27. Il est impossible que le aun se 
montre quand le -pttn et le a©2 disparaissent. Au lieu de Tvsns\ 

1 Revue, t. XL11I, p. 213. — Cette note était déjà imprimée quand j'ai vu, par le 
compte rendu de M. Bâcher (Monatsschrift, 1902, p. 286), que M. Ehrlich, dans ses 
Scholien, voit aussi dans ^"nJM, corrigé en "HSM, le pluriel de *|£3. 

T. XLV, n° 90. 19 



290 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

nous lirions volontiers nasia « des parcs de verdure ». De la sorte 
1.' verset n'aurait plus que deux membres de phrase. awi naw se 
trouve dans Ps., xxm, 2 ; cf. Joël, il, 22 : i-pllo nii« nwm. 

4. dlttographles verticales ! nombres, xi, 33 ; i samuel, ii, 23; 
Proverbes, xiii, 4. 

Le second ûw nuibiD "]Tï du verset des Nombres, s'il veut dire 
« pendant ces trois jours », est incorrect — car il faudrait û"Wi 
— et superflu. S'il signifie que l'arche, de son côté, était à trois 
jours de distance des Israélites, on ne voit pas pourquoi l'arche 
s'éloigne, et la tournure de la phrase est très maladroite. Les 
trois mots ne sont très probablement qu'une répétition fautive 
des mêmes mots à la ligne précédente. 

ïiba, dans I Sam., n, 23, semble être à la fois une dittographie 
horizontale et verticale. Le copiste avait commencé par écrire ba 
devant <aïï, mais le mot nbaîi de la ligne précédente l'a entraîné 
à mettre nba ; alors il a repris le mot ba, qu'il a correctement 
écrit. 

Le vav de "iiûm, dans Prov., xm, 4, devant bi£3>, vient sans 
aucun doute du vav de ieôs à la ligne précédente. Il est donc 
inutile de recourir à la syntaxe araméenne pour l'expliquer. 

5. Josué, ni, 14. 

Les premiers . mots de ce verset, dirbiiaw dM ^Dsn Wi, n'ont 
pas, à ma connaissance, arrêté beaucoup les exégètes. Cependant 
on peut se demander ce que signifie « partir de ses tentes ». Le 
peuple devait, semble-t-il, emporter ses tentes avec lui, et non 
pas les laisser sur place. L'expression « partir de ses tentes » est 
donc impropre. Pour cette raison nous pensons que le » de 
taïrbntfïï est une dittographie du 12 de ttfin, et que le mot « tentes » 
est le complément direct de 3>03, qui, en réalité, signifie arracher, 
enlever, comme dans Juges, xvi, 14 ; Is., xxxiii, 20, et xxxvin, 12; 
Job, iv, 21. Ce qui est enlevé, ce sont les pieux de la tente et, 
par extension, la tente elle-même. Le complément étant sous- 
entendu, le verbe ?D3 est arrivé à signifier « décamper, partir ». 
Ici, au cas où notre supposition serait juste, le complément 
aurait subsisté. 

6. jnbsn. 
Ce mot est rattaché par les lexicographes anciens et modernes 



NOTES ET MELANGES 291 

au mot ban « fade ». De cette idée on serait arrivé à l'idée de « in- 
correct, injuste ». Cette dérivation nous paraît très forcée, et 
nous serions disposés à faire venir î-jbsn de ^bs, comme mpn de 
^ip, fibsn de ^3. La racine ^bs signifie « être séparé », et ïibDn serait 
une marque distinctive, une tache. Cette signification s'adapte 
fort bien aux deux passages de Jérémie, xxm, 13, et Job, i, 22. 
La phrase de Job, xxiv, 12 : înbDn trttn ab ï-nban est de toute fa- 
çon obscure. Peut-être faudrait-il lire î-jbsn ynw» mbabi « et à 
Dieu (les malheureux) imputent, une tache ». Si notre dérivation 
est juste, fibsn aurait la même origine que iWd, qui après "p* 
paraît signifier « extraordinaire » (voir Revue, t. XXXI, p. 274). 

7. b33. 

Les dictionnaires donnent pour premier sens de ce mot : « sot », 
et ensuite : « méprisable, mauvais », ce terme passant de l'idée in- 
tellectuelle à l'idée morale. Mais l'emploi de bas dans la plupart des 
passages montre que le sens véritable de bns est « vil », et le verbe 
bns et les dérivés ftbaa, rnbni confirment cette acception. Dans 
Is., xxxn, 5 et 6, et Jér., xvn, 11, on ne peut pas l'interpréter 
autrement. Le sens de « sot » est admissible dans Prov., xvn, 
21, où baa est en parallèle avecb^DD, et dans Deut., xxxn, 6, où 
il est en opposition avec û^n, mais n'est pas indispensable, car 
le terme vil peut être opposé à tDH « sage » et parallèle à V»D5 
Mais si même l'acception de « sot » est admise pour ces deux pas- 
sages, elle n'est que secondaire. Seulement, comme l'un des deux 
est justement le premier verset de la Bible où se trouve le mot 
bni, on a été amené à croire que le sens de « sot » était le sens géné- 
ral et primitif, alors qu'il est secondaire et exceptionnel. Dans le 
Psaume xiv, 1 =53, 2, il n'y a aucune raison pour traduire : 
« l'insensé dit : il n'y pas de Dieu ». C'est l'homme vil qui pro- 
nonce de pareilles paroles. Il en est de même, dans Job, n, 10, 
pour l'épithète que Job applique à sa femme. 

Mayer Lambert. 



LE TAUREAU DE PHALARIS DANS L'AGADA 

Selon la légende de la captivité de Manassé en Babylonie — 
légende rattachée à IIChron.,xxxiii, 11,— ce roi endure le même 



292 REVUE DES ETUDES JUIVES 

supplice que le tyran de Sicile Phalaris infligeait à ses victimes. 
Seulement, le taureau d'airain, où ces malheureux étaient intro- 
duits et au-dessous duquel on allumait un feu qui les faisait périr 
dans d'atroces tourments, est remplacé, dans l'Agada, par un 
mulet d'airain. 

C'est ainsi, en effet, qu'on explique l'expression rwnî bui abntt 
de la Pesikta, source principale de cette légende. Cette traduc- 
tion remonte à l'Aroukh, où abitt est cité, à l'article mabto (éd. 
Koliut, V, 147 &), comme étant le singulier de ce dernier mot, qui 
se trouve dans SaWat, 52a, dans le sens de « mulet ». R. Nathan 
indique aussi le mot italien analogue (mulo, muli), en disant : pn 
Wft'Qftï T3>bn. En dehors de la Pesikta (éd. Buber, 162 a), où on 
lit ^Vtd (le Yalkout sur II Rois, xxi, § 246, porte abitt), cette agada 
se retrouve en divers endroits. Dans Ruth r. sur n, 15, où, de 
même que dans la Pesikta, c'est Lévi ben Haïthà qui rapporte 
la légende (voir Die Agada der palàslin. Amoràer, III, 736), 
notre mot est écrit nblDa ; dans j. Sanhédrin, 28 c en bas, où elle 
est attribuée à R. Lévi, il se trouve sous la forme ab^tt, qui peut 
être une faute pour «bi». Le Deutér. r., c. 2 (§ 20, éd. Vilna), porte 
■pbitt, mais ce mot, ainsi que dans les autres sources, y est traité 
comme un substantif masculin singulier. Dans le Targoum sur 
II Chron., xxxm, 11, il est considéré comme un féminin singu- 
lier et s'écrit : mans rmbïo, et, ibid., v. 13 : anbiE. Dans le Mi- 
drasch sur Esther, v, 14, où il est fait allusion à notre agada, on 
lit seulement ^bi» ou'abitt (Esther r., ad loc, c. 97; Abba 
Gorion, ad loc, c. 5, in init.). 

A côté de l'explication de l'Aroukh, qui est aussi celle de plu- 
sieurs savants modernes, une autre opinion rattache le vocable 
en question, non au latin mulns, mula, mais au mot plus fréquent 
marbra (ou T"bva, ^bïï) — puWptw et l'explique par « chaudron ». 
Krauss suppose le substantif grec [xiXiov {Byzantinische ZeU- 
schrift, II, 505 ; Lehnwôrter, II, 325), qui serait le mieux rendu 
par la leçon isolée du Deut. r. ('pb'to). 

Dans une série de sources, mais secondaires , où se trouve 
encore la légende du roi Manassé, le mot abitt est, en effet, 
remplacé par d'autres qui signifient chaudron ou, en général, un 
vase placé sur le feu. La longue glose de b. Sanhédrin, 101 b, en 
haut, qu'on peut lire dans Y En Yahob et dans quelques ouvrages 
manuscrits (v. Dlhdouké Soferim, IX, 307), porte tftfirm nth, les 
Pirhé R. Eliézer, c. 43 : m mrraa. Le Midrasch ha-gadol sur 
Gen., iv, 13 (éd. Schechter, col. 114), qui a puisé dans la Pesikta 
et qui indique aussi le nom de l'auteur (ârnn p *nb 'n -ra»), 
donne, à la place de iVra, le mot plus fréquent \m (== T^yavov), 






NOTES ET MÉLANGES 293 

équivalent de rûtt». Ce dernier exemple notamment montre qu'à 
une époque très ancienne on comprenait déjà nVi» dans le sens 
de vase. Il est tout à fait remarquable, d'autre part, que dans la 
Pesikta elle-même (éd. Buber, 165a), où l'on raconte la mise à 
mort des deux prophètes mentionnés dans Jér., xxix, 22, récit 
qui forme le pendant de la légende de Manassé, les mots bto tfcyn 
mïnrt) de cette dernière sont remplacés par nrarrt bu) )Wû (dans 
b. Sanhédrin, 93 a, ce trait manque). Mais cette circonstance ne 
prouve pas grand'chose ; au contraire, le fait que la même source 
emploie à peu d'intervalle deux termes distincts dans des pas- 
sages tout à fait analogues peut être invoqué comme une preuve 
que abitt et fïna ont une signification différente. On peut ad- 
mettre, en outre, que l'auteur du Midrasch ha-gadol a été 
amené par le second récit de la Pesikta à mettre dans le premier 
le terme plus connu )w à la place de aVift. 

Si séduisante que puisse paraître la traduction de buî tfbito 
nions par « chaudron d'airain », l'explication qui est donnée pour 
la première fois par l'auteur de l'Arouch et d'après laquelle tfb"itt 
signifie « mulet » ne doit pas être considérée comme négligeable. 
Elle a pour elle, outre l'analogie du taureau de Phalaris, la ma- 
nière dont l'expression est amenée : n^nn bus ^biïï "ptoîD. S'il s'agis- 
sait d'un simple chaudron, le mot *ptoD « comme une espèce » 
serait inutile, tandis que, s'il s'agit d'un mulet, il est très pos- 
sible qu'un mulet d'airain ait été fabriqué comme une espèce de 
chaudron. 

Récemment Eberhard Nestlé {Zeilschrift fur die alttesta- 
mentlicîie Wissenschafl, XXII, 310), en partant de la leçon anVitt 
du Targoum des Chroniques, a proposé ingénieusement de voir 
dans NnbiTa une faute pour Nnbîtt et de prendre ce mot dans le 
sens de « constellation », en se référant à la constellation du 
Taureau, dont il est question dans le Midrasch d'Esther que nous 
citerons plus loin. Nestlé a invoqué, à l'appui de son hypothèse, 
le mot qui se rencontre dans la littérature patristique, où la lé- 
gende de Manassé se présente également, à la place du chaudron 
ou du mulet d'airain de l'Agada. Ce mot est ÇtoSiov et, dans les 
sources syriaques "j-ptïï ; il signifie, d'après Nestlé, non pas limage 
d'un animal quelconque, mais une constellation, qui serait, 
comme Nestlé le conclut du passage du Targoum d'Esther, la 
constellation du Taureau. 

Quoi qu'il en soit du Çatètov des sources chrétiennes, l'hypothèse 
qui consiste à corriger, dans le Targoum des Chroniques, Nnbitt 
en anbïtt (et par conséquent aussi, au verset 11, mibitt en nbttt), 
est peu admissible. Car, premièrement, bïft est un masculin dont 



294 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

le pluriel est mbïtt, en araméen anbttt, dont l'état emphatique, au 
singulier, ne peut pas être en araméen Nnbïtt, mais Nbîtt. Puis, en 
admettant même l'existence d'une forme féminine de ce mot, la 
leçon du Targoum des Chroniques est isolée et la correction de 
Nestlé ne s'applique pas aux sources antérieures (^bitt, kVie, 
nbiio). Dans tous les cas, le mot ÇwBiov, dont il tire parti, corrobore 
l'opinion que, dans la forme juive de la légende de Manassé, le 
mot correspondant désigne également un animal ; l'explication de 
l'Arouch peut donc être maintenue. 

Pourquoi l'objet d'airain où le roi Manassé fut jeté affecte- t-il 
la forme d'un mulet? La question doit rester sans réponse. A la 
place du mulet, on trouve, dans une version de notre légende, un 
taureau, ce qui complète l'analogie avec le taureau de Phalaris. 
Ce passage se trouve dans le Targoum I d'Esther, sur v, 14, où 
il est dit : '"m ïtvp -toni wurni anna ûan. Assurément l'orthographe 
unique tfin pour amn est singulière, mais, enfin, le mieux est 
encore d'admettre que le Targoum d'Esther parle d'un taureau 
d'airain, et qu'il l'a substitué au mulet d'airain que présentait la 
source dont il s'est servi, à savoir le Midrasch sur Esther, v, 14, 
dont il a été question plus haut. 

Dans ces derniers temps on a mis au jour une forme de la 
légende de Manassé qui parle formellement d'un taureau d'airain. 
Elle se trouve dans le Midrasch ha-gadol dont le premier volume 
(sur la Genèse) a été rendu accessible par la magnifique édition 
de Schechter (Cambridge, 1902). A propos de Gen., iv, 12, le 
Midrasch cite, directement d'après la Pesikta, les paroles de Lévi 
b. Haïtha, qui sont suivies d'un autre récit, rédigé d'un bout à 
l'autre en araméen et introduit par : -itta* b"ia*u) hsn. Ce récit est 
relatif au péril et à la délivrance de Manassé ; il contient quelques 
détails qu'on ne trouve plus ailleurs. Il débute par ces mots : TD* 
m* i-narnan amnb ^arn "np^s ïrb et se termine ainsi : a*na* 
v^rra» pB5i amn îaasn "npaB" m ira b*"i bao^as : Manassé est 
sauvé parce que, le taureau dans les flancs duquel il était en- 
fermé ayant éternué, il s'échappe par les naseaux de l'animal. 
Ce mot ■np^D , employé ici pour désigner un chaudron en 
forme d'animal, ne se retrouve nulle part, à moins qu'il n'en 
faille rapprocher la forme, d'ailleurs corrompue, aôpntt noa, qui, 
dans une tardive compilation midraschique sur Esther, éditée 
par Buber (v. MonatsschHft, 41 e année, p. 350-356), remplace les 
mots rasrw bu) abitt du Midrasch plus ancien d'Esther. Kohut, 
dans le supplément de son Aroukh (p. 15), corrige ce mot en ">paTD 
qu'il explique par «opoô^xTj. Krauss (Lehnwôrter, II, 422) le cor- 
rige en ^pao^is = *pP DtaJtalD > <l ui signifierait (Ibid., p. 479 et s.) : 



NOTES ET MÉLANGES 295 

« coffret » ou « placard » . Je crois que iipas n'est pas autre chose 
que an^ns, mot d'origine perse qui désigne dans le Targoum 
des Prophètes l'idole de Moloch (v. Targoum d'Isaïe, vin, 21 ; 
Amos, v, 26 ; Sophonie, i, 5, cf. Levy, Chalcl. Wôrierluch ûber 
die Targumim, II, 309), l'idole creuse de Moloch [Echa r. sur i, 
9 : bibn dbit), faite en airain, et que Diodore de Sicile (XX, 14) 
désigne par : àvopiàç yaXxouç. Le Midrasch Yelamdénou (Tan- 
houma, éd. Buber, "punio, appendice 2 ; Yalkout sur Jér., vu, 
^ 277 ; cf. Aroukh, s. v. ara et bpîp) la représente sous une forme 
humaine, mais lui donne une tête de veau (jeune taureau) : ûbsn 
bw btt) V5D1 îtïi. Dans la version de la légende de Manassé que 
contient le Midrasch ha-gadol, le mot est employé dans son sens 
ordinaire, comme le lo>o>.ov des sources grecques, mais on ajoute 
que l'idole tout entière avait la forme d'un taureau 1 . Ce n'est 
pas seulement le mot N^ns qui rattache la légende du supplice 
du feu subi par Manassé aux récits concernant le culte de Mo- 
loch, mais cette connexion a dû être primitivement beaucoup 
plus claire. Le récit du Yelamdénou sur Moloch se rapporte 
formellement à ce que dit le deuxième livre des Chroniques 
(xxxiii, 7) touchant le culte rendu à cette divinité par Manassé. 
Et Ton peut admettre sans plus que si l'Agada — rattachée au 
mot trruûfiw (ïbid., v. 11) — fait précipiter Manassé dans un 
chaudron semblable à l'idole de Moloch et le fait torturer par le 
feu comme les victimes de cette divinité, il faut y voir une puni- 
tion correspondant (Silïa *tt» îTitt) à la cruauté du culte de Mo- 
loch. La légende grecque du taureau de Phalaris, qui se rap- 
porte également à ce culte, peut avoir été connue dans les cercles 
juifs et utilisée déjà auparavant dans la formation de la légende 
de Manassé. Lévi b. Haïtha, qui est cité dans la Pesikta comme 
l'auteur de notre agada, appartient au iv e siècle seulement, mais 
il n'est pas douteux que son récit ne soit basé sur une ancienne 
tradition. Le Midrasch ha-gadol nomme AbbaSaul, tannaïte du 
II e siècle. Mais il n'est pas sûr que ce soit une tradition authen- 
tique ; les paroles placées dans la bouche de ce docteur étant d'un 
bout â l'autre araméennes, l'origine tannaïte de cette version de 
la légende de Manassé devient douteuse. Mais rien n'empêche 
d'admettre qu'Abba Saûl ait été indiqué comme en étant l'auteur, 
dans la source même à laquelle le Midrasch ha-gadol a puisé, et 
qui pouvait reproduire une tradition digne de foi. 

Budapest. W. BACHER. 

1 La glose de Sanh., 101 b, citée plus haut, porte dans quelques mss. : NTlin 
KÏ3H31 au lieu de fcttUfliT N'TVl. La leçon primitive ne serait-elle pas Nlip 
NlïîrE*"!, d'où proviendraient NTlSn d'une part, NTH de l'autre? 



296 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

LE CliEDO TRADUIT EN HEBREU 

ET TRANSCRIT EN CARACTÈRES LATINS 



Dans un « Mystère de la Résurrection de N.-S. J.-C. l », dont 
s'est occupé M. G. Cohen, de Bruxelles, se trouve un texte 
hébreu en caractères latins, que nous reproduisons à titre de 
curiosité. Le narrateur anonyme du Mystère raconte (f° 132 v°) : 
« Que Saint Pierre prêcha un sermon à Jérusalem sur l'Ordre de 
« Notre-Dame et de Jésus qui est apparu aux Apôtres : Icy en 
« droit (dit la rubrique), Saint Pierre doit lire le Credo de la 
« foy en trois langaiges, c'est assavoir en ebreu, en grec et en 
« latin. Item S. Pierre la lit premièrement en ebreu. S'ensuit le 
« Credo en ebreu. » 
Voici ce texte, avec ses fautes, tel qu'il a été imprimé : 
Emimachi (1) baadonay absaday (2) bore samayn vaares ubress- 
ria (3) massiath (4) beno eahd (5) Adonemy (6) asser horapono (7) 
meruach haquodes nolad mimeriam habethula nicab (8) tahah (9) 
pons pilât talu (10) meth vemthar (11) iarad et seol ioni (12) se- 
lissoth (13) Heguis mi maueth hala lassamayn iosseb limin hael 
haab hooguibor (14) vyano (15) ladin habayn (16) vehamethum 
(1*7). Enimathi veruah haquodes haquedossa haquevessa (18) hays- 
sara vyve (19) haquedossi el quahali (20) valcaparath haamouoth 
(21) macabassar (22) hatehya vehahayn hanishiim. 

Pour reconstituer le texte dans sa forme primitive et tel que le 
transcripteur l'avait sous les yeux, il n'y a qu'à y comparer la 
formule officielle du Credo latin. Nous n'en sommes donc pas 
réduits à tâtonner, comme avec le texte de la fausse lettre hé- 
braïque des empereurs byzantins à Charlemagne 2 . Voici la for- 
mule du Credo : 

Credo in Deum, patrem omnipotentem, crealorem cseli et terne, et 
in Jesum Christum filium ejus unicum, dominum Dcstrum, qui 
conceptus est de spirito saucto natus ex Maria virgine, passus sub 
Pontio Pilato, crucifixus, mortuus et sepultus, descendit ad inferos, 
tertia die resurrexit a mortuis; ascendit adcaelos, sedet ad dexteram 
Deipatris omnipotentis, inde venturusest judicare vivos et mortuos. 

1 Edition de Paris, chez Vérard, s. d. (antérieur à 1499), attribué par l'imprimeur 
à Jean Michel, mais à tort suivant Maccon (Romania, t. XXVII, p. 623). Incunable 
à la Bibliothèque nationale, coté à l'inventaire Réserve, 8° Y f 15. 

' Journal asiatique, 1896, II, p. 498-509. 



NOTES ET MELANGES 297 

Credo in spirilum sanctum, sanctam Ecclesiam calholicam, sancto- 
rum communionem, remissionem peccatorum, carnis resurrectio- 
nem, vitam œternam. 

Il est aisé de voir que notre texte hébreu est la version litté- 
rale du Credo. Il n'est donc pas difficile de rétablir les mots du 
texte, en relevant les erreurs qui les défigurent et qui sont dues 
les unes à la négligence du traducteur 1 , les autres à l'igno- 
rance des copistes postérieurs, pour qui, les termes hébreux 
étaient inintelligibles. Afin d'en faciliter la correction, nous avons 
mis des numéros d'ordre après les mots altérés, que nous allons 
essayer maintenant de corriger. 

1. Le premier mot, quoique très corrompu ne prête guère au 
doute. C'est Eniunalhi « ma foi ». Ce même mot est répété en tête 
de la seconde phrase du Credo. Il suffit de corriger les deux 
lettres médiales im en an, confusion presque inévitable en lettres 
gothiques, pour lire Emunathi. On aurait plutôt attendu une 
forme verbale répondant à Credo, mais le substantif donne le 
même sens. On trouve d'ailleurs, plus loin, conceptus est, traduit 
aussi par un substantif. — 2. Absaday doit être lu en deux mots. 

— 3. Le mot Ubressria pour abiessua, awm, indique que, dans 
cette écriture gothique, le copiste a pris d'abord i pour r, puis a 
pour les deux lettres ri. — 4. Massiath = massiah (t superflu). 

— 5. Eahi = edoh (unique) ; simple interversion. — 6. Dans 
Adonemy, la syllable finale my représente la désinence nu (notre 
Seigneur). — 7. Le mot horapono doit se lire herayono « sa con- 
ception ». Ici aussi le substantif a été substitué au verbe hora. — 
8. Nicab ~ néeçab (?) « a été endolori » (a souffert). — 9. Tahah 
= tahath (second t omis). — 10. Talu = taluy (dernière voyelle 
omise). — 11. Vemtfiar — veniqbar. — 12 et 13. Ioni = iom, et 
comme en latin le mot d.les est du genre féminin, l'hébraïsant qui 
a traduit le credo latin a mis au féminin le nombre ordinal selis- 
sith. — 14. Hooguibor = haguibor. — 15. Vyano = vyabo. 

— 1G. Habayn = hahoym. — 17. Veliamethiim — vehamethim. 

— 18. Haquevessa. Par ce mot se révèle de nouveau l'ignorance 
du transcripteur latin : il a dû avoir devant lui le mot f-po^tt 
(Ecclesiam), et il a lu la lettre médiale n = v % au lieu de 3, n. — 
19-20. Remarquer aussi que le traducteur a eu la sottise démettre 
l'adjectif avant le nom qu'il qualifie, contrairement à la grammaire 
hébraïque. — Pour le n° 19, vyve, M. Lambert propose d'y voir 
urne et de joindre ce mot au suivant. Le traducteur a conservé 

1 II n'est pas à supposer que le traducteur se soit fait aider par un Juif, car, dans 
ce cas, il n'aurait pas commis les solécismes grossiers qui émaillent son hébreu. 



298 REVUE DES ETUDES JUIVES 

encore ici l'ordre du latin, en remplaçant le génitif par la prépo- 
sition me, comme plus loin maeabasar = mehabasar. Nous ne 
comprenons pas le mot el devant quahalim. Si ce n'est pas le 
complément déterminatif du mot précédent, el « divin », il faut le 
prendre peut-être pour une altération de ha ou he, l'article. — 
21. Haamouoth = haawonoth (les péchés). — 22. Macabassar 
= mehabassar, au lieu de tehiyaih ha-bassar (résurrection de 
la chair). 

On notera que dans cette transcription la sifflante latine s, 
simple ou redoublée, sert à transcrire le tt) et le x, sans distinc- 
tion. La lettre h correspond de même au n et au fi; mais elle figure 
aussi le son du y, par exemple hala. La désinence du pluriel 
hébreu im est figurée soit par yn, soit par um. Le i pointé (avec 
daguesch) est exprimé par v, et la voyelle n par y, ou par u, ou 
même vy. Il est inutile de nous arrêter aux inversions, omis- 
sions, ou superfétations de lettres, ni aux confusions scriptu- 
raires que nous avons relevées en passant. Ces détails intéres- 
seraient tout au plus la paléographie latine, qui n'est pas de notre 
compétence. 

Moïse Schwab. 



CONTRIBUTION A LA LITTÉRATURE GNOMIQUE 

Dans la collection Antonine (archimandrite russe de Jérusa- 
lem), qui est à présent placée dans la Bibliothèque impériale de 
Saint-Pétersbourg, se trouvent deux feuillets de papier orien- 
tal 1 , contenant un fragment d'une imitation des Proverbes, de 
l'Ecclésiastique et aussi du Psautier. Le texte est divisé en ver- 
sets à la manière biblique. Cet ouvrage trahit son origine relati- 
vement moderne par les mots et tournures talmudiques qu'il 
emploie, par exemple: "n&n {passim), qui est un hapax legom., 
dans Esther, n , 9 ; raraa (la, 7) « son corps »; cf. le mot 
Nttttîia, dans le Targoum 2 , et dtt», chez les traducteurs arabes; 
l'antithèse du ïiîïi dbi3> et du Nnïr ûbi* (passim); rw-fc£ (1 a, 15) ; 
wn (la, 17), qui se retrouve dans le Talmud de Jérusalem 

1 Les feuillets, dont la marge supérieure est un peu endommagée, renferment vingt- 
huit lignes par page. L'écriture semble appartenir au xvi e ou au xvn° siècle. 

* C'est par le mot largoumique que les formes DU51S et n"P5?2U}"l^ (voir l'index 
de Steinschneider, Hebr. Uebersetzungen, p. 1038) peuvent s'expliquer. 



NOTES ET MÉLANGES 299 

et dans le Midrasch ; mbtt « elle accompagne » (1 &, 1); hfcawn 
(Ib, 2), cf. Sabbat, 33 b; îttn (passim), synonyme de m»; "p« 
Mgftj9 *m W» dis (2 a, 6) ; 15 ba» t]tf [ib, 8) ; D^aïfctt (2 6, 12), 
cf. Aboth, ni, 17, et la citation de l'Ecclésiastique dans Sanhé- 
drin, 100 & : û^aittii bai^ v^s, ainsi que par les imitations et 
les réminiscences des versets delà Bible. La tendance de l'auteur 
est tout à fait essénienne et monacale; il prêche sans cesse l'ab- 
stinence et le mépris de ce monde en faveur de la vie future. On 
ne doit pas assigner à la composition de l'ouvrage une date trop 
tardive, parce que nous n'y trouvons pas de mots empruntés aux 
sources postérieures à l'époque talmudique l . Jusqu'à ce que de 
nouvelles trouvailles nous apportent des données décisives, on 
peut conjecturer que notre fragment appartient à une œuvre 
gnomique de la période du Talmud. 

A. Harkavy. 

Saint-Pétersbourg, décembre 1902. 



: [û-jni] ^ wa Vianï-ib 

: Mwab 'naanbi aannnb 

: ta^basi ba ab& » pirnttbjp 

■ : aiii iinn^ san abw 

: ia bftbn auîfcn ia 

: pn ûnbja 4 -nai *pN ^a 

♦ vs ^ s b iu:iêo 

: injau^i imi pnïr 

: t^an abia>n ib ain 

: "pbttn laa^u) nna iTaa 

: ib "pat ib u^ia ntt ?a 

: Nan abia> nntt^a un ?& 

: m» winN ttm abia» ^m 

:rmaa» 8 rPinN dbia> nbtf5tt?ai 

: ns'ns idio nia an 

ns^i ïiîïi dbia>n maa Tn^n 

: Ndïi abirb a^ wii 

: 10 baa iinai n^a niDp 



hanta *pni naan iûyvtF.i* 
"IUJB3 rnïiaa'i mbao jwi» 
ba» ivirm mnab mu 
airs ban ntn abia> 
fw ■paa poa>nnb ■nsn Nb 5 
ipn rpsaa paa> wn 
nann 5 anbi ua*» pos> 
6 i72;aa m^ab poa>n 
Wtt dbia>n niaab poa>n 
d^ia dip?a ntn dbia> ^a 10 
ib "pwa n»a poa>b -nan *pN 
ntn abia> nn?aiaa nia nna ■pa 
nain 7 n*nnN nin abia> nri72U5 
nann nrrnnN ntn âbi? 'paa 

*pbp 1510 riT!l dbia>n 1135 15 

dbia> nsé^ ab nrn dbia>a ysnn 
npoian nmn inaai 
9 ûnaarn "pa ^bnrm 



1 Sur les mots iftttîa et nba>n\ voir sw/wv». 

* Pour naannbi. 

3 Faut-il lire pimribl? 

4 Les mots "njn *ptf semblent corrompus. 

5 Cf. Ecclésiaste, xii, 12. 

6 Sou corps; cf. l'introduction. 

7 Lire irmrttt. 

8 Lire MnnnN. 

9 Cf. Zacharie, in, 7. 

10 II faut peut-être compléter ^Vû, ou lire final, au lieu de "imai; la lacune du 



300 REVUE DES É 

vba 31^1 î-nttv hw» nttôn tttdTa; 

i îiibp 

: dbi^b ndt nb^m 

: d3b 3ia ïn "O 

i b35 iriN 2 mptt 13 

: 13531573 533 1333535 WIÛZI 5N1 
: d33"«bv n* Nb5 ^5 

: 115735 ibi ia*iD m» 1735 

: * fcwra 3 ûbv ^n 173 inab 51:3 

: p*n ■«la lyjpm 

: ■«""« mim nianb dN "«a 

:bwNi^5 qbn ri»» b5 -o 

: n>33n n&vïi T7311 

: vs ninrû p03>rv> 

• : Ï1733m n:H3 poan 

: r>3m T73i dbi3>rs nWûi 

: 131573 5N 5UÎ->1 

: 7 û^SNb riTt-r Dbi3*n *p 

:t53ib73b [b!i5b] d^33fib -nan *p 

: !W Nb 9 11I5N "p* '«Bb mtZÎI 

: N5!i dbi^n miTsn s*rn *3 

: f**5tt dbirb frw* t<th 

: ttïïï ûbiy ni75b ib "n&ri 

: ï**5tt dbl3> 1^15^73 dbi? wn ^3 

: ^ist bs d? ^^73 aisjrn 
: ûna snabi d5 ©snb 



TUDES JUIVES 

•«"i ^3d nN tib^5 rvnb73 'au F. 4 s 

133^ tl733tt 15373 

■*"■« n&rm n733n icsn 
dbun nnbsm mnsn ba 
ddb anpnn -pia 1ib73 s 
d33ib733 m* mbtt 

ÛTIT TM n* K55 
p"V3DM ^N N5Î1 5513> '«■m 

s dnb Nb5 £]D3 ibpttn rrob 

ib^? b35 dit* inrv vn ">3 10 

mm rrvpan Si733n b3 ^3 

■nsrn N3ii dbir ma 

nxv nsnb ysnn 

N3Ï1 dbl^n 5HNÏ1 
d^TTS n73\331 d^733n micas 15 
13»3n dip7373 bS? 6 123131733 

vby dnayn insantz) nuî3 1733 

331573b d"»bn373 Û^DII ^53? t^bïlF.2a 
8 1^1173 ^ IDn 51Ï3 ^3 

nNîrr '•niNii 173 d3iBD3 ip*rnM 
îttsi dbi^d racine 

N3Ï-I dbl7 «patSTl 5 

rnsnbi» mu5 îi3it diN 1*«« -3 

12 N313 ^m ''TSp 1lb73 

bdn rc-nb ^iîo i^k 



commencement de la pape suivante donne aussi lieu de présumer que là se trouvait 
la continuation et qu'il ne faut rien corriger. 

1 Je ne sais pas comment il faut combler la lacune; pour le mot suiv. rP1573, 
cf. NrPlb73 (celle qui accompagne) dans le Taira, de Jérusalem et dans le Mi- 
drasch, et pour l'idée, cf. Qohelctk Rabba : dlfcttl nN 1*^73 !"Pn^1 ttb^N ^31 

d^3Tj d^3>73i min — imb?3 ri73i ?n5pb. 

2 Lire TTTpp. 

3 Le mot D5iy est effacé par le copiste même. 

k Je présume qu'il faut corriger en ïl^ti}, parce que le Ï12T23 ^H est toujours opposé 
au dbiy ^^n dans les sources rabbiniques. 

5 Is., lv, 2. 

6 Lire en deux mots : V3lâ 1733, 

7 Kohut, s. v., ^"CJi, veut trouver dans un passage talmudique qui renferme une 
idée semblable un emprunt au parsisme. 

« Cf. Job, xxiv, 22. 

9 Le mot "ittJN est effacé par le copiste et écrit ensuite sur la ligne avant le mot 
l^y (ponctué dans le Yer. ]*[$) — 1^1^, qui n'était pas encore. 

10 Faut-il lire n^il ou niNn, niNnï! ? 
J1 Lire -)3Tp. 

12 Lire nSHB. 



NOTES ET MÉLANGES 

: dip-> abi bD-n 

; npis «ba m an rnawm 

: aa maabn daïiab 

: po? a*aai ■«"■> nama 

: amn nnb ma^ «bi 

: ait: *pbaa rrorn a? 

: i"-i na-rn ïiaan rcnm 

: dracai d^p-nir ^nn 4 nabbi 

: naann d^ian npm 

idbi? nna^a nttnbn 

: rrrïi db-i* nnaiûa po^nnbi 

: dam nna naïab 

: 6 t<iab ->ba trab*a an 

: n^itb nauîa pnnbn 

: 7 nnhn nnaraa naiabi 

: 8 rp-p nàizi b* bajsnrtbi 

: banta^ ^nbNa ■paKarr 

: ripais sftè naina nirp 10 ntj -o 

id-nn d^b "nnmb Nbn 

: vs iN-p laabi 

; dbi5> ^po^a d^poynam 

: tamana r^an abi? 15 anaam nararai marnai rtb^dNa u a^b-unatn 



301 

busa* da naan 

n? ^m nnnK *pba 10 

da ^snbi rcmb "nan 

ï-iba t<xw 2 naana 

s *n in tixw ab îibx rtTay 

d^nn hnnira mmat iiasa ts 

î-rnri atiN tira ■nia» is 
bsrw* ■»!■&« ^' s a "paNatt 
!»**• anao a^p-nir n;nn 
hwi nadn dvn* n,nn 

mn^ii nbi» d^b"na "pnF.20 

û^sn d^p^ir n;TT 

d^mia nsnn 5ë m nwab 

d">aun "pna la^b «bn 

"»"i mina maiib dN *a 5 

aab nauîbi îasa **aaïib 

n« ba »pT5b ^bi 

rw ia i^nid ^s hy sjk 

a^a-ia njma ,l dmainb p S* 

mw ^ans ar-iab " t« io 
d^irbi d-wa mab 



: pftt imaanon 1T pb 

: d"wna yiy Sbaa 

: w ^nb -on 

: *"i *^Db D">aibb aorj Tan 

: run dbi^a a^anb Tan 



dbi? d"»n!-iN û^k ^ w^ ^a 
r<art ab-i* '«jna û^sm 

ïianuîn ^^n d^nir ^a 

vi 19 rr-pm nan nnau: 

l^p qo^b ûbi* \wy 



1 Lire Uîsnbl, comme ligne 8. 

8 Dans le ms. nana, et sur la ligne un a est ajouté. 

3 C'est une contradictio in adjecto ; peut-être le mot *jn est-il superflu, 

* Pour nabb (ou amarri) ysnrn. 

s Ce mot semble superflu. 

6 Cf. Ps., 26, 4. 

7 Les lignes 4-5 sont une imitation du commencement du Psautier. 

8 Cf. Amos, vi, 6. 

9 Ajouter ('T3b) nvïlb, ou bien il faut lire p^Tnb. 

10 Le premier N^H est superflu. 

11 Ajouter n"H2£ ou i"|ftn. 

" Comme n^HTnb. Il faut peut-être lire d^TT- 

13 Le mot TN semble corrompu. Lire probablement IIS. 

ik Voir l'introduction. 

15 Ceux qui échangent. 

18 Mot corrompu ; peut-être faut-il le corriger en d^a^Sd. 

17 Peut-être npb, la dernière lettre n'est pas claire. 

18 Lire mriDttlD. 

19 Faut-il lire nmm ? 



15 



302 REVUE DES ETUDES JUIVES 



Traduction. 

4 a. Recherche la sagesse et la bonne voie, 

Pour te grandir aux yeux de Dieu et des hommes. 
Celui qui écarte la sottise et l'orgueil, 
Deviendra extrêmement fort et sage. 
Il faut préférer à tout Futile 
Et éloigner de l'esprit tout ce qui est vain. 
Or ce monde est vanité, 
Et le monde à venir est l'utile. 
5. Il ne convient donc pas de s'adonner à l'inutile, 
Car celui qui s'y fatigue a tort. 
Il faut peu s'occuper du pain quotidien, 

Qui fait peu d'affaires et étudie beaucoup 

Est approuvé par Dieu. 

Qui travaille pour édifier son corps 

Ruine son esprit et son âme. 

Qui travaille pour édifier ce monde 

Se détruit le monde futur. 
40. Car ce monde est un lieu d'étrangers, 

Semblables au voyageur qui passe par une hôtellerie. 

Il ne faut pas vous occuper de ce qui n'est pas à vous, 

Car ce qui est à vous n'est même pas à vous. 

Dieu ne veut pas la joie de ce monde, 

Mais la joie du monde futur. 

La joie de ce mcnde a pour fin le chagrin, 

Et la vie de ce monde a pour fin la mort. 

La construction de ce monde a pour fin la ruine, 

Et la domination du monde a pour fin la servitude. 
4 5. La gloire de ce monde a pour fin la honte, 

Et sa richesse a pour fin l'indigence. 

Qui désire ce monde ne trouvera pas le monde futur; 

Mais celui qui méprise ce monde et ses tracas 

Et honore la Loi et ceux qui s'y adonnent 

Sûrement aura accès au monde futur, 

Et marchera parmi ceux qui se tiennent [devant Dieu]. 

L'acquisition de la science et la recherche. .. 

\ b. ... Accompagne son propriétaire devant Dieu. 

Qui méprise la sagesse méprise Celui qui l'a créée, et son 

outrage retombera sur lui. 
Qui honore la sagesse sera honoré, 
Et son nom sera toujours exalté. 
Recherchez la sagesse et la crainte de Dieu : 
Vous vous en trouverez bien. 



NOTES ET MELANGES 303 

N'accordez pas votre préférence au succès en ce monde, 

Car un même accident est réservé à tous. 
5. [Dieu] vous a assigné une résidence de longue durée, 

Aussi n'attachez pas votre pensée à votre résidence présente. 

Préparez des provisions à votre hôtel, 

Car inopinément on vous fera partir. 

Avant le temps soyez prêts, 

Gomme un voyageur qui, en passant, demeure dans un hôtel. 

La vie du monde futur est infinie; 

Mieux vaut donc l'aimer que cette vie d'un instant. 

Pourquoi payez-vous pour ne pas recevoir de nourriture, 

El vous fatiguez-vous en vain? 
40. Car l'homme ne tire aucun profit de son labeur, 

Si ce n'est quand il médite la Loi de Dieu ; 

Car la Loi vaut toute sagesse, 

Et Israël toute nation (?). „ 

La preuve du monde futur, c'est l'existence du Créateur, 

Et l'indice de l'existence du Créateur, c'est la sagesse. 

Qui veut connaître le Créateur 

Doit se vouer à la Loi de Dieu. 

Qui aime le monde futur 

Doit s'occuper de science et de sagesse. 
4 5. Les âmes des sages et des justes 

Et le train du monde sont l'indice d'un Créateur. 

Comme quelqu'un qui s'attarde, chassé du lieu d'un incendie, 

Retourne à sa demeure, 

Comme un pont traversé par des passants, 

Tel est ce monde pour les hommes. 

2 a. Les voyageurs ne se hâtent-ils pas vers leur gîte? 

Ainsi les sages doivent avoir hâte d'atteindre leur résidence, 

Car la grâce de Dieu vaut mieux que la vie, 

Elle est louée par ceux qui n'ont jamais été. 

Eloignez-vous de ce désir (?), 

Car il vous coûterait l'autre vie. 
5. Celui qui poursuit ce monde 

N'atteindra pas l'autre. 

Et celui qui recherche l'autre 

Doit mépriser celui-ci. 

Car personne ne saurait prétendre s'asseoir aux deux tables 

Les plaisirs de ce monde sont la perte de l'autre. 

Un séjour court et une brève existence, 

Un plaisir de peu de durée avec tous les besoins 

Ne doivent être ni recherchés, 

Ni ambitionnés, ni aimés. 

Qui met sa confiance en eux chancellera, 

i De ce monde et de l'autre} dicton talmudique, Bcrachot, 5£. 



304 REVUE DES ETUDES JUIVES 

Tombera et ne se relèvera pas. 
10. Un séjour de longue durée et une vie éternelle, 

Des plaisirs innombrables, sans besoins, 

Voilà ce qu'il faut rechercher, ambitionner, aimer et qui 
mérite confiance. 

C'est par la sagesse qu'on trouve tout cela, 

Par la crainte de Dieu et en s'occupant peu d'affaires. 

Qui agit ainsi ne s'en trouvera pas mal, 

Et il ne mourra pas pour l'éternité, 

Car son âme sera liée dans le faisceau de la vie, 

Auprès de son Créateur dans le séjour bienheureux. 
15. Heureux l'homme qui aime la Loi, 

Et recherche la sagesse et la crainte de Dieu, 

Qui croit en l'Éternel, le Dieu d'Israël, 

Qui marche dans les voies des justes et des hommes de bien. 

Dieu aime la voie des justes 

Et celle des méchants est une abomination pour lui. 

La voie des justes est sagesse et humilité, 

Renoncement aux joies du siècle. 

F 2#. La voie des sots est sottise et orgueil, 

Le fait de s'absorber dans des plaisirs de ce monde.. 
La voie des justes et des humbles, 
C'est de demeurer à l'écart, silencieux; 
De supporter sans cesse les offenses des sols 
Et de ne pas s'associer aux hypocrites, 
De ne pas se tenir sur le chemin des pécheurs, 
De s'éloigner de l'assemblée des railleurs ; 
5. Mais de méditer uniquement la loi de Dieu, 
Et de se réjouir des plaisirs de la Loi ; 
De s'humilier et de se briser le cœur; 
De prendre le deuil pour la ruine de Joseph; 
De ne point nuire à tout frère 
Qui croit au Dieu d'Israël ; 
Même si c'était un sot, 

Car la foi, si petite qu'elle soit, est un mérite. 
C'est aussi de reprendre [les pécheurs] pour les diriger dans 

la voie des gens de bien, 
Et non de réprimander les railleurs, 
10. Mais d'aimer ceux qui aiment la Loi, 
Et d'honorer ceux qui révèrent Dieu ; 
De mépriser les sots et les impies 
Et ceux qui s'absorbent dans les soucis du siècle, 
Qui s'adonnent à la gourmandise et aux plaisirs du lit, 
Et troquent le monde futur contre ce qu'ils désirent. 
Car ceux qui craignent Dieu n'aiment pas le siècle, 
Ni ses délices ; 



NOTES ET MÉLANGES 305 

Ils désirent la vie du monde futur. 
Aussi les justes à leur mort sont-ils confiants, 
\b. Même s'ils sont tremblants 

Et craintifs à cause de leurs fautes ; 

Car les justes et les repentants 

Auront droit à la vie éternelle. 

La joie que donnent la sagesse et la Loi de Dieu 

Est un indice pour les gens de bien de ce qui les attend 

devant Dieu. 
La peine qu'on a en ce monde à amasser la fortune 
Est un indice pour les pécheurs en ce monde. 



UN FRAGMENT 
D'UNE TRADUCTION ARABE DU « ÏÏIBBOUR MAASIOT » 



Le fragment que nous publions plus loin provient de \&gueniza 
du Caire et appartient à la Bibliothèque du Consistoire Israélite de 
Paris. C'est la traduction arabe d'un morceau du Hibbour Ma- 
asiot, que mentionnent déjà les Tossafot Menahot, 37 a. L'écri- 
ture de notre feuillet de papier, qui est orientale, parait très 
ancienne, mais nous ne saurions en déterminer la date. Le co- 
piste ou le traducteur a commis plus d'une bévue, comme on le 
verra dans les notes qui accompagnent le texte. 

Ce fragment n'offre d'autre intérêt que de montrer la vogue de 
ces recueils de contes dans les pays orientaux. 

Pour en faciliter l'intelligence, nous rétablissons le début 
d'après l'hébreu : 

Asmodée, roi des démons, se présenta un jour devant Salomon, 
roi d'Israël, et lui dit : « Est-ce de toi qu'il est écrit : Il est le plus 
sage des hommes? — C'est, en effet, ce que Dieu m'a promis, ré- 
pondit Salomon. — Si tu y consens, je vais te montrer ce que tu n'as 
jamais vu. — Je le veux bien. » — Aussitôt Asmodée enfonça un 
doigt en terre et en fit sortir un homme ayant deux têtes et quatre 
yeux. Surpris et effrayé, Salomon ordonna de le faire entrer tout de 
suite dans sa chambre. Puis, ayant mandé Benaya, fils de Yoyada, il 
lui dit : « Il y a donc des hommes sous nos pieds ? — Par ma foi, je 
l'ignorais, mais je l'ai entendu dire à Ahitophel, le maître de ton 
père. — Et si je t'en montrais un, que dirais-tu ? — Comment le 
T. XLY, n° 90. 20 



3<><; REVUE DES ETUDES JUIVES 

pourrais-tu, puisque l'épaisseur de la terre est de cinq cents années 
de marche ? » Salomon alors fit amener l'homme. A cette vue, Benaya 
tomba la face contre terre. . . 

npïbN ann -ht* Nanam NaN^nN ^bN ïibb« -paan bNpn îinih 
naohan pb bNp r-ûN ^ la nttbia nb bNp N'in n^a s^ni ^bN 
nb bNp naaan iSiJB ^n nb bNp "ppb nb bNp *ppb nb bNp to^Nb 
■pNsn ^nsntl îna aa>a bNp n^i aab î-îb bNp n^baabN "pNbN ^a 
ta*: bNp nttpn dm aab nb bNp njoi aa:n ^niïï aNmtN "p^nit 
■* anarn p^tttt Sa p pnrcn nb Snp anan "pNi pnian *pN l*n 
v'i ^1^)^73 im n>a av> ba nbipa nb bNp "rbsn nb bNp an^ïïbN 
Naw a^pn la -psra ^bN a>mn "jn ^N&n nb bNp n^ra* n>aana aba 
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njabm [n-<] nb Snp nwn» -^n am 1-1 nb bNp ^ntoujn n^ba nj 
n*in& "^n naN rm anba DNa bN taaba>N ^pN "pa ains» ^b» naN 
Tbanm nNn^N naiT ^Nia n^bia nN^ Nttba N*in ^b* Tipa [Nb] nb bNp 
Na^naNn a» bN nmsa imn [aN]bN misa 'i toVik 't NnaTa nb 
bànba nNtt in»t bN i» î-ra l^b ">bN "p^Nirn "pnN^n laNai &■«£* Naa 
iVip* y^ai 't ina y^a nbnp^ maNbN *pa aiita *pi a^Ê? [bN?a t]ba-i] 
Sn Nin -i^anN anb bapi ^i^nsob^a N:n ^bn n^bra ^an Nttba f n 
rnttbia anb bNp 'n ta-ia^ "jn r^asa 't Nabp y&no ina "ibNp taan 
ba-^n ^ ba^r b->bbN spa }Na t^ba aa^an aana n^s ^ba rafeofii 
^jin^ *»b "-lana i^b^y b« ai «^ bapi nnài ^ Ntt«nm «biti *i 
«■• ab^a abi ^-'taya Tnn N?a baa« ^b nbpn ivaa ^a ^ n^b^n ^ba 
'iïp ^n^aa i^a aana ^nn ab^ba ab^ am abn nia Nb 'pttbtfybtf a*i 
•^anian ab •pttbajba an N" 1 ^bDwS va ^ aanba Nin «à npn pnbaa 
t^Taba aann \a^N ^^anba n&n^bNa nbbx nb Si«p r n^-> ^n^N a^np 
ia^ tanb bapi f nuî^ n^bN n^wnaNa nanuîbN [ajni na"» S«a "j^a 
pnna ^b "ia^-i ^b^ Si ^ 'm T*n 't bai i^ONnbN ariNit aansN 
In nap^Ni itib^N anb bNp ^b^ nb^a N)aba po N*n a^p aNnuîi nnn 
DNi bN N^nb b?aya N7a dn^i bN N'rn anb mnan srn» bN nnnb "jNa 
Snp N73 *t»jo nninND i^anN ana Nnnb b^a «73 N^in an-" ab i«i 

...' Snp an 

Traduction *. 

[Il tomba] la face contre terre et dit : « Béni soit Dieu, qui nous a 
permis de vivre et nous a fait subsister jusqu'à ce moment, où nous 

1 Nous avons reproduit fidèlement le teïte, sans restituer les points diacritiques 
qui seraient parfois nécessaires. 
* Cette traduction est de M. M. Séligsohn. 



NOTES ET MELANGES 307 

avons vu cela. » Salomon 1 lui dit : « De qui es-tu le fils? » — Puis : 
« Auquel des fils d'Adam faites-vous remonter votre généalogie? — 
« A Gain », répondit l'homme. — « Où habitez- vous? — Au plus pro- 
fond de la terre 2 . — Possédez-vous des champs? — Oui, nous 
labourons, moissonnons et semons ; nous sommes possesseurs de 
bestiaux, de troupeaux de moulons et de bœufs. — Avez-vous un 
soleil et une lune? — Oui. — Où se lèvent-ils et où se couchent-ils? 
— lisse lèvent à l'est et se couchent à l'ouest 1 . — Priez-vous? — 
Nous répétons chaque jour : Combien nombreuses sont tes œuvres, 
ô Seigneur ! Tu les as toutes faites avec sagesse. — Veux-tu rester 
avec nous, ou bien veux-tu retourner où tu étais? » L'homme lui ré- 
pondit : « Fais-moi la faveur de me ramener là d'où je viens. » 
Salomon fit venir Asmodée et, lorsque ce dernier se fut présenté 
devant lui, il lui dit : « Ramène cet homme en son pays. » Asmodée 
lui dit : « Salomon ! c'est de toi qu'il a été écrit : « Tu es le plus 
sage des hommes », ramène donc celui-ci toi-même à sa place. » Puis 
il lui dit : « Je ne puis pas le faire'. » Salomon, voyant cette difficulté, 
fit épouser à l'homme une femme et elle lui donna sept fils : six à 
l'image de la mère, et un à celle du père 5 . Ce dernier acquit une 
grande fortune, en s'adonnant avec ses fils à la culture de la terre. 
Puis, après un laps de temps, l'homme mourut, laissant sa fortune 
à ses enfants. Alors une discussion éclata entre les frères : les uns 
disaient qu'ils étaient sept et les autres 6 qu'ils étaienthuit. Salomon, 
voyant cela, convoqua les membres du Sanhédrin et leur ordonna de 
trancher le différend. Ils dirent : « Nous craignons de rendre un 
jugement ; si nous affirmons qu'ils sont sept, peut-être sont-ils huit. » 
Salomon leur dit : « VeLez demain et nous rendrons le jugement. » 
A minuit Salomon entra dans le temple, se prosterna la face contre 
terre et dit: maître des mondes! souviens-toi de ta promesse 
lorsque tu m'apparus à Gabaon et me dis : « Demande ce que tu 
désires et je te l'accorderai », et moi, ô maître des mondes 1 je ne te 
demandai ni argent ni or, je te demandai seulement la sagesse, pour 
pouvoir juger ton peuple Israël avec justice. Maintenant, voilà qu'un 
différend m'est soumis, je te prie, ô maître des mondes ! ne me 
confonds pas devant ton peuple. » Dieu lui répondit : « Demain je 
t'inspirerai la décision que tu devras rendre. » Le lendemain, au son 
de la trompette, le peuple d'Israël s'assembla devant le roi, qui donna 
l'ordre de faire venir l'homme aux deux tètes, aux quatre yeux, aux 

1 Dans l'hébreu Benaya. 

2 Hébreu : dans le pays de Tébel. Sur le sens technique de se terme, voir 
Steinschneider, Hebr. Uebersetzungen, à l'index hébreu. 

8 Lire, comme en hébreu : à l'ouest, et il se couche à l'est. L'hébreu n'a pas la 
lune, avec raison. 

4 Cette réplique d' Asmodée manque dans l'hébreu. 

5 L'hébreu ajoute : qui avait, comme lui, deux têtes. 

6 L'hébreu dit mieux : le fils aux deux têtes soutenait qu'ils étaient huit et qu'il 
avait droit à deux parts» 



308 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

quatre mains et aux quatre pieds 1 . En outre, il se fit apporter des 
morceaux de soie, du vin vieux et de l'eau chaude. Puis il dit : 
« Sachez que, si Tune de ses deux têtes sent ce que nous ferons à 
l'autre, cet homme n'est qu'un seul individu ; mais si l'autre tête ne 
sent rien, il faudra le considérer comme deux. » On apporta au roi 
tout ce que qu'il avait demandé, puis il dit... 

Ici s'arrête le fragment. L'hébreu porte : « On jeta sur une 
des deux têtes de l'eau chaude et du vieux vin : « Sire, nous 
mourons, nous mourons; nous sommes un, et non deux*. » 
Devant ce jugement tout Israël tomba en admiration. C'est pour 
cela qu'il est écrit : « Il fut le plus sage des hommes. » 

Comme notre fragment paraît arraché à un volume, il est pro- 
bable que c'était la traduction de tout le Hibbour ou de toute 
autre collection analogue, car l'on sait que ces recueils variaient 
pour le contenu. Il venait s'ajouter au Hibbour de Nissim b. Jacob, 
dont l'original était rédigé en arabe et dont M. Harkavy a re- 
trouvé un assez long morceau 3 . 

Israël Lévi. 



1 L'hébreu ne parle ni des quatre mains ni des quatre pieds. 

2 On ne voit pas la destination de la soie. 

3 Festschrift Steinschneider, partie hébraïque, p. 9. 



BIBLIOGRAPHIE 



REYUE BIBLIOGRAPHIQUE 



4. Ouvrages hébreux l . 

1DN73 ÙÏT15N Abraham Mapou. Étude sur sa vie et son œuvre, par Ruben 
Brainin. Varsovie, Bibliothèque hébraïque de Touschiya, 1900 ; in-12 de 
156 p. 

La monographie de Brainin sur le créateur du roman hébreu est très inté- 
ressante. Avec le goût exquis et la précision consciencieuse que les lecteurs 
hébreux lui connaissent, l'auteur nous fait revivre l'époque, le milieu et l'état 
d'ûrae du grand rêveur du ghetto qu'était A. Mapou. Nous ne partageons 
pis toutes les opinions de l'auteur. Peut-être, dans son désir de faire res- 
sortir l'originalité de l'esprit de Mapou, M. Brainin insiste-t-il trop sur 
l'inspiration créatrice du poète de l'Amour de Sion ; peut-être aussi n'a-t-il 
pas assez insisté sur les « Péchés de Samarie » ainsi que sur le caractère du 
roman de mœurs < l'Hypocrite » et sur nombre d'autres faits littéraires. Nous 
n'en sommes pas moins heureux de constater que A. Mapou, dans le livre 
-* de Brainin, a trouvé enfin la biographie qu'il méritait. 

' , 73b1U^*^ ,,, Tltobri miSN Textes agadiques du Talmud Jérusalmi, réunis 
par Ephraïm Sofer et S.-L. Lilienthal, avec quatre commentaires. Volumes 
1-2, Û^IT. Jérusalem, 1899 ; in-4° de 44 ■+■ 43 p. 

'iTlàtt Secrétaire hébréo russo-allemand, par A.-J. Paperna. Varsovie, impr. 
Rondo, 1899; in-8° de 160 p. 

■{T*l5Nr7 Lettres littéraires, par Asser Chaves. Varsovie, impr. Baumritter, 
1899; in-8° de 160 p. 

"PONn mi^N Lettres du capitaine Dreyfus, traduites par N. Varsovie, 
Spector et Berman, 1898; in-8° de 112 p. 

Tra* 1 m~)3N Lettres littéraires et scientifiques échangées entre J. Scbor / 
et des savants de son temps, de 1843 à 1898. Cracovie, impr. Fischer, 
1899; in-8° de 396 p. 

1 Pour compléter les revues bibliographiques des années 1899-1902, 



310 REVUE DES ETUDES JUIVES 

d*7Nn Analomic populaire, par Alexandre Matz. Wilna, Matz, 1900; in-12 do 
32 p. 

na^a mbn WèWÎ riaîlN Roman sioniste, par A. Zelniker. Odessa, 1900; 
in-8° de 44 p. 

titt) "'bïlM Recherches philologiques, par S.-B. Levenson ; nouvelle édition 
par B. Natanson. Varsovie, iinpr. Gins, 1899 ; in-8° de 167 p. 

UÎ1H 11N Sur le Sionisme et l'unité' du Judaïsme, par N. Schkarowsky. 
Odessa, 1900 ; in-8° de 32 p. 

b&INKJ mTlN Énigmes et mystères d'Abraham lbn-Ezra, expliques par 
Josué H. Rosenkranz. Varsovie, 1900; in-8° de 102 p. 

ttî'nfi ""lifcïN Lexique humoristique, par Josué Meisach. Lettre N. Vilna, 
impr. Rosenkranz et Schriftsetzer, 1898 ; in -16 de 32 p. 

"^IDn Û-^lvDrUJ ^"IN Livre amusant pour les enfants, par I. Lepski. 
Varsovie, Zuckermann, 1898; in-12 de 6 -f- 60 p. 

*p?2ïl É|bN Recherches exégetiques et philologiques, par A.-L. Feinstein, 
de Brest. Varsovie, 1900 ; in-4° de 96 p. 

3VN 'O Le livre de Job avec le commentaire D^ati) "Haï, par Samuel 
Maisel. Varsovie, impr. Halter, 1899 ; in-8° de 197 p. 

!rrn T^DH tû'W Souvenirs de la vie des orthodoxes, par Salom Hacohen 
Charif. Varsovie, 1900 ; in-12 de 19 p. 

^a£ "nttN Novelles sur le Talmud, par Hirsch Cahn. Vilna, Romm, 1899; 
in-4° de vi + 111 et vi -f 160 p. 

pît^ *"iNa Lettres e'changées entre S.-B. Levenson et les savants de son 
temps, par B. Natanson. Varsovie, impr. Alapin, 1899; in-8° de 192 p. 

"JV£ rna Clef pour trouver tous les passages de la Halacha et l'Agada d'après 
leur ordre alphabétique et d'après les traités du Talmud, par Ch.-Y.-W. 
Kasanova, 1 er fascicule. Berditchew, impr. Scheftel, 1899 ; in-8° de 176 p. 

"p^ïl p Novelles sur le Talmud, par N. Edelman. Varsovie, impr. Ala- 
pin, 1899; in-4° de 3 + 133 p. 

ÏTtDia "Oa Consultations talmudiques, par G. Lipschitz. Vilna, impr. Matz, 
1899 ; in-8° de 56 p. 

d!"natf rrna Commentaire des Psaumes, par Abraham. Pietrokow, impr. 
Panski, 1899; in-8° de 516 p. 

rrn^Dttî ÏJYia La vie et l'œuvre de B. Spinoza, par H. Zeitlin. Varsovie, 
Bibliothèque hébraïque de Touschiya, 1900 ; in-12 de 139 p. 

ÛÏTiaN naia Novelles talmudiques, par Abram H. Brudno, Vilna, impr. 
Matz, 1899 ; in-8° de 74 + 68 p. 

"irpbN riTHûa Commentaire du livre de Ruth, avec appendices, par Elia 
Hacohen. Cracovie, impr. Fischer, 1899 ; in-8° de 80 p. 

priiH" 1 "pfiM La vie du rabbin Isaac Elchanan Spector de Kovno, par Jacob 
Lipschitz. Vilna, Romm, 1899 ; in-8° de 169 p. 



BIBLIOGRAPHIE 3(1 

10^*1 biffas Biographie de Gabriel Riesser, par S. Bernfeld, Varsovie, Bi- 
bliothèque hébraïque de Touschiya, 1901 ; in-12 de 88 p. 

mWTZîa ^biaba La métempsycose, par S- Rubin. Cracovie, impr. Fischer, 
1899 ; in-8° de 30 p. 

p!l Recueil littéraire et scientifique, publié par Hameliz. Saint-Péters- 
bourg, 1900 ; in-8° de 200 p. 

ib^b} Vie de Galile'e, par J. Fraenkel. Varsovie, Bibliothèque hébraïque de 
Touschiya, 1900 ; in-8° de 87 p. 

TIEnOT "Piil "111 Notices biographiques sur la vie des rabbins et des | 
e'crivains contemporains et sur leurs œuvres, par Benzion Aisenstadt, 
11° partie. Vilna, Romm, 1899 ; in-8° de 54 p. 

"^ITP 'pfa'7 Un Démon juif, conte, par Esdras Goldin. Varsovie, Biblio- 
thèque hébraïque de Touschiya, 1900; in-12 de 118 p. .... ~ 
Le Démon juif est le premier roman d'une série intitulée par l'auteur 
aTTpIn ^a^îl!^ (du Passé récent). Goldin est un conteur sympathique, dont 
la note sentimentale outrée est rachetée par la sensibilité sincère et tendre. - 
Son nouveau conte décrit la vie d'un idéaliste du ghetto, un certain Aria, 
surnommé le sched (diable). Il doit son surnom, qui décida de sa vie, à un 
acte de générosité extrême : Tout jeune encore, pour sauver la réputation 
d'une jeune fille surprise avec lui, il a feint de rencontrer un diable habillé 
en fille, ce qui terrorisa et tint à distance les témoins superstitieux de cette 
scène. Quoique fils du riche Parnès, quoique érudit talmudiste, il s'est- 
trouvé par ce fait mis en dehors delà vie du ghetto. Il se meta réfléchir, et 
son âme sensible se persuade bientôt que tout n'est pas bon dans le meil- 
leur des mondes juifs. L'amour de la vérité et de la lumière le passionne 
surtout, et sa propagande en faveur de la Haskela (Humanisme juif) en font, 
dans l'opinion de ses compatriotes, un sched, un obsédé. Lui-même, renon- 
çant à tous les biens terrestres au nom de son idéal, se rend à Vilna pour 
profiter de la lumière des maîtres hébreux dans cette Jérusalem lithuanienne. 
Mais le rationalisme sec et l'individualisme égoïste de la vie moderne ne 
tentent pas son cœur d'idéaliste, et il retourne dans sa ville natale pour 
s'absorber dans l'étude de la Loi, qui est pour lui la source unique de la 
morale supérieure et des sentiments purs. Victime des conséquences de la 
destinée qui pèse sur lui, quoique • Diable », il sait néanmoins gagner l'es- 
time de tout le monde par son action humanitaire désintéressée, qui carac- 
térise le Démon juif. 

m^ïil maïrol Nouvelles poésies, par A. Luboschitzky. Varsovie, Biblio- 
thèque hébraïque de Touschiya, 1902; in-12 de 80 p. 

Luboschitsky est un poète fécond qui tantôt cherche à « rompre les chaînes 
de la morale pesant sur le peuple juif » (p. 5), tantôt raille la légèreté de 
l'esprit esthétique et matérialiste grec (Poésies grecques, 74), et exalte la 
grandeur morale des prophètes (p. 15). Mais c'est avant tout un Sioniste, dont 
le cœur juif compatit aux soutfrances des masses. Ses poésies se lisent avec 
plaisir et la forme rachète le fond, qui est souvent plat. 

nv^NFï 2"l3:n b&oa'l Daniel dans la fosse aux lions, poème historique en vers, 
par J.-H. Levin (bbïT). Varsovie, impr. Schuldberg, 1899; in-8° de 84 p. 

"J-piS n\z;i-n Nouvelle édition de l'ouvrage de Hirsch Kalischer sur l'impor- 
tance de la colonisation juive en Palestine. Varsovie, impr. Baumritter, 
1899; in-8° de 91 p. 

ïia^UÎ^ "Onb ÏTl^il Parodie humoristique de la vie des élèves des écoles tal- 



312 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

mudiques en Lithuanie, par Ch.-M. Sayontsch. Varsovie, impr. Halter 
et Aisenstadt, 1899 ; in-8° de 28 p. 

mSl^ï!"» '0 Vie d'Isaac Ber Leviuson (b"3">l), par Bernard Natanson, 
Varsovie, impr. Gins, 1899 ; in-8° de 158 p. 

On connaît l'importance du rôle joué par le « Mendelsohn russe » dans 
l'histoire de la civilisation des Juifs russes. Aussi sa vie, racontée avec con- 
science par l'éditeur infatigable des œuvres du maître russe, présente un 
grand intérêt. 

mîYllST Mémoires de I. Fridberg, deux parties. Varsovie, impr. Schuld- 
berg, 1899 ; in-8° de 148 -f 142 p. 

Fridberg, qui est récemment décédé, était un des derniers représentants du 
style précieux, ou de la Meliçaen hébreu. Ses mémoires traitent surtout de la 
vie et des mœurs des milieux littéraires en Russie et fournissent d'intéressants 
témoignages sur un certain nombre d'écrivains juifs. 

•pîm Wîl mDVÛÏ Roman de la vie des Juifs en Russie, par A. -H. Char- 
lap. Chicago, 1899 ; in-8° de 110 p. 

1Y1125Î1 nbifc^fi Commentaire de TEcclésiaste, par A. -S. Vidrin. Berditchew, 
impr. Scheftel, 1900 ; in-8° de 32 p. 

N"212î*l!l "Wlfi Novelles de Salomon ben Adret; nouvelle e'dition. Varso- 
vie, impr. Kelter, 1899 ; in-4» de 206 + 204 + 46 p. 

"^ JT573 ""ittlFl David Alroï, roman historique de Disraeli, traduit par 
A. -A. Rakovsky ; nouvelle édition. Varsovie, impr. Schuldberg, 1899; 
in-8° de 120 + 124 p. 

rïW^Sttl mavîfl Visions et mélodie.?, par Saûl Tchernichowsky ; 2 e vol. 
Varsovie, Bibliothèque hébraïque de Touschiya, 1901 ; in-12° de 80 p. 

Nous avons déjà signalé le premier volume de poésies de Tchernichowsky, 
qui s'annonçait comme une apparition nouvelle dans la littérature hébraïque. 
Le second volume de ses poésies dépasse notre attente. Le sentiment pro- 
fond de la nature et de l'art pur se manifeste dans des poésies comme les 
• Contes printaniers » (p. 5), l'admirable « Chant » (p. 25), etc. La vie est 
pour lui toute dans l'amour, et tes poésies amoureuses témoignent d'un 
admirateur de la beauté plastique et de l'esthétique. Il est sioniste, mais à sa 
manière. C'est au nom des revendications de la vie matérielle et esthé- 
tique qu'il se fait le porte- parole des * Faux prophètes » (p. 53; opposés aux 
prophètes de la morale et de la vie intellectuelle; qu'il va chercher en Apol- 
lon la source de la vie terrestre tarie dans lo peuple juif (p. 50, « à la statue 
d'Apollon »). La joie de vivre, la lumière et la régénération physique et poli- 
tique, voilà les traits caractéristiques de la poésie du jeune poète. C'est la 
rupture avec l'ancienne conception des prophètes. Le style du poète est vigou- 
reux et original, mais souvent il n'est pas assez travaillé, ce qui s'explique 
peut-être par la nouveauté des horizons qu'il ouvre à la poésie hébraïque. 

Û^yn ^M La vie et les mœurs des peuples, par Aba Arsch à Vilna : 1° la 
Turquie et ses habitants; 2° l'Angleterre et ses habitants. 2 vol. Vilna, 
1900; in-12 de 80 + 72 p. 

"Oit rHTaft Novelles sur le Talmud, par Zevi Kwiat. Varsovie, impr. Baum- 
ritter, 1899 ; in-4° de 1 + 279 -j- 79 p. 

tPbbifcl D^O^CLD Types et ombres. Contes par J. Berschadsky. Varsovie, 
Bibliothèque hébraïque de Touschiya, 1902 ; in-12 de 70 p. 



BIBLIOGRAPHIE 313 

rWST Judith, drame de F. Hebel, traduit par S-L. Gordon. Varsovie, 
Bibliothèque hébraïque do Touschiya, 1900; in-12 de 79 p. 

Û^no'n O^N rp"P 'l Étude sur la vie et l'action de Joseph Joselman de 
Rosheim, p.ir S. -P. Rabinovitz. Varsovie, Bibliothèque hébraïque de 
Touschiya, 1902; in-12 de 168 p. 

La monographie de M. Habinovitz faite avec les matériaux publiés par la 
Revue et feu Lehmann et accompagnés des pièces originales en hébreu se lit 
avec le plus vif intérêt. 

T^naïl "^DT Poème en vers, par A. Luboschitsky. Pielrokow, impr, 
Belchetowsky, 1899; in-12 de 42 p. 

*J"1D25 "pi Commentaire de Wessely sur le Traité des Principes. Nouvelle 
édition. Varsovie, impr. Alapin ; in-8° de 400 p. 

"ltTAM ilï^ Les enfants du ghetto de I. Zangwill, traduit par S.-L. Gordon. 
Varsovie, Bibliothèque hébraïque de Touschiya, 1901 ; in-12 de 351 p. 

-nïT yy "^D Uip^ Recueil d'articles des autorités rabbiniques en faveur 
de l'usage exclusif des cédrats de la Terre Sainte, publié par Juda Noah. 
Varsovie, Lew, 1899; in-8° de 40 p. 

■il JUS n PttSn ^10^ Les éléments des mathématiques, par H. -S. Slonimsky 
et S. Rainer. Vilna, impr. Rosenkranz et Schriftsetzer, 1899 ; in-8° de 
vi -f- 159 p. 

ÏT^^lbl^iriorr m^nO"' Les éléments de la sociologie, par P. -H. Gidings, 
traduit par I. Teplizki. Varsovie, Bibliothèque hébraïque de Touschiya, 
1901 ; in-12 de 317 p. 

Î1U5TW L'héritage, roman en trois parties de Peréz Smolensky. Édition de 
la société des amateurs des œuvres de Smolensky à Saint-Pétersbourg, 
volumes V-VI. Saint-Pétersbourg, impr. Landau, 1898-1899 ; in-8° de 
165 -f ix -f 328 p. 

bjnttT nY7SN ba Légendes bibliques du Talmud et du Midrasch groupées 
d'après leur ordre chronologique, par J.-G. Lehner. 2 e vol., de Josué à 
l'exil de Babylone. Varsovie, Touschiya, 1900 ; in-8° de 531 p. 

1"T"ï} ^b ÏTTirP i-fUÎ ba Poésies complètes du poète J.-L. Gordon, en 
6 volumes. Vilna, Romm, 1898-99. Edition des librairies Katzenelenbo- 
gen à Vilna, et Bletnizky à Odessa; 6 volumes in-8°: I. Poésies lyriques, 
xxtv -f- 1T9 p. ; II Fables, xs.iv -f- 209 p.; III IV. Poésies épiques et 
satiriques, vr +208 -f- 185 p. ; V-VI. Poésies lyriques et satiriques pos- 
thumes, vin -f 107 -f- 14G p. 

Tous les lecteurs salueront avec plaisir l'apparition de l'édition définitive 
des poésies du plus célèbre poète hébraïque du xix*' siècle. C'est aussi une 
véritable édition de luxe qui fait honneur aux éditeurs. 

ÏVX 1"IjD Recueil des poésies sionistes depuis l'époque biblique jusqu'à 
nos jours. Varsovie, Touschiya, 1900 ; in-12 de 118 p. 

yiD ,b.^ "»3rO Œuvres de I.-L. Perez, II e vol., 3-5 parties. Varsovie, Bi- 
bliothèque hébraïque de Touschiya, 1900; in-12 de 228 p. 

Y 9 lTi "*arO Œuvres de H. Naimanovetz, l re partie. Varsovie, impr. Leben- 
son, 1899 ; in-8° de 72 p. 



314 REVUE DES ETUDES JUIVES 

ÛVntIM tranîD Œuvres choisies de David Frischman. VI et Vile vol. 
Edition de la Bibliothèque hébraïque de Touschiya à Varsovie. Petrikow, 
1901 ; in-12 de 147 p. 

Û^nms d^rû Œuvres choisies de Henri Heine, trad. par J. Teferman, 
vol. 1-3. Varsovie, Bibliothèque hébraïque de Touschiya, 1901 ; in-12 de 
63+70-}- 53 p. 

10 JH sb Poésies, par J.-D. Piestun, Varsovie, impr. Baumritter, 1899 ; in-8° 
de 16 p. 

d^rtïa ffib Calendrier, avec les usages religieux, pour l'année 5660, par 
N. . . Varsovie, impr. Alapin, 1899; in-8° de 184 p. 

A côté des nombreuses éditions de la Bible, du Talmud et des livres de 
prières, des Midraschim, etc., qui se publient annuellement en Russie par 
dizaines de milliers d'exemplaires, c'est encore le calendrier qui occupe la 
place la plus considérable. La maison Romm en publie plus de 100,000 
exemplaires ; pareillement les librairies de Vilna, de Berditchew, de Var- 
sovie, d'Odessa. Ordinairement, ces almanacbs sont suivis d'articles et d'a- 
necdotes en hébreu et plus souvent en judéo-allemanrl, d'une valeur mal- 
heureusement trop médiocre. Pourtant, ils sont très lus. Si l'on pouvait 
persuader aux éditeurs de donner à leurs lecteurs une nourriture spirituelle 
plus utile, ce serait là un excellent moyen de propagande en faveur de 
l'amélioration morale et intellectuelle des Juifs de Russie. 

îllOnttfaîl "pb Roman de Kompert, traduit par P. Kaplan. Varsovie, Biblio- 
thèque hébraïque de Touschiya, 1902; in-12 de 304 p. 

A^iaita^a D^a mTipb Notes et documents sur la généalogie de la famille 
des barons de Gunzburg, par H. Maguid. Saint-Pétersbourg, impr. Soko- 
lowsky et Rabinowiz, 1899; in-8° de xiv -f 308 p. 

Le livre contient des données généalogiques précieuses sur les origines 
d'un grand nombre de familles célèbres apparentées aux Gunzburg. 

lOllpSl mn l n?aN53 Home'lies, par K. Elion. Varsovie, impr. Baumritter, 
1899; in-8° de 204 p. 

ïlilfàNîl *ptt Polémique en faveur de la tradition orthodoxe, par S. Te- 
plizky. Berditchew, Scheftel, 1899; in-8° de 38 p. 

d^Mfcapîl ^b72 Le roi des Schnorers, de J. Zangwill, traduit par J.-L. Gor- 
don. Varsovie, Bibliothèque hébraïque de Touschiya, 1900; in-8° de 
138 p. 

■paTH "pbtt Proverbes et sentences du Talmud rangés suivant l'ordre alpha- 
bétique. Nouvelle édition. Lublin, impr. Schneidermesser et Herschen- 
horn, 1899 ; in-8° de 100 p. 

yittHlTï L'argent. Etude d'économie politique, par H.-D. Hurwitz. Varso- 
vie, Bibliothèque hébraïque de Touschiya; in-12 de 240 p. 

Avec le travail de M. Hurvitz, la langue hébraïque possède enfin une 
excellente étude sur les origines et la valeur économique et politique de 
l'argent, conçue, au surplus, dans un style précis et coulant à la fois. L'ad- 
dition de deux chapitres traitant spécialement de la numismatique maccha- 
béenne et de l'influence sociale des Juifs sur le développement de l'argent, 
ne nuit certainement pas à la valeur de cet ouvrage, qui sera suivi d'un 
« traité d'économie politique ». 



BIBLIOGRAPHIE 313 

Tl^il piftïl Roman de W. Korolenko, traduil du russe, par A. DruyanoAv. 
Varsovie, Bibliothèque hébraïque de Touschiya, 1901 ; in-12 de 124 p. 

ffl^ba 2D72 Voyage en Lithuanie. Impressions de voyage et études sur la 
vie sociale des Juifs en Lilhuanie, par Nahum Slouschz. Jérusalem, édi- 
tion de la Haskafah, 1900; in-8° de 160 p. 

•115>3> p733>?3 De la Vallée obscure, contes du ghetto russe, par J.-Ch. Bren- 
ner. Varsovie, Bibliothèque hébraïque de Touschiya, 1900; in-12 de 
79 p. 

Si 1'éclosion du genre roman est entravée par les conditions spéciales 
dans lesquelles la littérature hébraïque a à se débattre, les recueils, les 
contes et les nouvelles apparaissent de plus en plus nombreux. Parmi les 
jeunes auteurs, tous certainement n'atteignent pas à la hauteur' artistique et 
poétique des maîtres comme Pérez et Abramovitz. Mais la plupart d'entre 
eux, tels S. Ascb, Schuffman, Frischman et notre auteur, out le mérite de 
nous présenter sous une forme réaliste, assez précise et objective, sans pré- 
tentions outrées, des scènes et des épisodes de la vie obscure du ghet'.o qui 
diffère tellement de celle des masses en Occident. M. Brenner surtout excelle 
dans la reproduction des petites gens et des bas fonds dans ce mon 'le de 
misère. 

trbUÎV)" 1 3HÉ72 Description de Jérusalem, par A. Funk. Varsovie, impr. 
Halter et Aisensladt, 1899 ; in-8° de 80 4- 33 p. 

Dbl3> "Wpfa Histoire géologique de la terre, par M. Weber. Varsovie, impr. 
Schuldberg, 1899 ; in-8° de 80 p. 

Û^n "npE Novelles sur le Talmud et homélies, par Chaïm Ségalovilz. 
Wilna, impr. Katzencllenbogen, 1899 ; in-f° de 144 p. 

•nttîlïrt "HïpE Sur quelques problèmes d'économie politique populaire et 
sur l'importance des sociétés coopératives, par S.-W. Mendlin. Odessa, 
impr. Isaacovitz et Beilenson, 1899; in-8° de 99 p. 

ti^b^CPN Ï1W2 '""1 Étude surR. Moïse Iserles (Sttn), par J.-A. Horodezky. 
Berditchew, impr. Scheftel, 1899 ; in-8° de 22 p. 

"ppIZÎID iTIlîfa Poésies choisies du poète russe Pouchkin, traduites en hé- 
breu par David Frischman, avec une étude sur la vie du poète, par 
Katzenelenson, éd. par la Société pour la propagation de l'instruction 
parmi les Juifs en Russie, à l'occasion du centenaire du poète. Saint- 
Pétersbourg, 1899 ; in-12 de xxvm -j- 42 p. 

d'itïl ^M Contre le Courant, roman par J. Berschadsky. Varsovie, Biblio- 
thèque hébraïque de Touschiya, 1901 ; in-12 de 291 p. 

Nous avons signalé aux lecteurs de la Rev.'.e l'apparition du premier 
roman de Berschadsky intitulé « Sans but », comme un succès. Les 
deux recueils de contes publiés depuis par la Bibliothèque hébraïque n'ont 
pas moins attiré l'attention du public. Maintenant c'est un nouveau roman 
psychologique que M. Berschadsky nous présente. Contre le Courant est un 
roman de mœurs, dans lequel l'auteur peint les problèmes de la vie des 
bourgeois et des intellectuels du ghetto. Le héros, Israelson, est un commer- 
çant orthodoxe, assez.éclairé pour tolérer les sciences et les lettres profanes, 
mais trop attaché au judaïsme pour admettre l'antithèse tlagrante entre « la 
foi et la vie moderne ». Tolérant lui-même, il est navré surtout de l'hosti- 
lité intolérante montrée par les t modernes » du ghetlo à tout ce qui est 
de provenance religieuse. L'union entre le judaïsme traditionnel et la 
vie moBerne peut seule régénérer, selon lui, le judaïsme ; il veut l'imposer 
par tout un système d'éducation et par l'exemple persounel au moins à ses 



316 REVUE DES ÉTUDES JUIVES 

enfants. Ce qui, (Tailleurs, ne lui réussit pas : ces derniers, ayant à subir 
les conséquences trop rigoureuses d'une éducation puritaine et contraire à 
tout ce qu'ils voient autour d'eux, se laissent enfin entraîner par le courant 
d'indifférence religieuse et nationale qui domine dans le milieu,, Israelson est 
déçu dans ses meilleurs rêves, et il finit par s'apercevoir que, à moins de ne 
pas suivre l'exemple de ceux qui cherchent à créer un dernier refuge pour 
le judaïsme traditionnel dans la Terre Sainte, il n'est guère possible de 
lutter en Europe contre le courant. Le roman se lit avec intérêt et trahit 
une observation psychologique minutieuse. Seulement nous reprochons à 
M. Berschadsky son style moderne outré. A force de vouloir rester réaliste 
et novateur, il a complètement oublié que le fond de la langue hébraïque 
reste et restera pour longtemps dans la Bible, dont la langue peut certaine- 
ment être développée et adaptée aux besoins de la vie moderne, mais ne 
peut jamais être négligée ni même ignorée. 

ûbl2 "iD&ttb 'pTSÏl Le Condamné à la prison perpétuelle, roman de Jonas 
Lee, traduit par J.-L. Borucbovitz. Pietrekow, Bibliothèque hébraïque de 
Touschiya, 1900 ; in-12 de 128 p. 

NIHC am^a Commentaire du traité Baba Kamma, par L.-S. London. 
Wilna, Romm, 18j9 ; in-4° de 2 + 126 p. 

ÏYT1ÏT3 3H13 Nouvelle édition des Consultations d'Ezéchiel Landau. 
Wilna, impr. Rosenkrauz et Schriftsetzer, 1899; 4 volumes in-4° de 8 + 
102; 200 + 56 ; 92 + 138 ; 170 + 70 + 46 + 20 p. 

ÏTlifctt *"13 Sur les prescriptions religieuses, par R. Gordon. Varsovie, impr. 
Halter et Aisenstadt, 1899 ; in-16 de 80 p. 

Û^ntJiÊîl m'biaû Les vertus des plantes, e'tude par S. Rubin. Cracovie, 
impr. Fischer, 1899 ; in-12 de 40 p. 

3H)3 TlD Contre le jeu de cartes, par Léon de Modène ; nouvelle édition 
avec un commentaire de Kukelstein. Vilna, impr. Rosenkranz et Schrift- 
setzer, 1899 ; in-16 de 40 p. 

D^TIDO Contes et nouvelles de la vie des Juifs russes, par Salom Asch. Var- 
sovie, Bibliothèque hébraïque de Touschiya, 1902; in-12 de 155 p. 

Û^TTSM Û*msD Contes et nouvelles choisies de l'écrivain populaire M. Spek- 
tor, traduit par A.-N. Ginessin. Varsovie, Bibliothèque hébraïque de 
Touschiya, 1901 ; in-12 de 76 p. 

Û^TO D'mSD Nouvelles de G. Schufman. Varsovie, Bibliothèque hé- 
braïque de Touschiya, 1902; in-12 de 63 p. 

T^abnm miart *W Nouvelle méthode pour apprendre la Bible avec l'aide 
de la traduction interlinaire, par J. Mogelnizky. Deux fascicules : la Ge- 
nèse. Philadelphie, 1899 ; in-8° de 136 p. 

£OT2 Esdras, poème historique, par J.-L. Gamsu. Niejin, impr. Kesselman, 
1898; in-8° de 98 p. 

"££ n*"ic32 Home'lies, par S. -H. Taksine. Varsovie, impr. Baumritter, 1899 ; 
in-8° de 232 p. 

yûin mb^bi' Roman sur l'affaire Dreyfus. Varsovie, impr. Halter et Aisen- 
stadt, treize livraisons; in-8° de 224 p. 

tfJN 11 532 Recueil d'articles sur la morale et la foi, par A. Schmelzstein. 
Varsovie, impr. Schuldberg, 1899; in-8° de 52 p. 



BIBLIOGRAPHIE 317 

Ï"P£ "^b nTWft mtli* Sionisme, morale et hygiène, par H. Kotik. Var- 
sovie, impr. Halter et Aisenstadt, 1899 ; in-8° de 128 p. 

E]D"P rHNS Novelles sur les traite's Ketoubot et Yebamot, par Joseph Tau- 
mim. Varsovie, impr. Lobenson, 1899; in-8° de 168 p. 

pttîlD Explication des mots et des expressions employés dans la Bible à 
propos du tabernacle et du mobilier, par S. -A. Deglin. Pietrokow, impr. 
Belchotowsky, 1899 ; in-8° de 24 p. 

UDU3732 "{"PU: Réflexions sur le Sionisme, par A. Rabinovitz. Varsovie, impr. 
Halter et Aisenstadt, 1899; in-8° de 128 p. 

-D^il ^bbï Ombres du passé, nouvelles, par A. -S. Rabinovitz. Varsovie, 
Bibliothèque hébraïque de Touschiya, 1900 ; in-12 de 68 p. 

ÎTûbtii nbïlp Consultations des Gaonim Scherira, Haï, Alfassi, etc., édite'es 
par S. -A. Wertheimer. Je'rusalem, 1899; in-12 de 94 p. 

mDOlïl D"l"lLD3"ip Notes sur le livre "plttE ">tt, par. S. -A. Horodezky. Var- 
sovie, impr. Halter et Aisenstadt, 1899; in-8° de 12 p. 

iJ^mïl "tiTl^n 3"lWTptt Compte rendu du IV e Congrès sioniste de Londres, 
par N. Slouschz. Varsovie, Touschiya, 1900; in-12 de 128 p. 

I^p Caïn, de Byron, traduction de David Frischman, avec une étude psy- 
chologique sur Caïn. Varsovie, Bibliothèque hébraïque de Touschiya, 
1900; in-12 de xl + 120 p. 

La traduction est un chef-d'œuvre et fait honneur au fécond et spirituel 
écrivain qu'est M. Frischman. 

nrri72£!l mm mSJôn Premières notions de la botanique, par M. Lubman. 
Varsovie, impr. Sokolow, 1899 ; in-8° de 30 p. 

SIE b^aiïî Homélies sur le Pentateuque, par Simon Witkin, e'dit. par Ch.- 
A. Schapira. Vilna, Romm, 1899 ; in-8° de 127 p. 

Ï12ûtt) T""H rVlttî Consultations rabbiniques, par J.-S. Stern. Vilna, impr. 
Matz, 1899 ; in-4° de 91 p. 

qvtiib Poésies de Ch.-N. Bialik. 1-2 parties. Varsovie, Bibliothèque hé- 
braïque de. Touschiya, 1902 ; in-12 de 162 p. 

Poète du ghetto, Bialik est un lyrique d'une émotion profonde et d'un style 
puissant. La vie obscure du ghetto, la mélancolie des masses et les misères 
de l'exil rarement accentuées par une ncte d'espérance nationale, sont la source 
principale de son inspiration. C'est « l'araignée qui file dans sou cœur les 
mauvais rêves, la misère, l'avilissement inouïs ». Sa lyre a « pour père le 
goluth amer, pour mère la misère noire •. Pleure-t-il la misère du pauvre, il 
trouve une note encourageante dans l'idéalisme inépuisable des populations 
entières, fidèles à l'étude de la Loi, qu'il sait exalter au-dessus de tout : 
quel enthousiasme dans les poésies qui chantent le « beth Hamidrasch » 
traditionnel (p. 53 et 24), dont la ruine lui paraît impossible! Dans un 
poème admirable intitulé *P73nEfJ, il chante l'idéalisme, grandeur de l'é- 
rudit talmudique, et il constate avec soulagement qu' « il reste encore dans 
l'exil des villes obscures où noire vieux feu n'a point cessé de briller ». 
Ses poésies d'amour sont rares, mais toujours belles. Nous n'hésitons pas à 
conclure que c'est un grand poète et un maître qui s'annonce ! 

ïTn")M Û^ttî Poésies en prose de Tourguenieff, traduites par A. Segal. 
Varsovie, édition Touschiya, 1900 ; in-12 de 55 p. 



31 a BEVUE DES ETUDES JUIVES 

bmfà* YTD msipn rabtë Réflexions sur l'histoire des Juifs et de leur lit- 
térature en Russie, par Aron Isgour. Niejin, imp. Wenguer, 1899; in-8° 
de 77 p. 

nnN TLW Articles posthumes de l'écrivain Caïman Schulman. Vilna, 
Romm, 1898 ; in-16 de 103 p. 

Ï1T11PB123 Étude sur la vie et l'œuvre de Spiuosa, par P. Schapira. Varsovie, 
impr. Schuldberg, 1899; in-8» de 171 p. 

N31t3 fiOlttî Novelles agadiques, parAisek Sloliar ; 2 e édition. Vilna, Romm, 
1899; in-8 u de 148 p. 

nWm maiTûNH mibin L'histoire des religions de Mensis. III e vol. Var- 
sovie, Bibliothèque hébraïque de Touschiya, 1900 ; in-12 de 177 p. 

ri3 m*ïbin Homélies, par N. Rabinovitz. Vilna, impr. Matz, 1899 ; in-8° 
de 200 p. 

Û'H^yn ison ^n3 nnb"in Notice sur l'histoire des écoles juives en Rou- 
manie et de celle de Roman en particulier, par A.-S. Rapoport. Roman, 
1899 ; in-12 de 34 p. 

ïip'HttNa Û"H"i:t:-î rmbin Histoire des Juifs en Amérique, par M. S. Rei- 
sin. Varsovie, Bibliothèque hébraïque de Touschiya, 1902 ; in-12 de 203 p. 
M. Reisin n'a pas mené son histoire jusqu'au bout. C'est l'époque anté- 
rieure au xix e siècle qu'il étudie dans son livre, conçu d'après un plan excel- 
lent et dans un langage coulant. Il divise l'histoire des Juifs dans le Nouveau- 
Monde en trois époques : 1° L'époque espagnole, avec la prédominance de 
l'élément espagnol jusqu'en l'année 1776 ; 2° l'époque allemande, avec la pré- 
dominance de l'élément allemand jusqu'en l'an 1882; et 3° l'époque russe 
depuis 1882. L'auteur retrace en un tableau saisissant la vie et les misères 
des Juifs dans les colonies espagnoles du sud; puis il raconte les péripéties 
de la lutte suprême engagée par les Juifs dans les différentes colonies du 
Nord anglais et hollandais pour la conquête des droits politiques et civils, 
qui précéda celle des Juifs en Europe. Les martyrs ne comptent pas dans le 
Nouveau-Monde comme dans le vieux, et la première route des Juifs y est 
tracée par le sang et le feu de l'Inquisition. Le judaïsme américain n'en était 
pas sorti moins victorieux pour former un noyau sain et original, dont peut- 
être l'avenir du judaïsme tout entier dépendra un jour. 

ûwbfa niDOln Notes sur le Targum Onkelos et ses commentaires par 
Juda Behak. Vilna, Romm, 1899 ; in-8° de 92 p. 

EPTlïl min Traité de physiologie, de Fauster, traduit par L. Mekler. Var- 
sovie, Bibliothèque hébraïque de Touschiya, 1901; in-12 de 128 p. 

"pINT *i2 ï"HÛ3>7a nD1"in Contre l'Onanisme, par S. Neiman. Cracovie, impr. 
Faust, 1899 -, in-8° de 30 p. 

N. Slouschz. 



ADDITIONS ET RECTIFICATIONS 



T. XXXIV, p. 46. — Personne ne doute plus aujourd'hui qu'au en. xlv, 
25, Ben Sira oppose à l'alliance précaire conclue par Dieu avec David le 
pacte perpe'tuel dont les descendants d'Aron bénéficièrent. La même idée 
est exprimée dans la Mechilla, sur xvm, 27, p. 60 b, de l'éd. Friedmann : 
trois choses ont été données conditionnellement : le pays d'Israël, le Temple 
et la royauté de la, maison de David ; le livre de la Loi et X alliance conclue 
avec Aron ne sont pas précaires. . ., car il est dit : C'est une alliance de 
sel qui est éternelle (Nombres, xviii, 19) et ailleurs : Lui et sa postérité 
posséderont en alliance le pontificat à perpétuité {ib., xxv, 13, passage visé 
aussi par Ben Sira). » Tout cela peut n'être que jeu d'exégèse ; en outre, 
sous sa forme présente, l'idée suppose le Temple déjà détruit ; mais, 
malgré tout, il n'est pas impossible que l'opposition entre la royauté de 
David et le pontificat d'Aron soit une survivance des opinions chères aux 
Sadocites. Nous ne tirons pas argument du fait que le passage se trouve 
dans la Mechilta, œuvre de l'école d'Ismaël, qui fut lui-même prêtre, car ce 
chapitre de ce Midrasch n'a pas sûrement la même origine que le reste, 
il paraît plutôt tiré, comme les trois qui le précèdent, d'un recueil de con- 
troverses d'Eléazar de Modin avec R. Josué, recueil grossi par la suite d'ad- 
ditions de toute sorte. — Israël Lévi. 

T. XLV, p. 113, Haggada de Serajewo. — Voir l'article de Max Flei- 
scher, « Einiges ûber d. Kùnstler, u. technische Ausfùhrung der Haggadah 
von Scherajewo », dans Mittheilungen der QeselUchaft fiirjiïdische Volhskunde 
de Max Grunwald, t. I (1899), p. 102-120. — M. S. 

Ibid., p. 114. — J'ai montré [Zeitschrift fur Geschichte der Juden in Deutsch- 
land, III, 298) qu'il faut lire p"D3M^2 (Mùnzburg, résidence de David b. 
Calonymos). — Lœwenstein. 

Ibid., p. 125, fig. 22, « séparation des époux ». — Au lieu de chercher 
dans l'histoire d'Aladin le motif du placement de l'épée servant à cette sé- 
paration, le peintre, je crois, a dû songer à un passage analogue de San- 
hédrin, 19 b, à propos du nom de Paltiel, détourne du péché par la présence 
d'une épée. — Abr. Danon. 



Le gérant : 

Israël Lévi* 



TABLE DES MATIERES 



REVUE. 

ARTICLES DE FOND. 

Adler (Elkan N.) et Séligsohn (M.). Une nouvelle chronique 

samaritaine [suite) 70 et 223 

Elbogen (J.). Les Dinim de R. Péreç 99 et 204 

Ginsburger (M.). Élie Schwab, rabbin de Haguenau [fin) 255 

Goldziher (I). Mélanges j udéo-arabes [suite) 1 

Hildenfinger (Paul). Figures de Juifs portant la rouelle 218 

Krauss (S.). Antioche 27 

Lévi (Israël). Un indice sur la date et le lieu de la composition 

de la Meguillat Antiochos (Rouleau d'Antiochus) 172 

Lévy (Louis-Germain). Du totémisme chez les Hébreux 4 3 

Marmier (Général G.)- Contributions à la géographie de la Pales- 
tine et des pays voisins [suite) 465 

Poznanski (S.). Anan et ses écrits {suite et fin) 50 et 176 

Reinach (Théodore). Sur la date de la colonie juive d'Alexan- 
drie 161 

Schwab (Moïse). Une Haggada illustrée 4 42 

NOTES ET MÉLANGES. 

Bâcher (W.) Le taureau de Phalaris dans l'Agada 291 

Harkavy (A.)- Contribution à la littérature gnomique 298 

Lambert (Mayer). Les dates et les âges dans la Bible 285 

IL Notes exégétiques 289 

Lévi (Israël). Un fragment d'une Iraduction arabe du Hibbour 

Maasiot 305 

Schwab (M.) Le Credo traduit en hébreu et transcrit en carac- 
tères latins 296 

BIBLIOGRAPHIE. 

Lambert (Mayer). Metrische Studien. I. Studien zur hebr. Me- 

trik, par Ed. Sievers 457 

Slouschz (N.). Revue bibliographique. Ouvrages hébreux 

Weill (Julien). Revue bibliographique. 1 er -3° trimestres 4902... 433 

Additions et rectifications 349 

Table des matières 320 



VERSAILLES, IMPRIMERIES GERP, 59, RUE DUPLESSIS. 



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